La panique de Bulson...

Les Totalitarismes à l'assaut de l'Europe !

Re: La panique de Bulson...

Message par BRH » Mardi 22 Juillet 2014 21:55:15

Lieutenant Gonthier,Organisation du terrain

147ème R.I.F.

11e C.M.

Rapport

du Lieutenant Gonthier, ex commandant de la 11ème C.M. du 147ème R.I.F., relatif

à la période du 23Aout 1939 – 13 mai 1940.





Organisation du

terrain

Evolution







L’organisation de la position en septembre 1939, porte sur une position d’avant postes et sur la ligne principale de résistance. Sur la rive droite de la Meuse, à proximité de frontière belge, la position d’avant poste est jalonnée par un réseau qui n’est pas terminé. La 9e Cie du 155e R.I.F. y travaille quand l’ordre de mise sur pied de guerre de l’échelon A lui parvient dans son cantonnement provisoire de Vrigne aux Bois. Toutefois, le matériel est presque entièrement à pied d’œuvre et des travailleurs seront envoyés par le III/147, pendant les mois de septembre afin de tout terminer. Sur les itinéraires venant de Belgique, des fourneaux de mine ont été préparés. Ils se trouvent :



a) un à la sortie Nord de Rossignol, au milieu des bois, aux Margannes.

b) Un à la hauteur de la filature de la Claire.

c) Un, très important, au carrefour de Montimont, gardé par une maison forte, armée d’un canon de 37 et de 2 fusils mitrailleurs.

d) La destruction du ponceau de la Claire, à la sortie Nord de Vrigne aux Bois, au lieu dit la Grève est prévue. Elle devait être gardée par une maison forte dont la construction n’est qu’ébauchée.

La ligne principale de résistance comprenait un obstacle continu : la Meuse. Le seul passage situé à proximité de la 11e C.M., dans le S/quartier occupé par le 10e C.M. (Capitaine Heff) se trouvait à Donchery. La rivière doublée par un canal latéral donnait accès à une écluse comportant deux ponts.

Le pont sur la Meuse, en maçonnerie se composait de plusieurs arches. Comme dispositif permanent, seule la destruction de la troisième pile, à partir de la rive Nord était préparée. La destruction de la culée de la rive ennemie fut préparée par le génie. La brèche produite ne semblait pas devoir être très importante. Le pont sur le canal, en béton armé, comportait un dispositif complet, deux fourneaux de culée et deux coupures de la travée. C’est sans contredit la destruction principale qui aurait coupé en même temps de son entonnoir d’entrée, la route de Sedan-Charleville.

Or le 12 mai, le pont sur la Meuse seul sauta Cf : croquis1

A titre documentaire, ce même pont avait déjà été détruit dans les mêmes conditions en 1914. Des témoins rapportent que l’infanterie allemande tourna facilement l’obstacle par l’actuelle usine électrique et le déversoir ouest à sec par suite des basses eaux. Les pionniers dressèrent ensuite une échelle contre l’arche et les troupes purent regagner le pont intact.

Dans mon sous quartier, un dispositif de destruction existait : c’était celui de la route Sedan-Charleville au pont de la Bar. Les fourneaux existaient et avaient été reconnus par le génie. Cette destruction devait parait-il, amener une inondation de la vallée de la Bar, mais elle exigeait trois tonnes d’explosifs, matériel dont on manquait. Elle ne fut donc jamais préparée d’autant plus que n’étant pas à proprement parlé sur la Meuse, elle n’était que secondaire. Cf croquis 2 Un réseau de fil de fer longeait la Meuse. Dans mon sous-quartier, il s’écartait du cours de la rivière, traversait la route Sedan-Charleville, passait au Sud de la petite agglomération de Pont à Bar, sur le canal des Ardennes pour aller se raccorder avec l’Armée voisine. La plus grande partie du réseau avait été réalisée depuis mars 1938. les quelques trous qui existaient furent comblés dans le courant des premiers mois de la guerre. Il fallut également, à la dernière minute, boucher les très nombreuses chicanes qui permettaient l’accès aux champs et pâtures. Quelques ouvrages en béton du type « Barbeyrac » avaient été construits avant 1936. Leur dalle avait de 0m70 à 1mètre d’épaisseur. Dans la portion de terrain qui m’était impartie en couverture, on trouvait de l’ouest à l’est :



1°) le « 82 bis » pouvant contenir deux mitrailleuses à missions délimitées, 1 fusil mitrailleur et un canon de 25.

2°) le « A » du même type.

3°) le « 1bis » du même type.

Il y avait donc sous béton de la place pour dix armes automatiques et deux armes antichars.

