Le Franchissement de la ligne Hindenburg...

1ère guerre mondiale et ses conséquences, jusqu'à la Grande Crise.

Le Franchissement de la ligne Hindenburg...

Message par BRH » Mercredi 12 Septembre 2012 13:45:49

http://20072008.free.fr/journee442008as ... 8doc11.htm

L'assaut dans la bataille générale.


Le 26 septembre, l'ennemi, qui a dû évacuer presque tout le terrain conquis en 1918, est désorganisé, usé, fatigué et dans l'incapacité d'exécuter une contre-offensive. Pour se soustraire à cette bataille continuelle qui l'épuise, il cherche à se réfugier dans des positions qu'il estime imprenables, et à l'abri desquelles il espère pouvoir se réorganiser, se reposer, se reconstituer des réserves, impérieuse nécessité.

La résistance doit être maintenant inébranlable, " la bête est rentrée dans sa carapace ". Des ordres sévères parviennent aux troupes.

L'arrêt de l'offensive alliée est, pour l'ennemi, son suprême espoir, mais Foch n'a point l'intention de desserrer l'étreinte. Il tient l'adversaire à la gorge et sans répit il va continuer à l'assaillir.


" Les résultats recherchés par le programme du 24 juillet, écrit Foch, ont été atteints et au delà dans la région de la Marne et dans celle d'Amiens.

" L'ennemi donne des preuves de désorganisation et il importe d'exploiter à fond le résultat acquis en poursuivant la bataille et en l'étendant jusqu'à la Meuse, actions d'ensemble à réaliser par les Alliés suivant des directions convergentes. "

Pour cette bataille de France, trois grandes attaques sont préparées qui doivent s'emboîter les unes dans les autres : l'attaque franco-américaine à la droite du sud au nord, l'attaque britannique aidée des Français au centre (en direction générale Cambrai-Saint-Quentin, rupture du front de la ligne Hindenburg), ,l'attaque anglo-franco-belge dans les Flandres.

" Il suffit qu'une ou deux de ces attaques réussissent pour que Ludendorff soit perdu ; on voit ainsi combien le plan du grand chef militaire comporte d'intelligence et de souplesse. " (RECOULY : La bataille de Foch.)

L'attaque doit se déclencher sur le front Saint-Quentin, Cambrai. La droite de l'armée Horne attaque, au sud de la Sensée, les hauteurs du bois Bourlon, couvrant l'armée Byng qui doit s'emparer des passages de l'Escaut.

Quarante-huit heures après, l'armée Rawlinson doit effectuer l'attaque principale, entre Le Catelet et le Tronquoy, flanquée au sud par l'armée Debeney qui, par un encerclement par le nord et le sud, doit faire tomber Saint-Quentin.




A l'aile gauche :

Bataille du Cambrésis (27-28 sept.).



En direction de Cambrai, les armées Horne et Byng doivent enlever les fortes positions qui couvrent la ville entre le canal du Nord et le canal de l'Escaut.

Un bombardement général de la Sensée à Saint-Quentin prélude à cette attaque. Le 27 au matin, les deux armées partent à l'assaut.

Le maréchal Haig écrit : " La partie nord du. canal est un obstacle trop formidable pour être traversée en présence de l'ennemi. Les divisions d'attaque ont donc dû se frayer un passage près de Moeuvres, sur un front relativement étroit et faire tomber ensuite la ligne du canal, au nord, par une attaque divergente s'ouvrant en éventail aussitôt après le franchissement.

" Cette manœuvre difficile fut heureusement exécutée, et, sur tout le front d'attaque, notre infanterie, appuyée par soixante-cinq tanks environ, fit une irruption profonde dans la position ennemie. "



Dès le premier jour l'armée Byng et la droite de l'armée Horne, emportant dix villages aux abords de Cambrai, font 10.000 prisonniers et enlèvent 200 canons.

Le lendemain, les assaillants approchent à trois kilomètres des faubourgs de Cambrai et franchissent, à Marcoing, la seconde ligne d'eau.




Au centre et à droite : Bataille du Vermandois (29-30 sept.).



Le 29 septembre, son flanc gauche largement couvert par l'avance de l'armée Byng, l'armée Rawlinson, dans les rangs de laquelle combat un corps américain, passe elle-même à l'attaque. Elle doit emporter le fossé redoutable du canal de Saint-Quentin. Entre Le Catelet et Bellicourt, ce fossé disparaît, le canal étant alors sous tunnel, l'ennemi y a accumulé défenses et blockhaus.


Britanniques et Américains rivalisant d'ardeur se jettent, dès l'aube du 29, à l'assaut de l'obstacle ; en quelques heures, le canal est sur tous les points franchi et dépassé.

Le même jour à l'armée Debeney, le 15e corps, en liaison avec l'armée Rawlinson, déborde, au nord, Saint-Quentin abordé de face par le 36e corps; les 31e et 8e corps, sur le plateau d'Urvillers, débordent la ville au sud.

Le 30, l'armée Byng enlevant Masnières saisit les passages de l'Escaut, parvient aux lisières sud de Cambrai; le corps canadien, ce même jour, enveloppe la ville par le nord.

L'armée Rawlinson élargit la brèche au centre, s'empare notamment du tunnel du Tronquoy, point de résistance tenace. L'armée Debeney, en dépit d'une défense accrue, franchit la route de Cambrai à Saint-Quentin. Au sud, Urvillers que les Allemands ont réoccupé, est repris.



