L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par Raymond » Jeudi 19 Février 2009 06:29:53

Bonjour à tous

En réponse aux commentaires de Valcour

Du 15 juillet au 13 septembre 1759, les murs de Québec n'ont pas été attaqués car ils sont impossibles à atteindre de la Pointe Lévis puisque les murs sont parallèles au tir des canons britanniques. À remarquer que lorsque l'ingénieur chef Pontleroy observe la mise en place des batteries britanniques à la Pointe Lévis, il calcule que ceux ci toucheront la basse ville mais que la haute ville est hors d'atteinte. Le lendemain, les britanniques lui prouveront qu'il a tord.

Après l'engagement du 13 septembre, les britanniques feront monter 60 canons et 58 mortiers le long du santier de l'Anse-au-Foulon. Le 17 septembre, ils étaient prêt à ouvrir le feu en même temps que 8 navires de ligne de l'Amiral Saunders qui approchaient pour attaquer la basse ville. C'est à ce moment que Ramesay a fait hisser le drapeau blanc et envoyé le Major Joannès dans le camp britannique pour négocier la capitulation de Québec.

À noter que les britanniques disposaient de 47 canons de 24 pdr, 32 canons de 12 pdr et 21 canons de 6 pdr. Un seul canon de 24 pdr est suffisant pour faire tomber un bastion comme le démontrera Lévis au printemps suivant en détruisant le bastion de la Glacière. Il sera incapable de faire tomber le bastion St-Jean par manque de munition. On comprendra que si Lévis a fait tomber un bastion avec un seul canon, quel aurait été l'effet de tirer avec une trentaine de canons du même calibre (OK, les livres françaises sont légèrement plus lourdes que les livres britanniques, juste assez pour que les français puissent utilliser les boulets britanniques mais pas le contraire.)

Dans le cas du siège des américains en 1775, ils ne disposeront que de quelques motiers qui ne feront presque pas de dégats et quelques canons que Lamb tentera d'utiliser mais qui ne sont pas d'un calibre suffisant et qui seront détruits par les canons britanniques d'un calibre bien supérieur. Les Américains ne disposaient pas d'une flotte pour appuyer leur siège et fournir les canons de gros calibre.

En ce qui concerne les provisions, nous disons la même chose concernant l'approvisionnement venant de Batiscan qui était dans les navires arrivés au printemps. D'ailleurs, je suis d'accord que Wolfe a commis une erreur en attaquant à l'Anse-au-Foulon au lieu de suivre l'avis de ses brigadiers qui unanimement recommandaient d'attaquer en amont vers la Pointe-Aux-Trembles ce qui aurait coupé l'approvisionnement et la retraite, et aurait forcé Montcalm d'attaquer les britanniques retranchés ce qui aurait sans doute mis fin aux opérations dans la province du Canada.

Le 15 septembre 1759, Ramesey constate qu'il reste environ 15 à 16 milles demi rations pour alimenter 6000 personnes. Combiné avec l'action de l'artillerie et de la marine britannique le 17, Ramesay décide d'entamer les négociations.

Pour ce qui est de Vaudreuil, je n'ai aucune indications qu'il était à la Rivière Jacques Cartier le 13 septembre au matin. Il apprend le débarquement des britanniques d'une note envoyée par le Chevalier de Bernetz qui commande la basse ville. On trouve cette note en annexe du rapport de Vaudreuil. Il se plaint d'ailleurs de l'avoir appris après Montcalm ce qui explique qu'il est à la suite de l'armée. Comme je l'ai déjà indiqué dans une note antérieure, le journal de Lotbinière conservé à New-York confirme la présence de Vaudreuil sur les Plaines d'Abraham près de Montcalm au moment ou il est mortellement blessé. Après la retraite à Beauport, Il écrit trois messages dans la soirée. Le premier demande à Montcalm son avis sur la suite des opérations. Le second est adressé à Lévis pour lui demander de revenir. Le troisième est adressé à Ramesay.

Raymond, l'ingénieur du Roy
Raymond
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par vailcour » Jeudi 19 Février 2009 22:13:46

Bonjour à M. Raymond et à tous,

C’est beaucoup de sujets à traiter à la fois. Je me limiterai cette fois-ci au nombre impressionnant de canons soient 60 que les britanniques auraient fait monter sur les Plaines entre le 13 de s et le 17 de septembre 1759

Je cite:
«Après l'engagement du 13 septembre, les britanniques feront monter 60 canons et 58 mortiers le long du sentier de l'Anse-au-Foulon. Le 17 septembre, ils étaient prêt à ouvrir le feu en même temps que 8 navires de ligne de l'Amiral Saunders qui approchaient pour attaquer la basse ville. C'est à ce moment que Ramesay a fait hisser le drapeau blanc et envoyé le Major Joannès dans le camp britannique pour négocier la capitulation de Québec.»

Voici un extrait des Archives nationales du Canada cahier de l‘année 1905

Le rapport Townshend du 20 septembre 1759

Dépêche envoyée par Townshend, à William Pitt le 20 septembre 1759, contenant un compte rendu officiel de la prise de Québec. La dépêche et les articles de capitulation qui l’accompagnaient, sont conservés dans le « Public Record Office », à Londres, et se trouvent dans le vol. 88 des documents concernant « l’Amérique et les Indes Occidentales. »

Dans sa dépêche le général Townshend parle ainsi de la capitulation.-

«Le 17 à midi, avant qu’aucune batterie ne fut érigée, ce que nous ne pouvions faire que dans deux ou trois jours, des conditions de capitulation nous furent proposées par un parlementaire(l) que je renvoyai à la ville, n’accordant à l’ennemi qu’un délai de quatre heures pour capituler, après quoi il ne lui serait pas accordé de traité.»

«Les routes sont dans un tel état que pendant quelque temps nous n'avons pu transporter un seul canon, et si nous ajoutons à ce qui précède, l’avantage d’entrer dans une ville encore protégée par des murs et d’y maintenir une garnison assez forte pour prévenir toute surprise, ces considérations paraîtront suffisantes, je crois, pour accorder les conditions de capitulation que j’ai l’honneur de vous transmettre.»

Le rapport Townshend et l’étrange capitulation de Québec
http://www.vigile.net/L-etrange-capitulation-de-Quebec

L’affirmation à l’effet que Vaudreuil se trouvait sur les plaines au côté de Montcalm et qu'il ne serai pas à Jacques Cartier, est d’une grande importance. IL serait important que vous nous citiez vos sources. Si c’était le cas ce serait toute la charpente de cette géniale mystification qui s' écroulerait.

