L'Énigme des Invalides

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 Sujet du message : Gouvion, un incapable ?
Message Publié : 09 Nov 2007 11:33 
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Napoléon avait mis certains espoirs en Gouvion-Saint-Cyr. Toutefois -en qualité de général en chef- il s'avéra qu'il était propre surtout dans la guerre défensive.

On sait qu'il reçut le bâton de maréchal à la suite de sa victoire contre Wittgenstein à Polotsk le 18 août 1812.

Néanmoins, l'Empereur évita de l'employer avec un grand commandement en 1813. Il le trouvait trop intellectuel... Cependant, il le destina à servir de pivot à sa belle manoeuvre sur Dresde, le 20 août 1813.

"Je compte sur son zèle et ses talents militaires pour agir avec décision et vigueur."

Malheureusement, comme on le sait, la pusillanimité de Gouvion lui fit perdre le bénéfice de cette extraordinaire opération qui eût pu terminer la campagne sur un coup de tonnerre, alors qu'elle était à peine commencée !

La grande armée de Bohême détruite, les souverains prisonniers ou à la merci de Napoléon et la coalition était dissoute, anéantie...

Pire, Gouvion aggrava son cas, en ne marchant pas assez vite à la poursuite des coalisés de manière à faire sa jonction avec Vandamme:

"Mon tort est d'avoir employé Saint-Cyr: il ne va pas au feu, ne visite rien, laisse battre ses camarades et aurait pu secourir Vandamme."

Ainsi -outre sa fébrilité à Dresde- Napoléon l'estimait comme partiellement responsable de la défaite imprévue essuyée par Vandamme le 30 août 1813 à Kulm.

Il faudrait encore évoquer son attitude discutable lors de la capitulation de la place de Dresde en novembre 1813, qui mit ses 30 000 hommes à la merci du Czar Alexandre.


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Message Publié : 10 Nov 2007 0:02 
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Bonjour Bruno,

Citer :
Malheureusement, comme on le sait, la pusillanimité de Gouvion lui fit perdre le bénéfice de cette extraordinaire opération qui eût pu terminer la campagne sur un coup de tonnerre, alors qu'elle était à peine commencée !


Je vous ai déjà repondu en d'autres lieux la dessus.
20 000 hommes en majorité des conscrits (ou 30 000 selon les sources) contre 220 000 hommes. L'enclume sur laquelle devait s'écraser l'armée alliée était bien légère et largement insuffisante. Berthezène, Murat en convenait. Gouvion defendit bravement les faubourgs de Dresde. Personne à l'époque n'y trouva à redire, pas même Napoléon.

De la pusillanimité, de l'incapacité... rien que ça... :16:. Une campagne n'est pas suffisante pour juger un homme, non? Novi, Biberach,Castel Franco, Molins Del Rey, Barcelone, Polotsk, le travail d'un incapable (puisque tel est le qualificatif que vous donnez à Gouvion) ?

"Mon tort est d'avoir employé Saint-Cyr: il ne va pas au feu, ne visite rien, laisse battre ses camarades et aurait pu secourir Vandamme."

Les jugements héléniens ne sont pas reconnus pour leur objectivité, qui plus est quand en 1813 ( et après la capitulation de Dresde), Napoléon vantait au contraire les mérites de Gouvion.

Sur Kulm, Gouvion est partiellement responsable. Mais là encore, Gouvion avait des ordres et ne commandait pas en chef, il était d'ailleurs pour la première fois sous le commandement direct de Napoléon. Et celà explique son comportement tant à Kulm qu'au siège de Dresde. Si il ne bouge pas à Kulm, c'est qu'il a des ordres et aucuns ne lui evoquent un soutien de Vandamme. C'est toujours la même histoire, marcher au canon ou pas. C'est là, à mes yeux, LA tache sombre de la carrière militaire de Gouvion.

Sur Dresde, rien à dire. Les ordres étaient de resté à Dresde. Il y est rester en y faisant un siège honorable.

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Message Publié : 10 Nov 2007 11:39 
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Gouvy a écrit :

Citer :
Malheureusement, comme on le sait, la pusillanimité de Gouvion lui fit perdre le bénéfice de cette extraordinaire opération qui eût pu terminer la campagne sur un coup de tonnerre, alors qu'elle était à peine commencée !


Je vous ai déjà repondu en d'autres lieux la dessus.
20 000 hommes en majorité des conscrits (ou 30 000 selon les sources) contre 220 000 hommes. L'enclume sur laquelle devait s'écraser l'armée alliée était bien légère et largement insuffisante. Berthezène, Murat en convenait. Gouvion defendit bravement les faubourgs de Dresde. Personne à l'époque n'y trouva à redire, pas même Napoléon.


