L'incroyable odyssée d'un faux triomphe anglais au Canada !

Chaussegros de Léry fortement soupçonné.

Message par vailcour » Dimanche 11 Mars 2007 02:47:28

Bonjour,
M. De Ramezay était bien accusé de faiblesse mais sans plus.

L’homme sur qui porte les soupçons: Chaussegros de Léry.

Mais qui était Chaussegros de Léry?
Personnage important au pays, sa biographie (DBC) fait état d’importants états de service en Nouvelle-France. Comme ingénieur il dressa des cartes, procéda aux travaux de fortifications. Il fit carrière dans l’armée.

Or, en septembre 1759 M. De Ramezay sorti de l’hôpital mais affaibli, Montcalm décédé, le Chevalier de Lévis, absent, envoyé par Montcalm en mission au Lac Champlain, Québec était à toute fin pratique sans direction.
Il s’est trouvé Chaussegros de Léry, comme étant le plus apte à prendre le commandement de la garnison de Québec

Son biographe écrit:
Chaussegros avait survécu à la rupture provoquée par la Conquête en liant étroitement ses sentiments de loyauté à ses intérêts personnels. Avant 1760 il avait réussi à cultiver habilement l’amitié d’hommes aussi influents que la Galissonnière et Vaudreuil, et il continua habilement par la suite d’en user de même, et avec des bons résultats à l’égard de Carleton, de Townshend, de Haldimand.et autres

Quel rôle aurait pu jouer Chaussegros dans cette fabrication.
C’est un des rares qui avait la connaissances et la capacité de le faire.
De plus, le gouvernement français le soupçonnait on dirait aujourd’hui d’intelligence avec l’ennemi.

À la fin de 1765, il tenta de se rendre en France . Mais les autorités françaises avaient surveillé ses agissements en Grande Bretagne Aussi loin d’être le bienvenu, les instructions étaient à l’effet de procéder à son arrestation. (les Archives du Canada 1766)

On reviendra cette fois plus longuement sur le sujet

Cordialement
vailcour
 
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Message par BRH » Dimanche 11 Mars 2007 11:33:26

S'agit-il de celui-ci ?




Gaspard-Joseph CHAUSSEGROS DE LÉRY
(1721-1797)
Né à Québec, le 20 juillet 1721, puis baptisé le 21, dans la paroisse Notre-Dame, fils de Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry, ingénieur militaire, et de Marie-Renée Legardeur de Beauvais. Son prénom s'orthographiait aussi Joseph-Gaspard.

Fit des études de génie militaire dans les troupes de la Marine.

Entra dans l'armée comme cadet en 1733, atteignit le grade de capitaine en 1757. Nommé au poste de sous-ingénieur en 1739, démissionna en 1749 mais continua d'exercer sa profession. Les rapports ou journaux de campagne qu'il écrivit de 1749 à 1759 furent publiés dans le Rapport de l'archiviste de la province de Québec pour 1926-1927 et dans le Rapport [...] pour 1927-1928. Obtint la croix de Saint-Louis en janvier 1759. Participa à la bataille des plaines d'Abraham; fut blessé et fait prisonnier. Envoyé en France à la fin de 1761, revint à Québec via l'Angleterre en septembre 1764. Nommé grand voyer du district de Québec en 1768. Propriétaire de plusieurs seigneuries, dont la seigneurie de Léry héritée de son père.

Prêta serment comme conseiller législatif le 17 août 1775. Était membre du Conseil exécutif en 1784. Nommé conseiller législatif en 1792.

Décédé en fonction à Québec, le 11 décembre 1797, à l'âge de 76 ans et 4 mois. Inhumé dans la nef de la cathédrale Notre-Dame, le 14 décembre 1797.

Avait épousé dans la paroisse Notre-Dame, à Québec, le 24 septembre 1753, Louise Martel de Brouague, fille de François Martel de Brouague, commandant de la côte du Labrador, et de sa seconde femme, Louise Mariauchau d'Esgly.

Père de Charles-Étienne et de Louis-René Chaussegros de Léry. Grand-père de Georges-René Saveuse de Beaujeu. Beau-père de Jacques-Philippe Saveuse de Beaujeu. Oncle par alliance de James Walker .

http://www.assnat.qc.ca/fra/Membres/not ... hausgj.htm


Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
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Chaussegros de Léry

Message par vailcour » Dimanche 11 Mars 2007 18:09:21

Bonjour à tous,

Effectivement, c’est le même Chaussegros de Léry.
C’est la biographie officielle de l’Assemblée nationale du Québec, traçant les grandes lignes de sa carrière Ce type de biographie ne contient pas en général les éléments négatifs.