LIENS:

Document des archives du Canada, volume 1905
http://www.geocities.com/vailcour/File0172quecap.html

cordialement
J. Vaillancourt
*
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par Raymond » Vendredi 20 Février 2009 05:22:57

Bonjour à tous

En réponse à Valcour

Le compte rendu de Townshend ne contredit pas nécessairement le rapport de Saunders du 21 septembre. En effet, Townshend écrit "pendant quelque temps nous n'avons pu transporter un seul canon". Lorsque l'on dit "quelques temps" cela signifit rarement quelques jours. De plus, cet énoncé ne dit en rien qu'il n'y avait qu'un seul canon en place mais plutôt que pendent quelques temps aucun canon n'a pu être transporté.

Est-ce que les batteries britanniques étaient prêtes à tirer? Il est possible que non mais Ramesay y a cru et avec le mouvement de la flotte britannique il n'a pas pris de chance. On peut penser aujourd'hui dans nos fauteuils de salon que ce n'est pas fort comme décision mais, sur place, il y avait beaucoup de pression pour capituler et ils ne bénéficiait pas de l'omniscience dont nous bénéficions. Seul un officier d'artillerie, le Capitaine Fiedmont, fut d'avis qu'il fallait réduire les rations à 1/4 pour retarder la reddition. Les 13 autres officiers étaient tous d'avis qu'il fallait se rendre.

Pour ce qui est de la présence de Vaudreuil à Beauport, Stacey page 151 situe sa position dans le camp de Beauport le matin du 13 septembre. Pour ce qui est de la présence de Vaudreuil sur les Plaines, voir le journal de Lotbinière du 1er septembre au 30 septembre 1759 que l'on peut trouver à la New-York Historical Society (Canada-Lotbinière Mss, journal, reports, misc, papers). Je soupçonne que les Archives nationales du Canada en ont une copie. Selon moi, il y a prépondérance de preuve à l'effet que Vaudreuil était sur les Plaines vers la fin de la bataille qui fut très brève. Si quelqu'un a une référence qui indique que Vaudreuil était à la Rivière Jacques-Cartier le matin du 13 septembre, j'aimerais la connaitre.

Raymond, l'ingénieur du Roy
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par vailcour » Vendredi 14 Août 2009 02:24:09

Sur le FORUM de la BBC
«Blowing up the reality to make it more glorious»

Au FORUM de la BBC le 6 décembre 2006 M Paul Ryckier intervenant sur le sujet en cours soit la dite Bataille des Plaines d’Abraham laissait tomber le commentaire suivant:

«Blowing up the reality to make it more glorious»

En effet gonfler ou souffler la réalité pour rendre la chose plus glorieuse
Ce commentaire ne peut être plus juste.

Et pour bien illustrer l’à propos de cette intervention, on n’a qu’à faire la compilation des différentes évaluations des pertes subies qu’avaient cours dans les récits traitant de la dite bataille des Plaines d’Abraham au fil des années.


Évaluation des pertes dans «l’Affaire du 13» désignée ainsi dans les registres de l’Hôpital général de Québec

-1er bilan: 1500 morts ( année1848)

Lorsque nous étions écoliers on nous faisait part que les pertes subies à la bataille des Plaines d’Abraham étaient de 1500 morts du côté français (33% des effectifs engagés)

Dans les faits le petit manuel d’histoire ne faisait que reproduire un extrait de l’ouvrage de François Xavier Garneau (1848) pourtant l’un des meilleurs historiens du Québec
dans cet ouvrage il avait cité en outre 700 tués du côté anglais.

Pas étonnant que plusieurs générations aient été traumatisées a la lecture de ce résultat et qui leur fut répété à satiété même encore aujourd’hui, comme quoi nous étions de «grands vaincus.» On se proposait même commémorer le 250e anniversaire en grandes pompes en septembre 2009.

Et de par le monde on a fait courir que les Français avaient été écrasés à la dite bataille des Plaines d’Abraham ce 13 septembre 1759. Pour le Feld Maréchal Montgomery, ce fut la plus grande bataille de l’histoire,


-Autres bilans: de 600 à 300 blessés selon différents auteurs

Puis à mesure que l’on avançait dans les études, les pertes se réduisaient à 600 tués toujours du côté français. Par la suite au hasard de nos lectures les pertes s’établissaient à quelque 300 tués.


Voici les autres évaluations:
.
-Soldiers’s Account Boston, Novembre 1759
On mentionne 139 morts du côté français et 46 du côté anglais toujours avec un effarent nombre de blessés. 600 de part et d’autres

Le Canada. une histoire populaire: Télésérie(Gouvernement fédéral)
Du côté anglais: 67 morts et 600 blessés
Du côté français: 220 morts et 400 blessés.

Tout ça en 11 minutes tel que claironné lors de la présentation du 400e de Québec le 3 juillet 2008. Un carnage à coup de mousquets tirant surtout dans le tas à raison de 2 coups par minute.

-Les Archives nationales du Québec: 137 morts (1930-31)
Lors de l’affrontement du 13 septembre au matin d’une durée de moins de 20 minutes le rapport de l’archiviste de la Province de Québec (Années 1930-1931) fait état de 137 officiers et soldats français tués.

-Dans l’Histoire populaire du Québec (Jacques Lacoursière)
On n’avance aucun chiffre

,L’ auteur de ces évènements n’avance plus de chiffres et ne fait aucune évaluation.
C’est aussi le cas pour les nouveaux auteurs qui traitent de ce sujet.

-Les Archives de Hôpital général de Québec:
9 soldats français décédés des suites de leurs blessures.

Les registres de l’Hôpital Général, dans la semaine du 13 septembre indiquent que neuf soldats (bien identifiés) sont décédés des suites de leurs blessures résultant de leur participation à « l’Affaire du Treize » Si le chiffre de 137 est exact il faut en conclure que 128 soldats furent tués sur le coup.

Signalons que tous les blessés du côté français étaient transportés à l’Hôpital Général où les registres étaient rigoureusement tenus.

Pour fin de comparaisons.

-Le 28 avril 1760
Pour la journée du 28 avril 1760 et des jours qui ont suivi, l’Hôpital Général indiquent que 223 soldats sont décédés des suites de leurs blessures résultant de leur participation à la seconde Bataille des Plaines d‘Abraham d’une durée d’au moins 6 heures, faussement appelée aussi Bataille de Ste-Foy.
Suite à cet affrontement, les soldats anglais furent refoulés à l'intérieur des murs. Alors que l'on attendait la reddition et de ce fait la reprise de Québec, les navires anglais ammenant les renforts arrivèrent.


LIEN
La reddition de Québec du 18 septembre 1759:
Un acte de HAUTE TRAHISON

http://www.vigile.net/La-reddition-de-Quebec-un-acte-de


Cordialement
vailcour
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par Raymond » Mardi 25 Août 2009 23:15:48

Bonjour à tous et bienvenu dans le merveilleux monde des fossoyeurs de l'histoire.

