L'Énigme des Invalides

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Message Publié : 27 Nov 2008 15:24 
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Paul Bartel a émis l'hypothèse que l'Angleterre et l'Autriche avaient secrètement poussé Napoléon à tenter l'aventure. (Bruno) ...


Ah ! Que de mystères l'Histoire ne cessera-t-elle pas de nous distiller !...

C'est bien là la raison pour laquelle nous devons toujours veiller à rester prudents dans nos conclusions.

Car nous ne parviendrons jamais, ni quiconque d'ailleurs, à percer la pensée intime du Grand Homme, celle du "dernier moment" ...




:salut:


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Message Publié : 27 Nov 2008 15:46 
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:salut: Bruno, le problème est que les Anglais se contrefichaient de la souveraineté d'Elbe accordée à Napoléon par toutes les puissances, alors attendre deux mois, certes la coalition se serait désagrégée puisqu'elle commençait à se quereller sur le "remembrement" de l'Europe notamment les états allemands, mais dans ce cas les Anglais auraient, à coup sur, débarqué à Elbe et enlevé l'Empereur.

Bien à vous.
:salut:


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Message Publié : 27 Nov 2008 19:02 
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Hypothèse qui, si les éléments nécessaires à l'étayer demeurent insuffisamment probants, éveille une suspicion légitime quant aux motivations inavouées des Britanniques.

À se demander si Londres n'aurait pas conservé la carte Napoléon dans sa prison venteuse de Sainte-Hélène à seule fin de pouvoir la sortir à dessein au cas où les grandes monarchies continentales s'aventureraient à contester l'équilibre des puissances mis en place par le congrès de Vienne.

Pour l'Autriche, il me parait moins évident que le risque que constituerait pour elle une France régénérée grâce à sa reprise en main par Napoléon, l'emporte sur les avantages espérés d'une crise délibérément provoquée. Mais cela reste une piste non-négligeable et une éventualité crédible.

( Chère Rose, je vous dois bien des excuses pour ce qui est de mes sarcasmes, et considérez que je vous les fais présentement. Ne recherchez point une offense dans ma démarche. C'était juste un procédé, souriant bien que maladroit, la légèreté du geste ne nuisant pas à mon sens à la nature constructive de nos discussions, de souligner une évidence ici criante: Aussi valables et respectables que soient effectivement vos opinions, je trouve que leur absence totale de nuance leur confère, sans doute exagérément, un caractère par trop tranchée. Comme quoi, tous autant que nous sommes, et je ne m'exclue nullement du lot, l'Affect, et ici il transparait à chaque ligne, continue de nous montrer toute son importance. )


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Message Publié : 27 Nov 2008 23:02 
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Les Anglais étaient en effet capables de tout, voire du pire, et ils n'ont cessé d'en faire la démonstration tout au long du règne de Napoléon, jusqu'à l'accomplissement du crime odieux de Celui dont ils ont toujours jalousé la grandeur !

Au retour de l'île d'Elbe, devant l'humiliant ultimatum de l'Europe et son agression inique, la France va se lever à nouveau, frémissante d'indignation et de colère...

A défaut de l'enthousiasme de 92 et du sentiment d'invincibilité ressenti en 1805 et en 1806, elle nourrira la haine de l'étranger, la rancune ulcéreuse de l'invasion et le rêve des représailles vengeresses ...

Peut-être lui manque-t-il la confiance, mais cette confiance, elle la recouvrera lors de la victoire ...

Et cette victoire, Napoléon quittant Paris le 12 Juin 1815, l'ira chercher dans les sombres plaines de la Belgique ...

Ainsi débuta Waterloo ...

Cher Imberator, je sais que mes propos ne recueillent pas toujours l'unanimité ...
Toutefois, ils ont le mérite d'être sincères.

Par ailleurs, sachez que je sais nuancer, lorsque j'en ressens l'utilité.

