La panique de Bulson...

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Re: La panique de Bulson...

Message par BRH » Mardi 22 Juillet 2014 21:48:58

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147ème R.I.F.

11ème C.M.

Rapport

======

du Lieutenant Gonthier, ex-commandant de la

11ème C.M. du 147ème R.I.F., relatif à la période

23 Août 1939 – 13 Mai 1940





Le 147ème Régiment d’Infanterie de forteresse (Lt-Colonel Pinaud) provenait du 3ème Bataillon

du 155ème R.I.F. (Cdt R. Crousse) en garnison à Sedan. A la mesure 21, il occupait sur la rive gauche

de la Meuse, une position de résistance de 21 km de front environ tout en recevant et équipant ses

réservistes B1 et B2 au fur et à mesure de leur arrivée.



Le 147ème R.I.F. comprenait :

un état-major de régiment

une compagnie de reconnaissance

trois bataillons de mitrailleurs

Des sections de gardes frontaliers lui étaient rattachées : elles étaient destinées à occuper sur la rive droite de la Meuse, à proximité de la frontière belge, une position d’avant poste, jalonnées par un réseau, des destructions et des maisons fortes.

Le bataillon de mitrailleurs comprenait

une section de reconnaissance

une compagnie hors rang

trois compagnies de mitrailleuses

une compagnie d’engins et de fusiliers voltigeurs.



La 11ème Compagnie de mitrailleuses dont je prend le commandement le 29 août 1939 à 12 heures, en remplacement du S/Lieutenant de réserve Cadet se compose de :

*une section de reconnaissance

*trois sections de mitrailleuses

*une section de fusiliers voltigeurs

*La section de mitrailleuses, en plus des deux groupes réglementaires, disposait d’un groupe de combat réduit à deux fusils-mitrailleurs. Sur les positions de combat, elles prélèvent sur son effectif mitrailleur, le personnel nécessaire au service d’une cinquième pièce.

L’arsenal de la section était donc de :

vingt mitrailleuses Hotchkiss

deux fusils mitrailleurs 1929

La section de fusiliers voltigeurs du type normal disposait sur les positions de trois F.M. supplémentaires, ce qui portait son armement à six F.M.

Au total, la 11ème C.M. mettait en oeuvre :

15 mitrailleuses

12 fusils-mitrailleurs

Le commandant de compagnie disposait de quatre fusils-mitrailleurs et d’une mitrailleuse de rechange.

Les hommes étaient en majeur partie armés du fusil 1916. Les révolvers étaient du type espagnol 8 m / m.



Au point de vue armement, le matériel était complet et en parfait état. Les pièces avaient été envoyées au champ de tir de la Prayelle. D’autre part, au cours des nombreux survols qui précédèrent l’attaque du 13 Mai, j’avais prescrit de tirer sur les avions, ce qui n’était pas un réflexe - de façon à descendre peut être un appareil, mais aussi à donner confiance à la troupe et à vérifier le fonctionnement des armes. C’est au cours d’un de ces tirs que le caporal-chef Le Blay, le 11 Mai après midi, toucha sérieusement avec un jumelage F.M., un avion allemand qui venait de mitrailler les abords de l’ouvrage 82bis.L’appareil après avoir essayé de reprendre de la hauteur disparaît derrière les bois de Montimont. Le fait fut porté à la connaissance du Lt-Colonel Lafont, Cdt le sous-secteur de Villers/Bar.

L’effectif théorique de la compagnie de mitrailleuses était de 197 ainsi réparti.

4 Officiers

2 adjudants

6 sergents chefs

11 sergents

27 caporaux

148 hommes

A la mobilisation, cet effectif était réalisé et même dépassé. Mais les renvois au dépôt, les réformés, les affectations spéciales amenèrent de nombreux départs, si bien qu’au 10 Mai, sans tenir compte des malades, des permissionnaires, des détachés. La 11ème C.M. avait un effectif déficitaire, 32 hommes dont 10 gradés, presque l’effectif d’une section. Si de l’effectif restant (165 Officiers et hommes) nous retranchons le personnel de la section de commandement, en partie replié avec le train de combat, les conducteurs de voiturettes, les hommes à l’hôpital, les permissionnaires qui n’eurent pas le temps de rejoindre, nous constatons que pour servir 27 armes automatiques, il ne restait qu’un personnel extrêmement réduit et encadré au minimum. Ceci est vrai pour toutes les unités. Le 13 après-midi, alors que je donnais au Lt Poissignon, l’ordre de tirer avec son groupe de mortiers sur Vrigne Meuse où l’ennemi arrive, il me répondit qu’il n’avait que cinq hommes pour servir les tubes…Le tir eu lieu quand même. Donc aucune réserve et quand l’infiltration ennemie aura pris pied dans la position, il ne restera plus au commandant de compagnie, que ses quelques agents de transmission, ses radios et ses téléphonistes désormais inutiles pour constituer la petite patrouille qui ira à la rencontre de l’allemand et l’empêchera de prendre trop facilement les combattants à revers et par surprise. La mise sur pied de guerre de la 11e C.M. s’était fait en plusieurs temps. L’échelon A alerté dans la nuit du 22 Août rejoint ses positions au sud de La Meuse de Pont à Bar, à petit Remilly, le 23 Août matin. Il provenait de la 9ème Compagnie du 155e R.I.F. (S/Lt

Raymondeau. Il se composait :

a) des jeunes soldats ayant un an de service. Incorporé en pleine alerte des centres mobilisateurs. La tension de mars 1939 les avait dispersés, les uns dans les centres de convocation des réservistes, les autres aux travaux de réseau. Ils n’avaient pu suivre le cycle classique de l’instruction ; aussi leur valeur militaire était assez médiocre.

b) des soldats ayant deux ans de service et normalement instruits.

