Drôle d'interrogatoire...

Les Totalitarismes à l'assaut de l'Europe !

Drôle d'interrogatoire...

Message par BRH » Mercredi 04 Juin 2008 20:20:54

Information
Interrogatoire de l’accusé
Christian Georgievitch Rakovsky
Par Gavriil Gavriilovitch Kus’min
Le 26 janvier 1938

Gavriil G. Kus’min – Selon notre accord de Lubianka, j’ai demandé une dernière chance pour vous. Votre présence dans cette maison indique que j’y suis parvenu. Voyons si vous ne nous décevrez pas.

Christian G. Rakovsky – Je ne le souhaite pas et ne le dois pas

G – Mais d’abord un avertissement bien fondé. Maintenant nous abordons la vraie vérité. Pas la vérité « officielle » qui figure au procès à la lumière des confessions de l’accusé… C’est quelque chose qui, comme vous le savez, est grandement sujet à des considérations pratiques ou à des « considérations d’Etat » comme ils diraient en Occident. Les exigences de la politique internationale nous forcera à cacher l’entière vérité, la « vérité vraie »… Quel que soit le déroulement du procès, mais nous diront aux peuples et aux gouvernements seulement ce qu’ils doivent savoir. Mais lui qui doit tout savoir, Staline, doit aussi savoir ceci. Donc quelques que soient vos paroles ici, cela ne peut pas empirer votre situation. Vous devez savoir qu’elles n’aggraveront pas votre crime mais, au contraire, elles peuvent donner les résultats voulus en votre faveur. Vous pourrez sauver votre vie qui est actuellement déjà perdue. Alors maintenant que je vous ais dit cela, maintenant voyons… vous admettrez que vous êtes des espions d’Hitler, recevez des gages de la Gestapo et de l’OKW [Oberkommando der Wehrmacht, Commandement suprême de l’armée allemande] N’est-ce pas cela ?

R – si

G – Et vous êtes un espion d’Hitler ?

R – Oui

G – Non, Rakovsky, non. Dites la vraie vérité, pas celle des débats de la cour.

R – Nous ne sommes pas des espions d’Hitler, nous haïssons Hitler comme vous pouvez le haïr, comme Staline peut le haïr ; peut-être même plus mais c’est une question très complexe.

G – Je vais vous aider… Par chance, je sais aussi une ou deux choses. Vous les Trotskistes aviez des contacts avec les états majors allemands. N’est-ce pas ?

R – Oui

G – Depuis quelle période ?

R – Je ne connais pas la date exacte mais peu après la chute de Trotski. Bien sûr avant qu’Hitler ne vienne au pouvoir.

G – Donc, soyons exact : vous n’étiez ni les espions d’Hitler ni de son régime.

R – Exactement. Nous l’étions déjà avant.

G – Et dans quel but ? Dans le but de donner la victoire à l’Allemagne et des territoires russes ?

R – Non, en aucun cas.

G – Donc, comme des espions ordinaires, pour l’argent ?

R – Pour l’argent ? Personne n’a reçu un seul Mark de l’Allemagne. Hitler n’a pas assez d’argent pour acheter, par exemple, le Commissaire aux Affaires Etrangères de l’Urss qui a à sa disposition librement un budget plus grand que les richesses de Morgan et Vanderbilt et qui n’a aucun compte à rendre sur l’utilisation de l’argent.

G – Bien, alors pour quelle raison ?

R – Puis-je parler assez librement ?

G – Oui, je vous le demande ; vous avez été invité pour cela.

R – Lénine n’avait-il pas de buts plus élevés lorsqu’il a reçu l’aide de l’Allemagne pour entrer en Russie ? Et est-il nécessaire de tenir pour vraies ces inventions diffamatoires qui ont circulé pour l’accuser ? Ne le traitait on pas aussi d’espion du Kaiser ? Ses relations avec l’Empereur et l’intervention allemande dans l’affaire de l’envoi en Russie des destroyers bolcheviques sont assez claires.

G – Que cela soit vrai ou non n’a aucun rapport avec la question présente.

R – Non, permettez moi de finir. N’est-il pas un fait que l’activité de Lénine était au début avantageuse pour les troupes allemandes ? Permettez moi… Il y avait la paix séparée de Brest-Litovsk où d’énormes territoires de l’URSS étaient cédés à l’Allemagne. Qui a déclaré la défaite en tant qu’arme des Bolcheviques en 1913 ? Lénine. Je connais par cœur les mots de sa lettre à Gorky : « La guerre entre l’Autriche et la Russie serait une chose plus utile pour la révolution mais il est difficilement possible que Francis-Joseph et Nicolas nous présentent cette opportunité. ». Comme vous voyez, nous, les soi-disant Trotskistes, les inventeurs de la défaite de 1905, continuons au stade actuel sur la même ligne, la ligne de Lénine.

G – Avec une petite différence Rakovsky, à présent il y a le socialisme en URSS pas le Tsar.

R – Vous croyez ça ?

G – Quoi ?

R – A l’existence du socialisme en URSS ?

G – Est-ce que l’Union Soviétique n’est pas socialiste ?

R – Pour moi, seulement de nom. C’est juste là que nous trouvons la vraie raison de l’opposition. Soyez d’accord avec moi, et par la force de la pure logique vous devez l’être, que théoriquement, rationnellement, nous avons le même droit de dire non, comme Staline peut dire oui. Et si pour le triomphe du communisme la défaite peut être justifiée, alors celui qui considère que le communisme a été détruit par le bonapartisme de Staline et qu’il l’a trahi, a le même droit que Lénine de devenir défaitiste.

G – Je pense, Rakovsky, que vous théorisez grâce à votre façon de faire un large usage de la dialectique. Il est clair que si d’autres personnes étaient présentes ici, je le prouverais. Très bien, j’accepte votre argument comme le seul possible dans votre position mais néanmoins je pense que je pourrais vous prouver que ce n’est rien d’autre qu’un sophisme. Mais remettons ça à une autre fois, un jour viendra. Et j’espère que vous me donnerez une chance de répondre. Mais pour le moment je dois juste dire ceci : si votre défaitisme et la défaite de l’URSS ont pour objectif la restauration du socialisme en URSS, du vrai socialisme selon vous, le trotskisme donc, dans la mesure où nous avons détruits leur leaders et leurs cadres, le défaitisme et la défaite de l’URSS n’a ni objet ni aucun sens. Suite à une défaite actuelle, il y aurait l’intronisation d’un Führer ou d’un Tsar fasciste. N’est-ce pas ?

R – C’est vrai. Sans flatterie de ma part, votre déduction est splendide.

G – Bien, si comme je le suppose vous dites cela sincèrement alors nous avons accompli beaucoup de choses : je suis staliniste et vous trotskiste ; nous avons réussi l’impossible. Nous avons atteint le point où nos points de vue coïncident. La coïncidence réside dans le fait qu’actuellement l’URSS ne doit pas être détruite.

R – Je dois confesser que je ne m’attendais pas à affronter une personne si intelligente. En fait, à la période actuelle et pour des années nous ne pouvons pas penser à la défaite de l’URSS et la provoquer, comme on sait maintenant que nous sommes dans une telle position, que nous ne pouvons pas prendre le pouvoir. Nous, les communistes, n’en tirerions aucun profit. C’est exact et cela concorde avec votre vue. Nous n’avons pas intérêt maintenant à l’effondrement de l’état staliniste ; je dis cela et en même temps j’affirme que cet état, mis à part tout ce qui a été dit, est anti-communiste. Vous voyez que je suis sincère.

