Bruno Roy-Henry, le 5 mai 2002 Historien
17 000 – La Rochelle
Lieutenant-Colonel Chaduc Conservateur du département 1789-1871 Musée de l’Armée
LETTRE OUVERTE AU
Lieutenant-Colonel CHADUC
Mon Colonel,
[…], j’ai pris connaissance de votre position sur l’histoire des masques mortuaires de l’Empereur Napoléon 1er.
Vous écrivez :
« Depuis
la mort de Napoléon 1er le 5 mai 1821, il a existé
de très nombreux masques mortuaires dont les plus authentiques
sont les masques dits « héléniens ».
Viennent ensuite certains véritables moulages exécutés
plus tard en Europe, qui sont très rares, enfin une quantité
de masques apocryphes de toute nature. »
Rien n’est moins certain ! Les masques héléniens
(entendre de type Antommarchi) ne sont pas nécessairement
les plus authentiques et il est loin d’être prouvé
qu’ils ont été moulés à Sainte-Hélène.
Masque de type
Antommarchi
« L’exécution
du masque, ou plus exactement la prise de l’empreinte, est effectuée
le 7 mai par le docteur Burton (…) assisté du
dr Antommarchi (…) avec un plâtre
de mauvaise qualité provenant de l’île. L’empreinte
est prise en trois parties : une partie centrale dite faciale allant
du milieu du front à la partie inférieure de la bouche,
une deuxième partie englobant le menton, le cou et les faces
latérales de la tête, et enfin une troisième
partie comprenant le haut du front et la partie crânienne
supérieure et antérieure. »
Cette assertion
est loin d’être démontrée : c’est la thèse
du baron de Veauce, complaisamment reprise par vos prédécesseurs.
Aucun élément ne permet d’affirmer que le masque
mortuaire de l’Empereur comportait trois parties : bien au contraire
! Il résulte du témoignage du Docteur Graves, cousin
de Burton (il eût en mains les papiers du chirurgien anglais
et les publia dans le « London Medical and Surgical Journal
» du 18 juillet 1835, source : de Veauce, l’affaire du masque
mortuaire de Napoléon, p.64) que l’empreinte du visage, effectuée
le 7 mai à 4 heures du soir, avait les limites suivantes
: « (…) Uniquement le masque, c’est-à-dire cette partie
du moulage qui correspond à la seule figure, à l’exclusion
des oreilles et de la partie supérieure du front et sans dépasser
vers le bas le retour du menton (…) ».
Il
en résulte qu’il existait une autre partie comprenant les
parties antérieures et postérieures du crâne,
celle précisément pour laquelle Antommarchi prêta
son concours. C’est l’évidence ; d’ailleurs procéder
au moulage de la tête d’un défunt en deux parties
est conforme à la technique employée encore de nos
jours. En conséquence, soutenir que le masque de Napoléon
comportait trois parties, c’est non seulement méconnaître
les témoignages historiques, mais c’est encore ignorer les
enseignements de cette technique particulière que constitue
le moulage du visage des défunts !
« Le 8
mai, lorsque Burton veut entreprendre un premier moulage de l’empreinte,
la partie centrale a disparu. En fait, elle avait été
volée par madame Bertrand (…) en vue de la remettre à
Antommarchi. Finalement, Burton quitte l’île rapidement avec
les deux parties restantes (note : non, cf. supra). Antommarchi,
resté à Sainte-Hélène, entreprend alors
de reconstituer le premier moulage du masque mortuaire de Napoléon
avec la seule partie faciale. Pour reconstituer les parties manquantes,
Antommarchi utilise les services d’un certain Rubidge, jeune artiste
anglais de passage, qui avait réalisé des croquis de Napoléon
sur son lit de mort. Voilà donc l’origine probable du masque
du type Antommarchi à partir duquel d’autres moulages sont effectués
à Sainte-Hélène même, avant le retour d’Antommarchi
en Europe. »
Docteur Burton
Docteur Antommarchi
Tout ceci est
purement conjectural ! Rien ne permet d’affirmer qu’Antommarchi
a réalisé ses essais à Sainte-Hélène…
Ce qui est sûr et prouvé, c’est qu’il possède
l’empreinte faciale de Napoléon, ou plus exactement le masque
facial, cette épreuve tirée par Burton et qui lui
a été dérobée par la comtesse Bertrand.
