L'Énigme des Invalides

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Message Publié : 07 Mai 2026 12:14 
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Dresde, 17 juillet 1813.

Au maréchal Davout, prince d’Eckmühl, commandant le 13e corps de la Grande Armée, à Hambourg

Mon Cousin, mon officier d’ordonnance qui était allé à Groningen arrive ; il m’assure que tout ce que j’ai prescrit d’expédier sur Ham­bourg est parti, même les batteries de réserve, et que le premier convoi doit être armé aujourd’hui 17. Le duc de Valmy me mande également que les 200,000 kilogrammes de poudre qui devaient être expédiés de Wesel doivent être arrivés à Hambourg. Ainsi voilà Hambourg, pour l’artillerie, dans h situation la plus respectable. Je suppose que les travaux se continuent pendant tout le mois de juillet avec la plus grande activité, et qu’au 15 août, époque où l’on pourrait recommencer les hostilités, Hambourg sera dans une situation de défense également respectable.

Je désire toujours qu’avec tout le 13e corps, c’est-à-dire la 3e di­vision et la 40e, ayant en réserve tout ce qu’il y aura de disponible de la 50e, toute votre artillerie de campagne, et enfin les Danois, vous puissiez occuper un camp sur la rive droite, en avant de Ham­bourg, de sorte qu’ayant une vingtaine de mille hommes dans la main vous soyez inattaquable par des forces supérieures, et que vous puissiez pourtant les menacer et les contenir jusqu’à ce qu’un corps de 80,000 hommes, que je ferai marcher sur Berlin, ait tourné tout cela et vous ait mis à même de marcher en avant. En même temps, votre présence en avant de Hambourg, ayant ainsi une position of­fensive, aura l’avantage d’obliger l’ennemi à avoir des forces de votre côté, et de l’empêcher de se concentrer contre l’armée que j’enverrai sur Berlin.



Dresde, 19 juillet 1813.

Au maréchal Davout, prince d’Eckmühl, commandant le 13e corps de la Grande Armée, à Hambourg

Mon Cousin, je viens de conclure un traité offensif et défensif avec le Danemark. Je vais vous en faire connaître les principales disposi­tions pour votre gouverne; mais vous devez les tenir secrètes jusqu’à nouvel ordre. Le Danemark s’engage à déclarer la guerre à la Russie, à la Prusse et à la Suède, au moment de la reprise des hos­tilités , tout comme la France s’engage à la même époque à déclarer la guerre à la Suède. Le Danemark doit mettre à vos ordres une division de 10,000 hommes d’infanterie, 2,500 chevaux, quarante pièces de canon, ce qui fera au total plus de 12,000 hommes. Ces troupes, aussitôt qu’elles auront le pied sur mon territoire, doivent, quant à la solde, être payées par moi, comme les troupes françaises. Le Danemark aura vingt canonnières pour la défense de l’Elbe, les­
quelles seront réunies à vingt canonnières françaises. Le Danemark doit me fournir 10,000 chevaux, moyennant le payement que j’en ferai argent comptant. Le contingent danois pourra être employé jusqu’à la Vistule. Le Danemark doit approvisionner et armer Glück­stadt, de manière que cette place puisse soutenir six mois de blocus et un siège proportionné à sa force.

De mon côté, je dois joindre aux troupes danoises un corps d’ar­mée de 20,000 hommes. Si les circonstances appelaient mes troupes dans le Holstein, elles seraient nourries par le pays, mais je payerais leur solde. Je fournirai vingt chaloupes ou canonnières pour la défense de l’Elbe ; je ferai armer et approvisionner Hambourg, de manière que cette place puisse soutenir six mois de blocus et un siège proportionné à sa force. Je dois payer les 10,000 chevaux en argent comptant.

Les ratifications s’échangeront demain, à Dresde. A cette occasion, il sera signé une petite convention relativement à la fourniture des chevaux, pour en régler l’âge, la taille et le prix. J’ai fait demander que 5,000 me fussent livrés avant le 15 août, et 5,000 avant le 1er septembre. Il sera important d’avoir le pins tôt possible ces che­vaux. Il ne faut pas pour cela rapporter la réquisition, ni aucun marché, vu que j’ai dans mes dépôts de cavalerie encore 10 à 12,000 hommes à monter. Demain partiront probablement les rati­fications. Vous en serez instruit et verrez alors le général danois. Il sera même bon que vous passiez la revue du corps d’armée; et dès ce moment vous le ferez payer, en payant les présents sous les armes sur le pied français.

Votre corps d’armée se composera donc : 1° de la 3e division, qui, avant le 10 août, sera composée de quatorze bataillons ; 2e de la 40e division, quatorze bataillons; total, vingt-huit bataillons actifs; 3° de la 50e division, qui pourra toujours vous offrir douze batail­lons en réserve; total, quarante bataillons.

Je suppose qu’avant cette époque vous pourrez toujours avoir 3,000 hommes de cavalerie, ce qui vous fera un corps de 25,000 Français et de 12,000 Danois, ou de 35 à 40,000 hommes. Toutes ces troupes, prenant une bonne position en avant de Hambourg, im­poseront au prince royal et pourront prendre l’offensive, comme je vous l’ai mandé, aussitôt que ma gade sera entrée à Berlin.

