Peut-on parler de divorce entre le Roi et le peuple ?

Peut-on parler de divorce entre le Roi et le peuple ?

Message par BRH » Jeudi 05 Juillet 2007 17:25:41

En septembre 1792, la majorité des Français était restée monarchiste et n'approuvait pas le coup de force du 10 août.

La preuve en est donnée par la forte absention lors des élections à la Convention.

Elections par ailleurs non sincères, non disputées et non pluralistes (je répète toujours la même chose...).




Croyez vous vraiment qu'une minorité l'emporte?
jamais.......!!!
Ce n'est jamais le cas.
Oui, ce que j'appelle le peuple était une majorité.
La cohésion populaire s'est faite beaucoup plus tôt que certains ne le pensent.
Et si la révolution a bien eu lieu et ses conséquences c'est bien qu'une majorité le voulait.


Je ne suis pas d'accord avec vous sur ce point.
Dire qu'en 1792 la majorité des français étaient royalistes c'est quand même osé non?
A suivre ce raisonnement autant affirmer que les révolutionaires n'étaient qu'une poignée d'excités et que les royalistes étaient largement majoritaires, comprenez alors que l'on est en droit de se demander pourquoi il y a eu une révolution?
Ces propos me font penser à ce que j'ai déjà lu dans le sujet sur la commune de 1871 ou certains affirment aussi que l'insurrection n'était due qu'à l'excitation de quelques Parisiens hors la loi.
Tout de même c'est un peu fort.
Même si j'en conviens les deux évènements sont très différents.
Le 14 juillet 1789 a sonné le glas de la royauté.
Le peuple, et je dis bien le peuple dans sa majorité n'était plus du tout royaliste.
alors si vous me parlez de 1792, permettez que j'émette de sérieux doutes.
pardonnez moi d'insister mais je parlais du peuple.
Et non des députés parmi lesquels bien sûr se trouvaient des gens assez liés encore aux principes monarchistes.


Je me répète...

Plus monarchistes les Français ? Un peu refroidis depuis Varennes, c'est vrai. Mais auront-ils la possibilité d'exprimer leur loyalisme ?

Quant au roi, on veut à tout prix violenter sa conscience: l'affaire des prêtres jureurs en est un bon exemple. On veut surtout en finir avec son veto qui lui est reconnu par la Constitution.

En gros, on peut dire que la Révolution a été positive, voire largement positive du 17 juin 1789 au 10 août 1792.

La journée du 10 août marque un tournant. Journée révolutionnaire, bien sûr, mais coup d'état quand même.

Violation manifeste de la Constitution, puis suppression illégale et anticonstitutionnelle.

A partir de là, accaparement de la souveraineté nationale par une minorité violente et agissante: celle des Jacobins, bien entendu...

Une Convention va être élue pour statuer sur les Institutions de la France: elle n'a ni droit, ni titre, ni qualité pour agir ainsi.

Les élections dont elle prétend tirer sa légitimité sont une farce: le pluralisme est nié, le secret du scrutin bafoué, les assemblées électorales -pour la plupart- sont conduites sous la menace. Bref, je n'y reviens pas.

La journée du 10 août est un attentat contre le Roi, contre la souveraineté de la Nation, contre les Droits de l'Homme.