A ce sujet, le témoignage de Saint-Denis (dit Ali) est capital
:
« Je ne sais pas pourquoi Antommarchi n’a pas
publié la partie antérieure de la tête ;
il en avait cependant tiré le moule. Ce que je sais, c’est
que le docteur, après avoir tiré le moule de la
face, a détruit celui-ci pour qu’il ne fût plus possible
d’en avoir d’autres épreuves. Cette destruction qui, à
bien dire, fut un acte de vandalisme, est d’autant plus regrettable
qu’après ce moule [l’empreinte] il était resté
des cils des paupières et des poils des sourcils. Antommarchi
a probablement eu ses raisons pour en user ainsi, mais quelles qu’elles
eussent été, elles étaient mauvaises, puisqu’elles
privent la postérité d’un objet d’un prix inestimable.
»
Saint-Denis est
un témoin oculaire des évènements. Certes,
il ne dit pas tout ou ne connaît pas l’entière vérité…
De plus, il doit rester solidaire de ses compagnons d’exil ; il
ne peut donc condamner les agissements d’Antommarchi. Mais sa réprobation
éclate à chaque ligne : « cette destruction
fut un acte de vandalisme (…). Elles privent [note : les mauvaises
raisons] la postérité d’un objet d’un prix inestimable.
»
En réalité, on comprend très
bien qu’Antommarchi, sur l’ordre de Madame Bertrand, s’est emparé
du masque facial de l’Empereur pour empêcher son exploitation
par Burton. Est-ce seulement pour de basses raisons financières
? Non, car il s’agissait d’empêcher la diffusion d’une
image funèbre de l’Empereur jugée trop laide. Revenons
à Ali :
« Il est bien regrettable que l’on n’ait
pas songé plus tôt à prendre le masque,
car, le 7 mai, les chairs étaient déjà devenues
trop molles pour obtenir une empreinte régulière
des traits ».
Reprenons le témoignage de Marchand,
six heures après le décès de l’Empereur
: « le docteur [Antommarchi] replaça la mentonnière
que nous avions retirée pour la toilette funèbre ;
dans cet état L’Empereur avait sa figure de Consul. La bouche
légèrement contractée donnait à sa
figure un air de satisfaction ; il ne paraissait pas avoir plus de
trente ans (…). Le calme de cette figure laissait plutôt croire
au sommeil qu’à la mort. Si dans ce moment on eût pris
le plâtre, il eût été beaucoup mieux que celui
pris deux jours
après… »
Cela ne suffit pas ? Voici ce qu’en dit Bertrand
(cf. cahiers de Sainte-Hélène, janvier-mai 1821,
p.196, à la date du 6 mai) : « A huit heures,
on devait faire le plâtre de la figure de l’Empereur, mais
on n’avait pas ce qu’il fallait. La figure de l’Empereur paraissait
encore plus jeune qu’il n’était : il avait l’air d’avoir environ
quarante ans [nota : plus le temps passe et plus les traits du visage
se décomposent] . A quatre heures du soir [nota : toujours
le 6 mai, mais huit heures plus tard], il avait l’air plus âgé
qu’il n’était réellement. »
Et maintenant, l’aveu final de Bertrand : «
A quatre heures [16 heures, le 7 mai, soit 24 heures plus tard],
on a fait le plâtre de la figure de l’Empereur, qui était
TOUT DEFIGURE et exhalait une très mauvaise odeur (ibid
: p.199) ».
Dans ces conditions, comment croire que le
masque Antommarchi –même pour sa partie faciale- soit
conforme à la Vérité ? C’est évidemment
un montage, voire un modelage, une fraude et une imposture ! La
physionomie de ce masque reflète les traits d’un homme qui
ne fait pas plus de quarante ans. Possible le 6 mai, cette fixation
des traits de l’Empereur le 7 mai était donc devenue impossible
: au mieux, l’on obtiendra l’image d’un homme d’une soixantaine
d’années. Il suffit d’écouter et de croire les témoins
oculaires ; point n’est besoin de sortir de Saint-Cyr pour se rendre
à l’évidence !
«
Quatre masques « héléniens » sont connus
:
le masque dit « Burguersh » qui est l’exemplaire
exposé au musée de l’Armée. Ce masque apparut
lors de la succession de madame Rose Weigall, fille de Lord Burguesh.
