L'Énigme des Invalides

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Message Publié : 17 Août 2022 9:43 
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Inscription : 14 Déc 2002 16:30
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Le général Girard commandait la division d'observation de la place de Magdebourg. Ses ordres lui enjoignaient de marcher en direction de Berlin, en ralliant au passage la brigade de Drombowski (celle-ci n'a pas rejoint). Sa division comprenait environ 8 000 fantassins, 600 cavaliers (2 escadrons du 13ème hussard, 1 escadrons de marche de cuirassiers, 1 autre de cavalerie légère et 22 pièces. Parvenu aux environs de Belzig, à 71 km de Berlin, il y attendait de nouveaux ordres, quand il fut assailli, le 27 août, par les troupes de Hirschfeld, composées en majorité de Landwehr, pour 10 à 12 000 hommes et 12 pièces.

A Hagelsberg, la bataille commença mal pour les Prussiens. Un régiment de landwehr kavallerie ne comprit pas son ordre et chargea follement en direction de Lübnitz. Il revint en désordre et déconfit sans avoir touché de l!ennemi qu!un peu de plomb.
Sur l'aile gauche (droite française), deux bataillons de landwehr sont arrêtés puis repoussés par la mitraille, entraînant dans leur fuite deux bataillons intacts de la 2e ligne... L!ensemble est sauvé par l'apparition des Cosaques de Czernychew dans le dos des Français.
Sur la droite (gauche de Girard) deux bataillons de landwehr sont mis en fuite par des tirailleurs français. Malgré tout, le nombre (ajoutons les défections des bataillons allemands côté français) permit de l'emporter. «39 officiers et 1.642 hommes restèrent sur le champ de bataille; 662 landwehriens avaient profité du tumulte pour déserter ou mettre bas les armes.» Du côté français, il faut compter environ 1 500 hommes hors de combat. Mais, 800 à 900 prisonniers et 6 pièces de canons, sans compter la défection des bataillons allemands qui rejoignirent pour l'essentiel les Prussiens. Girard, sévèrement blessé, fut fait prisonnier plus tard à Wittenberg. C'est tout au plus 4 000 hommes qui revinrent à Magdebourg. C'était encore un petit désastre !

General de division Baron Girard

Division d'observation de Magdebourg : Général de division Lanusse

1ère Brigade : Général de brigade Sennegon
3/24e Regiment d'infanterie légère
3/26e Regiment d'infanterie légère
3/18e Regiment d'infanterie de ligne
3/19e Regiment d'infanterie de ligne
1/9e Regiment d'infanterie de ligne Westphalien
2/1er Regiment d'infanterie Croate

2ème Brigade : Général de brigade Bouville
3/ 134e Regiment d'infanterie légère
3/56e Regiment d'infanterie de ligne
3/72e Regiment d'infanterie de ligne
1/,2/Régiment Saxon des duchés.

Cavalerie
1/,3/,4/13e Regiment de Hussard
1 Escadron de marche (cuirassiers)
1 Escadron de marche (cavalerie légère)
Artillerie:
1/9e régiment d'artillerie à pied
16/9e
Total - 15 canons
1 batterie d'artillerie à cheval : 6 pièces.

Les écrivains allemands dénombrent 18 bataillons et 6 escadrons.

_________________
"Tant que les Français constitueront une Nation, ils se souviendront de mon nom."

Napoléon.


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Message Publié : 18 Août 2022 13:33 
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Inscription : 12 Jan 2003 17:26
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Les effectifs étaient similaires, la qualité aussi... Ce sont les cosaques qui ont fait pencher la balance. Girard était un excellent général, mais il était jeté un peu à l'aventure. Dombrowski n'a pas rejoint : a-t-on des détails sur ce contre-temps ? Il est surtout dommage que Davout n'ait pas été mieux lié avec Girard, à eux deux, ils auraient pu inquiéter Berlin par l'ouest. Il me semble que la retraite des troupes de Girard a été contrariée constamment par ces mêmes cosaques.


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Message Publié : 18 Août 2022 23:42 
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Inscription : 14 Déc 2002 16:30
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Je manque de détails sur cette affaire d'Hagelsberg. Je pense avoir quelque chose dans une revue, mais je ne la retrouve pas...

En août 1813, les troupes napoléoniennes sous le maréchal Oudinot voulaient prendre Berlin et obtenir ainsi une position de départ favorable pour des négociations avec les Alliés. Ce plan échoue le 23 août 1813 à la bataille de Großbeeren. Pour soutenir les troupes d’Oudinot à Berlin, une plus grande unité de fantassins, de cavalerie et d’artillerie - environ 10000 hommes, principalement des soldats français, saxons et italiens - est venue à la même époque sous le général de division Jean-Baptiste Girard de la forteresse de Magdebourg. Comme ils n’arrivaient pas à temps, ils établirent leur camp à l’ouest de Belzig. En sécurisant le camp, ils prêtaient une attention particulière à la direction orientale, car avant Belzig, ils craignaient des attaques de cosaques de l’armée russe. À l’ouest, le camp était mal sécurisé. Pour une attaque surprise sur ce camp par l’est, le général prussien Karl Friedrich von Hirschfeld a rassemblé diverses troupes, en particulier des unités de la Landwehr, qui avaient auparavant séjourné dans l’ouest du Brandebourg. Le soir du 26 août, il avait concentré un grand nombre de 10000 hommes d’infanterie et près de 1000 cavaliers. Le lendemain matin, un garde forestier de Steindorf près de Lübnitz conduisit le contingent de Hirschfeld à travers la forêt en direction de Hagelberg. Vers 14 heures, ils atteignirent la lisière de la forêt à l’ouest du camp, se levèrent en urgence et attaquèrent un peu précipitamment. Pour les unités de Landwehr non entraînées, la bataille menaçait à plusieurs reprises de prendre une mauvaise fin. Cependant, des officiers énergiques tels que le lieutenant-colonel Ludwig von der Marwitz réussissent toujours à organiser les unités. Après 17 heures, une forte pluie ne permettait plus guère àde tirs de fusils, il y avait au nord de la grêle ; sur un mur de jardin un bataillon français fut acculé et détruit à coup de crosses (les landwériens ne sachant pas se servir de leur baïonnette). La bataille a ensuite été appelée la bataille des crosses. Les cosaques russes dirigés par le général Alexandre Tchernychov, qui étaient logés dans la ville voisine de Belzig, ont pu décider de la bataille en intervenant en faveur de la Prusse. Les contingents saxons du côté français sont alors passés du côté prussien. Après 18 heures, les troupes du général Girard, désormais grièvement blessé, se retirent en direction de Magdebourg. Une poursuite vigoureuse n’a pas eu lieu en raison de l’épuisement général de la part des Prussiens. Ce rôle a été repris par les Cosaques qui ont attaqué les Français dans la nuit à Wiesenburg. Ils ont pu capturer un canon et faire de nombreux prisonniers. Les pertes prussiennes étaient de 1750 morts et blessés, tandis que seulement 3000 Français pouvaient atteindre Magdebourg indemnes. Le corps français avait pratiquement cessé d’exister.La bataille, en fait seulement une bataille, a été l’une des premières missions de la Landwehr nouvellement créée et a confirmé la valeur de cette force. Après la bataille, 136 croix de fer ont été décernées : 80 aux officiers, 30 aux sous-officiers et 26 aux généraux.

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"Tant que les Français constitueront une Nation, ils se souviendront de mon nom."

Napoléon.


