L'Énigme des Invalides

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 Sujet du message : Napoléon, vu par Foch...
Message Publié : 12 Nov 2022 11:50 
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Tout le monde ou presque sait que c’est à Ferdinand Foch que fut confié le grand discours du centenaire de la mort de Napoléon aux Invalides, le 5 mai 1921. De fait, le vainqueur de la Première Guerre mondiale était souvent comparé à l’Empereur, ce qui ne lui déplaisait pas d’ailleurs. À la fin de sa vie, dans un livre d’entretiens publié après sa mort, il confia au colonel Charles Bugnet (1884-1945), son ancien officier d’ordonnance (1921-1929), ses opinions sur Napoléon.

Voici le texte de cet entretien, publié à l’été 1929 et intitulé En écoutant le maréchal Foch.

Napoléon vu par d’autres personnes célèbres : Foch

La manière de Foch, ses habitudes d’esprit, sa méthode, sont les mêmes, qu’il s’agisse de l’étude ou de l’action, d’un problème d’histoire à élucider ou d’une manœuvre stratégique à combiner. Cette méthode consiste à embrasser d’un regard la question toute entière, à discerner rapidement le point essentiel, à s’y précipiter à toute allure, le serrer étroitement, l’exprimer si l’on peut dire jusqu’à ce qu’on en ait fait sortir tout ce qu’il contenait. Un faisceau de lumière ainsi projeté sur le centre, tout le restant de l’édifice s’éclaire avec une extraordinaire rapidité. Si l’on veut se rendre compte de cette méthode, la prendre en quelques sorte sur le vif, il n’est pas d’exemple plus saisissant que l’éloge de Napoléon prononcé par Foch le 5 mai 1921, sous la coupole des Invalides, devant le tombeau de l’Empereur, pour le centenaire de sa mort. On imaginerait difficilement une cérémonie plus émouvante.
Devant une assemblée d’élite, en présence de tous les grands corps de l’Etat, sous ce dôme magnifique éclairé par les lumières d’un beau jour finissant, un des plus grands généraux de notre Histoire – d’une Histoire à peine finie – parlait sur la tombe du plus grand homme de guerre de tous les temps. Un élève – et quel élève ! – louait le maître en termes sobres, simples, précis, comme il convient de louer, mais en même temps marquait nettement, courageusement, les limites, les lacunes de son génie. Quel spectacle ! Quelle leçon !
Je parlais un jour à Foch de ce discours. Je lui disais la grande impression qu’il m’avait produite.
« – Vous ne savez pas, me dit-il, dans quelles conditions curieuses je l’ai écrit.
– Je m’apprêtais à partir pour Londres, pour une de ces innombrables conférences qui ont suivi le traité de paix. Vous savez qu’on nous a beaucoup promenés à ce moment, de capitale en capitale, de ville d’eau en ville d’eau, pour régler, ou plutôt essayer de régler les multiples questions qui naissaient du mauvais, du détestable traité de Versailles. Un des organisateurs de la cérémonie, destinée à commémorer le centenaire de la mort de l’Empereur, vint me dire au moment même de mon départ : « Vous aurez à prononcer sous le dôme des Invalides l’éloge de Napoléon, mais il ne faudra pas que votre discours dure plus d’un quart d’heure. »
Faire en quinze minutes l’éloge de Napoléon, voilà, pensais-je, quelque chose qui ne sera pas très commode. Il n’est certes pas question de faire de la stratégie ou de l’histoire militaire. Ni le lieu, ni le temps ne le permettraient. Comment s’y prendre ? Comment résoudre ce problème en apparence insoluble ? Le seul moyen est de saisir un ou deux traits essentiels du héros, de les marquer aussi fortement que possible.
C’est à quoi je me décidai. J’y réfléchis. J’écrivis mon discours dans mon appartement de l’Hôtel Claridge à Londres.
Ayant ainsi à parcourir d’un seul regard l’œuvre immense, colossale, de Napoléon, son œuvre militaire et son œuvre civile, sur quel point, sur quelle position centrale allais-je m’arrêter ? En quoi consiste au juste cet art de la guerre que napoléon à fait monter jusqu’à des hauteurs insoupçonnées ?
