Le débat sur mon travail

Les Totalitarismes à l'assaut de l'Europe !

Re: Le débat sur mon travail

Message par Francois Delpla » Vendredi 09 Mars 2018 13:51:40

Francois Delpla a écrit :deviendriez-vous collabo :D ?
BRH a écrit :Oui, ca mérite une réponse !


envoi fait en MP, les impolis attendront !
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Re: Le débat sur mon travail

Message par BRH » Samedi 10 Mars 2018 12:30:35

Sur quelle mesagerie ?
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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Re: Le débat sur mon travail

Message par Francois Delpla » Mercredi 04 Avril 2018 06:21:33

Une prise de position importante de Loïc :

david37540

Sujet du message : Re: Le pari stratégique de Hitler

Message Publié : 03 Avr 2018 12:43



les erreurs stratégiques pour moi sont :
- il aurait fallu bombarder les aérodromes et les radars au lieu des villes anglaises
(...)









CEN_EdG

Sujet du message : Re: Le pari stratégique de Hitler

Message Publié : 03 Avr 2018 13:02




(...) Les villes britanniques ont été bombardées pour une raison précise. Parce qu'Hitler ne pensait pas qu'une solution militaire pouvait être obtenue, et qu'il a donc essayé de faire monter la pression politique et psychologique. Ce fut peut-être une erreur, mais c'en est une de penser qu'en bombardant les aérodromes et les radars une solution se serait dégagée d'elle-même. Les Allemands n'engagent pas la bataille d'Angleterre pour la gagner, mais pour forcer les Britanniques à la paix.


Autrement dit, Hitler n'a jamais envisagé d'envahir l'Angleterre. As-tu conscience que nous sommes encore très peu à le dire aussi nettement ? Et que de la prise de conscience de ce fait indubitable découlent des leçons importantes pour le monde actuel ?
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Re: Le débat sur mon travail

Message par BRH » Mercredi 04 Avril 2018 11:08:46

Hé, mais... C'est aussi mon opinion ! C'est bien l'utopie de l'alliance anglaise qui a perdu Hitler !
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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Re: Le débat sur mon travail

Message par Francois Delpla » Mercredi 04 Avril 2018 17:18:54

oui mais tout de même cela a failli marcher et il n'a vraiment pas eu de chance

1) d'avoir eu comme adversaire principal, au mieux de sa forme, taillé pour le rôle, un politicien jusque là en demi-teinte et même semi-retraité ;

2) et surtout que cet homme ait été assez intuitif et souple pour comprendre qu'il devait, face à une horreur telle que le nazisme, mettre entre parenthèse son combat originel contre le communisme russe... tout en étant l'un des rares à pouvoir le faire sans être suspect de complaisance, en raison précisément de ce combat, et de son pedigree sans tache d'aristocrate !
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Re: Le débat sur mon travail

Message par Francois Delpla » Samedi 28 Juillet 2018 11:23:28

De récentes interventions de membres communs de ce forum et de Passion-Histoire viewtopic.php?f=12&t=4&p=18983#p18983

viewtopic.php?f=12&t=4&p=18983#p18983

offrent l'occasion de relancer ce fil.




Re: Le 25 mai 1940: Weygand croit-il encore à la victoire ?

Message par Tietie007 » Dimanche 22 Juillet 2018 18:45:02
Auguste a écrit :
Oui, c'est probable. Hitler n'était pas un naïf !

Lorsqu'il déclara la guerre aux USA, il l'était un peu, naïf ...


Avant cette imprudente profession de foi (voir ma réponse), Thierry s'en était pris à notre interprétation (commune à BRH et à moi) de l'arrêt devant Dunkerque :


Re: L'énigme du "Haltbefehl"...

Message par Tietie007 » Dimanche 22 Juillet 2018 18:22:59
Ces deux haltbefehl sont, il me semble, hyper interprétés, alors qu'il relève, d'après moi, de décisions dans le feu de l'action, pas spécialement réfléchies. Hitler et ses généraux sont surpris de leur victoire aisée, presque trop belle, face aux franco-anglais, donc quoi de plus normal d'être prudent si proche de la victoire ! Je rappelle quand même que les flèches blindées allemandes avaient un peu outrepassées les ordres de l'OKH, qui donnait plutôt des conseils de prudence ...et on remarquera qu'en Afrique, Rommel eut la même attitude envers l'OKW et le Commando Supremo, n'en faisant qu'à sa tête et optant pour l'offensive alors qu'on lui conseillait une posture défensive. Idem pour Guderian, en URSS !


Thierry est un prof érudit et travailleur, mais obstinément rivé, depuis une vingtaine d'années que nous ferraillons de loin en loin sur la Toile, à la vision classique du nazisme contre laquelle je mène un combat au long cours (de ce point de vue, CNE, infiniment plus circonspect, n'hésite pas à me donner souvent raison... ou du moins n'hésitait pas, avant que la condition de modérateur de PH lui monte à la tête et figure hautement sur ses états de service !).

