Sétif et Guelma: autopsie d'un massacre...

L'après-Guerre et ses conséquences: la confrontation Est/Ouest jusqu'à la chute de l'URSS.

Sétif et Guelma: autopsie d'un massacre...

Message par BRH » Vendredi 09 Mai 2008 10:06:29

Pour un rappel des faits, je me suis reporté à l'article de Wikipedia qui paraît assez objectif:

"Les massacres de Sétif et Guelma sont des répressions sanglantes d'émeutes nationalistes qui sont survenues en 1945 dans le département de Constantine en Algérie durant la période coloniale française.

Elles débutent le 8 mai 1945 : pour fêter la fin des hostilités et la victoire des Alliés sur les forces de l'Axe, un défilé est organisé. Les partis nationalistes algériens, profitant de l'audience particulière donnée à cette journée, décident par des manifestations pacifiques de rappeler leurs revendications patriotiques. Après des heurts entre policiers et nationalistes, les manifestations dégénèrent en émeutes et provoquent d'abord des massacres d'Européens dans les régions de Sétif et Guelma. L'armée française exerce alors une répression qui va prendre des proportions considérables et durer plusieurs semaines[1].

Il y aura parmi les « Européens » plus d'une centaine de morts et autant de blessés. Le nombre des victimes autochtones, difficile à établir, est encore sujet à débat ; les autorités françaises de l'époque fixèrent le nombre de 1165 tués, un rapport des services secrets américains à Alger en 1945 notait 17000 morts et 20000 blessés, le gouvernement algérien avance le nombre de 45 000 morts, alors que suivant les historiens le nombre varie de 8 000 (Charles-Robert Ageron, Charles-André Julien) à 45 000 victimes.
Il apparaît clairement aujourd'hui que le 8 mai 1945 a été une tentative insurrectionnelle avortée. Commémorée chaque année par les nationalistes, elle « a servi de référence et de répétition générale à l'insurrection victorieuse de 1954 »

Sur le reportage, diffusé par France 2, mon avis est mitigé: si la répression féroce consécutive aux évènements est bien analysée, il fait un peu l'impasse sur les buts et la préparation des manifestations orchestrées par le PPA. Il n'explique pas le déferlement initial de la violence qui se déchaîne à l'encontre des "européens". Le 8 mai, à Sétif, on relève les cadavres de 28 européens, ce qui n'est pas anodin, tout de même...

Ce qui est surprenant -pour qui ne connaît pas la mentalité des musulmans- ce sont les massacres qui se répandent autour de Sétif et de Guelma, qui touchent aussi les musulmans qui ont cherché à s'interposer et dont on ne connaît pas le nombre exact. C'est une espèce de haine ancestrale qui semble surgir de nulle part: il ne semble pas -en effet- que les populations rurales aient fait l'objet d'une prise en main quelconque au préalable. Ce sont des manifestants algériens qui se répandent aux alentours et lèvent l'étendart de la révolte. Le phénomène est si violent et si inattendu que les "européens" sont traumatisés et se demandent où ils sont...

La répression est rapide et violente et ne donne pas dans la modération, ni dans le discernement. Il y a eu une crainte évidente de voir le mouvement faire tache d'huile dans toute l'Algérie. Les recettes de "l'Algérie de papa" ont été mises en oeuvre: en somme pour un européen tué, il s'agit d'atteindre le centuple...

Il faut rappeler que l'Algérie n'avait pas connu de tels évènements depuis la dernière révolte d'envergure qui datait de 1871...
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Re: Sétif et Guelma: autopsie d'un massacre...

Message par rapentat » Samedi 10 Mai 2008 11:51:19

Bonjour,

Je ne parlerai pas des tenants et aboutissants de cette malheureuse affaire, mais plutôt donner un avis sur le nombre de victimes.
J'avais lu que le chiffre avancé de 45000 morts par les nationalistes était hautement fantaisiste. D'une part l'Algérie comptait très peu de troupes, l'Armée était toujours en Europe, il ne restait que des tirailleurs sénégalais et algériens et des légionnaires en petit nombre, qui bien entendu auraient pu faire de nombreux morts, mais pas autant que celui annoncé, même s'ils furent aidés par les pieds noirs, armé dit-on par un certain préfet...??
Le décompte, par les autorités, avait été fait par rapport aux cartes de ravitaillement, qui étaient personnelles et nominatives, et le chiffre était bien de 8000 morts, mais l'on s'était rendu compte par la suite, que beaucoup de soi-disant morts avaient réapparus, car bon nombre, pour fuir les massacres, avient fuit au Maroc ou en Tunisie. Beaucoup ne sont revenus en Algérie quelques mois plus tard, voir plus longtemps après.