Il consiste, selon moi – et c’est un sujet auquel j’ai longuement réfléchi – en quelques principes très simples, très clairs, maniés par Napoléon avec une maîtrise et une virtuosité étourdissantes : économiser, employer judicieusement ses forces, afin de pouvoir toujours attaquer l’ennemi à l’endroit bien choisi avec des effectifs supérieurs ; tenir en main ses troupes, même quand elles sont éparpillées, comme un cocher tient les rênes de son attelage, de manière à les rassembler instantanément ; rechercher chez l’ennemi la masse principale qu’il s’agit d’abattre ; discerner pour le frapper le point critique où la défaite se transforme en déroute : rapidité de conception et d’exécution provocant le surprise chez l’adversaire. Tels sont quelques -un des éléments essentiels de génie militaire de Napoléon.
Une fois bien installé dans cette position centrale, il est relativement facile de rayonner tout autour ; Le point capital de votre sujet commence à s’éclairer. Il ne reste qu’à trouver deux ou trois exemples, aussi concluants, aussi saisissants que possible. En voici un auquel je m’attachai : le soir du 12 avril 1809, Napoléon apprend à Paris l’entrée en guerre de l’Autriche. Le 17, c’est-à-dire cinq jours plus tard, il est à Donauwerth, dans un Quartier général vide de chefs, il recueille instantanément lui-même, sur place, tous les renseignements utiles, réunit ses forces éparses, fonce sur le centre de l’armée ennemie, la coupe en deux et le rejette en déroute.
Le 23 avril – onze jours seulement après son départ de Paris – il a mis hors de cause la grande armée autrichienne et ouvert la porte de Vienne. Voilà un fait qui, beaucoup mieux que ne le feraient des volumes, explique la rapidité foudroyante de ces manœuvres napoléoniennes. Voir clair, décider vite, agir plus vite encore, tels en sont les traits dominants.
Au milieu d’une situation confuse, il lance lui-même le rayon de lumière qui guide chacun de ses exécutants. L’ennemi, incapable de saisir l’ensemble, ne voit pour finir qu’attaques foudroyantes s’abattre sur lui, trop tard pour s’en défendre.
Le secret de Napoléon, c’est qu’il court au-devant des événements pour en prendre la direction, au lieu de les attendre et de les subir. Mais, et ceci est capital, il n’y court pas en aveugle, il a eu préalable fait une étude approfondie du terrain, des circonstances au milieu desquelles il va opérer. Il en connaît d’avance les événements invariables. Il est pareil au grand joueur d’échecs qui embrasse d’un seul regard tout l’échiquier, non seulement ce qu’on peut appeler son état statique mais son état dynamique, non seulement la position des pièces par rapport les unes aux autres, mais les mouvements de ces pièces chaque fois que l’une d’elles sera déplacée. Il a toujours l’air d’improviser, mais son improvisation n’est jamais risquée.
Ce n’est pas un génie, disait-il lui-même un jour, qui me révèle tout à coup en secret ce que j’ai à faire ou à dire dans une circonstance inattendue pour les autres : c’est la réflexion, la méditation.
L’art de la guerre est ainsi monté par Napoléon jusqu’à des hauteurs inconnues ; malheureusement, à mesure que cet art s’élève, il risque de l’emporter lui-même jusqu’aux régions du vertige.
Car, après avoir exalté de la sorte mon modèle, j’avais le devoir strict d’indiquer avec la même force, la même netteté, les raisons profondes, inéluctables, qui déterminèrent sa chute.
La principale de ces raisons est que Napoléon, identifiant la grandeur se son pays avec la sienne propre, prétendit régler par les armes seules le sort de toutes les nations, comme si un peuple pouvait vivre de gloire et non pas de travail ; comme si dans le monde civilisé, la morale ne devait pas avoir raison d’une puissance uniquement fondée sur la force, si géniale fût-elle.
Dans cette tentative, Napoléon lui-même ne pouvait que sombrer, non pour avoir manqué de génie, mais pour avoir tenté l’impossible.
N’oublions pas, dit Foch, qu’au-dessus de la guerre, il y a la paix.
C’est par cette formule que je tins à terminer mon discours. »