Sous le socle du masque se trouvait un manuscrit en anglais : «
Ce moulage de la tête de Napoléon
[nota : nous venons de démontrer que c’est totalement
faux] fut pris à
Sainte-Hélène, après son décès
par le docteur Antommarchi, le médecin italien qui lui était
attaché, et expédié par ses soins (par le canal
des autorités anglaises) à Lord Burguersh alors ministre
britannique à Florence pour l’usage du sculpteur Canova. Celui-ci
le restitua ensuite et Antommarchi l’offrit à Lord Burguersh ».
Quelle valeur historique peut avoir ce récit
? Aucune ! Le baron de Veauce a tenté par de savantes
digressions d’établir la vérité historique
de ce récit. Disons tout de suite que l’origine en est indifférente
: peu importe que l’auteur soit une duchesse anglaise ou pas ! Déjà,
il est établi que seul le moulage de la seule face est authentique
« éventuellement » ! Surtout, Rose Weigall,
intentionnellement ou pas, a voulu faire croire que notre docteur
corse aurait adressé ce moulage original, authentique, à
Canova, pour permettre à celui-ci de l’immortaliser dans
le marbre ; et ceci, par le canal de Lord Burguersh. Hâtons-nous
de le proclamer : jamais il n’y a eu la moindre preuve de ceci : aucune
trace dans les écritures de Canova, décédé
en 1822 ! Aucun témoignage de ses apprentis ou de ses aides.
Et cerise sur le gâteau, Antommarchi se serait empressé
d’offrir gratuitement cet exemplaire au ministre anglais. Ceci a
tout d’une fantaisie !
« Par la
suite,ce masque fut acheté par le baron de Veauce.Il présente
sur sa surface de nombreux raccords,extérieurs à
la partie faciale.
»
Et alors ? Si
ces raccords témoignent d’un assemblage, ce serait scientifiquement
à étudier ! Sont-ils seulement en surface ? Il est
permis d’en douter ! Pour les avoir scrutés (autant que faire
ce peut), il m’est apparu –bien au contraire- que ces raccords sont
simplement les lignes de partage d’un masque qui a été
brisé ! En témoigne la séparation au milieu du
visage… Le masque Burguersh a t’il été passé
aux rayons X ? Jamais, à ma connaissance… (je suis tout près
à reconnaître mon erreur, au cas où…) ! En tout
cas, il y a aussi des raccords qui séparent la partie faciale
en deux…
« Il est
donc permis de penser que le bloc de la partie centrale correspond
à l’empreinte prise le 7 mai c’est-à-dire au bloc
remis par madame Bertrand. »
C’est là
le point faible de la démonstration : s’il est permis
de le penser, il est loisible de penser tout le contraire ! Mieux,
c’est impératif, car le nez –selon les propres termes du
baron de Veauce- ne correspond pas à celui de l’Empereur
: « le front des portraits est plus haut (…) ; L’ensemble front-sinciput
est plus large et plus volumineux (…). Le nez est plus droit. Même
dans les profils de Pontorni et et de Dutertre, il présente
une courbe régulière et non une bosse. (…) La bouche dont
l’expression est d’une fermeté réfléchie, est
d’un dessin remarquablement uniforme. La lèvre supérieure
paraît moins courte. »
Voilà ce que le baron de Veauce a écrit
sur cette fameuse partie centrale qui serait la seule authentique
! Disons le tout net : c’est une farce, car comment la faire coïncider
avec les joues flasques, l’aspect vieillardé des chairs
relevés par les témoins autorisés ?
« Ce bloc
englobe l’oreille gauche et le haut du menton
[note : c’est plutôt le signe d’une brisure accidentelle].
Le masque Burguersh apparaît comme un composite
de moulage et de modelage
»
C’est ici
qu’il convient de marquer un désaccord total et de dénoncer
ce raisonnement : pour faire « coller » la physionomie
du masque Antommarchi avec celle de Napoléon, Veauce
a inventé cette fumeuse théorie : pourquoi le corse,
s’il avait véritablement « remodelé »
les parties extérieures au bloc central, n’aurait pas pris
la peine de les faire à la ressemblance de Napoléon
? Car, ce front et ce menton sont bel et bien ceux d’un individu
réel : les bosses sur ce crâne –d’un volume dissymétrique-
de même que pour le menton, sont les preuves d’une copie
naturelle et non pas artificielle ! Notre conclusion, c’est que
le masque Antommarchi a bien été entièrement
moulé (et en rien modelé) !
