L'Énigme des Invalides

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Message Publié : 18 Août 2010 10:06 
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Récit d'Amédée Le Faure (Histoire de la guerre Franco-Allemande). Cette bataille fut la plus importante de la guerre de 1870. Les 280 000 allemands de Moltke cherchèrent à écraser les 160 000 Français sous Bazaine.

« Cette journée du 17 août, si bien employée par les Prussiens, ne fut pas perdue pour l'armée française. Les ordres du commandant en chef prescrivaient de fortifier les positions et de remuer activement la terre. Les hauteurs, occupées par nos troupes, se portaient d'ailleurs à une énergique défense. Les groupes de collines et de plateaux, à l'ouest de Metz sont coupés par deux vallées transversales du nord au sud et au sud-est. La plus rapprochée de la place n'est qu'à deux mille cinq cents mètres environ du Saint-Quentin. Resserrée entre des pentes très raides, cette gorge part des environs d'Amanvillers et aboutit dans la vallée de la Moselle à Moulins les-Metz. A deux mille cinq cents mètres à
l'ouest du ruisseau de Châtel-Saint-Germain,se trouve la vallée de la Mance, qui commence à l'est de Vernéville, et descend, de plus en plus escarpée, jusqu'à la route de Verdun, d'où elle infléchît vers le sud-est, pour aboutir à Ars, C'était là comme une sorte de fossé naturel
qui protégeait une partie du front de la ligne française. Le terrain compris entre ces deux vallées se termine à la Mance par des pentes rapides ; l'inclinaison est, au contraire, à peu près nulle à l'ouest.

Cette disposition obligeait l'ennemi à s'avancer à découvert, et nous permettait d'occuper solidement nos positions. Aussi dans la journée du 17, les fronts des corps d'armée du général Frossard et du maréchal Le Bœuf se couvrirent de tranchées-abris. Les murailles du Point-du-Jour furent crénelées; les massives fermes de Saint-Hubert, Moscou, Leîpsig,
la Folie, mises en état de défense; on utilisa les enclos, les carrières, les ravins, les fossés; toutes ces défenses furent solidement reliées, et sur divers points, formèrent plusieurs étages de feux. Malheureusement, des bois se trouvent en avant de la vallée de la Mance, offrant à l'ennemi un abri pour rallier ses bataillons. Mais, de ces bois au ravin il y a un espace
découvert.

Si les positions occupées par les 2* et 3*corps se prêtaient à une vigoureuse défense, il n'en était pas de même de celles que tenaient plus au nord le 4* et surtout le 6* corps. Aucun obstacle en avant de leur front ne pouvait arrêter les Allemands : Saint-Privat est, il est vrai, bâti sur un mamelon élevé, ses constructions sont massives, mais ce relief du terrain ne constituait pas un avantage suffisant. Au nord et à l'ouest de Saint-Privat, deux villages, Roncourt et Sainte-Marie-aux-Chénes , distants d'environ 2 et 3,000 mètres, offraient à l'ennemi un appui sérieux, si on ne les occupait pas solidement; aussi le maré-
chal Canrobert porta-t-il un régiment, le 94*, à Sainte-Marie, et continua-t-il sa ligne jusqu'à Roncourt : mais la droite de l'armée française se trouvait ainsi beaucoup trop étendue.

Le général Ladmirault n'avait pu remuer la terre, comme les commandants des 2* et 3* corps: il n'était arrivé que tard sur les positions qui lui étaient assignées. Quant au maréchal Canrobert, il n'avait pas son parc du génie, demeuré à Châlons, et les quelques pelles et pioches placées entre les mains de ses soldats ne pouvaient faire grande besogne.

Tout, à la fois, se tournait contre nous : la position la plus importante, celle qui devait avoir à supporter les plus sérieuses attaques de l'ennemi, était occupée par le corps qui avait le moins de moyens de résistance; nous venons de dire qu'il manquait d'outils : son artillerie était de moitié inférieure à celle des autres corps (le 18 au matin, le maréchal Canrobert n'avait que 11 batteries, en comptant 2 batteries de la réserve qui lui avaient été envoyées, tandis que le 3" corps comptait 120 pièces, le 2* et le 4* 90). Le maréchal Canrobert ne disposait pas d'une mitrailleuse. Enfin, obligé de marcher pendant toute la journée du 17, le 6* corps, qui avait combattu le 16, ne put se ravitailler en vivres et en munitions
et dut soutenir tout l'effort de la bataille avec des caissons à moitié vides : « Les soldats, dit le maréchal Canrobert, se sont battus toute la journée, sans avoir ni mangé ni bu! »

Cette situation commandait donc la plus sérieuse attention du maréchal Bazaine : la position de Saint-Privat devait être d'autant plus solidement défendue, qu'elle tenait la dernière route vers Verdun, celle de Briey. Pour parer à toutes ces causes d'infériorité, il n'était qu'un moyen, tout indiqué : placer les réserves en arrière de la droite. Appuyés à de formidables positions, les 2ème et 3* corps n'avaient pas besoin d'être soutenus; mais le 6*, exposé à un mouvement tournant, très imparfaitement protégé, réclamait impérieusement une seconde et puissante ligne. L'urgence était d'autant plus grande, que le champ de
bataille était très-étendu, et que l-on ne pouvait songer à faire venir des troupes de renfort d'un point à un autre. Les dispositions adoptées au début de l'action devaient fatalement être maintenues jusqu'à la fin.