Oui, et en d'autres lieux, certains ont indiqué que la troupe avait quand même une certaine valeur ! :lol:

D'ailleurs, Gouvion se croyait capable de soutenir un siège en octobre 1813. Mais rien ne permettait à coup sûr de penser qu'il ne serait pas assiégé par une armée de plus de 100 000 hommes ! Il se croyait donc capable d'y faire face pour une durée assez longue, mais en août, il pensait qu'il ne tiendrait pas 3 jours ? Cherchez l'erreur... :16:

Citer :
De la pusillanimité, de l'incapacité... rien que ça... :16:. Une campagne n'est pas suffisante pour juger un homme, non? Novi, Biberach,Castel Franco, Molins Del Rey, Barcelone, Polotsk, le travail d'un incapable (puisque tel est le qualificatif que vous donnez à Gouvion) ?


J'ai mis un point d'interrogation... :diablotin:

Gouvion avait de beaux états de service. Il a agi avec sang-froid à Polotsk, c'est indéniable. Son attitude le 24 août 1813 en paraît donc plus étrange, pour ne pas dire surprenante... On aurait pu espérer de sa part plus de fermeté d'âme, plus de courage physique même. Il avait reçu ses ordres, il savait que cette manoeuvre risquait de se produire. S'il l'estimait dangereuse ou qu'il n'en garantissait pas le succès pour la part qui lui incombait, il aurait dû en faire la remarque avant auprès de Napoléon. Surtout quand on sait qu'il ne cessât de critiquer les manoeuvres de l'Empereur durant tout le mois de septembre ! :11:

Citer :
"Mon tort est d'avoir employé Saint-Cyr: il ne va pas au feu, ne visite rien, laisse battre ses camarades et aurait pu secourir Vandamme."

Les jugements héléniens ne sont pas reconnus pour leur objectivité, qui plus est quand en 1813 ( et après la capitulation de Dresde), Napoléon vantait au contraire les mérites de Gouvion.


Il serait intéressant de connaître cette opinion et les circonstances pendant lesquelles elle fut émise... :sourire1:

Citer :
Sur Kulm, Gouvion est partiellement responsable. Mais là encore, Gouvion avait des ordres et ne commandait pas en chef, il était d'ailleurs pour la première fois sous le commandement direct de Napoléon. Et celà explique son comportement tant à Kulm qu'au siège de Dresde. Si il ne bouge pas à Kulm, c'est qu'il a des ordres et aucuns ne lui evoquent un soutien de Vandamme. C'est toujours la même histoire, marcher au canon ou pas. C'est là, à mes yeux, LA tache sombre de la carrière militaire de Gouvion.


Heureux de vous l'entendre dire ! :4: Mais -à mes yeux- cette faute incontestable est moins grave que la précédente, celle de "l'enclume"...

Citer :
Sur Dresde, rien à dire. Les ordres étaient de resté à Dresde. Il y est rester en y faisant un siège honorable.


Rien à dire ? Comme vous y allez... :grands yeux:

Il serait intéressant de connaître la pensée de Mouton à ce sujet, vous ne pensez pas ?

Sur le plan formel, s'il l'on ne peut rien reprocher à Gouvion, il est bien évident qu'il a manqué de la lucidité la plus élémentaire.

Car il a bien vu le problème: demeurer à Dresde quand nos armées refluaient vers la France n'avait pas beaucoup d'intérêt. Par contre, il y en avait un grand à quitter Dresde, rallier les garnisons de l'Elbe (dont Magdebourg) et rejoindre Hambourg: ainsi avec une masse de plus de 100 000 soldats exercés, celle-ci se serait fait jour vers la France via les Pays-Bas et l'aurait ainsi mise à l'abri d'une invasion.

C'était -on le sait- les ordres de l'Empereur, portés à toutes les garnisons. Malheureusement, ils furent interceptés...

Cependant, la logique imposait cette manoeuvre. Gouvion le sentit, donna des ordres, mais de manière incomplète, sans se décider franchement pour un repli massif. Quand le corps de Mouton se fut éloigné de la place, il ne se résigna pas à l'évacuer complètement. Sur le point de voir Mouton séparé du reste des troupes, il lui ordonna de se replier sur Dresde, plutôt que de le suivre...

