L'Énigme des Invalides

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 Sujet du message : La bataille de Leipzig
Message Publié : 08 Sep 2004 17:37 
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Extrait de "20 ans de batailles de l'armée Française"

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"Le 18 octobre, dès le matin, l’armée alliée commença l’attaque . Les postes français qui occupaient Dössen, Meusdorf, la hauteur de Ziegelscheun, les ponts en avant de Holzhausen et de Baalsdorf, et le bois de Gross-Possna, se replièrent après un simulacre de défense . Vers neuf heures, les corps ennemis, qui s’étaient arrêtés après avoir traversé le champ de bataille de l’avant-veille, se reportèrent en avant . Bientôt la canonnade tonna sur la Pleisse .

La cavalerie française, que de nombreuses batteries foudroyaient, se retira derrière les corps d’armée; celle de Kellerman auprès du 8eme corprs; celle de Latour-Maubourg en seconde ligne du duc de Bellune, une aile vers le maréchal Poniatowski, l’autre vers le maréchal Macdonald . Les 5eme et 2eme corps se portèrent à la gauche de Stoeteritz .

Dès les premiers coups de canon, l’Empereur courut sur le Tnonberg, où il fit former la Vieille Garde en quatre masses dans la direction des attaques principales et derrière le 1er corps de cavalerie . Il envoya sur la droite le duc de Reggio, pour soutenir Sémélé et Pionatowski .

Le prince de Hesse-Hombourg, qui commandait la gauche des ennemis, ordonna à Colloredo de marcher contre Dölitz et contre le bois qui borde les étangs de Lossing . Il était alors dix heures . Le général Sémélé était chargé de la défense du premier village; le maréchal Poniatowski de celle du bois .

Les autrichiens firent successivement plusieurs vive attaques sans pouvoir forcer ses postes . En même temps, une de leurs brigades, placée sur la rive gauche de la Pleiss, canonnait Dölitz, Lossing, Connewitz, et prenait l’armée française en flanc .

Au centre, les têtes de colonnes de Barclay de Tolly avaient le village de Probstheyda . Kleist s’élança sur la droite, Wittgenstein sur la gauche . Tous deux furent repoussés . Ce poste, qui était le boulevard de Leipzig, formait le sommet de la ligne brisée qu’occupait l’armée française .

Le 2eme corps s’était établi dans le village et dans les environs; le 5eme l’appuyait . Le général Drouot avait été chargé de défendre, avec son artillerie, les approches de Probstheyda . Le prince Auguste de Prusse et le général Pirsch enlevèrent les premières maisons, mais ils en furent bientôt chassés par les français . Les russes qui, par l’autre extrémité, avaient pénétré dans les rues, ne purent s’y maintenir d’avantage .

Le maréchal Macdonald occupait Holzhausen avec une partie du 11eme corps . IL y fut attaqué par Bennigsen . Les français conservèrent ce village pendant quelques temps : mais ayant été débordés, ils se retirèrent en ordre sur le plateau entre le Rutzschebach et Probstheyda . Macdonal couvrit le flanc gauche de ce poste important . Klenau, qui avait suivi de près le 11eme corps, établit, sa ligne vis à vis de lui .

Vers onze heures, on entendit, en arrière de Leipzig, du côté de Lindenau, quelques coups de canon . L’Empereur apprit bientôt que le général Bertrand venait d’attaquer les avants-postes de Lichtenstien à Klein-Zschocher, où il avait enlevé deux bataillons autrichiens . Bertrand ne rencontra pas sur la route d’autres ennemis, et il arriva à Weissenfels à deux heures .

Il avait laissé le général Guilleminot à Lützen; Mortier occupait Lindenau avec la Jeune Garde, en cas de retraite, l’armée française devait se trouver ainsi parfaitement échelonnée .

Aussitôt que l’Empereur reçut la nouvelle que Bertrand ne trouvait plus d’ennemis devant lui, il ordonna d’évacuer tout ce que l’on pourrait sur Lützen . Les équipages de la maison Impériale durent aller parquer près de Lindenau . Cette mesure était prise pour débarrasser le défilé des faubourgs de Leipzig, dans le cas où un mouvement sur la rive gauche de l’Elster, deviendrait nécessaire .

Cependant, le plateau de Leipzig était le théatre de la bataille la plus épouvantable . La terre répétait au loin le bruit des feux précipités d’un millier de pièces de canon .

Le duc de Reggio était arrivé pour soutenir les corps de la droite . Pionatowski n’avait plus qu’un très petit nombre de combattants . Les généraux Sémélé et Lefol tenaient encore dans Connewitz et dans Lossing, malgré le canon et les efforts de l’ennemi, qui tentait de passer la Pleisse .

