L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par vailcour » Dimanche 30 Septembre 2007 21:20:22

Bonjour à tous,

LE MANIFESTE DE WOLFE: (28 juin 1759)

Aussitôt qu'il eût mis pied-à-terre, Wolfe rédige son manifeste lequel est affiché aux portes des églises de St-Laurent et de Beaumont dans lequel il fait part de ses intentions.

«L'armement formidable de terre et de mer que le peuple du Canada voit maintenant au sein de son pays, est destiné par le Roi, mon maître, à réprimer l'insolence de la France, à venger les insultes faites aux colonies anglaises, et à enlever complètement aux Français leurs meilleurs établissements dans l'Amérique du Nord. C'est pour cette fin qu'a été levée la formidable armée qui est sous mes ordres.

Le Roi de la Grande- Bretagne ne porte pas la guerre aux paysans industrieux, aux ordres religieux, aux femmes et aux enfants sans défense: à ceux-ci, dans leurs pénibles positions, sa clémence royale offre protection. Le peuple ne sera pas troublé sur ses terres, il peut habiter ses maisons et pratiquer sa religion en sécurité; pour ces inestimables bienfaits, j'espère que les Canadiens ne prendront aucune part au grand conflit entre les deux couronnes»

Voir le texte intégral:
http://www.geocities.com/vailcour/Manifestewolfe59.html

Cordialement
vailcour
 
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WOLFE et le tableau de Benjamin West (1772)

Message par vailcour » Mercredi 17 Octobre 2007 18:01:31

Bonjour à tous

Le tableau de Benjamin West (1772)
lequel en grande partie est à l’origine du culte de Wolfe

Pendant des siècles, le tableau représentant la «mort de Wolfe» a été et
demeure encore l'une des images les plus populaires du monde anglo-saxon.

Pour citer l’ historien C.P. STACEY
«La bataille des plaines d'Abraham, probablement le tournant le plus décisif de notre histoire, a inspiré ce que l'historien C.P. Stacey appelle une « récolte abondante de légendes populaires ». Néanmoins, même si l'histoire militaire n'est plus à la mode, cette bataille reste, au fond de notre imaginaire collectif, dramatique, tragique et pathétique. Bien sûr, il y a ce célèbre tableau romantique de Benjamin West représentant «La mort de Wolfe.» Pendant des siècles, il a été l'une des images les plus populaires du monde anglophone, mais, du point de vue de la précision historique, c'est une des moins véridiques.»

Benjamin West (1738-1820), est né en Pennsylvanie, fils d’un aubergiste. West est le premier peintre né en Amérique qui obtint une renommée artistique internationale. Selon Simon Schama il était dans l’intention de West dans son oeuvre, de rédiger une ode ou une icône à la gloire de l’empire.

Ce tableau de Benjamin James Wolfe agonisant sur les plaines d’Abraham est la transposition de l’agonie du Christ dans la scène traditionnelle de la crucifixion

Citons Simon Schama:
"Est transposé dans Wolfe agonisant l'agonie du Christ dans la scène traditionnelle de la crucifixion, Wolfe par sa mort assurant la rédemption de l'Amérique du Nord de la menace du papisme français. Cette transposition de l'iconographie de la passion du Christ en un portrait séculaire relatant la mort d'un soldat héroïque est un geste artistique audacieux."

Ce tableau de Benjamin West, fit sensation lors de sa sortie à Londres et fut salué comme un chef d'oeuvre de l'art anglo-américain. La question fut néanmoins posée à savoir: le général qui était représenté dans un pareil chef-d'oeuvre devait assurément être un grand général. Qu'a-t-il fait?

Bien sûr, un général de 32 ans n’avait pas une feuille de route bien garnie. Et le fait d’être proclamé victorieux dans une escarmouche de moins d’une demi-heure n’avait rien d’emballant pour impressionner le public. Qu’à cela ne tienne il a bien fallu fabriquer une histoire. On a même poussé l’exercice jusqu’à produire un «acte de capitulation». de Québec (18 septembre 1759) Le dit acte est disposé en montre aux archives nationales du Québec.

L'acte de capitulation avec ses multiples contradictions laissait perplexe le rédacteur des Archives du Canada du cahier pour l’année 1905.

Cet acte de capitulation est parvenu aux Archives Nationales du Québec en 1923, soit quelque 164 années après les évènements

En annexe on prendra connaissance de l’analyse de l’oeuvre de Benjamin West par Simon Schama, suivi des critiques de cet oeuvre par le colonel Stacey auquel s'ajoutera la représentation du monument de Wolfe à l’Abbaye de Westminster.

Si pour Shama l’oeuvre de West est un chef d’oeuvre, pour le Colonel Stacey, historien. le même tableau est un navet.

Simon Schama
Grand spécialiste de la peinture hollandaise du XVIIème siècle, Simon Schama a enseigné à Cambridge (où il a étudié), Oxford et Harvard. Il enseigne actuellement l'Histoire et l'Histoire de l'art à l'Université de Columbia (New York). Parmi ses principaux ouvrages: «Dead Certainties (1991)»

LIENS:

Analyse l’oeuvre de Benjamin West par Simon Schama
Et celle du colonel C.P. Stacey
http://www.geocities.com/vailcour/MortdewolfeG.html

http://www.geocities.com/vailcour/Staceywolfe.html
^
Cordialement.
Vailcour
vailcour
 
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Message par hibernatus » Mercredi 17 Octobre 2007 19:30:33

