L'Énigme des Invalides

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Message Publié : 08 Jan 2008 21:20 
Je confirme, si besoin est, que ma réflexion sur les conséquences de la campagne de 1812 portait uniquement sur le plan de mutilations et non sur celui des mutineries.
Bien que peu et mal préparés, les Marie-Louise firent preuve d'une remarquable valeur militaire et il n'y eut aucun mutin parmi eux.

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Pour ma part, je pense que cette digression maladroite n'a pas lieu de se poursuivre.


Voilà sans doute une sage conclusion sur laquelle je vous rejoins volontiers.


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Message Publié : 08 Jan 2008 23:09 
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Voilà sans doute une sage conclusion sur laquelle je vous rejoins volontiers.

Lorsque les sages se rencontrent... :salut: :4:

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Message Publié : 20 Jan 2021 14:08 
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En ce qui concerne la guerre contre la Russie, pour ce qui est de la marche à suivre, Metternich et Pradt ont laissé des témoignages, ainsi que Narbonne.

« Il m'exposa le plan de campagne qu'il avait arrêté, et se servit des paroles suivantes, que les événements ont rendues mémorables :
"Mon entreprise est une de celles dont la patience renferme la solution. Le triomphe appartiendra au plus patient. Je vais ouvrir la campagne en passant le Niémen. Elle aura son terme à Smolensk et à Minsk. C'est là que je m'arrêterai. Je fortifierai ces deux points et m'occuperai à Vilna, où sera le grand quartier général durant l'hiver prochain, de l'organisation de la Lithuanie, qui brûle d'impatience d'être délivrée du joug de la Russie. Nous verrons, et j'attendrai qui de nous deux se lassera le premier : moi de faire vivre mon armée aux dépens de la Russie, ou Alexandre de nourrir mon armée aux dépens de son pays. Peut-être irai-je de ma personne passer les mois les plus rigoureux de l'hiver à Paris."

Je demandai à Napoléon ce qu'il ferait dans le cas où l'Empereur Alexandre ne consentirait pas à faire la paix à la suite de l'occupation de la Lithuanie; il me répondit :
"Dans ce cas, je m'avancerai l'année prochaine jusqu'au centre de l'Empire, et je serai patient en 1813 comme je l'aurai été en 1812. L'affaire, ainsi que je vous l'ai dit, est une question de temps. "
(Metternich, Mémoires)



« Il pouvait y en avoir deux [plans contre la Russie] :
1°. Marcher à Moskou dans l'espérance que ce coup de main enlèverait les ressources principales de l'ennemi ; brûler Toula , première manufacture d'armes de Russie ; rechercher et fomenter les mécontents et les mécontentements que l'on croyait en grand nombre à Moskou, considérée surtout comme rivale de Pétersbourg; forcer, par tous ces moyens, l'empereur de Russie à signer la paix, dont la base serait la cession de toutes les provinces polonaises , et la reprise du joug du système continental, que la Russie avait pris la liberté de secouer, en donnant Riga et Archangel comme places de sûreté.
2°. Enlever la totalité des provinces polonaises depuis la Baltique jusqu'à la Mer Noire, s'arrêter sur la Dwina et le Borysthène , organiser la Pologne derrière ce rempart, et faire la guerre avec du sang polonais, c'était l'expression de l'Empereur, en laissant en Pologne une force française considérable, et en donnant aux Polonais un grand subside.

