Vimy, la percée inachevée...

1ère guerre mondiale et ses conséquences, jusqu'à la Grande Crise.

Vimy, la percée inachevée...

Message par Baron Percy » Samedi 27 Janvier 2007 16:47:10

M'inscrivant bien involontairement dans la lignée de ce topic,

viewtopic.php?t=7

je viens de passer commande de l'ouvrage de Pierre Miquel "La butte sanglante" qui narre un épisode tragique de la bataille de Vimy en 1915 au cours de laquelle Pétain avait lancé une vaste offensive contre les lignes allemandes.
A force d'acharnement et au prix de pertes considérables, une division, la Marocaine, parvient à gravir la bien nommée Butte Rouge.
Encerclés par l'ennemi, abandonnés par leur commandement, les rescapés devront s'extraire de ce piège sans aucun secours extérieur.
Comme il se doit, je vous fournirai mes impressions après lecture. :wink:
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Message par Baron Percy » Jeudi 01 Février 2007 22:57:45

L'ouvrage vient de me parvenir.
Je vais d'abord terminer celui que j'ai sur le feu avant de m'y attaquer.
Mes réactions suivront lecture faite. :wink:
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Message par BRH » Jeudi 01 Février 2007 23:43:58

La percée de Vimy est un des épisodes les plus fameux de la guerre de 14/18.

Cette percée mythique si longtemps rêvée a bien été réalisée, en mai 1915. Par le 33ème corps de Pétain auquel appartenait la fameuse division marocaine !

Celle-ci a réalisé tous ses objectifs et bien au-delà. A tel point que l'on ne croira pas les rapports et que Foch tardera à envoyer les renforts qui mettront trop de temps à monter en ligne.

Pétain ne le pardonnera jamais à Foch. Car les Allemands, paniqués sur l'instant, vont réagir et rameuter eux des troupes fraîches rapidement. Ils vont contre-attaquer des Marocains exténués et presque sans munitions. Une grande partie du terrain conquis sera perdu. Le mur -un instant ouvert- se refermera rapidement.

Après-guerre, on parlera de cette polémique entre Foch et Pétain. Mais les deux protagonistes ne feront rien pour l'alimenter, bien au contraire.

J'attends vos compte-rendus et je vais acheter l'ouvrage, certainement. :wink:
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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Message par Baron Percy » Vendredi 02 Février 2007 00:15:50

Merci pour ces intéressants compléments d'information.
Ils ne font que renforcer mon intérêt pour le récit de Miquel.
Le livre est disponible chez France Loisirs au prix de 15,90 euros. :wink:
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Message par BRH » Vendredi 02 Février 2007 00:39:57

Voici comment l'Illustration résumait l'affaire:

"C’est rue par rue, maison par maison, que durent être enlevés les villages de Targette, Carency, Ablain-Saint-Nazaire, Neuville, Notre-Dame-de-Lorette, Souchez. Aux creux des pentes des hauteurs couvrant la plaine de Douai à Lens, ils formaient autant de forteresses distinctes où chaque habitation constituait un bastion relié aux maisons voisines par des passages souterrains de cave à cave. Notre offensive du 9 mai, avait pour objectif la libération des villes du Nord. Foch, qui dirigeait l’opération, avait réunit une masse manœuvre de dixdivisions et une artillerie puissante. En une heure et demie, le matin du 9, le 33è corps, que commandait Pétain, avait franchi 4 kilomètres et atteint les hauteurs de Vimy. La percée était faite et Lens à notre portée. Mais nos renforts tardèrent, tandis que les renforts ennemis intervinrent.