Malheusement, le maréchal Bazaine ne songeait pas & garder la route de Briey ; comme le 16, il n'était préoccupé que d'assurer sa retraite sur Metz, et c'est pour cette raison qu'il avait placé la garde entre le Saint-Quentin et Plappeville.

Le 17 au soir, le commandant en chef transmit à un des officiers supérieurs du grand état-major, le colonel Lewal, l'ordre de réunir, dans la matinée du 18, les sous-chefs d'état-najor des différents corps, afin d'opérer avec eux une grande reconnaissance, dans le biil
le choisir, en arrière des positions alors occupées par les troupes, des emplacements sous le canon des forts.

La retraite sous Met« était donc, avant même que le premier coup de canon fût tiré, arrètée dans la pensée du maréchal Bazaine, et ce mouvement en arrière n'était pas une liinple éventualité, c'était le résultat d'une conviction bien établie, indépendante pour ainsi
lire des événements qui allaient se succéder. Pour preuve, il suffit de rappeler cette dépêche datée du 18 août, 10 heures du matin, et adressée au maréchal Canrobert : a Si par cas, Tennemi se prolongeant sur notre front, semblait vouloir attaquer sérieusement Saint- Privat-la-Montagne, prenez toutes les dispositions de défense nécessaires pour y tenir et pennettre à l'aile droite de faire un changement de front, afin d'occuper les positions en arrière, si c'était nécessaire, positions qu'on est en train de reconnaître. Je ne voudrais pas y être forcé par l'ennemi, et si ce mouvement s'exécute, ce ne sera que pour rendre les ravitaillements plus faciles, et donner une plus grande quantité d'eau aux animaux, et permettre aux hommes de se laver. »

Mais alors, puisque le 6* corps ne devait tenir à Saint-Privat « que pour permettre à l'aile droite de faire un changement de front », sansattendre d'y être forcé par l'ennemi, pourquoi livrer bataille? A quoi bon aux 16,000 victimes du 16, en ajouter un nombre égal, pour masquer une retraite décidée à l'avance?

Tandis que sur la ligne française les travaux de défense se continuaient dans la matinée du 18, les Prussiens prenaient rapidement leurs positions de combat qu'il nous faut indiquer.

Le général de Moltke et le roi de Prusse étaient arrivés, le 16 au soir, sur les hauteurs en arrière de Flavîgny. Après un rapide examen du champ de bataille, le grand état-major avait aussitôt arrêté les premières dispositions qui furent modifiées le 17 au matin, lorsque On eut l'assurance que les Français se mettaient en retraite. Des reconnaissances envoyées sur leurs traces, transmettaient au fur et h mesure les renseignements, et amenaient des Rangements successif. Le général de Moltke, le prince Frédéric-Charles et le général Steinmetz se réunirent plusieurs fois, pour discuter et arrêter les détails de l'opération.
Le 18, à quatre heures du matin, le mouvement commence vers le nord; le prince Frédéric-Gharles passe rapidement en revue les troupes, et se met h la tête du 3" corps : il lit commander l'aile gauche de l'armée allemande, tandis que le général Steinmetz dirigera la droite. Le roi, revenu de Pont-à-Mousson où il s'était rendu le 17 au soir, s'est réservé le commandement suprême; il est accompagné du général de Moltke.

A six heures du matin, les Saxons du 12* corps se dirigent sur Jarny; des détachements de cavalerie éclairent dans toutes les directions : la 28* division d'infanterie tient la tête, 24° est en seconde ligne, la réserve d'artillerie du corps suit.

La garde s'avance en arrière du 12* corps; afin d'éviter l'encombrement, elle ne s'ébranle qu'à neuf heures : son objectif est Doncourt, à droite du 12* corps.

Le 9" corps doit gagner Saint-Marcel. A huit heures et demie du matin, il atteint la route d'Étain, et fait halte.

A dix heures du matin, le prince Frédéric-Charles, averti que les Français ont abandon la route d'Étain-Conflans, et qu'ils ont pris position sur le plateau d'Amanvillers, prescrit aux trois corps (12% garde et 9') un changement de direction à droite, de façon à faire face au plateau ; Verneville et la Folie sont indiqués au 9* corps ; la garde servira de soutien . 9* corps ; le corps saxon marchera sur Batilly.

