Manifeste Vendéen

Manifeste Vendéen

Message par BRH » Samedi 28 Mai 2022 08:15:21


A l’issue de la prise de Fontenay-le-Comte par l’Armée Catholique et Royale de l’Ouest le 25 mai 1793, le Conseil Supérieur de la Vendée fut créé pour administrer les territoires insurgés. Il publia le 27 mai un manifeste adressé aux Français.

« Au Nom de Sa Majesté Très-Chrétienne, Louis XVII, roi de France et de Navarre, de la part de tous les chefs des armées Catholiques et Royalistes.
ADRESSE AUX FRANÇAIS.
Le Ciel se déclare pour la plus sainte et la plus juste cause. Le signe sacré de la croix de Jésus-Christ et l’étendard royal l’emportent de toutes parts sur les drapeaux sanglants de l’anarchie. Maîtres des cœurs et des opinions, plus encore que des villes et des hameaux qui nous donnent les doux noms de pères et de libérateurs, c’est maintenant que nous croyons devoir proclamer hautement nos projets et le but de nos communs efforts. Nous connaissons le vœu de la France : il est le nôtre. C’est de recouvrer et de conserver à jamais notre sainte religion catholique, apostolique et romaine ; c’est d’avoir un roi qui nous serve de père au dedans et de protecteur au dehors : et c’est nous qu’on appelle des brigands sanguinaires, nous qui, fidèles à nos principes de religion et d’humanité, avons toujours aimé à rendre le bien pour le mal, à épargner le sang de ceux qui versaient à grands flots celui de nos frères, de nos parents et de nos amis ! Que la conduite de ceux qui se disent patriotes soit mise en parallèle avec la nôtre : ils égorgeaient nos prisonniers au nom de la loi et nous avons sauvé les leurs au nom de la Religion et de l’humanité ! A Bressuire, ils ont coupé par lambeaux des hommes qu’ils avaient pris sans armes pour la plupart, tandis que nous traitions comme des frères ceux d’entre eux que nous avions pris tous les armes à la main ; tandis qu’eux-mêmes pillaient ou incendiaient nos maisons, nous faisions respecter de tout notre pouvoir leurs personnes et leurs biens ; et si, malgré tous nos efforts, quelques dégâts ont été commis dans les villes que nous avons reconquises, pour notre bon roi, sa Majesté-Très-Chrétienne Louis XVII, nous en avons gémi et pleuré amèrement : nous avons puni avec la plus éclatante sévérité les désordres que nous n’avions pu prévenir. C’est un engagement formel que nous avons contracté en prenant les armes et que nous remplirons au péril de notre vie ; aussi la France va être désabusée sur les mensonges aussi impudents que perfides et absurdes de nos ennemis. Que dis-je ? elle l’est depuis longtemps, notre conduite à Thouars est connue : cette ville prise d’assaut comme presque toutes celles où nous sommes entrés jusqu’à ce jour, puisque deux mille soldats de l’armée catholique avaient pénétré par la brèche, lorsque l’ennemi capitula, est un exemple frappant de notre douceur et de notre modération. Patriotes, nos ennemis, que nous opposerez-vous encore ? Vous nous accusez de bouleverser notre patrie par la rébellion et c’est vous qui, sapant à la fois tous les principes de l’ordre religieux et politique, avez les premiers proclamé que l’insurrection est le plus saint des devoirs ; et d’après ce principe, qui nous justifierait à vos yeux, si la plus juste cause avait besoin d’être justifiée, vous avez introduit à la place de la religion l’athéisme, à la place des lois l’anarchie, à la place d’un roi qui fût notre père des hommes qui sont nos tyrans. Vous nous reprochez le fanatisme de la religion, vous que le fanatisme d’une prétendue liberté a conduits au dernier des forfaits ; vous que ce même fanatisme porte chaque jour à faire couler des flots de sang dans notre commune patrie. Ah ! le temps est enfin arrivé où les prestiges d’un faux patriotisme vont disparaître : le bandeau de l’erreur est à moitié déchiré. 