c) des disponibles. Ces derniers, rappelés en 1938, convoqués à nouveau en 1940, n’avaient pas fait preuve d’un enthousiasme particulier pour les périodes supplémentaires. Une vague d’indiscipline avait été contenue. Les contingents nous venaient en grand partie des Ardennes et de l’Aisne, on comptait également quelques Alsaciens Lorraine La tache qui incombait à l’échelon A à la mobilisation était immense. Les quelques quarante d’hommes qui le composait, devaient amener sur les positions et servir en cas de besoin tout l’armement des échelons A et B1. Il fallait en outre fournir du personnel au centre de convocation de Cheveuges pour assurer l’incorporation, l’habillement et l’équipement des réservistes. Des corvées étaient désignées pour liquider les casernements de Sedan et le centre mobilisateur, pour assurer la réquisition des chevaux et des automobiles, des postes étaient détachés dans les gares pour assurer le service d’ordre. Les dépôts de munitions étaient à constituer. Les dispositifs de destruction des ponts étaient préparés. En même temps, les unités devaient commencer à vivre .Les bureaux et les ordinaires se mettaient en route. Pratiquement l’échelon A suffit à lui seul à ce travail formidable du début, les cadres de réserve s’étant montrés pour la plupart soit incapable soit mauvaise volonté, incapable de se mettre immédiatement à la tâche. L’échelon B1, provenant du recrutement frontalier, arriva le 23 Août. Il était convoqué à Cheveuges, où il fut rapidement habillé, équipé et armé. Il renforçait les deux sections de mitrailleuses, déjà en place et formait presque la section de voltigeurs de la compagnie. L’échelon B2, provenant de la région parisienne arriva le 27 Août. Il formait l’effectif de la 3ème section de mitrailleuses qui, dans le plan d’occupation de la position, se trouvait en deuxième échelon. Tous ceux qui ont assistés à la mobilisation de 1938 se plaisent à reconnaître que l’expérience avait été profitable. Toutes les opérations se passèrent en ordre et dans le calme. Les scènes d’ébriété, un peu trop généralisées qui s’étaient produites en 1938ne furent en 1939 que des cas isolés, moins scandaleuses et faciles à sanctionner. Au cours de la campagne cependant, beaucoup d’hommes marquent un penchant prononcé pour la boisson. L’habillement, bien qu’en progrès sur l’année précédente, laissa encore à désirer. Les culottes, en particulier étaient de très médiocre qualité et de trop petite taille pour des hommes forts. L’absence presque complète de béret ou de calot, obligea les hommes, en dehors du temps où ils avaient des casques, à conserver leur coiffure civile. Quand il s’agissait d’une casquette plus ou moins déformée, l’effet était désastreux. Il fallut que les Chefs de Bataillons fassent confectionner des calots par leur C.H.R. pour que les réservistes commencent à prendre une allure militaire. Enfin quelques cuirs, tels que bretelles de fusils, courroies de bidon, jugulaires de casque furent remplacées par de la ficelle. Dans les mois qui suivirent, un effort patient arriva à combler peu çà peu les déficits. Seules, les roulottes, abîmées par les travaux de terrassement et le bétonnage, rentrent en mauvais état, sans que les livraisons parviennent à les remplacer. Ainsi donc, le 2 septembre 1939, la 11ème C.M. du 147e R.I.F. était constitué. La formation primitive de l’unité subit malheureusement d’importants changements et cela peu de temps avant le 10 Mai. Fin avril, nous dûmes céder au 295e R.I., régiment de la 55e D.I. :

1°) nos classes jeunes, c-a-d nos hommes et nos gradés d’active qui depuis trois ans travaillaient dans un secteur qu’ils connaissaient parfaitement.

2°) nos frontaliers, afin de les éloigner de leur foyers trop proches. Les derniers échanges eurent lieu dans les premiers jours de Mai. Nous recevions dans nos unités de mitrailleuses des hommes venant d’unités de voltigeurs, des classes âgées qui n’avaient pas été habitués dans les unités de réserve, à la discipline assez stricte que nous exigions de nos soldats.

Le long travail par lequel le chef façonne sa troupe et la conquiert, se trouve d’un seul coup annulée et à recommencer. Sans vouloir même contester la qualité du personnel échangé, il reste un fait indiscutable : ces hommes ne nous connaissaient pas et nous ne les connaissions pas. Certains rejoignirent leur nouvelle unité en pleine bataille, car ils se trouvaient en permission au moment de leur mutation. Les quelques jours de répit du début du mois de Mai furent mis à profit et je puis affirmer que dans ma compagnie, tout était prêt. Les missions étaient parfaitement connues. Toutes les armes étaient servies, avec évidemment très peu de personnel et d’encadrement. Le matériel était en excellent état, abondamment pourvu de toutes les munitions. Le personnel savait les mettre en oeuvre. Des séances d’instruction avaient mis à même tous les combattants du centre de résistance, à se servir de toutes les armes y compris le canon de 25 et le mortier. Des vivres étaient distribuées permettant de tenir deux jours et demi sans ravitaillement, en plus le village proche de Villers sur Bar, récemment évacué, contenait de nombreuses réserves. Reste la grave question du moral des cadres et de la troupe. A l’arrivée, il semble que beaucoup de réservistes de tout grade, soient venus avec l’intime conviction d’un nouveau 1938. « Tout va s’arranger et dans quinze jours, nous rentrerons chez nous ». De là, une certaine mauvaise volonté pour percevoir le matériel, pour tout mettre en place, creuser les tranchées puisque c’était sûrement du travail inutile. Parti le 23 Août comme adjoint au Lt Colonel, commandant le 147ème RIF, j’eu avant de prendre le commandement de la 11ème C.M. A m’occuper du dépôt de munitions de Bulson et de Cheveuges (ferme Coulan). Je noterai deux incidents qui me paraissent significatifs. Des consignes avec plan d’installation étaient préparées à l’avance, il n’y avait qu’à s’y conformer. Le convoi de munitions que j’étais allé chercher à Autrecourt devait décharger à des endroits déterminés par des corvées fournies par les unités voisines.

A Bulson, se fut un beau tapage de la part du maréchal des logis de réserve, chef de corvée. Il est vrai qu’il procédait à son installation personnelle. Il déclara successivement qu’il était chargé de la garde des munitions et non de leur déplacement (malheureusement, c’était inscrit sur ses consignes) qu’il ne savait pas reconnaître une caisse de cartouches d’une caisse de grenades (il suffit de lire les étiquettes)et enfin, dernier argument, que c’était inutile de stocker des munitions, puisque la radio annonçait que tout s’arrangeait et que d’ailleurs en 1938, on n’en avait pas tant fait. A la ferme Coulan, c’était un sergent chef de réserve d’infanterie qui se trouvait chef de poste. Mais où la chose devenait grave, c’est que le plan d’installation du dépôt prévoyait l’utilisation d’un hangar, sous lequel étaient garés quelques chariots. Le sous officier déclara net qu’il se refusait absolument à faire déplacer les véhicules, car ce n’était pas la guerre et que le local ne pouvait être utilisé à des fins militaires, qu’il était d’ailleurs employé au Ministère de la Guerre et que j’aurais de ses nouvelles. Un officier qui a douze ans de service dans la troupe, ne s’effraye pas outre mesure de certains incidents. Ils dénotaient pourtant un état d’esprit regrettable. C’est état d’esprit du sous officier de réserve, je l’ai remarqué à mainte reprises. Pendant les huit mois que j’ai passé à la tête de la 11e CM c’est du cadre sous officier que me viennent les plus grandes difficultés de commandement. Hormis quelques heureuses exceptions, le grand nombre était d’une nullité militaire à peu près complète, leur principal souci était leur popotte et leur installation personnelle. Sans aucune aptitude au commandement, mais d’un esprit critique très développé, ils semblaient croire que leur rôle était non pas de seconder l’officier dans sa tache, de faire exécuter les ordres, mais au contraire de s’interposer entre l’officier et la troupe pour éviter à cette dernière les effets de la « soi-disant » tyrannie du chef. Les ordres donnés étaient facilement taxés d’abus de pouvoir et le sous officier se considérait comme le médiateur chargé de présenter les réclamations de ceux qu’il appelait « les commandés ». Toujours du côté de la troupe, jamais du côté de ses chefs ; c’est ainsi que je terminai la demande de radiation d’un de mes subordonnés. C’est état d’esprit commençait à déteindre sur les cadres d’active.