Votre artillerie sera composée de deux batteries à cheval, douze pièces; cinq batteries à pied, quarante; deux batteries de réserve, seize; total, soixante-huit pièces.

Les Danois ont quarante pièces : sur ces quarante pièces, il y en a vingt de 6, dont seize pièces et quatre obusiers, et vingt pièces de 3. Lorsque vous en serez là, vous leur proposerez de garder leurs pièces de 3, et d’employer les attelages, charretiers et canonniers, à atteler et servir huit pièces de 6 et quatre obusiers, savoir douze pièces. Ces douze pièces ont besoin chacune de deux caissons, ce qui fera, avec les rechanges et forges, 40 voitures. Les vingt pièces de 3 exigeraient 40 voitures. Le nombre sera donc égal. Seule­ment il faudrait quelques chevaux de plus, dans le cas où l’usage des Danois serait d’atteler les pièces de 3 avec deux chevaux. Ce sera donc huit pièces de 6 et quatre obusiers que vous aurez à fournir aux Danois. Quant aux caissons, on les convertira en caissons de 6. Les Danois se trouveront avoir trente-deux bouches à feu, qu’on or­ganisera comme les nôtres. Ces trente-deux pièces jointes aux soixante-huit de votre corps feront un parc de cent pièces de canon.

Du 10 au 15 août, tout ce qui est nécessaire pour compléter le 28e de chasseurs sera arrivé; cela vous fera 1,000 chevaux; vous pouvez compléter les Lithuaniens à 5 ou 600 chevaux; ce qui, joint aux 2,400 chevaux de la brigade de cuirassiers de Hambourg, mettra sous vos ordres plus de 4,000 chevaux, qui feront avec les 2,000 chevaux danois 6,000 chevaux. Vous avez déjà trois généraux de brigade : restera un général de division de cavalerie à vous en­voyer pour commander toute cette cavalerie.

Je suppose que tout ce qui est nécessaire pour compléter l’appro­visionnement de Hambourg sera arrivé et que Hambourg, Harburg et les îles seront bien armés dans les premiers jours d’août. S’il en est besoin, il faudra tout négliger pour concentrer toutes vos forces sur la rive droite, en vous appuyant sur Hambourg. Quand même l’ennemi passerait l’Elbe entre Hambourg et Magdeburg, cela ne devrait avoir aucune influence sur vous, dont l’armée aurait toujours derrière elle Hambourg et le Holstein, et, par cette position sur la rive droite, conserverait l’offensive, quand même l’ennemi aurait passé sur la rive gauche.

Si, au moment de la reprise des hostilités, vous pouvez même réunir une plus grande partie de cavalerie, on vous la laissera; elle marcherait avec vous pour rejoindre l’armée par Berlin. Vous pour­riez emmener avec vous les 1,200 chevaux que vous a envoyés le général Bourcier. Je ne puis que vous répéter que ceci ne doit en rien déranger les mesures que vous avez prises. Il faut seulement que vous demandiez des selles au général Bourcier. Je pense que ce général peut avoir à sa disposition 3,000 selles, et que vous pouvez en faire faire à Hambourg.

Je n’instruis pas le général Bourcier du traité dont je viens de vous parler; demain on lui en donnera communication. Ce général compte avoir des dispositions faites pour 12,000 chevaux; si on y ajoute les 10,000 chevaux des Danois, cela fera 22,000 chevaux. Je crois que le général Bourcier a 11,000 hommes à pied à monter : ce serait donc 5 à 6,000 hommes à pied à faire venir de France. Les 5,000 autres seraient pris dans les dépôts de cavalerie, au fur et à mesure que la cavalerie active aurait des hommes démontés. Considérez cette remonte des Danois comme augmentant nos moyens, sans contremander aucune des mesures que vous avez prises.



Dresde, 24 juillet 1813.

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.

Mon Cousin, mandez au général Vandamme qu’il est probable que son corps opérera par Wittenberg; que je désire qu’il prenne ses mesures de manière qu’au 10 août il ait pour vingt jours de vivres ; savoir : quatre jours de pain, six jours de biscuit et dix jours de farine. Il se procurera cela chez les princes de Dessau. Il faudra qu’il ait aussi un approvisionnement assuré en viande et en eau-de-vie pour vingt jours. Vous lui ferez connaître que les 1er, 2e et 3e compagnies du 10e bataillon des équipages militaires sont desti­nées à son corps d’armée. Il doit déjà avoir une partie de la 1e com­pagnie, et il recevra bientôt le reste de celle-là et la 2e compagnie, qui s’organisent à Cassel. La 3e compagnie s’organise à Wesel, d’où elle le rejoindra. Aussitôt que le général Vandamme aura deux de ces compagnies, il enverra la compagnie du 14e bataillon au duc de Bellune.