Cher Vallcour,
Je veux tout simplement dire qu'indépendamment, suite à mes propres recherches, j'en était venu aux mêmes conclusions.
Ça s'applique également à d'autres peintures et gravures "romantisées" issue des Britanniques à l'époque, et même depuis, surtout celles qui illustrent l'escalade de la falaise. Au départ, cet "expoit" s'est fait de nuit, ne l'oublions pas. Puis la falaise est faite de schiste ou ardoise qui se désintègre facilement lorsqu'on applique un minimum de force. De plus, au Foulon, la falaise est recouverte d'arbres; et il n'y a pas de raison de croire qu'il en était autrement à l'époque, d'autant plus qu'un écrit de l'époque, par Fraser je crois, mentionne clairement qu'ils s'aggrippaient à des branches ou à des racines. La réalité, boucoup moins romantique, est que le gros de l'armée anglaise a tout simplement gravi le sentier qu'est la Coulée Saint-Denis, dont Wolfe connaissait l'existence depuis le 22 juillet précédent. Mais il faut quand même reconnaître que gravir ce sentier abrupt en pleine nuit, totalement à l'aveuglette, était quand même un exploit.
amicalement,
Claude.
hibernatus
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par vailcour » Mardi 15 Janvier 2008 04:47:34

Bonjour à tous,

LA BATAILLE DE STE-FOY, (28 avril 1760)
La bataille qui scella définitivement le sort de Québec.
L’histoire officielle a relégué au second plan la bataille de Sainte-Foy pour mettre en évidence l’escarmouche des Plaines d’Abraham alors que Québec fut livrée aux Anglais et pour citer le chevalier de Lévis:
«Il est inouï que l’on rende une place sans qu’elle soit attaquée ni investie»

Peu après la capture de Québec , une partie de l’armée française s’est retirée sur les bords de la rivière Jacques-Cartier où elle édifie un fort. La place forte, défendue par une clôture de pieux, est de forme irrégulière et possède un fossé profond du côté opposé au fleuve.

Il n’y a que Québec et la région avoisinante qui soient sous le contrôle de l’armée anglaise. Le reste de la colonie continue à vivre sous domination française. Le gouverneur Vaudreuil, l’intendant Bigot et l’évêque de Québec demeurent à Montréal.

Dès le début du mois de décembre, Lévis et Vaudreuil élaborent un plan de reconquête de Québec; on veut attaquer la ville en hiver avant l’arrivée de secours soit par mer soit par voie de terre. Mais les froids excessifs empêchent les travaux préparatoires à cette expédition.

Avril 1760, marque le moment choisi pour attaquer Québec. Au début du mois, Lévis «rappelle l’armée sous les drapeaux» 3000 miliciens viendront se joindre aux 4200 soldats réguliers.

Maintenant nous sommes à la mi-avril et le fleuve en aval de Montréal se prête à la navigation. Le 15 avril, deux navires chargées d’équipements et de munitions mirent les voiles. Ce joindront à ce début de convoi d’autres navires contenant les troupes

En route plusieurs navires ayant à bord les régiments de la Sarre, de Guyennes et de Berry rallieront le convoi À la Chenaie, un navire transportant le régiment de la Sarre se joint à la flotte, alors qu’à Verchères des barges transportant le régiment de Guyenne firent de même. Et plus en aval de Montréal deux régiments de Berry rejoignirent le convoi. Finalement ce convoi avait rendez-vous avec deux divisons de cavalerie qui avaient fait le trajet de Montréal par voie de terre et une flottille de plusieurs canots transportant les Indiens.

Ce qui portait cette force à un total de 6910 hommes.

En raison de forts vents accompagnées de pluies , la flotte dû s’arrêter à Pointe-aux Trembles (Neuville) Avec grandes difficultés on a tiré au rivage les bateaux et équipements sur la glace flottante.

Malgré les glaces, l’armée réussit à se regrouper à Pointe-aux Trembles les 24 et 25 avril.

Il est alors résolu note le chevalier de Lapause,
«Qu’on se rapprocherait jusqu’à Saint-Augustin par eau, où l’on débarquerait et, après avoir tiré les bateaux à terre, on se mettait en marche pour aller jeter des ponts ver le haut de la rivière de Cap-Rouge, d’ou l’on entrerait dans la paroisse de la vieille Lorette et, après, passant un marais appelé la Suette, on irait attaquer le poste que les Anglais avaient à l’église de Sainte-Foy qu’ils avaient retranché avec du canon et les troupes qui gardaient cette hauteur»

En effet, depuis le 11 novembre 1759, des soldats anglais campent dans les églises de Sainte-Foy et de Lorette pour mieux contrôler «les avenues vers Québec,» maintenir la population en paix et empêcher une attaque-surprise contre la ville.

Murray, s’attendant à une attaque imminente, le 21 avril fit afficher une proclamation avertissant les habitants« qu l’ennemi se prépare à nous attaquer» et en conséquence fit évacuer la ville.

À deux heures du matin, le dimanche 27 avril, les autorités anglaises apprennent de façon certaine que Lévis est en route vers Sainte-Foy. La pluie tombe sans arrêts, retardant la marche des Français et des Canadiens. Vers dix heures, ces derniers traversent le marais de la Suette. À cinq heurs du soir, on apprend que les Anglais se retirent de l’église de Sainte-Foy, après y avoir mis le feu.

L’armée marcha sur le champs pour pouvoir les rejoindre et s’empressait d’occuper les postes abandonnés par l’ennemi.

Au petit matin, le 28 avril, alors que la journée s’annonce splendide, Lévis et Murray, chacun de leur côté, font une tournée de reconnaissance. Vers les sept heures, l’armée anglaise, forte de 3900 hommes, commence à marcher vers les Plaines d’Abraham «avec une artillerie respectable» d’une vingtaine de pièces Lévis peut compter, quant à lui, sur 7000 soldats et miliciens

Le feu fait rage depuis plus d’une heure. Les Anglais, craignant «d’être enfoncés.» prennent la fuite. «Il furent poursuivis avec beaucoup plus d’ardeur que les fatigues que l’on venait d’essuyer ne devaient le faire espérer, poursuit Vézon. La brigade de la marine et les milices qui y étaient attachées dépassèrent de beaucoup le centre des ennemis. M. De Charly, aide-major d’un bataillon de cette brigade, fut sur le point de se saisir d’un drapeau mais nos ennemis, moins fatigués que nous, nous gagnèrent en vitesse et entrèrent dans la ville, sans avoir pu cependant sauver une seule pièce d’artillerie.»