Or dans le sous quartier primitif, il y avait :

4 armes anti-chars

4 mortiers de 81m/m

17 mitrailleuses

15 fusils mitrailleurs



Pendant toute la période de septembre 1939 à mai 1940, mon souci constant, envers et contre tout, fut d’assurer la mise en service du plan des feux initial. En effet, à la suite des changements d’unités de renforcement, des modifications incessantes dans la répartition des commandements, un certain flottement s’était manifesté. D’autre part, des blocs de béton étaient entrepris en grand nombre. Ils correspondaient à de nouvelles missions, à un supplément d’armement, en engins auto-chars et il n’était pas douteux que lors des mise en oeuvre de ces nouveaux ouvrages, il faudrait de toute nécessité, modifier et réajuster toute l’organisation primitive. Mais tant que tous ces nouveaux ouvrages ne seraient pas terminés, il fallait s’en tenir à un plan ferme qui s’il n’était pas parfait, était du moins homogène et connu des petits échelons. C’était l’ancien plan.



Le 10 mai, il y avait donc dans mon sous-quartier des emplacements pour toutes les armes.

A proximité se trouvaient des abris pour tout le personnel. La 11ème Compagnie, étant très mal partagée comme cantonnement, dès le début de la campagne, les hommes furent contraints de coucher sur les positions, dans des abris de groupe, réalisés suivant le plan primitif ’occupation. Il n’était d’ailleurs pas question de creuser des abris à l’épreuve par nos propres moyens, l’eau se trouvant à fleur du sol. Sur les pentes du Rouillon seulement, après maints tâtonnements, les sections parvinrent à se créer des abris sous 1m 50 de terre avec dalles l’éclatement, ce qui représentait une assez bonne protection. Certes, la vie fut rude au cours de l’hiver, mais cette occupation permanente des positions avait mis chacun dans le cadre de la mission.

Signalons toutefois l’extrême difficulté d’obtenir le matériel nécessaire à tous les travaux. Dans la plupart des cas, il fallait se débrouiller.. ce qui amena quelques incidents. Un réseau de communication enterré reliait les divers emplacements de combat. Certes les boyaux n’étaient pas clayonnés sur toute leur longueur ; l’hiver, le mauvais temps, le ruissellement les abîmèrent, ils n’en existaient pas moins. Grâce à cette organisation, aucune perte ne fut occasionnée par l’intense bombardement d’aviation qui pilonna les positions, particulièrement le 13 mai. Le remblai de la route Sedan-Charleville fut utilisé et aménagé comme fossé anti-chars. C’était un très gros travail qui fut poussé activement mais qui exigeait beaucoup de personnel et de matériel. Le 10 mai, il était terminé sur la partie comprise entre le canal des Ardennes et la Bar. Toute cette organisation fut réalisée en transgressant les ordres du génie. Tout l’effectif étant occupé aux travaux de bétonnage et dans bien des cas, ce n’est que par des tours de passe passe que nous arrivions à fournir les corvées demandées. Or les hommes ayant travaillé une demi journée au béton, devaient avoir repos l’autre demi journée. C’est précisément ces

demi-journées de repos qui furent employées à l’organisation des positions. J’eus d’ailleurs d’assez durs rappels à l’ordre de la part du génie.. mais je tins bon, estimant que tant que le béton ne serait pas entièrement terminé et équipé, c’était comme s’il n’existait pas.



Dans la portion de terrain où je commandais initialement, cinq ouvrages furent entrepris

de l’ouest à l’est.

Le 201 (type II°Armée) pour un 25 et une mitrailleuse.

Le 202 du même type.

Le 301 pour deux mitrailleuses et 1 fusil mitrailleur.

Le 153 (type G.A.1) pour un 25, une mitrailleuse et plusieurs fusils mitrailleurs.

Le 154, du même modèle.

Aucun de ces ouvrages n’était terminé le 10 mai

.

Le 201, le 202, le 301 étaient coulés.

Le coulage du 153 se termina dans la nuit du 11 mai.

Le radier du 154 venait d’être fait.

A tous manquait l’aménagement intérieur ; défaut très grave, les créneaux n’étaient pas mis en place. Leur absence créait d’immense fenêtres de plus d’un mètre carré qui furent une cible facile pour les coups d’embrasure…l’expérience l’a démontré. Ainsi donc pour conclure, le 10 mai 1940, malgré un travail acharné rendu extrêmement pénible par l’hiver et la pluie - un travail dont le 147e R.I.F. supporta le poids presque seul l’organisation permanente fortifiée, pourtant formidablement ébauchée, n’est pas en état de servir. Le travail fourni l’a été aux dépens de l’organisation proprement dite de la position.

Faut-il ajouter que chacun constate avec étonnement que le travail de fortification s’arrête à la limite de la II° Armée ? Au-delà, à l’ouest, pas de béton en construction, pas même la préparation sommaire de la position.





Gueret, le 26 juin 1941

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Message par BRH » Mardi 22 Juillet 2014 22:03:15

Lieutenant Gonthier n°3

147ème R.I.F.

11ème C.M.

Rapport



du Lieutenant Gonthier, ex-commandant de la

11ème C.M. du 147ème R.I.F., relatif à la période

23 Août 1939 – 13 Mai 1940

Dispositif général sur La P.R. (et en avant de la P.R. s’il y a lieu),

amalgame des troupes de campagne.





Dans le plan primitif, le 3ème Bataillon du 147e R.I.F. (Cdt Ro Crousse) occupait

le quartier de Donchery qui comprenait trois centres de résistance.



