Le retour du général Giraud en France

Les Totalitarismes à l'assaut de l'Europe !

Le retour du général Giraud en France

Message par BRH » Mercredi 03 Juin 2009 18:50:58

http://beaucoudray.free.fr/giraud.htm

"Le 25 au matin tout paraît paré, mais ces messieurs de la Commission de contrôle allemande sont sur leurs gardes. Dès 9 heures, ils surveillent la douane d'Annemasse en territoire français avec deux puissantes voitures. Quelles étaient leurs intentions ? Le procès de Nuremberg permet de supposer qu'elles n'étaient pas particulièrement bienveillantes. Le maréchal Keitel avait sans doute envoyé ses ordres. Heureusement, j'ai de bons amis qui veillent. Au moment d'arriver au poste suisse où je dois m'arrêter, un civil monte d'autorité à côté du chauffeur de Rudloff et fait faire demi-tour à la voiture.

Je le reconnais, au bout d'un instant, pour un excellent interprète que j'ai eu jadis sous mes ordres. Il m'explique le coup et me décrit l'embuscade boche. Nous allons passer à une dizaine de kilomètres de là, où il n'y a personne autre que mes deux amis Linarès et Lecocq qui m'attendent avec impatience. On improvise un déjeuner franco-suisse, aussi simple que joyeux et à 13 heures, après avoir pris congé de tous mes amis suisses et de Lecocq qui retourne à Vichy, je pars sur Lyon dans la petite voiture de Linarès.

Nous nous arrêtons au passage à Annecy pour voir le commandant du bataillon de chasseurs qui est là, et faire de l'essence, et nous continuons sur Lyon.

En cours de route, Linarès me donne les premiers renseignements sur la situation en France, sur le régime de Vichy, sur l'emprise boche, etc., etc. Je

vois que je ne suis au courant de rien. En revanche, je lui ouvre sur l'Allemagne des aperçus qu'il ignorait. Je crois que je vais avoir à jouer un rôle important d'informateur pour tous ceux qui voudront entendre, et comprendre.

À 20 heures, j'arrive chez le gendre de mon ami Chambe, où est le premier rendez-vous. J'y apprends que je suis attendu à Sainte-Foy dans une maison proche de celle de ma fille, où ma femme s'est réfugiée.

Nous repartons, nous grimpons la côte de Sainte-Foy, et à 21 heures, j'arrive chez la charmante Mme Roux, qui va nous abriter, ma femme et moi, pendant une dizaine de jours. Son mari, capitaine d'artillerie, est prisonnier, et elle met sa magnifique villa à notre disposition.

Tous les miens sont là, ma femme, rues filles, mon fils aîné, mon gendre, le général et Mme Baurès, M. Latour et sa femme qui ont trempé dans le complot et ont été les bons artisans de la préparation. Inutile de dire la joie, l'émotion de tous. Ma fille Monique, par exemple, traduit l'impression générale, en déclarant qu'elle ne m'aurait pas reconnu tant je suis transformé, avec mes lunettes et sans moustaches. Les Boches, non plus, ne m'ont pas reconnu...

La partie spécifiquement allemande de mon évasion est terminée. Va commencer maintenant le chapitre - passablement triste - que j'appellerai franco-allemand, car je n'ai pu me résoudre à attribuer certaines vilenies à des Français cent pour cent.

Mon évasion n'a pas plu à tout le monde. Je puis affirmer qu'elle en a gêné beaucoup : j'en en eu les preuves éclatantes. Par contre, je suis sûr qu'elle a réconforté même dans les camps d'Allemagne, où ils ont été brimés à cause de moi, quantité de Français qui cherchaient où était le devoir, et qui l'ont clairement discerné à partir de ce moment-là.

La collaboration, le geste de Montoire, le retour de Laval au pouvoir, autant de faits que la France ne comprenait pas. Elle écoutait la radio de Londres, mais celle-ci dépassait souvent la mesure et compromettait par là même sa propre efficacité. Une évasion comme la mienne a été un coup de fouet pour réveiller les énergies et préparer l'avenir.

Dès le 26 avril, à Vichy, on était prévenu de mon arrivée et le maréchal Pétain en manifestait ouvertement sa satisfaction.

Le 28, je recevais officiellement de sa part, une invitation à déjeuner pour le lendemain, et je pars le 29, en voiture, avec le commandant de Linarès pour l'Hôtel du Parc.

Accueil chaleureux. Noguès est de passage. Après le déjeuner, le maréchal me prend à part, et nous causons pendant deux longues heures.

Il m'interroge sur la situation actuelle de l'Allemagne, sur ses possibilités, ses difficultés, ses perspectives d'avenir.

Je le documente de façon aussi précise que possible car je m'attendais à ce questionnaire.