A dix heures et demie, des renseignements plus complets sont transmis par le roi, et le prince Frédéric-Charles adresse aux chefs de corps les ordres suivants :

l"* Au commandant du 9* corps (général de Manstein) : a Le corps de la garde reçoit l'ordre de marcher sur Amanvillers par Verneville, afin d'attaquer l'aile droite ennemie, elle la rencontre. Dans le cas où la ligne de bataille française s'étendrait vers le nord, au-delà du front du 9° corps, éviter tout engagement sérieux, jusqu'à ce que la garde ait attaqué par Amanvillers. »

2 Au commandant en chef de la garde (prince de Wurtemberg) : « L'ennemi semble s'être formé en bataille sur les hauteurs du bois de Vaux, vers Leipsig. Le corps de la garde accélérera sa marche, poussera par Verneville jusqu'à Amanvillers, et attaquera vigoureusèment l'aile droite de l'ennemi. Le 9* corps doit se porter en même temps contre la Folie La garde pourra prendre également par Habon ville. Le 12* corps a ordre de marcher sur Sainte-Marie. »

2 Au commandant du 12* corps (prince royal de Saxe) : « Le 12* corps marchera sur Sainte-Marie-aux-Chênes, en se faisant couvrir par de la cavalerie vers Briey, et au delà Conflans, et en poussant, s'il est possible, des cavaliers jusque dans la vallée de la Moselle pour y couper le chemin de fer et le télégraphe de Thionville. — Dans deux heures,
7% 8% 9° corps et la garde attaqueront l'ennemi, qui est en position de Leipsig au bois Vaux. Ils seront soutenus, en seconde ligne, par les 3% 10% 12* et 2* corps. »

{Au début de ce chapitre, nous avons dit que le 2" corps ne devait pas prendre part à bataille du 18. Le général Franseckij qui le commandait, demanda au roi l'autorisât, de marcher, qui lui fut accordée. A deux heures du matin, le 2* corps quitta Pont-à-Mousson, et arriva à Buxières {au sud de Mars-la-Tour) vers onze heures, après une marche d environ trente kilomètres.)

k"* Au commandant du 10* corps (de Voigts-Rhetz) : « L'ennemi est en position sur hauteurs de Leipsig et du bois de Vaux. Il y sera attaqué aujourd'hui, savoir : par la garde par Amanvillers ; par le 9* corps, par la Folie ; et de front, par les 7* et 8* corps. Les corps suivants s'avancent en deuxième ligne en soutien de la première : le 12* corps sur Sainte-Marie, le 10^ corps sur Saint- Ail, le 3* sur Verneville, le 2* corps sur Rézonville. »

En résumé, contre la gauche française, l'ennemi dispose de trois corps, dont un réserve; contre la droite, de cinq corps, dont trois en seconde ligne. Cette simple énumération des forces montre, dès l'abord, que c'est contre notre droite que va porter le principal effort: pour les Prussiens, en effet, le bul poursuivi, c'est d'empêcher notre retraite de Metz sur Châlons; c'est pour retarder ce mouvement que, le 14, à Borny, le général de Goitz a atliqué le 3* corps ; c'est pour nous disputer la route de Rézonville- Verdun que la bataille de Rézonville a été livrée le 16; c'est, enfin, pour nous enlever la seule route qui nous permette de nous rabattre vers l'ouest, celle de Briey, que les Allemands vont engager cette action la plus meurtrière de cette sanglante campagne, pour laquelle ils mettent en ligne 240,000 hommes; (chaque corps prussien est fort de 30 & 39,000 hommes).

Vers six heures du matin, le maréchal Le Bœuf aperçoit des troupes nombreuses qui, marchant déployées en arrière de Gravelotte, se dirigent de gauche à droite. Le commandant du 3" corps en prévient aussitôt le maréchal Bazaine qui répond « de s'établir solidement
sur la position, et de la conserver à tout prix. » Le maréchal Bazaine a établi son quartier général à Plappeville, à sept kilomètres du champ de bataille.

A neuf heures du matin, le maréchal Le Bœuf renouvelle son avertissement, et à dix heures, le commandant du 6° coi^ps transmet un avis analogue.

Vers dix heures, le maréchal Bazaine envoie un de ses officiers d'ordonnance, le capitaine de Mornay-Soult, prévenir le général Bourbaki qu'il est libre de ses mouvements, et que le commandant en chef le laisse maître d'engager les réserves, comme il le jugera convenable.

Comment le général Bourbaki, placé en arrière du théâtre de l'action, ignorant la marche de la lutte, manquant de ces renseignements précis qui sont adressés au général en chef, et qui lui permettent de reconstituer toutes les phases du combat, allait-il pouvoir s'éclairer, prendre une résolution mûrement réfléchie?

