Les forts français en Amérique

Organisation des milices de la Nouvelle-France

Message par vailcour » Dimanche 09 Mars 2008 03:43:37

Bonjour à tous,
LES MILICES DE LA NOUVELLE-FRANCE

Suite à la déroute de la Monongahéla
Les survivants de cette déroute attribuèrent en grande partie leur défaite à l'attitude de la population des colonies. Ils lui reprochaient de les avoir démoralisés en leur rappelant sans cesse que s'ils utilisaient les méthodes de combat à l'européenne contre les Franco-Indiens qu'ils allaient être pulvérisés. Ce qui fut effectivement le cas

Organisation des milices
La supériorité numérique des Anglo-Américains, était largement compensée par les incursions des miliciens procédant à des attaques mobiles, variées et imprévues pouvant déstabiliser et désorganiser un ennemi supérieur en nombre comme on le faisait depuis trois quarts de siècles. On s’appliquait alors à détruire les dépôts de munitions, et autres infrastructures tels que ponts, estacades ,etc. Il prenait un temps considérable pour rétablir ces ouvrages dans leur état initial, ce qui contribuait d’autant à maintenir l’ennemi à distance.

C'est ainsi "qu'en mars 1756, Chaussegros de Léry mena, à travers des forêts quasi impénétrables et par mauvais temps, un parti de 360 hommes, Indiens, Canadiens et soldats réguliers français, chargés de détruire les dépôts de ravitaillement du Fort Bull dans l'état de New-York. Le succès de cette entreprise réduisit à néant les plans britanniques d'une offensive printanière dans la basse région des Grands Lacs."

Cependant, Montcalm arrivé au pays l’année suivante, estimait que ce n’était pas une façon de faire la guerre. De sorte qu’il soumit un plan visant le démantèlement des milices , et proposa à Vaudreuil d’abandonner la vallée de l’Ohio et les forts des Grands Lac et Champlain, de cesser les incursions en territoire américain et d’incorporer la milice aux troupes régulières

Vaudreuil refusa, jugeant que le mieux continuait d’être le maintien de l’ennemi loin de la vallée du St-Laurent comme c’était le cas depuis 75 ans. Comme il avait été accordé préséance à Montcalm en ce qui concerne la politique militaire, ce plan fut appliqué. Dès lors, ce fut le commencement de la fin, alors que l’ennemi d’abord retenu chez lui se présentait maintenant aux frontières en surnombre dans une proportion d’au moins 15 contre un, et on connaît la suite.
.
La bataille de Carillon (1758) donne un aperçu du résultat de cette nouvelle stratégie imposée par Montcalm. Le miracle de Carillon ne sera pas répété, alors qu’une armée de 15000 hommes commandée par Abercrombie s’était heurtée aux 3750 Français retranchés au Fort Carillon.

La Bataille de Carillon, (1758) une bataille qui n’aurait pas dû avoir lieu.
Ainsi, le 5 juillet au matin, l’armée anglaise se met en route sur le lac Saint-Sacrement, s’avancent 900 bateaux, 135 barges et plusieurs bateaux plats pour le transport de l’artillerie». Les 15000 hommes d’Abercromby se sont mis en route en toute quiétude profitant d’infrastructure intacte. Il n’y eut aucune incursion de la part de miliciens pour détruire les infrastructures comme ce fut le cas avec la destruction dépôts de
ravitaillement du Fort Bull dans l'état de New-York, tel que relaté précédemment.

Les plans de Montcalm prévoyaient le démantèlement des milices et leur intégration aux troupes régulières mettant de ce fait fin aux alliances franco-indiennes qui avait assuré la maîtrise de l’Amérique du Nord pendant près de 75 ans.

Dorénavant la stratégie militaire consistait à s’emmurer à l’intérieur des murs et attendre le choc comme ce fut le cas à Québec, appliquant la tactique de la terre brûlée. Une stratégie qui n’allait nulle part.

Et pourtant nous pouvions gagner cette guerre!
Dans un essai sur l’invasion de la Nouvelle-France en 1759 (La Bataille de la Mémoire) l’auteur René Boulanger mentionne que nous pouvions gagner la guerre se basant sur quatre facteurs de forces: alliance européenne, alliance amérindienne, système militaire unique, géographie éminemment favorable.

«Pour les miliciens de la Nouvelle- France, la façon de se battre n’était plus de mourir en bataille rangée, mais de tuer sans être tué, en profitant des caractéristiques du terrain. La discipline à l’européenne qui obligeait à marcher à l’abattoir sous le feu ennemi ne trouvait pas preneur.

Agiles, rapides, tireurs d’une grande précision, les miliciens de la Nouvelle-France faisaient l’envie de leurs adversaires américains qui reprochaient aux officiers britanniques de ne pas tenir compte de cette réalité.» (La bataille de la mémoire)

Sources:
-La bataille de la mémoire par René Boulanger
-L'histoire populaire du Québec de Jacques Lacoursière
-Le dictionnaire biographique du Canada
-The Lifes and Times of Washington.
Cordialement
vailcour
 
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Fort Necessity, Washington signe la capitulation, juillet 17

Message par vailcour » Vendredi 04 Avril 2008 20:28:53

Bonjour à tous,
Au Fort Necessity,WASHINGTON capitule, juillet 1754
Les débuts de la guerre de Sept ans.

Rappel des faits:
À la fin du mois d’avril 1754, Washington, à la tête de 120 miliciens, reprend le chemin de la vallée de l’Ohio. Contrecoeur, mis au courant de cette marche, demande à Joseph Coulon de Villiers de Jumonville, de prendre la tête d’une trentaine d’hommes et d’aller vérifier si Washington avait réellement envahi le territoire que la France réclamait pour sien» L’officier est porteur d’une sommation rédigée par Contrecoeur. La troupe passe la nuit du 27 au 28 dans un vallon. Vers les huit heures du matin, les Virginiens attaquent le camp français sans aucun avertissement.

