LES PRUSSIENS EN AMÉRIQUE 1776-1783

LES PRUSSIENS EN AMÉRIQUE 1776-1783

Message par vailcour » Samedi 13 Décembre 2008 19:20:14

Bonjour à tous,

LES PRUSSIENS EN AMÉRIQUE 1776-1783

Quinze ans après avoir chassé la France de l’Amérique du Nord, les Britanniques doivent faire face à la révolte de leurs Treize Colonies. Bien des Anglais acceptent mal de se battre contre leurs frères, les Américains. De toute façon, l’Angleterre manque de soldats.

Le roi d’Angleterre se tourne alors vers l’Empire germanique: environ 30 000 soldats seront recrutés et amenés en Amérique dont 12000 au Québec et 18000 dans les colonies nord-américaines

Que sait-on de ces mercenaires, les grands oubliés de l’histoire de la révolution américaine?

MERCENAIRES DEMANDÉS

«L’Angleterre ne renoncera jamais à ses colonies» avait lancé George III, poussé par l’enjeu d’instaurer une monarchie totale dans son royaume; puis, il avait ajouté qu’il se ferait respecter par les armes. Néanmoins, cette force annoncée par le roi, l’Angleterre ne la possède tout simplement pas. En effet, un peu plus de 45000 hommes répartis à travers le globe composent l’armée britannique de 1775.

En Amérique, les rapports en provenance du major général, Guy Carleton, (Québec) démontrent qu’il ne dispose plus que de 850 hommes Ceux du général Thomas Gage, à Boston, indiquent qu’il ne peut compter que sur 8000 soldats dans des circonstances qui en nécessiteraient à elles seules 25000.

Le roi George III d’Angleterre qui est d’ascendance allemande par George Ier, son arrière-grand-père, est également électeur du Hanovre, un des nombreux états allemands de l’Empire germanique.

Il fait appel 4000 soldats hanovriennes par voie de recrutement; cette approche n’obtient guère le succès escompté puisque seulement 250 nouvelles recrues répondent à son appel.


L’Angleterre se doit donc de faire appel à une aide qui lui viendrait de l’extérieur.

Invité par le premier ministre russe, M. Panin, qui désire s’informer sur l’évolution de rébellion des colonies du Sud, l’ambassadeur britannique à Moscou, un nommé Gunning, profite de l’occasion qui est offerte pour s’enquérir des intentions russes dans l’éventualité d’un recours anglais à des forces étrangères. Dans sa réponse, Panin fait état de l’affection de la grande Catherine de Russie pour les Anglais. L’ambassadeur Gunning se méprit sur le sens de cette réponse, qu’il assimilait à un engagement moral des Russes.

L’impératrice fait parvenir quelque temps plus tard une missive au roi anglais faisant une mise aux points.

«Je commence à peine à jouir de la paix et Votre Majesté n’ignore pas que mon empire à besoins de repos. Il y a une inconvenance à employer une armée aussi considérable, dans un autre hémisphère, sous une puissance dont elle ne sait presque rien. En outre, je ne peux m’empêcher de réfléchir aux conséquences qui résulteraient pour notre dignité pour celle des deux monarchies et des deux nations de la conjonction de nos forces uniquement pour apaiser une rébellion qui n’est soutenue par aucune puissance étrangère.»

George III fit appel à la Hollande:

L’ambassadeur anglais à La Haye Joseph Yorke, fit remarquer que la Hollande que ce pays à une dette morale envers les Anglais. Toutefois, les Hollandais ne sont guère plus sympathiques à la cause du roi George, le baron von der Capellan, soutient «qu’une république ne devrait jamais apporter son concours dans un conflit qui a pour but la répression de la liberté.»

Néanmoins, dans la crainte d’offenser le roi anglais on lui offre très adroitement une brigade mais à l’unique condition que cell-ci ne combatte pas hors des frontières européennes. Le roi George III refuse.

«Il ne reste donc à l’Angleterre, même si les négociations s’annoncent plus longues et difficiles en raisin du nombre des traités à conclure, qu’à prêter encore une fois une oreille attentive aux princes allemands. D’autant plus qu’aux lendemains des affrontements de Bredd’s Hill et de Bunker Hill, quatre princes allemands flairant la bonne affaire, ont déjà offert l‘ardeur et le sang de leurs sujets»

Il s’agit du comte Wilhelm de Hesse-Hanau, cousin de George III, du margrave d’Ansbach -Bayreuth, Karl Alexandre, neveu de Frédéric « le Grand» de Prusse, du prince Friedrich de Woldeck, ainsi que du prince Frédéric Auguste de Anhalt-Zerbst, frère de la grande Catherine de Russie dont l’offre généreuse allait dorénavant être scrupuleusement étudiée.