Compter les cadavres a toujours faciné les historiens et journalistes. Mais c'est une activité très périlleuse qui exige de bonnes définitions pour s'y retrouver.

Il y a d'abord les morts tués par l'action de l'ennemi. On dit parfois KIA pour kill in action. Il y a plusieurs manière d'en arriver à ce résultat mais il implique qu'il y a deux adversaires bien identifiés et que l'un a assasiné l'autre.

Il y a ensuite les morts en service. On utilise parfois l'abréviation KIS pour kill in service. Cette catégorie comprend ceux qui décède de maladie, de cause naturelle, de noyade et autres accidents. Elle devrait inclure ceux tués par le fait des forces amies que ce soit accidentel ou intentionnel mais dans les faits on en trouve dans la catégorie précédente.

Les cas problématiques comprennent ceux qui ont changés de camp. Dans quel camp compte-t-on les 50 000 soldats soviétiques qui à Stalingrad ont changés de camp et sont morts avec un uniforme allemand sur le dos. Selon une recherche récente il semble qu'ils ont été compté par les deux camps. À Québec, nous retrouvons des déserteurs des deux côtés qui ont combattus pour l'autre camp. On dit même que ce serait un déserteur Britannique qui aurait tué Wolfe. J'en doute fortement car la balle est trop grosse pour avoit été tirée par un fusil. Cependant, si c'est le cas est-ce un tir ami? Ça dépend ce que l'on entend par ami et pourtant ce serait un Général Britannique tué par un autre britannique.

Lors de la guerre de sécession américaine les rapports confondaient toutes les façons de mourrir et si personne n'était décédé dans la journée on rapportait 0 K. L'expression OK en est née.

À cela s'ajoute l'état des pertes au combat. Les pertes au combat incluent non seulement les morts mais aussi les blessés (WIA) et les disparus (MIA) qui ont été soit fait prisonniers ou sont décédés sans que l'on ait retrouvé la dépouille.

Aux donnés de Vailcour j'ajouterais ceux de Stacey qui signale en page 171 que Townshend a rapporté 658 pertes (casualties) dont 58 tués (KIA). On en déduit qu'il estime ses blessés à 600 car c'est un nombre arrondi. Quel est le critère utilisé pour définir un blessé, on a juste à examiner les causes de santé sécurité pour constater des divergences d'opinion énorme selon les intervenants. Vaudreuil aurait rapporté des pertes d'environ 600 hommes de troupe et 44 officiers sans préciser les catégories. Townshend de son côté a estimé les pertes françaises à 1500 hommes. Stacey note avec justesse qu'une portion importante des pertes britanniques (je signale ici que la guerre de 100 ans est terminée depuis très longtemps et que Jacques VI d'Écosse en succédant à Élizabeth I a fusionné son royaume d'Écosse avec le royaume d'Angleterre pour former le royaume de Grande-Bretagne qui forme avec le royaume d'Irlande le Royaume-Uni. Donc, ce ne sont pas des anglais mais des britanniques qui sont à Québec en 1759) sont survenues avant et après l'engagement principal alors que les pertes des français surviennent principalement lors de l'assaut.

Hier dans Le Devoir du 24 août 2009 l'auteur Christian Rioux indique que les pertes furent de 61 tués et 603 blessés du côté des Britanniques alors qu'elles furent de 150 tués, 193 blessés et 370 prisonniers du côté Français. Marcel Fournier a préparé un livre intitulé les soldats de Montcalm dans lequel tous les soldats ayant combattus sont identifiés et leur sort défini. Comme pour les travaux sur les filles du Roy et les soldats du Régiment de Carignan, cela pourra prendre une dizaine d'années avant que l'on arrête de trouver des erreurs ou inexactitudes dans cet ouvrage mais c'est un commencement.

Raymond, l'ingénieur du Roy
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par vailcour » Jeudi 03 Septembre 2009 03:04:45

Bonjour à tous

La réponse à l’intervention Raymond, ingénieur du Roy, se trouve et se résume a mon article du 14 août portant sur l’évaluation des pertes d’après les archives. Ces dernières sont à la disposition de tous aux archives Nationales du Québec. Un personnel courtois et compétent pourra les guider dans leurs recherches.

Pour compléter mon article du 14 août dernier je donne la liste des soldats et miliciens décédés à l’Hôpital Général dans la semaine du 13 au 20 septembre 1759.

Les plaines d’Abraham le 13 septembre 1759

LE REGISTRE MORTUAIRE DE L’HÔPITAL GÉNÉRAL
Registre des décès dans la semaine du 13 au 20 septembre 1759

Soldats réguliers:

PIERRE LAROCHE, soldat du régiment La Sarre, cie Rémigny décédé le 14 7bre 1759

LA DÉROUTE , Régiment La Sarre décédé le 15 7bre 1759

JEAN BAPTISTE ADAM dit LAROSE. Régiment Roussillon décédé le 15 7bre 1759

LA COUTURE du Royal Roussillon, décédé le 15 septembre 1759

M. DUPONT régiment de la Guyenne décédé le 15 7bre 1759

PIERRE SANSREGRET du régiment Béarn décédé le 15 7bre 1759

PIERRE LANGEROT DIT BLANCHET du régiment de la Sarre décédé le 17 7bre 1759

BELFLEUR du régiment Béarn décédé le 19 7bre 1759


Miliciens:

FRANÇOIS BOUCHER, milicien décédé le 14 7bre 1759

JEAN FORTIER. Milicien décédé le 14 7bre 1759

JACQUES CHAROLET DIT LARAMÉE milicien de la cie de Dumont, décédé le15 7bre 1759

Source: Les Archives nationales du Québec
Années 1920-1921 page 248

Ces mêmes registres donnent aussi les noms des soldat et miliciens décédés à l’Hôpital Général dans les jours qui ont suivi le 28 avril 1760, le jour de la Seconde bataille des Plaines d’Abraham qui a décidé du sort de Québec.

Le monument de Wolfe à l’Abbaye de Westminster.
Wolfe à Westminster (1798)
http://www.geocities.com/vailcour/Wolfewest.htm


Cordialement
**
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par Raymond » Jeudi 03 Septembre 2009 23:51:19

Bonjour à tous

J'ai rencontré M. Fournier en fin de semaine et il me confirme que selon ses recherches complétées récemment, se sont 157 soldats français (de mémoire) qui furent tués suite à l'affrontement du 13 septembre 1759. Son livre identifie chacun des soldats tués ou blessés avec la plupart du temps des détails sur les blessures subies. Je vous suggère donc de vous procurer ce livre dont je joints l'annonce ci-dessous qui décrit comment se le procurer.