L'Allemagne ne peut plus être victorieuse, c'est le résumé de mon exposé. Elle peut encore avoir des succès. Elle en aura, cette année 1942, en Russie, mais elle rie mettra pas la Russie hors de combat. Elle n'atteindra même pas ses objectifs au Caucase. Il s'agit donc d'être prêt à rentrer en ligne quand la courbe commencera à descendre, car je suppose bien que la période actuelle n'est qu'une période d'attente, et que le maréchal n'a jamais cru à la collaboration.

Comme nous sommes incapables, seuls, de nous relever, il faut nous appuyer sur l'Amérique, qui, avec son potentiel énorme, pourra et saura nous équiper le moment venu, et nous continuera son aide après la victoire.

Ce que j'ai écrit, dans la lettre à mes fils, en septembre 1940, est plus vrai que jamais. Avec l'armée d'Afrique, la flotte intacte et l'aide américaine, nous pouvons rentrer dans la guerre avec la certitude de la revanche. Il s'agit de choisir le moment. Ce sera fonction des événements de Russie, soit en fin 1942 soit au printemps 1943.

Le maréchal m'a écouté sans m'interrompre. A dessein, j'ai donné des précisions et évoqué des chiffres. Effectifs, matériel, approvisionnement en essence, longueur du front, longueur des lignes de communications. Le remarquable tacticien qui a mené la bataille de Verdun a compris ces données tactiques, mieux peut-être qu'il ne comprend les élucubrations de haute ou basse politique de son Président du Conseil.

Vous avez pleinement raison. L'Allemagne ne peut pas gagner la guerre. Il faut en tirer pour nous les conséquences qui s'imposent. Votre conception de l'aide américaine est juste, Je suis d'ailleurs resté en excellents termes avec l'Amérique. L'amiral Leahy était un ami pour moi, et son successeur est très convenable. C'est à cette porte-là qu'il faut frapper le moment venu.

Tout ce que vous venez de me dire intéressera beaucoup le Président du Conseil, il faut que vous alliez voir Laval.

- Monsieur le maréchal, je ne tiens nullement à aller voir M. Laval. Je ne le connais pas, et je présume qu'il ne me comprendra pas. J'ai été heureux de pouvoir vous présenter mes respects et de vous exposer ce que je crois être la vérité. Vous avez compris. Si vous estimez ma conception juste, c'est à vous à l'imposer à votre gouvernement. Personnellement, je n'ai rien à faire avec M. Laval.

- Pardon, je désire essentiellement à ce que vous le voyez, D'ailleurs, la chose est convenue entre lui et moi. Il vous attend ce soir à 18 heures.

- Si c'est un ordre, j'obéis, mais je n'augure rien de bon de cette entrevue. D'après ce que j'en sais, le Président du Conseil et moi ne pensons précisément de même sur la question allemande.

J'ai, dès ce moment, l'impression que Laval a parlé de moi et de mon évasion avec le maréchal et qu'il y aura des étincelles à 18 heures.

D'ici là, je vais voir mon ami Picaendar, chef d'E.-M. de l'Armée et son remarquable chef de cabinet, le commandant Cogny qui a eu plus tard dans la Résistance une page magnifique. Tous deux sont radieux de mon succès, mais ne me cachent pas que j'aurai des désillusions au fur et à mesure que je verrai de plus près la situation en France.

Je vois ensuite le pseudo-ministre de la Guerre, le général Bridoux. Entrevue plutôt froide. Il est manifestement gêné. Je sais qu'il est là par la grâce de Brinon, et avec l'assentiment des Boches, pour ne pas dire plus.

18 heures, j'entre chez le Président du Conseil. Il est bien tel que ses photos me l'ont fait connaître, avec l'inévitable cravate blanche.

Aimable, empressé, il se déclare enchanté de faire ma connaissance, et sans m'adresser le moindre compliment sur mon évasion, il commence l'exposé de sa politique.

Cela dure une heure. L'avocat plaide une cause qu'il sait mauvaise, à laquelle il me sait hostile. Il le fait avec habileté, avec modération ; mais il ne peut tout de même camoufler ses préférences pour la collaboration et tout ce qui en découle. Je l'écoute sans l'interrompre.

Quand il a terminé, il me demande si je l'ai compris.

Je regrette de lui dire le contraire. Il part d'une base que j'estime mauvaise et qui fausse toute son argumentation : la victoire allemande. Je crois, moi, à la défaite allemande, et, s'il le permet, je vais lui répéter ce que j'ai exposé au maréchal.

Je recommence ma conférence de tout à l'heure, mais ici, je ne trouve plus la même audience. Mes chiffres tombent dans le vide. Effectifs, essence, communications, transmissions, ce sont des notions qui frappent un militaire, mais qui n'impressionnent pas un homme politique, mené par bien d'autres considérations. Je sens que je prêche dans le désert.

