Rappel : sur l'Aisne et sur la Somme

Les Totalitarismes à l'assaut de l'Europe !

Rappel : sur l'Aisne et sur la Somme

Message par BRH » Mardi 23 Août 2016 10:59:37

Un rappel des unités disponibles le 4 juin, de la Manche à la Meuse. Je n'ai donc pas pris en compte, les unités à l'Est de la Meuse, soit 4 DI rattachées à la IIème armée+ la 5ème DIM, destinée à épauler la 3ème DCR. Ni les 17 DI rattachées aux armées de l'Est.

En face, on ne comptabilise que 60 DI sans compter les 10 Panzerdivisionen.

En 1ère ligne, de la Manche à la Meuse :

51ème W
31ème DI
5ème DIC
13ème DI
16ème DI
4ème DIC
---------
7ème DINA
19ème DI
3ème DLI
23ème DI
87ème DIA
---------
7ème DI
28ème DIal
44ème DI
45ème DI
42ème DI
---------
10ème DI
2ème DI
14ème DI
---------
36ème DI
35ème DI
6ème DI
1ère DIC
_____________
23 divisions en 1ère ligne.

En 2ème ligne :

2ème et 3ème DLC
24ème DI
----------
47ème DI
7ème DIC
----------
11ème DI
8ème DI
___________
6 divisions en 2ème ligne

En réserve :

5ème DLC
40ème DI
241ème DLI
85ème DIA
17ème DLI
-----------
236ème DLI
-----------
27ème DIal
-----------
82ème DIA
53ème DLI
235ème DLI
59ème DLI
___________
11 divisions

Pour mémoire :

En reconstitution :

1ère DB anglaise
2ème et 4ème DCR
1ère DCR
3ème DCR

En formation :

1ère, 2ème, 3ème DLM
4ème et 7ème DLM

Total : 40 divisions d'infanterie ou équivalant

10 unités + ou -blindées équivalant à 5 PzD.

Il me semble que le Haut-Commandement a fait l'erreur de ne pas mettre plus de divisions en 1ère ligne. En attendant l'éventuel renfort de 8 DI prélevées sur les Armées de l'Est (ma marotte), il en avait 6 à sa disposition, immédiatement exploitables...
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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Re: Rappel : sur l'Aisne et sur la Somme

Message par BRH » Mardi 23 Août 2016 11:02:05

dynamo a écrit:
combien de ces divisions sont à effectif complet ?
certaines ont leurs bataillons à 50%, voir 25%...
j'ai lu quelque part que cela représentait un fusil tous les 30 m.



Non. Les effectifs sont à peu près complets, même si certaines divisions ont essuyé des pertes fin mai. Par contre, il est vrai que les DLI qui achèvent leur formation (ou leur reconstitution, c'est selon), ne comprennent que 2 RI et un seul régiment d'artillerie (RA).

Ps : quelques-unes ne présentent que 75 à 80% de leurs effectifs. Mais, en face aussi. Les Allemands ont leur part de blessés, de malades et d'éclopés.


En fait, il n'y a pas d'unité entre les chefs : Weygand prône une lutte à outrance sur la 1ère ligne, alors que ses lieutenants positionnent d'autres DI en arrière. Et parfois, il y a hésitation sur la destination des divisions. Ainsi, la 5ème DIC quitte la Lorraine le 23 mai, par échelons. Elle est d'abord orientée vers l'Aisne, puis projetée vers la Somme, en direction d'Amiens. Résultats, ses 1er éléments n'arrivent que le matin du 4 juin sur la Somme, plus à l'Est, pour relever les 2ème et 3ème DLC, voire le soir...
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Re: Rappel : sur l'Aisne et sur la Somme

Message par BRH » Mardi 23 Août 2016 11:07:14

dynamo a écrit:
... le transfert des unités qui transférées de l'Est auraient pu renforcer le front de la Somme et être bien utiles dans le dispositif.



"500 000 Hommes Sans Véhicules": titre du chapitre 25 de "Faites Sauter la Ligne Maginot", de R. Bruge. Tout est dans ce titre, dont la concision décrit parfaitement l'ineptie conceptuelle de ce transfert, pourtant envisagé. Il est vrai que le descriptif détaillé de Bruge se rapporte aux 21 juin et suivants; plus tôt, on pouvait l'imaginer. Mais trouver les véhicules et les faire circuler, après le 10 mai et face à ou plutôt sous, la LW ?

Alain Tagnon.

dynamo :
Oui, et cela pose d'une façon générale le problème du commandement français qui tergiversa sans cesse sur les options à prendre dans la conduite des opérations.

C'est vrai, Alain, mais Bruge visait surtout les troupes de forteresse. Ceci étant, les 17 DI "normales" ne pouvaient être transportées que par la voie ferrée, essentiellement. Seuls, les GRDI, faisaient en partie le voyage par la route. Entre le 5 et le 10 juin, certaines unités seront déplacées comme la 41ème DI (alors en réserve de la IIème armée), ou la 59ème DLI.
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Re: Rappel : sur l'Aisne et sur la Somme

Message par BRH » Mardi 23 Août 2016 11:11:07

Pour compléter mon propos sur la situation au 4 juin 1940 :

En outre, à l'Est de la Meuse :

IIème armée :

En 1ère ligne :

6ème DINA
3ème DIC
3ème DINA

En seconde ligne :

41ème DI

En réserve :

3ème DIM (rattachée à la 3ème DCR)

Armées de l'Est :

En seconde ligne :

51ème DI
58ème DI
56ème DI
52ème DI
30ème DI
70ème DI
62ème DI
54ème DI
63ème DI
67ème DI
57ème DI
----------
11 DI

En réserve :

20ème DI
26ème DI
1ère DIpol
2ème DIpol
----------
4 DI
__________

Total : 15 DI

2 brigades de spahis.