Demain 25 juillet, quatre bataillons de la 6e division bis doivent arriver à Magdeburg; il y aura donc à Magdeburg deux bataillons westphaliens, deux bataillons du 134e deux bataillons du 4e régi­ment polonais et quatre bataillons de la 6e division bis; total, dix bataillons. Aussitôt que ces dix bataillons seront réunis à Magdeburg, ce que je suppose être le 25 ou le 26, le général Vandamme fera partir la division Teste, pour se rapprocher d’une marche de Tessau, en portant son quartier général à Kœthen ou à Bernburg, de sorte que la division Philippon puisse, en une marche, passer le pont de Wittenberg ; que la 2e division puisse le passer en deux marches, et que la 23e division puisse le passer en trois marches.

Recommandez au général Vandamme de s’occuper de la formation du 9e de lanciers et du régiment de Dessau. Il doit avoir actuellement tous ses bataillons ; faites-lui connaître que j’espère qu’après la revue, qu’il doit passer le 5 août, il rendra compte qu’il a toute son infan­terie, toute son artillerie, ses ambulances, ses administrations, etc.

Dresde, 5 août 1813.

Au maréchal Davout, prince d’Eckmühl, commandant le 13e corps de la Grande Armée, à Hambourg

Mon Cousin, l’armistice sera dénoncé le 10; les hostilités com­menceront le 16. Je crois vous en avoir déjà prévenu. Il est important que vous n’ayez rien en marche, après le 16, de Mayence à Hambourg et de Hambourg à Mayence, et de bien veiller à votre ligne d’étape de Wesel à Hambourg, afin qu’il n’y ait rien de pris par les partisans.

Je vous ai déjà mandé de réunir toutes vos troupes disponibles, ainsi que les Danois, de manière à avoir un corps de 30,000 hommes en avant de Hambourg pour prendre l’offensive sur l’ennemi. Mon intention est de faire marcher 60,000 hommes par Luckau sur Berlin, ce qui avec votre corps fera près de 100,000 hommes. On dit que le prince royal commande le corps de Bülow. Son premier soin sera sûrement de défendre Berlin. Le duc de Reggio y sera le troisième jour après l’expiration de l’armistice. Faites diversion de bonne heure avec votre armée, en menaçant de vous porter sur le Mecklenburg et sur Berlin. Répondez-moi à cela par mon officier d’ordonnance, et envoyez-moi par lui : 1° la situation de l’artillerie de campagne; 2° la situation de l’artillerie de siège et de son arme­ment; 3° la situation de toutes les fortifications; 4° la situation de chacune de vos divisions; 5e la situation des remontes, harna­chements; 6° la situation du corps danois; 7° la situation de la marine, etc. Enfin faites-moi connaître ce que tout cela aura d’ac­croissement, ainsi que la position au 17 août. Il ne faut pas s’arrêter à de petites considérations. Il faut éviter un échec; et, en ayant l’air d’envoyer des colonnes mobiles sur les rives de l’Elbe, à l’expiration de l’armistice, que tout cela soit replié sur Hambourg, afin de centraliser vos forces.





Dresde, 8 août 1813.

Au maréchal Davout, prince d’Eckmühl, commandant le 13e corps de la Grande Armée, à Hambourg

Mon Cousin, je reçois votre lettre du 5 août. Je me suis fait rendre compte de ce qui est relatif à vos compagnies d’artillerie à cheval; vous devez effectivement n’en avoir que deux.

Il n’y a aucune espèce de doute que l’ennemi dénoncera l’armistice le 10 et que les hostilités commenceront le 16 ou le 17. Vous pou­vez donc compter là-dessus. Je vous ai dit de réunir toutes vos troupes sur la rive droite; cela me paraît de la plus grande nécessité, afin de prendre l’offensive et de tenir un corps égal en échec devant vous. Tous les renseignements m’apprennent que le prince royal de Suède commandera dans cette partie et même à Berlin.

Je vous ai déjà fait connaître que le duc de Reggio avec le général Vandamme, le général Reynier et le duc de Padoue, ce qui fera une année de près de 80,000 hommes, débouchera par Luckau et Baruth, le jour de la rupture de l’armistice, pour être en trois ou quatre jours à Berlin. Vous sentez qu’il est nécessaire que toutes les forces qui se trouvent sous les ordres du prince royal, savoir l’armée sué­doise, le 3e corps de l’armée prussienne commandé par Bülow, le corps auxiliaire à la solde de l’Angleterre, et enfin la division russe, ne puissent pas se porter tout entières à la rencontre du corps qui débouchera par Luckau. Il faut les obliger à tenir un corps de 30,000 hommes vis-à-vis de vous, et ils se trouveront dans celte obligation s’ils vous voient le 10 prêt à prendre l’offensive. Le 12, ayez vous-même votre quartier général à une lieue en avant de Ham­bourg; que les portes de Hambourg soient fermées à tout votre état-major, et que toutes vos troupes, infanterie, cavalerie et artillerie, soient prêtes à déboucher. Vous déboucherez effectivement si vous vous trouvez supérieur, ou vous aurez pris une bonne position qui couvrira Hambourg si l’ennemi se trouvait supérieur. Vous aurez soin de poursuivre vivement l’ennemi, afin de menacer les Suédois de leur couper la Poméranie et de les obliger d’y rentrer.

