L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par hibernatus » Samedi 31 Juillet 2010 18:55:36

Pour avoir une bonne idée de ce qui s'est passé le 13 septembre 1759 et du cheminement de Wolfe, il y a la carte de Québec en 1760 de Samuel Holland, que l'on retrouve dans le livre de L'Italien, Palomino, et Vaugeois, La Mesure d'un Continent, Septentrion, pp. 228-9. Holland a été le cartographe officiel de la "province of Quebec" après la conquête, avait été membre de l'état-major de Wolfe le 13 septembre 1759, et dit même avoir été à ses côtés au moment de sa mort. Sur cette carte, il donne des indications du trajet des Anglais après leur débarquement, puis de leur position en attendant les Français, puis la position des Français à compter de la butte à Nepveu près de la falaise, de l'avance anglaise au moment du combat (difficilement visible sur la carte, en forme de rectangles à cotés pointillés). Cette carte. à mon avis, mérite d'être étudiée à la loupe, comparée à ce que nous fourni GoogleEarth de nos jours, et même d'aller sur place pour avoir une meilleure idée de la topographie des lieux, ce qui a probablement eu une certaine importance lors de ce combat.
hibernatus
 
Message(s) : 11
Inscription : Mercredi 19 Septembre 2007 18:37:40
Localisation : Montréal, P. Québec, Can.

Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par Raymond » Lundi 09 Août 2010 14:53:52

Bonjour à tous

J'arrive de mes vacances au cour desquelles j'ai participé aux commémorations de la bataille de la Restigouche. J'en ai profité pour faire enquête concernant la cargaison des navires français qui y furent coulés et qui apportaient les renforts et munitions demandées par le général Lévis. Or, oh surprise!, on n'y trouve pas les munitions de 24 livres demandées pour mener le siège de Québec. Ce qui signifie que, même si cette flotille était parvenue à Québec avant les Britanniques, Lévis n'aurait pas été en mesure de finir le siège. Y parait qu'il y a eu des malversations au port d'embarquement et que ces mêmes malversations expliquent le retard pris par la flotille pour prendre la mer. D'autre part, les renforts demandés par Lévis dans sa lettre au Ministre de la Marine auraient exigés l'envoi de 40 vaisseaux alors que la Marine Royale dans son entier n'en disposait pas de tant.

Oups!

L'ingénieur du Roy
Raymond
 
Message(s) : 22
Inscription : Vendredi 01 Février 2008 01:57:15

Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canad

Message par Raymond » Mercredi 06 Avril 2011 03:04:32

Bonjour à tous

J'ai pu consulter le journal de Lotbinière de 1759 conservé à New-York et j'ai fait les constatations suivantes.

Ce serait entre minuit et une heure que les patrouille françaises ont entendu des berges vers la Pointe Lévy et c'est entre 3 et 4 heure qu'ils ont entendu du canon du côté de l'Anse des Mers et Moncalm envoi Lotbinière au régiment de Guyenne pour y envoyer les 2 piquets et rassembler le régiment pour suivre.

Montcalm est arrivé sur les Hauteurs d'Abraham en chaise comme Vaudreuil un peu plus tard. Une petite recherche sur Wikipedia en anglais m'a permis de trouver qu'en 1759, une chaise en français était un véhicule à deux roues tiré par un seul cheval. D'ailleurs, il note que les 4 premiers coups de canon britanniques ont visé Vaudreuil dans sa chaise.

Les tirs de peloton ont commencés vers 6 h 45. À 8 h le tir s'intensifia au moment ou le général arriva dans sa chaise. C'est aussi à 8 h que les britanniques s'emparèrent de la maison de Borgia Levasseur.

