Le franchissement de la Meuse par le XVème corps blindé Hoth

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Le franchissement de la Meuse par le XVème corps blindé Hoth

Message par BRH » Lundi 31 Août 2015 09:31:18

La manoeuvre Dyle pour la 18ème Division du 11ème Corps d'Armée :

Pour la 18ème Division, le dispositif à réaliser sur la Meuse comporte le déploiement de sept bataillons, repartis en trois sous-secteurs de régiments: du nord au sud, le 66ème RI (avec 2 bataillons), le 77ème RI (avec trois bataillons), le 125ème RI (avec deux bataillons). En réserve, demeurent deux bataillons placés au nord et au sud du centre du dispositif.
Il est prévu, pour avoir au plus tôt une couverture sur la Meuse, que deux bataillons (l'un du 66, l'autre du 77) seront, dès le premier jour, mis en place par transport automobile. Le reste de la division doit faire, à pied, trois étapes normales; il est réparti en deux échelons, avant-garde et gros, sur trois itinéraires.
Le 10 mai, la 18ème Division se trouve dans la région d'Aubenton. L'alerte est donnée à 7 heures du matin; suivant l'horaire établi dans le plan, les avant-gardes partent à 15h30, les bataillons de couverture, transportés en auto, à 16h30. En fin de journée le I/66 est déployé sur la partie nord du secteur de la région de Houx jusqu'à Bouvignes; le bataillon du 77ème tient la partie sud jusqu'à Hastière.

Le 2ème bataillon du 39ème RI (5° DI) est mis à la disposition de la 18ème Division au cours de la journée du 11; il est donné au Lieutenant-Colonel commandant le 66ème RI, pour tenir le nord du secteur, en liaison avec la 5° DI, ce qui permettra de renforcer la défense dans la région de Dinant, en resserrant vers Bouvignes le I/66.

Le 11 mai, vers 8h00, le Général DUFFET passe, sur le front de Meuse, une inspection, dont il est peu satisfait. Des embarcations et des traverses, ainsi que de grandes pinasses, se trouvent sur la rive opposée; on les en fait retirer. A Hastière, le bataillon de la 22ème Division, qui doit assurer la garde du village jusqu'à l'arrivée de la 18ème DI, et qui vient de Givet, n'est pas encore en place.
Au début de l'après-midi, le Général CORAP et le Général MARTIN commandant le 11ème Corps d'Armée viennent au poste de commandement de la division. Derrière les deux bataillons en place, s'acheminent trois bataillons d'avant-garde et quatre bataillons du gros. ils ont quatre-vingt-cinq kilomètres à faire. Décision est prise de hâter le mouvement, en transportant par autos deux bataillons de l'avant-garde. Les avions ennemis, survolent la zone, avec audace, et en grand nombre. Le 2ème bataillon du 66ème RI et du 77ème RI établissent leur PC à la ferme de grange (3km au sud d'Anhée) et à la ferme Chestruvin (3km ouest de Bouvignes).

