L'Énigme des Invalides

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Message Publié : 30 Nov 2008 11:31 
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[quote="Reichstadt"]:salut: Je crois que l'on tourne en rond sur cette affaire du "je pars, je ne pars pas d'Elbe", parce que si les coalisés se querellaient, commençaient à se quereller, ils se seraient de toute façon resoudés contre Napoléon.

Pour mémoire, les querelles reprirent après Waterloo et la France dut faire face à une sorte de Diktat : une dette de guerre gigantesque, une présence militaire étrangère sur notre sol et à nos frais considérable et une limitation de nos armes à 100.000 hommes!
Du bon boulot ce Talleyrand et ce gros Louis n'est-ce pas? :pascontent: (Reichstadt) ...


Vous avez très certainement raison, Cher Duc.
Et puis sur le "qu'en dira-t-on" de ce départ, sur le bien-fondé de sa décision, nul ne saurait ignorer que les premiers à violer le traité de Fontainebleau furent les coalisés, nullement embarrassés par les articles de ce dernier !

Mais cette idée de retour en France a dû s'installer progressivement à l'esprit du Grand Homme, au fur et à mesure des nouvelles alarmantes qui lui étaient communiquées ...
Et c'est à coup sûr, à la nouvelle évoquée au Congrès de Vienne, sur l'éventualité de faire déporter Napoléon à Sainte Hélène, qu'il faut essentiellement attribuer le projet de la fabuleuse expédition.

L'Empereur en abdiquant, se réservait un traitement pour lui et sa famille. Si la principauté d'Elbe lui fut assurée, c'est qu'Il n'avait pas demandé la Corse pour des raisons d'ordre politique
A ce propos, Caulaincourt dans ses [i]Mémoires
, nous révèle que Napoléon avait approuvé son fidèle ambassadeur auprès des Alliés, de n'avoir pas demandé la Corse au lieu de l'île d'Elbe, la Corse étant un département français dont il ne fallait pas dépouiller notre pays ...

A ce propos d'ailleurs, l'Empereur avait dit :

"-Je vous approuve tout-à-fait, cette pauvre France ne sera que trop dépouillée quand on en viendra à traiter de la paix".

Par ailleurs, sous la souveraineté de Napoléon, la Corse ne serait plus que la Corse, dépendante de la puissance anglaise que les Corses avaient répudiée ...
Or, le titre qui tenait le plus à coeur à l'Empereur était bien celui d'être français avant tout, et, dans ces moments d'infortune, cela pouvait quelque peu le réconforter...

Il refusa donc d'en faire le sacrifice, en l'étendant aux Corses, dont il ignorait aussi de quelle façon ces derniers l'auraient regardé ...
Il n'aurait pas manqué de subir les intrigues anglaises, françaises et sardes au sein de son gouvernement ; il était donc plus raisonnable et c'était faire preuve de bon sens que de renoncer à la Corse dont il estimait les habitants.




:salut:


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Message Publié : 01 Déc 2008 2:43 
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À la fois pour revenir à notre sujet de départ et pour pousser son analyse jusqu'à la limite du raisonnable, il y une problématique qu'il m'apparait nécessaire de poser à ce stade:

Le moment du retour d'Elbe étant optimum, les moyens d'une victoires disponibles et suffisants, Napoléon brise la coalition et obtient les frontières naturelles à la suite de la campagne de 1815.

Certes, la France victorieuse et pacifiée, enfin stabilisée dans des frontières sures et reconnues par les grandes puissances européennes, se serait vue bien mieux gouvernée par l'empereur qu'elle ne le fut par Louis XVIII (et qui sait aussi sous Charles X si la santé de Napoléon, dispensée des rigueurs de Sainte-Hélène, lui avait permis de régner au delà de 1824).

La révolution industrielle eut pu être mieux accompagnée. Elle aurait en sus bénéficié de l'intégration à l'économie nationale des ressources et marchés des départements du nord de la Grande France, et des énergies entreprenantes de leurs habitants.

Les évolutions sociologiques auraient pu progresser plus vite et plus aisément. En premier lieu la promotion d'une bourgeoisie moderne et prospère, indispensable outil de l'industrialisation en cours, aurait sans doute gagné à la survie de l'empire. Son rapprochement avec l'ancienne aristocratie terrienne (au travers de mariages "mixtes" notamment), se serait vue facilitée par de plus nombreux et respectés anoblissement impériaux (un peu sur le modèle britannique).

La méritocratie impériale aurait probablement rendu plus acceptables par les couches populaires les changements sociologiques nés du bouleversement des structures économiques alors à l'œuvre.

