La légende des dépenses inconsidérées de la Cour !

La légende des dépenses inconsidérées de la Cour !

Message par BRH » Vendredi 02 Février 2007 10:20:40

Que disent les sempiternels idéologues républicains ? Que les caisses de l'Etat étaient vides, à cause des dépenses inconsidérées de la Cour !
En les lisant, on a parfois l'impression de sortir de l'école communale d'avant 68... Parce que c'est exactement le genre de bêtises que l'on y apprenait !!!

Sachons que les caisses de l'Etat étaient vides par la faute de la guerre d'Amérique... La construction d'une marine coûte cher, son maintien et son approvisionnement en mer en temps de guerre, encore plus !

Quatre ans de guerre avec l'Angleterre, c'est long... Et il a fallu financer les 8 000 hommes du corps expéditionnaire de Rochambeau, qui remportèrent, avec les Américains, la victoire décisive de Yorktown...

70 vaisseaux, 50 frégates, plus les autres bâtiments, ça ne vous dit rien ?

Jamais la flotte français n'avait été si belle, si puissante. Et elle ne le sera jamais plus, sauf en 1789 (80 vaisseaux) et sous le Second Empire...
La deuxième flotte du monde, la première armée de l'Europe... Tout ça n'était pas gratuit !

Les pensions, les fêtes de la Cour, ne coutaient pas le dixième des frais engagés pour la marine...

Voir Tocqueville, plus récemment François Furet...

Les dépenses de la Cour...

C'est un conte pour enfant républicain (ce qui n'est pas toujours synonyme d'enfant sage!). Il faut tordre le cou de manière définitive à cette légende.

La République n'a plus besoin de ces contre-vérités pour exister ! Ceci étant, Louis XVI a régné trop tôt: il est revenu sur les réformes que son grand-père Louis XV avait entrepris.

Le système féodal était mort: sa survivance était un anachronisme, c'est bien certain... Ce système s'est crispé, grippé en quelque sorte et c'est ce qui a provoqué la Révolution !

Louis XVI n'a pas été assez lucide pour reprendre le travail de son aïeul qui fut -surtout à la fin- une sorte de despote éclairé...

Louis XV connaissait mieux la pensée de Voltaire qu'on ne croît généralement. Bien sûr, il fit interdire l'Encyclopédie (après avoir aidé à son financement, au départ)...

Pour les paysans, on ne peut pas dresser un tableau général: leurs conditions variaient beaucoup d'une province à l'autre...

J'ai évoqué sur le site empire le sort des Saintongeais, incroyablement différents de celui des "Limougeaux"... On pourrait citer d'autres cas!

Le nombre de jours chômés était incroyablement élevé (fêtes religieuses)!
Supérieur à 100 jours (de 120 à 130, si je ne me trompe)!

A tout prendre, le sort des "manouvriers" était bien meilleur que celui des ouvriers à la fin du XIXème siècle...

Bien sûr, il y avait des "poches" de misère absolue... Ce n'est pas la 1ère république qui y a vraiment remédié.... mais l'empire !

La noblesse féodale était condamnée: il fallait la transformer en une noblesse basée sur le mérite, comme Napoléon a tenté de le faire... Il était temps que l'Ancien Régime cède la place! On aurait pu le faire à moindre frais...
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
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Message par A.Lionel » Vendredi 02 Février 2007 11:20:10

Bonjour Bruno, mon professeur d'Histoire du droit public, loin d'etre un républicain, nous expliquait que, à la fin de l'Ancien Régime, 1/3 du trésor royal allait à l'entretient de la cour de Versailles, par exemple, le gouverneur militaire de Bretagne sous Louis XV (je ne suis plus très sur, c'est loin)) n'eut jamais l'autorisation de quitter Versailles meme en cas de décès dans sa famille ; pour autant il recevait une rente annuelle de...100.000 livres!
Il n'était pas le seul, c'était le prix à payer pour endiguer toute tentative d'instauration d'une opposition aristocratique en France.
Le roi, avec raison, était pret à tous les sacrifices, on peut, en revanche, discuter des moyens que le souverain mit en oeuvre pour éviter une fronde.

