Que s'est-il passé à Condé-Folie, le 5 juin 1940 ?

Les Totalitarismes à l'assaut de l'Europe !

Que s'est-il passé à Condé-Folie, le 5 juin 1940 ?

Message par BRH » Dimanche 22 Juillet 2012 22:53:14

Au préalable, ce qui s'est passsé à l'Etoile :

L'arrivée des blindés allemands à L'Etoile
(20 mai 1940)
Tout comme au début de la Première Guerre mondiale c’est la rivière Somme qui, en 1940, est le point de mire des troupes allemandes. Cette modeste rivière redevient une ligne critique pour la France, une nouvelle étape à franchir pour ses ennemis.

En bombardant Abbeville et Amiens, Hitler avait espéré avec succès y attirer le maximum de troupes françaises. Ainsi il put détacher plus facilement des éléments entre ces deux villes, à tous les ponts de la Somme, puis prendre nos troupes à revers, notamment sur Abbeville, et disposer ainsi d’un accès vers la mer.

Les allemands arrivent à L’Etoile le lundi 20 mai 1940 vers 17 h 30 en provenance logique du nord du village. Partant d’Albert la 2ème panzerdivision fonce sans résistance en direction de la mer par Doullens, Bernaville et Domart. Elle parvient à L’Etoile en traversant les champs par la Vallée Delattre, entre Flixecourt et L’Etoile.

Tout d’abord ce sont des motocyclistes et des automitrailleuses qui traversent le village dans tous les sens sous les regards étonnés des habitants, qui ne s’expliquent pas ces nombreux aller et retour. Des voitures sonorisées demandent aux habitants de ne pas s’effrayer. Mais en réalité – on l’apprendra plus tard – ce sont les allemands qui sont paniqués. En effet la Somme n’est plus franchissable par le pont routier entre L’Etoile et Condé. Ce pont a été dynamité par le Génie Français. Faute de mieux, les allemands sont donc à la recherche d’une route leur permettant d’accéder aux deux ponts ferroviaires situés entre L’Etoile et Hangest. L’un de ces ponts sert à la S.N.C.F. pour sa ligne régulière, et l’autre à Saint Frères qui l’utilise en ligne privée en provenance de son usine de Flixecourt, avec aiguillage de connexion pour les Moulins-Bleus.

Les allemands sont agacés par cette situation imprévue. Les premiers éléments arrivés à L’Etoile découvrent les lieux, descendent et remontent la rue des Moulins Bleus à plusieurs reprises, vont jusqu’à la Somme. Ils explorent aussi le chemin de halage en direction d’Hangest mais le pont sous lequel passe la Nièvre pour se jeter dans la Somme leur paraît trop faible pour y faire passer leurs engins. Les allemands s’énervent. Soudain ils font demi-tour et foncent sur Flixecourt puis la Breilloire. Là, ils constatent qu’un des deux ponts, celui de la S.N.C.F., a également été dynamité. C’est le Génie français qui, le matin même de ce 20 mai, avait détruit ce pont en espérant stopper ainsi l’avancée des troupes allemandes. Mais de manière totalement illogique dans une stratégie guerrière, le pont privé Saint-Frères avait été épargné. On ne connaîtra jamais les raisons pour lesquelles ce pont fut épargné... (Voir Les ponts où Rommel est passé).

En fin de journée à partir de 18 heures, et le lendemain matin, les premiers chars de la 7ème division de Panzers du Général Rommel font leur entrée à L’Etoile et s’installent dans la pâture Collet, en haut de la rue des Moulins Bleus dans l’attente des évènements. D’autres prennent position dans les marécages des Ergonnes et dans les pâtures de droite en direction du pont avec des engins prêts à intervenir. [note BRH pas le 20 mai, mais le 3 juin]

