L'Énigme des Invalides

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 Sujet du message : Le masque Noverraz
Message Publié : 16 Sep 2004 9:08 
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Le masque en cire dit de "Noverraz" n'a jamais été en possession de Valentin Noverraz.

Ce masque a été présenté en 1923 à M. Souvairan par Monsieur Louis Sandoz. Après son décès, Mme Elise Giroud, veuve Sandoz, l'a cédé définitivement à Monsieur Souvairan, le 5 juillet 1925.

Quelle est l'origine de ce masque ?

Mme Sandoz a rapporté ce qui suit à propos de ce masque:

"Je certifie sous la foi du serment que j'ai toujours vu ce masque dans la famille de mon mari depuis que je le connaissais.

"J'ai toujours entendu dire, soit par mon mari, soit par sa mère, Mme Sandoz-Monod, que ce masque avait été donné par Jean Abrham Noverraz, valet de chambre de Napoléon 1er, à la première femme de Jean Daniel Sandoz, soit Mme Elisabeth Sandoz, née Murner.

"Mr Sandoz possédait également une lettre remise à Mr Noverraz par le docteur Antommarchi, médecin de Napoléon 1er, en même temps que le masque en cire. Cette pièce établissait l'authenticité du masque.

"Ce document a été confié par Mr Louis Sandoz en 1914 à un expert Mr Canot, décédé depuis et qui l'avait égaré. J'ai vu ce document pour la dernière fois lorsque mon mari l'a remis en ma présence à Mr Canot."

Note: le sieur Canot aurait été conservateur (?) d'une baronne de Rotschild.

Le 8 mars 1924, Mr. Souvairan adresse un courrier à Mlle Canot, fille du sieur Canot. Il n'en recevra pas de réponse...

L'existence de ce masque en cire est donc attestée en 1923. Très certainement, son existence est antérieure à la guerre de 1914. On est en droit de penser que la baronne de Rotschild a songé à s'en porter acquéreur à cette date. Pour une raison inconnue, la transaction projetée n'a pas été menée à son terme.


Ultérieurement, dans une nouvelle attestation notariée datée du 30 novembre 1945, Mme Giroud, veuve Sandoz déclare ce qui suit:

"J'affirme que mon mari: Mr Louis Sandoz a hérité de sa mère, Mme Sandoz-Monod (2ème femme de Jean daniel Sandoz) un masque en cire de Napoléon 1er, actuellement en possession de Mr Valentin Noverraz à Lausanne.

Ce masque avait été donné par Jean-Abraham Noverraz, serviteur de Napoléon 1er, à la 1ère femme de Jean Daniel Sandoz: soit Mme Elisabeth Sandoz, née Murner. Elisabeth Murner dite Lisette fut autrefois liée d'amitié avec J.A Noverraz et il dut y avoir même une promesse de mariage, car, comme le voulaient les moeurs de cette époque, les initiales L.M-S. D.S. sont brodées sur la lingerie et des nappes, actuellement encore en possession de ma soeur qui habite Territet.

Ce masque avait été relégué au grenier par la seconde Mme Sandoz: une montagnarde superstitieuse, qui ne voulait, disait-elle, "plus voir cette vilaine tête"!

Venant de la même source, mon mari possédait également:

a) un poignard en argent aux armes de Napoléon 1er

b) la prière que Napoléon fit lire dans toutes les églises de France lors de la naissance du Roi de Rome.

c) une lettre du docteur Antommarchi, médecin de l'Empereur, qui avait été épinglée au masque et qui en établissait l'authenticité.

Ces trois documents furent imprudemment confiés,
en 1914, à un expert: Mr Canot, qui se disait conservateur de la baronne Rotschild, et qui mourut peu de temps après à Paris.. Nous n'avons jamais revu ces documents, mon mari se désintéressant de la chose.

J'ai revu ces documents pour la dernière fois, lorsque mon mari les remit en ma présence à Mr Canot.