Bellevue, tenu par la 9ème C.M.

Donchery, tenu par la 10ème C.M.

La Bar, tenu par la 11ème C.M.



Le bataillon était sous les ordres de son chef ; les unités n’étaient pas dissociées. Certes les fronts étaient grands, mis tout le réseau des transmissions était installé en fonction de cette organisation. Il convergeait vers les P.C. du bataillon, à la Croix Piot. Disons tout de suite, qu’il ne fut pas modifié. Ainsi, dans la bataille, ne fut il plus facile de communiquer avec le Cdt Ro Crousse, qu’avec le Cdt Frages, du 331, mon chef direct. La 11ème Compagnie recevait pour l’occupation du centre de résistance



a) un groupe de mitrailleuses de la 9e C.M.

b) 4 canons de 25

2 groupes de mortiers

1 section de fusiliers voltigeurs à 3 F.M. venant de la 3ème C.E.F.V.



Sur le terrain se trouvaient donc disposées les armes suivantes, sur un front de 2.400 mètres et d’une profondeur de 1.800 mètres.

17 mitrailleuses

15 fusils mitrailleurs

4 tubes de mortiers de 81 m/m

4 canons de 25 SA Hotchkiss



Dans l’organisation du terrain, nous avons vu que le réseau s’éloignait sensiblement de la Meuse pour aller passer derrière l’agglomération de Pont à Bar. Une grande étendue de terrain se serait trouvé abandonné à l’ennemi, et lui aurait facilité la création d’une tête de pont, si elle n’avait pas été sous notre surveillance. L’îlot boisé du Gravier, situé près de Vrigne Meuse, au débouché d’une route venant par un itinéraire couvert de la Belgique, était considéré comme point sensible. En effet, la gare, le village pouvaient fournir des matériaux pour la construction de passerelles ; elles auraient même pu être lancées sur le bras mort, avant d’être jetées sur la Meuse. Avec une grande partie du tir des mitrailleuses, les concentrations des mortiers convergeaient en ce point. Afin de faciliter la surveillance des lisières de Vrigne Meuse, le

déboisement du Gravier avait été prévu. Mais ce travail important ne put être réalisé en hiver, à cause de la crue de la rivière, le bétonnage ensuite nous prit tout notre personnel. Nous verrons d’ailleurs que l’ennemi ne tenta pas le franchissement de la Meuse à cet endroit : il avait dû trouver plus de facilité en d’autres points. Une section de voltigeurs fournie par la C.E.F.V., avait pour mission de signaler l’arrivée de l’ennemi et de s’opposer à ses tentatives de franchissement. Elle se repliait ensuite pour permettre le déclenchement d’un barrage général.

Deux fusils mitrailleurs étaient placés sur les remblais d’une ancienne voie ferrée et de cette position légèrement dominante, surveillaient le débouché du bras mort est et l’endroit où le réseau quittait la rivière. Les deux groupes avaient un long boyau, creusé dans le talus ; ils regagnaient les lignes près de la ferme Condé après avoir franchi la route Sedan-Charleville. Le troisième groupe, placé à l’ouest de la Bar, en bordure de la Meuse, surveillait le bras mort ouest. Il se repliait en empruntant le cours sinueux de la Bar, dont les berges étaient couvertes de taillis. Il venait rejoindre les deux autres groupes en passant derrière le talus de la route nationale. La section regroupée devait ensuite participer à la défense des lisières est du village de Villers sur Bar. Le centre de résistance proprement dit situé au sud du réseau comprenait

trois points d’appui. De l’ouest à l’est et du nord au sud, on trouvait



1°) Le point d’appui du Bois, sur la rive gauche de la Bar et du canal des Ardennes

Garnison 1 section de mitrailleuses

1 section de voltigeurs

1 groupe de mortier

1 canon de 25

Au total 5 mitrailleuses

8 fusils mitrailleurs

2 tubes de 81m/m

1 canon de 25

Mission liaison avec l’Armée voisine

Flanquement du réseau en direction du pont de la Bar



2°)le point d’appui de la ferme de Condé sur la rive est de la Bar

Garnison 1 section de mitrailleuses

1 groupe de combat réduit de la 9e C.M.

1 canon de 25

1 groupe de mortier

Au total 5 mitrailleuses

4 fusils mitrailleurs

2 tubes de 81 m/m

1 canon de 25

Mission liaison des feux avec la 10e C.M. (centre de résistance de Donchery)

Flanquement du réseau en direction de la route de Charleville.



3°) le point d’appui du Rouillon

Garnison 1 section de mitrailleuses

1 groupe supplémentaire de mitrailleuses

2 canons de 25

Au total 7 mitrailleuses

2 canons de 25



Mission : Tirs dans la vallée de la Bar en direction du Gravier – Cloisonnement

A la suite du renforcement du secteur par la 65ème Division de

réserve, le 213ème R.I. vint occuper une deuxième position. Une nouvelle

répartition du commandement eut lieu. Le Chef de Bataillon, Cdt le III/147, conservait les centres de résistance de Bellevue et de Donchery. Le C.R. de la Bar passait sous le commandement d’un chef de Bataillon du 213ème. L’ensemble relevant du Lt Colonel Labarthe, commandant le 213ème R.I.