Le 12 mai, dans la matinée, le Général DUFFET, prend liaison avec le Général d'Arras, commandant la 1ère DLC à Celles. Il y apprend que la cavalerie se replie déjà et trouve, au retour, à son PC de Falaen, le Général MARTIN.
Dans l'après-midi, le 2ème bataillon du 39ème RI, mis à la disposition du 66ème RI, rend compte qu'il est en place dans le secteur qui lui a été assigné, qu'il a relevé le I/66, sauf quelques éléments, vers l'Ile Houx, qui ne seront relevé eux-même que dans la nuit du 12 au 13. Les bataillons d'avant-garde qui ont été poussés en auto arrivent. Celui du 66ème RI (II/66) est placé en réserve de la 18ème DI au château de Montaigle. Il détache une compagnie à la disposition du II/39 pour renforcement vers l'Ile de Houx. Puis, la 1ère DLC se replis; le pont de Dinant saute à 16h29; celui de Bouvignes, à 16h40; celui d'Anseremme, à 16h30; le pont d'Hastière saute le dernier à 21h00.
Le Général d'Arras demande que ses troupes, fatiguées par leur action des 11 et 12, puissent se regrouper. Néanmoins, il est prudent, puisque l'ennemi approche, de combler les vides, là où les derniers éléments attendus ne sont pas encore en place (tel est le cas du sous-secteur du 77ème RI, où le 3ème bataillon n'est pas encore arrivé, et du sous-secteur du 125ème RI, où ne fait qu'apparaitre le bataillon d'avant-garde). Il est donc convenu que le 19ème Dragons tiendra la région d'Hastière avec une compagnie du I/125 et que le 5ème Dragons Portés renforcera la défense de la partie sud du sous-secteur du 77ème RI. Le reste de la division de cavalerie est replié dans la région de Weillen.
En résumé, le soir du 12 mai, les troupe de la 18ème DI sont réparties ainsi :
Au nord, dans la région de Grange, le bataillon II/39 en liaison avec la 5ème DIM. Dans la région Bouvignes - Sommière - Hontoir - Montaigle, deux bataillon du 66ème RI, dont deux compagnies en réserve de division, sont vers Montaigle. Dans la région de Dinant, deux bataillons du 77ème RI que sont venus prolonger vers Anseremme des éléments du 5ème Dragons Portés. Un bataillon du 125ème se met en place dans la région de Freyr (sur la Meuse, 3 km en amont d'Anseremme), ayant détaché au sud, vers Hastière, une compagnie que sont venus renforcer des éléments du 19ème Dragons. En réserve de division, les deux compagnies de Montaigle, et à Weillen, le 1er Chasseurs et les auto-mitrailleuses.
Comme artillerie, le 308ème RA (régiment de 75 porté de renforcement) est en position; la mise en place de deux groupes de la 1ère DLC est en cours. De l'artillerie de la 18ème DI, seules, les batteries de 75 de l'avant-garde arrivent à pied d'oeuvre.
De ce dispositif, à quelques heures de l'attaque, on peut dire que son installation, hâtivement faite, n'a pas permis de coordonner parfaitement le détail des plans de feu, ni de vérifier si chacun a complète connaissance de sa mission et de son terrain d'action.

La bataille sur la Meuse :


Elle s'ouvre par un prologue brutal : dans la deuxième partie de la nuit du 12 au 13 mai, l'ennemi franchit la Meuse à l'Ile de Houx, utilisant le terrain de l'île, s'aidant de l'écluse n° 5, des éléments gagnent la rive gauche et presque sans coup férir s'infiltrent dans les bois au nord de Grange.

A la 18ème DI, l'évènement a été appris notamment par un compte rendu du Lieutenant-Colonel commandant le 66ème RI. On y sait que l'ennemi occupe les lisières, ouest du bois de Surinvaux (est de Haut-le-Wastia). La gauche du 66ème RI s'est repliée. Le II/66 tient les lisières est du bois de Foy en liaison avec le GRDI 30. L'action de l'aviation ennemie, qui bombarde et mitraille, est intense. Pas un avion allié dans le ciel.
pour les éléments sud de la division, les liaisons entre le PC de la division et les régiments sont pénible; les fils sont coupés. Elles ont cessé avec le 77ème RI, n'ont pu être établies avec le 125ème RI. La radio ne fonctionne pas. On n'a plus de motocyclettes.
En fin de matinée, le 66ème RI tient les lisières est du bois de Foy, la ferme Hontoir. Sommière est tenu, par intermittence, par les auto-mitrailleuses de combat du 1er RAM. La ligne du 77ème RI, en angle droit avec celle du 66ème RI, passe au nord de la ferme de Chestruvin pour suivre les hauteurs dominant la Meuse. Le PC du régiment ne cesse d'être pris à parti par l'aviation ennemie. Le 125ème RI est toujours dans les bois de Freyr. Hastière est tenu par quelques éléments de ce régiment, et des éléments du 19ème Dragons. La liaison est mal établie avec la 22ème DI.
Le 1er Régiment de Chasseurs a pris position dans le bois Fayat et à Weillen. Les 19ème et 219ème RA commencent à arriver sur les positions.
Le général commandant la 18ème DI tente de pousser en avant les bataillons du gros qui ont fait, dans la nuit du 12 au 13, une étape de trente kilomètre. Le bataillon III/66 est dirigé sur Marteau; le I/77, sur le bois de Loumont. Le II/125 est poussé sur Serville-Anthée; le III/125, sur Maurenne-Hastière. Le GRDI 94 reçoit comme axe de marche la direction de Gerin avec mission de barrer la route de Philippeville.
A ces mesures prises par la 18ème DI, agissant sur ses propres réserves, s'ajoutent celles qu'elle prend pour exécuter les ordres qui lui parviennent des échelons supérieurs et utiliser les moyen supplémentaires qui lui sont donnés.
C'est ainsi que le Général commandant la 18ème DI reçoit l'ordre de contre-attaquer; le 39ème RI (à deux bataillons) est mis à sa disposition. Le premier de ces bataillons se porte sur Sosoye.
Au début de l'après-midi, le Général commandant le 11ème CA se trouve au PC de la 18ème DI, où il a convoqué le Colonel commandant le 39ème RI. Ce dernier, en auto, a rencontré un groupe d'éclaireurs allemands, auquel il a échappé de justesse, au pont de la voie ferrée de Sosoye. Décision est prise de monter une contre-attaque pour prendre le bois de Surinvaux, et refouler à la Meuse les éléments ennemis qui se trouvent sur la rive ouest. La réussite de l'action assurerait, en outre, la position des deux bataillons du 66ème RI, qui commencent à donner des signes de lassitude. Appuyée par l'artillerie et par une compagnie de chars, l'attaque doit se déclencher à 19h30.
du reste de la division, on sait peu de chose : le 77ème RI paraît avoir reflué. Sur le 125ème RI, on ne sait rien.
A 18h30, le Colonel du 39ème RI communique par téléphone qu'il ne sera pas prêt à l'heure fixée. L'heure H est fixée à 20h00.
A 19h45, il rend compte à nouveau que l'attaque ne pourra avoir lieu à 20h00. il s'ensuit que, seule, à 20h00 la compagnie de chars se porte dans le bois de Grange; les chars balaient ce qu'ils trouvent devant eux, et ramènent huit prisonniers dans la nuit qui tombe.