Les autrichiens, attaqué par la division Deconz, furent chassés du bois de Lossing et poursuivis jusque sur le plateau de Dolitz . Les polonais, marchant à gauche de la division française, lui étaient d’un faible secours : ils firent, plusieus fois, manquer des charges qui auraient amené un résultat avantageux .

La division allemande Greth, conduite par Colloredo, fut repoussée dans une attaque contre la Jeune Garde . Alors la cavalerie française du 1er cops s’élança au-delà de Probstheyda, Bordesoulte à la gauche, Doumerc à la droite .

Ces divisions de cavalerie française culbutèrent les cuirassiers russes, ainsi que les cavaleries prussiennes et autrichiennes qui étaient accourues au secours des alliés .

Les cavaliers français se précipitèrent au milieu des escadrons ennemis et les ramenèrent jusque sous le feu des grenadiers . L’infanterie du 2eme corps, suivant l’élan de la cavalerie et de la Jeune Garde, allait déboucher de Probstheyda, lorsque l’Empereur arrêta le mouvement .

Schwarzenberg fit alors avancer ses réserves au pas de course, et envoya à Giulay, qui était resté à Zobigker, l’ordre de venir en toute hâte pour soutenir Hesse-Hombourg . La face de la bataille changea à l’arrivée de ces nouvelles forces .

Les français reprirent leur ligne et se préparèrent à se défendre jusqu’à la dernière extrémité . Furieux de se voir arrêté dans Probstheyda, faible poste isolé au milieu d’une vaste plaine, et dont la moitié était entourée par ses troupes, l’ennemi concentra sur ce village le feu de nombreuses batteries . Le prince Constantin accourut pour ranimer l’ardeur de nos troupes .

Wittgenstein et Kleist marchèrent à la tête de leurs corps soutenus par les réserves . Les souverains alliés eux-mêmes gravirent les hauteurs de Dossen afin de stimuler leurs soldats; malgré ces efforts, l’ennemi fut encore repoussé grâce à la ténacité des français, et ceci sur tous les points .

Les troupes des ailes ennemies se rapprochèrent du centre . La division Winpfen, du corps de Colloredo, arriva de la gauche pour prendre part aux attaques de Kleist; Ziethen, qui marchait avec Klenau, repoussé, plusieurs fois, à Stoetteritz, se jeta vers Probstheyda pour unir ses efforts à ceux de Wittgenstein .

L’artillerie de Drouot, placée sur les flancs et en arrière du village, faisait les plus terribles ravages dans les colonnes ennemies, qui se reformèrent à demi-portée de canon . Les réserves et les ailes se rapprochèrent . Une attaque générale était imminente .

Le général Drouot prévint l’Empereur, et le pria de placer en arrière du village quatre bataillons de la Garde pour soutenir ses batteries et les troupes du 2eme corps . Napoléon envoya aussitôt à Probstheyda le général Curial avec les fusiliers et environs 400 dragons . La 2eme brigade de ce général, composée des bataillons étrangers, se porta un peu en arrière de la division Decouz, dont elle appuyait la gauche .

Les alliés commencèrent, vers deux heures, leur attaque générale contre Probsttheyda . Les troupes de Kleist, de Klenau, de Wittgenstein, de Wimpfen accoururent pour y prendre part . En seconde ligne, marchaient les réserves russes et prussiennes, ayant à leurs ailes des masses de cavalerie .

Ces formidables colonnes se précipitèrent avec rage sur les français . Cependant, les français, toujours aussi vaillant, chargèrent à la baïonnette et repoussèrent les bataillons prussiens, russes et autrichiens .

Les ennemis marchèrent de nouveau en avant; mais une nouvelle muraille de fer les empêcha d’avancer et les força ensuite à rétrograder pour ne plus revenir . Les généraux Vial et Rochambeau furent tués, et le général Belliard eut le bras cassé dans cette opiniâtre défense de Probstheyda .

On était alors au milieu de la journée, et on n’avait aucune nouvelle de ce qui se passait à la gauche de Leipzig et du côté de la Partha . Blücher, se méfiant des temporisations du prince de Suède, avait voulu diriger lui-même le corps du général Langeron afin de hâter les mouvements de Bernadotte .

Il se détermina, vers onze heures, à passer la Partha au-dessus de Mockau, dans la crainte que les français ne remportassent sur Schwarzenberg un avantage décisif avant l’arrivée des forces combinées du nord .

Ce passage s’étant effectué, l’infanterie russe se forma en avant de Neutzch, en face du 6eme corps . Blücher se borna à inquiéter le duc de Raguse, et, en attendant l’armée de Bernadotte, fit construire des ponts sur le faible ruisseau de la Partha .