Ces deux idées se sont pendant longtemps combattues et succédées dans la tête de Napoléon. Pendant l'hiver qui précéda l’expédition, le ministre de la police n'avait cessé de m'en entretenir. De mon côté, je n'avais pas cessé de lui en faire apercevoir les inconvénients; ils me paraissaient palpables.
Toute entreprise d'une très haute importance dont on ne peut pas maîtriser toutes les chances, est une mauvaise entreprise; toute entreprise dont le défaut de succès entraîne avec elle un changement complet dans la position de celui qui s'y livre, est certainement de la nature la plus téméraire, et par conséquent la plus dangereuse. On ne conçoit pas que l'on mette d'aussi grands intérêts sur des peut-être.
Marcher à Moskou, brûler Toula, rencontrer des mécontents, tout cela était fort beau d'après l'habitude qu'on avait contractée d'aller dicter la paix dans la capitale de ses ennemis, de faire tout avec fracas, de rechercher partout les ennemis de l'autorité; mais qui garantissait à l'Empereur que tout cela finirait la guerre de Russie ? Cet empire ne ressemble pas à un autre, ni à ceux qu'il avait l'habitude de régenter. Chez eux quand le souverain, sorti de la capitale, est acculé aux limites de ses Etats, comment échapperait-il à la cruelle nécessité de signer la paix la plus cruelle ? Mais en Russie, où est cette nécessité ? Celui qui a dit que cet empire avait pour lui l'espace et le temps, connaissait bien ce pays : il avait mesuré, et il lui a assigné une force qui est une propriété exclusive pour lui. Napoléon traitait tout cela de chimères, d'idéologie; et tandis que d'un bout de l'Europe à l'autre tout le monde, jusqu'au simple peuple, traçait cette marche aux Russes, Napoléon prétendait qu'ils ne soutiendraient pas l'idée de la prise de leur capitale, et que la soumission la plus complète viendrait prévenir ce malheur. Lisez tout ce que le Moniteur a dit de Moskou-la-Sainte, Moskou-la-Grande; du respect des Russes pour cette cité : tous les flatteurs ne disaient pas autre chose.
Le second plan ne valait pas mieux que le premier. Napoléon comptait sur cent cinquante mille Polonais; il se proposait d'y ajouter cinquante mille Français, avec un gros subside. Mais ce n'étaient pas deux cent mille hommes qui pouvaient forcer la Russie à se dessaisir de propriétés aussi précieuses que celles des provinces polonaises. Cet Empire pouvait, pendant longtemps, opposer des forces très supérieures au nombre supposé de deux cent mille ennemis. D'ailleurs la Dwina et le Borysthène ne sont pas des barrières, pendant les six mois de gelée ordinaire à ces contrées. Alors, qui aurait empêché les nuées de cosaques que la Russie a toujours à sa disposition de percer en cent endroits un cordon de plus de quatre cents lieues ? Dans cette supposition,qui est celle de la continuation de la guerre, l'Empereur aurait eu, pendant un long cours d'années, à venir chaque printemps se fixer en Pologne, et diriger en personne les opérations ; car la plus cruelle expérience avait assez appris ce qu'il avait à attendre de ses lieutenants. Il fallait, chaque année, envoyer en Pologne des corps de troupes fraîches; chaque année une partie du numéraire de la France prenait le même chemin, car c'est toujours par là qu'il faut finir. Il serait curieux de savoir à quelle somme s'élève le numéraire porté en Pologne et en Saxe dans les deux dernières campagnes.
Le second plan , pour être moins hasardeux que le premier, n'était pas plus efficace : le premier tranchait trop , le second pas assez. Napoléon n'avait pas calculé qu'avec la Russie vaincre n'était rien , mais signer la paix était tout; qu'il n'y avait aucun moyen de l'y forcer, et que, tant que cette signature manquerait, quelles que fussent les victoires, il n'y aurait rien de fait. L'Empereur s'était décidé pour le premier plan. Il est hors de son caractère, de ce caractère qu'il applique indistinctement à tout, avec lequel il fait tout, de s'attacher à un plan sans éclat, sans fracas, dans lequel le temps, ce mobile de tout, qui lui est si inconnu, entre pour quelque chose. Une fois lancé en Lithuanie, voyant l'armée russe s'éloigner devant lui, il ne songea qu'à la suivre , interprétant le système qui préparait sa perte comme un signe de la terreur de son ennemi. »
(Pradt, Histoire de l'ambassade dans le Grand-Duché de Varsovie en 1812)



«Je ne vous conçois pas, mon cher Narbonne, vous ordinairement si confiant, et d'un courage si gai. Votre vieil ami Choiseul de Gouffier vous aura troublé avec ses contes d'ancien émigré, et son admiration de Pensionnaire de la Russie. Tout cela tombera devant les faits. Les peuples barbares sont superstitieux et ont des idées simples. Un coup terrible porté au cœur de l'Empire sur Moscou la grande, Moscou la sainte me livre, en un moment, cette masse aveugle et sans ressort. Je connais Alexandre; j'ai eu de l'ascendant sur lui ; cela se retrouve toujours. Il faut frapper son imagination d'un grand effet de hardiesse et de puissance; il viendra à moi. Peut-être cédera-t-il devant le seul aspect de l'armement inouï que je rassemble et de la Revue Européenne que je vais passer à Dresde, avant de lui envoyer par vous mon ultimatum; sinon !... Eh bien ! que le destin s'accomplisse et que la Russie soit écrasée sous ma haine de l'Angleterre ! Sa barbarie, dont vous avez peur, est une infériorité devant notre génie de tactique et d'organisation. Et quant à son immensité, ce sont des étapes de plus à marquer par des victoires. A la tête de quatre cent mille hommes, dont la solde est réglée, l'attirail et les fournitures établies dans des proportions sans exemple, avec des réserves sur nos flancs, des Corps Lithuaniens de même sang qu'une partie des populations à traverser, je ne crains pas cette longue route bordée de déserts, au bout de laquelle est la conquête et la paix.