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Message Publié : 19 Août 2022 0:25 
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Inscription : 14 Déc 2002 16:30
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IV.

Le combat de Hagelsberg, livré le 27: Août 1813.

Explications, pour l'intelligence du plan.

Lorsque après l'armistice les hostilités: recommencèrent, le général de Hirschfeld' fut chargé de couvrir l'aile droite de l'armée alliée du nord, et d'observer en même tems la place de Magdeburg et les mouvemens de sa nombreuse garnison. Pour remplir ce double but le corps principal prit position à Brandenburg, pendant qu’un détachement composé de 6 bataillons, 3 esc. et 3 pièces fut poussé jusques aux environs de Magdeburg. Le général de Puttlitz, qui le commandait, se plaça à Königsborn avec le 4me bat. du 1er régt. de réserve, le 1er et 3me bat., du 6me régt. de L. W., l'escadron Finkenstein du 3me régt. de cavalerie et les canons; is envoya. deux bataillons (le 4me du 3me régt. et le 4me du 6me) avec l'escadron du capitaine Erxleben du 5me régt.. de cavalerie vers la droite à Gerwisch et Büderitz, et le 2me bat. du 6me régt. avec l'escadron Kriegsheim du. 6me régt. de cavalerie à gauche vers Pechau..
Un camp ennemi se trouva entre Crakáu' et Prester..
Dans la matinée du 21. Août le général Girard sortit de Magdeburg avec 18 bat. 22 canons et environ 6'esc. composés de troupes françaises et allemandes, et se dirigea sur Königsborn. Le lieutenant-colonel de Kyckpusch fut envoyé avec le 3me bat. du 6me régt:, l'escadron Finkenstein et une pièce de canon pour soutenir les avant-postes entre Gübs ét Königsborn, où cet escadron fit une attaque heureuse sur la cavalerie ennemie. Ce petit avantage ne put pas arrêter le mouvement de fortes colonnes, qui s'avancerent entre Menz et Königsborn, ce qui détermina le général de Puttlitz à se replier d'abord jusqu'à Neu-Königsborn, et ensuite jusques sur les hauteurs entre Woltersdorf, Körbelitz et Büden, où l'escadron Kriegsheim arriva de Pechau. Dans ce mouvement rétrograde les troupes de l'aile droite eurent à se defendre contre des attaques de cavalerie, et pour ne pas les compromettre le général de Puttlitz resolut d'attaquer l'ennemi à son tour. Il fondit sur lui avec le peu de troupes, qu'il avait, au moment, où il déboucha de Woltersdorf, et réussit à l'arrêter jusqu'à ce que ces bataillons l'eurent rejoint. Le capitaine d'Erxleben avait fait une reconnaissance le matin, et s'était porté jusqu'au Herrenkrug, en donnant l'allarme au camp ennemi de Prester; après quoi il s'avantura jusqu'au glacis de la place, où il fut canonné des ouvrages extérieurs.

Le général de Puttlitz se retira par Körbelitz et Burg à Genthin, et alla le lendemain à Plauen, sans être inquiété de l'ennemi. Le 23. il arriva à Brandenburg, et occupa les ouvrages qu'on y avait construits. Le 2me bataillon du 6me régt. y vint par la route directe de Pechau. Le même jour le 2me bat. du 3me régt. et l'escadron Finkenstein avec une pièce de canon furent envoyés à Plauen, à la garde du pont jeté sur la Havel; deux jours après ce détachement fut rappelé, et n'y laissa qu'une compagnie d'infanterie.

Le 21. le général de Hirschfeld avait détaché le lieutenant-colonel de Marwitz avec le 1er et le 3me bat, du 3me régt. et 3 esc. du 3me régt. de cavalerie à Bathenow, pour soutenir le général de Puttlitz dans le cas où il serait forcé à la retraite, ou de faire lui-même une incursion dans la vieille Marche. Mais ce général s'étant replié à Brandenburg, ce détachement fut rappelé, et y rentra le 23.
L'ennemi avait pris position à Ziesar. Les avant-postes occupaient Viesen, et ceux du général de Puttlitz s'étendaient jusqu'au Radkrug.

N'étant que fort imparfaitement informe de la force, et des intentions de l'ennemi le général de Puttlitz chargea le lieutenant-colonel de Marwitz de faire une reconnaissance, après l'avoir renforcé de deux bataillons du 6me régt., de l'escadron Erxleben et d'un canon. Cet officier se mit en mouvement le 24. et laissant deux bataillons avec le canon près de la ferme appelée, das mittelste Vorwerk, et les deux autres au Radkrug, il se porta en avant avec la cavalerie seulement. Le lieutenant Lessing ayant la tête avec 30 chevaux, rencontra des hussards ennemis près de Viesen, et les culbuta jusqu'au delà de Rogäsen, leur faisant quelques prisonniers.

Le lieutenant-colonel de Marwitz laissa un escadron près de cet endroit et suivit avec le reste la digue nommée Fiener-Damm. Le lieutenant de Bredow fut détaché avec 30 chevaux à Zitz pour surprendre une troupe de cuirassiers fourageant dans ce village. Le capitaine Erxleben l'accompagna dans cette expédition; mais au lieu de cuirassiers il tomba sur une compagnie du 26me régt légèr, qui à son approche se forma en masse. Malgré cela il l'attaqua et l'enfonça avec une légère perte (de 6 blessés). Un capitaine, un lieutenant et 98 hommes furent faits prisonniers, 22 h. restèrent sur la place.

Par ces prisonniers on eut les premières nouvelles de la force ennemie, et l'on apprit que son infanterie était campée à Ziesar, la cavalerie à Bückewitz. La dernière ne manqua pas de paraître, mais n'osa pas approcher. Vers le soir le lieutenant-colonel de Marwitz se reploya à Brandenburg. Le lendemain l'ennemi se mit en marche, en prenant la direction de Glienicke et de Wollin.

Sur un ordre exprès du prince royal de Suède le général de Hirschfeld avait quitté sa position de Brandenburg le 22, et était venu le 23. se mettre en bataille à Sarmund, pendant qu'on se battait à Gross-Beeren, laissant le 1er et 3me bat. du 7me régt. dans les retranchemens de Potsdam. Le 1er régt. de réserve s'avança jusqu'aux environs de Ruhlsdorf. Le 24. tout ce corps revint sur ses pas, et alla joindre le 25. les troupes du général de Puttlitz à Brandenburg. Le 1er bat. du régt. *de l'Elbe avec une pièce de eanon, faisant partie de la 4me brigade, était venu se réunir à lui.

Le général de Hirschfeld avait l'ordre de chercher le général Girard afin de le combattre. Par consequent il envoya de suite le général de Puitlitz à Golzow, et se mit à le suivre avec tout son corps à l'entrée de la nuit. A Golzow l'on apprit que l'ennemi s'était d'abord avancé jusqu'aux environs de Brück, mais qu'il s'était rabattu ensuite vers Belzig. Sur cela le général de Hirschfeld, faisant un mouvement par sa droite, vint camper le 26. aux environs de Görzke et de Ziesar, où il fut informé que le général Girard avait pris une position à Lübnitz près de Belzig. Dans la nuit on intercepta des dépeches, qui montrèrent, que l'ennemi était dans l'incertitude, s'il devait s'en retourner à Magdeburg, ou prendre la direction de Wittenberg. A Lübnitz il s'était posté selon les apparences purement pour attendre les nouvelles qu'on venait de saisir.