Seulement, le
reconnaître, c’est admettre que c’est le masque d’un
autre individu que Napoléon ! Le périmètre
crânien annoncé par Antommarchi pour Napoléon
est de 56,20 cm, ce qui correspond exactement aux dimensions de
son masque légèrement extrapolé (puisqu’il
manque la partie arrière de la boîte crânienne)
! Or, Constant (valet qui fut 14 ans au service de Napoléon
et qui brisait ces chapeaux) est formel : le périmètre
crânien de Napoléon était de 59,65 cm ! Antommarchi
est pris en flagrant délit de mensonge et d’imposture ; mais
rien n’y fait, l’on continue de falsifier la vérité…
«
(…), mais ce travail a-t-il été effectué
à Sainte-Hélène ou à Londres ? Le baron
de Veauce penche pour la version hélènienne, car
deux autres épreuves du même modèle existent
mais sans raccord et sans fêlure, faites avec un plâtre
de meilleur qualité.
Le masque d’Exeter appartenant à
la municipalité d’Exeter. Il aurait été
rapporté de Sainte-Hélène par le docteur
Arnott à qui Antommarchi l’avait donné.
Le masque Sankey en dépôt à
la Maison française de l’Université d’Oxford. Il
appartient à monsieur Sankey descendant du révérend
Richard Boys, aumônier à Sainte-Hélène.
Le masque Boys, dont l’origine est identique
au précédent. »
Hâtons-nous de dire que tous ces masques
sont du type « Burguersh » avec des variantes !
Comment ont-ils pu être « fabriqués »,
c’est ce que nous ignorons. Nous estimons qu’Antommarchi a pu vouloir
se servir de l’empreinte à sa disposition à Sainte-Hélène
pour faire un ou deux « essais », afin de vérifier
qu’il serait possible de s’en servir pour confectionner le masque
officiel de Napoléon ! Nous sommes persuadés que cette
empreinte était celle du visage de Cipriani, le maître
d’hôtel de l’Empereur à Sainte-Hélène, décédé
brusquement le 27 février 1818, dans des circonstances non-élucidées…
Les Anglais, présents au moment du départ des Français
de Sainte-Hélène, ont compris le pot aux roses : ils
ont flairé la bonne affaire. La preuve, c’est qu’ils ont attendu
« l’officialisation » du masque Antommarchi pour exhiber
« leur propre masque » ! Alors, on a vu sortir de l’ombre,
les Sankey-mask, Giley-mask et autres Boys-band ! Tout cela n’est
pas sérieux… Et ce n’est pas fini !
« Il existe
également des surmoulages du masque Burguersh effectués
par Antommarchi à son retour en Europe. »
Oui… A moins
que ce soit des surmoulages de l’archétype dont Antommarchi
a pris la copie en cire pour la confier à son ami suisse, le
fameux Noverraz (autre valet servant à Sainte-Hélène).
Ce masque en cire qui comporte des poils de barbe et de sourcils
; ces poils –après analyse- s’avèrent ne pas être
ceux de Napoléon (aucune trace d’arsenic). Mais, poursuivons
la lecture du roman officiel… :
masque Noverraz
« C’est
le cas du masque « Bertrand » appartenant au prince
Napoléon, probablement réalisé en 1821 et
du masque exposé à la Malmaison, qui lui daterait
plutôt de 1822 [note : allez savoir !]. Pour terminer sur les
masques de provenance hélénienne, il faut mentionner
les masques Gilley qui seraient des essais d’Antommarchi antérieurs
au type classique. Ces masques du type « Antommarchi »
furent rapidement contestés entre autres à cause de
leur manque de ressemblance avec l’effigie de l’Empereur à la
fin de sa vie [c’est nous qui soulignons]. Dès lors, d’autres
masques apparurent, parmi les principaux faux masques, il y a lieu
de retenir les types suivants… »
Ah bon ! Parce
que les autres, ceux dont on vient de parler, seraient les vrais
masques ? Nous venons de voir qu’il n’en est rien, que le masque
Burguersh, soit –disant réalisation de l’archétype
du masque « Antommarchi », est un masque d’un autre
individu que Napoléon, qu’il ne peut pas en être autrement
! Examinons-les, cependant, comme le propose le colonel Chaduc, car
il pourrait bien se trouver parmi eux le véritable masque mortuaire
de l’Empereur !