Mr Dumas avec sa troupe repoussa les britanniques par deux fois de suite fusillant au travers des pieux de l’enclos et des ouvertures de la maison. Ils mirent le feu à la maison. Après avoir eu des renforts. les Britanniques ont repoussé la troupe de M. Dumas à 9 heures. Vers dix heures, le général se trouva monté à la côte d’Abraham (C'est le nom du chemin) sur la droite des épinette. Lotbinière se rendit en présence des 2 armées qui se préparaient a un choc prochain. L’instant suivant, le feu de mousqueterie qui n’avait été jusques là que par feu de peloton devint décharge universelle. Il engagea Mr le général à monter à cheval lui disant que l’affaire était entièrement engagé. Lotbinière se rendit tout de suite à la vue de l’ennemi pour pouvoir l’informer de ce qui se passait. Lorsqu'il fut sur la hauteur il vit par la quantité de balle qui passait à côté et au dessus de lui que l’ennemi avait un feu plus nourri que celui des français. Il mit pied à terre pour avoir son cheval prêt à le transporter au cas de blessure et le livra a un soldat qui le descendit a mi côte.

Comme il débouchait des épinettes et qu'il aperçoit a peine l’ennemi qui devait être a 60 pas des français et qui faisait filer sa décharge de mousqueterie de sa gauche a sa droite laquelle dura ¾ de minute a peu près. Il vit un tourbillon de nos soldats fuyant a toute jambes et venant se présenter au sentier par ou je passe. Les officiers crièrent d'arrêter et il leur criait de même et il se jetta sur les 1er pour les empêcher de passer. Il fut porté par le torrent des fuyards jusqu’à quelques pas de son cheval qu'il gagna au plus vite et il se rendit à l’instant à Vaudreuil qui était engagé entre la ville et les fuyards. Il l'informa de la déroute universelle de l’armée et l’impossibilité ou il était de les rallier. Il lui dis qu’il n’avait que 2 partis a prendre à savoir; s’il entrait dans la ville, l’ennemi pouvait le couper sur sa droite qui était la route des fuyards mais qu'il serait forcé de capituler pour tout le pays ou bien il gagnait le haut de la Côte d’Abraham d’où il apercevrait la manœuvre de l’ennemi dont il pourrait se dégager pour gagner la campagne si les Britanniques cherchaient a le couper. Vaudreuil suivit cet avis et, de la, il assembla de sa voix et par le secours de Mr Duchesnai, Lotbinière et quelques autres 8 cens canadiens.

Lotbinière descendit dans la plaine et rassembla environ 3 cents hommes qu’il plaça a l’instant avec les 1er au revers des hauteurs d’Abraham. Ils arrêtèrent par leur feu l’ennemi l’empêchant de déboucher. Il ne fut pas profitable de rallier la troupe qui était toute confondue. Elle gagna assez précipitamment le pont où elle s’arrêta. Cependant Mr de Montcalm voyant sa troupe se rompre en entier fit sa retraite personnelle et ce faisant il reçu deux blessures l’une près des reins l’autre qui lui plongea dans la vessie. On l’entra dans québec ¾ d’heure après la déroute. On rappela ce qui restait des pelotons au revers des hauteurs d’Abraham voyant que les pelotons de l’ennemi commençaient à s’avancer. On sortit les poudres du dépôt dans la plaine. Lotbinière se rendit a l'hôpital général pour rappeler le monde qui avait pu s’y réfugier et il fit partir du monde pour rompre le pont au 1er camps le long de la rivière St-Charles.

Il proposa à son retour de faire une banquette (type de fortification) pour faire servir notre retranchement de St-Roch (il était construit pour défendre dans l'autre sens d'ou l'idée de construire une banquette pour tirer dans l'autre sens). Il ne se trouva point d’outils pour l’exécution de son projet. D’aileurs Mr Le Chevalier de Montreuil Major général de l’armée l’assura que les soldats en ce moment n’étaient pas capable de faire cet ouvrage sous le feu de l’ennemi surpris comme il l’étaient à cet instant. Il fallut donc se rendre à notre position de Beauport et du sault pour donner le temps aux esprits de se rassoir. On fit rompre un des 2 ponts au passage et on laissa à l’ouvrage qui les couvrait bonne garde avec trois pièces de canon qui l’enfilaient.