Sur cela toutes les troupes furent immédiatement concentrées près de la ferme de Wendlobbese aux environs de Görzke, et mises en marche sur deux colonnes le lendemain matin vers le moulin de Benken. Le général de Hirschfeld, allant lui-même faire une reconnaissance, s'assura que toute l'attention du général Girard était tournée du côté de Belzig, et qu'il ne paraissait pas être informé, ni regarder ce qui se passait sur ses derrières. Le général de Hirschfeld ignorait que les cosaques sous les ordres du général Czerniczew avaient harcelé les Français depuis la veille, et que dans ce moment ils étaient en position au delà de Belzig (L), pendant que le général Girard s'était porté avec 4 bataillons, 4 canons et un détachement de cavalerie sur le Galgenberg en deça de cette ville (K).
Le corps du général de Hirschfeld se trouvait à Benken (A, B, C, D, E, F) *) justement sur les derrières de l'ennemi, qui campait en arrière de Lübnitz (J). Cette position fournit une nouvelle preuve, combien il est avantageux de manoeuvrer près de sa base d'opérations. Le général Girard avait la place de Wittenberg devant son front, et celle de Magdeburg sur son flanc droit. Une attaque à dos ne pouvait pas produire de grands resultats stratégiques; il était plus important de le prendre par sa gauche, pour l'empêcher de se réunir avec le corps, qui venait de tenter une entreprise sur la capitale.

A l'exception du 1er régiment de réserve le corps du général de Hirschfeld n'était composé que de Landwehr de la Marche électorale, qu'il disposa de la manière suivante:

Avant-garde commandée par le major de Langen.
1er bat. major de Reckow' Le 1e' régt. de réserve
2me de Lemcke
3me de Römigk

Brigade de l'aile droite, commandée par le général de Puttlitz.

4me bataillon du 1er régt. de réserve, major de Rembow
1er bataillon de Bönigke le 6me régt. L. W. de la
2 mede Streit Marche élect. comm. par
3me de Delitz le major de Rohr.

4me 2me bataillon du 7me régiment de Held de Voisky

Brigade de l'aile gauche, commandée par le colonel de Boguslawsky.
2me bataillon du zmo régiment major de Bornstädt
du 4 me de Liewen
5me dito de Schwerin

2me Brigade de réserve, commandée par le lieutenant-colonel de Marwitz.
5me régiment L. W.
1er bataillon major de Zschüschen zme
de Lavière 4me
1 er
du 7me

Détachement commandé par le lieutenant-colonel de Reuss.
1er bataillon du 4me régiment major de Grolman
Ozarowsky du régiment de l'Elbe de Stutterheim
i esc. du žme régiment de cavalerie, le capt. de Bornstädt
1 pièce prussienne.

ler Cavalerie, commandée par le colonel de Bismark.
3 escadrons du 3me régiment
4 du 5mo
4 du 6ma
10 pièces russes sous le capitaine comte Chamborau.

La force de ces troupes est évaluée à 10,350 h. d'infanterie, et 960 h. de cavalerie. Le 5me bat. du 7me régt. et la 5me comp. du 2me bat. du régt. de réserve étaient détachés à Grebs sur la route de Brandenburg. Une compagnie du 4me bat du 3me régt. se trouvait encore à Plauen, et la 1ere comp. du 5me bat. du même régt. à Drewitz. Le 4me bat. du 7me rég: était en garnison à Spandau depuis le 18.

La position des Français s'appuyait à gauche à un bois, qui n'était ni occupé ni observé. Le général de Hirschfeld profita de cette faute pour porter de ses forces sur le flanc gauche de l'ennemi. Il se mit en marche par sa gauche sur une seule colonne (G), l'avant-garde à la tête, ensuite toute la cavalerie, la batterie russe couverte sur sa droite par les tirailleurs du 1er bat. du régiment de réserve; la brigade Boguslawsky ainsi que le général de Puttlitz suivaient, et le lieutenant-colonel de Marwitz termina la marche. L'attaque devait commencer par la gauche en échelon.. Le lieutenant-colonel de Reuss eut ordre de longer la lisière du bois jusqu'à Steinsdorf, et de se jeter sur l'ennemi au moment, où il serait attaqué de l'autre côté..

Vers une heure les troupes se mirent en mouvement. Les trois bataillons de l'avant-garde, après avoir débouché, se placerent sur la lisière du bois. On aperçuť un camp de cavalerie ennemie à gauche de Lübnitz, et le gros en avant des détachemens à cheval faisant mine de se retirer. Le colonel de Bismark avait l'intention de les attaquer avec le 6me régt., qui venait de déboucher; mais le zèle impétueux des soldats, qui brulaient d'envie de se battre, était cause que tous les trois régimens se déployérent et se précipitėrent à la fois sur l'ennemi, qui fut culbuté et poursuivi jusqu'au village. Par cette attaque brusque ces régimens s'étaient débandés, et le colonel de Bismark avait de la peine à les rallier, lorsque l'ennemi avança avec de l'infanterie et du canon sur le flanc droit du village. Il n'y avait que l'escadron Kriegsheim du 6me régt., qui s'était reformé, et qui repoussa une troupe de cavalerie placée à l'aile droite de l'ennemi.
Cette échaffourée avait donné à l'infanterie la facilité de se ranger en ordre de bataille en échelon par la gauche. Le colonel de Bismark se replia dans la plaine à mesure qu'elle se porta en avant, et laissant le 3me régt. pour garder l'artillerie, alla veiller sur le flanc gauche (O).
Les trois bataillons de l'avant-garde formant le premier échelon s'ébranlèrent pour marcher à l'attaque (M). La batterie russe fut placée à droite en arrière sur le front de la brigade Boguslawsky (N). Le lieutenant-colonel de Reuss s'était arrêté derrière l'angle saillant du bois en poussant son escadron jusqu'à Steinsdorf (H). Lorsque le combat commença, il se porta en avant et prit position à la droite de cette ferme, la cavalerie à droite, le 1er bat du 7me régt. à côté d'elle, le bataillon de l'Elbe au centre, le canon et le 1er bat. du 4me régt. à gauche (s). L'ennemi lui opposa une batterie, dont le feu supérieur l'empêcha de faire des progrès (T).

Le village de Lübnitz, après avoir été incendié, fut pris par le 2me bat. du žme régt. et par les tirailleurs de l'avant-garde, qui enlevèrent à l'ennemi une pièce de canon. Celui-ci se retira du côté de Hagelsberg, pour prendre position sur les hauteurs environnantes. En même tems le général Girard fit revenir le détachement envoyé dans la matinée à Belzig contre les cosaques,' et le posta dans le bois de Belzig; un bataillon avec deux canons occupa une hauteur, dite Hüttenberg, sur son flanc droit (U). Le major de Langen dirigea son attaque d'abord contre ce bois, et fut soutenu à gauche par le 2mé et 3me bat. du 4ime régt. (V), que le général de Hirschfeld lui detacha au moment, où ils s'avançaient vers Lübnitz. La 1ere et 2me, comp. du 2me bat. furent obligées par un ravin, de se placer en crochet sur la droite en arrière.

Le 2me bat. du gre régt. traversa le village de Lübnitz pour suivre l'ennemi en retraite (X). Arrivé à la hauteur du bois de Belzig il fut joint à gauche par le major de Langen avec le 2me et 3me bat. du régt. de réserve, et à droite par la brigade Reuss, qui pivotant sur sa droite s'avança à travers le bois de bouleaux. Le 3me régt. de cavalerie se plaça à l'extrême droite de ces six bataillons.