J'ai terminé. Un peu nerveux alors que, tout à l'heure, il était parfaitement calme, le Président du Conseil me déclare qu'il ne partage nullement mon avis. Je crois à la défaite allemande. Il est sûr, lui, de la victoire allemande. Je n'ai pas le monopole des renseignements vrais. Il est aussi bien renseigné que moi quoiqu'il ne parle pas allemand, et n'a pas à discuter sur des hypothèses de victoire russe parfaitement improbable.

En conséquence, et c'est à cela qu'il voulait en venir, mon évasion le gêne. Elle gêne sa politique de collaboration franco-allemande. Certes, un prisonnier a le droit de s'évader, mais je ne suis pas un prisonnier comme un autre. Ma notoriété,. mon prestige, même auprès des Allemands, parfaitement, font que mon retour en France, ma présence à Vichy aujourd'hui sont des événements fâcheux. Il serait donc bon que j'envisage de rentrer volontairement en Allemagne, et de me reconstituer prisonnier. Je regarde Laval ahuri, et lui demande s'il réfléchit bien à l'énormité de sa proposition.

Il me répond que c'est tout à fait sérieux, d'autant plus que les Allemands prétendent avoir une promesse de moi de ne jamais m'évader.

Je le prie de faire démentir immédiatement par l'autorité allemande une pareille allégation. Je me suis évadé le plus régulièrement du monde, si l'on peut dire, sans avoir jamais fait la moindre promesse, et je refuse de rentrer en Allemagne.

Je n'ai pas, jusqu'à nouvel ordre, à juger la politique actuelle de la France. Je sais que l'Allemagne, un jour ou l'autre, sera battue. Je veux que mon pays puisse, quand il le voudra, rentrer dans la lutte. La Prusse a été battue en 1806, elle a été victorieuse en 1814. Prenons modèle.

Et je me lève pour prendre congé. Laval me demande de rester ce soir à Vichy, car il va avoir à correspondre à mon sujet avec Paris, sinon avec Berlin. Il compte me revoir le lendemain.

Le 30 avril, l'agitation s'accentue. Les télégrammes allemands se succèdent. Je maintiens strictement ma position.

Laval appelle mon attention sur ce fait grave, que mon évasion va gêner sinon suspendre le rapatriement des prisonniers en cours. Je le prie de me montrer le paragraphe de la Convention de Genève qui autoriserait pareille violation de droit, en ce qui concerne en particulier les prisonniers rapatriés pour raison de santé. À l'extrême rigueur, je me résoudrais à un marché, sans aucune illusion sur mon sort. Je consentirais à rentrer en Allemagne volontairement, après libération immédiate de tous les prisonniers français mariés, officiers d'active compris. Autrement rien à faire.

Je rentre à Lyon, à 18 heures, sans incident. Le 1er mai, reconvocation à Vichy. La pression de Laval se fait de plus en plus vive. C'est toute la politique de collaboration qui est en jeu. Je dois le comprendre, et me sacrifier pour le salut de mon pays. Je répète au Président du Conseil qu'il voit faux et que je n'accepte pas. Échange de propos aigres-doux. Je rentre dans la nuit à Lyon. J'y suis à 8 heures, le 2 mai.

À 9 heures, le même jour, coup de téléphone du général Campet, chef du cabinet militaire du maréchal. On met un avion à ma disposition à Bron. Il faut que je sois à Vichy à '11 heures.

J'y suis à l'heure dite. Reçu immédiatement par le maréchal et par Laval. je lis le nouveau télégramme de Berlin, exigeant tout simplement que je rentre en Allemagne et précisant que l'avion de M. de Ribbentropp sera à ma disposition à Paris pour me conduire à Berlin où un appartement m'est réservé à l'Hôtel Adlon.

Je réponds que je me soucie fort peu et de l'avion et.. de l'Hôtel Adlon, que le gouvernement allemand n'a rien à exiger de moi, et que je refuse catégoriquement de rentrer en Allemagne.

Le maréchal m'approuve. Il conseille à Laval et à l'amiral Darlan qu'il a fait appeler de se rendre à Moulins pour exposer à l'ambassadeur d'Allemagne Abetz, qui paraît-il est venu m'y attendre, mon refus et ses raisons. Ils y partent à 13 h.30, tandis que je déjeune chez le maréchal, avec Brinon. J'ai une explication vive, mais correcte, avec celui-ci après le déjeuner.

Mon vieil ami, le général Frère, qui m'a succédé en 1940 à la tête de la 7e Armée, et a su remarquablement combattre en retraite jusqu'à la Dordogne, arrive sur ces entrefaites. Nous nous embrassons avec effusion. Il approuve pleinement mon attitude, et espère bien que jamais je ne consentirai à retourner en Allemagne autrement qu'en vainqueur et à la tête de mes troupes.