L'argumentation mérite d'être soupesée :

Hitler et ses généraux sont surpris de leur victoire aisée, presque trop belle, face aux franco-anglais, donc quoi de plus normal d'être prudent si proche de la victoire !


Aucun document n'est convoqué, et pour cause : il n'en existe pas le moindre pour étayer le préjugé encore répandu, que dis-je, quasi-universel, que Hitler serait surpris de sa victoire et/ou de la rapidité de celle-ci. On se contente de trouver son comportement "normal". Quel comportement au juste ? Cela non plus n'est guère fouillé. Il serait "prudent"... après avoir fait, à tous risques, le plus difficile, et alors qu'il reste un peu de pain blanc !! Une prudence bien subite, qu'il conviendrait précisément d'expliquer à grand renfort de documents. Mais il n'en existe pas plus que pour témoigner de sa surprise ! Alors on se rabat sur des raisonnements abstraits et généraux, concernant la normalité.

COMME SI HITLER ETAIT NORMAL !

Vraiment, Tie-tie, est-ce ton dernier mot ?
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Re: Le débat sur mon travail

Message par Francois Delpla » Lundi 30 Juillet 2018 15:23:59

Première réponse de Tie-tie décevante : en lui posant des questions précises et pas hors sujet pour deux sous, je noierais le poisson.
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Re: Le débat sur mon travail

Message par Francois Delpla » Mardi 31 Juillet 2018 08:59:01

Autrement dit : comment peut-on se dire passionné d'histoire et ne pas vouloir entendre parler de la recherche vivante ?
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Re: Le débat sur mon travail

Message par Francois Delpla » Vendredi 05 Octobre 2018 05:26:38

http://passion-histoire.net/viewtopic.p ... 39#p553139

Passion-Histoire, resté étranger à bien des débats récents sur le nazisme et sa guerre, accueille un fil sur le regrettable Hitler de Chapoutot et Ingrao.

La victimisation des pauvres auteurs, objet d'une recension assassine dans le Monde des livres, va bon train, sans que nul se demande une seconde si la peine de mort est méritée ou non.

Or elle l'est diantrement !

Sollicité par le forum beige, je viens d'y écrire ceci :


Bien qu'inquiété par le déclin régulier de Johann Chapoutot après sa thèse sur le nazisme et l'Antiquité qui comportait de vraies avancées, j'en attendais beaucoup... et j'avais tort. L'éditeur annonçait une biographie mais les auteurs parlent plus modestement, et là ils ont raison, d'un "pas de côté" (p. 10). Un pas bien inutile, qui d'ores et déjà ne fait parler de lui que par le contraste entre le palmarès des auteurs et le caractère bâclé de l'exercice, ou encore entre le sujet et son traitement.

Ils s'inscrivent dans une tradition précise et longtemps dominante, celle de l'histoire fonctionnaliste du nazisme. Elle aurait succédé, écrivent-ils à tort, à une période où on faisait tout découler de Hitler. C'est méconnaître une déformation quasi-centenaire, puisqu'elle a 98 ans : dès 1920, lors de l'apparition publique de Hitler, une partie de la presse bavaroise se trompait sur lui en refusant de lui trouver la moindre qualité autre qu'oratoire, en le traitant notamment de "peintre en bâtiment" pour railler sa vocation d'artiste : une légende dont il tirait le plus grand parti (et un parti de plus en plus grand !), à la fois pour cacher ses talents et pour servir son objectif du moment, "disputer la classe ouvrière au marxisme". Presque toutes les analyses du nazisme de son vivant ont donné dans des pièges de ce genre, par exemple celle de Hermann Rauschning en 1938, significativement intitulée La Révolution du nihilisme. Ces élucubrations étaient spécialement dommageables pour la France, beaucoup plus mal préparée intellectuellement que matériellement au choc de 1940 : elle méconnaissait, dans tous ses partis et ses couches sociales, le talent de son futur conquérant ainsi que sa volonté jamais démentie (sinon par lui !) d'écraser son voisin occidental avant de se lancer vers l'est.

Lorsqu'en 1945 le canon se tait, l'insouciance a fait place pour des années (jusqu'à l'apparition du fonctionnalisme au début des années 1960) à l'horreur, mais le talent reste tout aussi méconnu. Quant à la folie (une psychose paranoïaque qui lui faisait réellement voir dans "le Juif" un cancer mondial à opérer d'urgence), son analyse n'allait pas au-delà de l'expression "fou furieux".