G – Je vois ça. C’est la seule voie que nous puissions accepter. Je voudrais vous demander, avant de continuer, de m’expliquer ce qui me semble être une contradiction : si l’Etat soviétique est anticommuniste pour vous, alors pourquoi ne souhaiteriez vous pas sa destruction en ce moment. Quelqu’un d’autre pourrait être moins anticommuniste et il y aurait donc moins d’obstacle à la restauration de votre pur communisme.

R – Non, non, cette déduction est trop simple. Quoique le bonapartisme staliniste s’oppose aussi au communisme comme le napoléonien s’opposait à la révolution, mais il est clair que, néanmoins, l’URSS continue à préserver son dogme et sa forme communistes ; c’est formel et pas du vrai communisme. Et donc, comme la disparition de Trotski a donné à Staline la possibilité de transformer automatiquement le vrai communisme en un communisme formel, alors également la disparition de Staline nous permettra de transformer son communisme formel en vrai communisme. Une heure nous suffirait. Vous m’avez compris ?

G – Oui, bien sûr ; vous nous avez dit la vérité classique selon laquelle personne ne détruit ce dont il veut hériter. Très bien ; tout le reste est de l’agilité sophistique. Vous vous reposez sur une affirmation qui peut être facilement réfutée : l’affirmation de l’anticommunisme de Staline. Y a-t-il la propriété privée en URSS ? Y a-t-il du profit personnel ? Des classes ? Je ne dois pas continuer à me baser sur des faits, pour quoi ?

R – J’ai déjà dit que j’étais d’accord qu’il existe un communisme formel. Tout ce que vous énumérez sont seulement des formes.

G – Oui ? Dans quel but ? Par simple obstination ?

R – Bien sûr que non. C’est une nécessité. Il est impossible d’éliminer l’évolution matérialiste de l’histoire. Le mieux que l’on puisse faire est de la retarder. Et à quel prix ? Au coût de son acceptation théorique afin de la détruire en pratique. La force qui attire l’humanité vers le communisme est si insurmontable que la même force, mais déformée, opposée à elle-même, ne peut atteindre qu’un ralentissement de son développement ; plus exactement, ralentir le progrès de la révolution permanente.

G – Un exemple ?

R – Le plus évident, avec Hitler. Il avait besoin du socialisme pour la victoire sur le socialisme : c’est ça son socialisme très antisocialiste qu’est le national socialisme. Staline a besoin du communisme pour vaincre le communisme. Le parallèle est évident. Mais en dépit de l’antisocialisme d’Hitler et de l’anticommunisme de Staline, les deux, à leur regret et contre leur volonté, créent de manière transcendantale le socialisme et le communisme… eux et bien d’autres. Qu’ils le veuillent ou non, qu’ils le sachent ou non, ils créent du socialisme et du communisme formels, dont nous, les communistes marxistes, devons hériter inévitablement.

G – Hériter ? Qui hérite ? Le trotskisme est complètement liquidé.

R – Bien que vous le disiez, vous n’y croyez pas. Quelle que soit l’importance de ces liquidations, nous les communistes leur survivrons. Le long bras de Staline et sa police ne peuvent pas atteindre tous les communistes.

G – Rakovsky, je vous demande, et vous l’ordonne si nécessaire, de réfréner vos allusions offensives. N’allez pas trop loin en profitant de votre « immunité diplomatique ».

R – Ai-je des lettres de créance ? De qui suis-je l’ambassadeur ?

G – Précisément de cet inatteignable trotskisme, si nous sommes d’accord pour l’appeler ainsi.

R – Je ne peux pas être un diplomate du trotskisme auquel vous faites allusion. On ne m’a pas donné le droit de le représenter et je n’ai pas endossé ce rôle moi-même. Vous me l’avez attribué.

G – Je commence à vous croire. Je prends note en votre faveur qu’à mon allusion sur ce trotskisme vous ne l’avez pas nié. C’est déjà un bon début.

R – Mais comment puis je le nier ? Après tout, je l’ai mentionné moi-même.

G – Dans la mesure où nous avons reconnu l’existence de ce trotskisme spécial d’un mutuel accord, je veux que vous me donniez des faits précis qui sont nécessaires à l’enquête sur cette coïncidence.

R – Oui, je dois pouvoir mentionner ce que vous considérez nécessaire de savoir et je dois le faire de ma propre initiative, mais je ne peux pas affirmer que c’est toujours « leur » façon de penser.

G – Oui, je dois en tenir compte.

R – Nous sommes d’accord qu’en ce moment l’opposition n’est pas intéressée par la défaite et la chute de Staline dans la mesure où nous n’avons pas la possibilité physique de prendre sa place. Là-dessus nous sommes tous les deux d’accord. Maintenant c’est un fait incontestable. Cependant, il existe un agresseur possible. Voilà ce grand nihiliste d’Hitler qui pointe son arme terrible de la Wehrmacht à l’horizon. Que nous le voulions ou non, l’utilisera t’il contre l’URSS ? Accordons nous que c’est une inconnue décisive, considérez vous que le problème a été correctement posé ?

G – Il a été bien posé. Mais je peux dire que pour moi il n’y a pas d’inconnue. Je considère que l’attaque de l’URSS par Hitler est inévitable.

R – Pourquoi ?

G – Très simple. Parce que lui, qui la contrôle, est enclin aux attaques. Hitler n’est que le condottière du capitalisme international.

R – Je suis d’accord qu’il y a un risque mais de là à affirmer sur cette base qu’une attaque de l’URSS est inévitable, il y a un fossé.

G – L’attaque de l’URSS est déterminée par l’essence même du fascisme. De plus, il y est forcé par tous ces états capitalistes qui lui ont permis de se réarmer et d’avoir les bases stratégiques et économiques nécessaires. C’est assez évident.

R – Vous oubliez quelque chose de très important. Le réarmement d’Hitler et l’aide qu’il a reçue actuellement des nations de Versailles (notez bien cela), il l’a reçue pendant une période spéciale quand nous pouvions encore devenir les héritiers de Staline en cas de défaite, quand l’opposition existait encore… Considérez vous ce fait comme un hasard ou une simple coïncidence ?

G – Je ne vois aucune connexion entre l’autorisation des puissances de Versailles du réarmement allemand et l’existence de l’opposition… L’itinéraire de l’hitlérisme est en lui-même clair et logique. L’attaque de l’URSS faisait partie de son programme depuis longtemps déjà. La destruction du communisme et l’expansion vers l’est, voilà des dogmes de « Mein Kampf », ce talmud du national socialisme… mais que vos défaitistes voulaient tirer profit de cette menace à l’URSS, c’est bien sûr, en accord avec votre façon de penser.

R – Oui, à première vue, cela paraît naturel et logique, trop logique et naturel pour la vérité.

G – Pour éviter cet évènement, de sorte qu’Hitler ne nous attaque pas, nous aurions dû nous investir d’une alliance avec la France… mais cela aurait été naïf. Cela voudrait dire que nous croyons que le capitalisme voudrait faire des sacrifices dans l’intérêt de sauver le communisme.

R – Si nous devons continuer la discussion sur la base de ces conceptions qui sont utilisées lors des grands rassemblements, alors vous avez raison. Mais si vous êtes sincère en disant cela, pardonnez moi, je suis déçu ; je pensais que les politiques de la fameuse police staliniste étaient d’un meilleur niveau.

G – L’attaque hitlérienne est, de plus, une nécessité dialectique ; c’est la même que la lutte inévitable des classes au plan international. A côté d’Hitler, inévitablement, il y aura le capitalisme mondial dans sa globalité.