Cordialement.
rapentat
 
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Re: Sétif et Guelma: autopsie d'un massacre...

Message par martinez » Samedi 10 Mai 2008 20:39:10

que de sottises ont été avancées telles que des sous officiers maghrébins ( dont ben bella) vétérans de la 2eme Gm couverts de décorations avaient été rabroués par l'administration et les européens à part que les troupes d'afrique étaient toutes en allemagne et en autriche le 8/5/45 les démobilisations n'intervenat qu'à partir de 1946 bon nombre d'entre eux ont rengagés paour l'indochine alors quelle explication avancer ? il n'avait pas échappé aux musulmans algériens que la france avait été vaincue dans des conditions épouvantables une commission d'armistice germano italienne avait parcouru tout le maghreb avec une propagande anti française virulente et pro indépendantiste, jusqu'à ce que l'autorité militaire demande qu'il leur soit fait une conduite dite de grenoble ( en civil) plus un menbre de la commission n'a quitté son cantonnement sans recevoir une monstrueuse raclée par des "civils non identifiés mais recherchés intensément par la police! a l'arrivée des américains l'OSS ne s'est pas privée d'appliquer les directives de roosevelt qui était anti colonies il ya eu de nombreux échanges entre les américains et les nationalistes de tout le maghreb. les nationalistes algériens ont pensé que la France était affaiblie et le moment opportun le parallélisme avec 1871 est flagrant. Les tribus de l'est algériens car il n'y a toujours pas d'algérie ( ferrat habbas disait qu'il avait cherché partout l'algérie mais qu'il n'avait rien trouvé)Le général duval qui a commandé les operations de dégagement et de soumission etait un parfait arabisant et a su employer les moyens tres limités tels que bombardement naval sur des tribus volatiles et dispersées dans un terrain accidenté fait de maquis ainsi que des bombardements aériens aussi peu efficace. Le bilan doit s'élever entre 5 et 10.000 musulmans nous sommes loin des chiffres fantaisistes des historiographes propagandistes algériens
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Re: Sétif et Guelma: autopsie d'un massacre...

Message par BRH » Mercredi 24 Septembre 2008 12:05:26

Il convient d'ajouter que les massacres de Sétif sont considérés aujourd'hui par la plupart des jeunes Algériens comme un génocide. Il est inutile d'en discuter avec eux: c'est un génocide et la question est réglée. Il ne reste plus à la France qu'à implorer des excuses et l'Algérie réfléchira au montant des compensations exigées...

Dans la même veine, la conquête coloniale est également assimilée à un génocide. Mais il y a discussion entre les plus instruits et les plus fanatisés. Ces derniers affirment péremptoirement que l'Algérie comptait six millions d'habitants en 1830. Comme le 1er recensement français fait état de 2 millions d'habitants, c'est donc qu'en 20 ans la France a massacré les 2/3 de la population algérienne, ce qui constitue dès-lors un génocide !

Cependant, les plus éclairés retiennent le chiffre plus plausible de trois millions d'habitants en 1830. C'est donc près d'un million d'habitants qui aurait été massacré par l'armée Française. On fait allusion à l'enquête d'Olivier Lacour-Grandmaison. Mais si ce dernier relie les famines et les épidémies qui ont décimé la population algérienne à la conquête, il se garde bien d'en attribuer la totale responsabilité à la France et encore moins, de qualifier cette déperdition de génocide...

J'avoue avoir été surpris par la véhémence des propos. Il y a encore bien du chemin à faire pour parvenir une histoire dépassionnée et objective des deux côtés de la Méditerranée !
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Re: Sétif et Guelma: autopsie d'un massacre...

Message par BRH » Dimanche 08 Mai 2016 07:47:53

le 8 mai 1945: répression des émeutes algériennes, un mensonge d'Etat.