On peut dater la naissance du fonctionnalisme, dont les pères se nomment Martin Broszat et Hans Mommsen, de la révision par le second des idées qui prévalaient sur l'incendie du Reichstag (27 février 1933). On l'attribuait selon ses préférences aux nazis ou aux communistes, et presque toujours aux nazis après la guerre. Mommsen "démontre" dans un article de 1964 plusieurs fois réédité, que le jeune ex-communiste van der Lubbe a eu l'idée tout seul et l'a mise en application sans aide aucune. Donc, plus besoin de Hitler, et plusieurs générations s'engouffrent dans la brèche. Et comme souvent les disciples sont plus fanatiques que les maîtres (Broszat est un fin connaisseur de l'appareil gouvernemental nazi et l'un des fonctionnalistes dont la lecture reste la plus utile... à condition de rétablir dans sa plénitude le rôle du chef).

La plaquette signée Chapoutot-Ingrao ? Elle comporte à mon avis deux aspects :

-d'une part, un prêt-à-porter fonctionnaliste, tendant à éliminer Hitler de sa propre idéologie, du moins dans ce qu'elle a d'original (ce ne serait qu'un "précipité") et de la direction de son régime : un summum est atteint lorsque la victoire contre la France est obtenue en dépit du fait que cet indécrottable fantassin de 14 ne croyait pas à la motorisation, p. 159-160. L'arrêt devant Dunkerque est ainsi résumé "Hitler donne alors l'ordre de stopper devant la ville, car il croit que c'est un piège".

-d'autre part, tout de même, une influence des travaux qui depuis une trentaine d'années ont fait bouger les lignes. Ainsi la phrase qui précède est aussitôt nuancée : "C'est en tout cas la raison la plus plausible de ce fameux Haltbefehl." Mais l'exemple le plus étrange de cette contrebande porte sur le déclenchement de la guerre. Alors que la tradition fonctionnaliste au sens large (en intégrant par exemple l'école anglaise initiée par AJP Taylor) campait un Hitler surpris et déçu par la déclaration de guerre anglo-française, nos auteurs professent (p. 149) que le déclenchement du conflit était "orchestré". Tiens donc, et par qui ? Tenez-vous bien : par Hitler ! "Mais cette fois, Hitler veut (souligné par eux) la guerre et prend tout le monde de court."

M'enfin, camarades, un Delpla aurait pu écrire cela !
Vous êtes sur la mauvaise pente.
Tout de même, il resterait à expliquer pourquoi il voulait la guerre et quels étaient les buts d'icelle. Là-dessus vous restez cois. Et moi, encore pas très bien entouré quand j'écris (notamment, bien sûr, dans le livre à paraître) : pour écraser l'armée française et dégoûter pour mille ans l'anglaise de fouler le continent.

Mais pour appréhender cette vérité, encore faudrait-il que vous mentionniez le véritable (et en un sens le seul) vainqueur du nazisme, in extremis : Winston Churchill. Or son nom ne figure pas du tout dans le livre.

C'est comme si Corneille avait écrit son Horace sans mentionner les Curiaces !
Francois Delpla
 
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Re: Le débat sur mon travail

Message par Francois Delpla » Dimanche 14 Octobre 2018 06:30:09

Le communiqué a été publié sur Passion-Histoire par Nico86, puis le susdit a commis un long post contradictoire sur le débat -celui qui porte sur le Hitler de Chapout-I, celui qui l'élargit à la question historiographique :

nico86 a écrit :
Sujet du message : Re: Histoire d'une recension
Message Publié : 09 Oct 2018 20:40

Je m'excuse d'avoir répondu avec du retard mais il me fallait le temps de la réflexion et surtout du temps tout court !

JARDIN DAVID a écrit :
Je ne peux pas suivre nico86 sur ce terrain. La rédaction de l'opuscule ne souffre pas de nuances. C'est à charge et c'est brutal.



Ce qui est à charge et qui est brutal c'est le niveau du premier accueil reçu par la horde des hostiles.
On critique en déconstruisant l'autre pas simplement son opuscule mais sa personne, ainsi on peut trouver pèle-mêle des remarques d'Historien aussi atterrantes de mièvrerie que les reproches que l'on veut bien adresser à l'ouvrage incriminé.
Chapoutot devient Chapingre, Ingrao a comme sérieux problème d'être amoureux de Chapoutot, on parle de groupies (sans doute un peu débiles) pour ceux qui ne charge pas le livre et j'en passe...

Quand on veut juger de la tonalité des débats on ne se limite pas une seule interview donnée dans les Inrocks ont fréquente aussi les "tavernes défouloirs" fabriquées de toute pièce par des chercheurs, et un historien en guise de porte drapeau, pour en faire des autodafés.
Donc je vous conseil d'aller aussi fureter, si vous ne l'avez pas déjà fait, là ou ça sent mauvais.
Le duo incriminé n'est très certainement pas au dessus de tout soupçon mais il m'étonnerai qu'il s'improvise animateur de foire, face a ce Tsunami délirant il a d'ailleurs mis la clé sous la porte de ses réseaux sociaux.