Veuillez prendre connaissance de la lettre du 1er mars 1775 que Townshend aurait écrite à Chaussegros de Léry, en réponse à une requête de ce dernier, demandant qu’une commission dans l’armée britannique soit accordée à son fils Louis-René de 12 ans.

http://www.geocities.com/vailcour/townshend1.html

Cordialement
vailcour
 
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Message par BRH » Dimanche 11 Mars 2007 18:13:13

Il y a quand même un problème: comment Chaussegros aurait pu commettre une félonie quand il est signalé comme étant prisonnier des Anglais ? :shock:
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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Une industrie de faux documents.

Message par vailcour » Lundi 12 Mars 2007 17:55:08

Bonjour,

En effet, j‘ai écrit que Chaussegros à la bataille des Plaines d‘Abraham, fut blessé et fait prisonnier par les Britanniques qui l‘enfermèrent à`l‘Hôpital Général:» J’aurais du employer le conditionnel.

Ce passage est extrait des documents sur la conquête justement ceux dont l’archiviste M. Aégidius Fauteux des Archives nationales admet ignorer la provenance et reconnaît la source anonyme.
De sorte qu’on ne peut rechercher la logique dans les faits relatés par ces documents.

Citons entre autres la balade de M. De Vaudreuil se promenant en calèche sur les Plaines d’Abraham pendant l’affrontement entre les troupes de Montcalm et de Wolfe. Ce fait est reproduit dans tous les documents bilingues du gouvernement fédéral dont. Our roots, nos racines.

Que penser de la chevauché fantastique de 4 jours pour parcourir les 800 kilomètres aller-retour entre le Lac Champlain et le camp Jacques Cartier, près de Québec.

En consultant le registre de l’Hôpital Général du mois de septembre 1759, je n’ai pas relevé le nom de Chaussegros parmi les patients de l’Hôpital. Par contre. on a relevé le nom de 18 soldats décédés de leurs blessures, entre le 13 septembre et le 18 septembre.1759. Ils furent les victimes de ce qui fut présenté comme un affrontement militaire majeur

Pour cette période du Siège de Québec on assiste réellement à une industrie de faux documents.

Jugeons: Le rapport Townshend.
En décembre 2005, les médias rapportaient l’adjudication d’un document sur la bataille des Plaines d’Abraham

Il fut acquis par un acheteur privé canadien, jeudi, lors d’une vente aux enchères chez Christie’s à New York L‘acheteur anonyme a payé 66000$US . La maison d‘enchères estimait que le document valait de 40000$ à 60000$US.

M. Victorin Chabot, affirme que Bibliothèque et Archives Canada, à Ottawa, possède trois versions antérieurs du rapport Townshend. Selon M. Chabot, quant au document mis en vente par Christi’s il s’agirait de la quatrième ou cinquième version.

Décidemment, c’est une industrie rentable. Et combien est fort le mythe de la bataille des Plaines ‘Abraham chez les Anglo-Saxons.

Que dire de ce document qui, il y a quelques années fut vendu pour le même montant (60000$) Chez Christie,s. Il consiste au journal d’un officier accompagnant la dépouille de Wolfe lors de son retour en Grande-Bretagne.

Il existe peu de document crédible pour évaluer la période qui a suivi le 13 septembre 1759. TOUS les ouvrages qui furent publiés dont le dictionnaire biographique du Canada puisent à la même source soient ces documents dont on ignore la provenance et reconnaît la source anonyme

Trois faits néanmoins sont sûrs.
-La mort de Montcalm le 14 septembre 1759, en excluant la partie romancée.

La mort de Wolfe dont on ignore les circonstances exactes.
Le rapport initial de Townshend publié dans les Archives du Canada en 1905 n’en fait pas mention.

L’occupation militaire de Québec par les troupes britanniques, le 18 septembre 1759.
(est exclu l’acte de capitulation du 20 7bre 1759)


Christie’s Auction Sale New-York 12-12-05

http://hnn.us/roundup/entries/19245.html

Cordialement
vailcour
 
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Message par BRH » Lundi 12 Mars 2007 19:33:18

Il n'est pas douteux que Ramezay ait donné l'ordre d'ouvrir les portes de Québec aux Anglais. Lui seul en avait le pouvoir. Il n'aurait pas manqué de souligner une félonie si elle s'était produite...

Donc, il est possible qu'il ait été complice ou acheté. Mais de cela, on ne parle jamais !
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Pour Paris la réponse est claire.