Nous ne nous sommes jamais rendu compte de l'importance de ce masque et comme il devenait encombrant, nous le remîmes en 1923 à Mr Souvairan, de Genève, ami de Mr Valentin Noverraz qui secondait ce dernier dans ses recherches pour retrouver et regrouper les souvenirs venant de son aïeul."

Que penser de ce dernier document ? Il complète et certifie la 1ère déclaration.

Toutefois, le lien entre les Sandoz et Noverraz apparaît bien problématique au travers d'Elisabeth Murner, 1ère épouse Sandoz. Les initiales sur la lingerie ne prouvent rien: L.M-N étant censées signifier Lisette Murner-Noverraz et D.S: Daniel Sandoz...

Il semble acquis que ce masque fut en dépôt en 1927 au Musée de l'Armée, via Valentin Noverraz qui se faisait passer pour son propriétaire.(Source: Jacques Jousset).


Dernière édition par Bruno Roy-Henry le 19 Sep 2004 22:01, édité 1 fois.

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 Sujet du message : Ma réponse à Albertuk
Message Publié : 16 Sep 2004 9:11 
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Albertuk a écrit :

Cette histoire de masque de cire me semble tirée par les cheveux, c'est le cas de le dire. Le problème principal est bien le lien entre Sandoz et Noverraz. Il n'existe pas a priori. Je ne vois pas bien qui pouvait être cette Linette Murner-Noverraz car la seconde épouse de Noverraz ne s'appelait pas Murner mais Schuler je crois.


Noverraz s'est remarié en 1847 avec Marie Schouler. Ce que l'on sait moins, c'est que peu de temps avant sa mort, il entreprit une procédure de répudiation de son épouse pour indignité et -de ce fait- institua comme seul hériter son neveu Samuel Noverraz Procédure permise à l'époque par le droit Vaudois)! Quel rôle joua à cet instant Elisabeth Murner ? Ce lien d'amitié dont on a parlé, quel était sa nature exacte ? Il n'est pas impossible, après tout, que le masque en cire ait été "emprunté" par cette Elisabeth, dite Linette... Mais, je me garderai bien d'aller plus loin, car -de toute manière- ce masque en cire n'a à voir avec Napoléon que de très loin!

Albertuk a écrit :

De plus, je sais que Noverraz avait été très peu donneur de ses reliques: il avait gardé précieusement celles-ci et personne ne pouvait réussir à lui arracher même un cheveu de Napoléon (ou plutôt une seule personne y réussi et c'est resté marquant!). Bref on imagine mal Noverraz donner "son" masque authentique avec les cheveux et la barbe de l'Empereur collés dessus à une inconnue femme de chambre d'une non moins inconnue. Ca sent le canular et l'escroquerie qu'on voulait vendre à Valentin Noverraz. Enfin, comment des cheveux et de la barbe auraient aboutis sur un masque dont l'empreinte aurait étét prise quelques heures après la mort et, de surcroit, après que Napoléon fut rasé. Ca m'échappe car je n'ai sans doute pas tout lu au sujet de ce masque.


On pourrait être d'un avis différent si ce masque en cire était celui d'un autre que Napoléon: Noverraz ne devait pas y tenir comme à la prunelle de ses yeux et peut-être quelqu'un de son entourage a pu lui dérober, surtout au cours de la maladie qui devait l'emporter! Valentin Noverraz semblait surtout désireux de récupérer un bien qu'il pensait être "de famille". Souvairan semble l'avoir placé en vedette, probablement pour éviter d'avoir à conter les dires de la veuve Sandoz, assez peu crédibles de prime abord...

Albertuk a écrit :

Le seul masque mortuaire de Noverraz que je connaisse d'après sa succession, me semble avoir simplement été acquis lors de la souscription Noverraz; il fut transmis par Samuel-Joseph en héritage à une de ses filles mais non au père de Valentin.


Non, sur ce point vous êtes dans l'erreur: Samuel Noverraz n'a jamais été possesseur de ce masque, pas plus que son petit-fils Valentin...