Par suite de l’erreur d’un commandant d’armée, la percée de Pétain, au plateau de Vimy, n’a pu être exploitée. Notre poussée foudroyante sur Lens et Douai, un moment redoutée de l’ennemi, n’a pu être entreprise. Mais, à la mi-juin, quand notre offensive aura pris fin, les Allemands auront usés devant nous, 16 divisions d’un effectif de 300 000 hommes et laissés entre nos mains, 8 000 prisonniers, des armes et de 30 à 40 kilomètres carrés de terrain."
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

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Message par BRH » Vendredi 02 Février 2007 09:50:59

Voici la version d'un historien des années 20 (La grande guerre vécue, racontée, illustrée par les Combattants, en 2 tomes Aristide Quillet, 1922), reprise par un site:

http://www.chtimiste.com/batailles1418/1915artois1.htm

Le 9 mai, l'attaque générale va se dérouler dans les conditions suivantes

L'action principale est menée par les 21e, 33e, 20e, 17e et 10e Corps, sur un front d'environ 19 kilomètres, en prenant pour objectif la ligne générale cote 140, La Folie, Thélus, Bailleul, Point du Jour, et appuyée à gauche par une attaque de flanc du 9e Corps d'Armée et de la 58e division, dans la direction générale de Loos, cote 70, Annay.

De son côté, la 1e Armée anglaise attaquera au nord-ouest de La Bassée, en liaison avec le 9e Corps.

Le 9 au matin, les troupes d'attaque se trouvent en place à 4h30. Le jour s'est levé radieux; déjà, la veille, le soleil et le vent ont asséché la boue qui rendait la circulation difficile dans les boyaux.

A 6 heures, la préparation d'artillerie commence et acquiert toute son intensité. Les tirs paraissent parfaitement réglés; les coups tombent en plein sur les ouvrages allemands, dont les défenses accessoires sont bouleversées.

A 10 heures, l'artillerie allonge son tir, l'attaque d'infanterie se déclenche.

La journée du 9 mai

Elle est marquée par des résultats très inégaux sur l'ensemble du front; en certains points, nos troupes remportent un succès très brillant, inespéré même.

Tandis que le 21e Corps progresse au nord vers Notre-Dame de Lorette et vers Souchez, le 33e Corps avance de quatre kilomètres en moins de deux heures, et atteint la crête entre Souchez et la cote 140.

A sa droite, le 2e Corps enlève La Targette, et conquiert une partie de Neuville Saint-Vaast.

Mais, plus au sud, les 15e et 17e Corps, arrêtés presque au début par des mitrailleuses restées intactes, n'obtiennent que des résultats insignifiants.

Le 33e Corps, ayant joué le premier rôle dans cette journée du 9 mai, nous retracerons ses opérations avec quelques détails. Des trois divisions qui le composent, la division marocaine et la 77e division d'infanterie opèrent en plaine, la 70e se déploie en face de Carency et d'Ablain Saint Nazaire.

L'ennemi a transformé en véritables forteresses ces deux localités, assises au fond d'un couloir dominé au sud par la croupe 124, au nord par l'éperon de Notre Dame de Lorette.

L'ordre d'attaque réglait ainsi les missions des éléments du Corps d'Armée

---- La division marocaine, moins deux régiments réservés à la disposition du commandant du C. A., attaquera en direction des hauteurs 140, qu'elle occupera solidement face au nord-est;

----La 77e D. I., attaquera en direction générale Bois du Cabaret-Rouge , Givenchy; elle laissera des garnisons au Cabaret-Rouge, face à Souchez, et sur la hauteur 119, face au bois de Givenchy ;

---- La 70e D. I., maintenant l'inviolabilité de son front entre Ablain Saint Nazaire et Carency, attaquera ce dernier point par le sud; Carency enlevé, elle prendra l'offensive en direction de Souchez, en liant son mouvement à ceux du 21e C. A., et de la 77e D. I.

Traversant d'un seul élan toutes les lignes de tranchées ennemies, l'attaque de la division marocaine, menée par le 1e régiment étranger et le 7e tirailleurs, se précipite vers la hauteur 140, que les premiers éléments atteignent vers 11 heures, et l'ennemi ayant complètement disparu du front d'attaque, des groupes pénètrent dans Givenchy, d'autres poussent jusqu'à la lisière du Petit Vimy.

Mais l'extraordinaire rapidité de cette avance, a absorbé les réserves tactiques.

Dès 10 h45, le commandant de la division fait appel aux éléments de la réserve du Corps d'Armée (8e zouaves et 4e tirailleurs); mais ces deux régiments sont restés à leurs emplacements initiaux, Mont-Saint-Eloi et Acq, à une distance de huit kilomètres des objectifs ennemis atteints avec une rapidité imprévue.