Message par vailcour » Mercredi 14 Mars 2007 00:49:49

Bonjour à tous,

Donc, il est possible qu'il ait été complice ou acheté. Mais de cela, on ne parle jamais !
_________________


Mais de cela, on ne parle jamais....bien sûr
Le dictionnaire biographique du Canada, n’a pu identifier la ou les personnes qui ont livré la ville de Québec. En aucun cas ils ont spécifié que ce fut M. De Ramezay qui a donné l’ordre d’ouvrir les portes. On peut fortement présumer que si ça avait été le cas, le DBC l’aurait mentionné. Le rapport initial de Townshend n’en parle pas.

Chose certaine, M. De Ramezay, malade ou en bonne santé, malgré ses états de services impressionnants ne faisait pas le poids devant la personnalité de Chaussegros de Léry. Ce dernier est apparu au fil de sa carrière comme un personnage flamboyant et ambitieux pour citer son biographe (DBC) et qui s’imposait partout.

À Paris, M. De Ramezay fut reçu froidement, et le Roi refusait de prendre connaissance de son rapport

M. de Ramezay sur qui portaient des soupçons de mollesse dans cette capitulation de Québec a eu fort à faire pour se disculper
Dans les Archives Nationales du Canada (1905) page 355 en date du 20 juillet 1764 on lit ce qui suit:
«Le Roi a reçu son mémoire concernant ses services et particulièrement au sujet de la reddition de Québec où il commandait après la mort de M. de Montcalm. La permission qu’il demande de publier ce mémoire pour rétablir sa réputation, qu’il dit être devenue suspecte en raison du traitement médiocre qui lui a été fait, ne peut lui être accordée.
M. De Ramesay fut reconnut pour sa faiblesse et finit ses jours en 1777, à Blaye, en France.
.

Dans le cas de Chaussegros de Léry, pour Paris, l’opinion était faite. la situation est claire. Lorsqu’à la fin de 1765 Chaussegros demandait la permission de rentrer en France, les instructions étaient à l’effet que s’il se montrait aux frontières il allait être mis en état d’arrestation. On spécifiait en que c’était en raison de ses agissements lesquels avaient été surveillés à Londres. (Archives du Canada 1766)

Cordialement
vailcour
 
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Message par BRH » Vendredi 16 Mars 2007 18:58:09

Il y a pourtant un acte de capitulation publié par les Anglais d'où il ressort que c'est bien Ramezay qui a demandé celle-ci:

http://www.canadiana.org/ECO/PageView/4 ... 422f932be6
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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L'Acte de capitulation du 18 septembre 1759

Message par vailcour » Lundi 19 Mars 2007 16:34:49

Bonjour à tous,
La première question que l’on se pose: est-ce qu’il y a eu réellement un acte de capitulation?
Celui qui est exposé en montre au pavillon Casault des Archives nationales du Québec, fait partie de la liasse de documents dont les Archives nationales du Québec, ont accusé réception en 1923, soit 164 années après les évènements.

Effectivement, il porte trois signatures: Amiral Saunders, le Général George Townshend, et M. de Ramesay.

En 1923, M. Aégidius Fauteux responsable de la bibliothèque St-Sulpice accusait réception d'une liasse de documents portant sur la capitulation de Québec 164 ans après les évènements du 13 septembre 1759

Il ne pouvait toutefois expliquer la provenance de ces documents.
«L'histoire de leurs pérégrinations de 1759 à 1923, serait sans doute forte intéressante, mais pour le moment qu'il nous suffise de dire que nous les avons acquis de leur légitime propriétaire.»

Quant à «l’acte de capitulation» exhibé en montre il s’agit de savoir laquelle des versions est ainsi exposée aux Archives, celle de l’amiral Saunders ou celle du Général Townshend.

Il faut mentionner que le 20 septembre 1759 deux versions de «l’Acte de capitulation» ont été expédiés à William Pitt: l’une par l’amiral Saunders et l’autre par le brigadier-général George Townshend, ce qui rendait très perplexe le rédacteur des archives du Canada dans le cahier de l’année 1905

Voyons plutôt:
Ce qu’a noté le rédacteur de ces archives:

« On rencontre de fréquentes variations dans la rédaction du texte français comme de la traduction anglaise ou dans la version des articles de la capitulation fournis par différents auteurs. Ces variations se rencontrent dans les reproductions françaises et anglaises. Les articles préliminaires de la capitulation reproduits ci-après, d’après deux versions distinctes, donneront une idée des variations qui se rencontrent aux sources officielles anglaises. »

1-Le rapport Townshend se lit comme suit:
«Articles de capitulation demandée par Mr de Ramesay, Lieutenant pour le Roy....etc
La capitulation de l'autre part a été accprdé par:

Son Excellence Général Townshend brigadier des Armes de Sa majesté Britannique en Amérique.