Et il n'y a -en effet- qu'un seul masque Noverraz en cire, celui qui fut remis en 1923 par les époux Sandoz à Souvairan. Et que sa descendance possède toujours actuellement!


Dernière édition par Bruno Roy-Henry le 16 Sep 2004 9:35, édité 1 fois.

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 Sujet du message : Ma réponse à Jacques Macé.
Message Publié : 16 Sep 2004 9:14 
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JacquesMacé a écrit :
Merci à Albertuk et à BRH de leurs informations. Il en résulte que la traçabilité du masque de cire apparait pour le moins contestable.


C'est certain: la traçabilité semble plus que douteuse, sans que l'on puisse totalement écarter son authenticité.

Citer :
En 1928, Valentin Noverraz reçoit procuration notariée des autres héritiers^pour vendre le bric à brac en possession de la famille : cuiller et fourchette, paire de chaussettes, morceau de ciment de la tombe, branche de saule, ruban de béret de marin de La Belle Poule, etc. De 1930 à 1935, il les écoule surle marché.
Mais pas un mot du masque.


Il convient de préciser qu'il n'en était pas le propriétaire, puisque ce masque était dans les mains du sieur Souvairan depuis 1923.

Citer :
Cete pièce, vraiment importante si elle est authentique, aurait été donnée à une femme qui n'a aucun lien avec la famille Noverraz : fiancée éconduite ou maitresse ! Son parcours est pour le moins chaotique et le seul document d'authenticité disparait !


Oui, cela paraît étrange. Toutefois -dans l'hypothèse où ce masque ne représenterait pas Napoléon- on peut penser que Noverraz devait le cacher. Dans le cas contraire, on ne voit pas pourquoi il ne l'aurait pas mentionné dans un document ou pourquoi il n'en aurait pas fait part à ses proches. Si Linette Muner a été sa garde-malade, si même il y a eu promesse de mariage de la part de Noverraz, celle-ci peut très bien avoir découvert subrepticement cette pièce et se l'être appropriée. Hypothèse fragile que je me garde de défendre pour simplement la mentionner...

Citer :
En 1942, Valentin Noverraz, qui l'a récupéré on ne sait comment, le propose à l'Administration française des Beaux-Arts, via l'Ambassade de France à Berne. La France en refuse l'achat. Le Musée de Lausanne semble avoir été moins méfiant : il est vrai que certains conservateurs ne sont pas toujours très regardants quand il s'agit de compléter ou enrichir une collection existante !


On le sait très bien: Souvairan l'a confié à Valetin Noverraz son ami; je possède un manuscrit de l'ouvrage que les 2 hommes entendaient publier, ce qui n'a jamais été fait. Jacques Jousset assurait que ce masque en cire, "au caractère macabre", avait été en dépôt au musée de l'Armée en 1927.

Citer :
Il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages. Ce masque aurait été fabriqué dans l'atelier d'un quelconque musée Grévin ou Tussaud, avec implantation de poils pour faire plus vrai !, qu'on ne s'y serait pas pris autrementpour le faire apparaitre au public.


Ce n'est pas impossible: mais qui aurait fabriqué ce masque ? Je ne crois pas trop à la culpabilité d'Elise Sandoz ni de son mari Louis Sandoz, pas plus qu'à celle de Souvairan. Alors ? Pour tirer l'affaire au clair, il faudrait reprendre l'analyse scientifique dudit masque.

Toutefois, je suis assez tenté de penser que c'est bien Antommarchi qui a réalisé ce masque pour "affiner" son travail: dans quel but ? Peut-être pour faciliter l'élaboration du Burguersh... Je me hâte d'ajouter que ce n'est qu'une hypothèse. Ce qui est certain, c'est que les poils prélevés sur ce masque ne sont pas ceux de Napoléon: une 1ère analyse ADN a permis de le confirmer!


Dernière édition par Bruno Roy-Henry le 16 Sep 2004 9:40, édité 1 fois.

