L'Énigme des Invalides

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Message Publié : 03 Jan 2006 11:19 
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LA BATAILLE DE LA SOUFFEL
28 juin 1815.

Suite au désastre de Waterloo (18 juin), les coalisés se pressent pour envahir la France. L'aile droite de Schwarzenberg, sous le commandement de Wrède (Bavarois et Wurtembourgeois), franchit la frontière le 24 juin et marche sur Paris. Une partie de son aile gauche, le 3eme corps Würtembourgeois pénètre par le Nord de l’Alsace, à la hauteur de Germersheim et de Wissembourg, après avoir masqué Landau, alors que les anciennes lignes de Wissembourg ont été abandonnées.

Le 21 juin, le général RAPP (commandant le Veme corps, l’armée du Rhin) stationné à Strasbourg avait reçu une missive l’informant de la défaite de Napoléon et lui enjoignant de retraiter sur Paris via Saverne et Nancy, avec son armée. Rapp décida de ne pas obtempérer, mais accepta de se replier sur Strasbourg. Le général Boulart qui commandait l'artillerie du corps d'armée (48 pièces), fut d'un avis contraire et aurait préféré recevoir la bataille sur les positions prises entre Wissembourg et le Rhin.

Le mouvement rétrograde commença le 24 juin et l'ennemi suivit Rapp à distance. Un léger engagement se produisit à Schwasburg.

La rencontre aura lieu à environ 15 à 20 km au Nord de Strasbourg, dans le secteur de Lampertheim, Mundolsheim et Souffelweyersheim, au bord de la petite rivière de la Souffel (d’où le nom de la bataille), et c’est là que les 25 000 hommes de RAPP affrontèrent les 50 000 coalisés.

Le Vème corps Français se plaça de part et d’autre de la route principale qui mène à Strasbourg, la 16ème division à gauche, la 15ème à droite de la chaussée, et la 17ème placée en arrière et en réserve, en travers de la route.

Les Wurtembourgeois entrèrent en ligne les 1er, les Autrichiens tentant de déborder l'aile droite de Rapp en colonne de marche. La bataille sera acharnée de part et d’autre avec des succès divers: les Wurtembourgeois lancent leur attaque sur le centre français, appuyés par les Autrichiens. Le village de Souffelweyersheim sera finalement emporté, faute de dispositions suffisantes pour sa sûreté.

Avec plus ou moins de succès, l'attaque des coalisés continue et oblige les Français à modifier le placement de la 15ème division, une contre attaque vigoureuse des Français parvient même à mettre en déroute une partie des troupes autrichiennes, qui par malchance sont récupérées par une colonne russe de 30 000 hommes venant de Wissembourg, mais l’action des Russes n’ira pas plus en avant.

La journée s’achève sur cette action, les coalisés arrêtant là leur attaque pour se réorganiser et ainsi relancer leur offensive du lendemain matin et cette fois ci assistés des Russes.

Au vu de ce renfort, Rapp décida de battre en retraite et de s’enfermer dans Strasbourg, d’où il ressortira après la restauration de la monarchie de Louis XVIII. Il faut dire que face à 80 000 hommes, il n'avait plus aucune chance de remporter la victoire.

Dans les archives historiques la bataille de la Souffel est considérée comme une victoire française. Mais le général Boulart mentionne dans ses mémoires qu'il perdit 5 canons et que 55 artilleurs et 73 chevaux furent tués, blessés ou pris.

Ajoutons que la prise de Souffelweyersheim peut être considéré comme une victoire pour les coalisés. Cependant, ils ne purent en déboucher et furent rejetés sur leurs positions partout ailleurs.

Il faut mentionner la destruction du village par le feu ordonné par le prince de Wurtemberg. Après la prise du village, un coup de feu fut tiré du clocher sur ses soldats. Supposant qu'il s'agissait d'un paysan, le prince se montra inflexible et fit évacuer les habitants avant de ravager leurs maisons par le feu. Triste précédent à ce qui devait se produire plus tard en 1870 dans le reste de la France...


Dernière édition par Bruno Roy-Henry le 07 Avr 2006 15:18, édité 1 fois.

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Message Publié : 06 Jan 2006 2:06 
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En effet, bataille méconnue. Merci de nous la rappeler, Bruno. Ah ! Si Napoléon n'avait pas abdiqué...

Léon

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Message Publié : 06 Jan 2006 23:52 
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Un avant-goût du fameux "vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine"... :4:

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Message Publié : 07 Jan 2006 0:06 
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Néanmoins, la belle attitude de Rapp, les sièges honorablement soutenus par la plupart des garnisons dans les places d'Alsace et de Lorraine, n'empêcheront pas Louis dit le 18ème, de céder Landau et Sarrelouis qui étaient françaises depuis 1687, à ses bons alliés, nos amis les ennemis... :diablotin:

Il en fut de même de Marienbourg, de Philippeville et de Bouillon à la frontière des Pays-Bas.

Louis XIV dût se retourner dans sa tombe.

Puisque nos bons amis les ennemis, alliés du prétendu roi de France faisaient la guerre à Napoléon et non pas aux Français, on se demande pourquoi ils exigèrent de telles annexions ? :16:

En 1830, Louis-Philippe n'osa pas réclamer à la Belgique ces territoires. Il faut dire que l'Angleterre avait dit non, la question ayant été posée à Sa Grâce, le Lord Wellington, par le prince de Bénévent...


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Message Publié : 07 Jan 2006 0:14 
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Godefroid de Bouillon français ? Jamais ! :diablotin:

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Message Publié : 07 Jan 2006 0:20 
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Godefroy de Bouillon ne rendait-il pas hommage au roi de France ? :ange:


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Message Publié : 07 Jan 2006 2:40 
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Simple boutade de ma part ! :4:
En outre, peu le savent, mais Godefroid était natif de Baisy-Thy, une commune de l'entité de Genappe.
Cette terre brabançonne est vraiment riche en histoire. :aime:

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