Chute de Saint-Quentin et du Catelet.



L'armée Byng enlève Crèvecoeur, investissant Cambrai par le sud tandis qu'au nord les Canadiens emportent les hauteurs de Ramillies.

Les Australiens de l'armée Rawlinson, par le sud, encerclent Le Catelet. Les Anglais de la même armée dépassent le canal de 7 kilomètres vers l'est. Le 3 octobre, Le Catelet est emporté et la ligne de Beaurevoir fortement entamée.


Plus au sud, l'armée Debeney repart à l'attaque. Au nord de Saint-Quentin, les soldats du 15e corps s'approchent du canal. le franchissent ; en même temps, les troupes du 36e corps débordent Saint-Quentin par le sud, puis par l'est; un détachement de ce corps se jette dans la ville que l'ennemi abandonne ; le 2 octobre, Saint-Quentin est entièrement occupé.

Plus au sud, le 31e corps progresse sur le plateau d'Urvillers, le 8e corps, à sa droite, atteint la vallée de l'Oise.

L'ennemi, atterré par sa défaite, réagit avec violence, mais en vain ; s'il arrête les corps de Debeney autour de Saint-Quentin, il ne peut empêcher l'enlèvement de la forte ligne de Beaurevoir ; débordé à l'est du Catelet, il est obligé d'abandonner les formidables positions du canal entre Le Catelet et Crèvecoeur que la droite de l'armée Byng franchit.



Le dernier assaut. - La chute de Cambrai (8 octobre).




La ligne Hindenburg est crevée, dans sa plus grande partie le dernier assaut va réduire les dernières résistances.

Le maréchal Haig entend " donner à 1'ennemi un coup vigoureux et exploiter le succès obtenu par des troupes montées avant que L'adversaire n'ait pu organiser une nouvelle position défensive ".

Le 8 octobre, les armées Byng et Rawlinson en liaison avec l'armée Debeney attaquent au sud de Cambrai, appuyées par des tanks. Pénétrant d'une profondeur de 5 kilomètres, elles franchissent les lignes de tranchées à peine achevées et arrivent en terrain découvert, malgré les violentes réactions ennemies soutenues aussi par des chars d'assaut.

" Comme conséquence, écrit sir Douglas Haig, l'ennemi cesse de résister. Son infanterie se débande, se retire sans arrêt vers 1'Est tandis que Les aviateurs rendent compte que les routes convergeant vers le Cateau sont bloquées par les entassements de troupes et de convois. Pendant la nuit du 8 au 9, des patrouilles canadiennes entrent dans Cambrai par le nord et donnent la main à des patrouilles de la 57e division qui s'étaient infiltrées dans la partie sud de la ville. "

L'armée Debeney s'est lancée sur le plateau, au sud-est de Saint-Quentin. Les derniers remparts de la ligne Hindenburg sont franchis.

Le 9, les armées von Marwitz et von Hutier sont en pleine retraite, pressées vigoureusement par la cavalerie britannique qui les empêche de se livrer à leurs destructions habituelles.


Les Allemands s'arrêtent derrière la Selle ,jusqu'au nord du Cateau, derrière une position hâtivement créée entre cette ville et Bernot, sur l'Oise, Ils sont résolus à résister derrière cette nouvelle ligne.

L'imprenable ligne Hindenburg, symbole mystique de la résistance allemande, est donc brisée. Britanniques, Français, Américains, ont dans maints combats des plus âpres de la campagne fait preuve d'une vaillance incomparable, emportant un fossé soi-disant "infranchissable " et des bastions " imprenables ", avec plus de 60.000 prisonniers et 975 canons.

" Dans l'âme des combattants, plus que dans le béton des blockhaus, se trouvait le secret de la victoire. " (MADELIN.)

L'ennemi était défait surtout moralement. Comment résisterait-il maintenant puisque les positions les plus formidables étaient emportées ? Le découragement s'empare des combattants les plus résolus.

Le Haut Commandement allemand, désemparé, mesure l'effroyable péril dans lequel le met l'usure de ses divisions et la menace sur ses voies de communications essentielles...

Impitoyablement, l'assaut continue de la Meuse aux Flandres.




Bataille de la Selle et de la Sambre.



Dès que leurs communications sont établies avec l'arrière, les Britanniques et les Français repartent à l'attaque, prenant part à l'immense assaut concentrique.

La Selle et le canal de l'Oise à la Sambre sont franchis difficilement dans des combats qui se livrent violents autour de chaque village, de chaque bois, avec un ennemi qui dispose de nombreux tanks. Vaincu, il se voit obligé de reculer dans Valenciennes et dans la grande forêt de Mormal.

Vingt mille prisonniers, 457 canons, tombent entre les mains des Alliés. Du 1er au 5 novembre, la ligne de la Sambre où l'ennemi s'est encore accroché est largement franchie. Landrecies et Valenciennes tombent. Le 5, l'ennemi commence le grand repli qui mène jusqu'à Mons les corps britanniques, sur ce même champ de bataille des journées sinistres d'août 1914.

L'ennemi, irrémédiablement perdu, est partout en pleine retraite, l'indiscipline et le désordre règnent dans ses rangs. Sous le coup d'une attaque en Lorraine et d'un désastre sans précédent, il implore l'armistice et capitule en rase campagne, le 11 novembre.
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
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