L'État aurait été assurément mieux encore modernisé et consolidé sous l'action d'un Napoléon tout attelé à cette tâche. Les acquis de la révolution auraient prospéré et le régime, moins soumis à la pression extérieure, à l'exemple du processus plus tard apparu dans les dernières années du second empire, aurait pu connaitre progressivement une libéralisation partielle.

La nation aurait été plus forte, son économie plus florissante, son honneur plus grand, son prestige intact...

Toutefois, à long terme, au risque de pousser par trop loin nos supputations uchroniques, la France n'aurait-elle pas gravement pâti de cette situation à priori avantageuse.

En effet, étant donné ce que nous connaissons des dynamismes historiques de longue durée, qui agitent déjà en ce temps et agiteront le continent jusqu'au premier XXème siècle, tout le bénéfice d'un empire survivant et prospérant après Waterloo n'aurait-il pas nuit à la France ?

Si la France avait été suffisamment forte pour éviter le désastre de 1871, si, à défaut d'empêcher l'unification allemande, elle était au moins parvenue à la retarder, elle serait demeurée la seule puissance capable de prétendre à la prépondérance en Europe, et donc serait restée le principal ennemi de la Grande Bretagne.

Or un conflit moderne, de type 1ère guerre mondiale, où une France plus forte se serait vue opposée à une Allemagne amoindrie (unifiée sous la pression nationale au moins autour d'un Bund de ses principaux souverains) mais secondée de l'Angleterre, aurait été une épreuve bien plus destructrice pour le pays que ne le fut la chute finale de l'empereur.

Convenons que c'est là développer bien loin notre What If. Cependant, humblement, la question me semble digne d'être étudiée, ne serait-ce que pour sa portée sur ce que nous pouvons discerner de l'intérêt national au delà de la période napoléonienne.


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Message Publié : 01 Déc 2008 10:24 
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Inscription : 14 Déc 2002 15:30
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imberator a écrit :
Toutefois, à long terme, au risque de pousser par trop loin nos supputations uchroniques, la France n'aurait-elle pas gravement pâti de cette situation à priori avantageuse.


Je pense -en effet- que vous poussez trop loin les supputations...

Citer :
En effet, étant donné ce que nous connaissons des dynamismes historiques de longue durée, qui agitent déjà en ce temps et agiteront le continent jusqu'au premier XXème siècle, tout le bénéfice d'un empire survivant et prospérant après Waterloo n'aurait-il pas nuit à la France ?

Si la France avait été suffisamment forte pour éviter le désastre de 1871, si, à défaut d'empêcher l'unification allemande, elle était au moins parvenue à la retarder, elle serait demeurée la seule puissance capable de prétendre à la prépondérance en Europe, et donc serait restée le principal ennemi de la Grande Bretagne.


C'est aller vite en besogne: vous sautez à la situation de 1870, sans évoquer ce qui a précédé. Or, il est évident qu'il n'y aurait pas eu d'unification allemande s'il n'y avait pas eu -au préalable- la déconfiture de l'Autriche en 1866 à Sadowa.

Certainement qu'il y aurait eu une rivalité franco-anglaise durant tout le XIXème siècle, et ceci a d'ailleurs été le cas, malgré l'anglophilie prononcée de Louis-Philippe et de Napoléon III.

On peut supposer -à la place de ces deux-là- un long règne de Napoléon II. Il me semble que sa politique aurait été basée sur l'entente avec l'Autriche. Avec des hauts et des bas, sans-doute lié à la question de l'unité italienne.

Dans la compétition maritime et coloniale avec Albion, il est probable que l'on aurait assisté à un conflit majeur entre la France et l'Angleterre. Peut-être alors aurait-on vu le Canada redevenir français, tout comme l'Australie. Quel allié continental pour l'Angleterre, en dehors de la Prusse ? Celle-ci, moins puissante qu'elle ne le fût, n'aurait pas pu bouger si bien surveillée par l'Autriche... N'oubliez pas que le seul perdant d'un retour aux frontières naturelles en 1815 aurait été la Prusse. Sans la Rhénanie, elle serait restée une puissance de second ordre...

Citer :
Or un conflit moderne, de type 1ère guerre mondiale, où une France plus forte se serait vue opposée à une Allemagne amoindrie (unifiée sous la pression nationale au moins autour d'un Bund de ses principaux souverains) mais secondée de l'Angleterre, aurait été une épreuve bien plus destructrice pour le pays que ne le fut la chute finale de l'empereur.


De mon point de vue, une alliance austro-française aurait empêché toute vélléité d'unité allemande. La Prusse aurait dû rechercher à la fois l'alliance anglaise et russe pour en finir avec la tutelle autrichienne sur la Confédération germanique.