9 mai 11h30, le général commandant le Corps d'Armée met le 8e zouaves à la disposition de la division marocaine : deux groupes reçoivent en même temps, l'ordre de se porter vers les Ouvrages Blancs; mais les bataillons de zouaves ne peuvent s'engager que successivement à partir de 15 heures.

Entre temps, l'ennemi s'est ressaisi, et a amené aux abords de La Folie d'une part, et vers Souchez d'autre part, des mitrailleuses et de l'artillerie qui prennent d'enfilade, sous un feu violent, notre ligne de combat.

Celle-ci a les plus grandes difficultés à se maintenir, d'autant plus que notre artillerie, dont les munitions vont être épuisées, ne peut l'appuyer qu'imparfaitement.

De 14 heures à 15h30, une série d'engagements très confus et compartimentés, amène un mouvement général de repli jusqu'au chemin creux qui va de la lisière sud-est de Souchez à Neuville Saint-Vaast.

Le 4e tirailleurs, dernière réserve du Corps d'Armée, ne s'engage, de son côté, que vers 18 heures ; mais, en fin d'après-midi, notre ligne de combat renforcée se maintient solidement.

Pendant que se déroulent ces événements, l'attaque de la 77e division d'infanterie, menée par une brigade alpine et un groupe de chasseurs, a franchi, sans arrêt, deux lignes de tranchées allemandes.

Le 97e régiment d'infanterie pénètre dans le cimetière de Souchez, avec quelques groupes, pendant que des éléments avancés du 159e atteignent Givenchy.

Dès 10 h10, le général de division, se rendant compte de la réussite complète de l'attaque, donne l'ordre d'avancer l'artillerie. A 11 heures, une première batterie (22e régiment d’artillerie). vient s'établir au grand trot à l'ouest du bois de Berthonval.

Mais les éléments du 159e régiment d'infanterie qui ont pénétré dans Givenchy, violemment contre-attaqués par des troupes fraîches, se replient su, les crêtes 119, 140, puis vers le Cabaret-Rouge, pendant que le 97e régiment d'infanterie, soumis lui aussi à un violent bombardement, se retire vers la route Souchez-Carency, qu'il occupe en se reliant à la 70e division.

Celle-ci, de son côté, n'est pas restée inactive. Elle parvient, en peu de temps, à pénétrer dans l'îlot sud de Carency à la suite d'un combat acharné, puis à s'emparer du cimetière : sa droite, enfin, pousse vers la grande route Carency Souchez : l'investissement du village de Carency se trouve ainsi amorcé par le sud et par l'est.

En résumé, dans cette première journée, le 33e Corps d'Armée a atteint d'un irrésistible élan les objectifs, même les plus éloignés, qui lui avaient été assignés : il a enlevé deux batteries ennemies, plusieurs dizaines de mitrailleuses et fait 1500 prisonniers, dont un colonel et de nombreux officiers.

La percée a été réelle un instant; mais les troupes d'attaque, épuisées et disloquées par une marche rapide, se trouvent hors d'état de poursuivre ; l'ennemi, de son côté, a eu le temps d'amener hâtivement des réserves : L’étau, un instant desserré, s'est refermé.

Cependant, à la droite du 33e Corps, une division du 20e menait sur La Targette une brillante attaque : à 11h15, la totalité de cet îlot tombe entre ses mains avec 350 prisonniers et plusieurs pièces de 77; elle continue sa marche sur Neuville Saint Vaast, importante localité puissamment fortifiée, d'où l'ennemi tirait sur les assaillants de chaque maison crénelée, de chaque cave organisée en tranchée couverte.

9 mai 15h00, nous attaquions l'église; et, à la suite d'un combat de rues très confus et d'une extrême violence, la moitié du village nous restait; mais, en fin d'après-midi, nous étions arrêtés devant le cimetière.

La droite du 20e Corps était tenue en échec par l'ouvrage du Labyrinthe (26e RI), car le 17e Corps, à sa droite, n'avait pas gagné de terrain.

En effet, sur le front abordé par les 17e et 10e Corps, l'ennemi avait multiplié les abris cavernes bétonnés, les blockhaus pour mitrailleuses et les réseaux de fils de fer dissimulés.