L'ennemi voulant s'établir sur les hauteurs en avant de Hagelsberg ne put s'y maintenir contre la vivacité des assaillans, et fut forcé à continuer son mouvement rétrograde. La brigade Reuss resta pour garder cette position, pendant que les autres troupes poursuivirent leurs avantages. L'ennemi étant encore en possession du bois de Belzig situé sur le flanc gauche, le major de Langen trouva nécessaire d'occuper Klein-Glien. Le major de Bornstädt continua seul à serrer l'ennemi, qui venait de concentrer toutes ses forces sur une colline en avant de la ferme de Gros-Glien. Cet officier, n'y supposant qu'une faible arrière-garde, et comptant sur la bravoure de sa troupe, ordonna l'attaque. Mais inopinément il fut reçu par un feu de mitraille et de mousqueterie, qui lui fit perdre beaucoup de monde.

Malheureusement tous les canons étaient restés en arrière et la pluie empêcha les soldats de se servir de leurs fusils. Ce bataillon isolé, étant ouvertement trop faible pour faire face aux forces supérieures de l'ennemi, fut obligé de battre en retraite. L'ennemi le poursuivit en le serrant de près. Le 3me régt. de cavalerie tâcha de le dégager par des attaques réiterées; le major, de Langen et le lieutenant-colonel de Reuss vinrent successivement à son secours. Mais l'apparition d'un détachement ennemi sur leur flanc gauche les força à retrograder jusqu'au bois de bouleaux. Les les et 2me bat. du 6me régt., qui par suite du mouvement, qu'ils exécutaient, se trouvèrent sur la ligne du combat, furent enveloppés dans cette retraite, et tachèrent de s'y soustraire par un mouvement à gauche. M

Sur ces entrefaites la brigade Puttlitz avait débouché et s'était mise en bataille en échelon par la gauche (Q). La brigade Marwitz, ne trouvant pas de place à droite, passa à gauche, et se forma en masses par bataillons sur le flanc gauche (P). Elle se mit en marche vers le bois de Belzig, lorsque les trois bataillons de la gauche de la brigade Puttlitz (le 2.du 7me, et le 4me et 3me du 6me régt.) se mirent en mouvement pour prendre cette direction (W).

Le 2me et 3me bat. du 4me régt. y avaient été seuls exposés à la canonnade ennemie après le départ de la brigade Langen. Ce feu, auquel on ne pouvait pas riposter, causa d'abord de la fluctuation, et finit par produire un mouvement retrograde, qui se communiqua bientôt à l'un et à l'autre de ces bataillons. Dans ce moment le lieutenant-colonel de Marwitz arriva avec sa brigade, qu'il mit en bataille sur la droite de la cavalerie. Les deux bataillons du 4 me régt. furent bientôt ralliés et ramenés en ligne à côté de la brigade Marwitz. Les trois bataillons de la brigade. Puttlitz s'avancèrent pour prolonger cette ligne à droite. Le 2me bat., du 7me et le 4mo du Gme régt. rencontrèrent une ligne d'infanterie ennemie déployée sur le revers d'une hauteur, et furent accueillis, sans s'y attendre, par une décharge générale, qui les mit en désordre. Le général de Puttlitz fut entrainé et eut le malheur de faire une chute et de se casser la clavicule. Le major de Rohr parvint à retablir l'ordre, et mena ces bataillons de nouveau en avant contre le bois de Belzig. Ils furent joints à droite par le zme bat. du 6me régti, de sorte que la ligne, marchant à l'attaque de ce bois, était composée de 8 bataillons..
Le 1er et 2me bat. du 6me régt. se dirigerent plus à droite, et furent enveloppés, comme il a déjà été dit, dans la retraite de l'aile droite. Le 4me bat.. du régt. de réserve resta pour couvrir la batterie.

Le lieutenant-colonel de Marwitz ne put d'abord opposer au feu de l'artillerie ennemie que la bonne contenance de sa troupe; mais peu après il obtint deux pièces, avec lesquelles il commençait à riposter, lorsqu'on aperçuť une colonne de cavalerie marchant sur le chemin de Belzig á Gross-Glien sur les derrières, de l'ennemi (a). Avant même qu’on fut informé que c'était le général Czerniczew avec les cosaques, le bataillon placé avec deux canons sur le Hüttenberg se mit en retraite. Le lieutenant-colonel de Marwitz fit attaquer le bois par ses tirailleurs. Il commençait à gagner du terrain, lorsqu'il reçut du général de Hirschfeld l'ordre de marcher à l'aile droite, que l'on a déjà vue en pleine retraite. n se mit en mouvement, passant derrière les autres bataillons, qui se joignirent à ses tirailleurs pour continuer l'attaque. Le 3me bat. du 4me régt. tenait toujours la gauche avec le 2me bat. du même régt.; le 2re du 7me régt. était au centre et le 4me et gme du fme régt. à la droite. Le ame bat. du 4me régt. resta d'abord en arrière, parceque des hussards ennemis se montrèrent à gauche dans un chemin creux; mais quand ils eureut disparu, il suivit les autres troupes. Le eme bat. du qme régt. reçut l'ordre de se porter à l'extrême droite, où il arriva vers la fin de la journée et occupa le parc de Schmerwitz.

Le lieutenant-colonel de Marwitz ayant dépassé le bois de Belzig deployà ses bataillons dans l'entre-deux de ce bois et de celui de bouleaux à droite, où les bataillons de l'aile droite venaient de se retirer. L'ennemi, au lieu de les poursuivre, s'arrêta sur les hauteurs de Hagelsberg, et leur laissa le tems de se remettrè. Trois escadrons du 3me régt. de cavalerie se placèrent à la gaiche de la brigade Marwitz, tandisque le 3me bat. du régt. de réserve, les restes du bataillon commandé par le major de Bornstädt, et la' brigade Reuss, dans son ordre primitif, occupèrent la droite. L'escadron Finkenstein et les deux bataillons restans du régt. de réserve furent envoyés à l'extrême droite (Z), parceque un rapport, trouvé faux dans la suite, avait annoncé, que cette aile était menacée d'être tournée par l'ennemi. Par la même raison le 5me régt. de cavalerie fut posté auprès du moulin de Lübnitz pour observer le terrain jusqu'à Steinsdorf et Benken. Les deux canons, attachés à la brigade Marwitz, étant placés d'abord sur une colline à sa gauche, furent bientôt joints par le reste de la batterie. Le 4me bat. du régt. de réserve, qui l'avait couvert jusqu'alors, entra en ligne à gauche de la brigade Reuss. Le colonel de Bismark se mit avec le 5me régt. de cavalerie en réserve derrière l'infanterie *). *) Yoyés le plan (2)

Le général Girard avail concentré toutes ses forces sur les hauteurs en avant de Hagelsberg (Y), où il s'établit des deux côtés une vive canonnade. L'ennemi, quoique supérieur en artillerie, ne fit pas beaucoup de mal, parce qu'il tirait avec trop d'élévation.
Le général Caerniczew étant arrivé à l'entrée du bois y laissa un régiment pour couvrir la route (d), et après avoir détaché le colonel de Benkendorf avec deux régimens vers la gauche pour prendre l'ennemi à revers (c), il se porta lui-même en avant avec les deux autres régimens, qu'il plaça au débouché du bois (b), pendant qu'il allait de sa personne s’aboucher avec le général de Hirschfeld. Il ne le trouva que vers la fin de la journée, ce qui les empêcha de concerter leurs mouvemens.