Enfin, je vous remercie pour votre amabilité à m'expliquer ce que je n'avais pas bien perçu en vous lisant. Les écrits ne restituent pas toujours parfaitement le ton avec lequel il convient de les interpréter ...
Et sur cette méprise, acceptez également mes excuses.

Nous allons donc pouvoir poursuivre nos conversations avec la sérénité qu'elles réclament, pour un développement toujours plus enrichissant et constructif. :4:




:salut:


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Message Publié : 28 Nov 2008 16:30 
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Inscription : 07 Nov 2008 13:35
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Effectivement Bruno, et je m'excuse de ma méconnaissance qui ne m'y a pas fait penser plus tôt, mais vous avez raison... Son départ de l'Ile d'Elbe aurait pu davantage s'appuyer sur la fin d'un congrès qui fut une gigantesque pagaille où chacun finalement parvint à se retrouver contre le retour de l'usurpateur...Que serait-il advenu avec quelques mois de paix supplémentaires ? D'une certaine manière la rapidité de Napoléon fut une erreur tactique...Il aurait trouvé chacun chez soi, brouillé et désorganisé.

Pour ce qui est de le pousser vers la France, ne retrouve t-on pas dans ses informateurs éclairés l'illustre Cipriani dont le rôle d'agent double n'a jamais été clairement mis en doute ? Il aurait pu dès cette époque déjà travailler en ce sens pour la perfide Albion... cela se tient ne trouvez-vous pas ?


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Message Publié : 28 Nov 2008 18:11 
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Inscription : 14 Déc 2002 15:30
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ça se tient, en effet. Pourtant, Cipriani n'a pas trahi. Il semble qu'il soit arrivé trop tard à Elbe, porteur d'infos qui auraient dû déterminer l'Empereur à différer son entreprise...

_________________
"Tant que les Français constitueront une Nation, ils se souviendront de mon nom."

Napoléon.


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Message Publié : 29 Nov 2008 3:12 
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Localisation : Régions Tribales Au Sud Ouest De Nîmes
À différer l'entreprise, n'aurait-il pas mieux valu attendre quelques années avant d'oser le retour d'Elbe ?

Napoléon est encore dans la pleine puissance de la quarantaine. On peu supposé qu'un séjour prolongé à Elbe n'aurait pas affecté sa santé comme le fit le détestable climat de Sainte-Hélène. L'impatience et la frustration de ne pouvoir régner que sur la modeste île toscane, ne l'auraient pas usé comme malheureusement il le fut par son état de'"hôte forcé" des Anglais dans l'Atlantique sud. Dès lors, on peu raisonnablement penser que l'empereur aurait eu devant lui nettement plus de temps qu'il n'en eu finalement.

Reste à savoir si les avantages d'un report l'auraient emporté sur les inconvénients. Les avantages à mes yeux sont substantiels :

- Laisser se développer le mécontentement des Français contre le régime Louis XVIII et retrouver un terreau encore plus favorable à un retour de l'empereur sur le sol français.

- Profiter des rivalités entre nations de la coalition, parlons déjà de Sainte-Alliance dans ce cas, le congrès de Vienne achevé. Les insatisfactions (notamment territoriales), tout justes contenues, auraient pu être exploitées à bon escient.

- Bénéficier de la démobilisation progressive d'une partie significative des forces coalisées, en premier de l'armée et de la marine britannique dans les années 1816-1817, les forces françaises, elles, géographie et discipline de la construction aidant, peuvent probablement plus rapidement retrouver un niveau comparable à celui de 1815, même en 1818 ou en 1819.

- Utiliser les désillusions des patriotes allemands à l'issue du congrès de Vienne. Il est peu probable que les coalisées auraient bénéficié du même enthousiasme "populaire" au cœur la toute jeune confédération germanique.

- Mieux encore, la situation pré insurrectionnelle en Italie (au nord surtout) aurait pu habilement être exploitée.