Il n’en est pas, on en conviendra, de plus belle, de plus noble. Il n’en est pas qui fasse autant d’honneur à Foch.
Au cours d’un autre entretien, comme nous parlions de Napoléon – ce qui arrivait très souvent – je demandai au Maréchal si, d’après lui, les doctrines napoléoniennes auraient trouvé leur application dans la guerre récente.
« Ces doctrines, répondit Foch, ne reposent nullement sur des principes transcendants ; elles sont, avant tout, basées sur la raison et le bon sens. N’oubliez pas la maxime favorite de l’Empereur : « La guerre, un art simple et tout d’exécution. »
C’est dire qu’elles se seraient si fort bien appliquées aux opérations actuelles.
L’état-major germanique a fait de la guerre Napoléonienne, pendant tout un siècle, une étude aussi minutieuse, aussi poussée que possible. Malheureusement pour lui, et heureusement pour nous, il s’est appliqué presque exclusivement à la conception, au plan. Il a négligé l’exécution qui a cependant tout autant d’importance, sinon plus.
Pour en avoir la preuve, une preuve éclatante, vous n’avez qu’à observer ce qui s’est passé durant la guerre de 1870. Malgré ses plans bien combinés, mais dont il ne surveilla pas suffisamment l’application, parce qu’il ne tint pas solidement en main les rênes de son attelage, de Moltke aurait été certainement battu par les Français, s’il avait trouvé devant lui un adversaire bien commandé. La chose ne peut faire aucun doute. Je l’ai établie, preuves en main, dans mes cours de l’Ecole de Guerre. Vous n’avez qu’à vous y reporter. A chaque instant, le généralissime allemand laissa ses exécutants se débrouiller comme ils pouvaient. Il n’intervint d’aucune manière dans leurs décisions, dans leur initiative. S’il y avait eu du côté français quelques bons généraux, ou même un seul, les Allemands auraient été vaincus.
La victoire, une victoire éclatante et d’ailleurs inattendue, empêcha les allemands de voir clair dans les fautes qu’ils avaient commises. Elle les a amenés à persévérer dans leur erreur. En 1914, le neveu de Moltke, généralissime lui aussi, retomba dans les mêmes fautes que son oncle. Considérablement plus graves cette fois, car l’outil qu’il avait à manier était dix fois plus lourd. Ainsi ne le mania-t-il pas ! Le plan germanique conçu par Schlieffen était excellent. L’exécution en fut mauvaise. Imaginez Napoléon à la tête des armées envahissantes. Vous pensez bien qu’il ne serait pas resté comme Moltke à trois ou quatre cents kilomètres en arrière, sans contact personnel avec ses principaux lieutenants, s’abandonnant à leurs décisions, à leur initiative, subissant les événements au lieu de la diriger.
Il aurait été sur place, et il aurait pris ses décisions lui-même, d’après les circonstances immédiates. C’est ce que ne fit jamais Moltke. C’est ce que fit au contraire le général français Joffre, et c’est pourquoi il gagna la bataille de la Marne.
En 1918, dès que nous pûmes ressaisir l’initiative des opérations, nous reprîmes aussitôt la vraie doctrine napoléonienne. Le problème que nous avions à résoudre ne se posait certes plus comme du temps de Napoléon. Il était à une échelle dix fois, cent fois plus grande ; mais les principes très simples, très clairs qui nous dirigeaient, demeuraient, au fond, identiques : choix judicieux de l’endroit où nous devions frapper, rapidité des coups, nos diverses offensives bien combinées, s’emboîtant les unes dans les autres, se précipitant à grande allure, de façon à ne laisser à l’adversaire aucune attente, aucun répit, la bataille s’animant, s’amplifiant de plus en plus jusqu’à ce que l’ennemi fut contraint de demander grâce, ce sont les principes de la stratégie napoléonienne ; ce sont ceux que modestement nous avons essayé d’appliquer.
Plus on observe attentivement cette stratégie de Napoléon, dit Foch, plus on arrive, en dernière analyse, à découvrir ce qu’il y a au fond de son génie.
Ce qu’il y a, c’est une rapidité étourdissante de la conception de la décision, le pouvoir de se débrouiller très vite dans une situation obscure pour tous les autres, d’en saisir presque instantanément les éléments essentiels, puis d’appliquer avec une virtuosité incomparable, sans négliger aucune précaution, quelques principes très simples et très clairs. C’est tout et c’est beaucoup ! »