Au total : 20 DI à l'Est de la Meuse.

Seront retirées, du 5 au 12 juin :

20ème DI
41ème DI
57ème DI
56ème DI (mise en route)

Pour mémoire, en cours de formation (pas susceptibles d'être mises en ligne avant 4 jours) :

238ème DLI
239ème DLI
240ème DLI
2ème DLIC
8ème DIC (en réserve de l'armée des Alpes).
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Re: Rappel : sur l'Aisne et sur la Somme

Message par BRH » Mardi 23 Août 2016 11:13:29

Battus d'avance ? Nous l'avons été parce que nous n'avons pas pu imposer le combat pour lequel nous étions préparés. Mais pour cela, il fallait s'en donner les moyens. En dehors des Panzerdivisionen, les unités allemandes ne valaient pas tellement mieux que les nôtres. Nos généraux prisonniers en Allemagne y ont réfléchi et ont estimé que l'infanterie allemande avait été souvent médiocre. Sans parler de ses échecs à Voncq ou à Rethel, elle triomphe le plus souvent par saturation, au prix de lourdes pertes. Sur l'Ailette ou l'Aisne, par exemple. On verra encore à plusieurs reprises des fantassins allemands monter à l'assaut de nos positions au coude-à-coude et en chantant (fanatisme, en effet). Il est vrai que le terrain aura été -au préalable- traité par l'artillerie et les stukas. Mais, tout de même ! Pensons aussi aux Bavarois, devant Abbeville, qui -étant dénichés de leurs emplacements par nos B1-bis- n'hésitent pas à se jeter sur eux quasiment à la seule baïonnette !

Le fait saillant, c'est qu'une division ne peut pas défendre avec des chances sérieuses de succès plus de 10 km de terrain. La position choisie par Weygand se déroulait sur 360 km. Il fallait donc y disposer 36 DI. Certes, on n'était pas au km près : telle position, plus forte qu'une autre, ou moins menacée, pouvait bien aller jusqu'à 15 km. Telle autre, au contraire, devait être ramenée à 8 (voire 6 km). Avec les 4 restantes et les 8 rameutées de l'Est, 12 DI pouvaient être placées en seconde ligne. On serait alors parvenu à un dispositif presque acceptable.

Notons à propos de ces transports, que l'Etat-Major a fait roquer 3 DI qui étaient à l'Est de la Meuse. Une autre qui est partie trop tard. Sans compter les 4 DLI versées à mesure pour alimenter la bataille (trop loin et pas prêtes à la date du 4). Pour ces divisions, les transports n'ont pas manqué. Cela répond à l'objection qui m'a souvent été faite à ce sujet...
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Re: Rappel : sur l'Aisne et sur la Somme

Message par BRH » Mardi 23 Août 2016 11:16:06

Le cas le plus célèbre de général Fuyard, c'est celui de Freydenberg, commandant la IIème armée. Avant même que son armée soit coupée définitivement de sa voisine (la IVème armée), le 14 juin à Chaumont, il était déjà rendu à Bourbonne-les-bains, à plus de 200 km du front. Un triste exemple de lâcheté et de déshonneur. Freydenberg ne fut jamais inquiété pour sa vile attitude, ni par Vichy, ni à la Libération.

"Le général Henri Freydenberg est né en 1876 et a fait sa carrière dans les troupes coloniales.
En septembre 1939, il est rappelé de sa retraite, et prend le commandement du corps colonial, puis le 5 juin 1940, il remplace le général Huntziger à la tête de la II armée, celui ci devient commandant du groupe d'armées n° IV.

Le 12 juin devant la pression des forces allemandes, il porte son PC à Chateauvillain (Haute-Marne) à 180 kilomètres de ses unités qui sont au contact des Allemands. Le 13 juin, il ordonne au général Flavigny, chef du 21e CA de se replier "sans préoccupation d'alignement". Le lendemain, l'ordre est renouvellé, Freydenberg porte son PC à Bourbonne les bains sur les arrières de la IIIe armée du général Condé. Celui ci écrit: "J'apprends que Freydenberg est à Bourbonne, loin derrière moi et au milieu de ma zone, à 160 kilomètres de la droite de son front. C'est renoncer à exercer son commandement dans les circonstances où il se trouve".

Les ordres donnés le 15 juin au corps d'armée colonial du général Carles et au 21e CA est de "se replier le plus vite possible sans se préoccuper des voisins". Lorsqu'il apprend l'ordre donné, le général Roucaud (1e DIC) s'exclame :

"La IIe armée s'est repliée très loin et n'a guère de contact avec ses corps d'armée. Le général Freydenberg en sait assez cependant pour se mettre à l'abri et pour recommander au Corps d'armée colonial de foutre le camp !"

Le 15 juin, à Besançon, Freydenberg demande au général Prételat d'être placé en réserve de commandement, Prételat refuse ; malgré tout l'état-major suivra Freydenberg. L'EM de la IIe armée est à Louhans le 17; à Saint Galmier, le 18 ; à Tournon, le 19 juin ; et le jour de l'armistice, l'EM se trouve dans un séminaire à Aubenas !!!

Replacé dans les cadres de réserve en juillet 1940, il décède le 20 août 1975 à l'âge de 99 ans.

Le commandent Valluy, chef du 3e bureau du 21e CA a écrit: "plusieurs milliers d'officier en retraite savent désormais que le chef de la IIe armée a fui". (tiré de Roger Bruge : "les combattants du 18 juin").
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