Si l'on en croit les journaux, les médias, les livres de pseudo histoire, une « manifestation » se produit à Sétif aux cris de "Istiqlal" ("indépendance") et de "libérez Messali" (Messali Hadj, leader du Parti Populaire Algérien, arrêté et déporté au Gabon). Un scout brandissant le drapeau algérien aurait été abattu par la police française. Les manifestations se seraient étendues alors à des villes voisines du Constantinois, faisant en quelques jours 103 morts dans la population européenne et près de 10 000 morts par la répression.

Un drame algérien d'Eugène Vallet, aux éditions : Les grandes éditions françaises montrent une toute autre vérité des émeutes de mai 1945.

Les faits ont été déformés sur le massacre de Sétif. La manifestation est en fait une émeute qui déferle sur la ville en assassinant de façon atroce tous les Européens rencontrés. Les forces de l'ordre qui arrivent n'ont d'autre solution que d'ouvrir le feu. Et Sétif n'est que l'arbre qui cache la forêt car les trois départements s'embrasent en même temps et non pas après Sétif. Partout des Européens sont assassinés. Il y a bien un plan de révolte, une préméditation de l'action qui est prouvée par la quantité d'armes des « manifestants », par leurs tentatives de couper les routes et d'isoler les grandes villes.

L'insurrection ayant échoué, les indépendantistes, relayés par les médias français anticolonialistes vont inverser l'origine de la violence ; faisant passer les assassins pour des victimes. Depuis, la propagande du gouvernement algérien, largement reprise par les médias et l'éducation nationale française parle de chiffres de morts extravagants ; ces chiffres oscillent entre 15.000 et 45.000 morts algériens. Comme si les documents officiels de 1945 ne permettent pas de présenter la vérité. 0n lit partout que, "selon les autorités françaises", ces événements auraient provoqué la mort de soit 15 000 Algériens, soit 45 000, selon les autorités algériennes… Les émeutes et la répression se sont déroulées du 8 au 22 mai 1945, donc durant quinze jours : l'armée, la police, la gendarmerie françaises, les milices armées ont-elles pu faire entre 1000 et 3000 tués par jour, c'est-à-dire dix ou vingt fois plus par jour que durant la guerre d'Algérie elle-même ?

Il est possible aujourd'hui de consulter le service historique des armées qui a publié l'essentiel des pièces il y a déjà vingt ans ; de lire Roger Vétillard qui a repris dans son étude de 2008 toute ces preuves ; ou encore de relire l'historien Jean-Louis Planche.

Relisons Eugène Vallet :

« Les Français ont eu à faire face à deux foyers actifs d'insurrection, couvrant près de 6.000 kilomètres carrés, en deux régions à population très dense, où l'émeute — les constatations faites l'ont démontré — n'avait même pas l'excuse de la misère. Presque simultanément, se sont produits sur tout le territoire, entre Bône et Saïda, c'est-à-dire sur 900 kilomètres de distance, des remous démontrant la préparation d'une action offensive qui n'était, du reste, un secret pour personne. »*

* (Un drame algérien d'Eugène Vallet, Ed : Les grandes éditions françaises, page 8)

« Les drapeaux doivent être retirés. Devant l'hôtel de France à Sétif, un policier tente de s'en emparer. C'est le signal de la bagarre, des coups de feu éclatent ; les manifestants se répandent dans la ville, assaillant à coups de feu, de couteau ou de bâton, les Européens rencontrés. On entend : "Tuons les Européens"… » […] « Le mouvement insurrectionnel, n'a pas été l'œuvre de faméliques mais de fanatiques et de racistes. Le mouvement n'avait pas pour but initial la guerre sainte, mais cet argument fut employé par les meneurs pour décider la masse et la fanatiser…» Écrit alors le général Henry Martin, qui commande le 19e corps d'armée à Alger, dans son rapport.

Relevées en 1945, les pertes côté européen sont, selon les sources, de 102 à 113 victimes, avec le double de blessés. S'y ajoutent les quelques 800 musulmans francophiles assassinés par les émeutiers. Côté musulman, le commandement militaire dénombre alors 2 628 tués; l'Humanité cite à l'époque le chiffre de 6 000 sans aucune preuve ! C'est la radio du Caire qui, la première, parlera de 45 000 victimes, bilan qui sera par la suite officialisé par le régime algérien. Plus on s'éloigne des événements, plus le chiffre gonfle : en 8 mai 2003, le quotidien officiel du parti gouvernemental, El Moudjahid, cite sans vergogne le chiffre de 100 000 !