R – Et c’est ainsi, croyez moi, à la lumière de votre dialectique scolastique, que je me suis forgé une opinion très négative sur la politique culturelle du stalinisme. J’écoute vos paroles comme Einstein pourrait écouter un écolier parler de physique en 4 dimensions. Je vois que vous êtes seulement au courant du marxisme élémentaire, c’est-à-dire celui qui est populaire et démagogique.

G – Si votre exposé ne sera pas trop long et compliqué, je vous serais reconnaissant de cette explication sur cette « relativité » ou « quantum » du marxisme.

R – Il n’y a aucune ironie, je parle avec les meilleures intentions… Dans ce même marxisme élémentaire que l’on enseigne même dans votre université stalinienne, vous pouvez trouver la déclaration qui contredit la thèse entière de l’inévitabilité de l’attaque hitlérienne de l’URSS. On vous apprend aussi que la pierre angulaire du marxisme est l’affirmation que, soi-disant, les contradictions sont la maladie mortelle et incurable du capitalisme… N’est-ce pas ainsi ?

G – Si, bien sûr.

R – Mais si les choses sont en fait telles, que nous accusons le capitalisme d’être imbu de contradictions capitalistes continuelles dans la sphère de l’économie, alors pourquoi devrait il nécessairement en souffrir également en politique ? La politique et l’économie n’ont pas d’importance en elles-mêmes. C’est un état ou une mesure de l’essence sociale, mais les contradictions surviennent dans la sphère sociale et sont reflétées simultanément dans les sphères politiques et économiques ou dans les deux à la fois. Il serait absurde de présumer la faillibilité en économie et simultanément l’infaillibilité en politique – ce qui est essentiel pour qu’une attaque de l’URSS devienne inévitable – selon votre postulat, absolument essentiel.

G – Cela signifie que vous reposez tout sur les contradictions, la fatalité et l’inévitabilité des erreurs qui doivent être commises par la bourgeoisie, ce qui empêchera Hitler d’attaquer l’URSS. Je suis marxiste, Rakovsky, mais ici, entre nous, pour ne pas fournir de prétexte à la colère d’un seul activiste, je vous dis qu’avec toute ma foi en Marx, je ne croirai pas que l’URSS existe grâce aux erreurs de ses ennemis… Et je pense que Staline partage la même opinion.

R – Mais je le pense… ne me regardez pas comme ça, je ne plaisante pas et ne suis pas fou.

G – Permettez moi au moins d’en douter jusqu’à ce que vous prouviez vos assertions.

R – Voyez vous maintenant que j’avais des raisons de qualifier votre culture marxiste de douteuse ? Vos arguments et vos réactions sont les mêmes que n’importe quel activiste de base.

G – Et ils ont tort ?

R – Oui, elles sont correctes pour un petit administrateur, un bureaucrate et pour la masse. Elles conviennent au combattant moyen…. Ils doivent croire et répéter tout comme cela a été écrit. Ecoutez moi de façon tout à fait confidentielle. Avec le marxisme vous obtenez le même résultat qu’avec les anciennes religions ésotériques. Leurs adeptes devaient savoir uniquement ce qui était le plus élémentaire et primitif dans la mesure où c’est cela qui a provoqué leur foi, ce qui est absolument essentiel, à la fois pour la religion et l’oeuvre de révolution.

G – Voulez vous maintenant m’ouvrir au marxisme mystique, quelque chose comme un genre de franc maçonnerie ?

R – Non, pas d’ésotérisme. Au contraire, je dois l’expliquer avec un maximum de clarté. Le Marxisme, avant d’être un système philosophique, économique et politique est une conspiration pour la révolution. Et comme pour nous la révolution est la seule réalité absolue, il s’ensuit que la philosophie, l’économie et la politique ne sont vraies que dans la mesure où elles mènent à la révolution. La vérité fondamentale (appelons la, subjective) n’existe pas en économie, en politique ou même en morale : à la lumière de l’abstraction scientifique elle est soit vraie, soit fausse. Mais pour nous, qui sommes soumis à la dialectique révolutionnaire, il n’y a que la vérité. Et dans la mesure où pour nous, qui sommes soumis à la dialectique révolutionnaire, il n’y a que la vérité et donc la seule vérité, alors cela doit être ainsi pour tous ce qui est révolutionnaire et ainsi cela l’était pour Marx. Nous devons agir selon cela. Rappelez vous la phrase de Lénine en réponse à quelqu’un qui avait démontré au moyen d’arguments que, soi-disant, son intention contredisait la réalité : « Je sens que c’est vrai » fut sa réponse. Pensez vous que Lénine parlait de façon insensée ? Non, pour lui chaque réalité, chaque vérité était relative face à la seule et absolue : la révolution. Marx était un génie. Si ces travaux s’étaient soldés uniquement par une profonde critique du capitalisme, alors même cela aurait été un travail scientifique sans égal. Mais aux endroits où ses écrits atteignent le niveau de maîtrise, vient l’effet d’un travail apparemment ironique. « Le communisme » dit-il « doit gagner car le capital lui donnera cette victoire bien qu’étant son ennemi ». Telle est la thèse magistrale de Marx…
Pourrait-il y avoir de plus grande ironie ? Et alors, afin qu’il soit cru, il lui a suffit de dépersonnaliser le capitalisme et le communisme en ayant transformé l’individu humain en individu pensant consciemment. Ce qu’il fit avec le talent extraordinaire d’un jongleur. Telle était sa méthode rusée, pour démontrer aux capitalistes qu’il y a une réalité du capitalisme et que le communisme peut triompher à la suite de l’idiotie congénitale. Puisque sans la présence de l’idiotie immortelle de l’homo economico, il ne pourrait germer en lui des contradictions continuelles, comme l’a proclamé Marx. Pouvoir atteindre la transformation de l’homo sapiens en homo stultum, c’est posséder la force magique capable de rabaisser l’homme au premier stade de l’échelle zoologique, c'est-à-dire au niveau de l’animal. Seulement s’il y a l’homo stultum à l’époque de l’apogée du capitalisme, Marx peut formuler sa proposition axiomatique : les contradictions plus le temps égalent le communisme. Croyez moi, quand vous êtes initiés à cela, que vous contemplez le portrait de Marx, par exemple celui au-dessus de l’entrée principale de Lubianka, alors vous ne pouvez pas empêcher l’explosion intérieure des rires dont Marx vous a infecté. Nous voyons comment Marx rit dans sa barbe au nez de l’humanité.

G – Et vous êtes encore capable de rire du scientifique de l’époque le plus respecté ?

R – Ridicule, moi ?... C’est la plus grande admiration ! Pour que Marx puisse décevoir tant d’hommes de science, il était essentiel qu’il les domine tous. Bien, pour porter des jugements sur Marx dans toute sa grandeur, nous devons considérer le Marx réel, Marx le révolutionnaire, Marx jugé par son manifeste. Cela veut dire Marx le conspirateur comme durant sa vie la révolution était une des conditions de la conspiration. Ca n’est pas pour rien que la révolution est redevable pour son développement et ses victoires récentes de ces conspirateurs.

G – Donc vous niez l’existence du processus dialectique des contradictions dans le capitalisme qui mène au triomphe final du communisme ?