Les gouverneurs militaires avaient été créés au Moyen-Age afin de d'assurer la cohésion des provinces du royaume en cas de guerre notamment contre les Anglais mais déjà lors des invasions barbares comme les Normands ou les "Ogres" (qui est l'origine du mot "Hongrois"), les gouverneurs militaires avaient des pouvoirs très étendus jusqu'au point où ils commençèrent à rogner sur les pouvoirs civils du roi.
Le roi, au XVème siècle ayant retrouvé les pouvoirs qu'ils avait perdu sous...Charles le Chauve donc au IXème, décida d'en finir avec les gouverneurs, il les remplaça par des officiers généraux (les ancetres de nos généraux actuels) qu'il pouvait révoquer à tout moment.
Mais au XVIème tout allait mal une fois François Ier décédé, il y eut une résurgence des gouverneurs militaires (ils étaient issus de la très haute noblesse d'épée et avaient considéré leur titre de gouverneur comme acquis ainsi qu'il le fut pour le titre de comte sous le fameux Charles le Chauve) qui entendaient prendre part dans les débats de succession au trone dès l'avènement de Henri III.
Henri IV sacré, il pacifia le pays et remit les gouverneurs militaires à leur place à l'occasion d'une mauvaise expérience personnelle de jeunesse.
Le roi de Navarre avait un ami (hélas je n'ai plus son nom) d'enfance avec qui il partageait tout, il lui fit de grandes faveurs, il était gouverneur militaire mais celui-ci le trahit, Henri IV se montra impitoyable et décida que les gouverneurs militaires n'auraient plus aucune fonctions militaires, autant dire que le titre avait perdu son sens, que ces gouverneurs seraient remplacés par des officiers généraux.

Tout aurait pu en rester là, mais après la Fronde et l'achèvement de Versailles, Louis XIV fut décidé à ce que rien ne puisse entraver son pouvoir, au lieu d'attendre une éventuelle conspiration, il prit les devants et sous forme de compensations financières il enferma la haute noblesse d'épée à Versailles à qui il distribuait ou retirait discrétionnairement ses faveurs. Le but étant de cerner à Versailles, donc au plus près, toute tentative de conspiration, c'était un véritable jeu d'équilibriste dans la mesure où réussir à monter les courtisans les uns contre les autres tout en se servant d'eux ne pouvait se réaliser que par la dépendance financière.

Or si la cour était enfermée à Versailles, avec l'établissement de la mode à la cour, les nobles ne tiraient pas assez de revenus de leur fief (d'autant plus qu'ils n'avaient pas le droit de s'y rendre!).
Louis XIV et les souverains qui suivirent, distribuaient des revenus afin que la noblesse puisse se mettre à la mode tous les jours, je dis bien tous les jours. Il n'était pas question qu'une dame portat deux fois la meme robe dans une meme journée, autant dire que le coùt d'une garde robe à Versailles était hors de prix et que seul le roi pouvait la financer.
A Versailles, le souverain avait institué les jeux de hasard (ou non) où tous les jours des nobles se ruinaient, sans la manne royale, sans la trahison de courtisans par d'autres courtisans, pas moyens de maintenir son train de vie.
Les années durant, la prison dorée devenait un lieu de reconnaissance sociale pour la noblesse intermédiaire et donc donnait l'illusion à la grande noblesse qu'elle avait un pouvoir réel lui permettant de s'élever socialement alors qu'elle se mentait à elle-meme.
La noblesse de rang inférieure ne percevait pas Versailles pour ce qu'il était en réalité. La noblesse d'épée était bel et bien contenue et on comprend aisément pourquoi seule la noblesse de robe tenta une fronde en 1788. Le pays était en banqueroute, la bourgeoisie n'était plus récompensée au mérite, les petits et moyens nobles aspiraient à entrer à Versailles mais le roi était pris à son propre piège dans la mesure où Versailles était un mensonge.
Et je ne vous parle pas de la Paulette qui fut finalement une ruine pour le trésor royal.

