L'Énigme des Invalides

Nous sommes actuellement le 14 Déc 2019 20:42

Le fuseau horaire est UTC+1 heure




Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 6 message(s) ] 
Auteur Message
 Sujet du message : Un juif attaque Napoléon !
Message Publié : 05 Sep 2006 10:56 
Hors-ligne
Rédacteur
Rédacteur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 14 Déc 2002 15:30
Message(s) : 14097
Par Schlomoh Brodowicz pour Guysen Israël News

Jeudi 3 août 2006 à 23:19


Le soir du 8 février 1807, au soir de la bataille d’Eylau livrée contre les Russes en Prusse orientale, Napoléon 1er s’entend dire par ses officiers que cette victoire a coûté la bagatelle de 13 000 morts à la Grande armée. Le mot qu’il a alors restera dans l’histoire : « Une nuit de Paris réparera tout ça ». L’Empereur était du reste aussi excessivement optimiste que cynique. En effet, à cette époque, les ébats nocturnes de la France tout entière ne produisaient pas 13 000 garçons. Enfin, quand on aime on ne compte pas dit la sagesse populaire.


Et c’est bien ainsi que la France l’a entendu qui a fait de ce boucher de l’Europe un héros national en gravant ses épisodes sanglants dans la pierre pour la postérité. En lui édifiant un tombeau pharaonique, en donnant à de prestigieuses artères les noms des lieux et des hommes marqués par ses idéaux de fureur guerrière.
Et combien de spectateurs Abel Gance n’a t-il pas fait vibrer, en montrant comment les canons du grand stratège pilonnaient les étangs gelés d’Austerlitz pour y noyer ceux qui faisaient retraite ?

Mais pour la France humaniste de la nouvelle Europe, ce culte de la guerre appartient au passé. Enfin c’est le bruit qui court. Parce cette France vit si bien à l’heure de la discrimination positive qu’en matière de boucherie, notre diplomatie distribue ses humeurs avec une sélectivité qui laisse rêveur…ou désabusé.