R – Vous pouvez être sûr que si Marx croyait que le communisme parviendrai à la victoire uniquement grâce aux contradictions du capitalisme alors il n’aurait jamais, pas une seule fois, mentionné ces contradictions dans les milliers de pages de son travail scientifique révolutionnaire. Tel était l’impératif catégorique de la nature réaliste de Marx. Pas la scientifique, mais la révolutionnaire. Le révolutionnaire ou le conspirateur ne révélera jamais à son ennemi le secret de son triomphe… Il ne donnerait jamais l’information ; il fournirait de la désinformation que vous utilisez en contre-conspiration. N’est-ce pas ainsi ?

G – Toutefois, à la fin nous avons abouti à la conclusion (selon vous) qu’il n’y a pas de contradictions dans le capitalisme et si Marx en parle c’est seulement une méthode stratégique révolutionnaire. C’est ça ? Mais les contradictions colossales et toujours croissantes du capitalisme sont visibles. Alors nous en arrivons à la conclusion que Marx, en ayant menti, a dit la vérité.

R – Vous êtes un dangereux dialecticien quand vous détruisez les freins du dogmatisme scolastique et donnez libre cours à votre propre inventivité. C’est ainsi, Marx disait la vérité quand il mentait. Il mentait quand il induisait en erreur en ayant défini les contradictions comme étant continuelles dans l’histoire de l’économie du capital et les définissait comme « naturelles » et « inévitables ». Mais en même temps, il établissait la vérité car il savait que les contradictions seraient crées et grandiraient dans une progression croissante jusqu’à atteindre leur apogée.

G – Cela veut dire qu’avec vous il y a une antithèse ?

R – Il n’y a pas d’antithèse ici. Marx trompe pour des raisons tactiques sur l’origine des contradictions dans le capitalisme mais pas sur leur réalité évidente. Marx savait comment elles avaient été créées, comment elles sont devenues plus vives et comment les choses ont abouti à l’anarchie générale dans la production capitaliste, ce qui est arrivé avant le triomphe de la révolution communiste… Il savait que cela arriverait car il connaissait ceux qui ont créé les contradictions.

G – C’est une nouvelle et une révélation très étrange, cette affirmation et l’exposé des circonstances qui mènent le capitalisme à son « suicide », selon l’expression bien choisie de l’économiste bourgeois Schmalenbach, à l’appui de Marx, que ce n’est pas l’essence et la loi innée du capitalisme. Mais ça m’intéresse de savoir si nous parviendrons au personnel par cette voie ?

R – Ne l’avez-vous pas ressenti intuitivement ? N’avez-vous pas remarqué comment chez Marx les mots contredisaient les actes ? Il déclare la nécessité et l’inévitabilité des contradictions du capitalisme en prouvant l’existence de la valeur excédentaire et de l’accumulation, c’est-à-dire qu’il prouve ce qui existe réellement. Il invente habilement la proposition qu’à une plus grande concentration de moyens de production correspond une plus grande masse de prolétariat, une plus grande force pour la construction du communisme, n’est-ce pas ? Maintenant, continuons : en même temps que cette affirmation il trouve l’Internationale. Déjà, l’Internationale est, dans l’œuvre de la lutte quotidienne des classes, une « réformiste », c’est-à-dire une organisation dont le but est la limitation de la valeur excédentaire et, si possible, son élimination. Pour cette raison, objectivement, l’Internationale est une organisation contre-révolutionnaire et anticommuniste, en accord avec la théorie de Marx.

G – Maintenant Marx est contre-révolutionnaire et anticommuniste.

R – Bien, maintenant vous voyez comment on peut utiliser la culture marxiste originelle. On ne peut que décrire l’Internationale comme contre-révolutionnaire et anticommuniste, avec exactitude logique et scientifique, si on ne voit dans les faits rien de plus que le résultat directement visible, et dans les textes seulement la lettre. On en arrive à de telles conclusions absurdes alors qu’elles semblent être évidentes, quand on oublie que les mots et les faits dans le marxisme sont soumis aux règles stricts de la science la plus élevée : les lois de la conspiration et de la révolution.

G – En arriverons nous jamais aux conclusions finales ?

R – Dans un moment. Si la lutte des classes dans la sphère économique s’avère être réformiste à la lumière de ses premiers résultats, et pour cette raison contredit les présuppositions théoriques, ce qui détermine l’établissement du communisme, alors, c’est, en son sens vrai et réel, purement révolutionnaire. Mais je le répète encore : c’est soumis aux lois de la conspiration qui mènent à cacher et à dissimuler ses vrais buts… La limitation de la valeur excédentaire et donc aussi des accumulations comme conséquence de la lutte des classes, c’est juste une affaire d’apparence, une illusion pour stimuler le mouvement révolutionnaire de base des masses. Une grève est déjà une tentative de mobilisation révolutionnaire. Indépendamment de si elle réussit ou pas, son effet économique est anarchique. Comme résultat, cette méthode pour l’amélioration de la position économique d’une classe provoque l’appauvrissement de l’économie en général. Quels que soient l’ampleur et les résultats de la grève, cela causera toujours une réduction de production. Le résultat général : plus de pauvreté, ce dont la classe ouvrière ne peut se débarrasser. C’est déjà quelque chose. Mais ce n’est pas le seul résultat et pas le plus important. Comme nous le savons, le seul but de toute lutte dans la sphère économique est de gagner plus et travailler moins. Voici l’absurdité économique, mais selon notre terminologie, voici la contradiction qui n’a pas été remarquée par les masses qui sont aveuglés, à un moment donné, par une augmentation de salaire. Augmentation qui est annulée en même temps par une augmentation des prix. Et si les prix sont limités par l’action gouvernementale alors la même chose se produit, c’est-à-dire une contradiction entre le désir de dépenser plus, produire moins, qui est qualifiée ici d’inflation monétaire. Et ainsi on obtient un cercle vicieux : grève, faim, inflation, faim.

G – Sauf quand la grève a lieu aux frais de la valeur excédentaire du capitalisme.

R – Théorie, pure théorie. Parlons entre nous, prenez n’importe quel manuel annuel concernant l’économie de n’importe quel pays et divisez les loyers et le revenu total par tous ceux qui reçoivent un salaire et vous verrez émerger un résultat extraordinaire. Ce résultat est le fait le plus contre-révolutionnaire qui soit et nous devons le garder secret. C’est parce que si vous déduisez du dividende théorique les salaires et les dépenses des directeurs, ce qui serait la conséquence de l’abolition de la propriété, alors presque toujours il reste un dividende qui est un débit pour le prolétariat. En réalité, toujours un débit si nous considérons aussi la réduction du volume et de la qualité de production. Comme vous le voyez maintenant, un appel à la grève comme moyen de parvenir à une amélioration rapide du bien-être du prolétariat, est juste une excuse. Une excuse nécessaire pour le forcer à saboter la production capitaliste. Donc, aux contradictions du système bourgeois sont ajoutées les contradictions du prolétariat. C’est la double arme de la révolution et elle, c’est évident, ne surgit pas d’elle-même : il existe une organisation, des chefs, de la discipline et par-dessus tout de la stupidité. Ne suspectez vous pas que les contradictions très remarquées du capitalisme, et en particuliers les financières, soient aussi organisées par quelqu’un ?... Comme base pour ces déductions, je dois vous rappeler que dans sa lutte économique, l’Internationale prolétarienne s’accorde avec l’Internationale financière puisque les deux produisent l’inflation et partout où il y a coïncidence alors, on doit supposer qu’ il y a aussi accord. Voici ses propres mots.

G – Je suspecte ici une énorme absurdité ou l’intention de tisser un nouveau paradoxe, ce que je ne veux pas imaginer. On dirait que vous voulez faire allusion à l’existence de quelque chose comme une seconde Internationale communiste capitaliste, bien sûr une ennemie.