JARDIN DAVID a écrit :
On n'y trouve donc pas, pour rester dans l'image, de "pilote dans l'avion" et c'est bien un postulat de départ des deux auteurs. Après tout pourquoi pas, mais il faudrait au moins essayer de le démontrer. Un raisonnement scientifique aurait dû amener les auteurs à exposer finement les différentes thèses en présence (I KERSHAW, B PLOUVIER, mais aussi F DELPLA). Il est vrai que le format poche ne le permet pas facilement. Par contre la suite du texte justifie amplement l'impression de court ouvrage bâclé.


Je vais vous surprendre mais finalement je trouve cet ouvrage raté ! Tout ça pour ça, mais oui je le trouve franchement raté.
Raté car il y a trop de coquilles historiques pour le rendre crédible (Docteur Blum à la place du Docteur Bloch pour ne prendre que cet exemple) des faits Historiques volontairement omis sans explication préalable et l'explication scientifique que nous étions en droit d'attendre n'y ait pas (une nuit de Cristal et un Reichstag qui ne sont qu'un songe , le quasi effacement de Hitler dans la montée en puissance du génocide, Churchill puisque vous le citez n'est finalement pas aussi présent qu'il aurait été souhaitable, pour finir sur un bouquet final d'absences...) raté car personne n'a compris le but recherché par les deux auteurs et par conséquent tout le monde a considéré cet opuscule comme un minable recraché de ce que nous savons déjà.
Par conséquent si l'on s'en tient à l'aspect uniquement bibliographique ça vaut pas un pet de lapin à côté des bios de Kershaw et de Longerich.
Oui c'est ouvrage est raté et c'est d'autant plus dommageable car, au vu de l'idée de départ, il aurait mérité d'être réussi et cela aurait permis de réelles avancées historiographiques.
Au lieu de ça on reste dans l'ornière boueuse et en voulant accélérer pour en sortir on s'enfonce davantage.

Oui ce livre est raté car il n'a pas atteint sa cible, parce qu'il a été mal ficelé pour lui permettre de délivrer le message qu'il voulait initialement livrer.

Mais c'était quoi l'idée de départ ? C'était de se poser une question d'apparence simple.
Et si l'on retirait ce gros arbre, qu'est Hitler, en plein milieu de la forêt du Nazisme, que resterait t'il ? Un trou immense, un vide explicatif ou la mise à nue de cette matrice qu'est le national socialisme. Fatalement ce débat a provoqué une guerre entre ceux qui ont peur de perdre l'ultime explication d'un coupable unique et ceux qui veulent descendre en rappel au fond de ce trou au risque de ne plus remonter.


Nos deux alpinistes s'y sont essayé et ils ont brutalement dévissé. pourquoi ? par manque d’expérience ? je ne le crois pas, le terrain était trop glissant ? sans doute, la paroi trop difficile ? assurément.
Là au moins je peux attribuer à cet historien vindicatif et parfois clownesque le bon sens de la formule "Hitler ce n'est pas rien, Hitler c'est les Jorasses à escalader".
Bien oui Hitler a ce quelque chose d'impénétrable et d'incontournable que seul un Kershaw peut vous autoriser à approcher (Des yeux bleus acier, un regard hypnotique qui vous transperce, quelque chose de magnétique et d’indescriptible) un Kershaw que je trouve comme étant le meilleur biographe d'Hitler car ses écrits sont transpirants de vérité sur la dimension quasi irréelle rendant la personne du Fuhrer thaumaturgique.


JARDIN DAVID a écrit :
Il est vrai que le format poche ne le permet pas facilement. Par contre la suite du texte justifie amplement l'impression de court ouvrage bâclé.


Tout est lié et on retombe dans les mêmes travers. En voulant mettre Hitler dans l'ombre pour en faire jaillir la lumière putride du National Socialisme ils ont renforcé l'obscurité et la confusion.
Par conséquent on se retrouve avec un livre avec un format troublant (comme je l'avais spécifié lors de mes premiers post) un format laissant penser qu'il s'agit d'un vulgaire que sais je, un livret grand public destiné à ceux qui ne veulent pas trop se casser la tête pour rapidement apprendre des choses sur cette période.
Au final l'ouvrage n'est pas bâclé il est hors sujet, non pas par rapport à l'histoire, mais HS au regard des idées qu'il était censé défendre.
Je n'aime pas faire ce constat mais la bonne foi et la raison m'y obligent, le constat est d'autant plus amer que je trouve que ce livre n'est pas à la hauteur de ce que Chapoutot peut produire.