Haut
 Profil  
 
Message Publié : 05 Sep 2006 10:59 
Hors-ligne
Rédacteur
Rédacteur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 14 Déc 2002 15:30
Message(s) : 14097
13. Napoléon
Jusqu’à maintenant, je lisais souvent votre « web journal » parce que j’ai du respect pour l’État d’Israël et pour son courage. Moi qui ne suis pas juif, j’ai même, parce que je l’admire, parce qu’il est patriote et qu’il est un grand homme, déposé une prière pour Ariel Sharon sur votre site.
Je ne vous lirai plus. Le début de votre article sur Napoléon est simplement abject (votre lecteur dit « un peu sévère », c’est un euphémisme. Celui qui signe Marc est plus proche de la vérité, même s’il a mal tapé les dates auxquelles il se réfère). Il vous déshonore. Ne parlons pas de cette citation, dont la source n’est même pas mentionnée. Le degré le plus bas du journalisme ! Je connais ainsi nombre de citations hostiles à Napoléon que certains auteurs sont allés puiser, sans le préciser il va de soi, entre autres dans les Mémoires de Metternich. Une indéniable garantie d’objectivité !
Si votre chroniqueur le reste de son analyse est remarquable était de bonne foi (la situation actuelle au Liban peut expliquer, par une forme d’amalgame courante, cette charge indigne contre Napoléon), il saurait que Napoléon n’a jamais déclaré de guerre, et que l’appellation de « guerres napoléoniennes » n’est qu’une honteuse manipulation sémantique fabriquée de toutes pièces par les Anglais, qui voulaient faire oublier qu’ils avaient dépensé 66 millions de livres or (de l’époque, c’est un chiffre officiel) pour payer les monarchies d’Europe afin de déclarer des guerres incessantes à Napoléon) pour l’abattre lui et cette France dont il avait fait une nation forte, rivale d’Albion. Ce que les Anglais ne pouvaient supporter. Il n’y a pas de guerres napoléoniennes, mais des guerres de Coalition. J’ose espérer que vous saisirez la nuance.
Je vous rappelle aussi les nombreuses tentatives anglo-royalistes d’assassinat de celui que vous appelez le (futur) « boucher » : une vingtaine de morts et 56 blessés le 24 décembre 1800 lors de l’attentat de la rue Saint-Nicaise.
Ces informations mensongères ont été reprises ensuite par les royalistes français, désireux de faire oublier que de 1800 à 1815, en prenant les armes contre leur pays, ils ne sont rien d’autres que ce que ceux qui ont connu l’occupation en France appellent des « collaborateurs », dont la plupart ont été activement complices des déportations de vos compatriotes. Le père d’un historien français bien connu figure dans cette sinistre liste des « 1 060 criminels de guerre et de quelques complices » dressée par le site juif « Mémoire juive et éducation ».
À Austerlitz, Napoléon n’a jamais donné l’ordre de tirer sur les étangs par où s’enfuyaient les Russes dont le souverain avait déclaré la guerre à la France. Au contraire, il a fait soigner les blessés que le tsar, en s’enfuyant, avait laissé sur le terrain. C’est l’erreur d’un commandant de l’artillerie de la Garde Impériale qui est à l’origine de cette légende tenace, parce que bien pratique. Quant aux fameux étangs, présentés par la propagande antinapoléonienne comme de véritables abysses, ils n’étaient, en fait, que des viviers artificiels de peu de profondeur. Quand les « étangs » furent dragués, on y trouva les cadavres de 160 chevaux et de… deux soldats russes.
Il est d’ailleurs piquant de noter que les culpabilités sont toujours à gravité variable selon qu’elles incombent à Napoléon ou à ses ennemis : sauf erreur, personne n’a jamais fait reproche aux Russes d’avoir, au passage de la Berezina en 1812, tiré à boulets redoublés sur la Grande Armée en retraite. Pourtant, il y avait, dans cette cohue, nombre de civils, de femmes et d’enfants innocents, qui furent massacrés par milliers.
Quant à l’Espagne évoquée par votre lecteur, elle fut, c’est incontestable, une véritable erreur, mais il était hors de question de laisser les Anglais utiliser le Portugal où ils régnaient en maîtres absolus comme base de départ vers l’Espagne, puis vers la France. C’est ce qui se passera en 1814.
La Russie elle aussi fut une erreur tragique, qui ne trouve son origine que dans la volonté de Napoléon d’obliger le tsar à respecter les clauses du traité de Tilsit de juillet 1807, relatif au Blocus continental, qui ruinait – et c’était bien ainsi – l’Angleterre.
Être Juif et traiter ainsi l’homme qui vous a fait sortir de la condition humiliante qui était la vôtre, qui a fait de vous des citoyens à part entière, qui a mis vos rabbins sur un pied d’égalité avec les prêtres catholiques et les pasteurs protestants est, je l’ai écrit plus haut, sordide, et indigne du représentant d’un État valeureux comme Israël.
Ce n’est tout de même pas sans raison, à moins que vous ne soyez masochiste, qu’un cru casher de bordeaux porte le nom de Napoléon « en reconnaissance, dit l’étiquette, de ce que l’Empereur a fait pour la communauté israélite ». Fin de citation.
Napoléon est décidément le bouc émissaire idéal du monde entier, celui qui cristallise sur sa tête tous les mécontentements Il y eut d’abord celui des anciens colonisés, qui, furieux d’une loi qui eût pu mettre en valeur quelques aspects de la colonisation française – il doit bien y en avoir – conduisirent le gouvernement français à mettre aux oubliettes la commémoration de la victoire d’Austerlitz, qui, notons-le, n’est pas la victoire de Napoléon mais celle de l’État français sur les deux monarchies qui lui avaient déclaré la guerre. Aujourd’hui, c’est Israël qui entre dans ce jeu peu honorable parce qu’il est mécontent de la position française dans l’affaire du Liban.
Un dernier mot : vous cherchez un « boucher » de cette époque ? Traversez la Manche et demandez où se trouve la tombe de William Pitt. Vous serez arrivé.