Je ne me serais pas permis de juger le cadre des Officiers de réserve, celui que j’ai vu à l’oeuvre si au cours des stages puis des séjours dans les hôpitaux, nous n’avions été très durement pris à partie. Une boutade qui n’en était pas une dans l’esprit de beaucoup permettait d’affirmer que si l’on faisait un officier de réserve en six mois, alors qu’il fallait au moins deux ans pour « fabriquer » un officier d’active, c’était que ce dernier était trois fois moins intelligent. Là aussi, l’esprit critique n’était pas en rapport avec la valeur technique ou morale. Les « anciens » qui avaient fait l’autre guerre et qui nous regardaient avec supériorité, ne faisaient pas preuve d’un enthousiasme débordant pour la future bagarre. Par tous les moyens, ils s’en allaient vers les emplois de l’arrière et partaient sans regret et sans être regrettés. Les jeunes, ceux qui n’avaient pas mauvais esprit, déclaraient être venus pour se battre mais la besogne modeste de tous les jours ne leur semblait pas assez glorieuse : ils se refusaient à admettre la phrase : « la guerre c’est six mois d’embêtement, pour un jour de combat ». Le jour de la bataille active, du véritable choc est très court, il ne dure pas longtemps, mais il doit se préparer longuement, minutieusement, patiemment et c’est dans ce travail obscur que le chef doit d’abord s’affirmer. Il est trop simple d’espérer que chacun se débrouillera au moment du besoin et que les « crapules », les indisciplinés, les mauvaises têtes deviendront des types extraordinaires au combat. Ce n’est pas vrai. Les bons soldats du temps de paix sont les bons soldats du temps de guerre. Les bonnes troupes ne s’enfuient pas en désordre et les révélations du champ de bataille, si elles existent, ne sont que des exceptions.

De septembre 1939 à mai 1940, le 147ème a beaucoup travaillé sur les positions. Mais dans l’esprit de beaucoup, c’était du travail inutile. L’élément civil ne facilitait pas la tâche. Le 10 Mai, l’ennemi est annoncé, mais il est encore loin. Toutefois, les bombardements se multiplient. Il semble que ces attaques encore bénignes, donnaient confiance à la troupe. Je n’aurai pas affirmé que certains ne voient dans cette phase plus active de la guerre, la fin de ces interminables travaux de terrassement qui nous occupaient depuis huit mois.

Le 11 Mai, commence le lamentable exode des populations. Devant ce pénible spectacle, chacun pense aux siens qui sont peut être menacés du même sort. Première tristesse !

Et puis les événements se précipitent. Les bombardements redoublent. Les cavaliers repassent et laissent des nouvelles pas trop rassurantes. Les villages flambent. Chacun est surpris de la rapidité avec laquelle l’ennemi approche. Pas un seul avion ami dans le ciel, mais toujours et toujours des croix noires.

Je suis sûr qu’à ce moment là, les hommes de ma compagnie étaient prêts à se battre ; certains l’ont prouvé par la suite. Mais je dois avouer que l’ennemi que nous attendions, personne ne l’imaginait avec cette brutalité et cette accumulation de moyens.

A l’origine de la défaite, il y a une surprise morale. Les troupes qui ont lâché pied sans même avoir vu l’ennemi, en sont la preuve irréfutable.



A Guéret, le 25 Juin 1941

Gonthier
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Re: La panique de Bulson...

Message par BRH » Mardi 22 Juillet 2014 21:55:15

Lieutenant Gonthier,Organisation du terrain

147ème R.I.F.

11e C.M.

Rapport

du Lieutenant Gonthier, ex commandant de la 11ème C.M. du 147ème R.I.F., relatif

à la période du 23Aout 1939 – 13 mai 1940.





Organisation du

terrain

Evolution







L’organisation de la position en septembre 1939, porte sur une position d’avant postes et sur la ligne principale de résistance. Sur la rive droite de la Meuse, à proximité de frontière belge, la position d’avant poste est jalonnée par un réseau qui n’est pas terminé. La 9e Cie du 155e R.I.F. y travaille quand l’ordre de mise sur pied de guerre de l’échelon A lui parvient dans son cantonnement provisoire de Vrigne aux Bois. Toutefois, le matériel est presque entièrement à pied d’œuvre et des travailleurs seront envoyés par le III/147, pendant les mois de septembre afin de tout terminer. Sur les itinéraires venant de Belgique, des fourneaux de mine ont été préparés. Ils se trouvent :



a) un à la sortie Nord de Rossignol, au milieu des bois, aux Margannes.

b) Un à la hauteur de la filature de la Claire.

c) Un, très important, au carrefour de Montimont, gardé par une maison forte, armée d’un canon de 37 et de 2 fusils mitrailleurs.

d) La destruction du ponceau de la Claire, à la sortie Nord de Vrigne aux Bois, au lieu dit la Grève est prévue. Elle devait être gardée par une maison forte dont la construction n’est qu’ébauchée.

La ligne principale de résistance comprenait un obstacle continu : la Meuse. Le seul passage situé à proximité de la 11e C.M., dans le S/quartier occupé par le 10e C.M. (Capitaine Heff) se trouvait à Donchery. La rivière doublée par un canal latéral donnait accès à une écluse comportant deux ponts.

Le pont sur la Meuse, en maçonnerie se composait de plusieurs arches. Comme dispositif permanent, seule la destruction de la troisième pile, à partir de la rive Nord était préparée. La destruction de la culée de la rive ennemie fut préparée par le génie. La brèche produite ne semblait pas devoir être très importante. Le pont sur le canal, en béton armé, comportait un dispositif complet, deux fourneaux de culée et deux coupures de la travée. C’est sans contredit la destruction principale qui aurait coupé en même temps de son entonnoir d’entrée, la route de Sedan-Charleville.

Or le 12 mai, le pont sur la Meuse seul sauta Cf : croquis1

A titre documentaire, ce même pont avait déjà été détruit dans les mêmes conditions en 1914. Des témoins rapportent que l’infanterie allemande tourna facilement l’obstacle par l’actuelle usine électrique et le déversoir ouest à sec par suite des basses eaux. Les pionniers dressèrent ensuite une échelle contre l’arche et les troupes purent regagner le pont intact.

Dans mon sous quartier, un dispositif de destruction existait : c’était celui de la route Sedan-Charleville au pont de la Bar. Les fourneaux existaient et avaient été reconnus par le génie. Cette destruction devait parait-il, amener une inondation de la vallée de la Bar, mais elle exigeait trois tonnes d’explosifs, matériel dont on manquait. Elle ne fut donc jamais préparée d’autant plus que n’étant pas à proprement parlé sur la Meuse, elle n’était que secondaire. Cf croquis 2 Un réseau de fil de fer longeait la Meuse. Dans mon sous-quartier, il s’écartait du cours de la rivière, traversait la route Sedan-Charleville, passait au Sud de la petite agglomération de Pont à Bar, sur le canal des Ardennes pour aller se raccorder avec l’Armée voisine. La plus grande partie du réseau avait été réalisée depuis mars 1938. les quelques trous qui existaient furent comblés dans le courant des premiers mois de la guerre. Il fallut également, à la dernière minute, boucher les très nombreuses chicanes qui permettaient l’accès aux champs et pâtures. Quelques ouvrages en béton du type « Barbeyrac » avaient été construits avant 1936. Leur dalle avait de 0m70 à 1mètre d’épaisseur. Dans la portion de terrain qui m’était impartie en couverture, on trouvait de l’ouest à l’est :



1°) le « 82 bis » pouvant contenir deux mitrailleuses à missions délimitées, 1 fusil mitrailleur et un canon de 25.