Citer :
Convenons que c'est là développer bien loin notre What If. Cependant, humblement, la question me semble digne d'être étudiée, ne serait-ce que pour sa portée sur ce que nous pouvons discerner de l'intérêt national au delà de la période napoléonienne.


Mais votre question supposait la primauté prussienne au sein du Bund, ce que précisément Napoléon III ne sût pas empêcher... Gageons que Napoléon II ne se serait pas trompé d'objectif.

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"Tant que les Français constitueront une Nation, ils se souviendront de mon nom."

Napoléon.


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Message Publié : 09 Nov 2009 13:53 
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Félon a écrit :
Comme l'a mentionné dans un autre sujet le duc de Raguse, Napoléon ne pouvait gagner contre une telle coalition. Aurait-il gagné à Waterloo, il l'aurait gagné à quel prix ? De la sueur, du sang et des larmes ! Et un vainqueur français qui aurait été en plus pitoyable état que le vaincu anglais. Comme disait Victor Hugo dans Les Misérables, dans le livre sur Waterloo et la défaite de Napoléon : "Il était temps que cet homme vaste tombât."


Commentaire stupide, sans arguments, basé sur le "ça c'est passé comme cela, car ça ne pouvait pas se passer autrement". De plus en plus de Franglais qui se croient intelligents parce qu'ils sont directeur commercial, se piquent de faire de l'histoire, de préférence, une histoire revisitée dans une perspective mondialiste...

Citer :
Bien sûr, je comprends qu'au XIXe siècle, la défaite ait révolté plus d'un militaire et amoureux de la Geste napoléonienne. Et qu'on ait échafaudé toutes ces théories sur ce qu'on aurait dû faire à la place de tel ou tel ordre. D'où le chapitre intitulé "Campagne de 1815" du Waterloo 1815 de Henry Houssaye. Chapitre dans lequel l'auteur décortique l'ensemble de la campagne du 15 au 18 juin pour dire ce qu'aurait été une meilleure stratégie et tactique, plus économe en vies humaines, au contraire de ce qu'était Napoléon. L'Aigle aurait fini par perdre contre les Autrichiens, la seconde armée prussienne et les Russes.


Conclusion en forme de constat. Mais il n'est en rien expliqué comment un Napoléon vainqueur à Waterloo aurait fini par succomber devant les Autrichiens (qu'il a toujours rossés) et les Russes (qui ne l'ont jamais vaincu). Quant à la seconde armée prussienne, vu que ses meilleurs éléments étaient avec Blücher, on se demande ce qu'elle vient faire dans la discussion.

Nota : le félon a prétendu se nommer "Marc Mailly". Un pseudo qui sent l'adjudant de pissotière...

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Message Publié : 13 Nov 2009 17:00 
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"adjudant de pissotière"... :hahaha:

Vous avez vraiment l'art des formules... :rire2: :boire:


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Message Publié : 13 Nov 2009 18:06 
Un art délicat qui ne flirte pas toujours avec la diplomatie et le savoir-vivre... :diablotin:
Mais personnellement, j'apprécie ! :3:


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Message Publié : 16 Nov 2009 12:03 
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Inscription : 13 Nov 2007 12:45
Message(s) : 1822
Il n'y a pas de diplomatie qui tienne avec des personnes de cet acabit.

La franchise , contrairement à l'hypocrisie, peut garder la tête haute.

Qu'on se le dise ...



:salut:


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Message Publié : 16 Nov 2009 19:12 
Certes, mais il arrive parfois qu'il faille composer pour arriver au résultat escompté.
En Belgique, nous sommes les champions du monde du consensus. :3:
Mis finalement, peu importe le chemin emprunté, pourvu qu'il mène là où l'on veut aller !


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Message Publié : 16 Nov 2009 22:32 
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Inscription : 12 Fév 2007 18:13
Message(s) : 56
Bien dit, bien dit, cher compatriote. Et de temps à autre ce Marc Maillly semble dire quelque chose de cohérent aussi...au moins sur Passion-Histoire...mais je n'ai pas lu le fil "Waterloo, victoire française.." là bas...n'ayant pas même assez du temps pour répondre aux sujets qui m'interessent...

Cordialement, votre ami,

Paul.


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Message Publié : 17 Nov 2009 9:20 
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Inscription : 13 Nov 2007 12:45
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Désolé de vous contredire, mais moi je ne compose pas.

La diplomatie et le savoir vivre s'installent tout naturellement quand mes interlocuteurs le méritent.

Tout le reste n'est qu'hypocrisie, et je l'ai toujours fuie à toutes jambes !




:salut:


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