Sur cet ordre que je vous ai déjà donné plusieurs fois, vous faites l’objection que l’ennemi pourra donc passer l’Elbe et ravager le pays. II n’y a pas de remède à cela. Je ne vous crois pas assez égal en cavalerie pour pouvoir vous y opposer avec avantage; mais il faut que, toutes les fois que les partisans passeront entre Hambourg et Magdeburg, ou entre Magdeburg et Dresde, ils ne trouvent rien à prendre à l’armée, qu’ils ne trouvent à piller que le pays. Je pense qu’il faut replier l’artillerie qui est dans vos différents postes, puis­qu’elle pourrait y être compromise.

Vous proposez d’avoir 2 à 3,000 hommes d’infanterie, un millier de chevaux et cinq à six pièces d’artillerie légère, manœuvrant entre Harburg, Lüneburg et Werden. Cela me paraît fort sage et sans inconvénient. Ce corps, n’ayant aucun embarras, pourra promptement se replier sur Harburg et venir vous rejoindre s’il a affaire à des troupes trop considérables. Mais, si vous aviez poussé l’ennemi, il passerait l’Elbe à Dömitz et viendrait encore vous rejoindre. Non-seulement cette colonne sera utile, mais elle est même indispensable. Il est possible que l’ennemi attende, pour passer l’Elbe avec des forces raisonnables, qu’il ait pu vous rejeter dans Hambourg. Dans ce cas, ce corps sur la rive gauche menacerait l’ennemi. Si, au con­traire, l’ennemi fait passer l’Elbe à des forces égales aux vôtres, vous aurez affaibli votre corps principal, mais l’ennemi se sera affaibli dans la même proportion.

Je vous ai dit de veiller â ce que, de tous les convois qui viennent à Hambourg, il n’y en ait aucun de pris. Vous saisissez mal ce que je veux vous dire et vous me répondez e qu’il est difficile de garder tout l’Elbe. e Je vous répète que mon intention n’est pas de garder tout l’Elbe, l’ennemi a trop de mauvaises troupes dont il fait peu de cas pour une affaire générale, et qu’il sait lancer en partisans pour piller ou pour faire insurger ; mais le moyen de ne rien perdre c’est de ne rien avoir. Les convois qui se dirigent sur Hambourg viennent de Wesel ou de Magdeburg; écrivez au général Lemarois qu’à dater de la reprise des hostilités on n’expédie plus aucun convoi pour Ham­bourg, et pressez l’arrivée de ceux qui sont en route. Donnez ordre également qu’on arrête à Bremen tous les bataillons de marche, tous les hommes à pied de la cavalerie, tous les convois d’artillerie, tous les convois quels qu’ils soient qui seraient en route pour se rendre à Hambourg après l’armistice; que le commandant de la ville de Bre­men les garde pour la défense de la ville, et qu’il ne vous envoie des convois que lorsqu’il pourra réunir 3 ou 4,000 hommes pour leur escorte et lorsque la situation des choses rassurera d’ailleurs sur l’ar­rivée de ces envois. Ainsi je ne prétends pas que vous défendiez tout l’Elbe, mais qu’à l’expiration de l’armistice vous n’ayez en route aucun convoi ou détachement d’hommes à pied, de cavalerie, d’artil­lerie, d’équipages militaires ou d’infanterie, sur les communications de Bremen à Hambourg et de Magdeburg à Hambourg; qu’il n’y ait que les estafettes et la poste qui passent; qu’enfin on ne communique, comme cela doit toujours se faire pour les transports et convois en temps de guerre, que sous des escortes d’une force suffisante pour résister aux partisans. Faites parcourir par des officiers de gendar­merie les différentes roules par où viennent, les convois, pour qu’au moment de la rupture il n’y ait rien en marche el que rien ne soit compromis. Je suppose que maintenant vous comprenez bien mes intentions et que vous allez agir en conséquence.

Prenez les mêmes soins pour les convois d’argent; il faut qu’à dater du 10 au 12 août il ne parte aucun convoi d’argent sans un ordre spécial de vous, el que de Wesel à Hambourg, de Magdeburg à Hambourg et de Hambourg à Magdeburg, il ne se trouve aucun convoi d’argent. Lorsque les quinze premiers jours de la campagne seront passés, on verra la situation des choses et les mouvements qu’il sera convenable d’autoriser.

Écrivez à Wesel, à Bremen, à Magdeburg, à Osnabrück, à Ha­novre, à mon ministre à Cassel, pour que tout cela soit ainsi organisé.