Enfin, il reste sa capitulation en novembre 1813 que l'on peut aussi lui reprocher ! :7:


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Message Publié : 10 Nov 2007 14:27 
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Bonjour,

Citer :
Oui, et en d'autres lieux, certains ont indiqué que la troupe avait quand même une certaine valeur !


Celle au maximum de 30 000 conscrits et d'une garnison prête à retourner sa veste. :rire2:

Je ne pense pas que nous tombions d'accord la dessus alors je ne vais pas encore répéter ce que j'ai déjà dit la dessus.
Les différences entre la bataille et le siège de Dresde sont multiples :

- Gouvion a le Ier Corps sous son commandement lors du siège de Dresde pour un effectif total d'envrion 30 000 hommes (ce qui me laisse rêveur sur l'estimation du XIV corps que Gouvion avait en Aout).

-Il se croyait capable de faire face à un siège (il ne doutait effectivement surement pas qu'il allait avoir 100 000 hommes sous le nez), j'ai du mal à voir le lien avec le fait qu'il ait quelques doutes sur le resultat d'un combat de 30 000 hommes (estimation haute, je suis gentil) contre 220 000.

Citer :
J'ai mis un point d'interrogation...


Ici oui, ailleurs, non. C'est bien là le souci.

Citer :
S'il l'estimait dangereuse ou qu'il n'en garantissait pas le succès pour la part qui lui incombait, il aurait dû en faire la remarque avant auprès de Napoléon.


21 aout 1813

" Votre majesté est mieux que moi à même de connaître les intentions et d'apprécier les mouvements de l'ennemi ; mais je la prie de permettre à un de ses fidèles sujets de lui soumettre sa manière de voir dans cette circonstance... Il serait à désirer qu'il plut à l'ennemi de reporter ses forces sur Zittau et Rumburg... Mais je le désire plus que je ne l'espère. Je ne puis douter que le désir de l'ennemi soit de voir Votre Majesté s'éloigner de la ligne de l'Elbe. Je lui réitère mes excuses d'oser lui soumettre mes idées particulières; mais j'espère qu'elle ne verra dans cet abandon que le zèle et le dévouement d'un militaire"

Celà a été visiblement fait. De l'interet de ne pas faire de jugements hatifs.

Citer :
Surtout quand on sait qu'il ne cessât de critiquer les manoeuvres de l'Empereur durant tout le mois de septembre !


Il les critiqua car les manoeuvres en question étaient des contre ordres par rapport aux dessins qu'il avait evoqué en compagnie de Gouvion (et que ce dernier avait approuvé).

Citer :
Il serait intéressant de connaître cette opinion et les circonstances pendant lesquelles elle fut émise...


"Ce n'est pas pour m'ôter 20 000 à 25 000 [tiens la cote baisse] soldats, dont les deux tiers seront seront avant peu de temps hors d'etat de servir , que les alliés violent à notre égard le droit des gens ; c'est pour retenir St Cyr prisonnier : il est le premier de nous pour la guerre défensive... Moi je lui suis supérieur pour l'attaque"

Celà est dit durant un conseil de l'Empire, à ses ministres. Celà rend-il ce jugement nul et non avenu (puisque c'est là où vous voulez en venir...)

Oui rien à redire sur le siège de Dresde, je me doutais bien que Mouton allait être de la partie.

Gouvion et Mouton étaient d'accord sur une sortie de Dresde après Leipzig, il était d'ailleurs les seuls, pour information. 5 divisions sortent de Dresde, 2 restent. Mouton aurait pu franchir le rideau défensif sur lequel il tombe d'après Berthezène. Ce dernier ajoute que le comte de Lobau a mis beaucoup de mauvaise volonté dans la manoeuvre.

Quand à la manoeuvre européenne que vous me decrivez, je suis désolé, mais il s'agit pour moi de science-fiction ( quid des effectifs, quid des armées alliées assiégant ces places).

Vos histoires de lucidité élémentaire me font bien rire, comment voulez vous être lucide quand vous êtes coupé du monde, avec des corps d'armée amaigris (par exemple il n'y a que 8 000 hommes dans le Ier corps en novembre), avec un epidemie de typhus, une armée de blessés (6000 blessés).

Parlez moi de la capitulation, ca m'interesse aussi de connaitre votre point de vue.

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Message Publié : 10 Nov 2007 15:52 
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Gouvy a écrit :
Citer :
Oui, et en d'autres lieux, certains ont indiqué que la troupe avait quand même une certaine valeur !