Bien à vous.
A.Lionel
 
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Message par BRH » Vendredi 02 Février 2007 15:24:50

Un tiers du trésor royal ? :shock: Je n'ai plus le chiffre en tête, mais c'est plutôt de l'ordre de 10% des dépenses totales... 8)
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
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Message par A.Lionel » Vendredi 02 Février 2007 19:35:51

Vous avez bien lu 1/3 à l'aube de la Révolution! Je m'en souviens bien cela m'avait marqué.
Ce qui m'avait marqué aussi c'est la vénalité des offices, autant dire que le régime absolutiste était condamné tant il était empétré dans la corruption couplée à l'ultrafédéralisme local, le roi ayant perdu tout controle sur ses subordonnés qui se servait d'un système censé à la base renflouer le trésor royal, ajoutez-y la résurgence des liens de protecteurs à créatures que l'on pensait éliminés par la concentration des pouvoirs dans les mains d'un seul homme et vous avez un cocktail hautement dangereux qui ne demandait qu'à exploser, j'y reviendrai un de ces quatre.


Bonne soirée.
A.Lionel
 
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Gouverneur militaire félon.

Message par A.Lionel » Samedi 03 Février 2007 12:27:39

Précision : le gouverneur qui trahit Henri IV alors qu'il fut un ami d'enfance fut le gouverneur de Bourgogne le Maréchal de Biron.

En fouillant le net j'ai trouvé ceci :

"Le maréchal de Biron, gouverneur de Bourgogne, qui avait été l'un des plus proches compagnons d'armes du roi, déçu malgré les honneurs reçus, qu'il jugeait insuffisants, commença à comploter contre Henri IV dès 1596. Il se rapprocha de l'Espagne et du duc de Savoie, et entraîna avec lui le vicomte de Turenne, duc de Bouillon, protestant irrité par la politique royale et qui, comme lui, croyait encore à une politique d'indépendance des grands seigneurs. Ils cherchèrent peut-être à assassiner le roi, et furent trahis par un aventurier, La Nocle. Le roi mena lui-même l'enquête en juin 1602, et, devant les négations du maréchal, décida de le faire exécuter, tandis que le duc de Bouillon parvenait à s'enfuir et qu'un autre conjuré d'importance, Charles d'Auvergne, fils bâtard de Charles IX, était embastillé. Condamné à mort le 29 juillet, le maréchal de Biron fut décapité le surlendemain, tandis que Charles d'Auvergne était libéré dès le mois d'octobre. Le duc de Bouillon fit sa soumission au roi en avril 1606."

Bien à vous.
A.Lionel
 
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Message par Antoine » Samedi 03 Février 2007 20:30:04

BRH a écrit :Un tiers du trésor royal ? :shock: Je n'ai plus le chiffre en tête, mais c'est plutôt de l'ordre de 10% des dépenses totales... 8)


On veut les chiffres officiels :!: :twisted:
Antoine
 
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Message par A.Lionel » Dimanche 04 Février 2007 03:55:48

MDR demandez à l'ex-chambre des comptes : la cour des comptes dont tout le monde se fiche...

J'ai fait une petite recherche sur le net là dessus et j'ai bien rigolé, sur Wikipedia, les "dépenses somptuaires" dévolues à la cour de Versailles ne dépassaient pas les...1% du trésor!

Bon courage!
:D

PS : je m'en tiens à la version de mon professeur que je considère comme mon maitre!
A.Lionel
 
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Message par BRH » Jeudi 08 Février 2007 11:27:26

Antoine a écrit :On veut les chiffres officiels :!: :twisted:


Budget royal (simplifié) en 1788:

Dépenses: 620 millions de livres
Dépenses militaires et diplomatiques: 165 M
Cour et privilégiés: 36 M
Travaux publics: 15 M
Autres dépenses civiles (administration...): 94 M
Service de la dette: 310 M

Recettes: 503 M de livres
Impôts directs: 158 M
Impôts indirects: 208 M
Autres: 127 M

Source: Armand Colin (?)
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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Message par fleurdelys » Jeudi 08 Février 2007 15:37:08

Bonjour :D
Je vous conseil un livre, c`est L`Ancien régime et la révolution de Alexis de Tocqueville, l`avez vous lu ?