« le masque
du type Arnott : On connaît trois exemplaires du type
Arnott, il aurait été fait à partir d’une
empreinte en cire prise clandestinement (à l’insu des membres
de la suite de Napoléon) par le docteur Arnott dans la nuit
du 5 au 6 mai. Il ne ressemble en rien au type Antommarchi. »
masque de type Arnott
Et pour cause
! Car il est beaucoup plus ressemblant que l’Antommarchi
; photographié par Badié en 1861 aux Tuileries.
Napoléon III le tenait pour un masque authentique –comme
son oncle Jérôme- preuve que les Bonaparte se défiaient
du masque « officiel » ! Personnellement, je pense que
c’est un « vrai-faux » : Arnott, sachant l’imposture
commise par Antommarchi, a décidé d’en profiter
; il aurait soudoyé le jeune comte Léon (enfant
naturel de Napoléon) pour mouler son visage et le faire passer
pour celui de son père. Pour l’instant, ceci reste une hypothèse
: ce qui est avéré, c’est la présence de Léon
en Allemagne en 1827, date à laquelle apparaît le masque
Arnott…
le masque
du comte Pasolini : il proviendrait d’un surmoulage réalisé
clandestinement à Sainte-Hélène par des fidèles
serviteurs de l’empereur. »
Sans intérêt
: fabriqué à partir de papier mâché
trempé dans du lait ; si cela était vrai, le résultat
n’en demeure pas moins nul !
° «
le masque du Royal United Service Museum de Londres provient
d’un imposteur qui se faisait appeler « prince » Louis
Charles de Bourbon. Ce masque est de provenance totalement inconnue,
il présente un personnage joufflu et édenté
ressemblant en rien à Napoléon en 1821. »
copie du masque Burton,
déposé au Royal United Service Institute
(Rusi), de 1947 à 1973.
Napoléon par Girodet
Alors là,
c’est le summum de la désinformation et de la mauvaise
foi ! Ce masque a
été donné par Charles Alder en 1952 à
l’Angleterre. Les autorités britanniques ont « déposé
» ledit masque au Royal United Service Museum. Quand
cette institution s’est transformée en Royal United Service
Institution, le masque a disparu, aux environs de 1972… Charles
Alder le tenait d’un escroc, le fameux « prince »,
de son vrai nom William Reeves. Ce dernier assurait avoir acquis
le fameux masque « par échange ou achat de feu Victor Masséna,
prince d’Essling » ! Le sieur Alder a témoigné
avoir eu en mains les documents signés du prince Masséna
et authentifiant ladite relique. En tout cas, sa provenance est loin
d’être totalement inconnue, même si elle est discutable…
- Le Masque de Londres la machoire replacée,
- Profil de Plon-Plon, - Profil de Napoléon 1er à
Sainte-Hélène.
Photos de Patrick W. Sheehan - Le masque Corso (du nom de son propriétaire qui l'avait acquis en 1986 à Londres).
Ce masque fut vendu à New-York le 2 décembre 2004 pour 11 000 $. Il s'agit selon toute
vraisemblance du même masque que le Rusi, sans doute détourné par un conservateur en 1973
et revendu discrètement en 1986.
Comme est très
discutable –pour ne pas dire plus- l’opinion des Conservateurs
aux Invalides qui se succèdent à ce poste, assurant
ne voir aucune ressemblance entre la physionomie de ce « death
mask of Napoleon » et l’Empereur, alors même que cette
ressemblance est indubitable, notamment avec les photographies de
Jérôme (frère de Napoléon) et de son
fils, surnommé « Plon-Plon » ( neveu de Napoléon).