2°) le « A » du même type.

3°) le « 1bis » du même type.

Il y avait donc sous béton de la place pour dix armes automatiques et deux armes antichars.

Or dans le sous quartier primitif, il y avait :

4 armes anti-chars

4 mortiers de 81m/m

17 mitrailleuses

15 fusils mitrailleurs



Pendant toute la période de septembre 1939 à mai 1940, mon souci constant, envers et contre tout, fut d’assurer la mise en service du plan des feux initial. En effet, à la suite des changements d’unités de renforcement, des modifications incessantes dans la répartition des commandements, un certain flottement s’était manifesté. D’autre part, des blocs de béton étaient entrepris en grand nombre. Ils correspondaient à de nouvelles missions, à un supplément d’armement, en engins auto-chars et il n’était pas douteux que lors des mise en oeuvre de ces nouveaux ouvrages, il faudrait de toute nécessité, modifier et réajuster toute l’organisation primitive. Mais tant que tous ces nouveaux ouvrages ne seraient pas terminés, il fallait s’en tenir à un plan ferme qui s’il n’était pas parfait, était du moins homogène et connu des petits échelons. C’était l’ancien plan.



Le 10 mai, il y avait donc dans mon sous-quartier des emplacements pour toutes les armes.

A proximité se trouvaient des abris pour tout le personnel. La 11ème Compagnie, étant très mal partagée comme cantonnement, dès le début de la campagne, les hommes furent contraints de coucher sur les positions, dans des abris de groupe, réalisés suivant le plan primitif ’occupation. Il n’était d’ailleurs pas question de creuser des abris à l’épreuve par nos propres moyens, l’eau se trouvant à fleur du sol. Sur les pentes du Rouillon seulement, après maints tâtonnements, les sections parvinrent à se créer des abris sous 1m 50 de terre avec dalles l’éclatement, ce qui représentait une assez bonne protection. Certes, la vie fut rude au cours de l’hiver, mais cette occupation permanente des positions avait mis chacun dans le cadre de la mission.

Signalons toutefois l’extrême difficulté d’obtenir le matériel nécessaire à tous les travaux. Dans la plupart des cas, il fallait se débrouiller.. ce qui amena quelques incidents. Un réseau de communication enterré reliait les divers emplacements de combat. Certes les boyaux n’étaient pas clayonnés sur toute leur longueur ; l’hiver, le mauvais temps, le ruissellement les abîmèrent, ils n’en existaient pas moins. Grâce à cette organisation, aucune perte ne fut occasionnée par l’intense bombardement d’aviation qui pilonna les positions, particulièrement le 13 mai. Le remblai de la route Sedan-Charleville fut utilisé et aménagé comme fossé anti-chars. C’était un très gros travail qui fut poussé activement mais qui exigeait beaucoup de personnel et de matériel. Le 10 mai, il était terminé sur la partie comprise entre le canal des Ardennes et la Bar. Toute cette organisation fut réalisée en transgressant les ordres du génie. Tout l’effectif étant occupé aux travaux de bétonnage et dans bien des cas, ce n’est que par des tours de passe passe que nous arrivions à fournir les corvées demandées. Or les hommes ayant travaillé une demi journée au béton, devaient avoir repos l’autre demi journée. C’est précisément ces

demi-journées de repos qui furent employées à l’organisation des positions. J’eus d’ailleurs d’assez durs rappels à l’ordre de la part du génie.. mais je tins bon, estimant que tant que le béton ne serait pas entièrement terminé et équipé, c’était comme s’il n’existait pas.



Dans la portion de terrain où je commandais initialement, cinq ouvrages furent entrepris

de l’ouest à l’est.

Le 201 (type II°Armée) pour un 25 et une mitrailleuse.

Le 202 du même type.

Le 301 pour deux mitrailleuses et 1 fusil mitrailleur.

Le 153 (type G.A.1) pour un 25, une mitrailleuse et plusieurs fusils mitrailleurs.

Le 154, du même modèle.

Aucun de ces ouvrages n’était terminé le 10 mai

.

Le 201, le 202, le 301 étaient coulés.

Le coulage du 153 se termina dans la nuit du 11 mai.

Le radier du 154 venait d’être fait.

A tous manquait l’aménagement intérieur ; défaut très grave, les créneaux n’étaient pas mis en place. Leur absence créait d’immense fenêtres de plus d’un mètre carré qui furent une cible facile pour les coups d’embrasure…l’expérience l’a démontré. Ainsi donc pour conclure, le 10 mai 1940, malgré un travail acharné rendu extrêmement pénible par l’hiver et la pluie - un travail dont le 147e R.I.F. supporta le poids presque seul l’organisation permanente fortifiée, pourtant formidablement ébauchée, n’est pas en état de servir. Le travail fourni l’a été aux dépens de l’organisation proprement dite de la position.

Faut-il ajouter que chacun constate avec étonnement que le travail de fortification s’arrête à la limite de la II° Armée ? Au-delà, à l’ouest, pas de béton en construction, pas même la préparation sommaire de la position.





Gueret, le 26 juin 1941

Signé GONTHIER
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Message par BRH » Mardi 22 Juillet 2014 22:03:15

Lieutenant Gonthier n°3

147ème R.I.F.

11ème C.M.

Rapport



du Lieutenant Gonthier, ex-commandant de la

11ème C.M. du 147ème R.I.F., relatif à la période

23 Août 1939 – 13 Mai 1940

Dispositif général sur La P.R. (et en avant de la P.R. s’il y a lieu),

amalgame des troupes de campagne.





Dans le plan primitif, le 3ème Bataillon du 147e R.I.F. (Cdt Ro Crousse) occupait

le quartier de Donchery qui comprenait trois centres de résistance.



Bellevue, tenu par la 9ème C.M.

Donchery, tenu par la 10ème C.M.

La Bar, tenu par la 11ème C.M.



Le bataillon était sous les ordres de son chef ; les unités n’étaient pas dissociées. Certes les fronts étaient grands, mis tout le réseau des transmissions était installé en fonction de cette organisation. Il convergeait vers les P.C. du bataillon, à la Croix Piot. Disons tout de suite, qu’il ne fut pas modifié. Ainsi, dans la bataille, ne fut il plus facile de communiquer avec le Cdt Ro Crousse, qu’avec le Cdt Frages, du 331, mon chef direct. La 11ème Compagnie recevait pour l’occupation du centre de résistance



a) un groupe de mitrailleuses de la 9e C.M.

b) 4 canons de 25

2 groupes de mortiers

1 section de fusiliers voltigeurs à 3 F.M. venant de la 3ème C.E.F.V.



Sur le terrain se trouvaient donc disposées les armes suivantes, sur un front de 2.400 mètres et d’une profondeur de 1.800 mètres.