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Message par A.Lionel » Jeudi 08 Février 2007 20:53:06

Bonsoir, Bruno j'ai trouvé sensiblement les chiffres que vous avancez, il semble bien que le document présenté plus loin soit original mais des questions se posent vu comment il est bien succint : http://membres.lycos.fr/tolosamedia/Blois2.htm

Je reviens par exemple aux gouverneurs militaires enfermés à Versailles : leur rémunération était-elle une dépense de cour ou militaire?

Je reste très sceptique...

Bien à vous.
A.Lionel
 
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Message par Pénélope » Mercredi 21 Février 2007 16:52:04

Il faut aussi considérer que les dépenses de Cour ne représentaient pas seulement les fêtes, plaisirs et cotillons d'une petite troupe de seigneurs privilégiés.
Elle comprenaient aussi tout le soutien que la Monarchie se devait d'apporter à l'industrie du luxe, des grandes manufactures royales, ainsi qu'aux ateliers de modistes, de peintres ou de sculpteurs. Les artisans n'étaient pas laissés à eux-mêmes comme aujourd'hui, il y avait tout une politique de "subventions" de la part de la Cour.

Mais j'en conviens, il y avait beaucoup de "gachis", et des retranchements furent fait dans certains domaines, mais aux yeux de la dette qui était énorme, et surtout causée, comme vous l'avez dit, par les dépenses de la guerre, c'était si peu :roll: .
Pénélope
 
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Message par A.Lionel » Samedi 24 Février 2007 19:39:42

Bonsoir Pénélope, effectivement les dépenses de cour ne se limitaient pas aux fetes et je dirais que le but profond de ces dépenses abyssales étaient politiques et justifiées tant que la monarchie s'efforçait à contenir les vélléités d'une noblesse aspirant à l'établissement d'un régime aristocratique tel celui que les Anglais mirent en place en 1214 alors que la France posaient les premiers principes d'une monocratie.

Après Louis XV pouvons-nous valider les choix du monarque?
Un exemple flagrant, les roturiers avaient le privilège du commerce, pourquoi le roi n'a t-il pas contraint la noblesse à travailler et par là à payer l'impot?

Bien à vous.
DDR.
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Message par Pénélope » Lundi 26 Février 2007 09:55:56

Ce n'était pas facile pour le Roi "d'obliger". Chacun tenait à ses privilèges ! Et la puissance du monarque n'était pas si "absolue" qu'on a bien voulut le dire !
Il est vrai que la noblesse en théorie n'avait pas le droit d'exercer d'activités commerciales ou industrielles, donc en gros, de travailler. C'était le "privilège" du Tiers-Etat... auquel il tenait et que les riches bourgeois n'avaient aucune envie de partager avec la noblesse ! Les seules activités que devait exercer cette dernière étaient la guerre, les places à la Cour (pour les grandes familles), l'administration et la justice (noblesse de Robe).
Oui, il était temps de dépoussiérer tous les vieux préjugés car la France du XVIIIe n'était plus le moyen-âge ! D'autant que cela était la cause d'une très forte paupérisation de la noblesse, ce qui amena le désastreux Edit de Ségur, qui mit réellement le feu aux poudres dans les esprits à cause de son évidente injustice.
Le Roi a bien essayer de faire payer des impôts à la noblesse. Il en avait bien besoin pour ses caisses, et puis lui aussi avait envie de plus de justice dans la répartition des impôts.
Ce fut la cause d'une véritable fronde à l'Assemblée des Notables de 1787 ce qui l'obligea à convoquer les Etats-Généraux (au départ, le Roi les convoquait seulement, dans son esprit, pour discuter d'une nouvelle réparition des impôts !).
Pénélope
 