« Je ne comprenais cette liberté, dit le général Bourbaki, que dans un sens très-relatif, car ce n'est pas la coutume qu'il en soit ainsi. »

Vers onze heures et demie, le premier coup de canon est tiré par le 9* corps prussien. La 18* division prussienne avait gagné Vernéville, d'où elle portait deux bataillons dans le bois de la Cusse, tandis que son artillerie prenait position sur la hauteur de Champenois. Le bois de la Cusse se trouve sur le front des positions occupées par le général Ladmirault :
on ne s'explique donc pas qu'il n'ait pas été occupé par nos troupes : le général savait, en effet, depuis la veille au soir, que le 6ème corps avait abandonné Vernéville pour se retirer à Saint- Privât : il avait, de plus, été averti par le maréchal Le Bœuf de l'approche de l'ennemi, et cependant ce n'est qu'au premier coup de canon que la division Grenier se porte en avant. La division Cissey prend la droite, et se relie à la gauche du 6ème corps, tandis que la division Lorencez se forme en réserve, près d'Amanvillers. La ligne de feu s'étend
promptement et gagne Saint-Privat. Placée dans une position oblique, l'artillerie allemande est prise d'enfilade par nos pièces, et subit des pertes d'autant plus grandes que la distance est moins considérable, et par conséquent favorable à notre canon de 4.

Vers midi et demi, la 23° division (hessoise), atteint l'emplacement qui lui a été indiqué au nord-ouest du bois de la Cusse ; elle s'engage aussitôt, et apporte à la 15ème division un concours opportun. Elle prend position dans le bois formé de bouquets d'arbres clairsemés, se prolonge le long du chemin de fer (en construction) de Metz à Verdun, et envoie deux bataillons protéger la réserve d'artillerie du 9ème corps exposée aux attaques impétueuses des Français. A ce moment, des détachements du 5ème chasseurs et du 13ème de ligne de la division Grenier enlèvent, près de l'extrémité du bois, sept pièces, et parviennent à en emmener deux, les autres sont reprises par le 88ème fusiliers prussiens, et un bataillon hessois.

A droite, du côté du bois des Génivaux, le combat n'est pas moins meurtrier : la division allemande a voulu se porter sur les fermes de la Folie et de Leipsig, mais la division Montaudon du 3ème corps est solidement établie dans ces positions. Les 81ème et 95ème tiennent le bois de la Folie, et rejettent les Allemands qui ne peuvent dépasser la Chantereine.

Sur tous les points, le 9ème corps prussien est donc vigoureusement contenu, il doit se borner à maintenir ses positions, en attendant que l'action prenne plus d'importance à l'extrémité des deux ailes.

A la droite (allemande), d'après l'ordre du général Steinmetz, le général Gœben qui commande le 8ème corps prussien engage l'action, au moment où le canon se fait entendre du coté de Veméville.

En face de lui, le 2ème corps français qui occupe solidement le Point-du-Jour, et jette ses tirailleurs en avant, dans des carrières d'où ils dominent le terrain qui descend vers Gravelotte.

Avant de lancer ses troupes, le général Gœben fait donner son artillerie, le 7ème corps placé en arrière en réserve, lui envoie successivement ses batteries, et bientôt plus de soixante-douze pièces prussiennes tirent sur le 2ème corps qui répond vigoureusement avec ses canons de 12.

A une heure, au moment où le feu est vivement engagé, le général Steinmetz reçoit l'ordre suivant du général de Moltke : "Le combat qu'on entend maintenant n'est qu'un engagement partiel devant Veméville, il n'exige pas l'attaque générale de la 1ère armée. Il ne doit pas montrer de fortes masses, mais éventuellement employer l'artillerie à préparer l'attaque pour plus tard. »

Le général Steinmetz ne tient aucun compte de cet ordre : il juge, sans doute, qu'il peut mieux que le général de Moltke, qui se trouve en arrière à Flavigny, juger ce qui se passe au 3ème, il sait que le 9ème corps allemand a grand'peine à résister aux violentes attaques du général Ladmirault, et il donne le signal de l'action que le feu de l'artillerie a préparée.

La 15ème division du 8ème corps doit s'avancer sur le plateau de Saint-Hubert; la 29ème brigade prenant à droite; la 30ème (Strubberg) contre la lisière occidentale du bois des aux dernière se forme en deux colonnes, marche sous un violent feu de tirailleurs, et cherche à se loger dans le bois, après un vif engagement avec quelques bataillons de la division Aymar (3ème corps). Après ce premier succès, les Prussiens tentent de s'avancer contre les fermes de Saint-Hubert et de Moscou ; mais le feu des chassepots et des mitrailleuses cause de tels ravages, que l'ennemi se replie en toute hâte. Le général Stubberg fait un nouvel effort avec l'appui d'un nouveau régiment qui lui est envoyé ; mais il échoue.

A droite de la brigade Stubberg, la brigade Wedell est parvenue à refouler du bois de les avant-postes de la brigade Jolivet, et elle lance ses tirailleurs contre la route et les repousse. Mais le 3ème chasseurs à pied et un bataillon du 76ème de ligne français, bientôt renforcés par deux bataillons du 55ème, deux du 23ème et le 12ème chasseurs, repoussent toutes les attaques, malgré l'appui que deux nouveaux bataillons sont venus apporter aux Prussiens.