Ces photos proviennent d'un ouvrage allemand (qui n'a pas été retrouvé) traitant de la guerre en mai-juin 1940, dans le secteur allant d'Ailly sur Somme à Condé-Folie. Ces deux photos et la mention ("Artilleries lourde et légère en position contre des attaques éventuelles de blindés ennemis") sont identifiées comme concernant L'Etoile. D'après les anciens du village (M. Decaix, etc.), la batterie légère se trouvait dans les Ergonnes, derrière les habitations de la rue du Pont, pointée au nord vers la route de L'Etoile à Long, et la grosse batterie était installée sur cette route de Long, pointée sur L'Etoile, plus précisément sur le calvaire de Bouchon, point de passage obligé pour des blindés qui arriveraient du nord par la Vallée de Mouflers, la seule seconde possibilité hors route départementale après la Vallée Delattre.
La famille Lancel affirmait que c'est dès le soir de ce 20 mai que la Kommandantur avait occupé leur "chalet", la plus belle maison entourée d’espaces verts de la rue principale (aujourd’hui, 111 rue du 8 Mai) et que le portail en bois qui gênait l'entrée de leurs véhicules fut brûlé. Cette maison avait été désertée par Louisa Lancel-Bodereau quelques jours auparavant. Ce "Chalet Lancel" fut réquisitionné pendant toute la durée de l'occupation par les troupes allemandes.

Pour les habitants restés au pays le choc est psychique. La peur au ventre, les stelliens se cachent chez eux et n’osent plus sortir. Ils n’ont jamais vu de tels engins aussi énormes que déjà ils s’imaginent les dégâts qu’ils peuvent causer, d’autant plus qu’en face, de l’autre côté de la Somme, les troupes françaises sont là...

Les 2ème 3ème et 5ème Divisions Légères de Cavaleries Françaises comprenant chacune une brigade motorisée et une brigade à cheval équipée de blindés H39 et P178 excellents, ainsi que le 6ème bataillon du 44ème R.I.C.M .S., sont sous les ordres du commandant Mercury. Ils se trouvent côté sud de la Somme entre la Breilloire et Condé et font craindre le pire aux habitants de L’Etoile.

D'après une idée, un texte et une photocopie de Jacky Hérouart. Remerciements à mesdames Thérèse Debruyker et Yvette Sévaux, messieurs Rémy Decaix, Pierre Chevalier, Michel Desmarest, Eugène Dumetz, Marcel Bonnard, Gabriel Hérouart et à la famille Lancel, ainsi qu'à Régis Guéant.

Image



http://www.conde-folie.fr/L-Histoire-de-Conde-Folie

Les combats de Condé-Folie 4-5 et 6 Juin 1940


Le 5 Juin, la 7e division du Général Rommel passe par la Somme en utilisant les ponts des voies ferrées secondaires qui franchissent le canal et la route D218 pour rejoindre la ligne Paris Calais dont elle s’est assurée l’accès par les raids répétés au cours de la nuit du 4 au 5.
Le génie allemand a déboulonné les rails et dégarni les ponts permettant à Rommel d’engager ses chars sur le remblai et, par un plan incliné, leur faire gagner rapidement la route 218, puis Hangest.

La route de l’Etoile à Condé-Folie constituait un passage facile, ce qui explique l’importance du point d’appui de Condé-Folie, repris aux allemands le 28 Mai par des éléments du 3e RAM et du 2e RDP puis tenu ensuite par le 4e Hussards que le 2e Cie du 53e RICMS releva le 4 Juin.
Le 53e RICMS avait été formé en 1939 d’hommes originaires de la Provence, du Languedoc, du Roussillon et du Massif Central, puis completé en 1940 par un important détachement de Sénégalais. La défense de Condé-Folie est confiée à la 2e Cie du 1er Bataillon.
Elle est commandée par le capitaine MAGNIEN.