De plus, la crise économique des années 1817-1818 au Royaume Uni (en partie provoquée par le licenciement de près de 300.000 soldats et marins anglais, et la réduction des dépenses militaires britanniques) aurait perturbé la capacité des Anglais à financer une nouvelle coalition. Enfin les difficultés intérieures et coloniales de l'Espagne de Ferdinand VII, neutralisent toute menace crédible venant des Pyrénées. Mais ces dernières évolutions Napoléon ne pouvait sans doute les prédire (quoique, ses facultés de projection était bien singulières, convenons-en).

À la défaveur d'un retour d'Elbe différé de trois ou quatre ans je soulignerais :

- Le danger de voir la restauration renforcée par un contrôle plus profond des institutions étatiques françaises.

- La possibilité de voir, le nouveau tracé des frontières entériné, les coalisés et les états tampons solidement établis au-delà.

- Le risque, le temps passant, d'une résolution définitive du problème posé par la menace "Napoléon" sur la nouvelle Europe, par un meurtre simplificateur à Elbe... Et dans ce cas, je l'admets, le beau soleil de Toscane perd de son intérêt en tant que moyen de prolonger l'existence de l'empereur.


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Message Publié : 29 Nov 2008 13:15 
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Inscription : 13 Nov 2007 12:45
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À différer l'entreprise, n'aurait-il pas mieux valu attendre quelques années avant d'oser le retour d'Elbe ? (Imberator) ...

Pour ma part, je ne le pense pas, et la raison principale s'articule sur deux points, somme toute assez liés.

L'article 3 du traité de Fontainebleau portait qu'il serait attribué un revenu annuel de deux millions à Napoléon ; or, comme nous le savons, le Cabinet des Tuileries n'était nullement disposé à tenir cet engagement...

Par ailleurs, les revenus dont disposait l'Empereur à son arrivée à Elbe n'étaient bien sûrs pas inépuisables.
Des rapports secrets envoyés de¨Porto-Ferrajo à Paris et à Vienne, laissaient transparaître que Napoléon resterait sur cette île tant qu'il lui resterait de l'argent pour y vivre.

Ceci nous amène à conclure que l'inexécution par le gros louis des engagements financiers vis-à-vis de l'Empereur, ne constituait pas seulement un manque de foi, mais aussi une imprudence, qu'il était sans doute bien incapable de percevoir !

Mais en même temps, aux Tuileries, on avait formé l'espoir qu'avant qu'il ne reste plus de ressources à Napoléon, son sort aurait été fixé de manière définitive ...

A ce propos, à Vienne, le monstre Talleyrand et Castelreagh s'étaient accordés pour une déportation dans une île de l'Océan ...
Et l'annonce de ce projet s'était répandu partout en Europe, dans les journaux, dans les salons et jusque dans les lettres particulière ...
Ainsi le Cabinet noir communiquait ce genre de propos au gros louis :

"-Le sort de "Bonaparte" est décidé. On va l'envoyer à Sainte-Lucie. Il est dommage qu'on ne l'envoie pas à Botany Bay".

A Rome, des moines fanatiques étaient prêts à aller poignarder Napoléon ...
Joseph, de Prangins, fut informé d'un complot fomenté contre la vie de l'Empereur, et s'empressa de faire passer l'avis à Porto-Ferrajo ...

Comment, après tous ces échos, prendre raisonnablement la décision de faire perdurer le séjour à Elbe ?

Car connaissant toutes ces trames, l'Empereur affichait une réelle anxiété, et n'avait de cesse d'interroger Campbell, cherchant toujours à connaître l'évolution de toutes ces nouvelles plus qu'alarmantes !

Ajoutez à cela l'appel du peuple que le Grand Homme perçut au plus profond de son âme, et vous vous expliquerez mieux peut-être le bon sens inéluctable de la décision d'une aussi grande entreprise ....




:salut:


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Message Publié : 29 Nov 2008 13:35 
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:salut: Je crois que l'on tourne en rond sur cette affaire du "je pars, je ne pars pas d'Elbe", parce que si les coalisés se querellaient, commençaient à se quereller, ils se seraient de toute façon resoudés contre Napoléon.