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Message par Duc d'Istrie » Mercredi 18 Juillet 2007 02:19:53

je ne vous proposerai qu'une chose.... celle de revoir certains de vos classiques pour certains!!! j'ai l"impression que la bonne fée Education Nationale vous a laissé quelques séquelles.
On ne peut pas simplifier l'etat du royaume à la veille de la revolution comme certains le font. C'est bien plus complexe.
Pour info et pour vous faire reflechir les privilèges de la noblesse auxquels vous faites references n'existaient quasiment plus... entendez par là que la noblesse n'en fesait plus guère usage et pour une raison simple c'est que la noblesse contrainte à vendre ses terres et autres a legué tout un ensemble de "lettres" à une bourgeoisie avide de pouvoir et de reconnaissance qui s'est empressé de prendre avocats et autres pour faire revivre ces droits... à vouloir "singer" la noblesse ils ont à leur manière exasperer le peuple.
Mais ceci n'est qu'une goutte d'eau et ça s'appelle injustement "la reaction nobiliaire"
Duc d'Istrie
 
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Message par A.Lionel » Jeudi 26 Juillet 2007 18:50:33

Bonjour Duc d'Istrie, vous dites "je ne vous proposerai qu'une chose.... celle de revoir certains de vos classiques pour certains!!! "

Lesquels? Il n'y a rien de bien intangible sur les finances publiques d'Ancien Régime...Ceci dit si vous avez un ouvrage sérieux à proposer je suis preneur! :wink:

"Pour info et pour vous faire reflechir les privilèges de la noblesse auxquels vous faites references n'existaient quasiment plus... entendez par là que la noblesse n'en fesait plus guère usage et pour une raison simple c'est que la noblesse contrainte à vendre ses terres et autres a legué tout un ensemble de "lettres" à une bourgeoisie avide de pouvoir et de reconnaissance qui s'est empressé de prendre avocats et autres pour faire revivre ces droits"

Je suis en désaccord avec vous, il faut distinguer aux XVII, XVIIIème la haute noblesse d'avec la noblesse des campagnes issue généralement de la noblesse d'épée et qui vit des revenus des fiefs sans apports supplémentaires du pouvoir royal, sans faveur, ces petits nobles étaient très très nombreux, beaucoup d'entre eux n'étaient pas hostiles à la limitation du pouvoir du Roi.

Ce qui changea tout à cette période c'est la multiplication des offices et surtout la vénalité des offices qui s'appuyait sur ce qui se pratiquait dans l'Eglise et ce de manière stricte : "la resignatio in faverem"
Le titulaire d'une charge publique avait le droit de choisir son successeur contre rétribution.
C'est le monarque qui mit en place ce système parce que le trésor y trouvait un moyen de gonfler ses caisses!
Mieux, le Roi multiplia les charges publiques en fractionnant certaines en demie journée!
On pouvait etre officier à mi-temps!
(Voir le système de la Paulette pour en savoir plus)

La rançon fut que le Roi perdit tout controle sur les officiers subalternes dans la mesure où les charges publiques devenaient monneyables et non au mérite ou encore transmises de père en fils...

A partir du moment où ces charges publiques devenaient négociables, les titres concernant la noblesse d'épée le devenaient également mais là encore il s'agissait de la petite noblesse.
Cela n'avait pas d'incidence sur l'armée, le recours à l'armée de métier était généralisé et les cadres militaires provenaient de la haute noblesse.

Comme vous le voyez c'est une décision du Roi et non l'avidité de la bourgeoisie qui fit que la transmission des titres fut possible d'un ordre à l'autre.

L'idée était excellente puisque cela a oxygéné la société, on assista à une sorte de reconnaissance du mérite des bourgeois qui avaient réussi et qui participaient à la grandeur du Royaume.

En revanche la haute noblesse, celle qui était enchainée, n'accepta jamais cette réforme car tot ou tard cela aurait pu nuire à leur désir de former une classe dirigeante car, mis à part les princes de sang, le système de la vénalité des offices aurait pu s'étendre à des titres de haut rang!
Se voir contraindre à vendre son titre sous peine d'etre ruiné ne devait pas réjouir son titulaire ; nous étions en pleine période où la bourgeoisie montait en puissance surtout celle qui commerçait avec les comptoirs français situés aux quatre coins du monde.

Bien à vous.
DDR.
"Les vraies conquêtes, celles qui ne donnent aucun regret, sont faites sur l'ignorance."
A.Lionel
 
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