Quand on sait que le gouverneur général de l'Algérie, Yves Chataigneau, un gaulliste, surnommé par les pieds-noirs « Mohammed » en raison de ses sympathies musulmanes, agit sous les ordres du ministre de l'Intérieur, le socialiste Adrien Tixier ; et que le ministre de l'Air, responsable des ordres donnés à l'armée de l'air, est le communiste Charles Tillon…peut-on dire que la répression est si terrible ? La plus part des condamnations des coupables sont ensuite cassées par Paris. D'où la conclusion d'Eugène Vallet :

«On affirme que sur 120 condamnations environ, prononcées à ce titre, 25 à peine ont été suivies d'exécution. Enfin est arrivée l'amnistie générale, qui couvre à peu près tous les coupables et leur permet de revenir, libérés et insolents, parmi leurs victimes et leurs complices. Et comme si de tels défis au bon sens et à l'équité n'étaient pas suffisants, on intensifie à plaisir les campagnes de calomnies contre les martyrs de l'hécatombe des 8 et 9 mai 1945. La presse et la T.S.F. propagent les mensonges les plus odieux sur des faits dont l'Administration a empêché la libre divulgation.

[…] Le scandale, ce n'est pas le massacre des Français isolés et surpris, sans défense, des femmes martyrisées et des petits enfants lacérés de coups de couteaux. Le scandale, c'est la répression trop brutale de l'émeute. Nos soldats ont été des bourreaux...Ce renversement, au moins audacieux, des rôles, a évidemment pour but de tromper l'opinion publique dans la Métropole. Mais il crée une situation intolérable en Algérie, où tout le monde est fixé, même la masse indigène, qui est étonnée, aujourd'hui encore, que le châtiment n'ait pas été plus exemplaire. »**

** Un drame algérien d'Eugène Vallet, Ed : Les grandes éditions françaises, pages 263 et 264.

[…] « On chasse les Français d'Algérie. C'est là un fait qui ne peut être nié et qui met en cause les destins mêmes de la France en Afrique du Nord. Il est profondément attristant d'enregistrer cette constatation qui sera, demain, une réalité poignante. Le mouvement est commencé. Il s'accentue rapidement. L'Administration s'en est aperçue, puisqu'elle a essayé de freiner les départs, en refusant d'approuver, pendant un temps, les ventes de propriétés françaises aux indigènes. Mais elle continue à favoriser ceux qui, malgré tout, voulaient rester. J'attribuais les mesures qui précipitent la catastrophe.

Les Pouvoirs publics n'ont pas réagi lorsqu'il en était temps encore, lorsqu'ils ont été prévenus de l'imminence du drame qui se préparait. Or, ils avaient été largement alertés par de nombreux rapports officiels de fonctionnaires de tous ordres, y compris les chefs de gendarmerie et par des appels pressants d'élus.

Le drame accompli, l'Autorité, nous l'avons dit a :

couvert d'une protection non déguisée les émeutiers échappés, aux constatations des flagrants délits ;
gracié les coupables arrêtés et condamnés par les tribunaux militaires ;
prononcé, récemment, une amnistie à peu près générale, qui a permis aux perturbateurs de rentrer dans les douars la tête haute, de reformer les groupements d'assaut, genres « Médersas », « Amis du Manifeste » ou Scouts, qui avaient été dissous, et de reprendre leur programme d'hostilité et de menaces de mort contre l'élément français, témoins ces papiers répandus dans les campagnes en avril 1946, ou jetés dans les boîtes aux lettres des villes :

« Français, préparez vos valises ou vos cercueils !... »

Et comme si l'Algérie française était coupable de ne pas succomber sous l'action d'un tel régime, le législateur de France y ajoute la certitude d'une asphyxie totale ; la noyade des Français sur les prochaines listes électorales, par l'inscription de nouveaux contingents d'électeurs indigènes, tels que les titulaires de certificats d'études primaires ! Quelles responsabilités, dans l'Histoire, prennent aujourd'hui nos dirigeants !... » 22 AOUT 1946.***

*** Un drame algérien d'Eugène Vallet, Ed : Les grandes éditions françaises, pages 271 272 et 273.
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