Cependant l'ennemi serre de près une batterie de mitrailleuses, qui s'est trop avancée sur la route, et qui a perdu un grand nombre de chevaux et de canonniers ; mais les chasseurs et un bataillon du 23ème dégagent la batterie.

Du centre, l'action a donc gagné la droite prussienne ; mais elle s'est également étendue à la gauche de l'ennemi, et nous devons suivre de ce côté les mouvements des troupes allemandes.

La garde prussienne avait continué son mouvement, la 1ère division se dirigeant sur Habonville, la seconde marchant sur Vernéville ; mais, vers une heure et demie, le prince
Frédéric-Charles, qui s'était rendu à Vernéville, assignait ce lieu de rendez-vous aux deux divisions. Pendant ce temps, les têtes de colonnes du 12ème corps (Saxons) atteignaient Batilly.

A deux heures, le prince de Wurtemberg, qui commande la garde, reçoit l'ordre de se borner à soutenir l'action avec son artillerie, en attendant l'entrée en ligne du 10ème et du
3ème corps, jusqu'ici placés en réserve. La 1ère division de la garde prend position aux environs de Saint-Ail, la deuxième à Habonville, tandis que les neuf batteries du corps auquel viennent bientôt se joindre deux batteries à cheval de la division de cavalerie et trois autres batteries de la 2ème division, se déploient en angle obtus, à quelques centaines de mètres à l'est du chemin qui relie Saint-Ail à Habonville. Le feu de ces 84 pièces converge sur Sainte-Marie-aux-Chênes, occupé seulement par le 94ème de ligne et une batterie, et sur Saint-Privat que tient vigoureusement le maréchal Canrobert.

L'action puissante de l'artillerie de la garde et l'arrivée de ses deux divisions d'infantererie donnent un instant de répit au S"* corps allemand, qui a supporté jusqu'ici le principal effort
des Français : 15 de ses pièces sont hors de combat ; les munitions sont à peu près épuisées ; la division hessoise est cruellement décimée par le feu des chassepots.

A deux heures, le 10ème corps ayant atteint Batilly, le 12ème remonte plus au nord pour exécuter un mouvement contre l'aile droite française, la 24ème division tourne à l'est dans
la direction de Sainte-Marie, tandis que la 23ème poursuit vers Auboué. Quelques batteries du 12ème corps s'établissent à l'ouest de Sainte-Marie , dans le prolongement de l'artillerie de la garde. A trois heures , le 3ème corps atteint Vernéville , et son artillerie prend position. Plus
de 300 bouches à feu tirent à la fois sur Amanvillers , Saint-Privat et Sainte-Marie-au-Chênes.

Vers trois heures et demie, l'instant semble propice au prince de Wurtemberg pour attaquer ce dernier village. Au sud, la 1ère division d'infanterie de la garde ; au nord-ouest,
la 47ème brigade (12ème corps) ; la 48ème en seconde ligne, marchent contre le 94ème de ligne et ses six canons. Heureusement, le terrain, entièrement découvert en avant de Sainte-Marie, est défavorable aux Prussiens; le colonel de Geslin, qui commande les trois bataillons dans le village, se maintient énergiquement. Plusieurs attaques sont repoussées, et le colonel Eckert, qui dirige la première colonne de la garde, est tué. Mais l'action de l'artillerie
redouble ; Sainte-Marie prend feu ; les tirailleurs du bataillon de chasseurs de la garde prussienne gagnent les premières maisons. La position n'est plus tenable. Le colonel Geslin rallie ses soldats, sans attendre la prise imminente du village, qui rendrait la retraite impossible, et, au pas de course, sous une grêle de balles, les trois bataillons français
courent les 2,500 mètres qui les séparent de Saint-Privat.

La réserve de l'artillerie saxonne prend position au nord du village, contre Roncourt et Saint-Privat.

La garde rassemble ses troupes, et se prépare à une vigoureuse offensive contre le 6ème corps; elle attend, pour se lancer, que le 12ème corps ait mieux accentué son mouvement au nord.

Profitons de ce moment de répit pour jeter un coup d'œil sur l'ensemble de la bataille :

Tout indique que, cette fois l'action sera décisive. Les Français, battus, seront obligés de se réfugier sous le canon de Metz ; mais si la victoire leur appartient, si une vigoureuse
offensive est prise à temps, la position des armées allemandes sera bien compromise. Peu à peu les différents corps prussiens se sont étendus, s'éloignant de plus en plus de leur ligne de retraite. Le général de Moltke pensait d'abord que l'on s'arrêterait à la route de Goflans (?); mais les Français étant plus au nord, il a fallu monter jusqu'à Vernéville, puis jusqu'à Sainte-Marie, et enfin au delà d'Auboué, pour tourner la droite française. Le 12ème corps
se trouve donc à près de 30 kilomètres de sa ligne de retraite, et toute l'armée prussienne tourne le dos à ses communications, présentant un front de 13 kilomètres aux Français. Les Prussiens ont pour eux la supériorité écrasante du nombre : ils sont 240,000 contre 120,000 hommes ; mais l'avantage du terrain appartient à leur adversaire. Qui sait ce que pourrait amener une vigoureuse offensive, soutenue par la garde, et coupant en deux la longue ligne de l'Allemand ?