Des novembre 1775, le cabinet anglais décide de mettre en branle le processus de négociation devant l’urgence de la situation. La rébellion américaine doit être étouffée dans les plus brefs délais. Le secrétaire d’État, Lord Suffolk, donne alors ses instructions au colonel William Faucitt, qu’il se doit d’en arriver à un accord avec les princes allemands tout en minimisant les coûts encourus. Quelques jours plus tard, Faucitt prend alors le chemin du Saint Empire romain germanique.

Dans un article prochain, nous suivrons la trace de ce négociateur et prendrons connaissance des protocoles d’entente avec les princes allemands, de cet incroyable maguignonnage

LIEN`
En mai 1775, les Américains envahissent la «Province de Québec»

http://www.geocities.com/vailcour/Livingston3.html

Cordialement

Sources

:«Les mercenaires allemands au Québec 1776-1783»(1)
Auteur: Jean-Pierre Wilhelmy.

La collection Haldimand, (Archives de l’Université Laval)
L’histoire populaire du Québec (Jacques Lacoursière.)
Les Archives Natinales du Québec.


(1)Les éditions du Septentrion
1300, ave Maguire
Québec, Qc
G1T 1Z3

*
vailcour
 
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Re: LES PRUSSIENS EN AMÉRIQUE 1776-1783

Message par BRH » Dimanche 14 Décembre 2008 00:13:37

Merci pour ce rappel. Effectivement, les contingents prussiens survinrent à point nommé pour renforcer l'armée anglaise...
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
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BRH
 
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Re: LES PRUSSIENS EN AMÉRIQUE 1776-1783

Message par vailcour » Mercredi 31 Décembre 2008 03:39:23

Bonjour à tous

LES NÉGOCIATIONS

Le Duché de Brunswick: 5773 officiers et soldats
L’ambassadeur du roi anglais, William Faucitt, un mois à peine après son arrivée dans le Brunswick, soit le 9 janvier 1776, conclut une entente avec le représentant du duc Charles, le baron Féronce von Rotenkreuz.

Le traité exige alors qu’il fournisse 3964 fantassins et 336 dragons (à pied lesquels serviront temporairement dans l’infanterie, du moins, jusqu’à ce que l’on leur procure des chevaux. Le duc se devra bien les équiper et ses troupes devront jurer fidélité à la couronne britannique, qui en retour, leur garantira le même traitement qu’à ses propres soldats.

Puisqu’ils auraient à marcher du Brunswick aux ports d’embarquement, George III s’engage à prévenir les désertions alors qu’ils auront à traverser ses territoires hanovriens.

Le duc, de son côté, devra remettre les sommes payées aux soldats; néanmoins on jugera bon, une fois ces derniers rendus en Amérique, de leur faire parvenir directement leur dû.

Quant aux malades et blessés brunswickois ils seront soignés dans les hôpitaux anglais, et ceux dont la condition ne leur permettra plus de poursuivre le combat devront être rapatriés en Allemagne aux frais de la couronne anglaise.
Quant aux décès dus aux transports, aux sièges ou encore aux épidémies ou maladies contagieuses l’Angleterre s’engage à payer ceux qui les remplaceront jusqu’à ce que ceux-ci soient arrivés en Amérique.

Le duc, pour sa part, se réserve les droits de remplacer les postes vacants et de nommer ses officiers ainsi que celui de juger des actes de ses soldats.

Clauses monétaires:
Monétairement, l’Angleterre s’engage à payer la somme de £7, 4 S, 4½d (environ 35$)
pour chacun de ces soldats ainsi que des bonis supplémentaires durant leur séjour en Amérique et même deux années après leur rapatriement

De plus le duc touchera, pour chacun de ses hommes qui sera tué, une somme de £7, 4S, 4½d et un remboursement égal pour trois blessés invalides.

Cette dernière clause du trait en fera bondir certains qui ne manqueront pas de qualifier ces négociations de marchés humaines et le prince de vendeur d’âmes.

À la mort du duc Charles Ier en 1780, le successeur son fils Wilhelm Ferdinand dans son entente avec le représentant du roi anglais, ordonnait à ses hommes coupables de crimes, de mauvaise conduite, d’incapacité ou encore d’invalidité de demeurer en Amérique.
Au grand total, 5723 officiers et soldats brunswickois auront été envoyés outre-mer à la fin des hostilités; de ce nombre 2708 seulement retourneront en Allemagne.

Soulignons qu’un grand nombre d’entre eux se sont installés aux États-Unis et au Québec où ils ont fait souche et laissé une nombreuse descendance.