L’officier d’ordonnance que je vous ai expédié m’apportera la si­tuation de tout votre corps. Je désire surtout la situation de voire cavalerie. 1° Votre cavalerie consiste : dans une brigade composée du 28e de chasseurs et d’un régiment lithuanien. Qu’est-ce que ces régiments auront, au 16 août, à cheval et en état de se battre ? Qu’est-ce qu’ils ont à pied à Hambourg ? Combien ont-ils de selles et de chevaux ? Que leur manque-t-il pour être entièrement montés ? Les colonel, major et cadres du 28e sont-ils arrivés, ou quand arriveront-ils ? Quand les différents détachements qui doivent compléter ce régiment arriveront-ils ? Cela doit former 1.200 hommes. 2° Vous avez un régiment de marche de troupes légères, de dragons et de cuiras­siers, qui vous a été envoyé par le général Bourcier; ce régiment doit être de 1.250 hommes. Quelle est sa composition, sa situation en officiers, soldais, chevaux et selles? Il me semble que vous m’avez mandé que ces 1,250 hommes étaient montés. Le ministre de la guerre vous a envoyé les 4e escadrons de cuirassiers à pied, formant trois régiments, qui composent la brigade de cuirassiers de Ham­bourg. Combien y aura-t-il d’hommes arrivés au 16 août ? Où seront les autres? Veillez à ce qu’il ne reste sur les routes personne que l’ennemi puisse enlever. Combien y aura-t-il de chevaux? Combien de selles? Quand tous ces hommes seront-ils montes? 3° Enfin le général Bourcier a dirigé sur Hambourg, sur la demande que vous lui en avez faite, 1.000 hommes à pied de cavalerie. Faites-moi connaître s’ils seront arrivés le 16 et quand ils seront montés. Le total de tout ceci vous ferait 6,500 hommes. D’après les renseignements que vous m’avez donnés, je suis fondé à penser que vous aurez 4,000 hommes montés et dans le cas de se battre au 16 août, ce qui, avec les Da­nois, vous fera 6,000 cavaliers. Vous en aurez en outre 2,500 à pied, qui, pouvant faire le service de Hambourg et étant exercés au service du canon, vous permettront d’affaiblir d’autant la 50e division.

50e division. Quelle sera la situation de celle division au 16 août ? Le 5e bataillon du 33e léger sera-t-il arrivé ? Les conscrits réfractaires de Flessingue seront-ils arrivés? Ceux de Wesel seront-ils arrivés ? Les 3e bataillons du 3e et du 105e, avec les conscrits réfractaires et les différents détachements de Strasbourg, y seront-ils arrivés ? Où seront les autres détachements qui ne seraient pas arrivés à l’expira­tion de l’armistice ? Prenez des mesures pour qu’ils ne soient pas compromis. Selon les données que j’ai, j’espère que la 50e division aura une force de 9,000 hommes au 16 août. Vous en pouvez lais­ser 3,000 pour la garde de Hambourg, et employer 6,000 des meil­leurs à augmenter votre corps actif.

De cette façon vous auriez : 1° à l’armée, la 3e division, la 40e et la 50e, ce qui vous ferait 20,000 hommes et 4,000 hommes de ca­valerie ; total, 24,000 hommes, plus 10,000 Danois ; en tout 34,000 hommes; 2° à Hambourg, 2,500 hommes de cavalerie à pied, 500 hommes d’artillerie, 300 ouvriers de la marine, 1,000 hommes des équipages de la marine, 150 gendarmes, 7 à 800 douaniers et 3,000 hommes de la 50e division; ce qui ferait plus de 8,000 hommes à Hambourg. Vous aurez donc un total de près de 45,000 hommes, et, en admettant qu’il y ait quelque chose d’exagéré dans ce calcul, et que vous ne puissiez réunir que 30,000 hommes actifs et que 5,000 hommes de garnison à Hambourg, ce qui suffirait pour celte ville pendant le temps que vous la couvririez, cela ferait 35,000 hommes, et vous devez en avoir 45,000.

Je vous envoie un général qui sort de la Garde et qui est bon; il vous servira pour remplacer le général Loison ou le général Thiebault. La 50e division a le général Vichery, qui peut marcher. Vous avez beaucoup de généraux de cavalerie, puisque vous avez le général Watier et trois autres généraux. Faites-moi donc connaître, par le retour de l’estafette et en détail, votre position, et faites dresser un état de la situation de vos affaires au 16 août et pendant tout le reste d’août.

Je suppose qu’avec les Danois vous aurez cent pièces de canon. Vous devez partir du principe qu’il est bon d’avoir un approvisionne­ment et demi attelé, mais qu’un simple approvisionnement à la rigueur est suffisant, dès l’instant que vous avez à Hambourg des munitions pour les remplacements.

L’Autriche est contre nous. Cette puissance a 300,000 hommes sur pied, effectifs, ce qui lui fournit une armée de 120,000 hommes qui marchera contre moi sur Dresde, une autre de 30,000 hommes contre la Bavière, enfin une troisième de 50,000 hommes contre le vice-roi, qui est à Laybach; ce qui ferait 200,000 hommes sous les armes, et ce qui suppose 320 à 350,000 hommes effectifs. Quelque accroissement de forces que cela donne aux alliés, je me trouve en mesure d’y faire face. Mais vous devez sentir qu’il faut de l’énergie, et si votre corps de 30,000 hommes était disséminé et ne remplis­sait pas absolument son rôle, qui est de tenir un nombre supérieur en échec, cela compromettrait toutes les affaires.