La capitulation demandée d’autre part a été accordée par de la manière et aux conditions exprimées cy-dessous.»


2-Le rapport Saundera se lit comme suit::

«Demandée par M. De Ramesay etc...»
«La capitulation demandée de l’autre part, a été accordée par

«Son excellence l’Amiral Saunders et son Excellence le Général Townshend, etc, etc.

De la manière et condition exprimée ci-dessous...

Dans toutes transactions une copie de l’acte doit être remis à une des parties contractantes en l’occurrence M. De Ramesay. Cette copie est pourtant introuvable, et une demande au directeur actuel des Archives, fut faite il y a quelques mois, on cherche encore.

D’autant plus que l’article 10 du dit «acte de capitulation» stipulait que M. De Ramesay avait la permission d’avertir son supérieur le gouverneur général , de la capitulation de Québec. et que le gouverneur avait la permission d’avertir son ministre en France de la capitulation de Québec.

Voici le libellé de cet article 10

»Qu'il sera permis au Lieutenant du Roi commandant dans la ville de Québec d'envoyer informer M. de Vaudreuil Gouverneur Général de la reddition de la place comme aussi que ce Général pourra écrire au Ministre de France pour l'en informer.»

Que serait-il arrivé si cet article n’avait pas été accordé? De la capitulation nous n’en n’aurions point su?


«L’imitation des signatures est l’enfance de l’art pour des faussaires.»

C’est à suivre...:

LIENS

1-Instrutions de M. de Vaudreuil à M. de Ramesay
du 13 7bre 1759 (Histoire officielle)
http://www.geocities.com/vailcour/206-1a.htm

2-L’Acte de capitulation
http://www.geocities.com/vailcour/206-3a.htm

3-Le manuscrit
http://www.geocities.com/vailcour/File0 ... tuque1.JPG

4-Les archives du Canada`(1905)
http://www.geocities.com/vailcour/File0172quecap.html

Dans les archives du Canada (1905), le texte s'arrête à cette page. Par la suite, on tombe sur un autre sujet. Il aurait été sans doute intéressant de prendre connaissance de la suite.

Cordialement
vailcour
 
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La journée du 13 7bre 1759 ou «l'affaire du 13»

Message par vailcour » Jeudi 05 Avril 2007 23:04:57

Bonjour à tous,

Cette journée 13 7bre 1759
Aussi appelée «l’affaire du 13»

Ce document fait partie de la liasse de documents reçus par M. Aégidius Fauteux (ANQ) en 1923 soient 164 années après les évènements du 13 septembre 1759. Ces documents ont servi d'assises pour la description des évènements qui sont survenus lors de «La bataille des Plaines d'Abraham» et repris dans le «Dictionnaire biographique du Canada»

Le tableau des évènements:
-Dans la nuit du 12 au 13 septembre 1759, les troupes de Wolfe à
l'encontre des prévisions de Montcalm, prennent position sur les Plaines
d’Abraham. à 3 km des murs de Québec.
.
-Entretemps M. de Vaudreuil, gouverneur se tenait au site de la rivière
Jacques Cartier, une distance de quelque 45 km à l’ouest de Québec soient 4 ou 5 hres de cheval..Cependant c’était toujours Montcalm, qui avait la responsabilité des opérations militaires.
.
-Montcalm, arrivant du Camp de Beauport entre 9½ hrs et 10 hres, tente de déloger les soldats de Wolfe de leur position.. Constatant que les troupes anglaises étant en surnombre, après un échange de salves d’une durée de moins d’une demi-heure, il décide de faire volte-face et de réintégrer l’intérieur des murs.
Dans le langage moderne des communiqués de guerre on aurait sans doute écrit «les troupes de Montcalm faisant face à un ennemi supérieur en nombre et occupant une positon de choix ont dû se replier à l'intérieur
des murs.»

Montcalm, lors de cette retraite est atteint mortellement au dos. Il décédera le lendemain le 14. Quant à Wolfe, au même moment, atteint par un franc-tireur, il est mortellement blessé.
-À 11hrs tout était terminé.