Dans l’engagement, l’armée anglaise avait perdu 239 hommes et 839 étaient blessés. Quant aux troupes de Lévis, leurs pertes sont légèrement moins élevées: 193 tués ou morts de leurs blessures et 640 blessés. Immédiatement après la bataille, le général français ordonne à une garde d’aller prendre possession de l’Hôpital Général. Les blessés des deux camps y sont transportés

Les troupes anglaises refoulées à l’intérieur des murs, l’armée de Lévis commence, dès le 29, à creuser des tranchées en vue du siège de la ville.

Lévis et Murray n’attendent qu’une chose: l’arrivée du premier navire. Sil bat pavillon français, Québec devra se rendre. S’il est de nationalité anglaise, le général français saura que tout est fini!

Le 9 mai, vers les onze heures du matin, une frégate paraît au-delà de la Pointe Lévis.»Le Lowestoff, commandé par la capitaine Joseph Deane, annonce l’arrivée prochaine d’un flotte anglaise.»

Les dés sont jetés, le 15 mai avec l’arrivée du Vanguard, du port de 74 canons et de la frégate Deane, Lévis donna les ordres de lever le siège et de se replier à Montréal où se préparait la bataille finale en affrontant trois armées venant de la Nouvelle Angleterre.

Sources:
«L’histoire populaire du Québec» de Jacques Lacoursière
«The Battle of St. Foy» par le Chevalier Johnstone

LIEN:
http://www.geocities.com/vailcour/Foybataille.html

Bonne année à tous,
Cordialement,
Vailcour
vailcour
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par Raymond » Vendredi 08 Février 2008 03:52:14

Bonjour à tous

Suite à une recherche sur Michel Chartier de Lotbinière j'ai trouvé l'information suivante qui peut éclairer concernant la présence de Vaudreuil sur les plaines d'Abraham. À cette époque, Lotbinière était l'aide de camp de Vaudreuil. Il était le cousin de Pierre Rigaud de Vaudreuil et le beau frère de Joseph-Gaspard Chaussegros de Léry. Dans son journal du 1er septembre au 30 septembre 1759 que l'on peut trouver à la New-York Historical Society (Canada-Lotbinière Mss, journal, reports, misc, papers) il indique qu'il était au côté de Vaudreuil sur les plaines d'Abraham et qu'il vit le Marquis de Montcalm recevoir sa blessure mortelle. Il assista au replis des troupes vaincues sur la rivière Jacques-Cartier. Il ne considéra pas cette défaite comme irréparable. La ville était certe perdue, mais pour un temps seulement.

Il faut dire que Lotbinière avait prévu que la ville allait être indéfendable si les britanniques prenaient pied sur les plaines d'Abraham dans son journal de 1758-1759. En effet, dès février 1759, il critiquait les dispositions prises par l'ingénieur chef Pontleroy qui négligait totalement la partie comprise entre Syllery et l'anse des mers, la regardant comme inaccessible. Or, Lotbinière, se rappelant son enfance, assurait que cet endroit "n'était pas d'accès aussi difficile qu'on le disait: étant écolier, je montais sans grande difficulté et au galop dans cette côte." Si on ne modifiait pas ces projets, on pouvait redouter les plus graves conséquences. En effet, si l'ennemi, informé de ce point vulnérable, y accédait, "nous n'aurions d'autre ressource que de l'attaquer pour l'en chasser, et avec l'espèce de troupes que nous avons... nous ne brillerons pas en plaine vis-à-vis de bonnes troupes réglées et formées ":une fois les ennemis établis sur ces hauteurs, continuait-il, "la prise de Québec et ensuite celle de tout le pays est inévitable". Suivant ses propres suggestions pour qu'un tel malheur ne se produisit pas, il fallait mettre à l'abri ces hauteurs pour les rendre imprenables: l'adversaire serait alors amené à "faire sa descente entre Beauport et le Sault et devrait emporter quatre ou cinq retranchements pour réussir. En outre, "nous trouvant établis devant la place, il aurait à faire un double siège et à craindre des sorties de face avec des attaques...sur ses arrières". L'objectif général de ce plan consistait à forcer l'ennemi à passer en des endroits où les troupes légères franco-canadiennes l'emporteraient facilement.

La valeur de ce système en regard de celui de Pontleroy semble évidente pour qui connait le cours des évènements. Les craintes de Lotbinières étaient bien fondées et ses critiques justifiées.

Dans une lettre adressée au ministre vers la fin de 1759 (AC, MG 18 K 3, vol.1: 271) il écrit "tout le Canada peut me servir de témoin que j'ai annoncé jusqu'au dernier instant sa perte voyant qu'on s'y entêtait à négliger le seul endroit qui peut nous réduire."

Je suis convaincu que son beau-frère était très au courant de cette situation. Ce que craignait Lotbinière était que des plaines ont atteigne la butte à Neveu (environ où se trouve les tours Martello aujourd'hui) pour y installer des canons qui domineraient les murs de Québec. Lotbinière sait aussi, pour avoir aidé son beau-père, que les murs de Québec comme ceux de Louisbourg ont tendance à tomber tout seul. De plus, les portes ne ferment pas bien et le fossé est à peine commencé. Finalement, on manque de vivre. Je ne pense pas que les britanniques auraient abandonnés le siège pour l'hivers. Certe, la flotte aurait quitté la place mais, les américains montreront que l'on peut assiéger Québec en hivers et, compte tenu que Louisbourg avec de bien meilleure fortifications et de meilleures troupes n'a résisté que six semaines, je doute que Québec aurait pu résister plus de quatre semaines.