Celle au maximum de 30 000 conscrits et d'une garnison prête à retourner sa veste. :rire2:

Je ne pense pas que nous tombions d'accord la dessus alors je ne vais pas encore répéter ce que j'ai déjà dit la dessus.


Si c'est là votre opinion, je la partage: 30 000 hommes ! Parfaitement... Mais je nuance: dont une majorité de conscrits. Je dirais pour les 2/3. Les autres se sont battus à Bautzen, ils connaissent donc le feu. Quant à la garnison, il y a des effectifs français et saxons. Enfin, à moins d'être déficient, il me semble que le roi de Saxe est présent à Dresde, ce qui n'est pas sans inidences. On n'en reparlera si vous voulez bien...

Citer :

Les différences entre la bataille et le siège de Dresde sont multiples :

- Gouvion a le Ier Corps sous son commandement lors du siège de Dresde pour un effectif total d'envrion 30 000 hommes (ce qui me laisse rêveur sur l'estimation du XIV corps que Gouvion avait en Aout).


Il paraît que c'est vous le spécialiste de Gouvion. :4:

Je ne demande qu'à apprendre... Au 15 août, le 14ème CA compte 4 Divisions:

-42è Di Mouton-Duvernet
-43è Di Claparède
-44è Di Berthenèze
-45è Di Razout

Et la division de cavalerie Pajol. Pas loin de 30 000 hommes. Mais Gouvion laisse sa 1ère di à Lilienstadt. Il n'a donc plus que 24 000 hommes environ. La garnison de Dresde se chiffre à 8 000 hommes environ (non compris, semble-t-il, la garde royale de Saxe). Ce qui fait à peu près 32 000 hommes ainsi que l'indique Madelin.

Citer :

-Il se croyait capable de faire face à un siège (il ne doutait effectivement surement pas qu'il allait avoir 100 000 hommes sous le nez), j'ai du mal à voir le lien avec le fait qu'il ait quelques doutes sur le resultat d'un combat de 30 000 hommes (estimation haute, je suis gentil) contre 220 000.


Quel combat ? Dresde était une place-forte, défendue par une enceinte bastionnée et un fossé plein d'eau ! La logique conduisait Gouvion à retirer ses troupes derrière les murailles de la place. Ceci donnait peu d'espérance aux coalisés de l'emporter d'assaut, sans un bombardement préalable ! Ce qui devait prendre au moins une journée.

Ensuite, donner l'assaut sans avoir fait brêche était peu vraisemblable. Les exemples d'une telle conduite téméraire se raréfient au XIXème siècle. Le dernier à l'avoir tenté, c'est Bonaparte au siège de Saint-Jean d'Acre, avec le succès que l'on sait...

Citer :
Citer :
J'ai mis un point d'interrogation...


Ici oui, ailleurs, non. C'est bien là le souci.


Pas de souci: ici ET ailleurs. Quoi qu'en disent certains... :11:

Citer :
Citer :
S'il l'estimait dangereuse ou qu'il n'en garantissait pas le succès pour la part qui lui incombait, il aurait dû en faire la remarque avant auprès de Napoléon.


21 aout 1813

" Votre majesté est mieux que moi à même de connaître les intentions et d'apprécier les mouvements de l'ennemi ; mais je la prie de permettre à un de ses fidèles sujets de lui soumettre sa manière de voir dans cette circonstance... Il serait à désirer qu'il plut à l'ennemi de reporter ses forces sur Zittau et Rumburg... Mais je le désire plus que je ne l'espère. Je ne puis douter que le désir de l'ennemi soit de voir Votre Majesté s'éloigner de la ligne de l'Elbe. Je lui réitère mes excuses d'oser lui soumettre mes idées particulières; mais j'espère qu'elle ne verra dans cet abandon que le zèle et le dévouement d'un militaire"

Celà a été visiblement fait. De l'interet de ne pas faire de jugements hatifs.


Pas vraiment. Gouvion indique que le mouvement auquel s'attend Napoléon sur Zittau de la part des Coalisés ne sera pas celui-ci; qu'au contraire, ils marcheront sur Dresde (il ne le dit pas, mais je vous le concède: c'est sous-entendu); je ne vois pas de mise en garde sur son incapacité à faire face à une telle éventualité. Dans la suite, peut-être ? :4:

Citer :
Citer :
Il serait intéressant de connaître cette opinion et les circonstances pendant lesquelles elle fut émise...