Défensive sans esprit de recul. Résistance même après l’encerclement


Le 5 Juin dès le début de la matinée, l’infanterie allemande attaque après une violente préparation d’artillerie. Vers midi, des chars ennemis sont aperçus à l’est du village. L’après midi, sous de violents bombardements, le village subit de gros dommages. Pendant plusieurs heures,les combats se déroulent de maison en maison. Les nombreux blessés sont soignés dans quelques caves non encore effondrées. Devant cette résistance acharnée, les allemands utilisent des lance-flammes, obligeant le capitaine MAGNIEN a quitter son PC. Il regroupe les survivants, déclare "la coloniale ne se rend pas" et donne l’ordre de faire une percée pour rejoindre les points d’appui situés au sud du village. Il sera tué quelques temps après.

A l’aube du 6 Juin, quelques coups de feu se faisaient encore entendre dans les ruines fumantes de Condé-Folie. Un dernier groupe qui résistait dans une cabine d’aiguillage fut anéanti par un lance-flammes. Le nom de Condé-Folie évoque, aujourd’hui, le souvenir de héros qui ont attiré, par leur conduite,l’admiration de tous.
Sachons tirer les leçons du magnifique exemple que nous ont donné le capitaine Magnien et ses hommes restés jusqu’au bout fidèles à la devise du 1er bataillon :"Fiers"

Près de 200 soldats périrent au cours de ces combats, pour la défense de Condé-Folie.
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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Re: Que s'est-il passé à Condé-Folie, le 5 juin 1940 ?

Message par BRH » Dimanche 22 Juillet 2012 22:55:18

Le blog d'Eric Bailly :

http://eric.bailly2.free.fr/spip.php?article59

Témoignages des événement sur Longpré les Corps Saints et Condé Folie du 18 mai au 6 juin 1940.

Samedi 18 mai : Longpré et Condé sont bombardé, le noeud ferroviaire est détruit.

Vendredi 24 mai : Le détachement du Lieutenant Rouzée occupe Longpré, Il est renforcé par un peloton de l’escadron Aertselaer, 2e Régiment de Dragons Portés (2e RDP) avec l’appui du groupe d’escadron de découverte du 3e Régiment d’automitrailleuse (3e RAM) sous les ordres du Capitaine Weygand, comprenant les voitures blindées Panhard 178. le détachement du Lieutenant Rouzée est soutenu également par des chars H35 du 7e Cuirassiers. Il chasse de Longpré des "sonnettes" Allemandes qui sont refoulées vers le pont de l’Étoile.

Samedi 25 mai : à Longpré, à 11 heures l’escadron De Beaumont, 3e Escadron du 2e Régiment de Dragons portés achève l’occupation de Longpré et refoule l’infanterie Allemande de la 2e Division d’Infanterie motorisée (2e DIM) vers Long. A Condé, vers 11 heures le Capitaine Van Aertselaer, du 2e RDP, organise le village de Condé pour empêcher toutes infiltration et arrêter même toute avance de chars. L’ennemi très actif pousse en avant de nombreuse patrouilles arrêtées aussitôt par les tirs de la 2ème RDP. Pendant 5 jours l’Escadron Van Aertselaer empêcheras toute infiltration. Le Lieutenant Rouzée du 3e RAM, avec un peloton de l’Escadron Van Aertselaer et un G.M occupe le plateau dominant les 2 ponts de chemins de fer.

Dimanche 26 mai : Longpré et Condé sont bombardé à plusieurs reprise par l’aviation Allemande. De Condé, des reconnaissance sont envoyé sur la Somme pour vérifier si le pont entre Condé Folie et l’Étoile et ceux du chemin de fer sont ou non détruits et s’il sont fortement occupés. Plusieurs reconnaissances de l’escadron Van Aertselaer essaient sans succès de s’avancer en direction de l’Étoile. La chaussée est rectiligne, bordé de marécages ; des postes ennemies bien à l’abri avec des armes automatiques empêchent toute infiltration, il est pourtant remarqué que le pont est praticable à des piétons puisque des patrouilles Allemandes essaient à leur tour de reconnaître Condé Folie.

Lundi 27 mai : bombardements intermittent sur Longpré et Condé par l’aviation Allemande. De nombreux mouvements de troupes sont remarqués au nord de la Somme et des concentrations ennemies à l’Étoile.