En ce qui concerne Carillon, le fort est loin d'être imprenable comme le montrera Burgoyne en 1777 en mettant des canons sur le mont Defience. La défaite d'Abercrombie est en bonne partie imputable à une erreur dans la reconnaissance de l'ingénieur Clarke qui a rapporté que la position française était en bas de la butte d'où un assaut sans artillerie ni travaux de siège. C'est Vauban qui disait que les commandants avaient tendance à précipiter les assauts ce qui non seulement n'accélère pas l'issue mais généralement la retarde et ne fait qu'ensanglanter la scène (premier slogan de santé sécurité énoncé par un ingénieur).

Raymond, l'ingénieur du Roy
Raymond
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par hibernatus » Dimanche 09 Mars 2008 21:04:48

Je suis d'avis aussi que la fameuse bataille du 13 septembre 1759 était sans conséquence sérieuse. L'armée anglaise n'était absolument pas prête pour l'hiver en Canada, et il était trop tard pour demander et recevoir des vivres, couvertures, vêtements et bottes avant que les glaces ne se forme sur le golfe et puis le fleuve. Et même quand Ramezay a capitulé, ça n'a rien arrangé. Les Anglais avaient bombardé la ville sans arrêt pendant 63 jours; beaucoup de bâtiments étaient des pertes totales, tous les autres (ou presque) ont été sérieusement endommagés. Et comme le disait Bougainville "ils ont l'a ville, mais on a la colonie". Les Anglais étaient en fait prisonniers dans la ville; ils ne pouvaient en sortir pour aller chercher du bois de chauffage qu'au risque de leur vie. Et ils manquaient tant de provisions que le scorbut s'est installé et a fait de nombreux morts; ceux qui ont survécu ont perdu leurs dents, ce qui les rendaient incapable de charger leurs fusils. Beaucoup d'autres ont subi des engelures suffisamment graves qu'il fallait les amputer pour éviter que la gangrène se propage. Selon les écrits de Murray et aussi de Knox, le printemps venu, il ne restait plus qu'environ la moitié des hommes en état de combattre.
Quant à moi, les deux batailles qui ont décidé de l'avenir du Canada n'ont même pas eu lieu dans le Canada. Il y eut d'abord Louisbourg, et finalement Quiberon. Les trois batailles en Canada n'ont rien changé au cours de l'histoire
hibernatus
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par vailcour » Dimanche 19 Octobre 2008 03:09:44

Bonjour à tous,

Le 250e anniversaire de la Bataille des Plaines d'Abraham du 13 septembre 1759

Comme il se doit, la guerre psychologique se poursuit:

«La Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) a
annoncé la mise sur pied d'activités de commémoration du 250e
anniversaire de la célèbre bataille des plaines d'Abraham, qui
changea le sort de l'Amérique tout entière, incluant
l'affrontement qui a suivi quelques mois plus tard: la
bataille de Sainte-Foy.»

«Du 30 juillet au 2 août 2009, les plaines d’Abraham
replongeront en 1759-1760. Des milliers de reconstituteurs
historiques établiront des campements d’époque à visiter par
le public et participeront à deux affrontements plutôt qu’un,
sous l’œil des descendants du général James Wolfe et du
marquis de Montcalm» selon le communiqué.

Si dans la première bataille des Plaines d’Abraham du 13 septembre 1759, dont on dit la durée de 11 minutes à 30 minutes, on pouvait bien se demander ce qui pourrait être reconstitué, étant avant tout une escarmouche pour reprendre l’expression de l’historien américain Francis Parkman

Par contre, la seconde bataille des Plaines d’Abraham du 28 avril 1760, la reconstitution peut donner lieu à des manœuvres spectaculaires avec ses mouvements des armées à la moderne et ses tentatives d’encerclements.

Ces adeptes de reconstitution de batailles historiques concevant les mises en scène de ces affrontements approfondissent les données de l’histoire en plus de s’y impliquer financièrement Ces reconstitutions permettent de vérifier toutes les données des récits d’évènements rapportés par les témoins du temps et que l’on retrouve dans les archives.

Mais encore, on ne doit pas leur soumettre des pièces d’archives falsifiées ou même fabriquées.

Ainsi lors de cette journée du 13 septembre 1759, M. De Vaudreuil fut particulièrement occupé tel relaté dans les pièces d’archives qui se retrouvent en annexes:

-M. De Vaudreuil stationné à Rivières Jacques Cartier, son Quartier général, est situé à 42 km de Québec:

13 -7bre 1759
Une lettre de M. De Vaudreuil à M. De Bougainville à 6hres du matin.

13-7bre 1759
M. De Vaudreuil expédie lettre à M. De Ramezay. (Toutefois l’heure n’est pas indiquée)

-Le même jour le 13, il expédie une seconde lettre à M. De Ramezay (6 hres du soir.)
-
Toujours d’après ces documents, M. De Vaudreuil était dans la matinée présent sur les Plaines d’Abraham où on nous apprend qu’il circulait en calèche pour superviser l’affrontement entre les troupes de Wolfe et de Montcalm:

Voici un extrait de ce récit du Siège de Québec accompagnant cette liasse de documents:

«Pendant l'action M. de Vaudreuil a paru sur la coste étant en calèche sa vue n'a fait qu'augmenter la déroute, et lui-même a décampé aussitôt et a repassé le pont de la petite rivière où il y avait au moins 3 à 4000 hommes qui y avoient été arrêtés.»
Extrait:«Le journal du Siège de Québec, 10 mai 1759-18 septembre 1759» ANQ années 1920-1921. (Page 200)
.