Ni les tirs de démolition de l'artillerie lourde, ni l'artillerie de campagne n'avaient pu détruire toutes les défenses accessoires. De plus, la parallèle de départ se trouvait à 200 mètres des tranchées ennemies, distance trop considérable : aussi l'attaque sortit à peine de nos lignes et fut promptement arrêtée.



Après la journée du 9 mai

Il ne pouvait plus être question de surprise, mais il importait de pousser vivement l'adversaire sur les points où il avait cédé. En conséquence, les 33e et 20e Corps furent renforcés par des unités réservées, de manière à pouvoir nourrir leur offensive.

Dans la nuit du 9 au 10, le commandant du 33e Corps d'Armée a rapproché de la ligne de combat toute son artillerie de campagne et les batteries lourdes

Mais, devant la division marocaine, des contre attaques ennemies se produisent toute la nuit; elles sont repoussées.

En outre, les Allemands travaillent activement à s'organiser. Vers 3 h. 30, zouaves et tirailleurs ayant ouvert un feu violent sur ces travailleurs, voient surgir 275 hommes conduits par 4 officiers, qui lèvent les bras et se rendent.

Toute la journée du ici se passe en canonnade violente et en fusillade. L'ennemi fait un usage intensif de ses mitrailleuses ; il en a placé vers la cote 140 ; d'autres prennent d'enfilade nos premières lignes.

Vers 16 heures, se déclenche l'attaque que faisait prévoir depuis le matin le violent bombardement ennemi ; mais l'assaillant est repoussé vigoureusement.

Cependant, sur le front de la 77e division, le duel d'artillerie (22e, 34e, 62e, 20e régiment d’artillerie) intense se poursuit toute la journée du 10.

Vers 11 heures, le général Barbot, commandant la division, est mortellement blessé à son poste de commandement; à 20 heures, une forte contre-attaque allemande, débouchant de Souchez, est arrêtée par les feux du 97e régiment d'infanterie.

D'autre part, au cours de cette journée du 10, la 7e division, poursuivant son succès, resserre plus étroitement l'investissement de Carency. Organisation puissamment fortifiée où l'ennemi a mis à profit la nature du terrain ondulé et boisé, Carency forme dans nos lignes, depuis le 27 décembre, un saillant menaçant qu'il faut réduire à tout prix

Une quadruple ligne de tranchées défend le village, dont chaque rue, chaque maison, sont fortifiées, avec des communications souterraines

de cave dans les vergers très nombreux toutes les variétés de l'artillerie allemande, depuis le 105 et le 210,

des lance-bombes de tous modèles et d'innombrables mitrailleuses sous casemates, assurent la sécurité d'une garnison qui comprend quatre bataillons d'élite et six compagnies de pionniers.

Un général de brigade commande ce point d'appui que l'ennemi considère comme imprenable, ainsi qu'il l'a avoué depuis.

Le soir du 10 mai, nos troupes, après un combat acharné, sont établies sur la route Carency Souchez.

Carency, étroitement serré sur ses faces ouest et sud, commence à être menacé vers l'est; ses défenseurs ne communiquent plus que souterrainement avec Ablain Saint-Nazaire et Souchez.

Le 11 mai

Le 33e Corps d'Armée, renforcé de la 18e division, reçoit l'ordre d'enlever les hauteurs 140 et 119.

Après une courte préparation de deux heures, effectuée par les artilleries lourde et de campagne, l'attaque se déclenche à 14 heures, mais les conditions dans lesquelles va se produire l'engagement sont peu favorables : entre la première ligne et les renforts, l'artillerie ennemie bat violemment le terrain; les communications téléphoniques sont coupées, de nombreux agents de liaison tués ou blessés. L'artillerie observe mal en raison des formes du terrain, et sa liaison avec l'infanterie n'est assurée que précairement.

Aussi, malgré leur bravoure magnifique, zouaves ou tirailleurs qui essayent de progresser sont cloués au sol.

Épuisée par trois jours de violents combats, la division marocaine a perdu son aptitude offensive ; il est nécessaire de la relever.