JARDIN DAVID a écrit :
Une autre dimension qui me semble manquer : la façon dont la quasi-totalité des dirigeants de la période, sauf CHURCHILL et peut-être, tardivement STALINE, se sont leurrés sur les qualités et intentions du dictateur moustachu. Avec toujours un coup de retard, sidérés, ils n'arrivaient pas à reprendre l'initiative. La "BlitzPolitik" en quelque sorte. Si on devait trouver une autre qualité à AH, (les deux auteurs tentent bizarrement de faire la démonstration inverse et peu convaincante d'un AH fonctionnant en mode 14-18) ce serait une certaine forme de modernité, très en avance sur les autres dirigeants mondiaux. Je pense ici, par exemple, à l'intégration des nouvelles techniques (automobile, autoroutes, radio, ...), à la "com", à l'adaptation permanente de l'idéologie affichée aux objectifs à atteindre. Une grande fluidité qui contraste avec les doctrines très figées du camp d'en face. On pourrait développer si besoin.


Et c'est là que les auteurs ont une nouvelle fois loupé ce coche consistant à contre balancer la superpuissance manipulatrice de AH et son image d'imperfectible génie lui ayant permis d'accéder au pouvoir. De ce fait on élude toute une ambiance de repli et de fuite en avant, tout un climat politique vicieux et vicié pendant et après la République de Weimar où la démocratie ne prend pas racine, tout un tas d'événement où l'on ne veut pas voir les choses par calcul par intérêt ou parce qu'elles sont d'une banalité déconcertante car dans l'air du temps.
A ce titre l'attitude de la presse durant les années 30 est révélatrice de l'immense "pus" dans lequel baigne une partie de l'Europe https://www.franceculture.fr/…/hitler-1933-pourquoi-la-pres… (Je vous renvoi à une récente émission sur France Culture)

Tout ça on ne le voit pas, on ne le divine même pas au travers d'Hitler. Pas facile de mettre Hitler en transparence sans le faire disparaître. Tout l'enjeu était peut être là.

JARDIN DAVID a écrit :
Pour ma part, voici ce que j'imagine pour sortir de l'ornière : nos deux auteurs devraient, si ce n'est en cours, se presser de rédiger une nouvelle étude de leur cru, qui fera oublier le faux-pas de côté !
JD


Alors évidemment on reprend nos doutes et on repart avec car on a pas plus de réponses qu'au début. Chapoutot qui voulait mettre fin, une bonne foi pour toute au Nazisme n'y ait manifestement pas parvenu, l'équation est sans doute trop complexe. L'essai est raté, à mon avis il faut oublier. Certains ont eu ce qu'ils souhaitaient la mise à disposition d'un polygone de tir à peu de frais. Que ceux qui doutaient que leur ligne historiographique au sujet d'Hitler soient remise en question se rassurent le débat me semble désormais clos et le petit que sais je sur Hitler proprement enterré.

Comme je l'avais mentionné par ailleurs la réalité crue se trouve, pourtant, dans les librairies pas dans la tête des chercheurs....Nicolas Offenstadt avec son dernier opus littéraire sur l'Allemagne de l'Est et le Hitler de Chapoutot et Ingrao vont très certainement pilonner les ventes. Le malheur c'est que par snobisme le grand public a longtemps été jeté en marge de ces débats entre initiés. Le malheur c'est que la plupart des historiens tendent à oublier les responsabilités pédagogiques qui leur incombe.Ils ont remporté leur bataille historique et finalement c'est ça qui importe.
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Re: Le débat sur mon travail

Message par Francois Delpla » Dimanche 14 Octobre 2018 06:57:30

Par rapport au sujet de ce fil, le débat sur mon travail a tendance à se limiter à ma personne. Nico n'a pas l'air de m'avoir beaucoup lu, par exemple quand il parle de clown, et semble animé d'un préjugé défavorable quand il croit que Chapingre est une insulte visant Chapoutot alors que c'est la contraction des deux noms, et quand il juge inégalée la bio de Kershaw (20 ans de bouteille, rééditions sans révisions -la mienne, vingt ans de bouteille, réédition actualisée en 02014, dix ouvrages entre-temps cernant plus le personnage dont le Hitler et Pétain en instance de parution : mes contestations de Kershaw sur des points importants mériteraient au moins un coup d'oeil).

Prière aux puissants extérieurs à ma prison (Paul ou Jardin David par exemple) : pourriez-vous signaler à Nico que je souhaite correspondre avec lui ?
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Re: Le débat sur mon travail

Message par Francois Delpla » Lundi 15 Octobre 2018 03:32:04

Un rebondissement anglophone et néanmoins sensationnel : Thomas Weber, bien connu pour sa Première guerre de Hitler, annonce sa "conversion" d'un "fonctionnalisme teinté dans la masse" à un "néo-intentionnalisme".

La chose s'est produite entre la première édition, allemande, de son livre sur Hitler 1918-1923 Becoming Hitler et l'édition anglaise parue il y a un an. Le groupe anglais DAPIM a organisé et mis en ligne un débat (Scholars Forum) de haut niveau https://www.tandfonline.com/doi/full/10 ... ccess=true .

