Le 149ème RIF et la bataille de Darmannes

Les Totalitarismes à l'assaut de l'Europe !

Le 149ème RIF et la bataille de Darmannes

Message par BRH » Jeudi 28 Février 2013 10:48:27

Lors du décrochage de la Ligne Maginot au soir du 13 juin 1940, le 149e R.I.F reçoit pour mission d'assurer la couverture d'une partie de la IIIe Armée du général Condé sur la gauche de celle-ci, dispositif appartenant à une ligne Chaumont-Void (9 km de Commercy).

Le Lieutenant-colonel Beaupuis doit embarquer dans la nuit du 13 au 14 à Mercy-le-Bas près de Longwy. Le groupement de transport d'Abzac arrive très en retard et avec peu de moyens. Aussi le chef de corps fait-il embarquer le 149 qui dans les chenillettes, qui dans les voiturettes et même à cheval. Les bataillons reçoivent les destinations suivantes:

I/149 Capitaine Viardet Andelot
II/149 Commandant Biers Bologne
III/149 Commandant Valentin Chaumont


Les retards pris au départ font que le déplacement s'effectue de jour, gêné par des bombardements aériens et l'afflux de réfugiés.

Ayant rejoint Chaumont, le Lieutenant-colonel Beaupuis reçoit du colonel Misserey du 42e C.A. l'ordre de tenir de Chaumont à Rimaucourt par Bologne et Andelot. Il disposera du 57e bataillon de Mitrailleurs Motorisés déjà sur place à Chantraines et Blancheville.

Le 14 à 23h30, deux blindés allemands se heurtent à une barricade devant Chaumont et s'en retournent pour revenir plus nombreux vers minuit. Les barricades sont débordées et enlevées. Chaumont est occupé avant que le 149 n'arrive. Le Chef de Corps rejoint ses adjoints à Darmannes.

Le 15 juin à 1 h, le 57e B.M.M. occupe Bologne et le 1e bataillon du 149 arrive enfin à Andelot qu'il investit. Les Allemands ayant "dépassé" le 149, les 2e et 3e bataillons sont débarqués à Saint-Blin (10 km est d'Andelot) et s'installent ainsi:

2e bataillon au nord de Chaumont
3e bataillon vers le sud-ouest face à Chaumont et vers le sud à la lisière des bois Perron.
Bologne, trop en flèche, est abandonné. les défenses sont reportées sur les hauteurs au sud-est.


Le 16 au matin, les Allemands attaquent Riaucourt et l'occupent; sa garnison s'est repliée sur les hauteurs à l'est. Vers midi, ils attaquent Rimaucourt et l'occupent mais il échouent sur Andelot dont la garnison a été renforcée d'une batterie de 75 coupée de sa division.

Dans l'après-midi, durant l'attaque d'Andelot, une voiture allemande fonce sur une barricade près de la gare du village. Elle est tirée au canon de 25 et au F.M. Un officier et le conducteur sont tués, un colonel allemand blessé est fait prisonnier. Il s'agit du colonel Arnold du Q.G. de maréchal List. Le fanion à croix gammée de sa voiture est pris.

Le lieutenant-colonel Beaupuis entreprend alors d'échanger le colonel allemand contre 2 capitaines français prisonniers. Tout cela se fait au P.C. de l'Armée. Ces tractations ayant pris du temps, le colonel demande à l'ennemi de le reconduire en avion dans sa zone. Ce qui lui est accordé ! Arrivé au P.C. du corps d'armée allemand, il est proposé au lieutenant-colonel Beaupuis de se rendre, avec les honneurs de la guerre. Afin de le convaincre, on lui montre, prêts pour le lendemain, les plans d'attaque du 149 par deux divisions allemandes. Le colonel français repousse ces propositions. Par les villages de Consigny et Mareilles, il regagne les positions de son 2e bataillon.

La journée du 18 juin 1940 est très dure. L'ennemi, appuyé par une forte artillerie, débouche dès l'aube. Il attaque Andelot en le débordant par l'est : de Bologne à Chantraines, il converge sur Darmannes, de Condes à Chaumont, il converge sur Treix. Vers 17 heures les restes du régiment sont capturés. Le Lieutenant-colonel Beaupuis qui avait quitté son P.C. de la ferme Fragneix, devenu point d'appui, pour Mareilles est conduit à Riaucourt où un général allemand le félicite pour la brillante conduite du 149. Le 20 juin, le lieutenant-colonel Beaupuis s'échappe d'un convoi de prisonniers. Après quelques étapes, dont Colombey-les-Deux-Eglises, il regagne Melun puis Paris où il se trouve le 25. On le retrouvera ensuite directeur de l'Ecole Supérieure d'Education Physique d'Antibes.

Cette bataille de Darmannes fait mentir les assertions selon lesquelles l'ennemi a envahi la France sans aucune résistance. Le 149, sous l'impulsion de son chef s'est défendu . Encerclé par la division du général Guderian, il n'en a pas moins lutté. 49 tués, dont le commandant Valentin du III/149 et 12 blessés mortellement sont le tribu que le Régiment a versé pour sauver l'honneur du pays. Ces hommes qui n'étaient pas préparés à cette mission ont su répondre même si tout s'effondrait autour d'eux. Leur mémoire est gravée sur le marbre du monument qui leur est dédié à Darmannes, au bord de la RN 74 de Neufchâteau à Chaumont .

http://amicale.149ri.free.fr/maginot.html








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Napoléon
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