À 18 heures, Laval et Darlan reviennent de Moulins. L'ambassadeur est très déçu, paraît-il. Il avait réellement cru que je partirais avec lui pour me présenter à Hitler. On voudrait m'offrir une situation de choix, dit Laval, par exemple être le second de Scapini, pour veiller aux intérêts des prisonniers.

Je connais la mission de Scapini, et sais trop comment il la remplit. Je consentirais à la rigueur à le remplacer dans l'intérêt des prisonniers, sans aucune joie d'ailleurs, et bien convaincu des risques que je courrais, mais je n'accepte pas d'être son subordonné.

- Au surplus, si Abetz tient tellement à me voir, qu'il me donne un sauf conduit... Je consens à aller à Moulins avec Laval et Darlan qui seront garants de ma liberté, et je m'expliquerai clairement avec l'ambassadeur.

Après pas mal d'hésitations et de palabres au téléphone, Abetz donne la promesse exigée par moi, et à 20 heures, je pars pour Moulins entre mes deux gardes du corps ( je ne me compare pas au Christ... ) non sans que ceux qui me portent de l'intérêt ne soient passablement effrayés de ma témérité.

À 21 heures, nous sommes à Moulins. Un Généralleutnant commandant les troupes du secteur assiste Monsieur l'ambassadeur. Réception correcte. Les sentinelles présentent les armes. Je suis en civil, un petit browning dans ma poche.

Après un frugal repas, je cause avec le général qui a été mon adversaire en Hollande comme chef d'E.-M. à la 18e Armée allemande et la discussion commence.

Elle dure deux heures, le long monologue d'Abetz n'étant coupé que par quelques interruptions, ripostes ou négations de ma part. Laval ne dit pas un mot. L'amiral, je dois le dire, soutient mon point de vue.

Au début, la conversation est presque courtoise. Quand l'ambassadeur a terminé son exposé, sur ses sentiments francophiles, sur la collaboration, sur l'intérêt de la France et de l'Allemagne à travailler ensemble, sur les dangers du bolchevisme, je réponds d'un ton doucereux, que véritablement, tout bien réfléchi, je vais me décider à rentrer en Allemagne à une condition toutefois.

Visiblement surpris - et ravi - Abetz s'empresse. Que je dise ce que je désire. Il se fait fort de l'obtenir du Führer.

Je répète alors la proposition que j'ai faite à Vichy au Président du Conseil à propos des prisonniers mariés.

Combien y en a-t-il ? demande Abetz.

De quatre à cinq cent mille, est ma réponse, sur le ton le plus naturel.

Alors, monsieur l'ambassadeur s'emballe, me traite d'impertinent. Je le prie d'être poli, et déclare que dans ces conditions, je retire purement et simplement la proposition que j'ai faite.

Il devient de plus en plus agressif, voire même insolent. J'entends de dures appréciations sur mon compte. Ce n'est pas la première fois, ce ne sera pas la dernière. Je puis me rendre cette justice qu'à aucun moment le calme ne m'abandonne. Je sens qu'il ne faut pas donner prise à mon adversaire. Le moindre mot un peu vif serait interprété comme une insulte à l'Allemagne ou à l'armée allemande, et à ce moment, le sauf-conduit ne jouerait plus. On m'arrêterait comme criminel de droit commun : je n'en ai aucune envie.

Le Généralleutnant vient à la rescousse de son collègue civil. Il n'obtient pas plus de succès. Je dois dire qu'il n'insiste pas exagérément.

Finalement Abetz se lève, déclarant que la conversation a assez duré.

Il y a des généraux qui sont utiles à leur Patrie, d'autres qui lui sont néfastes...

Je le regarde bien en face sans broncher. Nous prenons nos chapeaux. L'ambassadeur serre la main à Laval et à Darlan qui s'incline avec déférence, et me fait le salut hitlérien. J'ai, par hasard, la main droite dans ma poche. Je la sors pour serrer la main du Généralleutnant qui m'a tendu son unique bras : il a laissé l'autre en Russie.

Dans la voiture qui nous ramène à Vichy, Laval constate mélancoliquement que l'entrevue n'a pas arrangé les choses, au contraire. Il me reproche de ne pas avoir été aimable. Je lui fais remarquer que l'ambassadeur a été insolent, et que je me le rappellerai le cas échéant. Il me demande de ne repartir le lendemain qu'après avoir vu le maréchal.

Nouvelle explication le 3 mai à 10 heures. Je refuse de discuter plus avant. Le maréchal n'insiste pas et me reconduit affectueusement jusqu'à l'escalier. À 11 heures, l'avion décolle. A midi, je suis à Lyon.

Dans l'après-midi, un émissaire m'apporte une lettre de Scapini, qui a,' paraît-il, couru après moi à Vichy. Cette lettre est parfaitement déplacée. J'y réponds de la même encre.