La Société généalogique canadienne-française a lancé à Paris et à Montréal, le 14 janvier dernier la pré-vente du livre Combattre pour la France en Amérique – Les soldats de la guerre de Sept Ans en Nouvelle-France 1755-1760 qui sera publié en septembre 2009. Le tirage est limité. Le prix de souscription de 55 $ au Canada se terminera le 1er mai 2009. Au-delà de cette date le livre sera vendu au prix de 65 $. Il sera disponible à compter du 12 septembre 2009 et ne sera pas vendu en librairie. Les commandes peuvent être adressées à la Société généalogique canadienne-française pour le Canada. Le feuillet de souscription ainsi que le programme des activités de commémoration de septembre 2009 sont disponibles sur le site Internet de la SGCF à l’adresse suivante : http://www.sgcf.com/

Raymond, l'ingénieur du Roy
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par vailcour » Mardi 08 Septembre 2009 16:23:36

Le 250e anniversaires de la dite bataille des Plaines d’Abraham

LA FAMEUSE LETTRE DE MONTCALM À TOWNSHEND -13-7bre 1759
extraite d’une publication satirique parue a Londres en 1777,

Lorsque nous étions écoliers, notre petit livre d’histoire nous rappelait les dernières heures pathétiques de Montcalm.

On nous relatait entre autres, citant l’abbé Casgrain, la fameuse lettre de Montcalm agonisant adressée à Townshend le successeur de Wolfe à la tête des troupes anglaises et présentée en ces termes:

«À travers les ombres de la mort qui l'enveloppaient Montcalm entrevit un
dernier devoir à remplir, celui d'implorer la clémence du vainqueur pour
le peuple de colons dont la défense lui coûta la vie.»

Voici la lettre que Montcalm aurait adressée de son lit d'agonie, au général Townshend, pour lui recommander les Canadiens:

«Général, l'humanité des Anglais me tranquillise sur le sort des
prisonniers français et sur celui des Canadiens. Ayez pour ceux-ci les
sentiments qu'ils m'avaient inspirés; qu'ils ne s'aperçoivent pas qu'ils
ont changé de maîtres. je fus leur père, soyez leur protecteur.»


Dans une conférence devant la Société Royale du Canada Sir Thomas Chapais sénateur et historien, (1926) a finalement mis en doute l’authenticité de cette lettre.

« Toujours d’après Chapais cette lettre de Montcalm agonisant adressée à Townshend n’est ni citée, ni mentionnée dans aucun mémoire, dans aucun récit, dans aucun journal contemporain. Les papiers de Montcalm et de Townshend n’en contiennent aucune trace. Jusqu’en 1867, personne n’en a jamais entendu parler » C’est une lettre qu’on cherche encore.

Même Chapais confesse lui même s’être laissé aller sur cette fameuse lettre dans une publication les Nouvelles Soirées Canadiennes en 1882
« Enfin au dernier moment, à l’heure des voeux suprêmes et des recommandations sacrées lorsque les ombres de la mort s’étendent sur sa mâle figure, il écrira au général Townshend « Général , l’humanité des Anglais me tranquillise etc...

Chapais n’a pas manqué dans son exposé de faire allusion à un document apocryphe paru a Londres en 1777, contenant justement des lettres de Montcalm et de Bigot dont ceux-ci ne sont pas les auteurs . Il s’agit en fait d’un document ou publication satirique qui attribuait des propos et lettres à des personnages pour en tirer une satire.

Citons en exemple extraites de cette publication une lettre attribuée au landgrave Frédéric II de la Hesse Classel, adressée à l’un de ses hauts gradés en Amérique
« Monsieur le Baron de Hogendorff, je ne puis assez vous témoigner combien la relation que vous ‘avez envoyée m’a comblé de joie la conduite de mes Hessois qui se sont fait immoler si héroïquement pour une cause qui nous est si étrangère etc« ....« Les Mercenaires allemands au Québec 1776-1783 »

Bref, cette lettre de Montcalm à Townshend qui ornait nos manuels d’histoire est extraite d’un ouvrage satirique paru à Londres en 1777 et que l’on retrouve dans tous les ouvrages même sérieux portant sur cette période de l’histoire.

Je rappelle que lorsque l’on veut fabriquer une histoire il faut toujours tenir compte de l’ordre chronologique des évènements qui se dont déroulés et de la géographie des lieux

Voyons plutôt:
-Montcalm fut blessé le 13 septembre 1759, vers 11hres le matin.
Admis à l’Hôtel-Dieu, il expirait paisiblement le lendemain le 14 7bre à 5hres du matin.

-Wolfe mourut dans la nuit du 12 au 13 septembre 1759 ou encore selon l’historiographie officielle dans la matinée du 13 septembre à 11 hres du matin

-Appelé à lui succéder Monckton le commandant en second.
Cependant, ce dernier blessé ou plutôt tassé ce fut Townshend après hésitation dit-on qui assuma le commandement des troupes anglaises. On souligne dans les comte- rendus qu’il y aurait eu un flottement de quelques jours.

Compte tenu de ce qui précède il apparaît que Montcalm aurait rédigé cette lettre entre 11hres du matin le 13 septembre 1759 et 5 hres du matin le lendemain le 14 à son décès.

Première question:
-Quand Montcalm a-t-il su que Wolfe avait trépassé?

Comment a-t-il su que Wolfe était entre-temps décédé et de plus manifestement alors queTownshend n’était pas encore en fonction. L’eut-il été comment l’aurait-il su?

Faut-il rappeler que Monckton était le commandant en second des forces anglaises. Ce dernier un esprit lourdaud auquel on pouvait lui dicter n’importe quoi selon Wolfe. Pour probablement ces raisons que Wolfe en avait fait son commandant en second.


Cet ouvrage humoristique a dû quand même puiser dans les papiers de Townshend ou quelqu’un d’autres pour y trouver une correspondance qui puisse se prêter à cette satire. Effectivement, il y avait une lettre et que Chapais (là s’arrête son esprit critique )cependant donne comme authentique, adressée à Townshend signée Montcalm, qui se lit comme suit:

«Monsieur, obligé de céder Québec à vos armes, j’ai l’honneur de demander à Votre Excellence ses bonté pour nos malades et blessés et de lui demander l’exécution du traité d’échange qui a été convenu ente sa Majesté très chrétienne et Sa Majesté britannique. Je la prie d’être persuadée de la haute estime et de la respectueuse considération avec lesquelles j’ai l’honneur d’être. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.»
Montcalm.