Dans le courant du mois de mars, alors que je me trouvais au cours des spécialistes d’infanterie au camp de Mourmelon, le centre de résistance de la Bar fut coupé en deux. L’ancien point d’appui du Bois, divisé en point d’appui de l’usine(pièces placées près du canal des Ardennes) et point d’appui du Bois (pièces placées aux environs du 82 bis) formait avec divers autres éléments, le centre de résistance d’Hannogne commandé par un officier du 213e R.I.

Sur rive est de la Bar, les anciens points d’appui de la ferme de Condé et du Rouillon, restent sans changement notable. Un troisième point d’appui était formé à l’intérieur de Villers sur Bar, tenu par deux sections de fusiliers voltigeurs. L’une était celle qui se repliait du Gravier. L’autre envoyée parla C.E.F.V. tenant les lisières nord. Une section de mitrailleuses du 11e BM

devait donc renforcer ce point d’appui. Ce découpage ne fut pas une mesure heureuse. En fait, pendant toute la première période calme, j’eus à m’occuper de tous les éléments de ma

compagnie. Moi-même la plupart du temps, je m’adressais à mon Chef de Bataillon du 147e (Cdt Ra Crousse) qui voulut bien me faire parvenir ce dont j’avais besoin, dans la mesure de mes possibilités. Les autorités qui avaient droit de regard s’étaient multipliées. Pour ne citer que mon cas, je relevais



a) du Colonel et du Chef de Bataillon du 147e en ce qui concerne les questions de discipline, de ravitaillement, d’habillement.

b) du Colonel et Chef de Bataillon du 213e en ce qui concerne le secteur.

c) du Capitaine, Cdt le C.R. de Hannogne puisque la moitié de ma compagnie si trouvait sous ses ordres.

d) au 148e R.I.F. puisque j’étais l’élément critique du secteur bien que n’étant pas le centre de résistance de liaison.

Nous ajoutons, pendant la période de calme

e) les divers majors de cantonnement, mon unité bivouaquait ou cantonnement sur trois communes : Villers sur Bar, Hannogne St Martin et Don le Mesnil.

f) le génie pour tous les travaux de bétonnage. Inutile de vous dire qu’il était difficile de contenter tout le monde.

La dissociation d’une unité élémentaire comme la compagnie d’infanterie ne peut donner de bons résultats. L’homme obéit toujours avec défiance à un chef qu’il ne connaît pas et les « subsistant » sont toujours les « parents pauvres ». Aussi le 147ème supporta t’il bien souvent tout le poids des péchés d’Israël.

L’amalgame était donc loin d’être réalisé. Il y avait d’ailleurs une trop grande différence de recrutement, de discipline et d’esprit militaire entre nous.

Du moins, le 213ème R.I. avait-il l’avantage d’avoir appris à connaître la position et le terrain. Nous avions travaillé ensemble, des contacts s’étaient effectués ; nous nous connaissions malgré tout. Hélas, au début de mai, (le 7 si mes souvenirs sont exacts) ce régiment partait à l’instruction aux environs de Vouziers et il fut remplacé parle 331e R.I. (Lt Colonel Lafont). Le

Cdt Frogé prenant le commandement du C.R. de Villers sur Bar et en même temps, celui du régiment, le Colonel partant en permission. Les compagnies étaient donc à peine passées, une reconnaissance sommaire du terrain avait été faite, mais les cadres ne possédaient pas à fond les missions et les divers chefs se trouvaient par suite du départ du Colonel, décalés d’un rang.

Un capitaine du 331e prit donc le commandement du centre de résistance de Villers sur Bar et j’allais dans la soirée du 11 Mai à son P.C. de la Croix Piot renseigner sa carte et le mettre au courant de mon dispositif. Un petit exemple de cette ignorance du terrain. Le 13 Mai, dans le courant de l’après-midi, je signalais des colonnes allemandes arrivant dans Vrigne Meuse, le point important du terrain. L’Officier qui était au téléphone, me pria de lui désigner le village par coordonnées, afin de le trouver sur la carte. Je l’en remercie d’ailleurs aujourd’hui très sincèrement car tandis que je me baissais un peu en maugréant pour prendre à terre mon double décimètre, un éclat de bombe vint se ficher dans la paroi de la tranchée où je me trouvais quelques instants auparavant. En ce qui concerne la ligne d’avant-postes situés à la hauteur de Vrigne aux Bois, elle était très faiblement tenue. 2 canons de 37 et huit fusils

mitrailleurs étaient installés entre le bois de la Roche et le carrefour de Montimont, sur un front de près de trois kilomètres, formant quatre points d’appui.

En résumé, le renforcement sur la position de résistance ne remplira pas le rôle assigné. Dans le but de faciliter le commandement, en resserrant les fronts, il a dissocié les unités. De plu, par un hasard malheureux, les troupes de renfort ne connaissaient parfaitement ni les missions ni le secteur, ce qui est indispensable dans la défensive. C’est un avantage certain en faveur de la

surprise.