Quand la brigade des hussards et des hulans saxons du général Reynier, qui était établie vers Heiterblick, vit arriver les cosaques de Langeron, qui sortaient de Neutzsch, elle marcha vers les cosaques comme pour les charger; mais faisant bientôt volte face, elle dirigea son artillerie contre les troupes qui venaient de soutenir son mouvement .

Les saxons venaient de trahir les français . Indigné d’une pareille lâcheté, le vieux Blücher refusa à cette troupe perfide l’honneur de combattre et l’envoya de l’autre côté de la Partha, derrière le général York, sur un terrain où sa trahison ne pouvait trouver à s’exercer . La cavalerie de Langeron se lia, en ce moment, avec celle de Platof .

Pfaffendorf, ainsi que le maisons et les digues qui se trouvent devant le faubourg de Halle, étaient en même temp attaqués par Sacken . Une nombreuse artillerie de gros calibre foudroyait les ponts et le faubourg; les boulets venaient tomber dans Leipzig et jusque sur la chaussée de Lindenau .

Le général Dombrowski se trouvait là avec quelques centaines de polonais . Il résista à plusieurs attaques avec le courage le plus héroïque . L’Empereur, ayant connaissance de la situation critique de ces braves polonais, envoya, en toute hâte, à leur secours de la division Pacthod de la Jeune Garde . Le général Maison, malgré sa blessure, alla lui-même la placer . Les efforts de Sacken échouèrent contre cette batterie inébranlable .

La tête des colonnes du maréchal Bernadotte se montra enfin vers une heure . Le maréchal Ney s’avança au-devant de ces nouvelles troupes, et trouva le 7eme corps déployé derrière Sellerhausen . Rendu défiant par la défection de la cavalerie saxonne, le général Reynier avait placé l’infanterie saxonne derrière le village occupé par le général Durutte, comme pour en former une réserve .

Mais le maréchal Ney lui ordonna de déployer cette infanterie et de reprendre Paunsdorf . Reynier se refusant à l’exécution d’un ordre qui lui semblait contraire au système de défense arrêté par l’Empereur, le maréchal donna l’ordre au général Durutte de détacher un bataillon qui entra dans Paunsdorf, et qui y fut aussitôt attaqué . La division tout entière s’avança pour le soutenir, et se trouva à l’instant aux prises avec les corps de Bubna et de Platof .

La ligne de Bernadotte ne fut formée que vers deux heures . Dès que les saxons, que l’éloignement de la division Durutte rendait libres, virent dans la plaine de Paunsdorf les enseignes de Bulow, ils se précipitèrent vers elle au pas de course, la brigade Russel formant la tête avec quatre batterie d’artillerie .

Croyant que cette colonne voulait attaquer, le chef d’état-major du général Reynier courut à elle pour modérer son ardeur; mais il ne trouva plus devant lui que des ennemis .

Cette décision, jointe à l’éloignement de la division Durutte, produisit un vide effrayant entre le 6eme et le 11eme corps, près du centre de la ligne française, et eut, de plus, le grave inconvénient de ranimer l’ardeur des alliés . Les fantassins saxons avaient trahi, la cavalerie wurtembergeoise en fit de même .

Loin d’imiter la noble conduite de Blücher, le prince royal de Suède, le dénommé Bernadotte, accueillit dans ses rangs les perfides saxons et réclama le secours de leur artillerie pour augmenter l’effet de la sienne, dont une partie était restée en arrière . Il y joignit le secours meurtrier des raquettiers anglais ( artilleurs des fusées de guerre dites de à la Congrève) .

Le bulletin suédois dit que ce fut l’ambassadeur Charles Stewart qui dirigea à la satisfaction particulière du prince les raquettes qui produisirent l’effet le plus décisif .

Pendant ce temps, Bulow repoussait à Paunsdorf les troupes du général Durutte . Cette division, seul reste du 7eme corps, menacée sur ses deux flancs, fut obligée de revenir sur Sellerhausen . La droite du maréchal Marmont suivit ce mouvement; mais la gauche resta à Schoenfeld, où le général Langeron venait de l’attaquer et avait été repoussé .

Le général Lagrange, chargé de la défense sur ce point, était pris en flanc par l’artillerie de Sacken et des corps maîtres de Paunsdorf . La division Delmas, du 3eme corps, vint se placer à la droite du 6eme et se lier avec Durutte . La ligne du prince de la Moskova se forma alors par masses en échiquier, protégée par l’artillerie .

Probstheyda continuait à être le théâtre de la lutte la plus meurtrière . Les troupes françaises voulaient se précipiter sur l’ennemi, et les généraux étaient obligés de les retenir . A trois cents toises du village, se tenait la Vieille Garde en grand uniforme, déployée par masses et prête à voler au secours de Probstheyda .