En témoigne toute l’enquête réalisée en
coopération avec Albert Martin, webmestre du site napoleon1er.com,
qui établit notamment par les techniques du morphing la cohérence
de ce masque avec le « lebendmaske » , propriété
du Rolletmuseum à Baden, en Autriche. L’informatique est impitoyable
pour la thèse encore défendue aujourd’hui par le Lt-colonel
Chaduc. C’est sans doute pourquoi mon courrier établissant ces
faits auprès du général Devaux, directeur du
Musée de l’Armée, est resté sans réponse
à ce jour ! Voyons donc ce que l’on pense du « lebendmaske
» :
° «
Le masque du musée de Baden prétendument offert
par Antommarchi à l’ex-impératrice Marie-Louise,
remariée au comte Neipperg, aurait servi de jouet à
leurs enfants. Il est ensuite intercepté par le docteur
Rollet puis déposé par son fils au musée de
Baden. Ce plâtre n’évoque en rien un mort et semble
plutôt avoir été moulé sur un sujet
en pleine santé d’une quarantaine d’années. »
Le masque du musée de Baden
En effet ! Mais
ce n’est pas aux enfants de Neipperg et de Marie-Louise que
ce masque servait de jouet. C’est aux enfants de leur intendant,
le baron de Werklein, qui avait comme consigne de le soustraire
à la curiosité de l’Aiglon, l’infortuné Napoléon
II. Comme Albert Martin, nous pensons que ce masque a pu être
réalisé du vivant de Napoléon, probablement lors
de son exil elbois… Je dois admettre qu’au départ je ne voyais
guère de ressemblance avec l’Empereur. La superposition informatique
du death mask et du Lebendmaske m’a ouvert les yeux : même structure
osseuse, même forme des yeux, même emplacement de la mâchoire
(sauf de profil, où c’est un peu moins vrai). Tous ces résultats
ont été communiqués aux autorités ; sans
que jamais elles n’y donnent aucune suite ! La volonté de faire
l’impasse sur cette enquête est manifeste…
« A l’étude des différents masques, le masque
de type Antommarchi apparaît bien comme le plus authentique même
s’il présente quelques anomalies
[c’est un euphémisme !]
. On lui reproche son manque de ressemblance, mais il ne faut pas oublier
que tous les témoignages des assistants s’accordent à dire
que l’empereur était comme rajeuni dans la mort
[note : immédiatement, après le décès
; et encore 6 heures après la mort (30 ans) ; et le matin du 6 mai,
à 8 heures (quarante ans) ; le soir à 4 heures (plus que
son âge : 52 ans) : le lendemain 7 mai à 4 heures du soir –lors
de la prise du masque- certainement plus de 60 ans : c’est exactement la
physionomie du death mask !] . D’ailleurs,
dans un premier temps Antommarchi se refusa à prendre l’empreinte
de Napoléon le jugeant trop peu ressemblant
[ Cet argument est grotesque ; il était certainement plus ressemblant
12 heures après la mort que 48 heures plus tard ! Et c’est parce
qu’Antommarchi n’avait pas de plâtre qu’il a renoncé à
tenter un moulage le 6 mai…] . Ce
n’est qu’une fois que Burton se décida qu’il l’assista de peur d’être
écarté du projet
[le Lt-colonel Chaduc reconnaît donc bien que c’est Burton et
non pas Antommarchi qui est l’auteur de la partie faciale] .
D’autre part, il ne faut pas oublier que
le masque réalisé par Antommarchi n’est le résultat
d’un moulage que pour la partie centrale, le reste est issu d’un modelage.
»
Que de contradictions
dans cette conclusion, et que de contre-vérités
! Nous pensons avoir fait justice de cette thèse saugrenue
du « bloc central », invention pure et simple du baron
de Veauce qui en mettait lui-même en doute la plausibilité…
Une enquête confiée à un organisme scientifique
et certifié conduirait immanquablement à reconnaître
la fraude et la supercherie ! Quelle est la raison qui empêche
la proclamation de cette vérité ? A vrai dire, c’est l’existence
d’une autre fraude, d’une autre supercherie, dont celle-ci n’est
que la partie émergée de l’iceberg : la non-présence
des Cendres de Napoléon dans le cercueil de porphyre rouge
sous le dôme des Invalides !
Dans ces conditions, Mon Colonel, je vous prie
instamment de mettre fin aux errements du passé et de
diligenter auprès des organismes compétents (CNRS
ou autre), l’enquête scientifique qui s’impose. Et vous
prie de croire en l’assurance de mon très respectueux dévouement
.
_______________________________________________
"contrairement à Antoine de Caunes,
BRH croit que Saliceti était le père naturel
de Cipriani (p.192 de son livre).
Encore un indice de plus...
Saliceti et Cipriani:
père et fils ?
Juxtaposition de la caricature et du masque d'Antommarchi

Portrait de Napoléon et quatre de sa suite
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