De retour à son Quartier Général à Rivières Jacques Cartier, (42 km) M. De Vaudreuil s’empressa de rédiger ses instructions à l’intention de M. De Ramezay, lesquelles prennent la forme d’un projet d’«Acte de capitulation»
(Il est indiqué que l’expédition a eu lieu dans la soirée,)

En plus de cette correspondance et de cette promenade sur les Plaines M. de Vaudreuil a dû se taper dans la journée quelque huit ou neuf heures de calèche s’y on se réfère à ce journal du siège de Québec du 10 mai au 18 de septembre 1759 faisant partie de cette liasse de documents.

On trouvera en annexes manuscrits et autres documents

-La journée de M. De Vaudreuil: «l’Affaire du Treize»
http://www.geocities.com/vailcour/Docplaines22B.html

Cordialement
vailcour
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par hibernatus » Dimanche 19 Octobre 2008 03:27:54

Tout d'abord, c'est risible de dire que le 13 septembre 1759, Vaudreuil était à la rivière Jacques-Cartier.
Ensuite, mes attentes d'une reconstitution adéquate sont très faibles, étant donné que ce qui reste des "Hauteurs d'Abraham" est un peu moins de la moitié de la largeur de ce qu'il était à l'époque. La reconstitution de ce qui s'est passé dans les environs du moulin Dumont est totalement impossible, le lieu étant maintenant totalement urbanisé. De plus, l'endroit le plus probable où se situait Montcalm est hors du terrain de la présente Commission des Champs de Batailles Nationales. Et le lieu le plus probable où Montcalm a été mortellement blessé est lui aussi hors de ce terrain, malgré la stèle à cet effet sur ce terrain, sur la Butte-à-Nepveu. D'ailleurs l'historienne de la CCBN m'a avoué qu'elle n'avait pu trouver dans les archives de la Commission aucun document justifiant la présence de la stèle à cet endroit. Mais de toute façon, je compte bien m'y rendre, ne serait-ce que pour mieux critiquer la reconstitution.
hibernatus
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par vailcour » Vendredi 06 Février 2009 22:15:45

Bonjour à tous,
La reddition de Québec, un acte de HAUTE TRAHISON!

Pour souligner le 250e anniversaire de la bataille des plaines d'Abraham, la Commission des champs de bataille nationaux (gouvernement fédéral) organise tout un festival: expositions, colloque, animations, bal masqué et reconstitutions. Oui, vous avez bien lu, reconstitutions. Trois mille reconstituteurs historiques bénévoles en costume d'époque reproduiront la victoire des troupes anglaises sur les troupes françaises .le 13 septembre 1759 d’après la version officielle de l’Histoire.

A-t-on l’intention de reconstituer aussi l’acte de HAUTE TRAHISON qui a présidé à la reddition de Québec le 18 septembre 1759, le tout couronné d‘un faux acte de capitulation .

La reddition de Québec: un acte de Haute trahison
La reddition précipitée de Québec du 18 septembre 1759

«Il est inouï que l'on rende une place sans qu'elle soit attaquée ni investie, alors que cette campagne allait se terminer glorieusement," s’exclamait le Chevalier de Lévis ne pouvant cacher son indignation:

Revenons sur cette capitulation précipitée de Québec du 18 septembre 1759,comme si on avait craint que l'armée anglaise allait se retirer avant le temps. L’amiral Saunders avait prévu le réembarquement des troupes à partir du 20 septembre et ne pouvait pas tellement retarder compte tenue des conditions de navigation automnales.

Ce que Jean Pierre Poussou ne pouvait s'expliquer dans son ouvrage « Montcalm et la perte du Canada» considérant que

« la capitulation trop rapide de Québec dès le 18 septembre alors que non seulement les forces armées françaises n'étaient pas écrasées, mais étaient encore tout à fait capables d'infliger aux troupes anglaises un sérieux revers car elles se trouvaient dans une situation à coup sûr très difficile... au lendemain de leur victoire !» (Études stratégiques )

Quel était au juste l’état de l’armée française au 13 septembre.
Lors de l’affrontement du 13 septembre au matin d’une durée de moins de 20 minutes le rapport de l’archiviste de la Province de Québec (Années 1930-1931) fait état de 137 officiers et soldats tués.
.
Les registres de l’Hôpital Général, dans la semaine du 13 septembre indiquent que neuf soldats (bien identifiés) sont décédés des suites de leurs blessures suite à leur participation à cette escarmouche appelée aussi «l’Affaire du Treize» Si le chiffre de 137 est exact il faut en conclure que 128 soldats furent tués sur le coup:

Pour la journée du 28 avril 1760 et des jours qui ont suivi, l’Hôpital Général indiquent que 223 soldats sont décédés des suites de leurs blessures résultant de leur participation à la seconde Bataille des Plaines d‘Abraham faussement appelée Bataille de Ste-Foy..

Répartition selon les régiments officiers et soldats .tués lors de cet affrontement du 13 7bre 1759. Le rapport de l’Archiviste du Québec (1930-1931)

-La Sarre: 33
-Royal Roussillon: 9
-Languedoc: 41
-Guyenne: 23
-Béarn: 31

De sorte que cette armée de 13000 soldats et plus fut à peine égratignée et n’était pas certes sur le point de capituler.

En effet, sur le plan militaire, le gros des effectifs français restait intact. Deux corps d'armée n'avaient pas été engagés dans l‘affrontement , tandis que le troisième s'était joint aux deux autres formations. Au moment où ces forces regroupées, maintenant en surnombre s'apprêtaient à attaquer l'ennemi sous la direction du Chevalier de Lévis, c’est alors que l’on s’est empressé de rendre la place.

Que s’est-il bien passer entre le 13 septembre et 18 septembre 1759?

La situation suite à la mort de Montcalm le 14 septembre

¨Selon: «A Soldier's Account» (Boston, Nov 1759)
«Montcalm y avait laissé sur le terrain 139 soldats tués et Wolfe quelque 44 soldats. Cependant, l’artillerie de la place pendant les 4 jours qui ont suivi soumettait les positions de l’ennemi sous un feu nourri De sorte que l’armée anglaise fut tenue éloignée des murs de la place »
.
On rapporte qu’au milieu d’août, la santé de M. de Ramezay l’aurait forcé à entrer à
l’Hôpital Général et il doit alors abandonner ses fonctions à un subordonné.