R – Exactement ça. Quand j’ai parlé de l’Internationale financière, j’y pensais comme à un Comintern mais en ayant admis l’existence du « Comintern », je ne dirais pas que ce sont des ennemis.

G – Si vous voulez nous faire perdre du temps avec des inventions et des fantasmes, je dois vous dire que vous avez choisi le mauvais moment.

R – En passant, présumez vous que je suis comme la courtisane des « Milles et une Nuits » qui usait de son imagination la nuit pour se sauver… Non, si vous pensez que je m’écarte du sujet, vous avez tort. Pour parvenir à ce que nous avons défini comme but, je dois, pour y arriver, vous éclairer d’abord sur des affaires des plus importantes en gardant à l’esprit votre manque de connaissance générale sur ce que j’appellerais le « plus grand marxisme ». Je n’ose pas éluder ces explications car je sais qu’il existe un tel manque de connaissance au Kremlin… Permettez moi de continuer.

G – Vous pouvez continuer. Mais il est vrai que s’il s’avérait que tout ceci ne soit qu’une perte de temps pour exciter l’imagination, alors cet amusement aurait un bien triste épilogue. Je vous avertis.

R – Je continue comme si je n’avais rien entendu. Dans la mesure où vous êtes un scolastique en relation avec le capital et que je veux réveiller vos talents inductifs, je dois vous rappeler certaines choses très curieuses. Notez avec quelle pénétration Marx en arrive à ses conclusions à partir de l’existence de l’industrie primitive britannique, concernant ses conséquences. C’est-à-dire à l’industrie colossale contemporaine : comment il l’analyse et la critique ; quel image répugnante il donne du fabricant. Dans votre imagination et celle des masses, cela génère la terrible image du capitalisme dans sa concrétisation humaine : un gros fabricant bedonnant un cigare à la bouche, comme décrit par Marx, jetant la femme et la fille de l’ouvrier sur le trottoir avec autosatisfaction et colère. N’est-ce pas ? En même temps rappelez vous la modération de Marx et son orthodoxie bourgeoise quand il étudiait la question de l’argent. Au sujet de l’argent on ne voit pas apparaître avec lui ses fameuses contradictions. Les finances n’existent pas pour lui comme une chose importante en elles-mêmes ; les échanges et la circulation des monnaies sont le résultat du maudit système de production capitaliste qui les soumet à lui-même et les détermine entièrement. Au sujet de l’argent, Marx est réactionnaire ; à son immense surprise, il l’était. Gardez à l’esprit « l’étoile à cinq branches » comme la soviétique qui brille sur toute l’Europe, l’étoile composée des 5 frères Rothschild avec leurs banques qui possèdent des tas de richesses colossales. La plus grande jamais connue… Et ainsi ce fait, si colossal qu’il a trompé l’imagination des gens de cette époque, passe inaperçu avec Marx. Quelque chose d’étrange, n’est-ce pas ? Il est possible que de cette étrange cécité de Marx surgisse un phénomène qui soit commun à toutes les futures révolutions sociales. C’est cela : nous pouvons tous confirmer que quand les masses prennent possession d’une ville ou d’une région, alors elles semblent toujours saisies d’une sorte de peur superstitieuse des banques et des banquiers. On a tué des rois, des généraux, des évêques, des policiers, des prêtres et autres représentants des classes privilégiées haïes. On a pillé et brûlé des palaces, des églises et même des centres scientifiques mais bien que les révolutions étaient économiques et sociales, les vies des banquiers étaient respectées et par conséquent les magnifiques bâtiments des banques sont restés intacts… Selon mes informations, avant que je ne sois arrêté, cela continue même maintenant…

G – Où ?

R – En Espagne… Vous ne le savez pas ? Comme vous le demandez, alors dites moi maintenant : ne trouvez vous pas tout cela étrange ? Pensez, la police… Je ne sais pas, avez-vous fait attention à l’étrange similitude qui existe entre l’Internationale financière et l’Internationale prolétarienne. Je dirais que l’une est le revers de l’autre et l’envers est que la prolétarienne est plus moderne que la financière.

G – Où voyez vous des similitudes dans des choses si opposées ?

R – Objectivement, elles sont identiques. Comme je l’ai prouvé, le Comintern, égalé, doublé par le mouvement réformiste et le monde du syndicalisme, met en avant l’anarchie de la production, l’inflation, la pauvreté et le désespoir des masses. Les finances, surtout l’internationale financière, doublée, consciemment ou inconsciemment, par les finances privées crée les même contradictions mais en encore plus grand nombre… Maintenant nous pouvons déjà deviner les raisons pour lesquelles Marx a di3simulé les contradictions financières qui ne pourraient être restées soustraites à son regard pénétrant, si les finances n’avaient pas un allié, son influence – objectivement révolutionnaire – était déjà alors extraordinairement importante.

G – Une coïncidence inconsciente mais pas une alliance qui présuppose l’intelligence, la volonté et l’accord…

R – Abandonnons ce point de vue si vous préférez. Maintenant abordons plutôt l’analyse subjective des finances et même plus : voyons quelle sorte de gens y travaille personnellement. L’essence internationale de la monnaie est bien connue. De ce fait émerge que l’organisation qui la détient et l’accumule est une organisation cosmopolite. Les finances à leur apogée – comme un but en elles-mêmes, l’Internationale financière – nient et ne reconnaissent rien de national, ils ne reconnaissent pas l’Etat et donc elles sont anarchiques et seraient absolument anarchique si – le denier de tout état national – n’était pas lui-même par nécessité un Etat dans sa propre essence de base. Un tel Etat n’est que pouvoir. Et l’argent est exclusivement pouvoir. Ce super état communiste que nous créons déjà depuis un siècle entier est le plan de l’Internationale de Marx. Analysez le et vous verrez son essence. Le système de l’Internationale est son prototype de l’URSS, c’est aussi du pur pouvoir. La similitude de base entre les deux créations est absolue. C’est quelque chose de fatal, inévitable puisque les personnalités des auteurs des deux sont identiques. Le financier est aussi international que le communiste. Les deux, avec l’aide de différents prétextes et différents moyens luttent contre l’Etat bourgeois national et le nient. Le marxisme afin de le transformer en état communiste. De là vient que le marxiste doit être internationaliste ; le financier nie l’Etat national bourgeois et son déni finit en lui-même. En fait, il ne se manifeste pas comme un internationaliste mais comme un anarchiste cosmopolite. C’est son apparence à une étape donnée mais voyons ce qu’il est vraiment et ce qu’il veut être. Comme vous le voyez, dans le refus il y a une nette similitude entre les internationalistes communistes et les cosmopolites financiers. Par conséquence naturelle, il y a la même similitude entre l’Internationale communiste et l’Internationale financière…

G – C’est une similitude de hasard subjectivement et d’objectif en contradictions mais on l’a facilement diminué et ayant peu de signification, c’est ce qui est le plus radical et existant en réalité.

R – Permettez moi de ne pas répondre maintenant pour ne pas interrompre la séquence logique… Je veux seulement décoder l’axiome de base : l’argent est le pouvoir. L’argent est aujourd’hui le centre de gravité mondial. J’espère que vous êtes d’accord ?

G – Continuez Rakovsky, je vous en prie.