Puis, avec un éclat soudain de regard, qui glaça de surprise son interlocuteur : Après tout, mon cher, dit-il, comme dans l'exaltation d'un rêve, cette longue route est la route de l'Inde. Alexandre était parti d'aussi loin que Moscou, pour atteindre le Gange. Je me le suis dit, depuis Saint-Jean-d'Acre. Sans le corsaire anglais et l'émigré français qui dirigèrent le feu des Turcs, et qui, joints à la peste, me firent abandonner le siége, j'aurais achevé de conquérir une moitié de l'Asie, et j'aurais pris l'Europe à revers, pour revenir chercher les trônes de France et d'Italie. Aujourd'hui, c'est d'une extrémité de l'Europe qu'il me faut reprendre à revers l'Asie, pour y atteindre l'Angleterre. Vous savez la mission du Général Gardanne et celle de Jaubert en Perse; rien de considérable n'en est apparu ; mais j'ai la carte et l'état des populations à traverser, pour aller d'Érivan et de Tiflis jusqu'aux Possessions anglaises dans l'Inde. C'est une Campagne peut-être moins rude que celle qui nous attend sous trois mois. Moscou est à trois mille kilomètres de Paris ; et il y a bien quelques batailles, en travers de la route. Supposez Moscou pris, la Russie abattue, le Czar réconcilié, ou mort de quelque complot de palais, peut-être un trône nouveau et dépendant ; et dites-moi, si pour une grande armée de Français, et d'auxiliaires partis de Tiflis, il n'y a pas accès possible jusqu'au Gange, qu'il suffit de toucher d'une épée française, pour faire tomber dans toute l'Inde cet échafaudage de grandeur mercantile. Ce serait l'expédition gigantesque, j'en conviens, mais exécutable du dix-neuvième siècle. Par là, du même coup, la France aurait conquis l'indépendance de l'Occident, et la liberté des mers.
Vous le voyez donc. Le certain et l'incertain, la politique présente et l'avenir illimité, tout nous jette sur la grande route de Moscou, et ne nous permet pas de bivouaquer seulement en Pologne.
Je crois, au reste, pouvoir compter pour cette première campagne sur la continuation d'une diversion hostile des Turcs contre la Russie ; non que je ne doive donner aussi aux Turcs quelque inquiétude, et qu'ils ne m'en veuillent de l'Egypte ; mais les hommes sont toujours dominés par leur principale crainte et leur principale haine. La Russie a trop menacé Constantinople, sans la prendre.
Depuis les poteaux indicateurs du chemin de Byzance, que Catherine rencontrait partout, sur son passage, en Crimée, les Turcs ont été trop maltraités par la Russie pour ne pas lui être implacables, à la première occasion. Je la leur donne belle; et je m'en fie à eux.
Telle est donc notre entrée de jeu : tout le gros de l'Europe d'Occident confédéré bon gré, mal gré, sous nos Aigles; une pointe de quatre cent mille hommes pénétrant la Russie et marchant droit sur son Palladium, Moscou, que nous prendrons ; de grandes armées de réserve françaises et alliées ; Macdonald et Schwartzemberg couvrant nos flancs et les provinces polonaises ; le peuple moscovite, entre ses grands seigneurs ruinés et ses serfs mécontents, traversé par une invasion, comme il n'y en eut jamais ; un Empereur russe qui ne gagne pas lui-même de batailles, qui sera vaincu en personne, s'il combat, et décrédité, s'il fuit : puis, à l'autre extrémité de son Empire envahi, la vieille Turquie acharnée pour mon alliance, en haine de l'ennemi commun, occupant l'armée de Kutusof avec bien des milliers de Spahis contre ses Cosaques, et je l'espère même entrant par un coin dans la Russie. Vous voyez donc, mon cher Narbonne, que tout cela est assez sagement combiné, sauf la main de Dieu toutefois qu'il faut toujours réserver et qui, je le pense, ne nous manquera pas. »
(Narbonne, Souvenirs)