Mon projet est de faire marcher, comme je vous l’ai dit, vos 30,000 hommes et les 80,000 du duc de Reggio, ce qui fait 110,000 hommes, sur Berlin; cette force sera encore augmentée d’une colonne de 6,000 hommes qui pourra sortir de Magdeburg. Je compte que l’on sera à Berlin le quatrième jour, c’est-à-dire le 20 ou le 21 ; et, s’il y avait une affaire où l’on pût battre l’ennemi, éparpiller la landwehr et désarmer le landsturm, cela me mettrait à même de vous en­
voyer sur Stettin, pour suivre les Suédois, en vous augmentant du corps de Vandamme, et me permettrait de rappeler à moi soit le corps du général Reynier, soit le corps du duc de Reggio, et me renforcerait ainsi de 30,000 hommes contre la grande armée autrichienne et russe, ou bien, selon les circonstances, je vous laisserais tout ce monde pour débloquer Küstrin et Stettin, marcher sur Stettin, par-là menacer de débloquer Danzig et obliger les Russes à y courir en toute diligence et à se détacher des Autrichiens. Il y a dans toute cette armée qui vous est opposée beaucoup de canaille, qui, une fois attaquée et battue, se dissipera, telle que la landwehr, la légion hanséatique, la légion de Dessau, etc.; de sorte que huit jours de cam­pagne, môme sans de grands succès, réduiront de moitié les troupes ennemies qui sont dans celte partie.

Les circonstances sont fortes ; le rôle que vous avez à remplir est très-actif. Il faut surtout que vous menaciez de bonne heure, afin qu’on ne se tourne pas entièrement contre ce qui débouchera sur Berlin, et qu’on ne vous néglige pas. Je vous le répète, aussitôt que vous saurez que l’armistice est dénoncé, sortez avec pompe de Ham­bourg, exigez que tout votre quartier général en parte et que vos troupes soient campées ou cantonnées suivant les maximes de la guerre.

Dresde, 11 août 1813.

Au maréchal Davout, prince d’Eckmühl, commandant le 13e corps de la Grande Armée, à Hambourg

Mon Cousin, c’est aujourd’hui le 11, et l’ennemi n’a pas encore dénonce l’armistice; ainsi les hostilités ne peuvent pas recommencer avant le 18. Vous devez donc presser la marche de tout ce qui doit vous arriver; vous avez de la latitude à cet égard jusqu’au 20. Je vous ai fait connaître qu’il n’y avait pas d’obstacle à ce que vous lais­siez un corps d’observation sur la rive gauche, sauf à le reployer au besoin sur vous. Tout porte à penser que l’ennemi veut passer l’Elbe et se porter sur le Weser; mais votre mouvement sur la rive droite, qui ne peut pas être dérangé, puisque vous avez pour appui une place comme Hambourg et le Holstein, déconcertera ce projet, en même temps que le mouvement de Luckau sur Berlin obligera l’en­nemi à revenir et mettra tout en confusion.

Je vois, par votre état de situation, que la 3e division a 8,140 hom­mes, mais, comme elle recevra d’ici là trois bataillons qui lui man­quent, je puis la porter pour 10,000 hommes. La 40e division aura également 10,000 hommes, ainsi que la 50e. Vous pourrez donc marcher avec 10,000 hommes de la 3e division, 10,000 hommes de la 40e, et 5,000 hommes de la 50e, ce qui, joint aux 10,000 Da­nois, vous fera 35,000 hommes d’infanterie. Je vois que le 28e de chasseurs aura près de 1,000 hommes; je suppose qu’avant le 20 vous en aurez monté au moins 400. Le 17e de lanciers lithuaniens vous donnera également400 chevaux, ce qui vous fera 800 hommes de cavalerie. Enfin vous aurez 1.200 chevaux du régiment de marche, et il vous restera les 2,000 hommes à pied de la brigade provisoire de cuirassiers que vous emploierez à la garde de Hambourg, en attendant qu’ils soient montés.



Dresde, 12 août 1813, quatre heures du matin.

Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.

Mon Cousin, en quelque lieu que se trouve le général Lemoine, donnez-lui ordre de se rendre à Wesel, de prendre le commande­ment des bataillons de la Ge division bis, d’y joindre tout ce qui serait destiné à passer par Wesel pour rejoindre l’armée sur Magdeburg ; de tâcher d’y réunir huit pièces d’artillerie à cheval ou à pied, de celles qui sont destinées à l’armée ; d’y réunir aussi tous les détache­ments de cavalerie que les 24e et 25e divisions militaires auraient à envoyer à l’armée, et d’aller prendre position avec cette colonne à Minden, d’où il correspondra avec le prince d’Eckmühl, avec le général Lemarois et avec mon ministre à Cassel, afin de pouvoir de ce point, selon les circonstances, se porter partout où il sera néces­saire et être à portée de me rejoindre promptement quand il en rece­vra l’ordre.



Dresde, 12 août 1813, quatre heures du matin.

Au général comte Lemarois, gouverneur de Magdeburg.

Monsieur le général Lemarois, l’armistice est dénoncé; les hosti­lités commenceront le 17. Retirez l’artillerie que vous auriez dans vos petits postes, ainsi que les hommes qui s’y trouvent et qui seraient compromis. Si le fort de Tangermünde n’est pas bien assuré, retirez-en de même l’artillerie et la garnison ; car que signifieraient 3 à 400 hommes qui seraient là bloqués par de la cavalerie ? Il vaut mieux avoir toutes ses forces réunies que de les compromettre.

Je vous ai déjà fait connaître que le prince d’Eckmühl débouche­rait, le 18, avec 40,000 hommes entre Berlin et la mer, et que le duc de Reggio, avec les 12e, 4e et 7° corps commandés par les géné­raux Bertrand et Reynier, et avec le troisième corps de cavalerie, commandé par le duc de l’adoue, déboucherait le 18 directement sur Berlin.