R – La compréhension de la manière dont l’Internationale financière est graduellement, jusqu’à notre époque, devenue le maître de l’argent, ce talisman magique, qui est devenu pour les gens ce qu’étaient autrefois dieu et la nation, est quelque chose qui surpasse en intérêt scientifique l’art même de la stratégie révolutionnaire puisque c’est un art et aussi une révolution. Je dois vous l’expliquer. Les historiens et les masses, aveuglés par les cris et l’éclat de la révolution française, les gens intoxiqués par le fait qu’elle a réussi à enlever tout pouvoir au roi et aux classes privilégiées, n’ont pas remarqué comment un petit groupe de gens mystérieux, prudents et insignifiants avait pris possession du vrai pouvoir royal, le pouvoir magique, presque divin que l’on obtient presque sans le savoir. Les masses n’ont pas remarqué que le pouvoir avait été saisi par d’autres et que bientôt ils leur seraient soumis par un esclavage plus cruel que le roi, puisque ce dernier, vu ses préjudices moraux et religieux, était incapable de tirer profit d’un tel pouvoir. Ainsi, il est arrivé que le suprême pouvoir royal ait été pris par des personnes dont les qualités morales, intellectuelles et cosmopolites leur avaient permis de l’utiliser. Il est clair que c’étai


Ainsi, il est arrivé que le suprême pouvoir royal ait été pris par des personnes dont les qualités morales, intellectuelles et cosmopolites leur avaient permis de l’utiliser. Il est clair que c’était des gens qui n’avait jamais été chrétiens mais cosmopolites.

G – Quel est donc ce pouvoir mythique qu’ils ont obtenu ?

R – Ils ont acquis pour eux-mêmes le vrai privilège de frapper la monnaie… Ne souriez pas ou je vais croire que vous ne savez pas ce que sont les monnaies… Je vous demande de vous mettre à ma place. Ma position en lien avec vous est celle de l’assistant d’un docteur qui devrait expliquer la bactériologie à un médecin ressuscité de l’époque d’avant Pasteur. Mais je peux m’expliquer votre manque de connaissance et peux l’excuser. Notre langage utilise des mots qui provoquent des pensées incorrectes sur les choses et les actions à cause du pouvoir d’inertie des pensées, ce qui ne correspond pas aux conceptions réelles et précises. Je dis : monnaie. Il est clair que dans votre esprit apparaissent immédiatement des images de billets et de pièces. Mais il n’en est pas ainsi. La monnaie n’est pas cela ; la vraie pièce qui circule est un pur anachronisme. Si elle existe encore et circule c’est seulement grâce à l’atavisme, seulement parce qu’elle est utile pour maintenir l’illusion, une fiction purement imaginaire pour le présent.

G – C’est un brillant paradoxe, risqué et même poétique.

R – Si vous voulez, c’est peut-être brillant mais ce n’est pas un paradoxe. Je sais – et c’est pourquoi vous avez souri – que les Etats frappent encore la monnaie de métal ou de papier avec les bustes royaux et les armoiries nationales, bien et alors ? Une grande part de l’argent qui circule, l’argent pour les grosses affaires, représentatif de toute la richesse nationale, l’argent, oui l’argent, il a été émis par ces quelques personnes auxquelles je faisais allusion. Des titres, des chiffres, des chèques, des billets à ordres, des endossements, des escomptes, des cours, des chiffres sans fin sont déversés par les Etats comme une cascade. Que sont en comparaison ces monnaies de métal et de papier ?... Quelque chose dépourvu d’influence, une sorte de minimum face au flot croissant de la monnaie financière débordante. Ils, en fins psychologues, ont pu gagner même plus sans heurts grâce à un manque de compréhension. En plus des différentes formes grandement variées des monnaies financières, ils ont créé le crédit en vue de rapprocher son volume de l’infini. Et pour le donner à la vitesse du son… c’est une abstraction, un état d’esprit, un chiffre, nombre, crédit, foi…
Vous comprenez ?.... La fraude, les fausses monnaies, obtenant un statut légal… pour utiliser une autre terminologie afin que vous me compreniez. Les banques, la bourse et tout les système financier mondial sont une gigantesque machine dont le but est d’entraîner des scandales contre nature, selon l’expression d’Aristote, de forcer l’argent à produire l’argent – ce qui est quelque chose qui, si c’est un crime en économie, alors en lien avec les finances, c’est un crime contre le code criminel puisque c’est de l’usure. Je ne sais pas par quels arguments tout ça est justifié : par la proposition qu’ils reçoivent des intérêts légaux… Même en acceptant ça, et même cette reconnaissance est plus qu’une nécessité, nous voyons que l’usure existe toujours puisque même si les intérêts reçus sont légaux, ils inventent et falsifient le capital non existant. Les banques ont toujours, au moyen de dépôts ou de mouvements productifs de monnaies, une certaine quantité d’argent qui est cinq ou peut-être cent fois plus grande qu’il n’y a d’argent physiquement émis en métal ou en papier. Je ne dois rien dire de ces cas où les crédits, c’est-à-dire la fausse monnaie fabriquée sont plus grand que la quantité d’argent déboursée comme capital. En gardant à l’esprit que les intérêts licites sont fixés non pas sur le capital réel mais sur le capital non existant, les intérêts sont illégaux autant de fois que le capital fictif est plus important que le vrai.
Gardez à l’esprit que ce système, que je décris en détail, est l’un des plus innocent parmi ceux utilisés pour la fabrication de la fausse monnaie. Imaginez vous, si vous pouvez, un petit nombre de gens ayant un pouvoir illimité par la possession de richesses réelles et vous verrez que ce sont des dictateurs absolus de la bourse et par conséquent, des dictateurs de la production et de la distribution et aussi du travail et de la consommation. Si vous avez assez d’imagination alors multipliez cela par le facteur mondial et vous verrez son influence anarchique, morale et sociale c’est-à-dire révolutionnaire… Comprenez vous maintenant ?

G – Non, pas encore

R – Evidemment, il est très difficile de comprendre les miracles

G – Miracle ?

R – Oui, le miracle. Ce n’est pas un miracle qu’un banc en bois ait été transformé en temple ? Et encore un tel miracle a été observé par des gens un millier de fois et ils n’ont pas eu un battement de paupière durant un siècle entier. Puisque c’était un miracle extraordinaire que les bancs sur lesquels s’asseyaient les grands usuriers pour donner leur argent en reprise soient maintenant transformés en temples qui siègent majestueusement à chaque coin des grandes villes contemporaines avec leurs colonnes païennes, et les foules y vont avec une foi qu’ils n’ont pas déjà donné aux dieux célestes pour apporter assidûment le dépôt de toute leur possession au dieu de l’argent qui, ils imaginent, vit dans les coffres-forts d’acier des banquiers et qui est prédestiné grâce à sa divine mission à accroître les richesses jusqu’à une infinitude métaphysique.

G – C’est la nouvelle religion de la bourgeoisie décadente ?

R – Religion, oui, la religion du pouvoir.

G – Vous semblez être le poète de l’économie.

R – Si vous voulez, donc pour décrire la finance comme une œuvre d’art qui est plutôt évidemment un travail de génie et le plus révolutionnaire de tous les temps, la poésie est nécessaire.

G – C’est une vue erronée. Les finances, comme définies par Marx et plus spécialement Engels, sont déterminées par le système de production capitaliste.

R – Exactement mais juste l’inverse : le système capitaliste de production est déterminé par la finance. Le fait qu’Engels énonce l’opposé et essaye même de le prouver est la preuve la plus évidente que les finances gouvernent la production bourgeoise. Cela est ainsi et ça l’était avant Marx et Engels, les finances étaient l’instrument le plus puissant de la révolution et le Comintern n’était rien qu’un jouet dans leurs mains. Mais ni Marx, ni Engels ne révéleront ou expliqueront cela. Au contraire, en utilisant leur talent de scientifiques, ils ont camouflé la vérité une seconde fois dans l’intérêt de la révolution. C’est ce qu’ils ont tous les deux fait.