Au cours de nos entretiens, comme je demandais à Foch quelle est parmi les qualités militaires de Napoléon celle qu’il prisait le plus :
« – La question, me dit-il, est mal posée. Ce n’est pas une qualité seule, mais un ensemble de qualités qu’il faut louer en lui, car Napoléon vaut surtout par l’ensemble, par l’équilibre harmonieux qui résulte de dons véritablement exceptionnels : la vision concrète, précise, des lieux – même quand ils sont très étendus – sur lesquels il aura à se battre ; la calcul instantané des distances, des étapes, des mouvements qu’il aura à faire accomplir à ses troupes ; la divination géniale du jeu de ses adversaires d’après les renseignements éparpillés qu’il reçoit, à chaque instant, la combination rapide, presque immédiate, de son plan d’opérations ; ce plan conçu, l’attention la plus stricte, la plus minutieuse apportée à son exécution ; tout étant mis en lumière, rien laissé dans l’ombre, aucune précaution négligée, afin que le déroulement du plan s’accomplisse sans aucun accroc. Voilà l’ensemble des qualités exceptionnelles de Napoléon. Il les a, c’est lui-même qui le dit, développées par la réflexion, l’entrainement, qui soumettait son esprit à une sorte de gymnastique. Mais il les possédait de très bonne heure, elles apparaissent dès son premier grand commandement, lors de la première campagne d’Italie.
– Parmi toutes ses campagnes, Monsieur le Maréchal, quelle est celle qui vous paraît la plus belle, où vous trouvez le plus de mérite ?
– Il y en a, dit Foch, un certain nombre qu’on peut mettre sur le même plan : la première campagne d’Italie, celles de Marengo, d’Austerlitz, d’Iéna : tout cela se vaut à peu près.
– Comment expliquez-vous, Monsieur le Maréchal, que Napoléon ait acquis si tôt, dès vingt-cinq ans, ses qualités exceptionnelles ?
– Voilà, dit Foch, une question à laquelle il n’est guère aisé de répondre. Expliquez-moi donc pourquoi le Mont Blanc est la plus haute des montagnes d’Europe, dépassant de beaucoup toutes les autres ? Pourquoi tel cheval de course, Gladiateur, par exemple, bat-il avec la plus grande aisance tous ses concurrents ? Le général Colin a écrit un beau livre sur l’éducation militaire de Napoléon, les enseignements et les leçons qu’il a reçus. J’en ai fait autrefois, au moment où il a paru, la critique. Ces enseignements, ces leçons ont évidemment leur importance. Elles sont nécessaires, comme l’avoine et le foin qu’on donne à manger à Gladiateur. Mais comme elles sont loin d’être suffisantes ! Car les autres chevaux mangent aussi du foin et de l’avoine et pourtant ce sont de simples bourrins.
Napoléon utilise sans doute quelques-uns de ces enseignements dont beaucoup d’ailleurs ne lui servent que dans une mesure assez faible. Mais ce qu’il y a d’admirable, d’exceptionnel en lui, il ne le doit qu’à sa nature propre : c’est là l’étincelle de son génie.
Il faut remarquer cependant, ajoute le Maréchal – et la remarque est très importante – que Napoléon n’a pas formé de grands disciples. Il n’a pas fait école. Quand il est là, sur place, commandant en personne, menant tout, ayant l’œil à tout, les choses marchent fort bien. Dès qu’il s’en remet à ses lieutenants, ceux-ci, le plus souvent, accumulent les sottises. Pourquoi un autre grand général ne s’est-il pas développé autour de lui, car parmi ses lieutenants aucun de mérite ce titre ? Davout est le seul, peut-être, qui aurait pu mener les armées à sa place. Il avait le sens de la manœuvre napoléonienne. Le malheur voulut qu’ne 1813 il fut enfermé dans Hambourg. Il n’était pas à Waterloo. Tous les autres : Ney, Masséna, Murat, ce sont d’excellents exécutants, mais ils n’ont rien du grand chef.