Faut-il rappeler que le 9 août précédent, Montcalm avait donné l’ordre à Lévis, d’aller seconder Boulamarque qui tenait le second front près du Lac Champlain. Le chevalier de Lévis ne fut de retour que le 17 septembre et allait rejoindre Vaudreuil au camp de la rivière Jacques Cartier.

Montcalm, apparemment voyant que Lévis lui portait ombrage avait pris la décision de l’éloigner. Le succès empêchant le débarquement des troupes anglaises aux chutes Montmorency fut attribué à Lévis.

Ainsi Québec privé de Montcalm décédé le 14, le Chevalier de Lévis absent, et M. de Ramezay, sorti de l’Hôpital mais diminué, se trouvait à toute fin pratique sans direction.
Il s’est trouvé Chaussegros de Léry, comme étant le plus apte à prendre le commandement de la garnison de Québec.

Aussi, qui sont ces gens profitant des circonstances ont livré la place sans
qu’elle soit attaquée ou investie pour reprendre l’expression de Lévis. Ces gens
qui ont livré la place forte ne sont toutefois pas identifiés dans le récit du
DBC. (le dictionnaire biographique du Canada)

De la rivière Jacques Cartier, Vaudreuil en compagnie de Lévis s’apprêtaient à lancer une contre-attaque à la tête d une armée supérieure en nombre pour refouler les troupes anglaises situées sur la falaise où elles n’avaient plus de place où aller.

D’où l’urgence pour Townshend de prendre possession de la place et d’accélérer les «négociations.» Du texte même du rapport de Townshend transpire cette préoccupation de l’arrivée imminente des troupes de Vaudreuil et de Lévis


M. de Ramezay sur qui portaient des soupçons de mollesse dans cette reddition
de Québec a eu fort à faire pour se disculper. Dans les Archives Nationales du
Canada (1905) page 355 en date du 20 juillet 1764 on lit ce qui suit:

«Le Roi a reçu son mémoire concernant ses services et particulièrement au sujet de la reddition de Québec où il commandait après la mort de M. de Montcalm. La permission qu’il demande de publier ce mémoire pour rétablir sa réputation, qu’il dit être devenue suspecte en raison du traitement médiocre qui lui a été fait, ne peut lui être accordée. Il contient des détails que d’autres officiers pourraient vouloir expliquer ou contredire, et il en résulterait des discussions qu’il vaut mieux ne pas soulever. Le Roi a clairement exprimé son sentiment là dessus en lui accordant néanmoins une pension de 800 livres.» Relativement à cette capitulation de Québec, la mauvaise humeur régnait à la Cour.

LIEN
Alors qui a livré la place?
CHAUSSEGROS DE LÉRY FORTEMENT SOUPÇONNÉ

http://www.geocities.com/vailcour/Chaussegros1.html


Cordialement
vailcour
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par Paul Ryckier » Jeudi 12 Février 2009 00:40:20

Re: Message du 6 Février 22h15 et addendum aux messages du 10 Avril 2007 23h15 et du 13 Avril 2007 1h15.

Cher Vailcour et les autres,

je vous remerchie pour tous les articles qui m'ont laissés comprendre mieux la situation très complexe et comme vous dites plusieurs fois mal présentée même frôlant la malhonnêteté.
Je suis intéressé dans la question depuis le fil du Canadien anglophone Scarboro en 2006.
http://www.bbc.co.uk/dna/mbhistory/F223 ... ad=3706381
J'ai un sentiment de déja vu. Je pense que j'ai déja commencè un fil sur le "Histoforum" dans le temps: "Quoi si Montcalm avait vaincu au Québec?" Mais l'Histoforum n'existe plus maintenant.

En tous cas c'est déja de 2006 que je suis intéressé dans l'Amérique française et j'ai appris encore plus lors de mes recherches pour le fil au BBC: "Pourquoi les Anglais et pas les Français au 17 et 18 ième siècle?"? Naturellement je ne suis qu'un simple débutant, qui doit encore beaucoup apprendre des érudites comme vous.

Entre parenthèses: Est-ce que vous connaissez un certain Patrick Couture aussi un Canadien apparemment francophone? Je l'ai rencontré dans mon "étude" :? sur Montcalm.

En lisant votre derniers messages j'ai parcouru le forum et trouvé un lien fort intéressant mis sur le forum par Bruno:
viewtopic.php?f=3&t=115
Ce lien est peut-être trop rudimentaire pour des "connaisseurs, mais pour moi le débutant, j'ai beaucoup appris de lui. J'admets beaucoup des choses que je savais déja, mais aussi des nouvelles perspectives et surtout de nouveau des résumés dans le temps! et dans le contexte de ces questions spècifiques.

Et estime de nouveau pour le zèle avec lequel vous poursuivez vos enquêtes.

Cordialement,

Paul.
Paul Ryckier
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par Raymond » Vendredi 13 Février 2009 03:56:07

Bonjour à tous

Mon étude de l'ingénieur du Roy canadien Michel Chartier de Lotbinière se poursuit et j'ai trouvé plusieurs renseignements intéressants. Le premier concerne une grosse erreur dans les travaux de construction des fortifications de Québec. Comme je l'expliquais dans un texte antérieur, les murs de Québec ont tendance à tomber tous seuls et le fossé est à peine commencé. Or, le creusage du fossé nécessite l'usage d'explosifs car le terrain devant le mur est sur le roc. Comme le mur a été érigé avant le creusage du fossé, il est impossible de réaliser le creusage sans endommager ou même détruire le mur. L'ingénieur britannique Montresor fera un rapport à ce sujet et canstate qu'il n'est pas possible de corriger la situation et parle d'une grosse erreur. C'est pourquoi une citadelle que les britanniques construiront selon les plans de Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry (le père de Joseph-Gaspard) sera érigée sur les ruines du bastion de la glacière. Pour Carillon, de Lotbinière fera creuser le fossé après avoir mis en place les fondations du mur mais avant la construction du mur lui-même. Le déblais provenant du fossé servira dans la construction du glacis et du mur qui fait 11 pieds français d'épaisseur comparé au 4 pieds du mur à Québec.