Annoncez que vous allez vous-même partir de Magdeburg avec une force de 18,000 hommes. Je suppose que des généraux vous sont arrivés. Organisez une division d’artillerie et faites ce qui est possible pour contenir l’ennemi au-delà de l’Elbe, menacer son pont s’il en jetait un, et vous mettre en communication avec le duc de Reggio. Je suppose que vous avez un chiffre; il faudra désormais s’en servir.

Envoyez un de vos aides de camp au prince d’Eckmühl; qu’il soit de retour le 16 et vous fasse connaître la position et les projets du, maréchal. Ayez un chiffre avec ce maréchal ainsi qu’avec le duc de Reggio. Je suppose que le chiffre de l’état-major avec eux est le même, assurez-vous-en. Vous me ferez connaître ce que l’officier que vous aurez envoyé au prince d’Eckmühl vous aura dit à son retour.



S. J’ai ordonné au général Lemoine de se porter avec six ba­taillons de la 6B division bis à Minden, pour y faire un petit corps de réserve.



Dresde, 12 août 1813, au matin.

Au maréchal Davout, prince d’Eckmühl, commandant le 13e corps de la Grande Armée, à Hambourg

Mon Cousin, j’ai nommé le général Girard, qui s’est si bien dis­tingué à Lützen et qui est guéri de ses blessures, pour se rendre à Magdeburg. Il aura sous ses ordres, le ler corps du général Dombrowski, composé de huit bataillons polonais et de deux régiments de cavalerie, et 2° une division de 9,000 hommes tirés de la garni­son de Magdeburg. Ce général pourra donc réunir entre Berlin, Wit­tenberg et Magdeburg 15,000 hommes qui serviront à établir une communication entre vous et le duc de Reggio. Cependant ce corps ne doit pas s’éloigner de manière à être isolé de Magdeburg, parce que la garnison de cette place ne serait plus suffisante. Le général Lemarois ayant le chiffre de l’état-major, que vous devez avoir aussi, vous pourrez correspondre.



Dresde, 12 août 1813.

Au maréchal Oudinot, duc de Reggio, commandant le 12e corps de la Grande Armée, à Luckau.

Mon Cousin, le major général vous a fait connaître que les hostilités recommenceront le 17. Il vous a fait également connaître que mon intention est que, le 14, la division Guilleminot et votre cava­lerie légère soient réunies à Baruth, et que, le 15, le reste de votre corps d’armée y soit réuni, et que vous y ayez votre quartier général. Vous emploierez ce temps à diriger sur Baruth 100,000 rations de pain que vous ferez faire à Luckau.

Le major général vous a fait connaître que le 7e corps, commande par le général Reynier et composé de trois divisions, deux saxonnes et une française, faisant 18,000 hommes présents sous les armes, avec une brigade de l,600 chevaux saxons, arrivera le 16 ou le 17 à Luckau ; que le 4° corps, commandé par le général Bertrand et composé d’une division française, d’une division italienne et d’une division wurtembergeoise, avec une brigade de cavalerie légère, arri­vera également le 16 ou le 17 à Luckau; enfin que le duc de Padoue, avec le 3e corps de cavalerie, fort de trois divisions, faisant 6,000 chevaux, se rend aussi le 16 ou le 17 à Dahme. Il passera l’Elbe à Torgau. Envoyez des ordres à ces trois généraux pour leurs directions.

Le 18, si l’ennemi n’est pas en forces supérieures devant vous, vous pourrez entrer aussitôt sur le territoire ennemi, ce qui vous mettra à même d’avoir des renseignements sur tout ce qui s’est fait et se passe devant vous. Le 4e corps, que vous pourrez diriger sur Baruth par Lübben, si vous le jugez plus convenable, le corps du général Reynier, et le 3e corps de cavalerie, qui arrivera à Baruth par Dahme, vous mettront à même de commencer sérieusement vos opérations, de sorte que le 21 ou le 22 vous puissiez être à Berlin.

Vous aurez ainsi sous vos ordres neuf divisions d’infanterie avec trois brigades de cavalerie légère et trois divisions de cavalerie ; cela formera: 12e corps, 16,000 hommes d’infanterie, 1,400 de cavalerie, soixante-deux pièces d’artillerie; 4e corps, 22,000 hommes d’in­fanterie, 1,000 de cavalerie, soixante-deux pièces; 7e corps, 18,000 hommes d’infanterie, 1,600 de cavalerie, soixante-deux pièces; 3e corps de cavalerie, 6,000 hommes, vingt-quatre pièces; total, 56,000 hommes d’infanterie, 10,000 de cavalerie, deux cent dix pièces d’artillerie. Ce qui fait 70 à 75,000 hommes. Dans cette artillerie, il y a quatre batteries de pièces de 12.

Vous ne devez pas perdre de monde devant des villages et des postes retranchés; mais vous devez sur-le-champ faire avancer les trente-deux pièces de 12 de vos quatre batteries de réserve, avec une quarantaine d’obusiers, au moyen de quoi vous détruirez en deux heures toutes les fortifications de campagne.