Mardi 28 mai : à Longpré, tirs de 75 et de mortiers de 81 sur le nord de la Somme par le 2e RDP. A Condé, 2 pelotons de l’escadron Beaumont, du 2e RDP sont dirigés devant les 2 branches du chemin de fer.

Mercredi 29 mai : Tirs de Longpré avec des mortiers de 81 sur le nord de la Somme.

Jeudi 30 mai : vers midi arrivent à Longpré les premiers éléments du 4e Hussard qui dans la nuit du 30 au 31 vont relever le bataillon du 2e RDP qui occupent les points d’appui. Idem pour Condé.

Vendredi 31 : mai : avant le jour, le groupement De Beaumont a décroché de Longpré pour se regrouper dans la région de Warlus, le reste du 4e Hussard arrive à Longpré vers 15 heures, à 17 heures la relève définitive est achevée.

Samedi 1 juin : les cavaliers du 4e Hussards ont 2 canons de 25 et tirent de Longpré sur le nord de la Somme.

Mardi 4 juin : arrivée à Longpré de la 1ère compagnie du 1er bataillon du 53e Régiment d’Infanterie Coloniale Mixte Sénégalais (53e RICMS) pour relever les cavaliers du 4e Hussards, elle bénéficie de l’organisation de défense créée par le 4e Hussards. Arrivée également à Condé du 53e RICMS qui relève le s cavaliers du 4e Hussards.

Mercredi 5 juin : sur Longpré, tenu par la 1ère compagnie du 53e RICMS sous les ordres du Lieutenant Pignon, les bombardements d’artillerie ont débuté dés 4 heures du matin pour s’intensifier à 9 heures. Arrêt puis reprise l’après-midi. Le 53e RICMS stoppe la progression d’une colonne ennemie qui cherche à s’infiltrer dans l’intervalle situé entre Condé Folie et Longpré. Longpré brûle et l’incendie ne s’éteindra plus. En début d’après-midi Le Catelet est évacué, Fontaine est pris par l’ennemie, le flanc gauche de Longpré est découvert. Au crépuscule, les Allemands de la 5e Panzer, venant de l’ouest attaquant avec des blindés : les engins de tête sautent sur les mines, l’infanterie d’accompagnement est stoppée. C’est l’échec pour l’ennemie. La nuit est calme, tandis que Longpré continue à brûler. A Condé Folie, l’organisation défensive du 53e RICMS comportait trois points d’appui : P.A du Lieutenant Franot au centre du village, barrant le carrefour de la route de l’Étoile, P.A du Lieutenant Médard à la lisière nord du village, P.A du Lieutenant Hinzelin dans le Haut-Condé au sud du passage à niveau. dans chaque P.A, se trouvait une section de voltigeurs. Le mortier de 81 (S/Lt Combal) et le canon de 25 (Lt Casanova) étaient inclus dans le P.A du carrefour central. Condé Folie et Longpré les Corps Saint sont des agglomérations importantes situés sur la route de Paris, Beauvais et Aumale, bordées par des marais au nord, donc difficile à attaquer, mais aussi difficile à défendre à cause des cheminements nombreux, rues et talus du chemin de fer qui favorisaient les infiltrations ennemies. Pendant la matinée, les bombardement d’artillerie ont alterné avec des tentatives de l’infanterie Allemande qui avait du mordant. Le groupe Audoyer fit feu de toutes ses armes, mitrailleuses, mousquetons, grenades. Un tir de 75 demandé par fusée fut obtenu, il produisit un gros réconfort moral. Vers midi, des chars furent aperçu au loin, en direction d’Hangest sur Somme. Le mortier de 81 exécuta un tir de thalweg qui aboutit à la voie ferré, à 1.500 mètres environ à l’est de Condé. Des Allemand armés de mitrailleuses se portèrent vers la section Franot. Ils furent repoussés par le mortier de 60, puis après un tir de 155 Français, l’artillerie Allemande bombarda de nouveau le village qui commença à subir de gros dégâts. Les tirailleurs résistèrent dans les maisons transformées en fortins mais, rapidement les pertes devinrent lourdes. Dans le Haut-Condé, le lieutenant Hinzelin avait été tué, et près du PC du Capitaine l’adjudant Liégard et un Adjudant Sénégalais étaient au nombre des morts. Dans quelques caves pas encore effondrées, beaucoup de blessés étaient soignés. Le sergent Difibril assurait les liaisons avec un remarquable sang-froid. Des combats acharnés furent livrés jusqu’au soir. Ce n’est que devant l’incendie propagé par les lance-flammes que le capitaine Magnien a quitté son PC attaqué à coup de grenades incendiaires. Il va rejoindre avec un mousqueton à la main le lieutenant Cros qui assurait la défense de la lisière sud. Il était accompagné de quelques survivants et du lieutenant Franot, nous allons tous griller avait dit le capitaine, puis examinant la situation, il avait déclaré "La coloniale ne se rend pas" et il avait donné l’ordre de forcer les lignes Allemandes pour s’en aller en direction des points d’appui situés au sud de Condé Folie. Le lieutenant Cros passa le long d’un champ d’avoine avec sa section qui emportait deux mitrailleuses et les munitions restantes. Ils furent rapidement arreté par un barrage de mines qui les décima. Le sergent Audoyer fut tué, lui-même fut blessé. Le capitaine Magnien était parti de son côté avec quelques voltigeurs, il avait à peine fait une centaine de mètre qu’il tomba frappé à mort par une balle, à côté le lieutenant Franot, blessé à l’épaule.