G – Cette histoire n’est pas neuve. Tout cela me rappelle ce que Trotski avait écrit 10 ans auparavant.

R – Dites…

G – Quand il dit que le Comintern est une organisation conservatrice en comparaison avec la bourse de New York. Il souligne que les gros banquiers sont les inventeurs de la révolution.

R – Oui, il l’a dit dans un petit livre dans lequel il prédit la chute de l’Angleterre… Oui, il l’a dit et il a ajouté : « Qui pousse l’Angleterre sur le chemin de la révolution ? »…. Et il a répondu : « Pas Moscou, mais New York ».

G – Mais rappelez vous aussi son assertion que si les financiers de New York ont forgé la révolution, cela a été fait inconsciemment.

R – L’explication que j’ai déjà donnée pour faire comprendre pourquoi Engels et Marx ont camouflé la vérité, s’applique également à Trotski.

G – J’estime que Trotski a seulement interprété sous une forme littéraire l’opinion d’un fait qui, en tant que tel, était trop bien connu, que l’on avait déjà reconnu précédemment. Trotski lui-même déclare assez justement que ces banquiers « remplissent irrésistiblement et inconsciemment leur mission révolutionnaire ».

R – Et ils remplissent leur mission malgré que Trotski l’ait dit ? Quelle chose étrange ! Pourquoi n’ont-ils pas amélioré leurs actions ?

G – Les financiers sont des révolutionnaires inconscients puisqu’ils le sont seulement objectivement à cause de leur incapacité intellectuelle à voir les conséquences finales.

R – Vous le croyez sérieusement ? Vous pensez que parmi ces vrais génies il y en a qui sont inconscients ? Vous les prenez pour des idiots à qui le monde est entièrement soumis aujourd’hui ? Ce serait vraiment une contradiction très stupide !

G – Que prétendez vous ?

R – Je dis simplement qu’ils sont révolutionnaires objectivement et subjectivement, assez consciemment.

G – Les banquiers ! Vous devez être fou

R – Moi, non… Mais vous ? Pensez un peu. Ces gens sont comme vous et moi. Le fait qu’ils contrôlent les monnaies en des montants illimités, dans la mesure où ils les créent eux-mêmes, ne nous donne pas l’occasion de déterminer les limites de toutes leurs ambitions… S’il y a une chose qui fournit à l’homme une entière satisfaction c’est la satisfaction de son ambition. Et plus que tout, la satisfaction de sa volonté de pouvoir. Pourquoi ces gens, ces banquiers, ne devraient ils pas avoir envie du pouvoir, le pouvoir total ? Juste comme vous et moi.

G – Mais si, selon vous, et je le pense aussi, ils ont déjà le pouvoir politique mondial alors quel autre pouvoir veulent ils posséder ?

R – Je vous l’ai déjà dit : le pouvoir total. Comme le pouvoir qu’a Staline en URSS mais dans le monde entier.

G – Le même pouvoir que Staline mais dans un but opposé.

R – Le pouvoir, s’il est en réalité absolu, doit être unique. L’idée d’absolu exclut la multiplicité. Pour cette raison le pouvoir recherché par le Comintern et « Comintern », qui sont des choses du même ordre, étant absolu, doit aussi en politique être unique et identique : le pouvoir absolu est un but en lui-même sinon il n’est pas absolu. Et jusqu’à présent on n’a pas encore inventé une autre machine de pouvoir total à part l’Etat communiste. Le pouvoir bourgeois capitaliste, même au plus haut de l’échelle, le pouvoir de César, est un pouvoir limité puisqu’en théorie il était la personnification de la divinité des Pharaons et des Césars autrefois. Donc, néanmoins, grâce au caractère économique de la vie dans ces Etats primitifs et en raison du sous-développement technique de l’appareil étatique, il y avait aussi des espaces de liberté individuelle. Comprenez vous que ceux qui gouvernent déjà partiellement les nations et les gouvernements de par le monde ont des prétentions de domination absolue ? Comprenez que c’est la seule chose qu’ils n’ont pas encore atteinte.

G – C’est intéressant, au moins comme exemple de folie.

R – Certainement, la folie à un moindre degré que dans le cas de Lénine qui rêvait du pouvoir sur le monde entier dans son grenier en Suisse ou la folie de Staline rêvant à la même chose lors de son exil dans une cabane de Sibérie. Je pense que les rêves de telles ambitions sont bien plus naturels pour les gens riches qui vivent dans les gratte-ciels de New York.

G – Concluons, qui sont ils ?

R – Etes vous assez naïf pour croire que si je savais qui « ils » sont, je serais prisonnier ici ?

G – Pourquoi ?

R – Pour une raison très simple car celui qui les connaît ne serait pas mis en position de devoir en dire sur eux… C’est une règle élémentaire de toute conspiration intelligente que vous devez bien comprendre.

G – Mais vous avez dit qu’ils étaient banquiers ?

R – Pas moi, souvenez vous que j’ai toujours parlé de l’Internationale financière et quand je citais les personnes, j’ai dit « Ils » et rien de plus. Si vous voulez que je vous informe ouvertement alors je dois seulement donner les faits mais pas les noms puisque je ne les connais pas. Je ne pense pas me tromper si je vous dis que pas l’un d’ « eux » n’occupe une position politique ou une position à la Banque Mondiale. Comme je l’ai compris après le meurtre de Rathenau à Rapallo, ils donnent des positions politiques ou financières seulement aux intermédiaires. Evidemment à des personnes qui sont dignes de confiances et loyales ce qui peut être garanti d’un milliers de façons. Donc on peut affirmer que les banquiers et les politiciens sont seulement des hommes de paille… même s’ils occupent de très hautes places et semblent être les auteurs des plans qui sont menés.

G – Bien que tout ceci soit compréhensible et aussi logique, votre déclaration de ne pas savoir n’est elle pas seulement une fuite ? ar il me semble, selon mes informations, que vous avez occupé une place suffisamment importante dans cette conspiration pour en savoir beaucoup plus. Vous ne connaissez même pas l’un d’entre eux personnellement ?

R – Oui, mais bien sûr vous ne me croyez pas. J’en suis au point où je dois expliquer que je parle d’une personne ou de personnes avec une personnalité…. Comment dirais-je ?... mystique, comme Gandhi ou quelque chose comme ça mais sans aucun rôle extérieur. Des mystiques du pur pouvoir qui sont devenus libres de toutes broutilles vulgaires. Je ne sais pas si vous me comprenez. Bien, sous leurs résidences et leurs noms, je ne les connais pas…. Imaginez Staline actuellement, dirigeant en réalité l’URSS mais sans être entouré par des murs de pierre, sans personne autour de lui et ayant les mêmes garanties pour sa vie que n’importe quel citoyen. Par quel moyen pourrait il se préserver d’atteintes à sa vie ? C’est avant tout un conspirateur, bien que son pouvoir soit grand, il est anonyme.

G – Ce que vous dites est logique mais je ne vous crois pas.