Pendant qu'on se canonnait à la droite, l'aile gauche avait emporté le bois de Belzig (Z). Le 3me bat. du 4me. régt soutenu du zme bat. du 6me régt. s'avança sur le village de Hagelsberg: Le 4me bat. de ce dernier régiment resta sur la lisière du bois pour leur couvrir le flanc droit. Le temps était si sombre, que le major de Rohr, qui commandait ces troupes, ne put pas distinguer, que ce flanc était déjà assuré par l'ordre de bataille. Les tirailleurs de la brigade Marwitz, se trouvant toujours à gauche, s'étaient portés jusques sur les derrières de la position ennemie, où ils prirent un obusier démonté..

Le major de Rohr étant couvert par un ravin, situé à l'entrée de Hagelsberg, en profita. pour disposer. ses bataillons en colonne d'attaque, et pénétra dans ce village. Une batterie placée sur la butte du moulin commença à tirer sur eux à mitraille; en même tems un bataillon ennemi, posté devant le débouché en face de Lübnitz, changea de front pour diriger son feu sur le village. Les troupes du major Rohr ne pouvant tenir contre ce feu croisé, furent obligées de reculer. L'ennemi detacha deux bataillons à leur poursuite, qui allèrent ensuite occuper le bois de Grützendorf, tandisque trois de ses escadrons avec du canon tournèrent ce bois par la droite, apparemment pour faire face aux cosaques, et pour chasser les tirailleurs de la brigade Marwitz, qui incommodaient les derrières de l'ennemi. Ces tirailleurs furent forcés de se replier.

Le 2me bat. du 4me régt. déboucha du bois de Belzig pour marcher à l'attaque de Hagelsberg au moment, où le major de Rohr ramena ses bataillons. L'apparition de l'ennemi sur le flanc gauche empêcha son mouvement; mais en attendant une troupe de 300 tirailleurs de plusieurs bataillons se réunirent pour attaquer conjointement les deux bataillons ennemis au bois de Grützendorf. Ceux-ci furent d'abord chassés et poursuivis jusques dans la plaine, où, se voyant entourés au passage d'un bas-fonds et assaillis de tous côtés, ils se rendirent au nombre de 33 officiers et 1320 soldats (e). Les rapports officiels attribuent l'issue de cette altaque glorieuse principalement à l'activité du lieutenant Hergass, à présent capitaine au 27me rég.. Les cosaques, voyant l'infanterie ennemie faite prisonnière, fondirent sur la cavalerie et la défirent entièrement en lui enlevant une pièce de canon et 500 prisonniers (f). Le 2me bat. du 4me régt. continua son mouvement vers Hagelsberg ; mais avant d'y parvenir il fut rappelé pour être envoyé à l'aile droite, toujours par la crainte d'être tourné. Ce mouvement fut cependant contremandé; mais le combat ayant été decidé dans l'intervalle, ce bataillon retourna à Lübnitz et se mit en ligne à côté du 6me régt. de cavalerie.

Sur ces entrefaites le général de Hirschfeld avait ordonné une attaque générale sur la position ennemie, qui devait commencer par la droite.. Le major de Grolman, s’apercevant que cet ordre tardait à être exécuté, sortit de la ligne avec son bataillon, qui était le 1er du 4me régt., et marcha à l'ennemi. Il fut joint à gauche par le major de Rembow, chef du 4me bat.du régt. de réserve; le major de Bornstädt suivit plus à gauche avec son bataillon à la débandade..

Dans cet instant on vit deux masses ennemies sortir de Hagelsberg et' se porter vers le centre de la position prussienne. Le général Hirschfeld envoya. le major de Zschüschen de la brigade Marwitz avec son bataillon combattre l'une, pendant que l'autre devait être attaquée par le 3me régt:. de cavalerie. Le lieutenant-colonel' de Marwitz; qui revint justement de l'aile droite, fit partir le 4me bat. du 3me régt. pour soutenir le major de Zschüschen, et suivit lui-même avec le 3me bataillon *).. *). Voyés le plan..

Les bataillons Grolman et Rembow culbuterent l'ennemi, lui enlevèrent deux pièces, et se mirent en possession des hauteurs. Par cette manoeuvre la ligne de l'ennemi fut enfoncée et ses ailes désunies. Le major de Grolman le poursuivit jusqu'au village la bayonnette aux reins; le major de Rembow gardait la position.

Plus à gauche le major de Zschüschen prit deux canons, 'culbuta un bataillon ennemi, et l'accula contre les murs des jardins, où il fut cerné de tous les côtés tant par ce bataillon que par les tirailleurs d'autres bataillons, qui accoururent. On en vint aux mains, et il y eut une melée sanglante. Les soldats de la Landwehr, peu habiles à manier la bayonnette, se servirent de la crosse, et ce bataillon fut presque entièrement détruit. Le 4me bat. du 3me régt. tomba sur un autre bataillon ennemi, qui était soutenu d'une troupe de cavalerie. L'ennemi se defendant courageusement, ce bataillon hésita et commença à retrograder; mais le major Schönholz, son
à chef, assisté de tous les officiers, parvint à le rallier et le ramena à l'attaque. L'ennemi fut culbuté à son tour et mis en deroute. Il tacha de se sauver dans le village; mais il fut atteint et perdit beaucoup de monde.

Le 3me régt. de cavalerie rencontra beaucoup d'obstacles dans le terrain. C'étaient des champs labourés, séparés par des bornes en grosses pierres, qui n'offraient qu'un passage dans leur longueur. Aussi cette cavalerie ne réussit-elle qu'à la troisième charge, où l'ennemi fut repoussé. Il fit sa retraite par le village; mais le major de Grolman, qui y arrivait de l'autre côté, y fondit après une décharge générale, et le défit entièrement.

A l'extrême gauche le major de Rohr avançait avec le jer et 2me bat: du 6me régt. contre ce village, et le 1er bat. du 7me régt. s'y portait aussi de l'aile droite. Toute l'aile droite de l'ennemi, consistant en six bataillons, avait été refoulée dans le village. Le carnage y fut général, et toutes les issues étant occupées, il n'échappa presque personne. Le général Girard lui-même fut grievement blessé.

L'aile gauche de l'ennemi se mit en retraite dés le commencement de la melée. Elle ne fut d'abord poursuivie que par le 1er et 2me bat. du rég. de réserve, et par celui de l'Elbe, commandés par le major Langen, mais peu après cet officier fut renforcé par 2 canons et son 3me bataillon. Le reste de l'artillerie russe s'avança jusqu'à la butte du moulin et canonna les colonnés ennemies en retraite. Le 5me bat. dú 5me et le 4me du 6me régt. s'y établirent pour couvrir la batterie.

L'ennemi parut faire de la resistance à Klein-Glien; mais lorsque le 1er bat. du 6me régt se porta vers ce village, il continua sa retraite. Le jer et 4me bat du 6me régt. et le 1er du qme (k) le poursuivirent à gauche jusqu'au delà de Klein-Glien, et le major de Langen à droite (h). Le colonel de Bismark arriva avec le 5me régt. de cavalerie (1). L'ennemi prit encore une position devant Gros-Glien (g), après quoi il se divisa en deux colonnes, dont l'une prit la direction par Schlammau de Magdeburg, et l'autre celle par Wiesenburg de Wittenberg (m, m.) Il faisait nuit; les cosaques continuèrent la poursuite, et ramassèrent encore quantité de prisonniers.
Le général de Hirschfeld ramena ses troupes à la position de Lübnitz, à l'exception d'un détachement, qui campa sur le champ de bataille.