Désespérant de triompher de l’héroïque courage des soldats français, l’ennemi se décida, vers trois heures, à cesser l’attaque de ce village, et il fit avancer de nouvelles batteries pour répondre à celles qui le foudroyaient . Mais ses masses restèrent exposées aux ravages des boulets français .

Au-delà de Strassenhauser, le maréchal Ney, comme nous l’avons dit, formait, sous une grêle de boulets, les divisions Delmas et Durutte . Cette dernière était serrée de près par Bulow, qui venait de se rendre maître de Sellerhausen, appui de l’aile droite du maréchal .

Suivi de l’armée de Bernadotte, le général prussien se rapprochait de Strassenhauser, et cherchait à passer le Rutzcherbach, afin de tourner ce village . Napoléon se porta au galop sur Reudnitz avec les réserves de la Garde; il envoya contre la colonne prussienne les généraux Delmas et Durutte et la cavalerie légère de Beurmann .

Les français s’élancèrent sur les premiers bataillons prussiens qu’ils rencontrèrent et les repoussèrent . L’Empereur avait dirigé en même temps Nansouty avec sa cavalerie et vingt pièces de canon sur le flanc gauche de Bulow, afin d’empêcher la réunion imminente des suédois, des prussiens et des russes . Chargé dans toutes les directions, Bulow se hâta de battre en retraite . Le général Delmas fut tué à la tête de sa division .

L’Empereur, tranquille de ce côté, revint à Probstheyda, il vit avec satisfaction que toutes les attaques de l’ennemi avaient été repoussés; les autres points de la ligne avaient également été contenus, à l’exception de l’extrême gauche, où le combat continuait encore; on remarquait un grand mouvement dans les positions des ennemis, leurs colonnes se repliaient et semblaient avoir abandonné à l’artillerie le soin de terminer la journée .

L’Empereur fit aussitôt établir de nouvelles batteries pour répondre aux batteries des alliés, et une affreuse canonnade continua à se faire entendre jusqu’à la nuit sur toute la ligne : les boulets sillonnaient le champ de bataille; en un instant douze des pièces de la Garde furent démontées auprès de Napoléon .

Cependant, vers la gauche de Probstheyda, le maréchal Macdonald, quoique avec fort peu de monde, conservait le terrain jusqu’à Stoetteritz . Le général Sébastianni s’étendait sur la gauche .

Ces deux chefs repoussèrent toutes les attaques de Klenau et de Doctorov . La cavalerie eut à se défendre contre des nuées de cosaques et de Baskirs, dont les flèches semaient la mort dans nos rangs .

Les divisions Durutte et Delmas gardèrent leur position en avant de Strassenhauser, à l’embranchement des routes de Dresde et d’Euenbourg .

A la gauche, Blücher dirigeait ses principaux efforts contre Schoenfeld et contre la division du 6eme corps qui y était appuyée . Entourés de tous côtés par le feu de l’ennemi, par le feu et le fer de l’ennemi, les généraux Lagrange et Friederichs repoussèrent sept assauts, et sept fois, chassèrent les alliés des maisons qu’il avaient enlevées .

L’une de ces attaques coûta la vie au général Friederichs, et le général Compans fut blessé . Le duc de Raguse, malgré des pertes fort nombreuses, ne se laissait pas de ramener à la charge les troupes du 6eme corps . Blücher ordonna à Sacken de presser son attaque contre les faubourgs de Halle, dans l’espoir d’arrêter les renforts envoyés sur Schoenfeld, et de ralentir la défense de ce poste, que l’artillerie de la rive droite foudroyait .

Le maréchal Ney se mit à la tête des divisions Souham et Ricard, et voilà au secours du duc de Ragusse . La première de ces divisions fut dirigée au centre du 6eme corps, et la seconde sur Schoenfeld . Le maréchal Ney reçut bientôt à l’épaule une assez forte contusion qui le força de quitter le champ de bataille .

Le général Souham, également blessé, dut abandonner son commandement . Tandis que la division Ricard se portait à l’attaque de Schoendel, le 6eme corps se repliait un peu en arrière . Enfin le village fut emporté et la division française s’y maintint malgré tous les efforts que fit le général Langeron pour le reprendre .

Quand la nuit vint, les deux armées étaient dans la même position qu’au commencement de la bataille, sur la ligne de Schoenfeld, Strassemhauser, Stoetteritz, Probstheyda et Lossing . L’armée française avait repoussé les attaques de quatre armées réunies autour de sa position .