Un autre point important est que les navires de ravitaillement reçu de France au printemps juste avant que la Royal Navy ne bloque le Saint-Laurent furent gardés avec leurs chargement en amont de Deschambault afin de les soustraires à la menace britannique. Les vivres seront ramenées à Québec régulièrement mais vers la fin d'août les vivres viennent à manquer et les vivres doivent venir des récoltes récentes de Montréal. Wolfe est informé de cette situation par un déserteur et c'est ce qui le décide de couper la voie de communication pour forcer Montcalm à l'attaquer. Suite à la déroute, l'armée française se replie alors vers Beauport pour ramasser leurs paquetages et dans la nuit ils passe la position britannique par le nord via l'Ancienne Lorette pour se retrancher à la Rivière Jacques-Cartier à l'ouest de la position britannique. Le mouvement est tellement précipité que les vivres dans le camp sont abandonnées et rien n'est fait pour au moins les acheminer dans Québec dont la petite garnison ne dispose que de quelques jours d'approvisionnement ce qui en désespoir de cause amènera la capitulation de la Ville. Ramesay n'a appris l'approche de Lévis pour lui venir en aide que quelques heures après avoir accepté les termes de la capitulation. Pour une question d'honneur il a refusé de revenir sur sa parole.

Selon les informations que j'ai trouvé, Vaudreuil était à Beauport au matin du 13 septembre et a suivi l'armée de Montcalm vers les Plaines d'Abraham ce qui confirme le journal de Michel Chartier de Lotbinière.

Le 2 mai 2009 je fais une présentation sur le sujet à Fort Carillon (Fort Ticonderoga, NY).

Raymond, l'ingénieur du Roy
Raymond
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par vailcour » Vendredi 13 Février 2009 19:10:14

Bonjour M. Raymond et à tous

Relativement au Siège de Québec, il y a toute une floraison de littérature qui nous en fait voir des vertes et des pas mures.

-Les fortifications
Dans toute cette documentation on fait état de la fragilité des murs de fortifications de Québec Et pourtant, ces murs ont tenu le coup et résisté aux assauts des Britanniques pendant le siège de Québec à l’ été 1759 bien que Québec fut bombardé du 15 juillet au 13 septembre 1759

À leur tour, les Franco-Canadiens du Chevalier de Lévis n’ont pu pénétrer à l’intérieur des murs après en avoir refoulé les troupes de Murray. à la suite de la vraie Bataille des Plaines d’Abraham, du 28 avril 1760. appelée faussement la Bataille de Sainte-Foy

On pourrait peut-être ajouter la tentative de s’emparer de Québec par Richard Montgomery, en décembre 1775 au début de la guerre d’indépendance américaine. Bien sûr, on mettra cet échec sur le compte de l’amateurisme des troupes américaines (avec raison)

-Toujours cette pseudo-famine
Cette littérature nous revient toujours avec des chargements de vivres en provenance de l’Europe à destination de Québec succombant à la famine. On oublie d’ajouter que Québec était toujours ravitaillé par la route restée ouverte et reliée à Batiscan. Wolfe avait oublié dans son plan de campagne de s’attaquer à cette route qui ravitaillait Québec pendant le siège. (Un rappel de la Voie Sacrée pour ravitailler le front de Verdun en 1916)

-Le don d’ubiquité de M. de Vaudreuil.

«Selon les informations que j'ai trouvé, Vaudreuil était à Beauport au matin du 13 septembre et a suivi l'armée de Montcalm vers les Plaines d'Abraham ce qui confirme le journal de Michel Chartier de Lotbinière.»

Dans la liasse de documents transmis a «l’archiviste de la Province de Québec» en 1923,
on note dans ce qui est présenté comme le journal du Siège de Québec du 10 mai au 18 septembre 1759, le passage suivant:

«Pendant l’action M. De Vaudreuil paru sur la coste étant en calèche, sa vue n’a fait qu’augmenter la déroute, et lui-même a décampé aussitôt.....»
Extrait: «Le journal du siège de Québec ANQ 192-1921» (Du 10 de mai au 18 septembre 1759, page 200)

Or dans cette même liasse de documents on situe M. De Vaudreuil au camp Jacques Cartiers en cinq heures de cheval de Québec (45 km) où il entretenait toute une correspondance d’après ces documents, avec M. De Ramezay. Il rédigeait même ses instructions à M. De Ramezay qui était en fait un projet de capitulation toujours dans cette journée du 13 septembre.

Ou bien donc M. de Vaudreuil se promenait en calèche sur les plaines pendant la dite bataille ou il était au camp Jacques Cartier, pas les deux à la fois, à moins de jouir d’un extraordinaire don d’ubiquité

LIEN:
Voir la correspondance de M. De Vaudreuil avec M.de Ramezay le 13 septembre 1759.

http://www.geocities.com/vailcour/13-7bre-1.html

http://www.geocities.com/vailcour/13-7bre-2.html

http://www.geocities.com/vailcour/13-7bre-5.html

Cordialement
vailcour
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par BRH » Vendredi 13 Février 2009 23:53:26

Le mystère s'épaissit mais ça n'en est pas moins passionnant ! Ramezay aurait donc bien signé la capitulation, finalement ?
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par vailcour » Dimanche 15 Février 2009 03:11:05

On a rien vu encore.