0 nos concitoyens, jugez-nous et jugez nos persécuteurs ! Qu’ont-ils fait? Qu’ont fait vos représentants eux-mêmes pour votre bonheur et pour le bien général de la France ? Qu’arracher de vos cœurs les principes sacrés de votre foi ; que s’amasser d’immenses trésors au prix de vos larmes et de votre sang ; que porter la désolation dans le sein de vos familles, entraînant de force, au milieu des camps et des combats, vos frères, vos enfants et vous-mêmes, qu’ils n’ont pas craint d’exposer à mille morts pour assouvir leur rage contre le trône et l’autel ; et pour s’assurer l’impunité de leurs forfaits, ils ont enlevé à la charrue de paisibles cultivateurs, dont les bras assuraient à la patrie sa subsistance et sa vie. Ouvrez donc enfin les yeux, ô Français, rendez-vous à nous, rendez-vous à vous-mêmes ! Eh ! ne seriez vous donc plus ce peuple doux, généreux et sensible ? Ce peuple fidèle à sa religion, idolâtre de ses rois, le peuple de Clovis, de Charlemagne, de saint Louis, de Louis XII, d’Henri IV, de Louis XVI enfin, dont le fils, ce jeune et tendre rejeton de la famille auguste des Bourbons, prêt à observer les dernières volontés d’un père qui mourut en pardonnant à ses bourreaux, vous tend ses bras, vous ouvre son cœur, et brûle du désir d’être heureux de votre bonheur ! Seriez-vous insensibles à ce langage ? Seriez-vous sourds à la voix de la religion, qui depuis trop longtemps la proie des loups ravissants redemande aujourd’hui ses véritables et légitimes pasteurs? Non, sans doute, vous êtes nos amis, nos frères ; nous ne sommes qu’un peuple, disons mieux, qu’une même famille. Nos misères, nos jouissances nous sont communes ; réunissons donc ensemble nos efforts sous l’égide du Tout-Puissant, sous la protection d’un père commun. Epargnons, épargnons le sang des hommes et surtout des Français ! Il n’est plus aujourd’hui de place dans l’Etat pour ces êtres froids et égoïstes qui, languissant dans une honteuse oisiveté, affectant une coupable indifférence pour l’intérêt général, se tiennent à l’écart, prêts à s’engraisser dés débris de la fortune publique et des fortunes privées. Deux étendards flottent sur le sol des Français, celui de l’honneur et celui de l’anarchie. Le moment est venu de se ranger sous l’un de ces drapeaux ; qui balance est un traître également redoutable aux deux partis. Marchons donc tous d’un commun accord ; chassons ces représentants infidèles qui, abusant de votre confiance, n’ont employé jusqu’ici qu’à des disputes stériles, à des rixes indécentes, et le dirai-je ? à des luttes déshonorantes pour le nom français, un temps qu’ils devaient tout entier à notre bonheur ; chassons ces représentants parjures qui envoyés pour le maintien de la monarchie, qu’ils avaient solennellement jurée, l’ont anéantie, et renversé le monarque innocent sur les marches sanglantes d’un trône où ils règnent en despotes ; chassons enfin ces mandataires perfides et audacieux qui, s’élevant au-dessus de tous les pouvoirs connus sur la terre, ont détruit la religion que vous vouliez conserver, créé des lois que vous n’avez jamais sanctionnées, disons mieux, que vous eussiez souvent rejetées avec horreur, si votre vœu eut été libre, ont fait du plus riche et du plus florissant des royaumes un cadavre de république, objet de pitié pour ceux qui l’habitent et d’horreur pour les peuples étrangers. Que ces arbres dépouillés de leur verdure, tristes images du trône dépouillé de sa splendeur, que ces vains emblèmes de la licence tombent dans la poussière et que le drapeau blanc, signe de bonheur et d’allégresse pour les français, flotte sur les remparts de nos cités et sur les clochers de nos fidèles campagnes.
C’est alors que fermant le temple de Janus, nous y déposerons nos armes ; c’est alors que terminant une guerre dont les défaites ou les triomphes ne sont que de vraies calamités pour notre mère-patrie, nous proclamerons avec la paix de la France le repos de l’Univers. C’est alors que confondant dans l’amour du bien public tous nos dissentiments personnels et jusqu’à nos moindres sujets de mécontentement réciproque, de quelque parti, de quelque opinion que nous nous soyons montrés, pourvu que nos cœurs et nos mains n’aient point trempé dans le crime, nous nous réconcilierons, nous nous unirons tous au sein de la paix, pour opérer le bien général et donner à la France, avec son roi et son culte catholique, le bonheur qu’elle attendit en vain de ses représentants infidèles. Tels sont, nous osons le répéter et le proclamer hautement, tels sont nos vœux, tels sont les vœux de tous les français ; qu’ils osent les manifester et la France est sauvée.
Fait au quartier-général à Fontenay-le-Comte, ce 27 mai 1793, l’an 1er du règne de Louis XVIl.
Bernard de Marigny, des Essarts, de la Rochejaquelein, Lescure, Duhoux d’Hauterive, Donnissan, Cathelineau, Stofflet, de Dommaigné et autres.
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
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