Pour l’ordre chronologique des faits, la même remarque s’applique. Il était matériellement impossible que Montcalm puisse écrire même cette dernière lettre. Ce qui a d’étonnant est que personne n’ait cherché à établir l’ordre chronologique des faits et toute un génération d’historiens ont exercé aucun esprit critique. Et en plus de s’interroger sur les raisons qu’aurait pu avoir Montcalm de rendre la place suite à l’échec de sa sortie du 13. 7bre.

-Et cette dernière fausse lettre dans les papiers de Townshend

Pour terminer est la GROSSE QUESTION, comment expliquer qu’on ait trouvé cette pièce fabriquée dans les papiers de Townshend?


LES FAUX DOCUMENTS:
-À cette fausse lettre de Montcalm à Townshend

-S’ajoute le faux acte de capitulation de Québec (18-7bre 1759)
( Voir Les archives Nationales du Canada, cahier de 1905)


LIEN
La critique en histoire par Thomas Chapais
Et ces lettres qui surgissent de nulle part 100 ans après les évènements.

http://www.geocities.com/vailcour/docplaines-31.htm

Cordialement

********************************************
The Maple Leaf Forever,
C'est un chant qui avait été proposé à l'époque pour l'Hymne national du Canada

In Days of yore,
From Britain's shore
Wolfe the dauntless hero came
And planted firm Britannia's flag
On Canada's fair domain.


**
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par vailcour » Samedi 12 Septembre 2009 01:22:31

Bonjour à tous

Complément de l’article précédent

-Et cette dernière fausse lettre dans les papiers de Townshend

Pour terminer est la GROSSE QUESTION, comment expliquer qu’on ait trouvé cette pièce fabriquée dans les papiers de Townshend ?


- Lettre de Montcalm à Townshend

« Monsieur, obligé de céder Québec à vos armes, j’ai l’honneur de demander à Votre Excellence ses bontés pour nos malades et blessés et de lui demander l’exécution du traité d’échange qui a été convenu entre sa Majesté très chrétienne et Sa Majesté britannique. Je la prie d’être persuadée de la haute estime et de la respectueuse considération avec lesquelles j’ai l’honneur d’être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. »
Montcalm.

Il faut rappeler que TOWNSHEND est entré en fonction qu'après la mort de Montcalm survenu le 14 septembre 1759 à 5 hres du matin.

En effet, après la mort de Wolfe survenu le 13 septembre 1759, ce n’est qu’après avoir tassé Monckton, le second de Wolfe que l’on disait blessé, que Townshend prit le commandement des troupes anglaises. On rapporte qu’il y a eu un flottement de quelques jours.

Eh bien, cette lettre de Montcalm à Townshend on y fait allusion dans le rapport SAUNDERS du 18 septembre 1759, soumis à William Pitt. Saunders donne sa version de la capitulation de Québec en ces termes:. (Voir le LIEN)

«Ci-incluse vous recevrez une copie des conditions de la capitulation. Les négociations relatives à la capitulation de Québec semblent être commencées immédiatement après la bataille des Plaines le 13 sept. 1759»

«Dans une lettre adressée à Townshend, à cette date, Montcalm reconnaît qu’il a été forcé de capituler. » (voir le texte de la lettre ci-haut)

«Le 14, M. De Ramesay reçut une communication du commandant anglais au sujet des arrangements en vue de conclure la paix, mais la mort de Montcalm survenue ce jour-là semble avoir interrompu les démarches à ce sujet.»

«On rencontre de fréquentes variations dans la rédaction du texte français comme de la traduction annotatrices dans les version des articles de la capitulation fournie par différents auteurs. Ces variation se rencontrent dans les reproductions françaises et anglaises. Les articles préliminaires de la capitulation reproduite ci-après deux versions distinctes donneront une idée des variations qui se rencontrent aux sources officielles anglaises.» (Le rédacteur des Archives du Canada, année 1905)

LIEN:
Les archives du Canada cahier année 1905
http://www.geocities.com/vailcour/File0172quecap.html

Note: Dans tous ces rapports et correspondances , Wolfe et sa mort mystérieuse semble avoir été relégués aux oubliettes.

Cordialement
vailcour
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par BRH » Samedi 24 Octobre 2009 10:09:13

Cher Vailcour,

Où en est-on de cette bataille médiatique pour le 250ème anniversaire de la chute de Québec ? Nous restons attentifs, n'en doutez pas... :wink:
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par BRH » Dimanche 25 Octobre 2009 10:44:28

Comme je m'interrogeais à ce sujet, Arte répondait à ma question hier soir. Belle émission sur la fin de la Nouvelle France. Deux sujets dans l'émission : la croissance puis le déclin de la colonie et finalement, les aléas de la guerre de Sept ans en Amérique du Nord.

J'ai encore appris plus que je ne pensais, notamment que Montcalm n'était encore que colonel quand il fut désigné comme Commandant en chef pour la Nouvelle France ! Tous les officiers généraux pressentis s'étaient récusés, comme si la chute de notre domaine américain était considérée comme inévitable...

Le succès de notre colonie se résume à la parfaite entente des Français avec les Indiens. Vu leur faible nombre, nos mauvais sujets n'hésitèrent pas à se faire coureurs des bois et à pactiser avec les tribus indiennes rencontrées, prenant même épouse en leur sein. De leur côté, les Indiens auraient été rassurés par le faible nombre des Français.

Le récit de l'expédition de Wolfe est assez bien mené et j'ai noté la présence de deux futurs explorateurs : Cook et Bougainville. Le premier jouera un rôle déterminant en sondant les passes du Saint-Laurent, permettant le passage de la flotte anglaise se portant sur Québec et, en choisissant avec Wolfe, le site de l'anse aux Foulons pour un débarquement surprise de nuit pour accéder au site des plaines d'Abraham.

Wolfe fit preuve en cette occasion d'audace et de détermination, même s'il avait été renseigné par un traître du point faible de nos défenses. Une cinquantaine d'hommes auraient suffi pour précipiter de la falaise les Anglais en contrebas... Une sentinelle française aperçut même les canots des envahisseurs, mais la présence d'esprit d'un officier écossais sauva la situation : au "qui vive" du factionnaire, l'écossais répondit en français : "silence, c'est le convoi de vivres"... Convoi qui était attendu, mais dont Montcalm avait appris qu'il était annulé, sans en informer les troupes.

Le déroulement de la bataille est à peine croyable, comme déjà dit par Vailcour. Montcalm manoeuvra exactement comme le souhaitait son adversaire. Plutôt que d'attendre les 2 000 hommes de Bougainville stationnés au "fort-rouge" (?) et bien qu'inférieur en nombre, il attaqua à l'ancienne sans même laisser aux tirailleurs canadiens (français et indiens) le temps de décimer suffisamment les lignes anglaises.