¨Selon: «A Soldier's Account» (Boston, Nov 1759)
«Montcalm y avait laissé sur le terrain 139 soldats tués et Wolfe quelque
44 soldats. Cependant, l’artillerie de la place pendant les 4 jours qui ont suivi soumettait les positions de l’ennemi sous un feu nourri De sorte que l’armée anglaise fut tenue éloignée des murs de la place »
.
-Quant à Vaudreuil de son quartier de la rivière Jacques Cartier, il a dû
prendre connaissance de la tentative de Montcalm de refouler l’ennemi au
plus tôt à 3 hres de l’après-midi (15hres) Le camp Jacques Cartier étant
situé à 4 hres de cheval de Québec.
.
En réaction à ces évènements, Vaudreuil aurait écrit et donné des directives à M. de Ramezay dans la lettre datée du 13 et dont on indique l’heure à 6 hres (18hres) du soir
http://www.geocities.com/vailcour/13-7bre-1a.html

-Selon cette lettre M. de Vaudreuil, plus tôt dans la journée même,
aurait reçu deux lettres de la part de M. de Ramezay observant la position de l’ennemi et soulignait que celle-ci était de plus en plus avantageuse. M. de Vaudreuil informant que «ces motifs le met dans la nécessité de faire sa retraite» (D'après les autres documents, il n'en fit rien)

Ces motifs sont détaillés ajoute la lettre dans «l’instruction que vous
trouverez ci-jointe à laquelle je vous prie de vous conformer» L’instruction ainsi transmise n’est qu’un projet d’un«ACTE DE
CAPITULATION» qu’il aurait eu le temps de rédiger entre 3hrs et 6 hres.(15hres et 18hres)

Et ce sont là les fameuses instructions données à M. de Ramezay mentionnées dans le «Dictionnaire biographique du canada»

On prendra connaissance du manuscrit
http://www.geocities.com/vailcour/13-7bre-2a.html

Pour le texte de ce «projet d'acte de capitulation»,
Voici la transcription; (Archives nationales du Québec)
http://www.geocities.com/vailcour/206a-1a.htm

Le préambule de ce projet de capitulation se lit comme suit:
«Mémoire pour servir d’instruction à M. de Ramezay commandant à Québec. La position que l'ennemi occupe au dessus de Québec, malgré les puissants efforts que nous venons de faire pour l’en déposer devenant de moment en moment encore plus inaccessible par les retranchements qu’il a fait ce qui joint à l’échec que nous avons eu & au défaut des subsistances dont nous manquons totalement nous met dans l’absolue nécessité de faire nôtre retraite n’ayant point d’autre parti à prendre pour nous maintenir dans la Colonie.»
. .
La seconde lettre de Vaudreuil à RAMEZAY, même jour
««La seconde lettre de Vaudreuil à Ramezay: (manuscrit et
commentaires)»».
http://www.geocities.com/vailcour/13-7bre-4a.html
.
Pour en savoir plus:
http://www.geocities.com/vailcour/docplaines-8.htm
.
Cordialement
vailcour
 
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Message par Paul Ryckier » Mardi 10 Avril 2007 23:12:08

Vailcour et Bernard,

enchanté d'avoir eu la possibilité de lire toute cette nouvelle discussion. C'était pour moi un élargissement de notre débat de mon message: "Quoi si Montcalm a vaincu à Québec 1759?"

Merci, de nouveau tous les deux.

Cordialement,

Paul.
Paul Ryckier
 
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"Quoi si Montcalm avait triomphé à Québec"

Message par vailcour » Vendredi 13 Avril 2007 01:12:05

Bonjour M. Ryckier,
Le titre de la discussion
Si Montcalm avait triomphé sur les Plaines d’Abraham.

La reddition de Québec:
« Il est inouïe que l’on rendre une place sans qu’elle soit attaquée ni investie »
Le Chevalier de Lévis.

Effectivement, si Montcalm n’avait pas été tué lors de sa sortie du 13 septembre 1759, il n’aurait certes pas livré la place et ce deux jours avant la date fixée par l’amiral Saunders pour lever le siège. L’amiral Saunders avait fixé au plus tard le 20 septembre pour appareiller son armada de 187 navires , en raison des conditions de navigation automnales sur le St-Laurent. C’était la hantise des soldats anglais de rester pris dans les glaces et être à la merci des miliciens.

Malgré ses deux dernières bourdes, Montcalm. aurait pu savourer sa victoire en demeurant bien sagement dans son quartier général. Même tous les analystes de ces évènements sont d’accord pour affirmer que les troupes de Wolfe alignées sur les Plaines d’Abraham n’avaient même pas besoin d’être chargées. La nature elle-même se serait chargée de provoquer le rembarquement des troupes et mettre fin au siège de Québec quelques jours plus tard.