Gueret, le 28 Juin 1941

Gonthier

147ème R.I.F.
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Lettre du lieutenant Drapier

Message par BRH » Lundi 04 Août 2014 17:12:33

Lettre du Lieutenant Camille Drapier

147 RIF - 34 N 145

MONTMORILLON , 27 Mai 1941

EXTRAITS D’UNE LETTRE DU LIEUTENANT DRAPIER, CDT

LA 9ème Cie, du 147ème R.I.F.



Voici, en ce qui me concerne ce que je sais de la Bataille de SEDAN :



« Au début de la guerre, j’appartenais au Bataillon de REMILLY – C.R. de Pont – MAUGIS – Mon Commandant de Cie, était un antiquaire de valeur militaire nulle, n’ayant jamais fait la moindre période depuis l’autre guerre ; avec les hommes, le genre « pas d’histoire ».

Au mois de Janvier 1940, je succède au Commandant de la 7e Cie à RAYMONDEAU, seul depuis un mois, son commandant de Cie, fatigué et peu fanatique sauf en ce qui concernait son commerce de cidre et de pinard ayant été envoyé en congé de réforme –RAYMONDEAU par dans l’aviation.

J’appartiens au Bataillon de DONCHERY, CONTHIER est à la ferme de CONDE. A la suite de remaniements d’effectifs (renvoi à l’arrière des familles nombreuses, des affectés spéciaux, rajeunissement des éléments de la 55e D.I.- Division de réserve- le commandement décide de nous regrouper et d’envoyer chaque Cie à tour de rôle à l’instruction, hors de nos chantiers.

C’est ainsi que le 25 avril, je quitte mon P.A. du Carrefour de BELLEVUE pour HANOGNE St-MARTIN – J’étais en train, le 11 Mai, d’effectuer la marche traditionnelle clôturant la période d’instruction, quand arrive l’ordre d’alerte : occupation des positions. J’avais été relevé sur la L.P.R. par une Cie du 331e R.I. je m’installe dans les bois de la CROIX PIOT sur la ligne d’arrêt. A peine installé le Commandant me fait appeler vers 23 heures : la Cie 331e commence à donner des signes de faiblesse : je dois la relever.

A 5 heures, le Dimanche 12 mai, c’était chose faite : je reprenais mes anciens emplacements. 12 Mai – La matinée se passe à aménager les emplacements et à construire une plate forme dans le bloc 102 (à l’ouest du carrefour de BELLEVUE) en construction – Les ouvertures sont béantes, comme celles de la casemate de 75 en construction au carrefour. C’est la surprise totale pas de crénaux, les abris ne sont pas terminés. Vers 10 heures du matin, je rencontre au carrefour de BELLEVUE le Capitaine BRYANT de l’E.M. du général BROWN de COLSTROUN, une capote du Génie sur le dos, pâle, fatigué : il attend les débris du G.R.C.A. engagé en Belgique. Les combats ont été très durs, nos chars ont été « sonnés »par du 105, nos autos-mitrailleuses « crevées » par des chars lourds. Nous avons eu probablement deux divisions cuirassées sur le dos. Aflux de réfugiés, de Douaniers Belges, de tout ce que l’on veut : aucun contrôle possible. Il y a certainement des éléments ennemis parmi eux. De mon observatoire, à l’Ouest du carrefour (construit en ciment armé et clandestinement) je vois très bien jouer les destructions dans la forêt ardennaise : d’abord du côté de la CHAPELLE puis au carrefour de MONTIMONT. Vers 11 heures, le viaduc du chemin de fer à l’ouest de VILLETTE saute : à 12heures 20 c’est le pont de DONCHERY qui saute le dernier. L’évacuation de SEDAN par les civils se poursuit. L’aviation allemande est active, mais pas sur nous. Quatre bombes tombent dans la prairie sur l’alignement DONCHERY –Viaduc de VILLETTE – une autre dans le bois de BELLEVUE souffle les vitres du Château. Dans l’après-midi, on aperçoit à la jumelle quelques motocyclistes allemands à St-MENGES et ILLY. Notre artillerie longue et TORCY (4 pièces) tire sur BOUILLON vers 17 heures et continuera toute la nuit ; elle se repliera avant le lever du jour, le 13. L’artillerie de 75 se met à exécuter des tirs d’interdiction ; toute la nuit des obus passent au-dessus de nos têtes. La nuits nos patrouilles le long de la MEUSE.