Jean-Claude Damamme
Écrivain
Membre de la Société des Gens de Lettres
Membre de l’Association des Écrivains Combattants
Représentant pour la France de la Société Napoléonienne Internationale de Montréal

(PS : je m’attends à ce que certains passages soient supprimés pour cause de non-conformité avec votre « éthique »)


Jean-Claude Damamme, Neuilly/Seine (04/08/2006)


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message : Schlomoh réplique...
Message Publié : 05 Sep 2006 11:03 
Hors-ligne
Rédacteur
Rédacteur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 14 Déc 2002 15:30
Message(s) : 14097
16. A M Jean Claude Damamme
Ah Bigre ! Si J'avais su que ma petite saillie sur l"Empereur déclencherait autant de passions - alors que l'essentiel de l'article était bien ailleurs - j'aurais remis plus d'une fois sur le métier mon ouvrage. En premier lieu je suis heureux que contrairement aux craintes de M. Damamme, aucun de ses propos n'aient été "censurés". Et de plus je respecte les titres que ses mérites lui ont acquis. Si le mot que j'ai attribué à Napoléon n'est pas authentique, alors je bats ma coulpe. Ceci dit, on ne m'ôtera pas de l'idée que même si la France issue de la Révolution était menacée par les monarchies qui craignaient la contagion de ses idées, Napoléon, stratège s'il en fut, ne détestait pas la guerre et son goût pour les faits de gloire et les soirs de victoire n'est pas une légende. On se convainc même que cette passion était communicative lorsqu'on lit dans "les Misérables" la fougue talentueuse et pathétique avec laquelle Victor Hugo décrit le désastre de Waterloo.Si j'ai heurté M. Damamme je lui fais mes excuses. Reste que les victimes d'alors pesaient bien moiins lourd que celles d'aujourd'hui. Surtout quand elles sont le fait des Juifs...
Schlomoh Brodowicz - Paris, Paris (06/08/2006)