Montcalm aurait alors été crédité pour le plus grand désastre militaire de la Grande Bretagne de l’époque coloniale. L’histoire aurait célébré le grand général Montcalm pour cette retentissante victoire.

Wolfe aurait entraîné dans ce désastre ses seconds Monckton, Townshend, Murray et Saunders, lequel désastre serait resté attaché au nom de chacun d‘eux. C’était sans doute la raison des fortes tensions qui existaient entre Wolfe et ses subordonnés. Ces derniers appréhendaient le fiasco.

Profitant des circonstances, des tractations secrètes ont pu voir le jour, dont ne connaîtra jamais la nature exacte. et conduisant à l’étrange reddition de Québec du 18 septembre 1759.

Les deux bourdes:

1-Vers le 6 août alors que l’on se dirigeait vers la phase la plus critique du siège, il détachait le Chevalier de Lévis avec sa troupe de 800 hommes lui ordonnant d’aller soutenir Boulamarque qui devait contenir les 11 000 hommes de Jeffrey Amherst se dirigeant vers Montréal.

Pourtant Boulamarque contrôlait bien la situation, et pouvait pour le moment de se dispenser des troupes de Lévis.
^
2ième bourde
La charge prématurée du 13 7bre contre les troupes de Wolfe sur les Plaines, et même considérée comme inutile.
Piqué au vif alors qu’a l’encontre de ses prévisions l’armée anglaise avait pris position en amont de Québec à proximité des plaines d’Abraham. Il décidait sans attendre l’armée de Bougainville, de charger l’ennemi alors supérieur en nombre

Pour en savoir plus:
http://www.geocities.com/vailcour/docplaines.html

Cordiales salutations:
Jacques Vaillancourt.
vailcour
 
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Message par Paul Ryckier » Dimanche 15 Avril 2007 23:43:29

Jacques,

merci pour votre message intéressant. J'ai appris beaucoup des commentaires détaillées.

Je n'ai pas le temps maintenant, parce que je suis si engagé sur le forum du BBC. J' ai fait avec mon copain canadien (anglophone :) ) des scenarios avec comme point de départ une victoire de Montcalm. Je suis même arrivé avec un scenario, en étudiant les circomstances en France, à une prise de conscience du roi avec la gloire de la victoire pour plus de support pour Canada et une maintien de la Louisiane et du Canada français, mais une division au millieu separant les deux par la poussée vers le ouest par des individus comme Georges Washington.

Que pensez-vous des scenarios possibles après une victoire de Montcalm?
Si j'avais temps je fais une traduction en français du scenario que j'ai proposé à mon ami canadien.

Excusez, Jacques, pour mon manque de temps et mon Français néerlandophone.

Cordialement,

Paul.
Paul Ryckier
 
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Une fois le siège de Québec levé, il y avait l'autre armée!

Message par vailcour » Mardi 01 Mai 2007 21:20:27

Quoi.. Si Montcalm avait triomphé

Pour citer M. Jean-Pierre Poussou dans sa conclusion: (Montcalm et la perte du Canada)

»Si aujourd’hui presque toute l’Amérique du Nord est de langue anglaise, ce n,est pas seulement pour des raisons démographiques, par la suite du poids du nombre, c’est bien aussi parce que Montcalm s’est faits battre par Wolfe, contrairement à ce qui aurait dû se passer. Certes, la loi du nombre aurait peut-être joué inexorablement. Mai ce qui est sûr c’est que l’Angleterre n’était pas en mesure de recommencer en 1760, l’énorme effort entrepris en 1759 et que le sursis qu,auraient gagné les Français s’ils l’avaient emporté sur les Plaines d’Abraham le désarroi qui en aurait résulté en Angleterre et dans les colonies américaines, auraient largement pu changer le cours des évènements, l’histoire n’étant jamais écrite à l’avance.»

Référence: Montcalm et la perte du Canada; Jean-Pierre Poussou;
http://www.stratisc.org
Ou encore http://www.geocities.com/vailcour/docplaines.html

Évidemment, on peut imaginer la tempête qu’il y aurait eu au parlement de Westminster

Le second front: l’autre armée venant du Lac Champlain.