17 mitrailleuses

15 fusils mitrailleurs

4 tubes de mortiers de 81 m/m

4 canons de 25 SA Hotchkiss



Dans l’organisation du terrain, nous avons vu que le réseau s’éloignait sensiblement de la Meuse pour aller passer derrière l’agglomération de Pont à Bar. Une grande étendue de terrain se serait trouvé abandonné à l’ennemi, et lui aurait facilité la création d’une tête de pont, si elle n’avait pas été sous notre surveillance. L’îlot boisé du Gravier, situé près de Vrigne Meuse, au débouché d’une route venant par un itinéraire couvert de la Belgique, était considéré comme point sensible. En effet, la gare, le village pouvaient fournir des matériaux pour la construction de passerelles ; elles auraient même pu être lancées sur le bras mort, avant d’être jetées sur la Meuse. Avec une grande partie du tir des mitrailleuses, les concentrations des mortiers convergeaient en ce point. Afin de faciliter la surveillance des lisières de Vrigne Meuse, le

déboisement du Gravier avait été prévu. Mais ce travail important ne put être réalisé en hiver, à cause de la crue de la rivière, le bétonnage ensuite nous prit tout notre personnel. Nous verrons d’ailleurs que l’ennemi ne tenta pas le franchissement de la Meuse à cet endroit : il avait dû trouver plus de facilité en d’autres points. Une section de voltigeurs fournie par la C.E.F.V., avait pour mission de signaler l’arrivée de l’ennemi et de s’opposer à ses tentatives de franchissement. Elle se repliait ensuite pour permettre le déclenchement d’un barrage général.

Deux fusils mitrailleurs étaient placés sur les remblais d’une ancienne voie ferrée et de cette position légèrement dominante, surveillaient le débouché du bras mort est et l’endroit où le réseau quittait la rivière. Les deux groupes avaient un long boyau, creusé dans le talus ; ils regagnaient les lignes près de la ferme Condé après avoir franchi la route Sedan-Charleville. Le troisième groupe, placé à l’ouest de la Bar, en bordure de la Meuse, surveillait le bras mort ouest. Il se repliait en empruntant le cours sinueux de la Bar, dont les berges étaient couvertes de taillis. Il venait rejoindre les deux autres groupes en passant derrière le talus de la route nationale. La section regroupée devait ensuite participer à la défense des lisières est du village de Villers sur Bar. Le centre de résistance proprement dit situé au sud du réseau comprenait

trois points d’appui. De l’ouest à l’est et du nord au sud, on trouvait



1°) Le point d’appui du Bois, sur la rive gauche de la Bar et du canal des Ardennes

Garnison 1 section de mitrailleuses

1 section de voltigeurs

1 groupe de mortier

1 canon de 25

Au total 5 mitrailleuses

8 fusils mitrailleurs

2 tubes de 81m/m

1 canon de 25

Mission liaison avec l’Armée voisine

Flanquement du réseau en direction du pont de la Bar



2°)le point d’appui de la ferme de Condé sur la rive est de la Bar

Garnison 1 section de mitrailleuses

1 groupe de combat réduit de la 9e C.M.

1 canon de 25

1 groupe de mortier

Au total 5 mitrailleuses

4 fusils mitrailleurs

2 tubes de 81 m/m

1 canon de 25

Mission liaison des feux avec la 10e C.M. (centre de résistance de Donchery)

Flanquement du réseau en direction de la route de Charleville.



3°) le point d’appui du Rouillon

Garnison 1 section de mitrailleuses

1 groupe supplémentaire de mitrailleuses

2 canons de 25

Au total 7 mitrailleuses

2 canons de 25



Mission : Tirs dans la vallée de la Bar en direction du Gravier – Cloisonnement

A la suite du renforcement du secteur par la 65ème Division de

réserve, le 213ème R.I. vint occuper une deuxième position. Une nouvelle

répartition du commandement eut lieu. Le Chef de Bataillon, Cdt le III/147, conservait les centres de résistance de Bellevue et de Donchery. Le C.R. de la Bar passait sous le commandement d’un chef de Bataillon du 213ème. L’ensemble relevant du Lt Colonel Labarthe, commandant le 213ème R.I.

Dans le courant du mois de mars, alors que je me trouvais au cours des spécialistes d’infanterie au camp de Mourmelon, le centre de résistance de la Bar fut coupé en deux. L’ancien point d’appui du Bois, divisé en point d’appui de l’usine(pièces placées près du canal des Ardennes) et point d’appui du Bois (pièces placées aux environs du 82 bis) formait avec divers autres éléments, le centre de résistance d’Hannogne commandé par un officier du 213e R.I.

Sur rive est de la Bar, les anciens points d’appui de la ferme de Condé et du Rouillon, restent sans changement notable. Un troisième point d’appui était formé à l’intérieur de Villers sur Bar, tenu par deux sections de fusiliers voltigeurs. L’une était celle qui se repliait du Gravier. L’autre envoyée parla C.E.F.V. tenant les lisières nord. Une section de mitrailleuses du 11e BM

devait donc renforcer ce point d’appui. Ce découpage ne fut pas une mesure heureuse. En fait, pendant toute la première période calme, j’eus à m’occuper de tous les éléments de ma

compagnie. Moi-même la plupart du temps, je m’adressais à mon Chef de Bataillon du 147e (Cdt Ra Crousse) qui voulut bien me faire parvenir ce dont j’avais besoin, dans la mesure de mes possibilités. Les autorités qui avaient droit de regard s’étaient multipliées. Pour ne citer que mon cas, je relevais



a) du Colonel et du Chef de Bataillon du 147e en ce qui concerne les questions de discipline, de ravitaillement, d’habillement.

b) du Colonel et Chef de Bataillon du 213e en ce qui concerne le secteur.

c) du Capitaine, Cdt le C.R. de Hannogne puisque la moitié de ma compagnie si trouvait sous ses ordres.

d) au 148e R.I.F. puisque j’étais l’élément critique du secteur bien que n’étant pas le centre de résistance de liaison.

Nous ajoutons, pendant la période de calme

e) les divers majors de cantonnement, mon unité bivouaquait ou cantonnement sur trois communes : Villers sur Bar, Hannogne St Martin et Don le Mesnil.

f) le génie pour tous les travaux de bétonnage. Inutile de vous dire qu’il était difficile de contenter tout le monde.

La dissociation d’une unité élémentaire comme la compagnie d’infanterie ne peut donner de bons résultats. L’homme obéit toujours avec défiance à un chef qu’il ne connaît pas et les « subsistant » sont toujours les « parents pauvres ». Aussi le 147ème supporta t’il bien souvent tout le poids des péchés d’Israël.

L’amalgame était donc loin d’être réalisé. Il y avait d’ailleurs une trop grande différence de recrutement, de discipline et d’esprit militaire entre nous.

Du moins, le 213ème R.I. avait-il l’avantage d’avoir appris à connaître la position et le terrain. Nous avions travaillé ensemble, des contacts s’étaient effectués ; nous nous connaissions malgré tout. Hélas, au début de mai, (le 7 si mes souvenirs sont exacts) ce régiment partait à l’instruction aux environs de Vouziers et il fut remplacé parle 331e R.I. (Lt Colonel Lafont). Le

Cdt Frogé prenant le commandement du C.R. de Villers sur Bar et en même temps, celui du régiment, le Colonel partant en permission. Les compagnies étaient donc à peine passées, une reconnaissance sommaire du terrain avait été faite, mais les cadres ne possédaient pas à fond les missions et les divers chefs se trouvaient par suite du départ du Colonel, décalés d’un rang.