Malheureusement, l'armée française n'a pas de commandant en chef : le maréchal Bazaine demeure à Plappeville; il a donné l'ordre à ses lieutenants, le matin, de tenir. lereste importe peu. Si l'on est trop pressé, on se retirera en arrière, sur les positions indiquées : la défaite a été prévue, mais non la victoire. Aussi, c'est à peine si le maréchal prend garde aux détails de l'action, s'il consent à entendre les officiers qui se succèdent, porteurs de mauvaises nouvelles. « La droite faiblit ; le centre est sérieusement menacé.
— « Qu'on se maintienne! » Telle est la seule réponse que l'on peut obtenir. Le maréchal s'est désintéressé du commandement ; il veut échapper à cette responsabilité suprême, qu'il sent si lourde. Le matin, il l'a donnée à Bourbaki; il la confie à qui veut. A-t-il conscience de son infériorité qui, le 14 et le 16, l'a empêché de tirer parti de la situation ? Compte- t-il sur le hasard, ou bien obéit-il à d'autres pensées plus coupables encore ?

Le jugement de Trianon a répondu, et rend tout commentaire superflu. Bornons-nous donc aux faits. Le maréchal Bazaine n'a plus qu'une préoccupation, la même toujours, celle du
15, celle du 16, celle qui le portait à faire sauter le pont de Longeville, qui l'empêchait, à Rézonville, d'écraser l'ennemi vaincu : il craint pour sa gauche. Il est averti que quelque
bataillons se sont glissés dans le ravin, qu'une batterie a jeté des obus sur la réserve de cavalerie massée à Longeau, et cette nouvelle peut seule l'arracher à son indifférence et
décider à monter à cheval, pour faire placer et surveiller lui-même, en avant du Saint-Quentin, deux batteries de 12 destinées à arrêter cette tentative des Allemands.

Depuis quatre heures, 700 pièces de canon tonnent furieusement; 10,000 hommes sont déjà à terre. Le moment est venu de prendre un parti, de se rendre compte, de décider ce que l'on veut, et, au milieu de cet écrasement, devant ces villages qui brûlent, ces soldats qui meurent par milliers, le maréchal juge inutile de paraître sur le champ de bataille !

Leroi de Prusse, de Moltke, le prince Charles, Steinmetz sont au feu ; lui demeure obstiné à côté de ces deux batteries, se refusant à entendre la canonnade qui se rapproche menaçant
les demandes de secours, les avis, enfin, précurseurs de défaite.

Et, cependant, le soldat tient toujours. Il combat au hasard, sans direction, sans but, sans chef ; à droite, au centre, à gauche, partout, il repousse les tentatives furieuses de l'ennemi. Chaque corps d'armée, chaque division lutte pour son compte, ignorant ce qui se passe plus loin, incapable de porter secours, ou de profiter des avantages obtenus. Et la garde, indécise, demeure toujours en arrière, son chef ne sachant qui entendre, craignant de s'engager mal à propos, et redoutant, non sans raison peut-être, cette responsabilité immense que le maréchal Bazaine a voulu faire peser sur lui.

Revenons au combat. Suivons les efforts de l'ennemi, à sa droite d'abord, puis au centre et à la gauche, où l'action va bientôt se dénouer. De son côté aussi, les divers assauts sont tout d'abord si peu reliés, si décousus, qu'il semble qu'il n'y ait pas là une seule bataille, mais plusieurs combats bien distincts.

Ce n'est que plus tard que nous verrons la pensée dominante se dégager, le grand mouvement tournant s'opérer sur Saint-Privat, écraser la droite française, et forcer l'armée
de Metz à la retraite, alors qu'au centre et à l'aile gauche, elle pouvait se croire victorieuse.

Suivons le général Steinmetz jusqu'au soir.

A la droite allemande, la 18ème division du 8ème corps, avec l'artillerie du 7ème se trouvait seule engagée. Un ordre formel du général de Moltke prescrivait au 7ème corps de ne pas entrer en ligne. On conçoit, en effet, qu'il ait semblé utile de conserver une réserve puissante, pour soutenir la retraite, dans le cas de perte de la bataille ; l'on ne pouvait compter absolument sur le concours du 2ème corps, que nous avons vu précédemment quitter Pont-à-Mousson pour marcher en toute hâte. Mais, le général de Zastrow, pressé sans doute par le général Steinmetz, crut, cependant, pouvoir faire avancer quelques-unes de ses troupes. La 2ème brigade,
commandée par le général Conrady (le général de François avait, on s'en souvient, été tué à Spicheren), fut donc massée au sud de Gravelotte; la 28ème au sud-ouest du village.