Antérieur à l'apparition du symptôme Ingrao-Chapoutot, au départ il ne porte que sur la préméditation du meurtre des Juifs au début des années 20, mais ne peut que s'élargir quand l'auteur, et la communauté historienne à sa suite, reverront toute l'histoire du nazisme à la lumière de ce chemin de Damas.

Or Chap-Ingr voient, hyperfonctionnalistement, dans la Shoah le produit d'un processus.

Une discussion s'ouvre sur Facebook avec la participation de Thomas Weber https://www.facebook.com/groups/StudyOf ... up_comment .
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Re: Le débat sur mon travail

Message par Francois Delpla » Dimanche 04 Novembre 2018 11:01:41

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Re: Le débat sur mon travail

Message par Francois Delpla » Lundi 14 Janvier 2019 13:11:19

Sur mon Hitler et Pétain, une recension sympathique, mais un peu anecdotique https://clio-cr.clionautes.org/hitler-et-petain.html :

Dans le grand troupeau équestre des historiens et des historiennes, François Delpla fait figure de maverick. Le fait qu’il soit arrivé à écrire l’Histoire par la petite porte explique sans doute le manque de reconnaissance qui lui est accordé. Agrégé d’histoire, professeur de lycée, clionaute, animateur d’un blog stimulant hébergé par Médiapart, le média indépendant que toute la classe politique déteste, François Delpla s’est depuis les années 90 spécialisé dans l’étude du nazisme et d’Adolf Hitler en particulier. J’avais déjà chroniqué son ouvrage précédent, Hitler et les femmes, paru aux éditions du Nouveau Monde en 2016 et, comme le disait Edouard Husson qui assistait à la soutenance d’habilitation de François Delpla, « je ne partage pas toutes ses thèses mais je les trouve stimulantes ». Néanmoins l’ouvrage m’avait interpellé et c’est avec un certain plaisir que je me suis mis à lire ce Hitler et Pétain, à la façon dont ont lirait un bon Bernhard Günther de Philip Kerr. Mais il n’y a pas que ça. François Delpla utilise énormément les sources, les archives, les témoignages, les lettres (notamment celle de Joachim Von Ribbentrop adressée à Pétain en 1943) et en ce sens fait un véritable travail d’historien, ce qui est paradoxal car on lui reproche souvent de privilégier l’intuition aux preuves sourcées. Et c’est vrai qu’avec Hitler, le personnage est tellement manipulateur que les preuves sont assez rares. Ainsi la lettre envoyée par Himmler à Charles de Gaulle en 1945 serait pour François Delpla dictée par Adolf Hitler. Mais sans preuve formelle. L’idée maîtresse de Depla est que Hitler est cohérent depuis 1919, qu’il est intelligent et extrêmement manipulateur. Il réhabilite le rôle de ce petit activiste autrichien dans le mouvement nazi alors que d’autres ont présenté Hitler comme une personne négligeable pour expliquer le nazisme. Or, et Ian Kershaw l’a bien montré dans son ouvrage de 2012 La fin : Allemagne 1944-1945 le régime nazi ne vit que parce que Hitler vit. Les derniers combats fanatisés sont menés en son nom, et sa mort dans le bunker de Berlin est l’équivalent d’un coup de pied dans la fourmilière, tout s’effondre en peu de temps.

Hitler avait donc besoin, pour s’attaquer à l’URSS, d’une France vaincue rapidement et domestiquée qui lui éviterait d’user ses troupes à l’Ouest. La collaboration de Pétain est une aubaine pour le dictateur, d’autant plus que Pétain rassure et se montre globalement malléable tant que les apparences de l’honneur et de la dignité sont conservées. On lit avec intérêt les premiers pas de la collaboration, l’éviction temporaire de Laval, la période Darlan, l’importance de Fernand de Brinon, ambassadeur de Vichy à Paris, d’Otto Abtez, l’ambassadeur d’Allemagne en France, et de Werner Best, le chef de la section administrative du commandement militaire de Paris. Le rôle de ce dernier est d’ailleurs réévalué par François Delpla, notamment son implication dans les premières déportations de Juifs. Habile, Werner Best devait ensuite construire sa légende de « sauveur de Juifs » au Danemark entre 1943 et 1945, ce qui lui permit d’échapper à la mort après la guerre et de mourir tranquillement en 1989 tout en restant actif dans l’organisation de soutien aux anciens SS, la HIAG. Comme je l’ai dit plus haut, l’ensemble se lit presque comme un thriller politique, de l’entrevue de Montoire jusqu’au château de Sigmaringen où Pétain est de fait captif mais encore utilisé par Hitler comme un de ses « derniers atouts (…) auquel il a conservé un semblant d’existence politique ». Un maréchal Pétain quelque peu dépassé, qui se débat avec lourdeur dans les pièges et les chausse-trappe du petit caporal de Braunau am Inn, tout en espérant jusqu’au bout jouer le rôle de « bouclier » qu’il s’était lui-même inventé.