Un capitaine du 331e prit donc le commandement du centre de résistance de Villers sur Bar et j’allais dans la soirée du 11 Mai à son P.C. de la Croix Piot renseigner sa carte et le mettre au courant de mon dispositif. Un petit exemple de cette ignorance du terrain. Le 13 Mai, dans le courant de l’après-midi, je signalais des colonnes allemandes arrivant dans Vrigne Meuse, le point important du terrain. L’Officier qui était au téléphone, me pria de lui désigner le village par coordonnées, afin de le trouver sur la carte. Je l’en remercie d’ailleurs aujourd’hui très sincèrement car tandis que je me baissais un peu en maugréant pour prendre à terre mon double décimètre, un éclat de bombe vint se ficher dans la paroi de la tranchée où je me trouvais quelques instants auparavant. En ce qui concerne la ligne d’avant-postes situés à la hauteur de Vrigne aux Bois, elle était très faiblement tenue. 2 canons de 37 et huit fusils

mitrailleurs étaient installés entre le bois de la Roche et le carrefour de Montimont, sur un front de près de trois kilomètres, formant quatre points d’appui.

En résumé, le renforcement sur la position de résistance ne remplira pas le rôle assigné. Dans le but de faciliter le commandement, en resserrant les fronts, il a dissocié les unités. De plu, par un hasard malheureux, les troupes de renfort ne connaissaient parfaitement ni les missions ni le secteur, ce qui est indispensable dans la défensive. C’est un avantage certain en faveur de la

surprise.



Gueret, le 28 Juin 1941

Gonthier

147ème R.I.F.
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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Lettre du lieutenant Drapier

Message par BRH » Lundi 04 Août 2014 17:12:33

Lettre du Lieutenant Camille Drapier

147 RIF - 34 N 145

MONTMORILLON , 27 Mai 1941

EXTRAITS D’UNE LETTRE DU LIEUTENANT DRAPIER, CDT

LA 9ème Cie, du 147ème R.I.F.



Voici, en ce qui me concerne ce que je sais de la Bataille de SEDAN :



« Au début de la guerre, j’appartenais au Bataillon de REMILLY – C.R. de Pont – MAUGIS – Mon Commandant de Cie, était un antiquaire de valeur militaire nulle, n’ayant jamais fait la moindre période depuis l’autre guerre ; avec les hommes, le genre « pas d’histoire ».

Au mois de Janvier 1940, je succède au Commandant de la 7e Cie à RAYMONDEAU, seul depuis un mois, son commandant de Cie, fatigué et peu fanatique sauf en ce qui concernait son commerce de cidre et de pinard ayant été envoyé en congé de réforme –RAYMONDEAU par dans l’aviation.

J’appartiens au Bataillon de DONCHERY, CONTHIER est à la ferme de CONDE. A la suite de remaniements d’effectifs (renvoi à l’arrière des familles nombreuses, des affectés spéciaux, rajeunissement des éléments de la 55e D.I.- Division de réserve- le commandement décide de nous regrouper et d’envoyer chaque Cie à tour de rôle à l’instruction, hors de nos chantiers.

C’est ainsi que le 25 avril, je quitte mon P.A. du Carrefour de BELLEVUE pour HANOGNE St-MARTIN – J’étais en train, le 11 Mai, d’effectuer la marche traditionnelle clôturant la période d’instruction, quand arrive l’ordre d’alerte : occupation des positions. J’avais été relevé sur la L.P.R. par une Cie du 331e R.I. je m’installe dans les bois de la CROIX PIOT sur la ligne d’arrêt. A peine installé le Commandant me fait appeler vers 23 heures : la Cie 331e commence à donner des signes de faiblesse : je dois la relever.

A 5 heures, le Dimanche 12 mai, c’était chose faite : je reprenais mes anciens emplacements. 12 Mai – La matinée se passe à aménager les emplacements et à construire une plate forme dans le bloc 102 (à l’ouest du carrefour de BELLEVUE) en construction – Les ouvertures sont béantes, comme celles de la casemate de 75 en construction au carrefour. C’est la surprise totale pas de crénaux, les abris ne sont pas terminés. Vers 10 heures du matin, je rencontre au carrefour de BELLEVUE le Capitaine BRYANT de l’E.M. du général BROWN de COLSTROUN, une capote du Génie sur le dos, pâle, fatigué : il attend les débris du G.R.C.A. engagé en Belgique. Les combats ont été très durs, nos chars ont été « sonnés »par du 105, nos autos-mitrailleuses « crevées » par des chars lourds. Nous avons eu probablement deux divisions cuirassées sur le dos. Aflux de réfugiés, de Douaniers Belges, de tout ce que l’on veut : aucun contrôle possible. Il y a certainement des éléments ennemis parmi eux. De mon observatoire, à l’Ouest du carrefour (construit en ciment armé et clandestinement) je vois très bien jouer les destructions dans la forêt ardennaise : d’abord du côté de la CHAPELLE puis au carrefour de MONTIMONT. Vers 11 heures, le viaduc du chemin de fer à l’ouest de VILLETTE saute : à 12heures 20 c’est le pont de DONCHERY qui saute le dernier. L’évacuation de SEDAN par les civils se poursuit. L’aviation allemande est active, mais pas sur nous. Quatre bombes tombent dans la prairie sur l’alignement DONCHERY –Viaduc de VILLETTE – une autre dans le bois de BELLEVUE souffle les vitres du Château. Dans l’après-midi, on aperçoit à la jumelle quelques motocyclistes allemands à St-MENGES et ILLY. Notre artillerie longue et TORCY (4 pièces) tire sur BOUILLON vers 17 heures et continuera toute la nuit ; elle se repliera avant le lever du jour, le 13. L’artillerie de 75 se met à exécuter des tirs d’interdiction ; toute la nuit des obus passent au-dessus de nos têtes. La nuits nos patrouilles le long de la MEUSE.

