le 116ème RI

1ère guerre mondiale et ses conséquences, jusqu'à la Grande Crise.

le 116ème RI

Message par BRH » Samedi 04 Décembre 2021 21:49:18

Extrait de l’Historique du 116e Régiment d’Infanterie pendant la Guerre 1914 à 1919 – [ Imprimerie COMMELIN]
Affaire d’Hurtebise
er ee
Le 25 avril, le 1 bataillon se porte en renfort du 4 zouaves et du 8 tirailleurs,
violemment attaqués à la ferme d’Hurtebise. Le bataillon est arrêté dans le chemin creux
au nord du village d’Oulches par un violent tir de barrage. Il monte en ligne dans la
soirée et arrive juste à temps pour arrêter l’ennemi qui progresse sérieusement. Il rejette
l’ennemi dans ses tranchées de départ à l’exception d’un élément des tranchées Spire
et Abri. L’ennemi résiste furieusement et nos pertes sont sérieuses. Dès en montant en re
ligne, la 1 C. M. a été éprouvée par le tir de barrage, le lieutenant Andréani, commandant un peloton de cette compagnie, est blessé grièvement et meurt quelques
jours après.
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Le 26 avril, le 1 bataillon tente de reprendre les éléments de tranchées Spire et
Abri. A 11 heures, trois groupes de grenadiers font irruption dans l’organisation allemande. L’ennemi résiste, il tue ou blesse nos hommes de tête, et les autres sont obligés de refluer dans nos lignes. A 18 heures, l’attaque est reprise par deux groupes commandés : l’un par le sous-lieutenant Roubault, l’autre par l’aspirant Dupouchet. Les deux groupes livrent un combat acharné à la grenade ; ils viennent à bout de la résistance allemande et font plusieurs prisonniers. Mais le sous-lieutenant Roubault et l’aspirant Dupouchet sont tombés tous les deux à la tête de leur groupe. Pour enlever la position ennemie, ils ont du revenir à la charge plusieurs fois ; ils ont eu une attitude admirable.
Les allemands contre-attaquent presque aussitôt avec de forts effectifs. Nos groupes de combat sont très éprouvés et n’ont plus de chefs. La section de mitrailleuses portée en soutien a ses deux pièces démolies. Les allemands progressent à la grenade, mais nous réussissons néanmoins à conserver les extrémités de la tranchée où des barrages de sacs de terre ont été établis.
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Le 29 avril (1917), le 3 bataillon reçoit l’ordre d’attaquer la tranchée X Y au nord e
du monument d’Hurtebise et de s’en emparer. La 9 compagnie, commandée par le lieutenant Fichoux, est chargée de l’opération. Cet officier règle les détails de l’attaque avec un sang-froid et une énergie dignes de tous les éloges. La compagnie est répartie en trois groupes d’attaque et un groupe de soutien reste avec le commandant de compagnie. L’attaque d’infanterie est fixée à 19 heures et doit être précédée d’un tir de destruction d’artillerie lourde de 17 à 19 heures. Mais le réglage du tir, commencé à 17 heures, a été très long à s’établir et à l’heure de l’assaut la préparation est incomplète.
A 19 heures, les groupes d’attaque sortent sans hésitation. Le groupe de gauche est arrêté par des feux de mitrailleuses partant d’un abri bétonné non détruit. Les groupe du centre et de droite, quoique éprouvés par le tir de l’ennemi, parviennent jusqu’à la tranchée X Y dont ils se rendent maîtres. Le lieutenant Soyer, commandant le groupe de droite, est grièvement blessé dans la tranchée. Les allemands contre-attaquent
aussitôt. A ce moment, le lieutenant Fichoux, faisant preuve d’un courage superbe, se porte résolument en avant avec la fraction de soutien. Une fusée rouge part des lignes ennemies et déclanche un terrible feu de barrage. Le lieutenant Fichoux est tué en franchissant le parapet, et son groupe est mis hors de combat. Nos éléments ne peuvent se maintenir dans la tranchée conquise et doivent regagner la tranchée de départ. A ce moment une contre-attaque ennemie se dessine. Le barrage est demandé, les ripostes allemandes sont très dures. Les deux artilleries font rage. Le tir continue pendant deux heures avec une violence inouïe. Impassibles sous la mitraille, les compagnies de ligne conservent leurs anciennes positions, mais les pertes sont

sévères. Le commandant Bienaymé, commandant le 3 bataillon, rend hommage au e
courage malheureux des officiers et des poilus de la 9 compagnie, en écrivant au colonel : « Je suis content de nos hommes, et j’estime qu’aucune troupe n’aurait réalisé ce qu’ils ont tenté. » Au cours de cette attaque, il s’est passé l’épisode suivant, qui mérite d’être relevée : Afin de permettre a l’artillerie lourde d’exécuter son tir de destruction, l’ordre fut donné d’évacuer notre tranchée de première ligne pendant l’opération. Le caporal Malherbe, le caporal Hervion et le soldat Sellier demandèrent à rester dans la tranchée de crainte que les allemands n’y entrent en notre absence. Bien leur en prit, car les allemands tentèrent de s’emparer de la tranchée, mais les trois poilus les reçurent à coups de grenades. Fièrement campé derrière son parapet, le caporal Malherbe leur cria : « Bande de s..., voulez-vous f..., le camp, » et les grenades aidant, les boches obéirent à cette injonction.
Tant que les Français constitueront une nation, ils se souviendront de mon nom !

Napoléon
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BRH
 
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