«Wahington, écrit l’historien W.J. Eccles, donna l’ordre de tirer. Les Canadiens qui réussirent à .échapper à la rafale se jetèrent sur leurs armes mais ils furent rapidement réduits à l’impuissance. Les Français soutinrent par la suite que Jumonville fut abattu pendant qu’il signifiait sa mise en demeure officielle.»

Quelques jours après l’attaque, Washington et ses hommes commencent à construire un petit fort avec palissade auquel il donne le nom de Necessity.

Au fort Duquesne , Contrecoeur avait mis sur pied un corps expéditionnaire de 600 hommes dont il avait confié le commandement à Louis Coulon de Villiers, le frère de Jumonville.

Après un échange de feu nourri qui se ralluma vers les six heures du soir avec plus de vigueur que jamais et dura jusqu‘à huit heures Cependant, se voyant encerclés sans espoir de s’échapper, les assiégés anglais furent sommés de se rendre`

À huit heures du soir, le même jour George Washington, le futur président des États-Unis d’Amérique, signe la capitulation.

Le préambule , qui fait partie intégrante du texte, précise que le but poursuivi par Coulon de Villiers et ses hommes était «seulement de venger l’assassinat qui a été fait sur un de nos officiers porteur d’une sommation et sur son escorte, comme aussi d’empêcher aucun établissement sur les terres du domaine du Roi, mon maître» .

Le 4 juillet 1754 un détachement de Français et de Canadiens prend possession du fort Necessity.

En Annexe on trouvera le document portant sur la capitulation du Fort Necessity portant la signature de James Mackay, le commandant du fort, et de George Washington pour les Anglais et de Coulon Villier pour les Français.

Le titre du document.
«Capitulation accordée par M. De Villiers, capitaine d’infanterie, le commandant des troupes de sa Majesté très chrétienne, à celui des troupes anglaises actuellement dans le fort de Nécessité, qui avait été construit sur les terres du Domaine du Roy»

Ce 3e juillet 1754m à huit heures du soir.

LIEN: La capitulation
http://www.geocities.com/vailcour/OHIO4.html

Cordialement
vailcour
 
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Re: Les forts français en Amérique

Message par duc de Raguse » Dimanche 06 Avril 2008 19:49:29

Je tenais à vous remercier pour toutes ces informations que vous nous offrez par le biais de ce forum ! :wink:
Elle sont très très intéressantes, surtout pour quelqu'un qui n'est pas spécialiste en la matière. Et je vous remercie aussi de les poursuivre ! :D
duc de Raguse
 

Re: Les forts français en Amérique

Message par BRH » Lundi 28 Juin 2010 10:05:23

Autre lien sur la bataille de Monongahela :

http://www.histoquiz-contemporain.com/H ... ssiers.htm
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
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BRH
 
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Du Québec, comment s'est fait le peuplement de la Louisiane

Message par vailcour » Mercredi 27 Octobre 2010 02:24:50

Le peuplement de la Louisiane française et espagnole.
Les coureurs des bois

Sur cette immense territoire la population évaluée en 1785 est de 125 000 personnes, celle-ci est concentrée le long des cours d'eau. Les déplacements ne se faisaient que par les voies d'eau, les principales étant le Mississipi et l'Ohio.

On ne pouvait accéder à ce territoire que par trois voies:
-par le Nord à la tête des Grands Lacs: un voyage de cinq à six semaines, en canots, de Montréal à Fort Michilimakinac et Grand Portage et quelque 50 portages.
-La deuxième voie d'accès par la rivière Ohio, qui est la route suivie pour aller de Montréal à la Nouvelle-Orléans du temps de la Nouvelle-France.
-Finalement par la Nouvelle-Orléans, en remontant le Mississipi.

Les : mouvements migratoires.

Dès leur arrivée en Louisiane, les Espagnols se sont efforcés de peupler cet immense territoire. À partir des années 1820, ce fut l’arrivée massive des immigrants venant de l’est américain et des pays d’Europe

On peut énumérer les principaux courants migratoires de la façon suivante:

Par la partie NORD
Ces colons arrivant par la partie Nord, venaient du Québec ou appelé Bas-Canada après 1791. C'étaient en général ceux qu'on appelait Voyageurs ou Coureurs des bois, résolus à s'installer de façon permanente sur des terres. Les bonnes terres se faisant rares au Québec, celles des bassins du Mississipi et des Grands Lacs étaient particulièrement attrayantes.

On s'implantait en Louisiane d’abord française puis espagnole en 1769. (mais restée française) en particulier ce qui deviendra les états Illinois, Michigan, au Minnésota, Wisconsin, Dakota Nord, Missouri, Montana et tout le long du Mississipi, jusqu'en Louisiane (état ).

. Les mouvements migratoires venant du Québec ont débuté dès les années 1680 et se dont poursuivis dans une certaine mesure jusqu’aux années 1850

Les déplacements de ces populations de Montréal ou Québec vers les établissements français de la Louisine s’effectuaient en canots. Pour ce trajet lequel suivait la tête des Grands Lacs ce voyage s’effectuait en six semaines incluant quelque 50 portages. Pour ce périple on devait avoir recours aux voyageurs ou coureurs des bois Ces derniers peuvent être considérés comme les principaux agents de peuplement de la Louisiane.

Qui sont ces coureurs des bois?

LIENS

Les coureurs des bois
http://vailcourt.com/Lescoureurs3.html

Cordialement
vailcour
 
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