Celles-ci étaient établies en ordre mince et ne devaient tirer que lorsque les Français seraient rendus à moins de 50 pas de leur front (une trentaine de mètres). On ne comprend guère que Montcalm n'ait pas fait avancer ses troupes à moins de 100 pas (soit 60 m environ) pour lâcher leur propre salve. D'après les témoignages, la distance était plus grande et les Anglais n'en souffrirent qu'assez peu. Wolfe avait fait charger les fusils avec deux balles, encore plus lourdes que les balles françaises, comme on le sait... C'était déjà le fameux Brown Bess. Les deux salves anglaises furent dévastarices et les survivants de l'assaut français refluèrent sans rémission. On ne comprend pas non plus pour quelle raison Montcalm n'a pas pris la précaution d'amener du canon sur place. La bataille fut engagée à 10 heures du matin. A 11 heures, le corps de Wolfe avait été transporté dans le vaisseau amiral, tandis que Montcalm était atteint par la mitraille anglaise...

Lien wiki :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_d ... _d'Abraham
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par vailcour » Mardi 27 Octobre 2009 02:41:34

Bonjour à tous,

COMMÉMORATION ANNULÉE

Les célébrations ou commémorations du 250e anniversaire de la dite bataille des Plaines d’Abraham du 13 septembre 1759, incluant le bal masqué ont été tout simplement annulées invoquant des questions de sécurité.....

Voici le communiqué officiel daté du 17 février 2009, six mois avant la date prévue des célébrations

Québec, le 17 février 2009.

«La Commission des champs de bataille nationaux a annoncé ce matin les changements apportés à son programme commémoratif du 250e anniversaire des batailles de Québec. Après plusieurs jours de consultation et d’écoute, la commission a été en mesure mieux cerner la sensibilité des gens face à certains éléments de sa programmation. La commission renonce aux reconstitutions des batailles des Plaines d’Abraham et de Sainte-Foy. La priorité de la commission est d’assurer la sécurité de tous ceux et celles qui fréquentent ce parc historique. La commission offrira une programmation sobre et respectueuse qui rappellera l’importance des évènements historiques et les conséquences tragiques du siège de Québec sur sa population civile.»

Pour ce qui sont des reconstitutions, il était prévu une imposante démonstration du genre assurée par la participation de 2000 à 3000 «reconstituteurs» parcourant le monde pour participer bénévolement à ces évocations d’époque.

Quant au bal masqué prévu pour cette célébration il a été également annulé.

En fait, il est bien que l’on reconstitue des batailles historiques pour sensibiliser la populations aux évènements du passé. Ce serait le cas pour la bataille du 28 avril 1760 alors que les Franco-Canadiens sont venus à un cheveux près de reprendre Québec . C’est la vraie bataille qui a décidé du sort de Québec mais que l’on s’empresse de reléguer aux oubliettes pour faire place à l’escarmouche de 11 minutes du 13 septembre 1759, appelée ainsi par l’historien américain Francis Parkman.

Dans un article précédent sur le présent forum je faisais part de deux pièces fabriquées en plus de L’Acte de Capitulation, la fameuse lettre de Montcalm a Townshend du 13 septembre 1759.

Voici un extrait du rapport de l’amiral Saunders daté du 20 septembre 1759 adressé `à Willam Pitt

« Ci-incluse vous recevrez une copie des conditions de la capitulation. Les négociations relatives à la capitulation de Québec semblent avoir commencées immédiatement après la bataille des Plaines le 13 sept. 1759 »

«DANS UNE LETTRE ADRESSÉE À TOWNSHEND, À CETTE DATE, MONTCALM RECONNAÎT QU’IL A ÉTÉ FORCÉ DE CAPITULER.»

« Le 14, M. De Ramesay reçut une communication du commandant anglais au sujet des arrangements en vue de conclure la paix, mais la mort de Montcalm survenue ce jour-là semble avoir interrompu
(Voir l’article précédent portant sur la «fameuse lettre de Montcalm à Townshend du
8 septembre 2009)

Or une simple analyse de l’ordre chronologique des évènements en établit l’évidence de la fabrication.

Townshend, est entré en fonction deux jours après la mort de Montcalm survenue le 14 septembre à 5 hres du matin. De sorte que Montcalm agonisant même en état de dicter une lettre n’a pu s’adresser à Townshend.

Quant à Townshend pour accéder au poste de commandant en chef des forces anglaises, il a fallu auparavant tasser Monckton le second de Wolfe. Wolfe était décédé selon la version officielle le 13 septembre à 11 hres du matin.

Ces documents transmis par les archives Britanniques aux archives Nationales du Canada, révèle que l’incohérence des documents relatifs à la Conquête ont laissé médusés les responsables des Archives Nationales du Canada. (Cahier 1905)
http://www.geocities.com/vailcour/File0172quecap.html


Il semble bien que toute l’histoire de la Bataille des Plaines d’Abraham du 13 7bre 1759 à la lumière des faux documents trouvés dans les papiers de Townshend, est basée sur la fabulation de Townshend adressée à William Pitt.
Dans son rapport du 18 septembre Townshend ignore complètement Wolfe.
De son côté William Pitt satisfait du rapport ne semble pas avoir demandé des explications sur la «mort misérable et solitaire de Wolfe sans que personne ne se porte à son aide » (Francis Parkman, repris par Simon Shama)

LIEN.

Commentaires suite à mon article publié dans le journal électronique
Vigile la «fameuse lettre de Montcalm à Townshend»
La négligence de certains historiens de vérifier l’origine de leurs sources.

http://www.geocities.com/vailcour/Morot.htm

Cordialement

****
vailcour
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par vailcour » Mercredi 28 Octobre 2009 01:53:50

Désolé, mon site étant actuellement en reconstruction, pour le moment les LIENS ne sont pas disponibles. Dans quelques jours je devrais corriger la situation.

Cordiales salutations;
Jacques Vaillancourt,
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par vailcour » Dimanche 08 Novembre 2009 22:35:07

Bonjour à tous,

UNE CONSTRUCTION HISTORIQUE

Selon Denis Vaugeois, la bataille des Plaines d’Abraham du 13 septembre 1759 est une «construction historique»

Extrait: Impact Campus de l’université Laval.
M. Denis Vaugeois historien et éditeur dans un article paru, il y a quelques semaines intitulé:

«Vaugeois revisite la bataille et la guerre»

«Ainsi même si elle est passée à l’histoire comme le point tournant de la Conquête, la bataille des Plaines d’Abraham s’avère être selon M. Vaugeois, une construction historique plutôt qu’un évènement chamboulant l’Histoire.
C’est une des bataille les moins importantes, les moins meurtrières et des plus insignifiantes» de la Guerre de Sept ans, analyse-t-il, en relativisant les conséquences qu’on y attache fréquemment.»