Sir Robert Wilson, dont le témoignage ne peut être suspecté de partialité pour les français ( il assistait à la bataille de Leipzig en qualité de commissaire britannique), a dit au sujet de cette bataille : “ Malgré la défection de l’armée saxonne au milieu du combat, malgré le courage ardent et persévérant des troupes alliés, on ne put enlever aux français un seul des villages qu’ils étaient proposé de conserver comme essentiels à leur position . La nuit termina l’action, laissant aux défenseurs de Probstheyda la gloire d’avoir inspiré à leurs ennemis une généreuse envie .”

Le calme avait enfin succédé à cette terrible bataille; quelques coups de fusils seulement se faisaient entendre de loin en loin . L’Empereur, assis sur un pliant près du feu de son bivouac, dictait au major général des ordres pour la nuit, lorsque les commandants de l’artillerie vinrent lui dire que les munitions étaient épuisés; on avait tiré dans la journée, “ quatre-vingt-quinze mille coups de canon”; depuis cinq jours on en avait tiré plus de deux cent vingt mille .

Les réserves étaient vides; il n’y restait pas plus de seize mille coups, c’est-à-dire de quoi entretenir le feu pendant deux heures à peine . Le grand parc, séparé de l’armée par suite du mouvement sur Leipzig, s’était retiré à Torgau; on ne pouvait se réapprovisionner qu’à Magdebourg et à Erfurth, dépôts les plus voisins .

Dans cette position, il ne fallait pas songer à conserver plus longtemps le champ de bataille . Napoléon se décida à la retraite, et les ordres furent sur le champ expédiés . A huit heures, l’Empereur quitta le bivouac pour descendre dans la ville, et s’établit dans l’auberge des “ Armes de la Prusse”, sur le boulevard du marché aux chevaux .

“ Peu de temps après que l’Empereur est installé dans cette auberge, dit M. Fain, le duc de Bassano vient l’y trouver . Il sort de chez le roi de Saxe . Chargé de faire reconnaître au roi les dispositions pour la retraite, de lui demander ses volontés pour le lendemain, et de laisser maître de renoncer à une cause que la fortune abandonne, il l’a trouvé inconsolable de l’action que ses troupes viennent de commettre dans la plaine de Paunsdorf; l’âme de ce prince en est déchirée .

Quant à la proposition de se séparer de son allié, il ne voulait rien entendre : son ministre, le comte Einsidel, se joignait vainement au duc de Bassano; celui-ci n’a enfin obtenu du roi qu’il consentit à rester qu’en lui déclarant, sur sa demande, que l’Empereur lui en donnait le conseil . “ Exellent prince! dit Napoléon, il est toujours le même ! Je le retrouve tel qu’il était en 1807, quand il inscrivait sur des arcs de triomphe : “ A Napoléon, Frédéric-Auguste reconnaissant!”

“ L’Empereur garde auprès de lui le duc de Bassano . Il fait appeler le duc de Visence, et tous les ordres qu’il donne pendant la nuit, il les leur dicte en l’absence de ses secrétaires, envoyés d’avance avec les équipages de Lindenau .”

La retraite commença par les corps des maréchaux Victor et Augereau . Pendant qu’ils défilaient à travers le faubourg de Lindenau, le maréchal Marmont se maintenait dans le faubourg de Halle, ses avants-postes occupant toujours la fabrique de Pfaffendorf . La défense du faubourg de Rosenthal avait été confiée au général Reynier .

Le maréchal Ney fit replier ses troupes sur les faubourgs de l’est . Les corps de Lauriston, de Macdonald et de Pionatowski rentrèrent successivement dans la ville et s’établirent derrière les barrières du midi . Ils devaient former l’arrière-garde .

Ces corps, ainsi que ceux de Ney et de Marmont, occupaient non-seulement les faubourgs, mais encore des positions avantageuses derrière les murs des jardins extérieurs . Des palissades garnissaient les barrières; on avait crénelé les murs qui donnent sur la campagne, enfin tout était disposé pour une résistance opiniâtre .

Le maréchal Pionatowski vint prendre les ordres de l’Empereur, “ Prince, lui dit Napoléon, vous défendrez le faubourg du midi .

“ Sire, j’ai bien peu de monde .”

“ Et bien, vous vous défendrez avec ce que vous avez .”

“ Nous tiendrons, sire; nous sommes tous prêts à nous faire tuer pour votre majesté .”

Le noble polonais ne devait pas tarder à tenir son serment .

Les alliés qui avaient eu, dans les journées précédentes, 60 000 hommes tués ou blessés, n’osaient pas tenter un coup de main sur Leipzig; mais Blücher avait su, de sa position, filer sur Lindenau les équipages et les têtes de colonnes de l’armée française, et il avait répandu aussitôt le bruit de la retraite . A cette nouvelle inespérée, toutes les troupes alliées s’élancent aux portes de la ville en poussant des cris de joie .