Jeudi 6 juin : à Longpré, à l’aube un nouvel assaut est mené de tous côté et appuyé par des tirs de mortiers à obus incendiaires. On se bat maison par maison, au milieu des effondrements et des incendies. A 11 heures, 2 sections isolées du reste de la compagnie luttent toujours. Le commandement de la 1e compagnie, le lieutenant Pignon abandonne son PC qui brûle et réorganise sa défense dans un verger. A 19 heures, 2 percées sont tentées, elles échoueront et les derniers survivants sont capturés. A Condé, à l’aube on entendait encore quelques coups de feu dans les ruines fumantes. Un groupe qui résistait dans une cabine d’aiguillage fut anéantie.

Après ces durs combats et bombardements, 90% du village de Longpré les Corps Saint fut détruit, Le village se vit attribuer la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil. Aujourd’hui un monument s’élève au milieu du village, il est dédié à la mémoire des valeureux soldats du 53e RICMS qui ont combattu pour défendre la Patrie. L’épitaphe en est ainsi rédigé :


Épitaphe du souvenir

5 et 6 juin 1940



Ils sont morts pour que les hommes s’aiment
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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Re: Que s'est-il passé à Condé-Folie, le 5 juin 1940 ?

Message par BRH » Lundi 23 Juillet 2012 10:59:26

D'après les photos, pour le pont routier (venant après le pont métallique et qui enjambait une route) seul son tablier était en métal. Pour le tir des 155, un observateur d'artillerie idéalement placé devait pouvoir amener le tir sur cible jusqu'à faire mouche. Après un temps plus ou moins long de réglage préalable. Il est vrai que dans ces conditions, la batterie pouvait être repérée et contrebattue...

Sur les difficultés à approcher les ponts les jours précédants :

http://www.chars-francais.net/new/index ... mitstart=5

"

Le 25 Mai, le Colonel de Villers est prévenu que le 2e R.D.P. se porte à sa droite. Etant ainsi couvert sur sa droite, le Colonel décide de se porter sur la Somme et donne l'ordre d'atteindre les passages de la Somme à Longpré-les-Corps-Saints et Condé-Folie.

A 9 heures, le groupe Weygand, parti de la route Airaines-Soues, ayant comme objectif le pont de l'Étoile, atteint les bois à l'Est de Bettencourt-Rivière. Les Dragons progressent entraînés par le Capitaine Weygand.