Le combat'avait duré cinq heures, depuis 2 jusqu'à 7. L'ennemi perdit 5000 prisonniers, 5 canons, 2 obusiers, 20 chariots de munition, et tout le bagage. D'après des rapports particuliers il ne rentra à Magdeburg que 1700 fantassins et 45 cavaliers en état de servir. On ramassa 6000 fusils de l'ennemi sur le champ de bataille.
La perte du général de Hirschfeld s'éleva en tout à 39 officiers et 1642 soldats.

Renvoy du plan.
A. La cavalerie..
B. L'avant-garde.
C. La brigade Reufs.

Le corps d'armée du général de Hirschfeld concentré au moulin :
D. Puttlitz. de Benken.
E. Boguslawsky.
F. Marwitz.
G. Marche de ce corps à l'attaque.
H.. Position de la brigade Reuss derrière l'angle saillant du bois, son escadron à Steinsdorf.
1

J. Le camp français.
K. Détachement français près de Belzig.
1. Les cosaques derrière cet endroit.
M. La brigade Langen se porte en avant.
N. La batterie russe, et la brigade Boguslawsky derrière elle.
0. Les 5me et Gre régt. de cavalerie sur le flanc gauche.
P. •La brigade Marwitz.
Q. La brigade Puttlitz en bataille.
R. Troupes françaises faisant face aux Prussiens.
S. Position de la brigade Reuss.
T. Batterie française, qui la contient.
U. Le détachement français, revenu d'auprès de Belzig, occupe le bois.
V. Attaque de la brigade Langen, qui est soutenue par deux bat. de la brigade Boguslawsky.
W. Marche de la brigade Marwitz à gauche et de trois bataillons de la brigade Puttlitz à droite.
X. Position du 2me bat. du 3me régf. après la prise de Lübnitz.
Y. Position des Français à Hagelsberg.
z. Position des Prussiens.

Marche des cosaques.
b. Deux de leurs réginens avançant par le bois.

Deux rég. qui tournent à gauche, pour prendre l'ennemi à révers. d. Un régt. en réserve.
Endroit, où deux bataillons français ont été faits prisonniers par les tirailleurs prussiens.
f. Les cosaques culbutant quelques escadrons ennemis.
8.

Dernière position des Français.
h. La brigade Langen avec deux canons et le bataillon de l'Elbe à la poursuite.
k. Les 1er et 4 me bataillons du 6me et le jer du 7me rég. de même. 1. Le 5me régt. de cavalerie.
Retraite finale de l'ennemi sur deux colonnes.


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Message Publié : 19 Août 2022 10:31 
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Voilà le point de vue de l'ennemi. Malheureusement, je n'ai pas trouvé grand chose du côté français.

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Message Publié : 21 Août 2022 18:48 
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Girard à Lemarois

Wittenberg, 31 août 1813

« Je vous avais écrit plusieurs fois et je vous avais mandé qu'après avoir rejeté le corps ennemi qui était devant Magdebourg sur Brandebourg et l'avoir poursuivi dans toutes les directions, j'avais manœuvré par ma droite pour tâcher de me réunir à la division Dombrowski dont j'étais sans nouvelle j'avais d'autant plus de motifs d'en être surpris que je savais qu'elle ne pouvait avoir devant elle qu'un corps de cosaques je ne savais également rien des opérations du duc de Reggio. Je cherchai alors à me rapprocher de Wittenberg; je n'avais également rien reçu de vous et je vins prendre position, le 26, au village de Lübnitz. J'appris là que la division Dombrowski était toujours à Wittenberg, et je dus être bien étonné de ce qu'elle n'avait pas opéré son mouvement et surtout n'avait pas cherché a me faire connaître le motif qui s'y était opposé. Je lui dépêchai le 26 au soir de nouveaux officiers qui lui parvinrent; les ordres de Votre Excellence me prescrivant de me réunir à elle pour ensuite seconder les opérations du duc de Reggio et appuyer sa gauche.

Dans la nuit du 26 au 27, Tschernitchef était venu s'établir à Belzig avec ses cosaques, je lui fis dans la matinée donner la chasse par trois bataillons et je les rejetai sur Treuenbrietzen mais à une heure après-midi, de fortes colonnes débouchèrent sur trois points sur mon corps de Lubnitz; je n'avais pas pu connaitre leurs marches forcées, j'étais sans cavalerie et le pays est contre nous mes troupes furent aussitôt formées et reçurent les premières attaques, les bataillons allemands se débandent au premier coup de canon ; cette fuite met de la confusion parmi les autres troupes, elles perdent du terrain, mais elles sont bientôt reformées et s'élancent en avant avec un rare courage, elles mènent l'ennemi battant jusque sur nos anciennes positions que nous reprenons elles se mêlent quelquefois avec l'ennemi si j'avais eu de la cavalerie, la déroute était complète. L'ennemi vint plusieurs fois a la charge pour reprendre nos positions, et manœuvrait en même temps pour nous envelopper il fut partout et constamment repoussé c'était le combat
de la valeur contre ie nombre. L'ennemi avait de 12.000 à 1S.OOO hommes d'infanterie prussienne, suédoise et russe, 3.000 hommes de cavalerie en partie cosaques et beaucoup d'artillerie; après la fuite de la grande partie des Allemands, les pertes que m'avaient fait éprouver les combats du 21, la rentrée dans Magdebourg ou restés en arrière des hommes isolés qui avaient été incorporés dans les bataillons, il me restait au plus 5.500 hommes, mais elles se doublaient par le courage. Les Westphaliens n'avaient presque plus personne, car, dès le 22, ils avaient perdu en déserteurs ou restés en arrière 190 hommes. Le chef de bataillon brave homme et dévoué
a été blessé. Les Allemands ont non seulement montré de la lâcheté, mais encore un très mauvais esprit, malgré leurs officiers.

II était sept heures, le combat durait depuis six heures, nous conservions cependant nos positions, l'ennemi renouvelait sans cesse les attaques avec des troupes fraiches; je venais de recevoir deux coups de feu très graves dont l'un a traversé le bas ventre; Je généra! Bouville, le colonel Jolly, le major Pichard, le commandant de l'artillerie étaient blessés, je me décidai alors à ordonner la retraite, elle s'effectua dans le plus grand ordre, l'ennemi, au lieu de nous poursuivre, se reforma sur les positions que nous venions de quitter: les cosaques n'osaient pat venir éclairer notre marche. J'ai considérablement souffert je ne peux pas encore évaluer mes pertes trois pièces
ayant été démontées ont été laissées sur le champ de bataille ainsi que quatre caissons. J'ai perdu beaucoup de chevaux par le feu de l'artillerie ma cavalerie m'a été plus nuisible qu'utile; au premier coup de feu, elle s'est éparpillée dans la plaine. L'ennemi n'a fait de prisonniers que les blessés que nous n'avons pas pu emmener.

La perte de l'ennemi est énorme on peut sans exagération la porter à 4 000 hommes.

Le général Dombrowski prend provisoirement le commandement de la division. L'Inexécution des ordres que j'avais donnés à la division polonaise, et les motifs surtout ne m'ayant pas été connus, sont cause que j'ai été forcé de soutenir ce combat inégal. Je tenais à ma jonction avec elle, c'étaient les ordres de J'Empereur. Les deux divisions réunies eussent obtenu des résultats signalés.