L’Empereur, voulant éviter à Leipzig les horreurs qui suivent toujours une prise d’assaut, avait permis dès le matin, des démarches dans l’espérance de régler d’avance avec l’ennemi la manière dont la remise des portes devrait s’effectuer .

“ Napoléon, dit encore M.Fain, aurait voulu épargner à la ville de Leipzig les malheurs qui la menaçaient . Dès six heures du matin, il a permis aux magistrats de la ville d’adresser une supplique au prince de Schwarzenberg .”

“ Des officiers saxons ont été envoyés directement, par le vieux roi de Saxe aux souverains alliés . Enfin, les généraux de l’arrière-garde française ont été autorisés à faire passer des parlementaires à l’avant-garde ennemie . “

“ Tous ces messages sont arrivés jusqu’aux souverains; où ils avaient couché, et se pressant de rejoindre leurs premières colonnes pour faire leur entrée dans la ville .”

“ Mais c’est en vain qu’on a demandé que Leipzig ne devint pas le théâtre d’un combat qui pourrait entraîner sa ruine . Tout arrangement préliminaire a été refusé . Leipzig subira, s’il est nécessaire, le sort d’une ville prise d’assaut, et cet arrêt est prononcé par ceux-là mêmes qu’on proclame les sauveurs de l’Allemagne !”

“ Tout semblait autoriser l’Empereur à ne plus garder aucuns ménagements, et à tenir jusqu’au dernier moment dans Leipzig . Cette position nous offre encore de grands moyens de défense, et l’on propose de les employer tous .”

“ La vieille ville à une enceinte; on peut y renfermer 6000 hommes qui, avec soixante pièces de canon, l’occuperont comme tête de défilé . Si les faubourgs sont un obstacle au jeu de notre artillerie, on peut les brûler . Avec de tels moyens, notre retraite est assurée : l’armée regagnera tranquillement la Saale.......”

“Mais l’Empereur ne saurait se résoudre à exposer à un sort si rigoureux l’une des capitales de l’Allemagne, et cela sous les yeux de son roi qu’il vient d’y amener .”

“ Cependant on insiste . Les esprits échauffés sont dans ces moments de fièvre où l’on se porte facilement aux extrêmes . On dit à Napoléon :

“ Vous hésitez, sire, à tirer parti des derniers avantages que vous offre cette position; la générosité qui vous commande ce sacrifice sera méconnue, et ceux-là mêmes que vous ménagez avec tant de bonté ne vous en tiendront aucun compte .”

“ Cependant, sire, pour quelques maisons de Leipzig, peut-être compromettez-vous la retraite de l’armée ! Peut être sacrifierez-vous la retraite de l’armée ! Peut être sacrifierez-vous la victoire ! Après avoir soutenu une telle lutte pendant trois jours en pleine campagne, que ne pouvons-nous pas faire, retranchés dans les rues, derrière les maisons ? Pourquoi ne pas ensevelir cette foule d’ennemis sous les débris des faubourgs ?”

L’Empereur ne peut y consentir . Il aime mieux perdre quelques centaines de voitures que d’abaisser l’armée française à soutenir la guerre en barbares . D’ailleurs, la retraite n’exige que quelques heures de délai et l’armée est en mesure de se ménager le temps nécessaire . Il suffira de mettre de se ménager le temps nécessaire .

Il suffira de mettre à profit les moyens de résistance que les barrières des faubourgs et l’enceinte intérieure de la ville nous offrent pour retarder les progrès de l’ennemi .

Malheureusement, des tirailleurs russes de Langeron, émigré passé au service du Tsar, se sont glissés le long de l’Elster et gagnent le pont où défilent les troupes françaises; un caporal du génie, placé là pour faire sauter le pont à la fin du passage, pensant ce moment arrivé, met le feu aux poudres .

Dans ce geste incompréhensible, il n’y a pas de trahison : le malheureux a seulement perdu la tête ! 20 000 hommes sont encore dans la ville : ils vont se battre avec énergie du désespoir; Macdonald réussit à traverser à la nage, tandis que Pionatowski, “ le Bayard polonais” blessé, se noie dans l’Elster . Reynier et Lauriston, submergés, sont capturés .

La bataille de Leipzig coûte à la Grande Armée 15 000 tués ou blessés et 15 000 prisonniers; trois cent vingt canons sont abandonnés ou détruits . Les alliés ont 60 000 hommes tués, blessés, et prisonniers . Napoléon évacue l’Allemagne ."


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Guyot semble, lui aussi, penser que Leipzig aurait pu être une victoire et que la trahison des Saxons a été déterminente

Il ne faut pas tout confondre: c'est la bataille de Leipzig proprement dite, le 18 octobre 1813 et la journée du lendemain 19 octobre qui est décrite ci-dessus.