Le 4 mai, c'est le général Campa qui arrive chez le général de Saint-Vincent, gouverneur de Lyon, apportant une lettre toute faite qui n'est pas un serment, mais une déclaration de loyalisme au maréchal. Celui-ci m'engage vivement à la signer, pour qu'on me laisse enfin tranquille. J'y consens, mais je déclare catégoriquement à mon ancien subordonné que je veux bien répondre aux désirs du maréchal, à condition qu'il n'y ait pas de nouvelles attaques contre moi. Autrement je reprends ma pleine et entière liberté. Le maréchal connaît mes idées et les approuve, en ce qui concerne la suite de la guerre. Je sais que nous pensons de même, qu'il ne se laisse pas manœuvrer par Laval.

Jusqu'au 8 mai je suis tranquille.

Le 9, un message impératif de la présidence du Conseil oblige le général de Saint-Vincent à donner - mon adresse. Il est promis que, seuls le maréchal, le Président du Conseil et le préfet régional la connaîtront.

Or, le 11, j'apprends que mon amie, la comtesse de B... vient d'arriver, connaissant cette adresse, et voulant me voir. Saint-Vincent l'en dissuade et lui promet de me faire prévenir.

Le 12 à 10 heures, je la retrouve, telle que je l'ai toujours connue, ardente, passionnée, mais française cent pour cent. Elle m'expose sans fard que Laval l'a fait venir et l'a suppliée de me convaincre. Elle s'attend à mon refus. Il ne l'étonne pas. Mais grâce à elle, je puis savoir ceux qui s'acharnent contre moi : le climat de Paris est celui de Vichy. L'Allemagne a, paraît-il, envoyé purement et simplement un ultimatum à mon sujet. Le chantage continue.

La semaine s'achève, sans d'autres incidents que la venue de Campet en avion. Il apporte simplement la copie du télégramme envoyé par la Commission de Wiesbaden à Vichy à mon sujet. C'est la traduction des mesures prises par la Wehrmacht à la suite de mon évasion. Elles peuvent se résumer en un arrêt brutal des libérations collectives et individuelles. Je fais remarquer Campet qu'il n'y a là rien de nouveau, et j'ai l'impression très nette qu'il est un peu gêné. Il ne me cache pas que le maréchal se laisse influencer par Laval, que celui-ci a bien déclaré ne pas vouloir me livrer, mais qu'il serait ravi que je m'y décide spontanément. Ce serait un geste héroïque. Je déclare à Campet que je ne tiens pas à être un héros, que je ne modifie en rien ma manière de voir, qu'il le dise bien là-bas. Il repart de plus en plus gêné.

J'avoue être un peu désillusionné. La volonté et l'énergie ne paraissent pas être le fait des vieillards, et ils se laissent facilement manœuvrer par leur entourage, C'est grave pour un Chef d'État. Le 17, de nouveau Campet, revenant d'un voyage dans le Midi. Il est plus naturel que l'autre soir. Ses impressions recoupent les miennes au sujet de son patron. Je note qu'on veut éventuellement se servir de la lettre de loyalisme qu'on m'a fait signer. Je répète à Campet ce que j'ai dit à ce sujet.

De Königstein, par fil direct, dirais-je, j'apprends ce qui s'est passé après mon départ. Limogeage du général Genthe, envoi des officiers et sous-officiers en Russie, restrictions apportées à la circulation dans le parc, mise en casemate de certains suspects, interrogatoires prolongés et négatifs de mon ordonnance et de l'aumônier, etc., etc. .. Le compte rendu ajoute que ma future activité préoccupe beaucoup l'O.K.W.

Le 21 avril, on me demande d'urgence à Vichy en avion, je ne sais pourquoi. À l'arrivée au terrain, j'apprends par Campet qu'il s'agit d'une entrevue avec un certain docteur Rahn, ministre plénipotentiaire à l'ambassade d'Allemagne et qui a été un des conseillers du général Dentz en Syrie.

La scène se passe dans le cabinet du maréchal, celui-ci visiblement fatigué et toussant beaucoup. Laval fait les présentations. Le diplomate allemand, à l'inverse d'Abetz, il y a trois semaines, est d'une correction parfaite. Il parle couramment français. Il reconnaît que logiquement et juridiquement ma position est inattaquable, mais psychologiquement je devrais comprendre que le geste volontaire d'un retour en Allemagne serait d'un poids fantastique sur les futurs rapports franco-allemands. Il parle longuement d'une attaque éventuelle des Anglo-saxons sur l'Afrique du Nord, énumère les terrains d'aviation construits en Afrique Équatoriale, les débarquements de troupes, de matériel, l'arrivée de 5.000 hommes à Gibraltar, et déclare enfin que l'Allemagne voudrait se servir de moi pour assurer la coopération franco-allemande en Afrique, au plus grand bénéfice de la France et de l'Allemagne.