13 Mai –Au jour aucun ennemi n’apparaît encore dans la plaine de DONCHEY – Aux lisières des bois Nord de St-MENGES, on apreçoit à la jumelle quelques blindées. Notre Artillerie tire sur les points de passage. Nous sommes spectateurs. Soudain, vers midi, arrivent des bombardiers allemands. J’étais en train de manger une sardine sur un bout de pain : plusieurs bombes tombent autour de moi, mon pain reçoit la poussière de la toiture du P.C. Je me rends aussitôt à l’observatoire ; pas de dégâts. D’autres bombes tombent, mais sans précision : en somme peu de dégâts, ps de blessés. Dans le ciel ce n’est plus qu’un bruit formidable et interrompu de moteurs d’avions – ceux-ci piquent et bombardent. Vers 16 heures, après une nouvelle douche chez moi, très fort au carrefour, j’envoie mes agents de transmission aux nouvelles, pas un blessé : Donc tout va bien. En face de moi, au Nord de la MEUSE, sur la route de MONTIMONT, j’assiste au débarquement de camions d’éléments allemands nombreux : je téléphone pendant une heure en vain pour obtenir l’artillerie. Je vois arriver un seul obus. Nos canons survolés et attaqués sans répit par l’aviation sont muets…….Alors très nettement je vois les chars allemands s’embusquer autour de DONCHERY et dans DONCHERY. Notre casemate de 75 ouvre le feu et tire 50 obus à toute volée. Les chars ripostent du village, tirent d’abord très court, mas un gros char réussit au 4ème coup à placer un obus au but. Le S-Lieutenant de la casemate est tué. Le tir est néanmoins repris, mais cette fois 10 chars au moins s’en prennent à la casemate : c’est fini. Dans la plaine de DONCHERY les chars arrivent de partout : il y en a peutêtre une centaine embossés dans les jardins de DONCHERY, derrière la voie ferrée du défilement de tourelle. D’autres commencent à noyer de projectiles mon observatoire. VILLETTE doit être mal en point : des fantassins allemands se dirigent le long de la voie ferrée de DONCHERY à SEDAN en direction du viaduc de VILLETTE dont certains éléments de tablier restent inclinés sur une pile. (En ce qui concerne ma zone, c’est une neutralisation véritable par les chars tirant de Faux (la rive Nord de la MEUSE. L’abri C. que vous connaissez bien, immédiatement au (Sud du Carrefour BELLEVUE est à moitié décapité. Mon observatoire est sérieusement visé- Je ne peux regarder que par la fente ; les balles claquent sans arrêt et les obus arrivent par bordées. Je me demande si mon travail va tenir ou non. J’avais pris la précaution de me débarrasser de la tourelle vieux modèle trop visible. Deux gros chars sortant de DONCHERY, face à moi, tirent sur cette tourelle qui git à quelques distance de mon observatoire. Celui-ci bien camouflé tient le coup : béton de bonne qualité. Pendant ce temps, fait incroyable, d’autres chars sont en train de rassembler un carré dans la plaine de DONCHERY - ne sachant que faire (peut-être croyaient-ils le pont libre et avaient-ils bourré ?) J’estime qu’il y en avait au moins 200 vers 19 heures. L’un d’eux portait sur le dessus un grand carré d’étoffe orange très apparant en guise de panneau de signalisation. Jusqu’à la tombée de la nuit, aucun char ne franchit la MEUSE, j’ensuis absolument sûr – Ensuite je ne le sais pas.

Vers 16 heures 30, un peu inquiet du côté de FRESNOIS,où je venais de voir des fusées, j’envoie des agents de transmission aux renseignements. Parmi eux, mon ordonnance, un garçon très sur. Aucun ne revient. Tout à coup, en regardant du côté de la casemate102, j’aperçois un groupe ennemi qui entre dedans. Je ne comprends rien tout d’abord : pas un coup de fusil de mes deux sections du carrefour ; plus tard seulement j’ai eu des renseignements sur certains épisodes : les Allemands sont arrivés…..par FRESNOIS – D’abord, le bloc 103, au Nord du carrefour, sur la route de VILLETTE a dû être pris sans résistance (NERISSE a dû vous raconter son entrevue avec le triste S-Lieutenant de réserve qui le commandait). Le fossé anti-char qui devrait être battu par ce bloc a servi de cheminement à l’ennemi. Pas de nouvelle du 7 et du 7bis à l’Est du carrefour, ni d’une fraction de la section F.V. qui tenait la crête du C. HERMANT, S-Officier adjoint avait reçu l’ordre de s’installer avec un groupe dans le bois derrière mon P.C. pour décongestionner le carrefour autour de la casemate trop bombardée et de surveiller de l’arrière le ruisseau de FRESNOIS.