Vaudreuil assembla les commandants de corps, l’intendant, Mr de Pont Leroy ingénieur en chef a qui il proposa l’idée de tenter une 2e attaque sans donner le temps de la réflexion a l’ennemi après avoir rassemblé toutes ses forces même celles confiées a Mr de Bougainville qui était l’élite et qu’il croyait qu’avec cette nouvelle armée qui était fraîche et plus nombreuse qu’à la première attaque nous réussirions peut-être a déloger l’ennemi des hauteurs au-devant de Québec. Tous opinèrent universellement que nous n’avions pas de plus sûrs moyens pour sauver le Canada que de nous retirer tout à coup à jacques cartier qui était la position la plus à portée tant pour rassembler entièrement nôtre monde que pour nous mettre a portée de nos vaissaux et vivres. Qu’en risquant une 2e action nous ne le pouvions que dans un jour au plus tard tant nôtre troupe était surprise et fatigué et que nous trouverions l’ennemi déjà couvert et par conséquent hors d’état de les attaquer puisque la majeure partie de nos troupes quoique bonne n’était pas en état d’attaquer des retranchements manquant de bayonnettes (je pense qu'il parle des grenadiers qui sont les spécialistes du combat à la baïonnette) et qu’échouant a cette attaque nous nous trouverions peut-être obligé à rendre à l’instant suivant la colonie aux conditions que voudrait l’ennemi au lieu que par une retraite à ce poste nous nous trouvions à même d’arrêter le progrès de l’ennemi et conséquemment nous conserver la colonie.

Pour cette raison plus que suffisante pour déterminer à une retraite prompte pour aller aussi promptement qu’il serait possible au lieu qu’on devait regarder comme certain pour l’objet proposé et que l’ennemi ne pouvait forcer. Vaudreuil insista encore mais voyant les risques que courraient à l’instant la colonie si on ne réussissait pas, il se détermina à la retraite telle qu’on la demandait, il ordonna de prendre le plus de tentes qu’il fut possible ainsi que des poudres et autres munitions que nous avions au départ de la pièce du pont. À 10 heures du soir l’armée se mit en marche par Charlesbourg et Laurette. On fit jeter à l’eau quelques poudres qu’on ne pouvait transporter faute de voiture. On fit replier Mr de Bougainville à la fourche du chemin de Ste Foy à Laurette.

La lecture de ce compte rendu permet d'affirmer que Vaudreuil était bien sur les Hauteurs d'Abraham et donne une foule de détail qui confirment le récit des ouvrages les plus récents.

L'ingénieur du Roy
Raymond
 
Message(s) : 22
Inscription : Vendredi 01 Février 2008 01:57:15

Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canad

Message par memorial montcalm » Mardi 28 Février 2012 04:03:20

Cérémonies du tricentenaire de naissance du marquis de Montcalm

Il y a exactement 300 ans naissait Louis Joseph de Saint-Véran, marquis de Montcalm et baron de Gabriac. Pour souligner le tricentenaire de naissance du marquis de Montcalm les activités entourant les célébrations sont commencées dans sa ville natale à Vestric-Candiac en collaboration avec le gouvernement du Québec. Pour l'occasion une plaque commémorative vient d'être dévoilée. Les cérémonies se poursuivront au Québec durant les fêtes de la Nouvelle-France qui se tiendront au mois d'aout. Retrouvez toutes les informations concernant les cérémonie sur le site du Mémorial International Saint-Véran de Montcalm

http://memorialmontcalm.e-monsite.com/
memorial montcalm
 
Message(s) : 1
Inscription : Lundi 27 Février 2012 14:56:50

Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canad

Message par BRH » Mardi 28 Février 2012 16:49:17

Bonjour,

Merci pour l'annonce. N'omettez pas de vous présenter. C'est ici :


viewforum.php?f=16
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
Avatar de l’utilisateur
BRH
 
Message(s) : 3748
Inscription : Lundi 22 Janvier 2007 18:18:29

Précédent

Retour vers Les Temps Modernes (1589-1789)

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité

cron