Voyez ce qui se passe en 1809 quand Napoléon se trouve en Espagne. Il envoie Berthier en Allemagne pour débrouiller la situation ; Murat, en qualité de beau-frère de l’Empereur, désire exercer le commandement suprême. Il y a des tiraillements, des chamaillements, des erreurs ; on bafouille. La situation ne se rétablit que lorsque Napoléon, avec la vitesse foudroyante qui lui est propre, arrive sur les lieux en brûlant les étapes.
N’a-t-il pas voulu laisser de grands généraux se former autour de lui ? N’a-t-il pas pu ? Peut-être cet arbre était-il trop grand : il tirait à lui toute la sève, tous les sucs de la terre ; rien ne pouvait pousser sans son ombre.
– J’ai eu parfois l’impression, dis-je au Maréchal, que Napoléon ne savait pas mener la guerre défensive aussi bien que la guerre offensive.
– N’en croyez rien, répond Foch. En 1814, il conduisit admirablement la guerre défensive, seulement il avait affaire à un pays littéralement affaissé, qui n’en voulait plus, qui n’en pouvait plus. Reprenez ce que j’ai écrit sur la bataille de Laon. Voyez les récits d’Henry Houssaye. Vous toucherez du doigt la lassitude, l’accablement qui se manifeste partout. Comme nous parlions, une autre fois, du retour de l’île d’Elbe, Foch, du point de vue moral et politique qui, d’après lui, domine et dominera toujours le point de vue militaire, critique de la façon la plus sévère cette entreprise de Napoléon.
C’était une pure folie, me dit-il. Comment peut-il oublier à ce point les grands intérêts du pays qui lui avait tant donné ? Comment peut-il croire un seul instant que cette fugue, cette équipée, pouvaient produire quelque résultat ? Il savait fort bien cependant que la simple nouvelle de son débarquement aurait pour effet immédiat de cristalliser de nouveau la coalition, d’ameuter l’Europe toute entière contre la France. Il était trop intelligent pour ne pas en être sûr. C’est en effet ce qui arriva. C’est en vain qu’il multiplie, de retour à paris, les promesses et les protestations de paix. Personne en Europe n’en tint le moindre compte. Russes, prussiens, Autrichiens, Anglais, sortirent de leur fourreau l’épée qu’ils venaient à peine de rentrer. Ils s’ébranlèrent instantanément, prêts à tous les efforts, à tous les sacrifices, pour écraser celui qu’ils considéraient comme un trouble-fête, un aventurier, un usurpateur.
Les années, à mesure qu’elles se déroulaient développaient chez Napoléon le goût du risque, l’amour du jeu. Il s’ennuyait, il dépérissait à l’île d’Elbe. Il joua la France, comme un joueur risque toute sa fortune sur un coup de cartes. Il joua et il perdit.
Cet amour du jeu, du risque, dit Foch, c’est un des mauvais côtés de Napoléon, une des ombres de cette grande figure qui possède par ailleurs tant de traits éclatants.
On peut et on doit lui reprocher aussi les égards, les bienfaits excessifs dont il combla, à nos dépens, son innombrable famille. Que de frères et que de sœurs ! de beaux-frères et de cousins ! Il fallait pourvoir de trônes et de principautés cette parenté pullulante, quémandeuse et querelleuse, jamais satisfaite d’ailleurs, bien qu’on lui donnât beaucoup, beaucoup trop !
Quel affreux exemple de népotisme ! Vraiment toute cette nichée de Corses qui se partagent, se disputent ses faveurs ce n’est pas un très beau spectacle. »

_________________
"Tant que les Français constitueront une Nation, ils se souviendront de mon nom."

Napoléon.


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