Mathieu Souyris, lycée Paul Sabatier, Carcassonne.


On eût aimé savoir comment l'ouvrage se situait par rapport à quelques devanciers, tout particulièrement le Vichy France de Paxton (1972), réédité sans grand changement en 1997 et encore considéré comme un oracle dans les lycées... et les facs.
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Re: Le débat sur mon travail

Message par Francois Delpla » Dimanche 24 Février 2019 21:48:31

Une remarque au vitriol de Michel Bergès, politologue bordelais, auteur de travaux sur l'Occupation dans sa région, m'amène sur Facebook https://www.facebook.com/notes/issn-int ... 060050274/ à préciser :

" (...) vos hypothèses « intentionnalistes », clé de voûte qui hypertrophie, voire fétichise la vision d’un Hitler omniscient, stratège génial, omnipotent, qui « sait où il va », ne se trompe jamais".
C’est en ces termes peu conviviaux qu’un internaute m’a abordé récemment ici même. J’ai recueilli d’autres horions de ce genre, souvent sous la forme de bruits rapportés, tout au long de ma carrière, commencée, sur ce chapitre, au début de la décennie 1990.
Cette sévérité m’en autorise une autre : plutôt que de la lecture de mes livres, articles et interventions diverses, cette réputation résulte d’un entraînement mutuel à NE PAS LIRE. Mais en fait, il s’agit moins du rejet d’un historien que d’une allégeance à une doxa, très ancienne, solidifiée et même ossifiée, qui doit son origine non à des historiens mais à des politiques -acteurs ou observateurs. Comme elle charriait beaucoup d’erreurs, c’était la raison d’être des historiens d’y mettre bon ordre. Mais eux-mêmes sont longtemps restés prisonniers de leurs techniques, rodées sur d’autres objets et mal adaptées à celui-là.
Hitler était, et reste, un homme politique exceptionnel -au sens premier de l’adjectif, donc sans aucune nuance emphatique ou laudative. La clé principale de ses succès réside non pas dans ses qualités de stratège (et je ne l’ai comme il se doit jamais affirmé), mais dans cette exceptionnalité même. Ne le comprenant pas, les hommes politiques, les journalistes et les citoyens ne lui prêtaient aucune espèce de stratégie, et il pouvait donc en développer une à son aise. Mais tout a une fin.
Au commencement était le “tambour”. Homme de trente ans dont quatre au front, le soldat Hitler, artiste manqué jusque là, n’accepte pas la défaite et s’imagine, dans une crise impossible à reconstituer en détail, qu’une Providence le charge de faire en sorte que la mort de ses camarades n’ait pas été vaine. Au passage, il trouve l’explication de la défaite dans l’action d’un ennemi sournois et multiforme qu’il appelle « le Juif », et conçoit pour les Allemands de cette confession une haine meurtrière, bientôt étendue à la totalité des Juifs.
Il se voit simplement comme le « tambour » d’une révolution nationaliste qui empêche le peuple allemand de se laisser anesthésier par la défaite, met la main sur un parti qui grandit comme un champignon grâce à l’éloquence qu’il déploie dans des meetings, et tente rapidement un putsch, avec l’aide de notabilités civiles et militaires de Bavière. Ruminant en prison l’échec de cette tentative, il se voit désormais en dictateur de l’Allemagne lors d’une guerre de revanche et écrit un livre halluciné, qui détaille un programme intérieur et extérieur.
Le premier échec législatif de son parti reconstitué -2,6% des voix en mai 1928- est à la fois une catastrophe, qui en aurait découragé plus d’un, et une chance : il va pouvoir continuer à développer dans l’ombre un parti de gouvernement, et arriver à la tête de l’Allemagne de la façon la plus inattendue cinq ans plus tard, au dénouement d’une crise qu’il a à la fois exploitée et attisée.
Tant pour arriver au pouvoir que pour l’exercer pendant les premières années, il noie ses objectifs et ses intentions dans des nébuleuses : les milieux conservateurs allemands, les régimes autoritaires qui prospèrent en Europe, le concert des puissances à la recherche d’une paix durable… Son éloquence, stylisée par le cinéma, est souvent prise pour une exaltation démagogique sans conséquences pratiques, dans un décorum volontiers considéré comme de pacotille. En fait, il progresse avec méthode dans la mobilisation de gigantesques ressources humaines et matérielles pour déclencher au moment le plus favorable une guerre contre la France, afin d’avoir les mains libres pour dépecer l’URSS -les deux puissances anglo-saxonnes étant censées, devant la surprise de l’effondrement français, se résigner enfin à la mainmise de l’Allemagne sur le Vieux continent et se concentrer sur leurs intérêts extra-européens. Il est vrai que le Royaume-Uni avec ses gigantesques colonies, les Etats-Unis avec leur impitoyable racisme envers les Indiens et les Noirs, sont, tout comme l’Allemagne, de dignes fleurons d’une domination « aryenne » sur la planète, qu’aucune décolonisation et aucune égalité entre les peuples ne sont censées altérer pendant un millénaire au moins, une fois éliminé le « poison juif » égalitariste et neutralisé son avatar chrétien.