Le général Girard se rend à Magdeburg. Il aura sous ses ordres le corps du général Dombrowski, composé de huit bataillons polonais, avec deux régiments de cavalerie et une batterie d’artillerie à cheval, faisant à peu près 5,000 hommes. Au moment de l’expiration de l’armistice, s’il était poussé par des forces supérieures, il se replierait sur Wittenberg; mais il reprendra l’offensive aussitôt qu’il le pourra, el il marchera pour maintenir la communication entre vous et Wit­tenberg. Outre le corps du général Dombrowski, le général Girard aura sous ses ordres une division de 8 à 9,000 hommes avec laquelle il manœuvrera en avant de Magdeburg. Il tâchera de se lier avec le général Dombrowski, et réunira ainsi, entre Wittenberg, Magdeburg •et Berlin, 12 à 15,000 hommes.

Le prince d’Eckmühl débouchera le 18. Dès ce moment, son quartier général est hors de Hambourg, et son corps est réuni sur la rive droite de l’Elbe, renforcé par 15,000 Danois; ce qui le porte à plus de 40,000 hommes. Il suivra l’ennemi, ou l’attaquera s’il est en nombre inférieur, et manœuvrera de manière à le couper de la mer et à se placer entre Berlin et Stettin.

Il y aura donc contre Berlin votre corps fort de 70,000 hommes, le corps du général Girard, fort de 12,000 hommes, et celui du prince d’Eckmühl fort de 40,000, c’est-à-dire en tout 122,000 hommes.

Après avoir occupé Berlin, vous manœuvrerez pour établir vos communications avec Wittenberg et Magdeburg, et le général Girard sera merveilleusement placé pour cela. Vous débloquerez Küstrin et vous ravitaillerez cette place en y jetant tous les vivres que vous pourrez trouver à vingt lieues autour. Vous débloquerez et ravitail­lerez de même Stettin, d’où vous retirerez tous les généraux qui sont inutiles, en n’y en laissant qu’un seul pour commander la place. Vous -obligerez les Suédois à se rembarquer et vous rejetterez l’ennemi au-delà de l’Oder. J’ai fait préparer un équipage de siège pour essayer de reprendre Spandau.

Le maréchal Saint-Cyr, avec le 14e corps, a son quartier général à Pirna. Je fais venir à Dresde le général Vandamme avec son corps d’armée, et, quoique je m’attende à ce que l’Autriche me déclare la guerre dans peu de jours, je suis en mesure de faire face à tout. Le vice-roi, avec une année de 80,000 hommes, se porte sur Görtz. Indépendamment des 122,000 hommes que je dirige contre Berlin, j’oppose deux armées aux armées russes, prussiennes et autri­chiennes, égales à ce qu’elles peuvent me présenter.

Le général Lemarois, le prince d’Eckmühl, le général Lapoype, le général Durosnel, le gouverneur de Torgau, ont un chiffre qui est le même que celui que vous avez. Il faut en profiter pour leur écrire en chiffre ce qu’il serait dangereux que l’ennemi connût.

Le commissaire des guerres de Torgau ne vous a pas envoyé le complément de vos 6,000 quintaux de farine; il vient de recevoir l’ordre de le faire; envoyez à Torgau, pour le prendre, toutes vos charrettes de réquisition. Mais vous devez garder vos équipages pour l’approvisionnement de Baruth et pour vous suivre.

Faites en sorte que le général Bertrand et le général Reynier trouvent des vivres à Luckau pour leur consommation, et même pour en charger leurs voitures disponibles.

Faites-moi connaître quel est le commandant que vous laisserez à Luckau.

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"Tant que les Français constitueront une Nation, ils se souviendront de mon nom."

Napoléon.


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Message Publié : 18 Mai 2026 19:54 
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Inscription : 14 Déc 2002 16:30
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A noter qu'initialement, le 4ème corps de Bertrand n'était pas destiné à l'expédition sur Berlin, c'était le 1er corps de Vandamme qui y était destiné ! Qu'on se figure l'incidence de cette circonstance sur les évènements...

Napoléon a dû réfléchir que Vandamme serait un lieutenant incommode. Pourtant son 1er corps était autrement résistant que celui de Bertrand, composé pour l/3 de Wurtembourgeois. On a du mal à comprendre comment l'Aigle a pu à ce point se tromper dans ses prévisions. La marche sur Berlin s'imposait mais il fallait lui donner toutes les chances de succès ! Un échec, si minime fut-il, ne pouvait être qu'un encouragement pour les coalisés, surtout pour les Prussiens. Prévoir Vandamme pour ce rôle était prudence et calcul fondé. Napoléon devait bien se douter qu'un général prussien ardent comme Bülow ferait tout pour refouler Oudinot qu'il avait déjà battu, sans guère se soucier des ordres de Bernadotte... L'Empereur a-t-il été vraiment mal renseigné, comme Thiers l'a écrit ? Ses espions (ou des agents doubles) lui auraient dépeint ses adversaires comme divisés avec des troupes de très peu de valeur ? Ou lui-même a-t-il extrapolé à partir des rapports qu'il recevait ? On reste confondu devant un tel gâchis...

https://napoleon-histoire.com/correspon ... aout-1813/

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