L'artillerie du 8ème corps tirait, depuis le début, sur la ferme Saint-Hubert, que la 15ème division avait déjà menacée. Vers deux heures et demie , les 29ème et 30ème brigades s'avancent des deux côtés de la route, les ailes s'efforçant de déborder les Français, qu'elles parviennent à
chasser des carrières de Saint-Hubert. Mais la brigade Sanglé-Ferrières (80 et 85ème de ligne) occupe solidement le terrain en avant et en arrière de Saint-Hubert, et lorsque l'ennemi veut jeter sur le bâtiment le gros de ses colonnes, il est énergiquement repoussé.

Deux nouveaux régiments (60ème 28ème et un bataillon du 33ème) viennent soutenir le 8ème chasseurs et le 67ème de ligne prussiens, qui ont conduit l'attaque. Un nouvel effort est ordonné. Le bataillon du 80ème français, qui occupe Saint-Hubert, refoule une seconde fois l'assaillant ; mais, entouré de tous côtés, son chef tué, la moitié de son effectif à terre, il est obligé de se replier sur Moscou, après avoir lutté jusqu'à la dernière minute.

L'ennemi serre de si près les vaillants défenseurs de Saint-Hubert, que le génie est obligé de faire une brèche au mur du jardin, pour permettre aux Français de sortir.

Deux fois, les Allemands veulent déboucher de la ferme de Saint-Hubert, si chèrement payée; deux fois, ils sont obligés de regagner précipitamment cet abri.

Le commandant du 8ème corps appelle alors sa seconde division (16ème Barnekow). La 31ème brigade (celle-là même, général Gneisenau, qui a échoué, le 14, devant Thionviile et qui a rejoint son corps en toute hâte) se forme sur deux colonnes : quatre bataillons entre la ferme
Saint-Hubert et le bois de Genivaux, et deux à gauche de la 15ème division. Mais, cette tentative échoue complètement.

Un régiment des voltigeurs de la garde est venu, sur la demande du maréchal Le Bœuf, appuyer la gauche du 3ème corps. A quatre heures, le commandant de la 1ère armée allemande prescrit de faire avancer le 7ème corps : la brigade de Goltz se dirige sur Vaux, tandis que les autres brigades menacent le Point-du-Jour, et que quatre batteries gravissent les pentes, pour se rapprocher de Saint-
Hubert. Pour appuyer ce mouvement, le général Steinmetz donne alors à la 1ère division de cavalerie l'ordre vraiment incroyable de monter sur le plateau. Le 4ème uhlans se déploie à droite de la route ; mais il est criblé, perd un grand nombre d'hommes, et se replie en toute hâte sur le bois de Vaux. Cette retraite amène un certain désordre : quelques-uns des bataillons de DU BARAIL centre son feu sur Amanvillers. Le 4ème corps français est donc pris de flanc par les batteries du 2ème corps et de la garde, tandis que celles des 9ème 10ème et 3ème corps le pressent de front.
Cependant le général de Ladmirault tient encore ; une batterie de la garde vient se joindre à la réserve qui soutient seule tout l'effort du côté de Saint-Privat. En même temps, les grenadiers et les zouaves arrivent, bientôt suivis par quatre batteries de la réserve de la garde. L'ennemi se montrant trop entreprenant, une charge brillante des zouaves le rejette en arrière. La droite du 4ème corps se replie en bon ordre, mais à Amanvillers et à Montigny-la-Grange, les Français gardent leurs positions.

 huit heures quarante, le feu cesse. Le général Bourbaki envoie une reconnaissance vers Saint-Privat, et l'on constate que les Allemands n'occupent pas le village : des soldats du 4ème corps vont même rechercher leurs sacs qu'ils ont abandonnés le matin : à onze heures
du soir Amanvillers est évacué, et une demi-heure plus tard la garde se retire à son tour.

Le 3ème corps conserve ses positions jusqu'à trois heures du matin : sur l'ordre du maréchal, il se retire en arrière, le 2ème corps suit ce mouvement. Ajoutons ce dernier et sinistre détail qu'un grand nombre de blessés sont abandonnés, le maréchal Bazaine ayant négligé de prévenir l'intendant en chef, et les ambulances du quartier général étant restées à
Plappeville !

« Cette bataille di' Amanvillers (I), à laquelle les Prussiens ont donné le nom de Gravelotte, dit un témoin qui ne saurait être accusé de partialité, le général Frossard, pouvait-elle
être gagnée par l'armée française ? Qu'on nous permette de dire, sans aucune pensée de critique, que nous pouvions avoir toutes chances favorables et grandes espérances si, dès le matin du 18, lorsque les mouvements reconnus de nos ennemis n'ont plus laissé de doute sur l'imminence d'une attaque, le corps de la garde impériale avait été porté en
arrière de notre aile droite, avec la réserve générale d'artillerie de l'armée. C'était le point faible, le seul point faible de notre ligne Nous devons peut-être avoir plus de regrets de cette bataille perdue que de tous nos autres malheurs.