Ce scénario est à la fois écrit dans Mein Kampf, réalisé pas à pas et dissimulé, pendant sa réalisation, sous un océan de propos trompeurs. Il est plus littéraire que politique et son auteur n’a pas recueilli en vain les leçons de son artiste préféré, Richard Wagner. Il ne se contente pas de systématiser l’antisémitisme pas toujours conséquent du maître de Bayreuth, il fait descendre sur terre et dans la vie matérielle les rêveries de ses « œuvres d’art totales ».
L’entreprise devait tôt ou tard se heurter à la résistance du réel et il n’est guère risqué d’affirmer qu’elle avait peu de chances de donner pour mille ans de nouvelles règles à l’humanité. Mais force est de constater qu’elle a manqué de justesse un succès durable, en mai 1940. Hitler avait en effet mis dans sa poche les élites du Royaume-Uni, y compris pour se faire déclarer par elles une guerre limitée et symbolique, car elles ne pouvaient se laisser arracher leur « épée française » sans esquisser un geste de résistance. Il fallait, pour qu’elles aillent au-delà de ce baroud, la férule de l’enfant terrible du Royaume, déjà âgé de 65 ans et peu apte jusque là à mobiliser le pays. Il fallait surtout qu’il fût au pouvoir à temps, et cela faillit bien ne pas être. A peine en train d’emménager à Downing Street quand la France s’effondrait, il se maintint aux commandes avec les plus grandes difficultés, longtemps dissimulées aux citoyens puis aux historiens.
Votre serviteur est le dernier à écrire que Hitler n’a pas fait d’erreurs. Il se contente de remarquer que ses échecs, du moins après 1930, datent tous d’après la mi-mai 1940 : d’après le moment où l’obstacle churchillien a empêché la percée de Sedan de produire son fruit naturel, le retour de la paix générale et les “mains libres à l’est”, permettant à Hitler de grignoter Staline à son heure et à son rythme.
Donc le génie, si génie il y avait, était surtout celui de la dissimulation du talent. L’obstacle churchillien agit, pour rester dans le domaine littéraire, comme l’enfant d’Andersen qui dit que le roi est nu. L’univers est prêt, fin mai ou fin juin 1940, à trouver plus aventureuse la continuation de la guerre que son arrêt : Hitler a réussi à créer cette illusion-là, que trahit aussi bien le comportement de Roosevelt que celui de Staline, de Pie XII, de Franco, etc. etc. Churchill ne compte dans les milieux dirigeants qu’une poignée de disciples convaincus, moins d’ailleurs de la future victoire que du fait qu’à tout prendre il vaut mieux mourir debout, comme Cooper en Angleterre et de Gaulle en France.
Allez, encore aujourd’hui, faire reconnaître à un président américain ou russe que leur prédécesseur était résigné au triomphe nazi au début de l’été 40. Ils se préparaient, voyons ! Et tout était de la faute des autres. Mais c’est dans tout l’arc-en-ciel des héritiers politiques qu’on a le plus grand mal à reconnaître que ses ancêtres, à l’époque, étaient les quatre fers en l’air, résignés à attendre les volontés de Hitler en espérant qu’il ne serait pas trop méchant.
Si maintenant nous considérons les historiens, force est de constater que, dans une ambiance pareille, ils ont accumulé les fausses pistes : causes “franco-françaises” de la défaite puis de la collaboration, bourgeoisies occidentales désireuses de voir Hitler les débarrasser du communisme, victoire allemande de mai 1940 due aux seuls mérites de quelques généraux, nazisme vu comme un faux-nez du capital, un nihilisme destructeur fasciné par l’apocalypse ou la résultante de mille forces sociales, antisémitisme regardé comme un attrape-nigauds électoral, Hitler dilettante passant son temps à arbitrer entre ses lieutenants dans le sens du plus cruel, décisions résultant de “processus cumulatifs”, etc. etc.

Le résultat le plus clair est qu’on n’y voit toujours pas clair. Faute de se souvenir qu’il s’agissait d’une dictature et qu’un dictateur, cela dicte. Le rétablissement de Hitler au centre de l’analyse suit un cours lent mais irrésistible, depuis plusieurs décennies. Cette flamme ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas !
Francois Delpla
 
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