A 11 heures, l'Escadron de Beaumont occupe Longpré-les-Corps-Saints et prend contact avec des éléments du 3e R.D.P., de la Division Berniquet.

Le Capitaine Van Aertselaer organise d'une façon remarquable le village de Condé-Folie pour empêcher toute infiltration et arrêter même toute avance de chars. L'ennemi, très actif de son côté, pousse en avant de très nombreuses patrouilles, arrêtées aussitôt par nos tirs.

Pendant cinq jours, l'Escadron Van Aertselaer empêchera toute infiltration.

A sa droite, le Lt Rouzée du 3e R.A.M., avec un peloton de l'Escadron Van Aertselaer et un G.M., occupe le plateau dominant les deux ponts du chemin de fer. L'ensemble est sous les ordres du Commandant Henriet, dont le P.C. est dans le Bois-Carré (Est de Bettencourt-Rivière).

Le groupe de 75, bien renseigné par les Dragons qui ont un bon poste d'observation, tire sans interruption sur toutes les routes qui, du Nord, se dirigent vers l'Étoile et sont utilisées par l'ennemi pour amener des renforts.

Toute la soirée, tir d'artillerie ennemie sur les nouvelles positions occupées.

Le 26 Mai, grande activité de l'aviation ennemie. Des mouvements de troupes ennemies sont signalés dans la soirée du 25 et le 26 au matin au nord de la Somme.

Longpré et Le Quesnoy sont bombardés.

Le Colonel de Villers prescrit : " Des reconnaissances seront envoyées sur la Somme pour vérifier si les ponts de Le Catelet, Condé-sur-Folie et ceux du chemin de fer sont ou non détruits et s'ils sont fortement occupés. »

Le groupe de 75 est poussé au Nord de Le Quesnoy pour être en mesure d'appuyer des reconnaissances et de prendre sous son feu les voies d'accès vers la Somme.

A gauche : A Le Catelet, une première patrouille de l'Escadron Beaumont (2e D.P.) s'engage sur la chaussée conduisant à la Somme. Elle est arrêtée par des tirs de mitrailleuses. Une deuxième patrouille dirigée par le M.d.L. Maillet avec le Brigadier Riantec et le dragon Le Goff, est envoyée ; l'ennemi la laisse avancer et ouvre le feu. Un homme est tué les autres doivent se jeter à l'eau et rentrer par les marécages. Il est impossible d'approcher des postes ennemis fortement installés et dont les tirs sont bien réglés. A plusieurs reprises, le village de Longpré est violemment bombardé.

Au centre : De l'Escadron Van Aertselaer, plusieurs reconnaissances essaient, sans succès, de s'avancer en direction de l'Étoile. La chaussée est rectiligne, bordée de marécages ; des postes ennemis, bien à l'abri, avec des armes automatiques, empêchent toute infiltration. Il est pourtant remarqué que le pont est praticable à des piétons, puisque des patrouilles ennemies essaient, à leur tour, de reconnaître Condé-Folie.

A droite : L'ennemi est solidement installé au Sud de la Somme sur les deux branches de la voie ferrée. Il prend sous son canon et sous ses armes automatiques les abords Sud de ce pont. Le Lt Rouzée du 3e R.A.M. renforcé par un peloton de l'Escadron Van Aertselaer, ne peut s'approcher du pont ni le reconnaître et s'établit sur les pentes Nord du plateau sans avoir de bonnes vues ; le pont ne semble pas détruit.

Dans la soirée, des mouvements sont signalés sur le pont. Une concentration de feux est immédiatement déclenchée au Sud du pont par les mortiers du 2e D.P. et les armes automatiques, au Nord du pont par le groupe de 75.

Le 27 Mai, situation inchangée. Bombardements ennemis intermittents sur Longé notamment et sur Condé-Folie et les positions d'Artillerie.

De nombreux mouvements de troupe sont remarqués au Nord de la Somme, de l'Ouest vers l'Est. Concentrations de troupes à l'Étoile et à Flixécourt.