«Vaudreuil, dans une lettre envoyée au ministère de la Marine, révèle ses intentions. D’abord, il procèdera à une levée totale de la milice. Qui servira principalement à la défense de Québec. Il entend faire comme Frontenac lors du siège de 1690 et attaquer les troupes de Wolfe à l’instant même où les troupes auront quitté leurs navires, ne leur laissant pas le temps de se retrancher. Ce type d’engagement est le plus familier aux troupes de la colonie, celui où elles sont le plus de chance de réussir. Vaudreuil entend concentrer l’ensemble de ses forces à Québec, écraser l’adversaire par le nombre et la qualité des combats qu’il prévoit multiples. Au moment où l’armée britannique se verra anéantie, il se retournera ver le lac Champlain et, avec une armée de 10000 à 15000 hommes, ira affronter Amherst à Carillon, où la position en défilé aura permis à 3000 hommes fortement retranchés de contenir Amherst, en attendant que les troupes ayant battu Wolfe, viennent défaire l’armée d’Amherst bloqué devant l’infranchissable passage de Carillon »
«La Bataille de la mémoire, par René Boulanger) *

Ce plan proposé par Vaudreuil ne fut pas appliqué par Montcalm qui a opté pour une position purement défensive, soit l’emmurement au complet de Québec. De plus Montcalm avait fait évacuer les places fortes situées sur la route de Amherst dont Fort Carillon.

Néanmoins, une fois le siège de Québec levé, on devait `se porter à la rencontre de l’armée de Amherst, laquelle contenue par Boulamarque à la tête de ses 3000 hommes ne progressait que très lentement. En fait, l’armée Amherst n’atteignit Montréal que vers la fin d’août 1760.

Pour la suite des choses lesquelles seraient des plus complexes. un grand nombre d’hypothèses furent envisagées.

-La Nouvelle-France restait maître des territoires de l’Ohio et de la Louisiane.
Il faut ternir compte que le Québec étant alors une économie agricole, pour son expansion ne pouvait se passer de ces territoires. On allait occuper dans les années tout le territoire propice à l’agriculture. Ce n’est que dans les années 1870 que le Québec entrait de plain pied dans l’ère industrielle.

-Les colonies anglo-américaines seraient devenues probablement indépendantes et il n’y aurait pas eu la guerre d’indépendance. L’Angleterre n’ayant pas d’assise pour y amener les troupes, les siennes ou allemandes

- Pour George Washington le problème restait entier. La nouvelle République constituée restait bloquée dans son expansion vers l’Ohio et la Louisiane françaises. La Louisiane comme ce fut le cas depuis 80 ans restait militairement imprenable. George Washington jugeait intolérable la présence française au nord de la Nouvelle République

Or le principal but de la guerre des Anglo-Américains contre la Nouvelle-France fut la possession de ces territoires de l’ouest alors que pour l’Angleterre c’était de chasser la France de ses colonies d’Amérique

-Plus tard, le « Quebec Act» de 1774, agrandissait le territoire de la «Province de Québec» pour inclure l’Ohio bloquant ainsi comme au temps du régime français, l’expansion des colonies anglo-américaines. L’Acte de Québec appliquait aussi les lois françaises aux Américains qui viendraient s’établir sur ces terres. Lois que les coloniaux avaient en horreur. Ce fut un des principaux actes qualifiés d’intolérables par le Congrès de Philadelphie. Par la suite il y eu la déclaration d’indépendance.

Il y a bien d’autres hypothèses qui ont été avancées . C’est pour dire que la reddition de Québec reste la pierre angulaire de toute l’histoire de l’Amérique du Nord.

Que serai-il arrivé?
: Est-ce que Napoléon aurait vendu et la Nouvelle-France et la Louisiane aux États-Unis?

Documents recommandés`
«Montcalm et la perte du Canada» par Jean-Pierre Poussou.
http://www.stratisc.org La stratégie dans l’histoire
Oe encore http://www.geocities.com/vailcour/docplaines.html


Ouvrages recommandés
Histoire à libérer, celle qui ne fut pas écrite par les vainqueurs

«La Bataille de la mémoire» Par René Boulanger.
Edition le Québecois 2007.
Un essai sur l’invasion de la Nouvelle France en 1759

Editions du Québecois,
2572 rue Desandrouins,
Québec, Qué.G1V 1B3
http://www.lequebecois.org

Cordiales salutations.
vailcour
 
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Les fausses lettres de Montcalm et l'art de la falsification

Message par vailcour » Lundi 14 Mai 2007 02:36:34

Bonjour à tous,
Les fausses lettres de Montcalm
Ou l’art de falsifier l’histoire.

Dans un grand nombre d’ouvrages relatifs au Marquis de Montcalm, on trouve une lettre qu’il aurait adressée de son lit d’agonie, au général Townshend, pour lui recommander les Canadiens. En voici le texte:

«Général, l’humanité des Anglais me tranquillise sur le sort des prisonniers français et sur celui des Canadiens. Ayez pour ceux-ci les sentiments qu’il m’avaient inspirés`qu’ils ne s’aperçoivent pas qu’ils ont changé de maître. Je fus leur père, soyez leur protecteur.»