Je lui réponds que je doute fort d'une attaque partant de l'Afrique Équatoriale vers la côte méditerranéenne en été, et que l'arrivée de 5.000 hommes à Gibraltar n'est vraiment pas un indice d'un débarquement en forces quelque part. Quant au rôle que je pourrais jouer en Afrique, il n'en est pas question. Je suis un général du cadre de réserve. J'ai refusé l'offre qui m'a été fait par l'amiral Darlan, de me maintenir en activité sans limite d'âge. Je demande simplement à ce qu'on m'ignore. Je reviens sur la correction de mon évasion, et prie mon interlocuteur de ne pas en exagérer l'importance.

C'est alors que le maréchal intervient, parle en termes pathétiques de son âge, de son désir de conclure la paix, et me fait comprendre, sans le dire expressément, bien entendu, qu'il est de mon devoir de Français, de me rendre volontairement aux Allemands.

Je refuse. Nous nous quittons, le maréchal et moi, très froidement. Je ne l'ai jamais revu.

Laval me demande de venir un instant dans son bureau avec le docteur Rahn. Il recommence à m'exposer les déboires de sa politique, son désir de collaboration avec l'Allemagne, la gêne que lui cause ma présence. Le ministre plénipotentiaire insiste bien sur le fait qu'il n'a aucune mission officielle, que nul ne doit savoir qu'il m'a vu (je me permets de sourire) et qu'il ne travaille que dans l'intérêt de la France et des prisonniers. Il regrette infiniment que maintenant tous les rapatriements même sanitaires, soient arrêtés... par ma faute.

Je lui réponds qu'il est curieux - et pas très élégant - de lier des questions de santé avec une évasion reconnue régulière, par lui-même, et je me lève pour prendre congé en refusant de suivre cet ambassadeur extraordinaire à Paris.

La méthode douce n'a pas eu plus de résultat que la manière forte. Par exemple, je rentre à Lyon, tristement désabusé sur l'attitude de ceux qui ont en charge les intérêts de la Patrie. Ce qui ne m'étonnait pas d'un Laval ou d'un Darlan me navre de la part du maréchal Pétain que je voyais sur un piédestal intangible, et qui m'a donné aujourd'hui l'impression d'un vieillard influençable, influencé et manœuvré.

Le mois de mai se termine sans nouvelle alerte. Officiellement, l'agitation se calme, parce qu'on compris, aussi bien du côté allemand que du côté français, qu'on ne vaincrait pas mon obstination, et parce que ma position est vraiment forte.

Mais je ne me fais aucune illusion. J'ai le compte rendu fidèle des entretiens de Laval avec les divers commandants de Corps d'Armée et je note ceux qui ont défendu mon point de vue et ceux qui sont restés neutres.

Le Ministère de l'Information lance quelques bruits fantaisistes à mon sujet. Le Ministère de la Guerre lui renvoie la balle et ce n'est certainement pas pour m'être favorable.

Enfin, le 2 juin, un de mes amis me donne quelques précisions puisées à la meilleure source. Laval s'est expliqué sur mon cas en termes choisis.

Cette espèce de c..., il m'em... Pourquoi n'est-il pas passé en Angleterre tout de suite ?.... D'ailleurs peu m'importe, je le fais surveiller. Je sais tout ce qu'il fait. Et puis, j'ai sa lettre au raréchal qui l'empêche de faire la moindre chose contre moi. Au surplus, d'ici quelques jours, je ferai recommencer la campagne au sujet des prisonniers. S'il n'y a plus de rapatriement, c'est lui qui en sera responsable. Il sera coulé dans l'opinion publique. Tout ira bien. C'est égal, il est bien emm... tout de même !

Sans commentaires.

J'ai fini. Je croyais en m'évadant au péril de ma vie, servir la France. J'ai simplement troublé ceux qui prétendaient représenter la France.

Hitler a été fou furieux de mon évasion. Il a donné l'ordre, le procès de Nuremberg l'a prouvé, de me reprendre mort ou vif, ou de m'assassiner en France si j'avais pu y rentrer. Les gens de Doriot n'ont pas hésité à entrer clans le complot. Heureusement, j'ai été prévenu à temps, et ces messieurs en ont été pour leurs frais.

Laval de son côté a tout fait pour me nuire. Il a cru que la fameuse lettre du 4 mai m'empêcherait d'agir quand le moment serait venu. Je ne me suis jamais considéré comme engagé vis-à-vis de cet homme, surtout à partir du jour où à la radio il a proclamé urbi et orbi qu'il souhaitait la victoire de l'Allemagne et qu'une évasion retentissante avait détruit ses efforts acharnés en faveur des prisonniers.

J'avais répété au maréchal, qui était pleinement d'accord avec moi, qu'il fallait s'appuyer sur l'Amérique pour rentrer dans la guerre. J'ai commencé à le faire dès le mois de juin, sûr d'agir au mieux des intérêts de mon pays. Je n'hésite pas à dire, sans aucune modestie, que c'est grâce à moi que les Américains ont pu mettre au point leurs projets de débarquement.