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 Sujet du message : Réponse d'Albertuk à J. Macé
Message Publié : 16 Sep 2004 9:17 
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J.Macé a écrit :
Quand il propose les souvenirs de famille en 1930, Valentin écrit :
"Une mèche de cheveux de l'Empereur, pris à plusieurs époques de sa vie."
Comme Jean Abram n'a pas légué de cheveux à Lausanne en 1849, je suppose que c'est cette mèche qui se trouve aujourd'hui au Musée de Lausanne.
René Maury s'est fait remettre et a fait analyser des cheveux de cette mèche. On y a trouvé systématiquement de l'arsenic !


Albertuk a écrit :
Il y a erreur quelque part... car j'ai vu l'enveloppe qui renferme la mèche qui fut analysèe par R. Maury et celle ci indique que c'était les cheveux coupés par Noverraz après la mort de l'Empereur. Le musée est formel et m'a bien indiqué qu'il s'agissait de l'échantillon que R. Maury avait fait analyser. Est que c'est vous ou R. Maury qui avez supposé qu'il s'agissait d'une mèche de "plusieurs époques"? Merci de préciser ce détail.

Je ne crois pas à la théorie de l'empoisonnement mais admet qu'il y ait eu contamination à l'arsenic et d'ailleurs plutôt par contact qu'absorption. Mais, bon, inutile de rentrer à nouveau dans ce débat ici. Le mieux serait d'ouvrir ce tombeau pour clore les variétés d'hypothèses sur Napoléon!


Dernière édition par Bruno Roy-Henry le 19 Sep 2004 21:56, édité 1 fois.

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Message Publié : 16 Sep 2004 9:31 
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Comme on le sait, Jean Abram Noverraz n'a pas eu d'enfants. Son seul héritier fut Samuel Joseph Noverraz, son neveu.

L'aîné de la descendance de Samuel fut son petit-fils Valentin Noverraz (il vivait 7 rue Gauthier à Genève. Source: Jacques Macé); cependant, il y aurait au moins sept autres descendants de Samuel.

Noverraz légua par testament au Musée cantonal de Lausanne, divers objets qui ont été détaillés et qui y figurent encore.

Ses héritiers possédaient encore une dizaine de reliques napoléoniennes qu'ils proposèrent sans succès aux Musées français. Elles eurent donc le destin des lots éparpillés entre membres d'une même famille: cédés à différents collectionneurs.

Jacques Macé avait noté ceci:

"Certains figurent dans l'actuelle exposition d'Auxerre.
Or le masque en cire ne figure ni dans les objets légués en 1848 ( à ma connaissance), ni dans les objets proposés en 1930. En 1942 seulement, Valentin propose à la vente le masque en cire qui fait soudain son apparition (voir Revue du Souvenir Napoléonien en 1949)."

Comme dit plus haut, Valentin Noverraz n'était pas le propriétaire de ce masque. Et Jacques Macé doit confondre avec la revue de l'Institut Napoléon. Un point à vérifier.

Ceci étant noté, vu l'importance que pourrait revêtir bientôt le masque Noverraz !

Nota: ces échanges sont tirés du forum Napoléon1er.com, entre les 22 et 24 juin 2002.


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 Sujet du message :
Message Publié : 31 Oct 2004 12:14 
bonjour à tous,
je crois que c'est Diana (je n'en suis pas très sûr) qui avait l'impression que ce masque avait été pris sur un crâne...
Les yeux qui se dessinent sous les paupières.
Le bout du nez abimé.
Les joues bouffies (elle sont assez larges).
La bouche entr'ouverte qui laisse voir quelques dents.
Le front large.

Cela ne vous rappelle rien? :1: :1: :1: :3:

Citer :
Le 11 mai 1907, le Badener Bote, journal local, rapporte que l'on a fait don au musée (récemment) d'un "masque mortuaire réalisé après la translation de Napoléon à Paris" (!)

http://www.histoire-empire.org/articles ... _baden.htm

troublant, n'est-ce pas? :1: :1: :1:
bonne journée


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