Tirs de harcèlements ininterrompus de notre groupe de 75 sur l'Étoile et Flixécourt et des mortiers de 81 du 2e D.P. sur la sortie Sud des ponts de chemin de fer.

Dans la matinée, visite du Général Petiet au P.C. du Commandant Henriet.

Le soir, vers 20 heures, le Chef d'Escadrons de La Hamelinaye, du 4e Hussards arrive avec l'E.M. de son groupe d'Escadrons au P.C. du Bataillon pour préparer la relève du ler Bataillon par son unité. Le Bataillon doit laisser sur place le réseau téléphonique installé par ses soins, les mines, les artifices et les cartes du secteur.

Le 28 Mai, l'Escadron Beaumont est relevé à Le Catelet par une unité de la Division Berniquet.

Le Commandant Henriet prend à son compte toute la défense de la Somme, de Longpré (inclus, non compris le pont du Catelet) aux ponts de chemin de fer de Condé. Il porte deux pelotons de l'Escadron Beaumont devant les deux branches du chemin de fer à sa droite, qui est le point difficile de son secteur.

Toute la journée, patrouilles le long du front, tentatives pour atteindre la Somme et tirs systématiques du 75 et des mortiers sur les voies d'accès au Nord de la Somme et sur les ponts du chemin de fer.

L'Escadron Weygand passe en réserve de Division.

Le 29 Mai, situation inchangée. Mêmes tirs incessants sur Flixécourt et le pont de chemin de fer où des mouvements sont constamment remarqués.

Le 30 Mai, vers midi, les premiers éléments du 4e Hussards arrivent et, dans la nuit du 30 au 31, ils relèvent les éléments du Bataillon qui occupe les points d'appui de Longpré, le Catelet et Condé-Folie.

Le 31 Mai, avant le jour, les groupements de Beaumont et Van Aertselaer décrochent et se regroupent dans la région Warlus-l'Arbre-à-Mouches.

Le reste du 4e Hussards arrive vers 15 heures et la relève a lieu vers 17 heures."
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Re: Que s'est-il passé à Condé-Folie, le 5 juin 1940 ?

Message par BRH » Lundi 07 Septembre 2015 13:53:34

Image

La carte donnée par Thierry Moné ne doit pas faire illusion. Entre Condé-Folie et Hangest, c'était la 6ème cie du 2ème Bion du 44ème RICMS, qui était chargée de la défense. Commandée par le capitaine Husson, elle comprenait les sections Goudouneix (Serge) et Sciacaluga (vers l'Ouest, au bois des Sept), renforcées par le groupe de mitrailleuses du sergent-chef Jeandroz et les sections Salotti et Philippe à l'Est.

L'installation au cours de la nuit fut pénible, sous le feu pour ainsi dire des fusiliers de la 7ème Panzer qui avaient pris pied sur les pentes du plateau. Néanmoins, malgré le bombardement des positions par minen et l'arrosage des lisières par les mitrailleuses allemandes, les sections tinrent leurs postions jusqu'à 10 h 30 environ, moment de l'apparition des premiers engins blindés. Les sections de gauche furent enveloppées et submergées (une partie seulement de la section Sciacaluga put se retirer). Les autres, à l'est, tinrent toute la journée, en vue d'Hangest. Les panzer prirent la direction du bois des Communes.

Le lieutenant Philippe parle d'un barrage d'artillerie, large de 2 km qu'il mit 3 heures à franchir (il avait été blessé et était transporté en arrière par 4 indigènes). Il n'est pas précisé si ce barrage était celui de notre artillerie ou celui des Allemands.

Grosso-modo, la 6ème Cie avait à tenir un front de 4 km, là où il aurait fallu un bataillon, au minimum. Pas de canon antichar. Pas de mortiers mentionnés.

Le 1er groupe du 72ème RA se tenait aux abords de Bazimcamp, sans-doute en lisière du bois des Communes. A priori, c'est le groupe de 75. L'autre groupe, de 105, se tenait au sud du Mesge.
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