R – Mais croyez moi, je ne sais rien. Si je le savais comme je serai heureux ! Je ne serai pas ici à défendre ma vie. Je comprends bien vos doutes au regard de votre éducation policière, vous ressentez le besoin d’avoir des renseignements sur des personnes. C’est tout à votre honneur et aussi parce que c’est essentiel pour le but que nous nous sommes fixés. Je dois faire tout ce que je peux pour vous informer. Vous savez que selon l’histoire non écrite connue seulement de nous, le fondateur de la première Internationale communiste est indiqué être, bien sûr secrètement, Weishaupt. Vous rappelez vous ce nom ? Il était le chef de la franc-maçonnerie connue sous le nom d’illuminati ; ce nom il l’a emprunté à la seconde conspiration anti-chrétienne de cette époque, le gnosticisme. Cet important révolutionnaire, sémite et ancien jésuite, prévoyant le triomphe de la révolution française a décidé, ou peut-être on lui a ordonné (en référence à son chef, le grand philosophe Mendelssohn), de fonder une organisation secrète pour provoquer et pousser la révolution française plus loin que ses objectifs politiques, dans le but de la transformer en révolution sociale pour l’établissement du communisme. En ces temps héroïques, il était grandement dangereux de citer le communisme comme but, de là dérivent les diverses précautions et secrets qui ont entouré les Illuminati. Plus de 100 ans furent nécessaire avant qu’un homme ne puisse avouer être communiste sans la crainte d’aller en prison ou d’être exécuté. C’est plus ou moins connu.

Ce qu’on ne sait pas ce sont les relations entre Weishaupt et ses successeurs avec le premier des Rothschild. Le secret de l’acquisition des richesses des plus célèbres banquiers pourrait s’expliquer par le fait qu’ils étaient les trésoriers de ce premier Comintern. Il est évident que quand les cinq frères se sont déployés sur les cinq provinces de l’empire financier d’Europe, ils avaient une aide secrète pour accumuler ces énormes sommes. Il est possible qu’ils étaient ces premiers communistes des catacombes bavaroises qui s’étaient déjà répandu sur toute l’Europe. Mais d’autres disent, et je pense avec de meilleures raisons, que les Rothschild n’étaient pas les trésoriers mais les dirigeants de ce premier communisme secret. Cette opinion se base sur le fait bien connu que Marx et les plus grands chefs de la Première Internationale, déjà découverte, et parmi eux Herzen et Heine, étaient contrôlés par le Baron Lionel Rothschild dont le portrait révolutionnaire a été tracé par Disraeli (dans Coningsby) le premier ministre anglais, qui était sa créature et nous a été livré. Il l’a décrit sous le personnage de Sidonia, un homme qui, dans l’histoire, était multimillionnaire, connaissait et contrôlait les espions, les carbonari, les francs maçons, les juifs secrets, les bohémiens, les révolutionnaires etc. Tout ça semble fantastique. Mais il a été prouvé que Sidonia est un portrait idéalisé du fils de Nathan Rothschild, ce que l’on peut aussi déduire de la campagne qu’il a mené contre le tsar Nicolas en faveur d’Herzen. Il a gagné cette campagne.

Si tout ce que nous pouvons deviner à la lumière de ces faits est vrai, alors, je pense, nous pouvons même définir qui a inventé cette terrible machine d’accumulation et d’anarchie qu’est l’Internationale financière. En même temps, je pense, ce serait la même personne qui a aussi créé l’International révolutionnaire. C’est un acte de génie : créer avec l’aide du capitalisme une accumulation du plus haut degré, pousser le prolétariat à faire des grèves, semer le désespoir et en même temps, créer une organisation qui doit unir les prolétaires dans le but de les conduire à la révolution. C’est écrire le plus majestueux chapitre de l’histoire. Même plus : rappelez vous cette phrase de la mère des cinq frères Rothschild : « si mes fils le veulent, alors il n’y aura pas de guerre ». Cela signifie qu’ils étaient les arbitres, les maîtres de la paix et de la guerre mais pas les empereurs. Etes vous capable de visualiser ce fait d’une importance cosmique ? La guerre n’est elle pas déjà une fonction révolutionnaire ? La guerre – la Commune. Depuis cette époque, chaque guerre a été un pas de géant vers le communisme. Comme si une force mystérieuse satisfaisait le désir passionné de Lénine qu’il avait exprimé à Gorky. Souvenez vous : 1905-1914. Admettez au moins que deux des trois leviers du pouvoir qui mènent au communisme ne sont pas contrôlés et ne peuvent pas être contrôlé par le prolétariat.

Les guerres n’étaient pas provoquées et n’étaient pas contrôlées ni par la troisième Internationale ni par l’URSS qui n’existaient pas encore en ce temps là. De la même façon, elles ne pouvaient pas être provoquées et encore moins contrôlées par ces petits groupes de bolcheviques qui émigraient lentement bien qu’ils voulaient la guerre. C’est assez évident. L’internationale et l’Urss ont même moins de possibilités de telles accumulations immenses de capital et de création de l’anarchie nationale et internationale dans la production capitaliste. Une telle anarchie capable de forcer les gens à brûler d’énormes quantités de produits alimentaires plutôt que de les donner aux gens affamés et capable de ce que Rathenau décrivait dans l’une de ses phrases : « amener à ce que la moitié du monde fabrique le crottin que l’autre moitié utilisera ». Et, après tout, le prolétariat peut croire que c’est la cause de cette inflation, croissant en progression géométrique, cette dévaluation, l’acquisition constante des valeurs excédentaires et l’accumulation du capital financier mais pas du capital d’usure et cela par suite du fait qu’il ne peut pas prévenir la baisse constante de son pouvoir d’achat. Là prend place la prolétarisation des classes moyennes qui sont les vraies ennemies de la révolution. Le prolétariat ne contrôle pas le levier de l’économie ou le levier de la guerre. Mais il est lui-même le troisième levier, le seul levier visible et démontrable qui apporte le souffle final au pouvoir de l’Etat capitaliste et lui succède. Oui, ils s’en emparent si « ils » leur cèdent…
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
Avatar de l’utilisateur
BRH
 
Message(s) : 3746
Inscription : Lundi 22 Janvier 2007 18:18:29

Re: Drôle d'interrogatoire...

Message par Paul Ryckier » Mercredi 04 Juin 2008 22:23:19

Bruno,

je suis commencé avec intérêt les premières lignes de ce long débat. Au bout de quelques règles ça me donne déja mal à l'estomac.

Est-ce que c'est une débat virtuel pour illuminer les differences entre les Troskistes et les Staliniens? Ce genre de discussions prouvent comment "futiles" toutes ces débats cont. Comme les discussions sur le sexe des anges à Constantinople. ça me rappelle un ancien citoyen du DDR (l'Allemagne de l'Est), qui disait que les cours de dialectique ou d'histoire? étaient si énervant. Ils DOIVENT aussi étudier la langue russe contre leur volonté. J'ai peut-être au même moment appris la langue russe avec ma volonté :) . Seulement pour dire, que nous ne sommes pas assez conscient comment heureux nous étions ici dans l'Occident pendant la Guerre Froide.

Cordialement,

Paul.
Paul Ryckier
 
Message(s) : 483
Inscription : Lundi 29 Janvier 2007 17:18:36

Re: Drôle d'interrogatoire...

Message par BRH » Mercredi 04 Juin 2008 22:24:17

Ne serait-ce pas là un genre de parodie des Protocoles de Sion ? Je pense que ce document est tiré d'un site négationniste ou conspirationniste, mais je n'ai pas retrouvé sa source...
Un lien sur Rakosvsky:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Rakovsky
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
Avatar de l’utilisateur
BRH
 
Message(s) : 3746
Inscription : Lundi 22 Janvier 2007 18:18:29


Retour vers Les années 30 et la Seconde Guerre Mondiale (1930-1945)

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité