L'Énigme des Invalides

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Message Publié : 21 Jan 2012 15:56 
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Quelle différence entre ces deux images du cercueil dans le tombeau de Sainte-Hélène ?

En fonction des témoignages en 1821 et plus tard, en 1840
Image Image
1821*********************1840

Aucune, disent les légalistes !

Plus sérieusement : les madriers placés en 1821 sous le cercueil ont disparu en 1840, mais les cordes enlevées en 1821 sont revenues en 1840.

* Les décorations:

Constat:

Il manque l'ordre de la Réunion (Marchand). Bertrand parle des cordons et des plaques (il y en avait donc au moins deux de chaque). Le Grand Cordon de la Légion d'Honneur aura donc été passé par-dessus l'habit, comme pour les grandes cérémonies (tenue de parade), et non sous l'habit, comme on le trouve en 1840 (tenue simple).

Image
Tableau attribué à Mauzaisse, réalisé sur les conseils de Marchand, exposé en 1843.

Contra:

Les légalistes insistent sur la fragilité des témoignages humains. Ils insistent sur le témoignage d'Antomarchi qui est conforme à la description de 1840.

Etat de la recherche:

Les témoignages de Marchand et de Bertrand ne sont pas écartables.

* Les bas de soie, mis en 21 et manquants en 40:

Constat:

En 1840, plusieurs témoins indiquent que les doigts de pieds sont nus (Guillard, Chabot, Las-Cases). C'est donc que les bas de soie manquent.

Contra:

Arguments divers et contradictoires des légalistes. Parfois, ils disent que les bas ont été oubliés, ou bien qu'ils se sont déchirés.

Etat de la recherche:

Témoignage d'Ali connu depuis 2003 seulement: les bas auraient pris une couleur "chair": ainsi, pour certains légalistes, on aurait pu "deviner" les ongles de pied au travers. Cette explication ne semble pas convaincante.

* Les bottes décousues identiquement aux deux pieds alors que tout le reste est en parfait état de conservation.

Constat:

Plusieurs témoins en 1840, constatent que les bottes se sont ouvertes au bout des pieds, laissant passer de chaque côté quatre orteils.

Contra:

Les légalistes soulignent que tous les témoins ne sont pas d'accord: Gourgaud et Coquereau ne signalent qu'une des bottes.

Etat de la recherche:

Le témoignage d'Ali en 1840 (connu en 2003), met fin à la polémique: il parle des bas; c'est donc bien les deux bottes qui étaient "ouvertes" !

* Les éperons manquants:

Constat:

En 1821, ils sont mentionnés par Marchand, Bertrand et Antomarchi. En 1840, personne n'en parle, à l'exception de l'abbé Coquereau..

Contra:

Ce n'est pas parce qu'ils n'ont pas été mentionnés qu'ils sont absents. Et puis, on a pu les retirer juste avant l'inhumation.

Etat de la recherche:

Noverraz -accusé d'avoir volé les éperons dans les années 1830- a répliqué qu'ils avaient été passés aux bottes de l'Empereur. Ils devaient donc bien être présents en 1840. Le fait qu'aucun témoin ne les ait mentionnés (hormis Coquereau) laisse donc supposer qu'ils sont bien absents en 1840.

* Le corps en meilleur état de conservation en 40 qu’en 21:

Constat:

L'état du corps en 1840 n'est pas la suite logique de la description du cadavre par Antomarchi en 1821.

Contra:

Simple adipocire pour les légalistes. Mais le ventre affaissé, dur au touché, l'état des mains (peau souple et rosée), dément cette hypothèse et fait davantage penser à une momification par déshydratation...

Etat de la recherche:

Les Dr Chatenet et Stéphany soulignent les points contradictoires.

* Les dents d’une parfaite blancheur en 40

Constat:

Napoléon avait des dents noires et abimées.

Contra:

Les dents de Napoléon étaient bien conservées et d'une parfaite blancheur.

Etat des recherches:

Cette objection des légalistes est fondée. La noirceur des dents de Napoléon viendrait de son habitude à sucer du réglisse. Cet argument est abandonné.

* La barbe et les cheveux qui repoussent

Constat:

L'enseigne Pujol rapporte que Marchand s'étonne de la barbe sur le visage de l'exhumé, alors qu'il se souvient que l'Empereur a été rasé deux fois après sa mort. De même, il l'entend dire que les cheveux qui restent sont intacts. Or, le crâne de Napoléon avait été entièrement rasé.

Contra:

La barbe repousse après la mort. Ne serait-ce que par dessication (déssèchement de la peau et exfoliation des racines des poils). Pour les cheveux, quelques-uns auraient pu demeurer à l'arrière du crâne ou autour des oreilles.

Etat des recherches:

Selon certains témoignages, la barbe de Napoléon aurait été rousse. Il est impossible de départager les deux thèses en présence.

* Les vases baladeurs (contenant le cœur et l’estomac):

Constat:

Antomarchi et Lowe signalent les vases contenant le coeur et l'estomac de part et d'autre du corps (aux angles du cercueil, dit Antomarchi). En 1840, ils sont sous les jambes qui sont fléchies.

Contra:

Ils ont pu être mis sous les jambes au dernier moment; les vases ont pu bouger suite aux mouvements imprimés au cercueil...

Etat des recherches:

Les "compagnons" n'ont pas récupéré le vase contenant le coeur de Napoléon, contrairement au voeu de l'Empereur qui avait demandé que son coeur soit remis à Marie-Louise.

* Les jambes fléchies en 40:

Constat:

En 1821, il était inutile de fléchir les jambes de l'Empereur pour le faire "entrer" dans son cercueil. La rigidité cadavérique aurait rendu l'opération impossible.

Contra:

Les légalistes mettent en doute ce point. Certains vont jusqu'à dire qu'on s'est contenté d'écarter les jambes pour y mettre les vases. Ils s'appuient sur le témoignage de Millington.

Etat des recherches:

Millington semble donner raison aux légalistes. Mais le terme anglais est imprécis en français...

* Le nombre de cercueils

Constat:

3 cercueils dans le PV établi en 1821 par Montholon, Bertrand et Marchand (fer blanc, plomb, acajou). Description reprise par Hudson Lowe. En 1840, Marchand, dans une lettre à Joseph, ne mentionne que 3 cercueils :"à midi, le cercueil d'acajou et celui de plomb étaient ouverts. Il ne restait plus que celui de fer blanc". En 1842, dans ses mémoires: 4 (fer blanc, 1er acajou, plomb, 2ème acajou).

Contra:

Les témoignages anglais, de Darling, de Darroch en 1821 et de Millington avant l'exhumation mentionnent bien 4 cercueils.

Etat des recherches:

En 1840, Thiers déclare que le PV rédigé par Marchand est en tout point conforme au rapport secret d'Hudson Lowe. Les deux documents ne mentionnent que 3 cercueils. Il est permis de penser en reprenant le témoignage de Darling qu'une caisse en bois non fermée séparait le fer blanc du plomb. C'est Antomarchi le 1er qui mentionne un second cercueil en acajou en 1825, ce qui aurait induit en erreur les faussaires.

De plus, le manuscrit Millington de 1837, retrouvé récemment, ne mentionne que 3 cercueils. C'est après 1838 que l'écrit original est modifié pour mentionner 4 cercueils !

Enfin, le cercueil extérieur d'acajou était trop étroit pour loger dans le sarcophage d'ébène. E. Las Cases écrit :

"Ils prirent les mesures du cercueil qui se trouvèrent être les suivantes; 1 mètre 91 cent. de long sur 65 cent. dans sa plus grande largeur; puis on procéda à l'extraction du cercueil."