Combats somme toute inutiles puisque l'Empereur est décidé à battre en retraite, mais avec une imposante lenteur. Il s'ensuit un combat de boxers autrement violent que celui de Waterloo...

En fait, tout s'est joué l'avant-veille, le 16 octobre au cours de la grande journée de Wachau.

Avec 110 000 hommes, Napoléon affronte les 160 000 hommes de Schwarzenberg.

Il ne sera pas loin de la victoire, mais par la faute de Ney (déjà), ne parviendra pas à détruire les coalisés.

La journée du 17 se passera à tenter de négocier, ramasser les morts et les blessés et recompléter les parcs. Mais de l'autre côté, la même journée, Blücher a pressé Marmont, remportant la bataille de Möckern...


"Les saxons venaient de trahir les français . Indigné d’une pareille lâcheté, le vieux Blücher refusa à cette troupe perfide l’honneur de combattre et l’envoya de l’autre côté de la Partha, derrière le général York, sur un terrain où sa trahison ne pouvait trouver à s’exercer ."
On reconnait bien là la bravoure du vieux Blücher !

"Loin d’imiter la noble conduite de Blücher, le prince royal de Suède, le dénommé Bernadotte, accueillit dans ses rangs les perfides saxons et réclama le secours de leur artillerie pour augmenter l’effet de la sienne, dont une partie était restée en arrière ."
Et l'infamie de "Belle-Jambe" !

Résultat dû en partie à la maladresse du maréchal Ney. Positionné au Nord, il devait faire un combat défensif contre le corps de Blücher, n'employant qu'un minimum de troupe pendant que Napoléon, au sud face à Schwarzenberg, écraserait les Autrichiens. Malheureusement le maréchal ne comprit pas ou mal la situation et mobilisa inutilement deux divisions.

Bourdeau le précise sans ambages:

"Ney n'avait compris ni la situation ni son rôle; ce rôle était accessoire, la véritable action était au sud. Il avait immobilisé inutilement devant Blücher une partie du 3e et du 4e corps (Souham et Bertrand) qui, devant Lieberkowitz, auraient probablement changé le succès relatif de Napoléon en une victoire décisive;

"Le plan est simple et logique, l'exécution va tout compromettre.
Et d'abord c'est Ney et Marmont qui ne comprennent pas leur rôle : ils croient que la bataille est au nord alors qu'elle est au sud. Tandis que Marmont et Dombrowski, appuyés par une division de Souham, arrêtent Blücher, les autres divisions du 3e corps et une partie du corps de Bertrand restent inutiles alors que leur présence au sud eût probablement décidé la victoire. Dans l'armée du sud les fautes se succèdent : Macdonald arrive avec deux heures de retard; il ne peut reprendre seul le Kolmberg ni repousser Klenau et l'Empereur est obligé d'envoyer Mortier avec deux divisions de la jeune garde pour l'appuyer; puis Macdonald engage mal son corps d'armée, le disperse et finalement échoue dans le mouvement débordant dont il est chargé. Sébastiani le seconde mal et ses charges restent impuissantes; celles de Murat échouent par suite du terrain et cependant le roi de Naples connaît les environs de Gossa puisque, dès le 12 octobre il était sur le Gosselbach et qu'il s'y battait le 14. On l'a accusé d'être déjà en pourparlers avec la coalition pour conserver sa couronne mais ni son honneur militaire ni son courage ne sauraient être mis en doute. Les autres généraux, Poniatowski, Victor, Lauriston, Maison, etc, se battent comme des lions, mais malgré tout la fatigue se fait sentir, fatigue physique et morale car ces luttes continuelles ont épuisé les forces de nos jeunes soldats et affaibli le moral des généraux; [...]
L'Empereur lui-même a vieilli; sa santé s'altère et déjà à Borodino, à Dresde elle lui a fait perdre les avantages de la victoire. [...] il laisse à Hambourg les 25 000 hommes de Davout, à Magdebourg les 10 000 de Girard. Mettez Davout à la place de Ney le 16 octobre, c'est la victoire."

La bataille de Leipzig (ou bataille des nations) s'achève le 19 octobre 1813 par une retraite rendue désastreuse après la destruction prématurée des ponts.
Cette catastrophe transforme cette bataille en désastre : un maréchal mort (Poniatowski qui venait de recevoir son bâton après son comportement héroïque du 16 octobre), trois généraux de division morts (Vial, Rochambeau, Delmas), deux généraux en chef prisonniers (Reynier, Lauriston).