Citant Thomas Chapais: ces lignes ont certainement quelque choses émouvant et de pathétique. Le héros mourant donne une pensée suprême au petit peuple pour lequel il a versé son sang et avant d’expirer, il le recommande à la générosité du vainqueur. Cela décore admirablement une page d’histoire

Toujours d’après Chapais, cette lettre de Montcalm à Townshend, n’est ni citée ni mentionnée dans aucun mémoire, dans aucun récit, dans aucun journal contemporain. Les papiers de Montcalm et de Townshend n’en contiennent aucune trace. Jusqu’en 1867, personne n’en avait jamais entendu parler. C’est une lettre qu’on cherche encore

Et où est la logique sur le plan militaire dans tout cela D’après ce récit, Montcalm agonisant après avoir subit un revers qui lui aurait coûté 139 hommes, aurait prit sur lui de rendre la place à Townshend sans tenir compte de ses trois armées restées presqu’intactes qui comptaient de 13000 à 15000 hommes.

Dans la chronologie des faits, comment a-t-il su que Wolfe était entre-temps décédé et que ce fut Townshend qui lui succéda après avoir tassé Monckton, le second de Wolfe et tout cela dans la journée même. Il faut rappeler que Wolfe fut tué presque en même temps où Montcalm fut blessé.

Chapais, comme historien admet de s‘être laissé prendre, par ces lettres surgissant de toutes parts cent ans après les évènements. Il faisait alors allusion entre autres à un document apocryphe paru à Londres en 1777, contenant entre autres des lettres de Montcalm et de Bigot dont ceux-ci ne sont pas les auteurs.

Or le document apocryphe mentionné par Chapais est en fait une publication satirique publiée à Londres en 1777. On a qu’à prendre connaissance d’une lettre du landgrave Frédéric II de la Hesse-Cassel aurait adressé à l’un de ses hauts gradés en Amérique, dans le cadre de la guerre d’indépendance américaine.

«Monsieur le Baron de Hogendorff, je ne puis assez vous témoigner combien la relation que vous m’avez envoyée m’a comblé de joie, la conduite de mes Hessois que se sont fait immoler si héroïquement pour une cause qui nous est si étrangère , confirme toute l’opinion que j’avais de leur bravoure, et justifie l’espoir que j’avais fondé sur leur attachement à mes intérêts....» (source: Les mercenaires allemands au Québec 1776-1783, par Jean-Pierre Wilhelmy)

Et pourtant c’est cette lettre de Montcalm à Townshend donnée comme authentique qui figurait dans nos manuels scolaires et présentée de la façon suivante:
«A travers les ombres de la mort qui l’enveloppaient Montcalm entrevit un dernier devoir à remplir, celui d’implorer la clémence du vainqueur pour le peuple de colons dont la défense lui coûta la vie.» Incroyable!

Cette publication humoristique a dû quand même puiser dans les papiers de Townshend ou quelqu’un d’autres pour y trouver une correspondance qui puisse se prêter à cette satire. Effectivement, il y avait une lettre et que Chapais cependant donne comme authentique, adressée à Townshend signée Montcalm, qui se lit comme suit:

«Monsieur, obligé de céder Québec à vos armes, j’ai l’honneur de demander à Votre Excellence ses bonté pour nos malades et blessés et de lui demander l’exécution du traité d’échange qui a été convenu ente sa Majesté très chrétienne et Sa Majesté britannique. Je la prie d’être persuadée de la haute estime et de la respectueuse considération avec lesquelles j’ai l’honneur d’être. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.»
MONTCALM

Pour la chronologie des faits, la même remarque s’applique. Il était matériellement impossible que Montcalm puisse écrire même cette dernière lettre. Ce qui a d’étonnant est que personne n’ait cherché à établir la chronologie des faits. Et aussi de s’interroger sur les raisons qu’aurait pu avoir Montcalm de rendre la place suite à l’échec de sa sortie du 13. 7bre.

Pour terminer est la grosse question, comment expliquer qu’on ait trouvé cette pièce fabriquée dans les papiers de Townshend?

LIEN pour en savoir plus.
Voir l’exposé de Sir Thomas Chapais, sénateur et historien.
«la critique en histoire»

http://www.geocities.com/vailcour/docplaines-31.htm
Cordialement,
Vailcour
vailcour
 
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