Pareillement, l'attaque de la 77 division ne parvient pas à déboucher; plusieurs tentatives échouent; les feux d'enfilade de mitrailleuses et d'artillerie lui causent de lourdes pertes.

Mais la 7e division, pendant ce temps, continue ses progrès devant Carency.

Les unités qui bordaient la route Carency-Souchez se portent droit au nord, atteignent en quelques heures le bois à l'est du village et, après un dur combat, s'y maintiennent contre tous les efforts de l'ennemi. Celui-ci, coupé de Souchez, ne peut plus communiquer qu'avec Ablain.

Mais, en définitive, l'offensive improvisée du 33e Corps, le 11 mai, n'a pas réussi : ses positions ont été maintenues, mais nos troupes n'ont pu progresser.
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Message par Baron Percy » Samedi 03 Février 2007 00:21:52

Voilà qui permet de cadrer parfaitement les événements que Miquel a choisi de narrer dans son ouvrage.
Je ne manquerai pas de vous faire part de son éclairage personnel et des éventuels révélations sourcées dont il fait état. :wink:
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Test pour BRH et salutations à un compatriote Baron P.

Message par Paul Ryckier » Samedi 03 Février 2007 19:05:35

Test pour BRH et salutations à un compatriote Baron P.

BRH j'ai une autre E-mail adresse et j'essaie avec celle-ci sur votre site.

Baron salutations de près de Bruges et excusez-moi pour mon Français "inhabituelle". BRH est déja accoutumé à ça. :D

Cordialement,

Paul.


[quote="BRH"][b]La percée de Vimy est un des épisodes les plus fameux de la guerre de 14/18.

Cette percée mythique si longtemps rêvée a bien été réalisée, en mai 1915. Par le 33ème corps de Pétain auquel appartenait la fameuse division marocaine !

Celle-ci a réalisé tous ses objectifs et bien au-delà. A tel point que l'on ne croira pas les rapports et que Foch tardera à envoyer les renforts qui mettront trop de temps à monter en ligne.

Pétain ne le pardonnera jamais à Foch. Car les Allemands, paniqués sur l'instant, vont réagir et rameuter eux des troupes fraîches rapidement. Ils vont contre-attaquer des Marocains exténués et presque sans munitions. Une grande partie du terrain conquis sera perdu. Le mur -un instant ouvert- se refermera rapidement.

Après-guerre, on parlera de cette polémique entre Foch et Pétain. Mais les deux protagonistes ne feront rien pour l'alimenter, bien au contraire.

J'attends vos compte-rendus et je vais acheter l'ouvrage, certainement. :wink: [/b][/quote]
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Message par Baron Percy » Dimanche 04 Février 2007 02:33:04

Ravi de constater qu'une même passion nous rapproche, mon cher Paul. :wink:
J'espère pouvoir entamer la lecture du livre de Miquel dans les tous prochains jours...
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Message par BRH » Samedi 10 Février 2007 11:56:16

En attendant de lire Pierre Miquel, voici le témoignage de Blaise Cendrars qui était dans le 1er étranger avec la division marocaine:

Il y a exactement trente ans de cela. Oui, il y avait du nouveau. Mais ce n'était pas « l'offensive du printemps », ce grand tralala des états-majors qui n'avait pas abouti. Nous, une poignée d'hommes, nous avions bien percé, nous. (Le 9 mai 1915, à 12h 1/4, mon escouade et moi, nous étions sur la crête de Vimy avec quelques braves types, 2-300 hommes en tout, égarés comme nous qui avions poussé de l'avant en sautant quatre lignes de tranchées allemandes sans tirer un coup de fusil, et le front était crevé) ! Mais les états-majors qui avaient monté cette offensive et qui nous avaient fait coudre des carrés de drap blanc dans le dos pour que l'artillerie puisse suivre notre progression à la lunette (on sait qu'au printemps les dépôts de projets de « mouvement perpétuel » et de « quadrature du cercle », à l'Office International des Patentes à Berne se font beaucoup plus nombreux que durant les autres saisons), les états-majors, eux, ne croyaient pas à la fameuse percée et quand nous eûmes atteint la crête de Vimy (que les Canadiens ne reprirent qu'en 1918) avec nos carrés blancs dans le dos nous fûmes une jolie cible pour nos 75 et, dès que nous bougions, pour les 77 et les gros noirs autrichiens qui nous amochaient, sans parler des Allemands que nous avions dépassés et qui nous visaient dans le dos avec d'autant plus d'aisance. A 3 heures de l'après-midi, le renfort ennemi arrivait en autobus de Lille et nous les tirions descendant de voiture, à 300 mètres. Le renfort français n'arriva que le lendemain soir, à 7 heures. Des pauvres vieux. De la territoriale. Ils avaient fait 75 kilomètres à pied. Enfin nous étions relevés, 72 hommes en tout. Mon escouade n'avait pas trop trinqué. Et le 11 juin, il avait fallu remettre ça, à Souchez et à Carency. A peu près dans les mêmes conditions de manque de jugeote et de manque de foi de la part des états-majors, d'incurie, de misère, de massacre, de tuerie pour nous, sauf qu'on ne parlait plus de percée, les Boches étant alertés. Il paraît que c'est Pétain qui avait monté ça. Pétain ou pas Pétain, c'est tout un.

Blaise Cendrars - La Main coupée
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Message par Baron Percy » Samedi 10 Février 2007 18:52:14

Je viens tout juste d'entamer la lecture du Miquel et il semble bien que lui aussi, tout comme Blaise Cendrars, mette directement Pétain en cause dans cette affaire.
Davantage de détails suivront prochainement. :wink:
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Message par BRH » Vendredi 23 Février 2007 18:30:35

Je me le suis procuré et je viens de le terminer... En fait, Miquel est beaucoup moins affirmatif que ne le faisait pressentir la pub de l'ouvrage.

J'ai la version initiale publiée chez Calman-Lévy: si le titre "La butte sanglante" apparaît en couverture, ce n'est qu'à l'intérieur que l'on découvre le sous-titre: "La tragique erreur de Pétain"...

Or, l'analyse de Miquel est assez nuancée: s'il souligne que Pétain n'a pas pris sur lui de faire avancer les réserves "disponibles" à temps, il rappelle qu'elles dépendaient de l'armée (général d'Urbal), voire de Foch.

Et que l'ensemble de l'offensive était de la responsabilité de Joffre qui a choisi d'attaquer un point fort du dispositif allemand tout en sachant que son artillerie et son approvisionnement serait notoirement insuffisant...

La percée réalisée par les braves sous les ordres de Blondlat (marocains et Légionnaires) en a été inattendue et donc une suprise pour tout le commandement. En effet, cette vaillante troupe a traversée les 4 lignes de tranchées allemandes en moins de deux heures pour déboucher en terrain libre. Mais pendant ce temps, toutes les tranchées allemandes n'avaient pas été "nettoyées" par les Français derrière cette vaillante troupe et le terrain restait bombardé à la fois par les Allemands et les canons français. Il était donc difficile, voire impossible de se faire une idée claire de la situation.

Qu'en pensez-vous, cher Percy ?
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Message par Baron Percy » Vendredi 23 Février 2007 21:24:40

Diantre, vous avez fait vite !
Je n'en suis pour ma part qu'à un peu plus de la moitié de l'ouvrage.
Il faut dire que j'ai la mauvaise habitude de lire plusieurs livres à la fois et donc que j'avance moins vite dans mes lectures... :oops:
Je puis cependant confirmer la relative circonspection de Miquel quant aux responsablilités de Pétain.
Joffre semble plus coupable à ses yeux et cela explique d'autant moins le sous-titre choisi par l'auteur... :roll:
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Message par BRH » Vendredi 23 Février 2007 22:48:19

Vous faites comme Napoléon, mais lentement... :lol:

ça m'arrive aussi, mais jamais plus de 3 livres à la fois... :oops: En vieillissant, je préfère néanmoins me concentrer sur un seul. :D
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Message par Baron Percy » Vendredi 23 Février 2007 22:50:30

Je constate que nous avons les mêmes manies. :wink:
Mais comme disait ma grand-mère, une vieille dame très à la page, 3 livres, cela ne fait jamais qu'un kilo et demi ! :lol:
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