Selon l’historien, le point tournant dans la conquête anglaise de la Nouvelle-France est plutôt le fruit de décisions politiques chez les pouvoirs français et anglais, en raison d’impératifs mercantilistes.


Comme «construction historique» on ne peut trouver mieux:

1-Deux versions de «l’Acte de capitulation de Québec» les deux datées du 18 septembre 1759:
Une version rédigée par l’amiral Saunders et l’autre par le Brigadier général Townshend
Les deux actes furent expédiés à William Pitt le même jour le 20 septembre 1759 (Voir l’annexe)

1-Version de Townshend (Extrait du document en annexe)

Articles de capitulation demandées par M.r de Ramsay. Commandant des Hautes et Basses Villes de Québec,........: La Capitulation demandée de l’autre part a été accordée
par son Excellence General Townshend, Brigadier des Armes de Sa Majesté »Britannique en Amérique.......



2-Version Amiral Saunders
On reprend les mêmes textes:
La Capitulation demandée de l’autre part, a été accordée par
son Excellences l’Amiral Saunders, et de son Excellence le Général Townshend,.....................de la manière et conditions exprimées ci-dessous


2: Dans ce rapport du 20 septembre et destiné à William Pitt l’amiral Saunders mentionne que Montcalm aurait écrit à Townshend une lettre dans laquelle Montcalm se déclarait forcé de capituler et de plus que la mort de ce dernier avait interrompu les négociations en vue de conclure la paix. (voir le document en annexe )

Faut-il rappeler que Townshend est entré en fonctions comme commandant des forces anglaises quelque deux jours après la mort de Montcalm, et ce après avoir «tassé» Monckton commandant en second des troupes.(Voir l’article précédent sur ce forum`)

En 1923, M. Aégidius Fauteux responsable des Archives Nationales accusait réception d’une liasse de documents portant sur la reddition de Québec, quelque 164 ans après les évènement du 13 7bre 1759.
Il ne pouvait toutefois expliquer la provenance de ces documents.

«l’histoire de leurs pérégrinations de 1759 à 1923, serait sans doute fort intéressante, mais pour le moment qu’il nous suffise de dire que nous les avons acquis de leur légitime propriétaire»

Cette liasse de documents contenait entre autres un Acte de Capitulation, duquel on a trouvé aucune trace de cet acte chez Vaudreuil ou Lévis, qui aurait été transmis à M. De Ramezay.


Cette liasse contenait également une série de lettres transmettant des instructions de Vaudreuil a Ramezay du 13 septembre au 19 septembre 1759.
Il y a aucune mention de Montcalm et de Wolfe dans cette
correspondance.

En outre, un document se voulant le récit du Siège de Québec du 10 mai au 18 septembre 1759 et dont on ne connaît pas la source et la provenance.

M. Fauteux déclare, reconnaissant la source anonyme du document
« Ci-après publié,, il n’en reste pas moins que avec son mérite intrinsèque et même anonyme, nous croyons qu’il est encore une contribution précieuse à note littérature historique.»


Le LIEN
Les Archives du Canada, le cahier de 1905
On portera attention sur les trois principaux évènements:

1- Rapport Townshend relatant la reddition de Québec
2-Rapport Saunders: La lettre de Montcalm à Townshend
3-Les variations dans les documents traités par les archives, dont deux versions de l’Acte de capitulation de Québec.

On remarquera, qu’il y a aucune référence à Wolfe dans ce document

http://persocite.francite.com/MERCIER/0 ... index.html

Cordiales salutations
vailcour
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par Raymond » Samedi 21 Novembre 2009 16:29:50

Bonjour à tous

En réponse à BRH, selon mes informations, Montcalm est nommé brigadier général en 1747 lors de la Guerre de succession d'Autriche et c'est avec ce rang qu'il prend sa retraite. Cependant, c'est la tradition qu'un officier promu général demeure colonel du régiment dont il est issu. Par conséquent, il est faux de prétendre qu'il n'est que colonel lorsqu'on lui demande d'aller au Canada. Il avait pris sa retraite en 1752 après 31 ans de service ponctué de 11 campagnes militaires et 5 blessures (je pense que les historiens comptent les 5 coups de sabre qu'il a reçut lors de la Bataille de Plaisance comme une seule blessure) parce qu'il évalue que ses chances d'atteindre le rang de major général comme nulles compte tenu de tous les brigadiers qui ont plus d'ancienneté ou de notoriété que lui. Mais, comme vous l'expliquez, tous les généraux en service actif en France refusent le poste de commandant des troupes de terre au Canada et c'est alors que le ministre demande aux généraux qui sont à leur retraite et c'est Montcalm qui accepte de sortir de sa retraite à l'âge de 44 ans pour ainsi devenir major général ce qui automatiquement va augmenter sa pension et permettre à sa famille de mieux vivre. Pour ce qui est de la raison pour les autres généraux de refuser ce poste, je suggère une raison plus terre à terre qui est bien documentée, à savoir que le coût de la vie au Canada était exorbitant et que la solde n'était pas ajustée en conséquence ce dont se plaindront plusieurs officiers français dans leurs écrits.

Votre fort rouge est fort probablement Cap Rouge.

Pour ce qui est de la disposition des troupes sur les plaines et des tactiques de tir utilisées de part et d'autre il y a encore des incertitudes, mais la théorie de l'ordre mince a été sérieusement réfutée récemment. En effet, deux historiens ont démontré avec cartes à l'échelle, identification du nombre exact de soldats en formation soit 2 200 britanniques qui sont dans les rangs avec un fusil et une baïonnette et la localisation des 39 témoins oculaires qui ont laissé un récit de leur action ils arrivent à démontrer que mettre les soldats en deux rangs mettrait les soldats les plus au Nord bien au delà de la dénivellation qui est au Nord du chemin Sainte-Foy et aucun des témoins ne verrait son témoignage concorder avec le terrain. Cependant, si les met les soldats britanniques sur trois rangs comme c'est la pratique normale contre des troupes réglées, alors la position des régiments britanniques correspond correctement avec les témoignages. J'ai eu l'opportunité de voir le résultat de leurs recherches et j'en arrive à la conclusion qu'il y a prépondérance de preuve que les Britanniques étaient disposés en trois rangs et non deux ce qui contredit la plupart des ouvrages publiés à ce jour.