Voyant l’ennemi dans mon P.A., je bondis à mon P.C. pour rassembler tout le monde. Je téléphone une dernière fois, je brûle le code et coupe le fil téléphonique, distribue les grenades de la caisse du P.C.- Chaque section avait reçu une caisse de grenade (:) le matin. A ce moment arrivent quelques gradés et hommes : PREVOST, GRARE promu adjudant, l’adjudant-Chef ROZOT ; j’ai autour de moi un essaim qui ne me lâche pas d’une semelle. Avec quelques difficultés je les installe aux points les meilleurs. Je suis à l’aplomb du 103 et compte arrêter l’ennemi face à FRESNOIS, à hauteur de mon P.C. Un homme de PREVOST arrive avec un F.M. plein d e terre ; il faut le nettoyer. Les hommes de mon P.C. ne sont guère instruits beaucoup sont venus il y a un mois à la 55e D.I. – Bref c’est PREVOST qui finit par nettoyer et servir le F.M. Je cherche en vain HERMANT : rien ! On me signale un F.M. abandonné ! J’envoie ROZOT et GRARE prendre la place d’HERMANT pour tenir face en arrière de ce point pour nous très important. Ne voyant rien, j’y vais moi-même. Mais alors, je me rends compte combien les hommes, devant le danger, s’attachent au Chef…..Les hommes constatant mon déplacement se précipite derrière moi : c’est le baptême du feu dans des conditions peu brillantes – Nous sommes arrosés par des armes automatiques tirant des hauteurs derrière FRESNOIS. Je ne peux croire, que ce sont des Allemands et me mets à faire de grands gestes : rien n’y fait. Je juge prudent de ne pas insister. J’arrive au bois, je trouve le F.M. des munitions et je reviens sur la crête voir ce qui se passe du côté 102. Les chars arrosent la crête de balles ; au moment où je passe la tête, une rafale de mitrailleuses m’encadre sans m’atteindre. L’ennemi est juste au-dessous de moi. Je lance une première grenade qui n’éclate pas. J’en lance une deuxième, pendant un quart d’heure nous le tenons en respect.

J’envoie le caporal PELTRIAU à la Cie du Capitaine HEFF à ma gauche demander du renfort et un homme à la ligne d’arrêt. Sur la ligne d’arrêt, personne. Au P.C. de la 8e Cie, on n’a trouvé qu’une serviette. Ca va très mal ; ROZOT GRARE et quelques hommes ont filé par les bois. Il me reste donc PREVOST, un caporal très décidé, boucher à DONCHERY et une quinzaine d’hommes dont certains absolument bons à rien. Peu après l’ennemi que j’ai arrête de la crête, rentre au 102 ; grâce à la protection des chars qui sont de l’autre côté de la MEUSE. Pas pour longtemps ! Il en sort avec des prisonniers devant eux et montent droit sur moi, un allemand avec un petit drapeau à croix-gammée – Moment de panique, mes hommes ont peur de tirer sur leurs camarades. Certains disent : « On se rend ». Je réussis à faire tirer un coup de mousqueton. L’ennemi rentre à nouveau dans l’abri et n’insiste pas. L’idée me vient d’aller l’en sortir, afin de récupérer hommes et munitions qui s’y trouvent- Cà ne va pas tout seul. Presque aussitôt, par derrière arrive un groupe ennemi. PREVOST avec son F.M. le tient en respect. Je place des hommes face à la MEUSE et me porte à la corne du bois à 50 mètres derrière. Je trouve un F.M. qui ne marche pas ; je le démonte appuyé sur une fourche. Ca ne va pas et il est propre ; je m’aperçois que le canon n’est pas claveté. Le tireur n’a certainement pas pu tirer avec. Je prends un homme à mon côté, il me met des cartouches en chargeur. Nous sommes arrosés par plusieurs points par balles traceuses ; il m’en passe entre les jambes. J’ouvre le feu. Tout à coup, mon absence ayant sans doute provoqué une panique dans les gens que j’avais placé face à la Meuse, un groupe allemand a pu s’approcher d’eux à 100 mètres et tirer dans le tas. Ces hommes refluent en paquet vers moi ; quelques uns tombent, d’autres s’arrêtent en pleine prairie, jetant leurs armes. PREVOST tient en respect tous ces hommes, Allemands compris, mas de nouveaux groupes ennemis surgissent. Nos deux F.M. n’ont plus de cartouches. Il me reste un chargeur. Un groupe nouveau apparaît, montant du ruisseau de FRESNOIS ; par derrière, à deux cent mètres environ. Quatre fantassins se lèvent à la fois et en bon français, l’un d’eux crie « Ne tirez pas, nous sommes des français ». j’hésite une seconde, un coup de jumelle ; je vois du vert et des blousons. Ma dernière rafale part dans le tas. Plus rien à faire, PREVOST serré de près rampe dans le bois ; je le suis. Nous essayons de rejoindre le P.C. du Bataillon. Ma dernière rafale a eu le don de faire tirer d’autres mitraillettes ; j’ai perdu PREVOST. Je m’efforce d’éviter un déplacement dans l’axe de tir ; cependant les balles arrivent entre mes pieds.

Finalement j’arrive au P.C. du Bataillon. Ce P.C. est calme ; on s’étonne de mes renseignements. On se met en cercle autour du P.C. On entend les allemands dans CHEVEUGES, des patrouilles motocyclistes, des moteurs, des cris dans le bois. La liaison existe encore avec le Colonel LAFONT,: Commandant le Sou-Secteur ; Il est au moulin de MAURU, sur lequel l’Artillerie allemande se met à tirer un obus toute les minutes, du 105 probablement. Dans la nuit, rallient une dizaine d’hommes de ma Cie, restés au Bord de la MEUSE. Les Allemands sont dans les bois de la CROIX-PIOT.