Pour mémoire, les querelles reprirent après Waterloo et la France dut faire face à une sorte de Diktat : une dette de guerre gigantesque, une présence militaire étrangère sur notre sol et à nos frais considérable et une limitation de nos armes à 100.000 hommes!
Du bon boulot ce Talleyrand et ce gros Louis n'est-ce pas? :pascontent:
:salut:


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Message Publié : 29 Nov 2008 18:22 
Dans son ouvrage "Napoléon, roi de l'île d'Elbe", Paul Gruyer mentionne que la décision du retour de l'ïle d'Elbe avait été prise dès Fontainebleau et il fait référence à un propos tenu plus tard par l'Empereur à Sainte-Hélène.
Selon cet auteur, il ne pouvait, dès la première chute, s'avouer vaincu à tout jamais et considérer d'avance son rôle comme terminé.
A peine avait-il quitté la France et s'était-il repris, après sa fuite tragique dans le Midi, à peine l'Undaunted qui l'emportait avait-il levé l'ancre, qu'il trahissait, malgré lui, à bord du navire, ses secrets sentiments.
"En vain, écrivait alors Campbell, répéte-t-il qu'il n'aspire plus qu'à finir ses jours à l'île d'Elbe, dans le culte des arts et des sciences. Il laisse fréquemment percer les signes de son besoin d'activité et son espérance intime qu'une occasion s'offrira à lui d'exercer son ambition. Il se montre persuadé que la plus grande partie de la France lui est demeurée favorable. Les Bourbons, dit-il, et les grands seigneurs ne songent qu'à la joie d'avoir retrouvé leurs terres et leurs châteaux. Mais si le peuple est mécontent d'eux, il les chassera avant six mois."

Une autre preuve de la pensée préconçue qu'il reviendrait, fut ce choix même que, lors de l'abdication, il fit de l'île d'Elbe.
Cette mauvaise "petite bicoque", comme il appelait l'île dans ses moments d'humeur ou de sincérité, on ne la lui avait pas imposée. On lui avait même offert la Corse. Il l'a toujours dit et ce n'est point invraisemblable.
Il était naturel que l'on rendit "l'ogre" à son antre, le Minotaure au pays qui l'avait produit. C'est lui qui l'avait refusée.
Pourquoi donc, alors que ses compatriotes l'eussent accueilli avec transports et porté sur le pavois ?
S'il avait choisi Elbe, c'était justement parce que cette Corse plus vaste lui était inutile. Souveraineté réelle, elle représentait cette stabilité définitive à laquelle il ne voulait pas songer. Elle représentait l'acceptation du fait accompli, l'engloutissement moral de l'avenir, la séparation d'avec le monde dans le fouillis de ses maquis.
Elbe, au contraire, représentait une étape passagère, où rien ne le détournerait de son but, un pied à terre transitoire d'où il voyait le continent par sa fenêtre, d'où, comme il l'a avoué avec franchise "il pouvait surveiller la France et les Bourbons" et, pour ce retour plein d'aléas, connaître au mieux et saisir l'heure propice.
Car ce retour qu'il désirait, ne dépendait pas de lui, mais des événements.
Il s'en rendait compte et ne s'aveuglait pas sur la situation : "Les Bourbons, a-t-il dit, ont eu ma conduite à leur disposition. S'ils comprenaient qu'il fallait recommencer une nouvelle dynastie et non pas continuer l'ancienne, je n'avais plus rien à faire, ma mission politique était terminée. Je demeurais à l'île d'Elbe. Mais leur entourage, une fausse marche, m'ont rendu désirable. Ce sont eux qui ont réhabilité ma popularité et prononcé mon départ. On m'objectera que le Congrès de Vienne m'aurait enlevé de mon île et je conviens que cette circonstance a hâté mon retour. Mais, si la France eût été bien gouvernée, mon influence était finie et l'on n'eût point songé à me déplacer. C'est ce qui se passait à Paris qui a fait songer à mon éloignement et qui a tout entraîné."

Interpellant, n'est-ce pas ? :4:


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