Pour les «festivités» du 250e anniversaire de la bataille des Plaines d’Abraham, on vient d’annoncer que l’on renonce à un gros morceau, soit la partie fortement ancrée dans le folklore anglo-saxon, la reconstitution de «l’écrasement et la déroute» de l’armée française le 13 septembre 1759.

Une odeur de scandale flotte sur ces festivités du 250e

Le Soleil de Québec
« (Québec) Célébration, commémoration, reconstitution, rappel et quoi encore ! Les nuances se suivent, les contorsions intellectuelles et historiques également, sur la bataille des plaines d’Abraham. Ceux qui se méfient du but du machin peuvent se conforter, l’idée vient des commandites et vise à convaincre les Québécois des bienfaits du fédéralisme. Alors, un peu de background, comme on dit à Ottawa. Peu importe le choix des mots pour décrire l’événement, le 250e anniversaire de la défaite des Français souffre d’un vice fondamental : une odeur de scandale flotte dans l’air» Le Soleil, Québec, 12 février 2009)

Voir l’article au complet:
http://www.vigile.net/La-bataille-des-Plaines,17863

Le tout va se trouver devant une commission parlementaire de la Chambre des Communes à Ottawa le 25 févier prochain. Passionnant en effet

La signature de M. De Ramsay apparaît bel et bien sur le document de l’acte de capitulation de Québec du 18 septembre 1759.. Mais voila le rédacteur des Archives du Canada (fédéral)dans le cahier de 1905 dans son analyse doute de l’authenticité de ce document pour ne pas dire plus. En outre, la copie normalement destinée à M de Ramezay comme partie contractante est introuvable.

Sur le journal électronique Vigile je reproduis l’analyse de cette pièce d’archive par le responsable des Archives du gouvernement fédéral au début des années 1900. Le présent Forum avait déjà traité de ce document il y a quelque deux ans:

http://www.vigile.net/Acte-de-capitulation-de-Quebec-du


Cordialement
vailcour
 
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Re: L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Message par Raymond » Jeudi 19 Février 2009 06:29:15

Bonjour à tous

En réponse aux commentaires de Valcour

Du 15 juillet au 13 septembre 1759, les murs de Québec n'ont pas été attaqués car ils sont impossibles à atteindre de la Pointe Lévis puisque les murs sont parallèles au tir des canons britanniques. À remarquer que lorsque l'ingénieur chef Pontleroy observe la mise en place des batteries britanniques à la Pointe Lévis, il calcule que ceux ci toucheront la basse ville mais que la haute ville est hors d'atteinte. Le lendemain, les britanniques lui prouveront qu'il a tord.

Après l'engagement du 13 septembre, les britanniques feront monter 60 canons et 58 mortiers le long du santier de l'Anse-au-Foulon. Le 17 septembre, ils étaient prêt à ouvrir le feu en même temps que 8 navires de ligne de l'Amiral Saunders qui approchaient pour attaquer la basse ville. C'est à ce moment que Ramesay a fait hisser le drapeau blanc et envoyé le Major Joannès dans le camp britannique pour négocier la capitulation de Québec.

À noter que les britanniques disposaient de 47 canons de 24 pdr, 32 canons de 12 pdr et 21 canons de 6 pdr. Un seul canon de 24 pdr est suffisant pour faire tomber un bastion comme le démontrera Lévis au printemps suivant en détruisant le bastion de la Glacière. Il sera incapable de faire tomber le bastion St-Jean par manque de munition. On comprendra que si Lévis a fait tomber un bastion avec un seul canon, quel aurait été l'effet de tirer avec une trentaine de canons du même calibre (OK, les livres françaises sont légèrement plus lourdes que les livres britanniques, juste assez pour que les français puissent utilliser les boulets britanniques mais pas le contraire.)

Dans le cas du siège des américains en 1775, ils ne disposeront que de quelques motiers qui ne feront presque pas de dégats et quelques canons que Lamb tentera d'utiliser mais qui ne sont pas d'un calibre suffisant et qui seront détruits par les canons britanniques d'un calibre bien supérieur. Les Américains ne disposaient pas d'une flotte pour appuyer leur siège et fournir les canons de gros calibre.

En ce qui concerne les provisions, nous disons la même chose concernant l'approvisionnement venant de Batiscan qui était dans les navires arrivés au printemps. D'ailleurs, je suis d'accord que Wolfe a commis une erreur en attaquant à l'Anse-au-Foulon au lieu de suivre l'avis de ses brigadiers qui unanimement recommandaient d'attaquer en amont vers la Pointe-Aux-Trembles ce qui aurait coupé l'approvisionnement et la retraite, et aurait forcé Montcalm d'attaquer les britanniques retranchés ce qui aurait sans doute mis fin aux opérations dans la province du Canada.

Le 15 septembre 1759, Ramesey constate qu'il reste environ 15 à 16 milles demi rations pour alimenter 6000 personnes. Combiné avec l'action de l'artillerie et de la marine britannique le 17, Ramesay décide d'entamer les négociations.

Pour ce qui est de Vaudreuil, je n'ai aucune indications qu'il était à la Rivière Jacques Cartier le 13 septembre au matin. Il apprend le débarquement des britanniques d'une note envoyée par le Chevalier de Bernetz qui commande la basse ville. On trouve cette note en annexe du rapport de Vaudreuil. Il se plaint d'ailleurs de l'avoir appris après Montcalm ce qui explique qu'il est à la suite de l'armée. Comme je l'ai déjà indiqué dans une note antérieure, le journal de Lotbinière conservé à New-York confirme la présence de Vaudreuil sur les Plaines d'Abraham près de Montcalm au moment ou il est mortellement blessé. Après la retraite à Beauport, Il écrit trois messages dans la soirée. Le premier demande à Montcalm son avis sur la suite des opérations. Le second est adressé à Lévis pour lui demander de revenir. Le troisième est adressé à Ramesay.

Raymond, l'ingénieur du Roy
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