"Ce n'est pas pour m'ôter 20 000 à 25 000 [tiens la cote baisse] soldats, dont les deux tiers seront avant peu de temps hors d'etat de servir , que les alliés violent à notre égard le droit des gens ; c'est pour retenir St Cyr prisonnier : il est le premier de nous pour la guerre défensive... Moi je lui suis supérieur pour l'attaque"

Celà est dit durant un conseil de l'Empire, à ses ministres. Celà rend-il ce jugement nul et non avenu (puisque c'est là où vous voulez en venir...)


Pourriez-vous nous donner la source qui mentionne ces paroles ?

Citer :
Oui rien à redire sur le siège de Dresde, je me doutais bien que Mouton allait être de la partie.

Gouvion et Mouton étaient d'accord sur une sortie de Dresde après Leipzig, il était d'ailleurs les seuls, pour information. 5 divisions sortent de Dresde, 2 restent. Mouton aurait pu franchir le rideau défensif sur lequel il tombe d'après Berthezène. Ce dernier ajoute que le comte de Lobau a mis beaucoup de mauvaise volonté dans la manoeuvre.


Parce que Gouvion aurait dû être là, plutôt que de temporiser à Dresde, en attendant de voir venir. Voulait-il ou non quitter la place ? Mouton avait reçu comme instructions de gagner Torgau, mais, -réduit à 14 000 hommes- il dût se contenter de tâter le dispositif de l'ennemi pour vérifier que la sortie de toute la garnison était possible... Pour mémoire, à cette date (6 novembre 1813), Gouvion n'était "encerclé" que par les corps à peine supérieurs du russe Tolstoï et de l'autrichien Klenau...

Citer :
Quand à la manoeuvre européenne que vous me decrivez, je suis désolé, mais il s'agit pour moi de science-fiction ( quid des effectifs, quid des armées alliées assiégant ces places).


Ce n'est pas de la science-fiction. Ce sont les ordres donnés par Napoléon. Cette manoeuvre était la seule concevable: les ordres en ont été donnés à Davout et à Gouvion. Ils ont été interceptés. Les coalisés s'en étant vantés, il n'y a pas lieu de douter de Napoléon... Quant aux effectifs des coalisés, mettant en pratique les conseils de Bernadotte et de Moreau, ils ne tendent en novembre 1813 que des effectifs inférieurs aux places "assiégées"... Ainsi, Davout n'aura devant lui que les 20 000 hommes de Walmoden jusqu'à la mi-décembre.

Par contre, les effectifs vont grossir contre Gouvion, car les ordres de l'Empereur portaient que c'est par lui que devait commencer le mouvement. Bien entendu, à la décharge de Gouvion, il convient de rappeler que ce dernier n'avait pas reçu les ordres en question (voir note cependant *). Je maintiens cependant: la logique stratégique commandait à Gouvion d'agir ainsi: la preuve c'est qu'il y a bien eu un commencement d'exécution...

Citer :
Vos histoires de lucidité élémentaire me font bien rire, comment voulez vous être lucide quand vous êtes coupé du monde, avec des corps d'armée amaigris (par exemple il n'y a que 8 000 hommes dans le Ier corps en novembre), avec un epidemie de typhus, une armée de blessés (6000 blessés).

Parlez moi de la capitulation, ca m'interesse aussi de connaitre votre point de vue.


Je ne ris jamais quand il s'est agi du salut de la France... Evitez de me confondre avec certains sacs à vin... :ange:

Pour la capitulation, je ne la critique pas sur le principe: elle devait permettre de regagner la France avec toute la garnison et les armes. Seulement, elle ne devait plus servir pendant un an contre les coalisés. Fâcheuse restriction. Toutefois, ceci permettait de récupérer les fusils, les canons et les attelages...

Comme nous le savons, cette capitulation fut violée d'une manière indigne par le Czar Alexandre qui -en matière de cynisme- en remontrait ainsi à Napoléon !

Mais Gouvion avait le choix de réoccuper Dresde, ce qu'il eût dû faire, pour percer vers Torgau avec tous les hommes valides ! Choix sans doute désespéré mais qui eût confondu les vils coalisés !!!

* Note: Madelin assure que Gouvion avait reçu l'ordre d'évacuer Dresde et de tendre la main aux garnisons de l'Elbe. Ce point semble controversé.


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Message Publié : 30 Nov 2007 9:58 
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Inscription : 14 Déc 2002 15:30
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Voici ce que Thiers écrit (T.16 de l'édition de 1857, p. 280):

"Le maréchal Saint-Cyr avec son esprit ordinairement peu indulgent, et le désir de justifier son rôle pendant la campagne de 1813, a inexactement représenté les évènements de cette année dans ses Mémoires d'ailleurs si remarquables.