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Message Publié : 22 Jan 2021 20:11 
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A lire Narbonne (sauf erreur fils naturel de Louis XV, du moins élevé quasiment comme tel à Versailles) ce sont donc bien des rêves (chimériques) de conquêtes militaires et territoriales qui agitaient le cerveau de l'Empereur :grands yeux:


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Message Publié : 23 Jan 2021 8:49 
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Dans le secret de son cabinet, à ses conseillers, il développait ses hypothèses, ses réflexions, ses plans... Il s'animait des contradictions qu'on lui opposait. Ce qui ne signifie pas qu'il y croyait lui-même...

La vérité, c'est que Napoléon avait conscience de son délabrement physique. Son intelligence était intacte, mais la machine ne suivait plus aussi bien. En tout cas, il percevait avec inquiétude les premiers symptômes d'une diminution de son énergie. Ne l'avait-il pas dit : "à la guerre, on n'est plus bon à rien après 40 ans" ? Le Czar pouvait attendre. Lui, non...

En janvier 1812, le Grand Empire était à son apogée et pourtant, il fallait agir. Pourquoi attaquer la Russie ? pourquoi ne pas lui laisser le fardeau de l'agression ? Ne valait-il pas mieux aller en Espagne, chasser Wellington de Torres-Vedras et provoquer ainsi l'attaque russe ?

Il y avait un souci : laisser 80 000 hommes avec Davout en Pologne, même renforcé de 60 000 Polonais, c'était insuffisant pour freiner les Russes. Et pourtant, c'était déjà trop pour que la Pologne puisse supporter l'entretien de toutes ces troupes. De même, laisser 100 000 hommes en Saxe, c'était imposer une lourde charge à son allié. De plus, il répugnait à livrer la Pologne à la guerre et à 'invasion. "La Pologne est mienne", confiait-il à des confidents.

Il en concluait qu'il valait mieux prendre le taureau par les cornes. La Russie contrainte à la paix ne constituerait plus une menace, la Prusse et l'Autriche seraient alors définitivement réduites à l'impuissance...

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Message Publié : 24 Jan 2021 22:50 
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Bruno Roy-Henry a écrit :
Dans le secret de son cabinet, à ses conseillers, il développait ses hypothèses, ses réflexions, ses plans... Il s'animait des contradictions qu'on lui opposait. Ce qui ne signifie pas qu'il y croyait lui-même...

Admettons.... Mais une fois à Sainte-Hélène, il s'écriera "j'aurais mieux fait de rester en Egypte, je serais aujourd'hui Empereur d'Orient" (ou quelque chose d'approchant) ce qui semble prouver qu'il avait bien des rêves de grandeur et de conquêtes militaro-territoriales

Bruno Roy-Henry a écrit :
Il en concluait qu'il valait mieux prendre le taureau par les cornes. La Russie contrainte à la paix ne constituerait plus une menace, la Prusse et l'Autriche seraient alors définitivement réduites à l'impuissance...

Le problème ne se serait pas posé s'il n'avait pas institué ce fichu blocus continental ! sans lui, pas de guerre avec la Russie - CQFD


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Message Publié : 25 Jan 2021 9:17 
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Evidemment que Napoléon avait eu des rêves de grandeur : on ne fréquente pas impunément Alexandre et César !

Moi aussi, entre 7 et 11 ans, j'ai eu des rêves de grandeur, en lisant trop Napoléon... :rougi:

Quant au blocus continental, ce n'est pas la vraie cause de la guerre. Sans-doute, il était contrariant de voir l'Angleterre échapper à la banqueroute grâce à la Russie. La vérité, c'est que Napoléon était décidé à mater Alexandre, d'une manière ou d'une autre, dès-lors qu'il avait appris en 1811, que celui-ci avait conçu de l'attaquer avec le concours des Polonais Car alors, ceci pouvait se produire à tout moment ! 250 000 Russes pouvaient se trouver d'un coup sur l'Oder et ralliés par 40 000 Prussiens et 30 000 Autrichiens, 320 000 hommes pouvaient fondre au coeur de l'Allemagne ! On ne verra que trop en 1813, comment cette triste prédiction sera en passe de se réaliser...

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Message Publié : 25 Jan 2021 22:15 
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Bruno Roy-Henry a écrit :
Evidemment que Napoléon avait eu des rêves de grandeur : on ne fréquente pas impunément Alexandre et César !