13 Mai –Au jour aucun ennemi n’apparaît encore dans la plaine de DONCHEY – Aux lisières des bois Nord de St-MENGES, on apreçoit à la jumelle quelques blindées. Notre Artillerie tire sur les points de passage. Nous sommes spectateurs. Soudain, vers midi, arrivent des bombardiers allemands. J’étais en train de manger une sardine sur un bout de pain : plusieurs bombes tombent autour de moi, mon pain reçoit la poussière de la toiture du P.C. Je me rends aussitôt à l’observatoire ; pas de dégâts. D’autres bombes tombent, mais sans précision : en somme peu de dégâts, ps de blessés. Dans le ciel ce n’est plus qu’un bruit formidable et interrompu de moteurs d’avions – ceux-ci piquent et bombardent. Vers 16 heures, après une nouvelle douche chez moi, très fort au carrefour, j’envoie mes agents de transmission aux nouvelles, pas un blessé : Donc tout va bien. En face de moi, au Nord de la MEUSE, sur la route de MONTIMONT, j’assiste au débarquement de camions d’éléments allemands nombreux : je téléphone pendant une heure en vain pour obtenir l’artillerie. Je vois arriver un seul obus. Nos canons survolés et attaqués sans répit par l’aviation sont muets…….Alors très nettement je vois les chars allemands s’embusquer autour de DONCHERY et dans DONCHERY. Notre casemate de 75 ouvre le feu et tire 50 obus à toute volée. Les chars ripostent du village, tirent d’abord très court, mas un gros char réussit au 4ème coup à placer un obus au but. Le S-Lieutenant de la casemate est tué. Le tir est néanmoins repris, mais cette fois 10 chars au moins s’en prennent à la casemate : c’est fini. Dans la plaine de DONCHERY les chars arrivent de partout : il y en a peutêtre une centaine embossés dans les jardins de DONCHERY, derrière la voie ferrée du défilement de tourelle. D’autres commencent à noyer de projectiles mon observatoire. VILLETTE doit être mal en point : des fantassins allemands se dirigent le long de la voie ferrée de DONCHERY à SEDAN en direction du viaduc de VILLETTE dont certains éléments de tablier restent inclinés sur une pile. (En ce qui concerne ma zone, c’est une neutralisation véritable par les chars tirant de Faux (la rive Nord de la MEUSE. L’abri C. que vous connaissez bien, immédiatement au (Sud du Carrefour BELLEVUE est à moitié décapité. Mon observatoire est sérieusement visé- Je ne peux regarder que par la fente ; les balles claquent sans arrêt et les obus arrivent par bordées. Je me demande si mon travail va tenir ou non. J’avais pris la précaution de me débarrasser de la tourelle vieux modèle trop visible. Deux gros chars sortant de DONCHERY, face à moi, tirent sur cette tourelle qui git à quelques distance de mon observatoire. Celui-ci bien camouflé tient le coup : béton de bonne qualité. Pendant ce temps, fait incroyable, d’autres chars sont en train de rassembler un carré dans la plaine de DONCHERY - ne sachant que faire (peut-être croyaient-ils le pont libre et avaient-ils bourré ?) J’estime qu’il y en avait au moins 200 vers 19 heures. L’un d’eux portait sur le dessus un grand carré d’étoffe orange très apparant en guise de panneau de signalisation. Jusqu’à la tombée de la nuit, aucun char ne franchit la MEUSE, j’ensuis absolument sûr – Ensuite je ne le sais pas.

Vers 16 heures 30, un peu inquiet du côté de FRESNOIS,où je venais de voir des fusées, j’envoie des agents de transmission aux renseignements. Parmi eux, mon ordonnance, un garçon très sur. Aucun ne revient. Tout à coup, en regardant du côté de la casemate102, j’aperçois un groupe ennemi qui entre dedans. Je ne comprends rien tout d’abord : pas un coup de fusil de mes deux sections du carrefour ; plus tard seulement j’ai eu des renseignements sur certains épisodes : les Allemands sont arrivés…..par FRESNOIS – D’abord, le bloc 103, au Nord du carrefour, sur la route de VILLETTE a dû être pris sans résistance (NERISSE a dû vous raconter son entrevue avec le triste S-Lieutenant de réserve qui le commandait). Le fossé anti-char qui devrait être battu par ce bloc a servi de cheminement à l’ennemi. Pas de nouvelle du 7 et du 7bis à l’Est du carrefour, ni d’une fraction de la section F.V. qui tenait la crête du C. HERMANT, S-Officier adjoint avait reçu l’ordre de s’installer avec un groupe dans le bois derrière mon P.C. pour décongestionner le carrefour autour de la casemate trop bombardée et de surveiller de l’arrière le ruisseau de FRESNOIS.

Voyant l’ennemi dans mon P.A., je bondis à mon P.C. pour rassembler tout le monde. Je téléphone une dernière fois, je brûle le code et coupe le fil téléphonique, distribue les grenades de la caisse du P.C.- Chaque section avait reçu une caisse de grenade (:) le matin. A ce moment arrivent quelques gradés et hommes : PREVOST, GRARE promu adjudant, l’adjudant-Chef ROZOT ; j’ai autour de moi un essaim qui ne me lâche pas d’une semelle. Avec quelques difficultés je les installe aux points les meilleurs. Je suis à l’aplomb du 103 et compte arrêter l’ennemi face à FRESNOIS, à hauteur de mon P.C. Un homme de PREVOST arrive avec un F.M. plein d e terre ; il faut le nettoyer. Les hommes de mon P.C. ne sont guère instruits beaucoup sont venus il y a un mois à la 55e D.I. – Bref c’est PREVOST qui finit par nettoyer et servir le F.M. Je cherche en vain HERMANT : rien ! On me signale un F.M. abandonné ! J’envoie ROZOT et GRARE prendre la place d’HERMANT pour tenir face en arrière de ce point pour nous très important. Ne voyant rien, j’y vais moi-même. Mais alors, je me rends compte combien les hommes, devant le danger, s’attachent au Chef…..Les hommes constatant mon déplacement se précipite derrière moi : c’est le baptême du feu dans des conditions peu brillantes – Nous sommes arrosés par des armes automatiques tirant des hauteurs derrière FRESNOIS. Je ne peux croire, que ce sont des Allemands et me mets à faire de grands gestes : rien n’y fait. Je juge prudent de ne pas insister. J’arrive au bois, je trouve le F.M. des munitions et je reviens sur la crête voir ce qui se passe du côté 102. Les chars arrosent la crête de balles ; au moment où je passe la tête, une rafale de mitrailleuses m’encadre sans m’atteindre. L’ennemi est juste au-dessous de moi. Je lance une première grenade qui n’éclate pas. J’en lance une deuxième, pendant un quart d’heure nous le tenons en respect.