Dans la nuit du 13 au 14, le bataillon du 39ème RI dont on n'avait pu faire aboutir l'intervention dans la soirée du 13, marche sur le bois de Surinvaux et l'occupe. Il s'y trouve en situation difficile. Aux premières heures du jour, une contre-attaque allemande, appuyée par des chars et poussant devant elle deux centaines de prisonniers bras levés, capture ce bataillon.
De mauvaises nouvelles parviennent coup sur coup à la division : Onhaye est tombé aux mains de l'ennemi; la situation est confuse vers Weillen, dans les bois de Maurenne. Partout on signale des engins blindés en grand nombre. Le 77ème et le 125ème RI écartelés se replient par morceaux, fantassins mêlés aux cavaliers et aux artilleurs. toute la ligne reflue et tente, sans grand succès, de s'accrocher à l'échelon de résistance Sosye-Anthée. L'aviation allemande s'acharne sur le secteur, accablant colonnes, convois, emplacements d'artillerie. Les liaisons sont rompues, les ordres ne peuvent être transmis, le commandement devient impossible. de toute parts, la situation s'aggrave. Le PC de la division se transporte à Flavion.
Sans cesse, la poussée allemande s'accentue, sous la forme d'attaques répétées d'engins blindés; nos propres chars contre-attaquent vainement. Après la chute d'Onhaye, on apprend celle de Weillen et d'Hastière. d'autre part, l'ennemi gagne dans les bois de Rosée. An nord, le 66ème RI tient encore, ses éléments ne se replient que vers 15h00. Au centre, aucun renseignement sur les débris du 77ème RI. Le Colonel commandant le régiment ne peut préciser la situation de ses éléments. Au sud, Gérin a été enlevé. L'ennemi a pris Anthée. plus en arrière, le Colonel commandant le 125ème RI essaie vers Morville de rassembler les restes de son régiment.
Le Général CORAP est entré en communication dans la matinée avec le commandant de la 18ème DI. Dans l'après-midi, le Général MARTIN est au PC de la division.
Vers 19h00, l'ennemi est signalé à huit cents mètre de Flavion. Le PC de la division se porte à Florennes.
A Florennes, dans la soirée, l'ordre parvient du 11ème CA de tenir la ligne Chaumont-Mettet.

Extraits de l'ouvrage du général Doumenc sur la IXème Armée
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
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