« La victoire, ce jour-là, eût été le salut. »

Le lendemain 19 août, l'armée française, repliée sous le canon de Metz, occupa les positions suivantes : le 2° corps, sur le versant sud de Saint-Quentin, sa gauche à Longeville, le 3° sur le plateau de Plappeville, sa gauche à Lessy; le 4ème à partir de Lorry sur le contre-fort du Goupillon ; le 6ème à sa droite, au château du Sansonnet et dans la plaine, en avant du saillant nord du fort Moselle ; la garde impériale sur les pentes est du Saint-Quentin, vers le ban Saint-Martin, où fut placé le quartier général; enfin la cavalerie de réserve dans l'île Chambière.

Ces positions sont celles que le maréchal Bazaine avait fait reconnaître dans la matinée du 18, avant la bataille, par le colonel Lewal, et qui avaient été indiquées ensuite aux divers
chefs de corps pendant l'action, comme pour mieux montrer que l'intention du commandant en chef n'était pas de profiter des résultats heureux obtenus par le courage des
soldats.

Un dernier mot :

Vers les cinq heurps et demie ou six heures, du plateau du Saint-Quentin, le maréchal Bazaine vit quelques convoyeurs, des blessés pris de panique, redescendre précipitamment dans la vallée.

« Que faire avec de pareilles troupes ? s'écria-t-il en s'adressant aux officiers de son état-major.

En rendant compte à la reine de Prusse de la bataille, le roi écrivit : « Nos troupes faisaient des prodiges de valeur contre un ennemi brave également, qui disputait chaque pas, et prenait souvent l'offensive, »

La journée avait été rude : les Français avaient 12,273 hommes dont 589 officiers, hors de combat, y compris les généraux Golberg, Henry, Bellecourt, Collin, Pradier blessés, Hombin disparu. Il faut déduire deux à trois mille débandés repliés sur Metz qui rejoignirent leurs corps. Le 6ème corps était le plus éprouvé (5,200 hommes hors de combat), le
2ème corps n'avait eu que peu à souffrir (594 hommes et 27 officiers atteints.)

Du côté de l'ennemi, les pertes étaient bien plus considérables : elles atteignaient 20,000 hommes, sur lesquels 904 officiers y compris les généraux, Craushaar tué. Pape, Medem, Blumenthal, blessés. Certains régiments avaient subi des pertes excessives, principalement
dans la garde :

Le 1" régiment de la garde 41 officiers et 1,022 hommes.

Le 2* régiment de la garde 40 officiers et 1,032 hommes.

Le 3* régiment de la garde 39 officiers et 1,052 hommes.

Le régiment de grenadier (Emp. Alex.). . . 39 officiers et 1,018 hommes.

Les carabiniers de la garde 17 officiers et 442 hommes.

Les chiffres qui précèdent sont empruntés à l'ouvrage de Bœrbstœdt : mais nous avons tout lieu de croire que l'auteur allemand s'est trompé, et que les pertes sont plus considérables qu'il ne l'indique. Les chiffres mêmes qu'il cite le prouvent : Nous transcrivons :

Garde 315 officiers et 7,785 hommes.

8* corps 189 officiers et 3,220 hommes.

9* corps 120 officiers et 2,341 hommes.

2* corps 58 officiers et 1,278 hommes.

Saxons 89 officiers et 1,862 hommes. '

Hessois 77 officiers et 1,721 hommes.

Ce qui donne un total de . . . . 848 officiers et 18 207 hommes.

Mais Bœrbstaedt ne parle pas du 7ème, du 3ème et du 10ème corps, (ces deux derniers, il est vrai, sont restés en réserve, et n'ont pour ainsi dire pas été engagés), le 7ème corps seul a eu hors de combat 104 officiers et 2,010 hommes; le chiffre de 20,000 est donc déjà dépassé et il reste les 3*, et 10* corps (1). On peut donc estimer à 22,000 le total des Allemands mis hors de combat dans la journée du 18.

(1) Le maréchal Bazaine, pour mieux montrer qu'il entendait se tenir sur la défensive a donné à l'action le nom de Défense des lignes d' Amanvillers : le nom de Saint-Privat a prévalu à juste titre car c'est autour de ce village que la lutte a été partieuliétement acharnée et décisive. Quant au nom de Gravelotte, il ne peut s'expliquer que par cette considération que le roi de Prusse est resté dans cette direction une partie de la jounée

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"Tant que les Français constitueront une Nation, ils se souviendront de mon nom."

Napoléon.


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Message Publié : 18 Août 2010 11:03 
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Message Publié : 30 Août 2010 10:44 
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Cette guerre de 70 est mal connue. Merci de nous faire revivre ces grandes batailles... Finalement, nous sommes passés à côté d'une victoire ! De quoi être enragé : je ne sais plus qui a dit : "LEs Français sont des lions commandés par des ânes... :11:

Honneur aux combattants quand même ! :AI: cette armée impériale n'était pas si nulle que ça...


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