N'ayant reçu aucun appui de Londres pour mon évasion, je ne me suis cru obligé à aucune avance vis-à-vis de ceux qui étaient à Londres. Je sais qu'on m'en a voulu. Peu m'importe.

Ce qui importait, c'était de faire rentrer la France dans la guerre au moment voulu. J'y ai contribué autant que n'importe qui. Ma prochaine évasion

sera pour rejoindre l'Armée qui allait libérer l'Afrique, avant de libérer la France.
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
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BRH
 
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Re: Le retour du général Giraud en France

Message par BRH » Mercredi 24 Juin 2009 13:42:06

Dès le 26 avril, à Vichy, on était prévenu de mon arrivée et le maréchal Pétain en manifestait ouvertement sa satisfaction.

Le 28, je recevais officiellement de sa part, une invitation à déjeuner pour le lendemain, et je pars le 29, en voiture, avec le commandant de Linarès pour l'Hôtel du Parc.

Accueil chaleureux. Noguès est de passage. Après le déjeuner, le maréchal me prend à part, et nous causons pendant deux longues heures.

Il m'interroge sur la situation actuelle de l'Allemagne, sur ses possibilités, ses difficultés, ses perspectives d'avenir.

Je le documente de façon aussi précise que possible car je m'attendais à ce questionnaire.

L'Allemagne ne peut plus être victorieuse, c'est le résumé de mon exposé. Elle peut encore avoir des succès. Elle en aura, cette année 1942, en Russie, mais elle ne mettra pas la Russie hors de combat. Elle n'atteindra même pas ses objectifs au Caucase. Il s'agit donc d'être prêt à rentrer en ligne quand la courbe commencera à descendre, car je suppose bien que la période actuelle n'est qu'une période d'attente, et que le maréchal n'a jamais cru à la collaboration.

Comme nous sommes incapables, seuls, de nous relever, il faut nous appuyer sur l'Amérique, qui, avec son potentiel énorme, pourra et saura nous équiper le moment venu, et nous continuera son aide après la victoire.

Ce que j'ai écrit, dans la lettre à mes fils, en septembre 1940, est plus vrai que jamais. Avec l'armée d'Afrique, la flotte intacte et l'aide américaine, nous pouvons rentrer dans la guerre avec la certitude de la revanche. Il s'agit de choisir le moment. Ce sera fonction des événements de Russie, soit en fin 1942 soit au printemps 1943.

Le maréchal m'a écouté sans m'interrompre. A dessein, j'ai donné des précisions et évoqué des chiffres. Effectifs, matériel, approvisionnement en essence, longueur du front, longueur des lignes de communications. Le remarquable tacticien qui a mené la bataille de Verdun a compris ces données tactiques, mieux peut-être qu'il ne comprend les élucubrations de haute ou basse politique de son Président du Conseil.

Vous avez pleinement raison. L'Allemagne ne peut pas gagner la guerre. Il faut en tirer pour nous les conséquences qui s'imposent. Votre conception de l'aide américaine est juste, Je suis d'ailleurs resté en excellents termes avec l'Amérique. L'amiral Leahy était un ami pour moi, et son successeur est très convenable. C'est à cette porte-là qu'il faut frapper le moment venu.

Tout ce que vous venez de me dire intéressera beaucoup le Président du Conseil, il faut que vous alliez voir Laval.

- Monsieur le maréchal, je ne tiens nullement à aller voir M. Laval. Je ne le connais pas, et je présume qu'il ne me comprendra pas. J'ai été heureux de pouvoir vous présenter mes respects et de vous exposer ce que je crois être la vérité. Vous avez compris. Si vous estimez ma conception juste, c'est à vous à l'imposer à votre gouvernement. Personnellement, je n'ai rien à faire avec M. Laval.

- Pardon, je désire essentiellement à ce que vous le voyez, D'ailleurs, la chose est convenue entre lui et moi. Il vous attend ce soir à 18 heures.

- Si c'est un ordre, j'obéis, mais je n'augure rien de bon de cette entrevue. D'après ce que j'en sais, le Président du Conseil et moi ne pensons précisément de même sur la question allemande.

J'ai, dès ce moment, l'impression que Laval a parlé de moi et de mon évasion avec le maréchal et qu'il y aura des étincelles à 18 heures.

D'ici là, je vais voir mon ami Picaendar, chef d'E.-M. de l'Armée et son remarquable chef de cabinet, le commandant Cogny qui a eu plus tard dans la Résistance une page magnifique. Tous deux sont radieux de mon succès, mais ne me cachent pas que j'aurai des désillusions au fur et à mesure que je verrai de plus près la situation en France.