On a objecté que seul Las Cases donne les mesures du cercueil extérieur. Le comte Chabot lui-même, censé avoir noté de telles mesures (vu son rôle dans cette expédition) pour son rapport officiel ne mentionne rien... On pourrait douter du témoignage de Las Cases sur ce point, à cause de l'omission de Chabot. Mais, heureusement, Arthur Bertrand confirme aussi que la dimension du cercueil fut prise :

"Le cercueil est ensuite retiré du caveau et transporté dans une tente dressée près de là. Dès la veille, on y avait apporté le sarcophage en ébène envoyé de Paris. On reconnut que le sarcophage était trop étroit pour contenir la bière dont les dimensions furent mesurées avec exactitude. Les planches en acajou de ce premier cercueil furent donc enlevées; elles ont été portées à bord, et là religieusement partagées entre l’équipage et les passagers de la Belle Poule."

L'audition de Marchand par la commission scientifique désignée par Rémusat clôt la discussion :

"Dès le 7 au matin, le corps répandait déjà une odeur putride assez prononcée, et le soir du même jour, il fut déposé dans un premier cercueil en fer blanc, doublé de soie blanche, la tête soulevée par un oreiller de même étoffe. Ce premier cercueil fut soudé avec soin et placé dans un second cercueil en plomb, dont tous les compartiments furent exactement soudés; celui-ci fut enfin renfermé dans une caisse en acajou de 18 millimètres d’épaisseur environ, et fermée avec des clous à vis."

Lettre du 5 juin 1840 adressée par la commission au ministre Rémusat.

Nos sincères remerciements et toute notre gratitude au Carré Impérial, auteur de cette trouvaille.

viewtopic.php?f=29&t=4868&p=45558#p45558

On peut rajouter à ces éléments l'affaire du masque mortuaire:

Constat:

En 1821, le masque réalisé par Burton en deux morceaux, est considéré comme trop tardif, le visage de l'empereur n'ayant plus sa sérénité et son rajeunissement constatés 6 heures après sa mort. Il a un caractère vieillardé, comme l'écrit Bertrand.

En 1833, le masque officiel, signé par Antomarchi, serait composé de deux pièces, sans compter celle de l'arrière du crâne, conservée par Burton. Il révèle un visage jeune et serein. Mais le visage est trop étroit, le front trop bombé et le nez trop long et trop cabossé. Pourtant, le visage de l'exhumé a bien la même apparence que le masque officiel.

Un "death mask of Napoleon", apparu en 1938, s'apparente de très près aux photos de Walewski, le fils naturel de Napoléon.

Contra:

Les légalistes soutiennent l'authenticité des masques Antomarchi qui bénéficieraient d'une traçabilité certaine et continue. "Le" masque rappelle certains portraits idéalisés du 1er Consul. Il est conforme aux descriptions faites en 1840 du visage de l'exhumé.

Etat des recherches:

Le death mask comporte une sorte d'anfractuosité sur la joue gauche (cicatrice ou fossette ?). Il se superpose assez bien avec le visage de Walewski. On retrouve ces éléments dans le portrait peint par Eastlake en 1815.

Enfin et surtout, l'analyse ADN des poils trouvés sur le death mask, par le Pr Gérard Lucotte, révèle l'ADN mitochondrial de Napoléon. Ceci clôt la polémique bien que les institutions et les media fassent silence sur cette découverte.

CIPRIANI ImageImageNAPOLEON par Ingres (et le death mask superposé)

On constate une bonne adéquation entre le visage peint par Ingres et la photo du death mask !

D'ailleurs, le criminologue américain Hickey constate que le logiciel de reconnaissance "physionomique" indique 65% de compatibilité entre le death mask et les photographies de Walewski (5% pour le masque Antomarchi) !!!

ImageImage



POUR ALLER PLUS LOIN : http://empereurperdu.com/accueil.html

http://empereurperdu.com

_________________
"Tant que les Français constitueront une Nation, ils se souviendront de mon nom."

Napoléon.


Dernière remontée par Bruno Roy-Henry le 21 Jan 2012 15:56.


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