Claudine Cavalier a écrit :L’idée selon laquelle la Révolution n’aurait eu aucune base populaire et serait le fait d’une minorité active (et bien entendu malfaisante ) est vieille... comme la Révolution. Des journaux royalistes à Barruel (qui y voyait la main des philosophes et des francs-maçons ) et ses modernes émules, en passant par Gaxotte, Madelin et compagnie, c’est une constante dans une certaine historiographie. Selon les tendances personnelles, on voit ce phénomène en oeuvre dès 89, ou plutôt après le 10 août... Depuis quelques années, un ouvrage de P. Guenniffey, Le nombre et la raison, la Révolution Française et les élections, est souvent utilisé, en forçant un peu ses conclusions, par les tenants de cette idée, souvent d’ailleurs, je l’ai noté dans les forums, sans avoir été réellement lu... Il établirait que les institutions de la première République et notamment la Convention, souffriraient d’un déficit de légitimité démocratique à cause de leur trop faible base électorale, à la différence de celles de la monarchie constitutionnelle qui l’a précédée : de là à dire que « le pays » était resté monarchiste, il y a un pas facile à franchir...
Pour que cette question du vote pendant la RF ne vienne pas trop interférer dans le débat lancé par Max, qui a posé une question très différente, et pour éviter l'excès de fantasmes "contre-révolutionnaires" , je donne, à titre documentaire, l’excellente mise au point parue il y a quelques semaines dans le nouveau manuel de la collection U d'Armand Colin, outil de référence s'il en est, consacré à la RF.
"Si donc les évaluations sont à considérer avec prudence et si bien des questions restent encore en suspens, les chiffres fournis révèlent cependant des respirations et des rythmes faisant apparaître des tendances et des variations géographiques et chronologiques. Ainsi, on constate en janvier-février 1790 lors des élections pour les municipalités instituées dans toutes les communes par la loi du 14 décembre 1789, une mobilisation importante, dépassant largement 50% des citoyens actifs en moyenne nationale. Un histoiren a pu parler récemment de ces élections comme d’un « age d’or de la participation » électorale (Guennifey). Viennent ensuite à l’été 1790 les élections cantonales, puis, entre octobre et décembre de la même année, les élections des juges de paix et le renouvellement par moitié des officiers municipaux désignés en début d’année. Si ces données sont encore partielles, elles indiquent toutefois que s’opère un tassement progressif de la participation, confirmé lors de la convocation des assemblées primaires de juin 1791 qui n’ont réuni que la moitié des participants de janvier-février 1790, avec des disparités importantes entre les départements (11% en Loire-inférieure, 40% dans l’Aube). En août 1792, lors des élections au suffrage universel masculin, les taux faiblissent encore, passant de 23% en 1791 à 20%, même si le nombre des inscrits a beaucoup augmenté. (...) En juillet 1793, la ratification de la Constitution de l’An I par un vote direct des Assemblée primaires donne un taux de participation élevé de 31%, alors qu’en 1795 le référendum pour la Constitution de l’An III tombe à 18%."

Difficile donc d’établir une corrélation claire entre participation et régime : les meilleures « réussites » en termes de vote sont sous la Constituante à ses début et sous la Convention en son milieu... Quant à la notion de "vote forcé" pour les élections après le 10 août, elle n'est plus guère admise par aucun historien sérieux. Trop de travaux précis, récents, sur le fonctionnement des assemblées à l'échelle locale, peu connus du grand public mais indispensables à la recherche, ont montré qu'il y a parfois eu des pressions et des trucages, mais assez peu finalement à l'échelle du pays. C'est plutôt à partir du Consulat que ce phénomène a été repéré de façon claire. Je cite encore le manuel U "Si la période consulaire donne des chiffres plus élevés, l'abandon du vote en assemblée pour un vote individuel a probablement influé sur les taux en raison des mesures d'intimidation qu'il favorisait à l'évidence."

Bref, tout ça pour revenir à la question posée : le divorce entre le peuple et le Roi. Je ne vois pas au nom de quoi on pourrait le nier raisonnablement, même s’il est certain que l’image royale était restée chère au cœur de pas mal de français longtemps après les début de la RF. Moi je dirais que Varennes est l’événement clef de cette évolution, mais j’ai l’impression que vous avez une autre idée. Laquelle ?




Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
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Message par A.Lionel » Vendredi 27 Juillet 2007 20:05:49

Bonsoir Bruno, vous savez la légalité en période de troubles est par essence la grande absente!

Bien à vous.
DDR
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A.Lionel
 
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