Il a voulu prouver partout que Napoléon n'avait aucun plan, qu'il n'avait pourvu à rien et qu'il n'existait nulle part de forces suffisantes. Ainsi il suppose que sa seconde division [Claparède] était au plus de 5 000 hommes, ce qui aurait fait 15 000 hommes pour les trois divisions chargées de la défense de Dresde.

Ces assertions sont inexactes, car les divisions du maréchal étaient de 12 bataillons, et en supposant que les bataillons qui ne s'étaient pas encore battus comptassent 500 hommes seulement, les 12 bataillons auraient présenté 6 mille hommes.

Or, la 42ème (1ère du corps de Saint-Cyr), sous le général Mouton-Duvernet, se trouva le 29 au matin à Kulm avec plus de 8 000 hommes en bataille, ce qui résulte d'un appel fait le jour même, et fourni par le général Haxo dans son rapport circonstancié sur l'affaire de Kulm.

Il n'est donc pas admissible que les autres ne comptassent que 5 000 hommes. Leur en attribuer 7 mille, surtout au début des opérations, ce qui suppose à peu près 600 hommes par bataillon, n'est certainement pas une exagération.

Le maréchal Saint-Cyr aurait donc possédé, seulement en infanterie de son corps, 21 ou 22 000 hommes à Dresde, sans compter la division laissée à Koenigstein."


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 Sujet du message : Re: Gouvion, un incapable ?
Message Publié : 23 Avr 2008 15:33 
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Inscription : 06 Avr 2005 23:41
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Bonjour Bruno,

Je reviens tardivement sur cette conversation car j'ai une point qui m'intrigue sur la grande manoeuvre sur les arrières des Coalisés.

Citer :
Ce n'est pas de la science-fiction. Ce sont les ordres donnés par Napoléon. Cette manoeuvre était la seule concevable: les ordres en ont été donnés à Davout et à Gouvion.


A-t-on une marque de ces ordres et qui en fait mention?

Merci d'avance.

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 Sujet du message : Re: Gouvion, un incapable ?
Message Publié : 23 Avr 2008 16:30 
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Inscription : 14 Déc 2002 15:30
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C'est Thiers, entre-autre. On peut le trouver sur google, d'après votre grand ami... :prie:

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Napoléon.


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 Sujet du message : Re: Gouvion, un incapable ?
Message Publié : 23 Avr 2008 23:04 
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Inscription : 06 Avr 2005 23:41
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Thiers doit bien le sortir de quelque part, non ?

http://books.google.fr/books?id=e0UQAAA ... 2-PA663,M1

Entre la page 658 et 663, traitant du sujet, Thiers ne parle pas de ces instructions.

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 Sujet du message : Re: Gouvion, un incapable ?
Message Publié : 24 Avr 2008 10:51 
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Inscription : 14 Déc 2002 15:30
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"Ordres aux corps laissés dans les places de l'Elbe, depuis Dresde jusqu'à Hambourg" (nuit du 18 au 19 octobre 1813): p. 611.

Ceci me fait d'ailleurs penser que Napoléon espérait contre toute attente, voire en dépit du bon sens, un évènement extraordinaire qui lui donnerait la victoire ou l'acceptation par les souverains coalisés de sa proposition d'armistice.

L'évènement extraordinaire pouvait être une fausse manoeuvre lui permettant d'accabler une des ailes des coalisés ou leurcentre, voire la rupture de leur stock de munitions. Lui savait qu'à l'issue d'une nouvelle bataille, l'artillerie n'aurait plus beaucoup de poudre pour tirer.

Mais, même dans ces conditions, s'il se maintenait dans ses lignes en infligeant des pertes énormes aux assaillants, il devait encore compter leur en imposer et donc -qui sait ?- obtenir cet armistice bien nécessaire.

Le calcul manqua tout à fait par la trahison des Saxons. Ce ne fut pas seulement la défection de dix mille hommes qui créait un problème sur le plan militaire (qui fut d'ailleurs résolu), mais encore et surtout le coup porté au moral. Cette déplorable circonstance, si elle achevait de ruiner les espérances de l'Empereur, rehaussait d'autant le moral des souverains coalisés. Il n'était plus supposable qu'ils accordent le moindre armistice.

Il n'y avait donc plus qu'à ordonner l'évacuation des places de l'Elbe et tout indiquait que le mouvement dût commençer par Dresde. :salut:

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Napoléon.


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