La retraite de l'aile gauche du duc de Reggio m'a également laissé à découvert et a mis à même l'ennemi de faire un détachement contre moi qu'il ne m'a pas été possible de conna!tre par le mauvais esprit du pays et le manque de cavalerie.

P. S. Quelques fuyards ont dù arriver jusqu'à Magdebourg, car il s'en est montré vers Dessau.

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Message Publié : 22 Août 2022 0:43 
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Dresde, 8 août 1813.

Au général comte Lemarois, gouverneur de Magdeburg.

Monsieur le Comte Lemarois, j’ai reçu votre lettre du 6 août.

L’ennemi dénoncera l’armistice le 10, et les hostilités commence­ront probablement le 16 ou le 17. Vous avez déjà six bataillons de la 6′ division bis; les 3e, 4e et 5e bataillons du 134e seront arrivés pour le 16, ce qui vous fera neuf bataillons. Vous aurez en outre deux bataillons du régiment de Lippe et deux bataillons westphaliens, ce qui vous fera en tout treize bataillons. Vous aurez de plus 4,000 hommes, savoir : 3,000 hommes venant des hôpitaux d’Erfurt, et 1,000 hommes sortant des hôpitaux de Magdeburg; vous armerez, habillerez et équiperez ces hommes isolés; vous en mettrez un cer­tain nombre en subsistance dans chacun de vos neuf bataillons fran­çais, de manière à les porter au grand complet, et, selon le nombre d’officiers et sous-officiers sortant également des hôpitaux, vous for­merez du reste quatre ou cinq bataillons de marche. Vous aurez, en outre, environ 2,000 cavaliers à pied.

Vous ferez faire le service de la place par un bataillon westphalien, un bataillon de Lippe et le 5e bataillon du 134e, vos quatre ou cinq bataillons de marche et les 2,000 cavaliers à pied, ce qui fera 6 à 7,000 hommes, nombre bien suffisant pour le service de la ville. Je pense que vous devez adopter la manière turque, c’est-à-dire affecter un bataillon de marche à la garde de la citadelle, un autre à la garde de la tête de pont, et trois autres bataillons à la garde des trois parties de l’enceinte, depuis le fort de l’Étoile jusqu’à l’Elbe, en exigeant qu’indépendamment des gardes, que j’évalue à un tiers des hommes, un autre tiers soit toujours consigné, et qu’un tiers seulement puisse être envoyé aux corvées ou venir en ville. Les chefs de corps et les adjudants de place étant ainsi chargés spécialement de la garde de postes déterminés, votre ville sera mieux défendue que si, avec le double de troupes, vous en faisiez faire le service selon l’ordonnance des places.

Il vous restera donc disponible une division active composée des six bataillons de la 6e division bis, de deux bataillons du 134e, un bataillon westphalien et un bataillon de Lippe; total, dix bataillons. Ces bataillons étant portés au grand complet, vu la faculté que vous avez d’y incorporer des hommes sortant des hôpitaux, vous formeront une division de 8,000 hommes. Je suppose que le dépôt de cavalerie pourra vous fournir 3 à 400 hommes à cheval. Vous organiserez pour cette division deux batteries d’artillerie à pied, et elle sera donc en tout de près de 9,000 hommes. Je vous ai envoyé un général de division et trois généraux de brigade. Le général de division com­mandera la division, et vous y attacherez deux des généraux de brigade.

Mon intention est que cette division débouche de Magdeburg pour arriver à Brandenburg, aussitôt que les 80,000 hommes- que je fais marcher de Luckau sous les ordres du duc de Reggio seront arrivés à Berlin et que les 30,000 hommes que commande le prince d’Eckmühl auront débouché de Hambourg pour se porter entre la Poméranie et Berlin. Votre division active formera la communication entre ces deux corps, mais elle restera sous vos ordres, et ne doit jamais se laisser couper de Magdeburg, parce que les 6 à 7,000 hommes restés à Magdeburg ne seraient pas suffisants pour la défense de cette place, si l’ennemi venait à l’investir.

Il est probable que quatre jours après la reprise des hostilités l’armée partie de Luckau sera sous Berlin, et le prince d’Eckmühl à moitié chemin de cette ville. Jusqu’alors vous pourrez avoir deux corps d’observation, chacun de 2,000 hommes, l’un entre Magdeburg et Dessau, l’autre entre Magdeburg et Werben, de manière à surveil­ler le passage de la rivière et à éclairer la place; mais, aussitôt que vous saurez que l’armée du duc de Reggio est en marche sur Berlin, il faut rappeler ces deux corps, et votre division active doit marcher sur Brandenburg et faciliter autant que possible les mouvements de l’armée du duc de Reggio et de celle du prince d’Eckmühl.

Quant à l’artillerie des petits postes, il faut l’y laisser jusqu’à deux ou trois jours avant le commencement des hostilités, et la retirer alors; vous ne garderez que les postes les plus près de la place, et vous confierez les autres à la garde de la gendarmerie et des gardes nationales westphaliennes et saxonnes.

Si l’offensive que nous prenons sur Berlin , de Hambourg et de Luckau, et qui probablement rejettera l’ennemi au-delà de l’Oder, n’empêche pas les partisans ennemis de passer l’Elbe, et il est difficile de l’empêcher, il est important que vous veilliez à ce que l’ennemi ne nous prenne pas de convois d’artillerie, ni de convois d’argent, ni de détachements d’hommes isolés.

Aucun convoi d’argent ne partira de Magdeburg, soit pour Ham­bourg, soit pour Dresde, passé le 12. Aucun convoi d’argent ne sera dirigé de Wesel ou de Hambourg sur Magdeburg, également passé le 12. Par ce moyen, on sera assuré que le 17 il ne se trouvera aucun convoi d’argent en route. S’il était nécessaire de faire d’ici là quelque envoi de fonds, il faudrait le faire en poste. Écrivez au prince d’Eckmühl, au commandant de Wesel et au général Durosnel pour leur faire connaître les dispositions que vous avez prises à cet égard et celles qu’ils doivent prendre.

Aucun convoi d’artillerie ne doit partir de Magdeburg pour Hambourg passé le 12. Il n’en doit également partir aucun, passé le 12, de Dresde pour Erfurt. Aucun convoi parti de Mayence ou de Wesel pour Magdeburg ne doit être en route passe le IG; ceux qui ne pourraient pas être arrivés le 16 doivent s’arrêter à Erfurt ou Minden.

Il en est de même pour les transports d’habillements, de harna­chements, les hommes isolés, etc. Tous les convois ou détachements doivent se grouper à Erfurt, Minden et Hambourg, et ensuite en ve­nir, selon les circonstances, en se dirigeant en force sur Magdeburg, en marchant militairement et en se trouvant ainsi à l’abri des attaques des partisans ennemis. Travaillez sur cet objet avec le général Bourcier, afin qu’il n’y ait rien de perdu. Il faut hâter la marche de tout ce qui pourrait arriver à Magdeburg avant le 17, en faisant doubler les étapes et en supprimant les jours de séjour, et que tout le reste s’arrête, comme je l’ai dit plus haut, à Erfurt, Minden ou Hambourg. Par ce moyen, les partisans ne pourront rien prendre. Travaillez là-dessus pour l’artillerie avec le général Neigre. Les convois ou les hommes isolés destinés pour votre place et arrêtés à Erfurt, Minden ou Hambourg, n’en devront partir que sur vos ordres, que vous leur enverrez selon leurs forces et les circonstances.