Pour ce qui est du tir, la pratique normale était de tirer à 60 pas. Cependant, on doit tenir compte du fait que les plaines n'ont de plaine que le nom puisque le terrain est très accidenté même aujourd'hui malgré les travaux importants de terrassement réalisés lors de la mise en place du réservoir d'eau qui sert à alimenter la Ville de Québec en eau potable. Peter McLoad a trouvé des œuvres d'art à la Galerie Nationale à Ottawa qui montrent les Plaines d'Abraham avant ces travaux et il est étonnant de constater à quel point la Butte à Nepveu était beaucoup plus haute qu'aujourd'hui et que le terrain était très irrégulier avec beaucoup de végétation. Par conséquent, il n'est pas surprenant d'apprendre que du désordre se soit développé dans la formation des troupes Françaises lors de leurs avance et que la distance pour tirer n'ait pas respecté cette règle des 60 pas d'autant plus que les troupes Britanniques elles aussi avançaient mais avec des consignes strictes qu'ils avaient pratiqués sous les directives de Wolfe de ne tirer qu'à une distance de 20 pas pour permettre de tirer avec 2 balles au lieu d'une. Pour compliquer les choses, il semble tant du témoignage de Malartic que celui de Townshend que les régiments de Béarn et de Guyenne au centre étaient en colonnes alors que le reste des troupes étaient en ligne. Tirer alors que le régiment est en colonne rend impossible la règle de tirer à 60 pas et seuls les soldats des premières compagnies de chaque régiment peuvent tirer.

Pour ce qui est des canons, la légende veut que Montcalm ait demandé à Ramezay les 25 canons qui étaient à la batterie du palais mais qu'il n'en a obtenu que 3. Mais, comme dans d'autres cas rapportés par Vaillancourt, ce serait tiré d'une histoire de Johnstones raconté bien après les évènements et qui n'est pas supporté par la preuve d'autant plus qu'au moment de la bataille nous savons que Ramezay était malade en dehors de Québec et qu'il ne reviendra à Québec prendre ses fonctions que plus tard dans la journée. Selon le récit de Montbeillard, un artilleur qui rédigeait le journal de Montcalm, ils auraient détachés 2 canons qui auraient été déplacés de la gauche vers la droite et plus tard il parle des pièces sur la gauche. On peut donc présumer qu'il y avait environ 4 canons et Foligné indique qu'il y en a 5. L'inventaire de Québec après la reddition nous apprend qu'il y avait avec des affuts de campagne qui permettait de les déplacer plus ou moins facilement 2 canons de 2 lb 15 de 4 lb et 17 de 6 lb (livres françaises probablement de La Rochelle qui sont un peu plus lourdes que les lb britanniques qui eux avaient standardisés leurs unités de mesure pour l'ensemble du royaume de Grande-Bretagne). Du côté Britannique ils ont réussi à mettre en place 2 canons de 2 lb. Montcalm disposait donc d'un avantage en artillerie de 2 pour 1 et craignait certainement que cet avantage disparaisse avec le temps compte tenu des ressources disponibles avec la flotte Britannique. Ce serait un canon que aurait blessé mortellement Montcalm puisque la balle avait environ 15 mm ce qui correspond à la dimension des balles pour une munition de grenaille (grape shot).

Finalement, un commentaire concernant l'importance de la Bataille des Plaines d'Abraham. On met beaucoup d'emphase ces derniers temps pour minimiser l'importance de cette bataille par le fait que les pertes subies de part et d'autre sont insignifiantes. Or l'importance d'une bataille ne doit jamais se mesurer au nombre de morts mais sur l'impact qu'elle a sur la position des forces en présence. Avant la chute de Québec, la situation de la Nouvelle-France est précaire suite à la chute de Louisbourg. En effet, une donnée importante qu'il faut tenir compte dans toute appréciation des évènements concerne l'économie de la Nouvelle-France. À cette époque, la Nouvelle-France avant la guerre ne s'auto suffit pas dans presque tous les domaines et en particulier au niveau des vivres et des munitions. Avec la guerre, la population vient d'augmenter d'environ 10 000 hommes qui ne produisent rien et qui doivent donc être alimenté de la France. En 1759, la France ne dispose plus de Louisbourg pour empêcher les Britanniques d'accéder au Golfe du Saint-Laurent. Malgré cela, la Marine Royale réussi à devancer la Royal Navy dans le Golfe pour ravitailler la Nouvelle-France avec suffisamment de denrées pour passer l'année de justesse. Mais avec la défaite des Plaines d'Abraham la situation devient très problématique mais pas décisive. Les Britanniques vont passer un très dur hiver à Québec et Lévis espère arriver à prendre la Ville de sorte que si la Marine Royale répète son exploit de l'année précédente, ils pourront tenir une autre année. Or, à Lagos en août 1759 et à Quiberon en novembre 1759, la Marine Royale est pratiquement détruite. Ces deux désastres auront un impact décisif sur la situation de la Nouvelle-France non seulement pour fixer le sort de Québec et la capitulation de la Nouvelle-France mais aussi sur les négociations qui mèneront au traité de Paris. Comme l'explique si éloquemment M. Vaugeois, dès le début des négociations les Français offrent de céder le Canada et ce point ne fera l'objet d'aucune tractation tout au long des négociations. Non seulement le Canada n'est pas autonome économiquement, mais en plus la France ne dispose plus d'une marine suffisante pour en assurer la survie.

Par conséquent, je suis d'avis que la bataille des Plaines d'Abraham est un évènement majeur car il donne une position avantageuse aux Britanniques pour soutenir la suite des opérations et rend le support de l'armée Française très problématique mais non décisif en soi.

Finalement, comme on donne beaucoup d'importances aux chiffres des pertes, aussi bien se servir des meilleures données disponibles. J'ai acquis l'ouvrage de Marcel Fournier et son équipe qui ont réalisés le projet Montcalm et ils établissent les pertes Françaises à 116 morts (dont certains sont morts bien après la bataille) et environ 600 blessés. Les pertes Britanniques seraient de 58 morts et environ 600 blessés.

Pour l'ensemble de la guerre, les troupes de terre auront 1305 décès (pas tous imputables à des combats) sur un effectif de 4936 hommes soit 26,4 % de pertes. Basé sur ces chiffres, la campagne de Nouvelle-France est un escarmouche qui en conséquence est sans importance puisque les pertes militaires subies ailleurs dans cette guerre sont de 180 000 morts et blessés pour la France, 125 000 morts et 275 000 blessés pour l'Autriche, 180 000 morts et 82 000 blessés pour la Prusse, 138 000 morts et blessés pour la Russie, 20 000 morts et blessés pour la Grande-Bretagne et 3000 morts et blessés pour l'Espagne. Mais qui pourrait aujourd'hui prétendre que les évènements survenus en Amérique lors de cette guerre ont eu un impact moins important que ceux survenus en Europe? D'ailleurs, est-ce que quelqu'un peut m'expliquer quel furent les conséquences de cette guerre en Europe sinon que d'être l'un des évènements qui conduira à la révolution Française et à son contraire l'empire Napoléonien.

Raymond, l'ingénieur du Roy
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