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Dresde, 11 août 1813.
Au maréchal Davout, prince d’Eckmühl, commandant le 13e corps de la Grande Armée, à Hambourg
Mon Cousin, c’est aujourd’hui le 11, et l’ennemi n’a pas encore dénonce l’armistice; ainsi les hostilités ne peuvent pas recommencer avant le 18. Vous devez donc presser la marche de tout ce qui doit vous arriver; vous avez de la latitude à cet égard jusqu’au 20. Je vous ai fait connaître qu’il n’y avait pas d’obstacle à ce que vous laissiez un corps d’observation sur la rive gauche, sauf à le reployer au besoin sur vous. Tout porte à penser que l’ennemi veut passer l’Elbe et se porter sur le Weser; mais votre mouvement sur la rive droite, qui ne peut pas être dérangé, puisque vous avez pour appui une place comme Hambourg et le Holstein, déconcertera ce projet, en même temps que le mouvement de Luckau sur Berlin obligera l’ennemi à revenir et mettra tout en confusion.
Je vois, par votre état de situation, que la 3e division a 8,140 hommes, mais, comme elle recevra d’ici là trois bataillons qui lui manquent, je puis la porter pour 10,000 hommes. La 40e division aura également 10,000 hommes, ainsi que la 50e. Vous pourrez donc marcher avec 10,000 hommes de la 3e division, 10,000 hommes de la 40e, et 5,000 hommes de la 50e, ce qui, joint aux 10,000 Danois, vous fera 35,000 hommes d’infanterie. Je vois que le 28e de chasseurs aura près de 1,000 hommes; je suppose qu’avant le 20 vous en aurez monté au moins 400. Le 17e de lanciers lithuaniens vous donnera également400 chevaux, ce qui vous fera 800 hommes de cavalerie. Enfin vous aurez 1.200 chevaux du régiment de marche, et il vous restera les 2,000 hommes à pied de la brigade provisoire de cuirassiers que vous emploierez à la garde de Hambourg, en attendant qu’ils soient montés.
Dresde, 12 août 1813, quatre heures du matin.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, en quelque lieu que se trouve le général Lemoine, donnez-lui ordre de se rendre à Wesel, de prendre le commandement des bataillons de la Ge division bis, d’y joindre tout ce qui serait destiné à passer par Wesel pour rejoindre l’armée sur Magdeburg ; de tâcher d’y réunir huit pièces d’artillerie à cheval ou à pied, de celles qui sont destinées à l’armée ; d’y réunir aussi tous les détachements de cavalerie que les 24e et 25e divisions militaires auraient à envoyer à l’armée, et d’aller prendre position avec cette colonne à Minden, d’où il correspondra avec le prince d’Eckmühl, avec le général Lemarois et avec mon ministre à Cassel, afin de pouvoir de ce point, selon les circonstances, se porter partout où il sera nécessaire et être à portée de me rejoindre promptement quand il en recevra l’ordre.
Dresde, 12 août 1813, quatre heures du matin.
Au général comte Lemarois, gouverneur de Magdeburg.
Monsieur le général Lemarois, l’armistice est dénoncé; les hostilités commenceront le 17. Retirez l’artillerie que vous auriez dans vos petits postes, ainsi que les hommes qui s’y trouvent et qui seraient compromis. Si le fort de Tangermünde n’est pas bien assuré, retirez-en de même l’artillerie et la garnison ; car que signifieraient 3 à 400 hommes qui seraient là bloqués par de la cavalerie ? Il vaut mieux avoir toutes ses forces réunies que de les compromettre.
Je vous ai déjà fait connaître que le prince d’Eckmühl déboucherait, le 18, avec 40,000 hommes entre Berlin et la mer, et que le duc de Reggio, avec les 12e, 4e et 7° corps commandés par les généraux Bertrand et Reynier, et avec le troisième corps de cavalerie, commandé par le duc de l’adoue, déboucherait le 18 directement sur Berlin.
Annoncez que vous allez vous-même partir de Magdeburg avec une force de 18,000 hommes. Je suppose que des généraux vous sont arrivés. Organisez une division d’artillerie et faites ce qui est possible pour contenir l’ennemi au-delà de l’Elbe, menacer son pont s’il en jetait un, et vous mettre en communication avec le duc de Reggio. Je suppose que vous avez un chiffre; il faudra désormais s’en servir.
Envoyez un de vos aides de camp au prince d’Eckmühl; qu’il soit de retour le IG et vous fasse connaître la position et les projets du, maréchal. Ayez un chiffre avec ce maréchal ainsi qu’avec le duc de Reggio. Je suppose que le chiffre de l’état-major avec eux est le même, assurez-vous-en. Vous me ferez connaître ce que l’officier que vous aurez envoyé au prince d’Eckmühl vous aura dit à son retour.
S. J’ai ordonné au général Lemoine de se porter avec six bataillons de la 6B division bis à Minden, pour y faire un petit corps de réserve.
Dresde, 12 août 1813, au matin.
Au maréchal Davout, prince d’Eckmühl, commandant le 13e corps de la Grande Armée, à Hambourg
Mon Cousin, j’ai nommé le général Girard, qui s’est si bien distingué à Lützen et qui est guéri de ses blessures, pour se rendre à Magdeburg. Il aura sous ses ordres, le ler corps du général Dombrowski, composé de huit bataillons polonais et de deux régiments de cavalerie, et 2° une division de 9,000 hommes tirés de la garnison de Magdeburg. Ce général pourra donc réunir entre Berlin, Wittenberg et Magdeburg 15,000 hommes qui serviront à établir une communication entre vous et le duc de Reggio. Cependant ce corps ne doit pas s’éloigner de manière à être isolé de Magdeburg, parce que la garnison de cette place ne serait plus suffisante. Le général Lemarois ayant le chiffre de l’état-major, que vous devez avoir aussi, vous pourrez correspondre.
_________________ "Tant que les Français constitueront une Nation, ils se souviendront de mon nom."
Napoléon.
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