J’envoie le caporal PELTRIAU à la Cie du Capitaine HEFF à ma gauche demander du renfort et un homme à la ligne d’arrêt. Sur la ligne d’arrêt, personne. Au P.C. de la 8e Cie, on n’a trouvé qu’une serviette. Ca va très mal ; ROZOT GRARE et quelques hommes ont filé par les bois. Il me reste donc PREVOST, un caporal très décidé, boucher à DONCHERY et une quinzaine d’hommes dont certains absolument bons à rien. Peu après l’ennemi que j’ai arrête de la crête, rentre au 102 ; grâce à la protection des chars qui sont de l’autre côté de la MEUSE. Pas pour longtemps ! Il en sort avec des prisonniers devant eux et montent droit sur moi, un allemand avec un petit drapeau à croix-gammée – Moment de panique, mes hommes ont peur de tirer sur leurs camarades. Certains disent : « On se rend ». Je réussis à faire tirer un coup de mousqueton. L’ennemi rentre à nouveau dans l’abri et n’insiste pas. L’idée me vient d’aller l’en sortir, afin de récupérer hommes et munitions qui s’y trouvent- Cà ne va pas tout seul. Presque aussitôt, par derrière arrive un groupe ennemi. PREVOST avec son F.M. le tient en respect. Je place des hommes face à la MEUSE et me porte à la corne du bois à 50 mètres derrière. Je trouve un F.M. qui ne marche pas ; je le démonte appuyé sur une fourche. Ca ne va pas et il est propre ; je m’aperçois que le canon n’est pas claveté. Le tireur n’a certainement pas pu tirer avec. Je prends un homme à mon côté, il me met des cartouches en chargeur. Nous sommes arrosés par plusieurs points par balles traceuses ; il m’en passe entre les jambes. J’ouvre le feu. Tout à coup, mon absence ayant sans doute provoqué une panique dans les gens que j’avais placé face à la Meuse, un groupe allemand a pu s’approcher d’eux à 100 mètres et tirer dans le tas. Ces hommes refluent en paquet vers moi ; quelques uns tombent, d’autres s’arrêtent en pleine prairie, jetant leurs armes. PREVOST tient en respect tous ces hommes, Allemands compris, mas de nouveaux groupes ennemis surgissent. Nos deux F.M. n’ont plus de cartouches. Il me reste un chargeur. Un groupe nouveau apparaît, montant du ruisseau de FRESNOIS ; par derrière, à deux cent mètres environ. Quatre fantassins se lèvent à la fois et en bon français, l’un d’eux crie « Ne tirez pas, nous sommes des français ». j’hésite une seconde, un coup de jumelle ; je vois du vert et des blousons. Ma dernière rafale part dans le tas. Plus rien à faire, PREVOST serré de près rampe dans le bois ; je le suis. Nous essayons de rejoindre le P.C. du Bataillon. Ma dernière rafale a eu le don de faire tirer d’autres mitraillettes ; j’ai perdu PREVOST. Je m’efforce d’éviter un déplacement dans l’axe de tir ; cependant les balles arrivent entre mes pieds.

Finalement j’arrive au P.C. du Bataillon. Ce P.C. est calme ; on s’étonne de mes renseignements. On se met en cercle autour du P.C. On entend les allemands dans CHEVEUGES, des patrouilles motocyclistes, des moteurs, des cris dans le bois. La liaison existe encore avec le Colonel LAFONT,: Commandant le Sou-Secteur ; Il est au moulin de MAURU, sur lequel l’Artillerie allemande se met à tirer un obus toute les minutes, du 105 probablement. Dans la nuit, rallient une dizaine d’hommes de ma Cie, restés au Bord de la MEUSE. Les Allemands sont dans les bois de la CROIX-PIOT.

14 Mai - A minuit, le Colonel attend toujours un renfort qui ne vient pas. Vers 1 heure du matin nous essayons de pousser quelques points : des rafales partent au moindre bruit. Nous n’avons pas l’impression pourtant d’être complètement encerclés. A 3 heures le Commandant va voir lui-même le Colonel Commandant le Sous-Secteur. On ne le voit pas revenir. Un homme remontant de CHEVEUGES annonce que les chars allemands sont dans le village et que le Colonel et que le commandant sont partis en voiture. Je reste avec VASSON, le Capitaine HEFF et une trentaine d’hommes, nous avons quelques cartouches et c’est tout. A 4 heures, apparaît le petit avion d’observation. Les chars fouillent CHEVEUGES ; dans le bois les bruits de chenilles se rapprochent de nous. Connaissant très bien la région nous n’avons qu’une chance de nous sortir… de là : c’est d’aller traverser la BAR en face d’HONOGNE en un point insoupçonné de l’ennemi. Je prends la tête après avoir montré de loin l’itinéraire et le point de passage. Je sorts le premier suivi du Capitaine VASSON, nous recevons quelques rafales ; personne n’est touché. Le Capitaine HEFF a du changer d’idée en cours de route : il a été fait prisonnier.

Ensuite, j’ai voulu me mettre à la disposition du Secteur voisin (Armée CORAP). J’ai trouvé des Artilleurs qui amenaient les caisses : On se repliait. Je rencontre un Commandant de C.A. qui me dit : « je me replie ». Dans ces conditions, je cherche à rejoindre le 147e du côté de CHESNES. A SAPOGNE, j’apprends que l’ennemi est à OMICOURT et CONNAGE et qu’il remonte. A la lisière du bois d’ELAN, avec une quinzaine d’hommes (VASSON, m’a lâché et n’a pas passé le BAR) je trouve le Colonel et des fantassins à un carrefour. Je me joins à eux ; il est midi environ. Le Colonel est décidé, nous traite de fuyards et menace de brûler des cervelles. Il nous installe en dépit du bon sens. Ordres et contre-ordres toutes les 5 minutes. Il y a deux canons de 75 à côté avec un Lieutenant-Colonel et un Lieutenant. A 18 heures, tout le monde peu à peu était parti. Je demeurai avec mes hommes pour une contre-attaque annoncée par le Colonel. Celui-ci était plongé dans sa carte et n’en sortait rien. Je décide alors de rejoindre à tout prix le 147e.

Plus loin, je retrouve un S-Lieutenant et quelques hommes qui avaient passé la BAR au même endroit que moi, mais moins chanceux ils avaient été repérés par les Chars à qui l’avion d’observation les avait signalés. A la tête de cette section, je cherche à rejoindre le CHESNE ou VOUZIERS. Partout où j’arrive je vois des gens qui se replient. Je continue ainsi toute la nuit, je laisse dormir mes gens trois heures, puis nous repartons. En cours de route, j’apprends que le Général BROWN se trouve à une ferme dite « L’ANESSE ». je me présente : il n’a pas besoin me dit d’aller plus au Sud. A ATTIGNY, le soir, je vois des chars qui remontent. En fin, une roulante du Bataillon, toute seule : le conducteur a un papier : (SEMIDE » C.H.H. J’avais trouvé ou presque. Le lendemain soir seulement je trouve les débris de la division dans les bois de MACHAULT, nous repartons aussitôt à marche forcée… Cela devait continue encore longtemps.

Voilà, en ce qui me concerne la bataille de SEDAN. J’étais tellement épuisé que pendant plusieurs jours j’ai eu du mal à rassembler mes idées. J’arrête là mon histoire ; j’ai essayé de raconter ce que j’au vu, partout on a été mal renseigné ; j’ai tenu tous les emplois depuis Commandant de Cie, jusqu’à 2e Voltigeur. Le plus démoralisant pour tous était de constater cette supériorité écrasante en chars et en aviation. Je n’ai vu qu’un seul appareil français qui s’est posé derrière DONCHERY et auquel le pilote a mis le feu. VALET, blessé, prisonnier et rapatrié est resté à GLAIRE une fois pris, près d’un pont construit par les Allemands. Il a vu au moins 800 chars défiler dans la nuit du 14. Sur 5 appareils français qui ont essayé d’attaquer le pont, trois ont été descendus le lendemain par la D.C.A. Vous me parlez de la C.D.A.C de la 55e D.I. ; le Commandant de Cie, un de ses anciens a été chargé de présenter un rapport sur les combats de SEDAN. IL l’a bien entendu rédigé sans savoir que j’y étais. Je ne sais s’il était bien placé pour avoir vu quelque chose. Il m’a déclaré « Mordicus » que les chars étaient passés le 13 à DONCHERY c’est faux. J’imagine qu’il y aura quelques erreurs dans l’historique de la division !
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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Re: La panique de Bulson...

Message par Paul Ryckier » Lundi 04 Août 2014 20:12:15

Merci.

Cordialement et avec estime, Paul.
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