Voilà le témoignage que Giraud a laissé pour la postérité. Il est dommage qu'il n'ait pas déposé au procès du maréchal Pétain.
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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Re: Le retour du général Giraud en France

Message par BRH » Mercredi 24 Juin 2009 13:47:13

Peu après la situation se précise. Ma fille Marie-Thérèse reçoit la visite d'une de ses amies de Vichy, lui demandant qu'un de mes officiers vienne voir discrètement son frère, attaché au 2e Bureau de l'E.-M. de l'Armée. Il aurait une communication importante à lui faire. Mieux vaudrait que ce voyage ne soit pas fait avec mon auto bien connue.

Le général Baurès ayant son auto personnelle, c'est lui que je charge de cette mission passablement mystérieuse. Il part pour Vichy, sans prévenir personne à Lyon.

Trois jours après. il est de retour, et me rend compte de son équipée. Arrivé à Vichy et renseigné par le jeune camarade du 2e Bureau, il s'est rendu dans la forêt de Randan, en un point fixé. Il a trouvé là un attaché de l'ambassade des États-Unis qui s'est assuré de son identité et lui a posé nettement la question suivante :

Le général Giraud est-il disposé à travailler avec le Président Roosevelt à la Libération de la France, et à quelles conditions ?

Naturellement, le secret le plus absolu doit être gardé. Les échanges de vue se feront toujours par les mêmes personnes en des points qui seront chaque fois fixés au dernier moment. L'ambassade est au courant de ma correspondance avec Berne.

Je n'hésite pas une seconde, convaincu que cette occasion est décisive pour le relèvement de la France. Le lendemain, le général Baurès repart avec la réponse suivante :

Le général Giraud accepte la proposition du Président sous les conditions suivantes :

1° La France sera rétablie dans son intégrité territoriale du 1er septembre 1939, dans la Métropole et en dehors de la Métropole.

2° La souveraineté française sera entière en territoire français, partout où des troupes françaises combattront à côté de troupes américaines.

3° Le général Giraud aura le commandement en chef des forces alliées sur le théâtre d'opérations où combattront des troupes françaises.

4° Le taux du franc par rapport au dollar sera équivalent au taux consenti par l'Angleterre au général de Gaulle pour le taux du franc par rapport à la livre sterling.

Ce papier, remis le lendemain, par le général Baurès à son interlocuteur, toujours en forêt de Bandar, part immédiatement pour Washington par le premier Clipper. Nous sommes au début de juillet 1942.

Fin juillet, le recevais la réponse laconique du Président Roosevelt : Conditions acceptées.

Il s'agissait maintenant de mettre au point, de façon pratique, les projets que nous avions ébauchés, mes camarades et moi.

Ceux qui ont travaillé à cette mise au point furent le général Baurès, le lieutenant-colonel de Linarès et le capitaine Beaufre, jeune officier alors en demi-disgrâce à l'E.-M. de Marseille, après avoir été emprisonné à la suite de l'affaire Loustaunau-Lacau à Alger en 1941. Tous trois, officiers de première valeur, dont le plus ancien malheureusement n'a pu me rejoindre en Afrique et dont, jusqu'ici, on a renoncé à utiliser les compétences pour la réorganisation de l'armée. L'ancien chef du ter Bureau de l'E.-M. de l'armée, l'ancien professeur de tactique générale à l'École de Guerre, est une force perdue comme tant, d'autres en France.

C'est entre Port-Vendres et Toulon que je prévoyais le débarquement américain, pouvant disposer sur cette côte de ports excellents, et de la masse des terrains d'aviation qui s'échelonnent entre les Pyrénées et le massif de l'Estérel. Comme je l'ai dit plus haut, il fallait à mon avis aller vite, pour atteindre et dépasser la ligne de démarcation. Il s'agirait ensuite d'accumuler les moyens pour une lutte qui serait certainement dure, niais où la France profiterait de la campagne de Russie qui retiendrai. sur la Volga ou sur le Don la majeure partie des forces allemandes.

Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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Re: Le retour du général Giraud en France

Message par BRH » Mercredi 24 Juin 2009 13:54:40

Il apparaît au vu de ces écrits que Giraud a bel et bien travaillé à préparer un débarquement en zone libre en France. Il est non moins certain que les Américains l'ont retenu comme hypothèse de travail. Finalement, ils ne se sont pas arrêtés à cette hypothèse, mais à celle d'un débarquement en Normandie. Hypothèse examinée de concert avec les Anglais. Dans celle-ci, Vichy était pris en compte et devait donc s'assurer de border la Loire pour y retenir les Allemands avec les 24 divisions qui étaient prévues après mobilisation. Les Anglais -on le sait- ont refusé ce plan ! Et l'on peut penser que la tentative sur Dieppe a été un échec calculé pour démontrer l'impossibilité d'un débarquement en Normandie !

Ce n'est qu'en septembre que les Alliés se décident pour une opération en Afrique du Nord. Splendide occasion manquée, à mon avis...
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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