14 Mai - A minuit, le Colonel attend toujours un renfort qui ne vient pas. Vers 1 heure du matin nous essayons de pousser quelques points : des rafales partent au moindre bruit. Nous n’avons pas l’impression pourtant d’être complètement encerclés. A 3 heures le Commandant va voir lui-même le Colonel Commandant le Sous-Secteur. On ne le voit pas revenir. Un homme remontant de CHEVEUGES annonce que les chars allemands sont dans le village et que le Colonel et que le commandant sont partis en voiture. Je reste avec VASSON, le Capitaine HEFF et une trentaine d’hommes, nous avons quelques cartouches et c’est tout. A 4 heures, apparaît le petit avion d’observation. Les chars fouillent CHEVEUGES ; dans le bois les bruits de chenilles se rapprochent de nous. Connaissant très bien la région nous n’avons qu’une chance de nous sortir… de là : c’est d’aller traverser la BAR en face d’HONOGNE en un point insoupçonné de l’ennemi. Je prends la tête après avoir montré de loin l’itinéraire et le point de passage. Je sorts le premier suivi du Capitaine VASSON, nous recevons quelques rafales ; personne n’est touché. Le Capitaine HEFF a du changer d’idée en cours de route : il a été fait prisonnier.

Ensuite, j’ai voulu me mettre à la disposition du Secteur voisin (Armée CORAP). J’ai trouvé des Artilleurs qui amenaient les caisses : On se repliait. Je rencontre un Commandant de C.A. qui me dit : « je me replie ». Dans ces conditions, je cherche à rejoindre le 147e du côté de CHESNES. A SAPOGNE, j’apprends que l’ennemi est à OMICOURT et CONNAGE et qu’il remonte. A la lisière du bois d’ELAN, avec une quinzaine d’hommes (VASSON, m’a lâché et n’a pas passé le BAR) je trouve le Colonel et des fantassins à un carrefour. Je me joins à eux ; il est midi environ. Le Colonel est décidé, nous traite de fuyards et menace de brûler des cervelles. Il nous installe en dépit du bon sens. Ordres et contre-ordres toutes les 5 minutes. Il y a deux canons de 75 à côté avec un Lieutenant-Colonel et un Lieutenant. A 18 heures, tout le monde peu à peu était parti. Je demeurai avec mes hommes pour une contre-attaque annoncée par le Colonel. Celui-ci était plongé dans sa carte et n’en sortait rien. Je décide alors de rejoindre à tout prix le 147e.

Plus loin, je retrouve un S-Lieutenant et quelques hommes qui avaient passé la BAR au même endroit que moi, mais moins chanceux ils avaient été repérés par les Chars à qui l’avion d’observation les avait signalés. A la tête de cette section, je cherche à rejoindre le CHESNE ou VOUZIERS. Partout où j’arrive je vois des gens qui se replient. Je continue ainsi toute la nuit, je laisse dormir mes gens trois heures, puis nous repartons. En cours de route, j’apprends que le Général BROWN se trouve à une ferme dite « L’ANESSE ». je me présente : il n’a pas besoin me dit d’aller plus au Sud. A ATTIGNY, le soir, je vois des chars qui remontent. En fin, une roulante du Bataillon, toute seule : le conducteur a un papier : (SEMIDE » C.H.H. J’avais trouvé ou presque. Le lendemain soir seulement je trouve les débris de la division dans les bois de MACHAULT, nous repartons aussitôt à marche forcée… Cela devait continue encore longtemps.

Voilà, en ce qui me concerne la bataille de SEDAN. J’étais tellement épuisé que pendant plusieurs jours j’ai eu du mal à rassembler mes idées. J’arrête là mon histoire ; j’ai essayé de raconter ce que j’au vu, partout on a été mal renseigné ; j’ai tenu tous les emplois depuis Commandant de Cie, jusqu’à 2e Voltigeur. Le plus démoralisant pour tous était de constater cette supériorité écrasante en chars et en aviation. Je n’ai vu qu’un seul appareil français qui s’est posé derrière DONCHERY et auquel le pilote a mis le feu. VALET, blessé, prisonnier et rapatrié est resté à GLAIRE une fois pris, près d’un pont construit par les Allemands. Il a vu au moins 800 chars défiler dans la nuit du 14. Sur 5 appareils français qui ont essayé d’attaquer le pont, trois ont été descendus le lendemain par la D.C.A. Vous me parlez de la C.D.A.C de la 55e D.I. ; le Commandant de Cie, un de ses anciens a été chargé de présenter un rapport sur les combats de SEDAN. IL l’a bien entendu rédigé sans savoir que j’y étais. Je ne sais s’il était bien placé pour avoir vu quelque chose. Il m’a déclaré « Mordicus » que les chars étaient passés le 13 à DONCHERY c’est faux. J’imagine qu’il y aura quelques erreurs dans l’historique de la division !
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
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Re: La panique de Bulson...

Message par Paul Ryckier » Lundi 04 Août 2014 20:12:15

Merci.

Cordialement et avec estime, Paul.
Paul Ryckier
 
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