Quand au corps d'armée de Reynier (qui comprenait un contingent saxons), ils ne sont intervenus que le 18 octobre. Ils firent défection à la vue des troupes de Bernadotte créant une brèche dans la ligne française colmatée par la cavalerie de Nansouty.

Thirion raconte que : "Au nombre des régiments qui composaient notre division de grosse cavalerie, se trouvait celui des cuirassiers saxons, corps d'élite qui, dans tout le cours de la campagne, se conduisit toujours admirablement et dont les hommes, au moment de la défection de leur armée, donnèrent une preuve de leur loyauté et des sentiments d'honneur qui les animaient. Ils furent témoins de la trahison de leurs compatriotes ; seul ce régiment ne bougea pas et manifesta son indignation à haute voix. La journée se passa sans qu'ils eussent cessé de combattre dans nos rangs, et le soir au bivouac, les officiers leur colonel en tête vinrent faire aux officiers de chaque régiment français de la division leurs adieux. Ils annoncèrent qu'ayant reçu des ordres de leur roi de venir les rejoindre, ils devaient obéir, et que c'était avec de vifs regrets qu'ils quittaient leurs frères d'armes français, que sans l'obéissance qu'ils devaient à leur souverain, jamais ils ne nous eussent quittés, surtout de la manière infâme que l'avait fait leur armée, qu'ils voulaient emporter notre estime comme ils nous assuraient de la leur, que leur plus vif désir était de se retrouver avec nous et de courir de nouveau les mêmes dangers."


Dernière édition par Bruno Roy-Henry le 07 Avr 2006 15:15, édité 1 fois.

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Message Publié : 13 Fév 2005 16:06 
La bataille de leipzig, est pour moi, la chute du génie millitaire de Napoléon. :6:
cette bataille est la plus sombre a mes yeux . . .. :15:


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Message Publié : 27 Fév 2006 12:05 
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Une carte, pour mieux comprendre:

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 Sujet du message : Petit rappel
Message Publié : 27 Fév 2006 15:14 
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Inscription : 14 Déc 2002 15:30
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On ne répétera jamais assez que la boucherie sanglante et l'inutile mêlée du 18 octobre furent dues à l'acharnement des coalisés qui voulaient en finir avec "le monstre des Tuileries" !

Les coalisés étaient victorieux dès le 17, puisque Napoléon s'était résolu à la retraite et proposait même un armistice pour permettre au "genre humain" de souffler...

Las ! Ceux-ci comptaient bien exploiter leurs avantages en utilisant au maximum leur supériorité numérique.

Ce qu'ils firent donc le 18 en se lançant à l'assaut des positions françaises en colonnes serrées. Leurs troupes furent hachées par la mitraille et les boulets français. Quelle importance ! La vie de quelques dizaine de milliers d'hommes n'avait aucune importance puisqu'il s'agissait de consacrer les principes de l'aristocratie européenne !

La trahison des Saxons, l'arrivée tardive de Bernadotte, ne leur permit même pas d'atteindre leur but ! Pour y parvenir, ils n'employèrent aucune stratégie, aucune tactique nouvelle. Ils devaient être vainqueurs puisqu'ils étaient les plus nombreux !

Cette absurdité dans l'acharnement fit regretter à Napoléon de pas avoir eu à tirer cent mille coups de canon pour le lendemain 19. Car, à ce rythme là et en suivant ces méthodes, il ne serait rien resté des grandes armées de Bohême, de Silésie et du Nord...

Mais c'est le genre de vérités que l'on n'est pas près d'entendre dans les média européens !

Peu importe les principes rétrogrades de la Sainte-Alliance, il fallait que le monstre, l'ogre, soit terrassé: c'est le sens de l'Histoire, nous dit-on doctement...

Quant au printemps des peuples, il faudra attendre 1848 !



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Message Publié : 27 Fév 2006 20:32 
En effet. :2:

Tout les moyens on été bon, pour "arreter l'ogre corse" :11:
Il n'hésitérent pas un seul instant a sacrifier tant d'hommes, sans toutefois avoir un petit peu de sentiments en faisant tuer leurs propres soldat pour faire reculer Napoléon.

Cette simple démonstration, montrait la peur des coalisés, d'en finir le plus vite possible . . . :7:


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Message Publié : 27 Fév 2006 23:04 
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Inscription : 17 Avr 2003 22:49
Message(s) : 4512
Localisation : Grimbergen - Belgique
C'étaient les principes de la Révolution que les coalisés voulaient éliminer en combattant Napoléon.
Leur objectif était de restaurer les privilèges de l'Ancien Régime et non d'instaurer une démocratie populaire.
L'ogre corse représentait tout ce qu'ils exécraient.
Il était devenu l'homme à abattre.

_________________
"Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu." (Chamfort)


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