Faire des rêves de grandeur n'est pas forcément une mauvaise chose, tout dépend comment l'on concrétise ses rêves, si cette grandeur sera mise au service du plus grand nombre ou bien si l'on devient un satrape oriental ou un despote éclairé occidental... Les exemples de César et d'Alexandre, dont les destins sont restés inachevés, auraient peut-être dû inviter Napoléon à plus de prudence :bah:

Bruno Roy-Henry a écrit :

Moi aussi, entre 7 et 11 ans, j'ai eu des rêves de grandeur, en lisant trop Napoléon...

Ah bon ? Voilà autre chose... moi je lisais Tintin et Astérix, ce n'étaient pas les mêmes rêves :rire2:

Bruno Roy-Henry a écrit :

Quant au blocus continental, ce n'est pas la vraie cause de la guerre. Sans-doute, il était contrariant de voir l'Angleterre échapper à la banqueroute grâce à la Russie. La vérité, c'est que Napoléon était décidé à mater Alexandre, d'une manière ou d'une autre, dès-lors qu'il avait appris en 1811, que celui-ci avait conçu de l'attaquer avec le concours des Polonais 1813

il est vrai qu'on avance souvent (sans doute trop) l'argument du blocus continental privant les ports russes des produits manufacturés anglais... mais vous avez sans doute raison en avançant également celui des velléités belliqueuses, et d'expansion territoriale, d'Alexandre (je viens d'ailleurs de lire par hasard quelque chose sur le Traité de Finckenstein, signé en 1807 entre Napoléon et la Perse, celle-ci recherchant l'alliance avec la France face aux volontés d'expansion russe dans le Caucase, menaçant ses frontières)
je connais assez peu les relations politiques entre Napoléon et Alexandre, il existe je crois sur ce sujet un bon ouvrage, Napoléon et Alexandre Ier, L’alliance Russe sous le Premier Empire, de l'historien Albert Vandal


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Message Publié : 27 Jan 2021 10:22 
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On se demandera toujours pourquoi Napoléon a voulu se précipiter en Russie ? De belles et bonnes raisons ont été données, mais elles me laissent sur ma faim... Napoléon serait resté bien tranquille, en se ménageant une force de contre-attaque, que se serait-il passé ? En 1812, rien : le tsar ne voulait pas être l'agresseur, faute d'alliés disponibles, puisque la Prusse et l'Autriche avaient fait savoir qu'elles étaient hors d'état d'intervenir. Les rouages du grand Empire auraient continué de tourner sans anicroches, les Brits auraient mijoté dans leur jus, allant droit à la banqueroute et la guerre déclarée par les USA auraient pu être soutenues par notre marine... Peut-être Napoléon aurait pu aller au Portugal régler lui-même la question de Torres-Vedras. C'était un siège à mener selon les règles de l'art comme pour faire tomber une place-forte... La question pouvait se reposer en 1813 ? Même chose, il fallait laisser le Czar attaquer et saisir son armée à la gorge en Pologne si elle osait franchir la frontière. Ce n'est que mon avis...


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Message Publié : 27 Jan 2021 11:07 
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Quand on connaît la fin de l'histoire, c'est plus facile de critiquer... Cela dit, je ne vous donne pas entièrement tort.

Quelles sont les raisons qui ont bien pu pousser Napoléon à agir en 1812 ?

Son inquiétude : je l'ai déjà dit. Mais il se sentait décliner et devait se demander s'il était encore capable de soutenir physiquement une campagne.

Son manque de confiance dans ses lieutenants. Même Davout ne le rassurait pas, pas plus que Soult...

Il ne pouvait empêcher les Russes de remporter un succès en Pologne et de cela, il concevait la crainte de voir l'Autriche et la Prusse se déclarer sur ses arrières ou sur ses flancs. Il devait savoir que ces deux puissances armaient secrètement et il n'avait pas tort. Sans doute s'exagérait-il le péril, mais s'il était encore minime en 1812, il pouvait bien devenir réel en 1813.

Il ne pouvait pas de lui-même marcher jusqu'à Torres-Vedras. Il lui aurait fallu 20 jours pour en revenir et gagner la Pologne. Autant pour que la nouvelle de l'attaque russe lui parvienne. C'était 40 jours au moins laissés aux Russes pour prendre Varsovie et entraîner Prusse et Autriche dans la guerre. Il a calculé qu'il valait mieux les avoir avec lui que contre lui...

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