-Le landgraviat de Hesse-Cassel : 16992 officiers et soldats:
Parmi les souverains allemands qui en viendront à conclure une entente avec la Couronne anglaise, le landgrave de Hesse-Cassel, Frédéric II (à ne pas confondre avec Frédéric le Grand de Prusse), est certes le plus important. Gouvernant une population de près de 300 000 âmes, à majorité protestante ce dernier n’est pas homme à se laisser dicter sa conduite par qui que ce soit; aussitôt s’est-il converti récemment au catholicisme.

Le traité, signé le 15 janvier 1776 par son ministre d’État , le général baron Ernst Von Schlieffen, sera certes la plus avantageuse des ententes conclues par les princes allemands Dans son ensemble, le traité du landgrave sera similaires à celui du duc de Brunswick, les principales différences résidant dans le rejet de la clause contestée (remboursement du soldat tué et de son équivalent) une aide militaire que s’assure Cassel de l’Angleterre, en cas d’attaque en territoire européen, ainsi qu’une clause par laquelle les blessé hessois seront soignés par des médecins de Hesse et ce, dans des hôpitaux hessois.

En fin, la chose qui se révélera la plus importante pour Frédéric II, c’est qu’il touchera au bout du compte, pour chacun de se soldats, le double des subsides touchés par le duc de Brunswick. Par ce traité, 12500 soldats de Hesse-Cassel, répartis en 15 régiments de 5 compagnies chacun, prendront le départ du premier convoi de mercenaires allemands vers l’Amérique. Au total, Frédéric II de Hesse-Cassel sera, des princes allemands, celui qui aura envoyé le plus de soldats outre-mer, soit 16 992. De ce nombre 6500 ne retourneront pas en Allemagne.


- Comté de Hesse-Hanau: 2422 soldats
Le prince héritier de Hesse-Cassel, le comte Wilhelm de Hesse-Hanau vit dans la petite principauté de Hesse-Hanau. Bien qu’il soit le légitime héritier de Casse, sa cour n’entretieent pas de bonnes relations avec celle de son père. Cependant, en tant que fils du landgrave, Wilhelm n’échappe pas là la tradition familiale de louer des troupes et, dès 1775, il n’hésite pas à offrir à son cousin George III, les services de ses loyaux sujets

Malgré ces offres hâtives d’août 1775, à la couronne britanniaque, ce n’est que le 5 février 1776 que le baron Friedrich von Malsbourg, émissaire du prince héritier signe une traité avec le colonel Faucitt. Tout comme les deux traités précédents, les termes de base demeurent, à quelque chose près, similaires Toutefois, pour Hanau, il s’agira de 668 hommes d’infanterie ainsi que d’une compagnie d’artillerie de 120 soldats qu’elle louera eu roi anglais.. Le comte entérinera à l’instar du duc de Brunswick,, la clause tant discutée et aura fourni à l’Angleterre, à la fin des combats, 2422 soldats dont 1400 d’entre eux retourneront en Allemagne. La plupart des autres ont décidé de demeurer en Amérique dont un bon nombre au Québec.

Principauté de Waldeck: 1225 officers et soldats
L’étape suivante pour le colonel William Faucitt est la petite principauté de Waldeck dont le territoire est adjacent à la frontière ouest de Hesse-Cassel. Victime, comme c’est souvent le cas à cette époque, d’une tradition de mercenariat, sa population est de plus soumise depuis 1755 à un décret ordonnant la conscription de tous les éléments mâles en âge de faire la guerre, exception faite des étudiants universitaires.

Suite au traité signé le 20 avril 1776, 1225 soldats et officiers de Waldeck auront été envoyés en Amérique, desquels 505 seulement retourneront en Allemagne.


Principauté de Ansbach-Bayreuth: 2353 officiers et soldats
Un autre traité est signé le 14 janvier 1777 avec la principauté de Ansbach-Bayreuth laquelle s’engage à mettre au service de l’Angleterre un total de 2353 officiers et soldats dont 1183 reverront l’Allemagne.

Principauté de Anhalt-Zerbst 1160 soldats
Finalement en octobre 1777, un traité est signée avec la principauté de Anhalt-Zerbst et selon lequel 1160 officiers et soldats seront envoyés pour servir en Amérique. De ce nombre 984 hommes reviendront en Allemagne

À suivre:
-Transport des troupes aux ports d’embarquement, sous haute surveillance
-Une traversée éprouvante
-Arrivée à Québec.

LIEN:
Les mercenaires allemands en Amérique

http://www.geocities.com/vailcour/Prussiens1.html

Cordialement
vailcour
 
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