Haut
 Profil  
 
Message Publié : 05 Sep 2006 11:05 
Hors-ligne
Rédacteur
Rédacteur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 14 Déc 2002 15:30
Message(s) : 14097
18. Napoléon
À M. Schlomoh Brodowicz
Je vous remercie, Monsieur, de la peine que vous avez prise pour me répondre. J’y ai été sensible.
Il me plairait cependant de vous faire observer que le vocable de « boucher » que vous avez utilisé à propos de Napoléon n’est pas, contrairement à ce que vous m’écrivez, une « petite saillie ». Traiter quelqu’un de boucher est une injure grave. Que diriez-vous si l’un de vos lecteurs traitait M. Ehud Olmert de « boucher du Liban » ?
En tant que Juif, vous seriez révolté, et l’admirateur de l’État d’Israël que je suis – je l’ai écrit précédemment – vous comprendrait parfaitement.
D’autre part, ne doutez pas que j’ai parfaitement saisi – je l’ai également laissé entendre dans mon précédent message que votre propos était ailleurs, et j’ai totalement souscrit à votre analyse.
Avec mon ami Ben Weider, Juif polonais comme vous, et que je représente en Europe, nous nous efforçons de rétablir un certain nombre de vérités au sujet de Napoléon. Et, à lire les propos – dont je préfère ne pas souligner l’indigence pour me limiter à cet euphémisme, et auxquels il ne me viendrait pas à l’idée de répondre de Roboam, votre correspondant de New York, et de certains autres, je constate que nous avons encore, si vous voulez bien me pardonner cette expression un peu vulgaire, du « pain sur la planche ».
Vous évoquez Victor Hugo, dont j’admire le génie au-delà de toute expression, mais le langage poétique se prête volontiers à des outrances qui sont totalement étrangères à l’Histoire.
Je viens de terminer, pour le site de l’International Napoleonic Society (celui de Ben Weider) une série d’articles sur la campagne de 1806 en Prusse, qui s’est achevée, comme vous le savez, sur la défaite de ceux qui avaient déclaré la guerre.
Ce qui importe, ce n’est pas la victoire de Napoléon (et de la France) – qui ont bien été attaqués par la Prusse – mais les efforts que Napoléon a accomplis – et cela repose sur des faits et des correspondances, y compris prussiennes pour que cette guerre n’ait pas lieu. Il avait fait de même avant Austerlitz, qui n’est pas non plus le résultat d’une « agression » française, ou napoléonienne au choix.
Sans répondre à celui qui croit bon de ne signer que « hh », je dirai que je ne suis pas de ces Français stupides qui ne supportent pas que l’on « titille » je reprends son mot – leur « ego ». J’estime simplement que la critique doit être nourrie de véritables connaissances et ne pas se contenter de propos, je dirai, extrêmes, et que tenter de défendre la mémoire d’un homme honorable, quoiqu’en pensent quelques-uns de vos correspondants, est un acte de justice élémentaire.
Je crois également utile de rappeler que les Anglais, dont le Premier ministre Pitt fut, lui, l’authentique « boucher » de cette époque, en payant des guerres incessantes, sont également les inventeurs des camps de concentration d’affreuse mémoire, en la personne, non de Napoléon, n’en déplaise à certains, mais de Lord Kitchener. Cela se passait en Afrique du Sud, à la fin du 19è siècle et au début du 20è.
Vous écrivez que Napoléon « ne détestait pas la guerre et son goût pour les faits de gloire et les soirs de victoire n'est pas une légende ». Qui, après avoir été attaqué comme Napoléon et la France, car je ne puis dissocier les deux – l’ont été ne serait pas satisfait d’avoir remporté la victoire. Je pense qu’il en est de même pour Israël que vous défendez, et je vous en félicite, avec beaucoup de talent et de conviction.
Vous ne m’avez pas heurté, Monsieur, mais un propos, pardonnez-moi aussi « simplet » de la part de l’auteur d’un article aussi remarquable était et reste choquant.
Je crois que nous sommes, vous et moi des hommes de conviction, et au-delà de ce point d’injustice, qui signe une (relative) méconnaissance de l’époque, et que mon devoir d’historien et « d’écrivain napoléonien » me faisait interdiction d’ignorer, je suis heureux de saluer en vous une race en voie d’extinction : un patriote.
Jean-Claude Damamme



Haut
 Profil  
 
 Sujet du message :
Message Publié : 05 Sep 2006 11:09 
Hors-ligne
Rédacteur
Rédacteur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 14 Déc 2002 15:30
Message(s) : 14097
Voilà une belle conclusion digne d'un patriote et d'un écrivain napoléonien !

Je salue pour ma part la conviction et le talent de Jean-Claude Damamme avec qui je suis toujours heureux et honoré de converser.

Bravo et merci !
:VE2:


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message :
Message Publié : 05 Sep 2006 13:23 
La lecture de ce vibrant plaidoyer est un régal pour tout napoléonien qui se respecte et, au-delà pour toute personne de conviction.
J'admirais déjà Damamme pour son indéniable talent littéraire et les nombreuses heures de plaisir que la lecture de ses ouvrages m'ont procuré.
J'éprouve maintenant cette même admiration pour l'homme et les valeurs qu'il défend avec une conviction qui forge le respect. :2:


Haut
  
 
Afficher les messages publiés depuis :  Trier par  
Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 6 message(s) ] 

Le fuseau horaire est UTC+1 heure


Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité


Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum

Recherche de :
Aller vers :  
cron
Propulsé par phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduction et support en françaisHébergement phpBB