Si Tangermünde est à l’abri d’un coup de main et capable de faire la résistance convenable, vous garderez ce poste; sinon, il faut en retirer vos troupes, mais seulement au dernier moment. 200 ou 300 cavaliers dans ce poste n’empêcheront pas les partisans à cheval de l’ennemi de courir le pays.

L’Autriche sera contre nous, mais je suis en mesure de faire face à tout. Cela exigera cependant plus d’activité et d’application de la part des différents chefs. Ils doivent surtout concentrer leurs forces, et ne rien laisser prendre sur les derrières.

Correspondez fréquemment avec mon ministre à Cassel, et ayez à cet effet un chiffre avec lui. Vous devez également en avoir un avec le major général et un avec le prince d’Eckmühl. Vous correspondrez aussi avec le général Durosnel. Vous n’aurez pas besoin d’ordres pour, selon les circonstances, faire des détachements sur les derrières, pour couper les partisans ennemis, de concert avec les détachements que le roi de Westphalie enverrait contre eux.

Dresde, 12 août 1813, quatre heures du matin.

Au général comte Lemarois, gouverneur de Magdeburg.

Monsieur le général Lemarois, l’armistice est dénoncé; les hosti­lités commenceront le 17. Retirez l’artillerie que vous auriez dans vos petits postes, ainsi que les hommes qui s’y trouvent et qui seraient compromis. Si le fort de Tangermünde n’est pas bien assuré, retirez-en de même l’artillerie et la garnison ; car que signifieraient 3 à 400 hommes qui seraient là bloqués par de la cavalerie ? Il vaut mieux avoir toutes ses forces réunies que de les compromettre.

Je vous ai déjà fait connaître que le prince d’Eckmühl débouche­rait, le 18, avec 40,000 hommes entre Berlin et la mer, et que le duc de Reggio, avec les 12e, 4e et 7° corps commandés par les géné­raux Bertrand et Reynier, et avec le troisième corps de cavalerie, commandé par le duc de l’adoue, déboucherait le 18 directement sur Berlin.

Annoncez que vous allez vous-même partir de Magdeburg avec une force de 18,000 hommes. Je suppose que des généraux vous sont arrivés. Organisez une division d’artillerie et faites ce qui est possible pour contenir l’ennemi au-delà de l’Elbe, menacer son pont s’il en jetait un, et vous mettre en communication avec le duc de Reggio. Je suppose que vous avez un chiffre; il faudra désormais s’en servir.

Envoyez un de vos aides de camp au prince d’Eckmühl; qu’il soit de retour le IG et vous fasse connaître la position et les projets du, maréchal. Ayez un chiffre avec ce maréchal ainsi qu’avec le duc de Reggio. Je suppose que le chiffre de l’état-major avec eux est le même, assurez-vous-en. Vous me ferez connaître ce que l’officier que vous aurez envoyé au prince d’Eckmühl vous aura dit à son retour.

PS. J’ai ordonné au général Lemoine de se porter avec six ba­taillons de la 6B division bis à Minden, pour y faire un petit corps de réserve.

Dresde, 12 août 1813, au matin.

Au maréchal Davout, prince d’Eckmühl, commandant le 13e corps de la Grande Armée, à Hambourg

Mon Cousin, j’ai nommé le général Girard, qui s’est si bien dis­tingué à Lützen et qui est guéri de ses blessures, pour se rendre à Magdeburg. Il aura sous ses ordres, le ler corps du général Dombrowski, composé de huit bataillons polonais et de deux régiments de cavalerie, et 2° une division de 9,000 hommes tirés de la garni­son de Magdeburg. Ce général pourra donc réunir entre Berlin, Wit­tenberg et Magdeburg 15,000 hommes qui serviront à établir une communication entre vous et le duc de Reggio. Cependant ce corps ne doit pas s’éloigner de manière à être isolé de Magdeburg, parce que la garnison de cette place ne serait plus suffisante. Le général Lemarois ayant le chiffre de l’état-major, que vous devez avoir aussi, vous pourrez correspondre.


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Message Publié : 22 Août 2022 17:41 
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Jamais entendu parler de cette bataille. La landwer a pris le dessus, sans supériorité nette. Les Prussiens étaient déterminés. ce n'était plus comme en 1806. Très instructif, merci...


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Message Publié : 22 Août 2022 18:59 
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Parvenu le 26 août à Belzig dans la journée, Girard n'ayant aucune nouvelle d'Oudinot, cherchait à s'éclairer et surtout, à entrer en communication avec les troupes de Dombrowski. Incertain sur le parti à prendre, Girard fit demander à Lemarois des instructions pour se replier soit sur Magdeburg, soit sur Wittenberg. C'est pour cela qu'il décida de s'arrêter à Belzig, pour y attendre des nouvelles d'Oudinot ou de Dombrowski qui avait l'ordre se se mettre à sa disposition. C'était une mauvaise décision. Agissant à la tête d'un corps isolé, il ne devait se soucier que de l'unité qu'il avait sous ses ordres. Il aurait dû se faire la réflexion qu'étant désormais en pointe, il pouvait être assailli de tous côtés par des troupes en nombre supérieur. Dès-lors, il devait se mettre en retraite immédiatement et le moyen le plus sûr consistait à reprendre le chemin de Magdeburg qu'il avait reconnu et parcouru préalablement. Certes, il était plus court de marcher vers Wittenberg, où il était certain de retrouver Dombrowski. Mais rien n'assurait qu'il ne trouverait pas un corps ennemi lui barrant la route avec le risque d'être enveloppé et coupé de Magdeburg, comme de Wittenberg. Le fait qu'une estafette avait pu le joindre à travers un pays ennemi, ne signifiait pas que le terrain demeurerait libre entre-temps. Il est probable que le même messager envoyé par Dombrowski, fut renvoyé par Girard pour quérir des informations pour mieux diriger son corps, ce qui le contraignait à attendre et cela au milieu des ennemis. C'était une nouvelle imprudence, et donc encore une faute. (1)

Au reçu de la dépêche de Dombrowski, Girard devait interrompre sa marche et se mettre immédiatement en retraite par le chemin qu'il avait parcouru. Son devoir était de conserver à l'armée ses troupes, leurs armes et les bagages de sa colonne. Il convenait même de marcher de nuit pour se tirer du guêpier où il se trouvait. En tout cas, dès l'aube du 27, s'il n'avait pas crû devoir recourir à cet expédient, il devait ordonner impérativement la retraite, car rester en position, c'était à coup sûr être attaqué par l'ennemi.

Par ailleurs, puisque Girard attendait des ordres, il aurait dû adopter une position de combat plus convenable pour y recevoir un éventuel assaut. Ses unités paraissent être dispersées quand les Prussiens font leur apparition. Girard semble surpris et décide de se mettre en retraite par échelons, pour avoir le temps de rassembler tout son monde et faire filer les bagages. Il n'a plus le choix du terrain et se voit imposer un combat de rencontre. Les dispositions qu'il prend alors ne sont pas mauvaises en soi, mais il est dit qu'il manoeuvre en retraite, perdant peut-être l'occasion d'écraser son adversaire en faisant tête crânement et énergiquement. Cependant, il faut reconnaître que Girard connaissant la présence d'un important corps de cosaques, il ne devait pas risquer un engagement dangereux, réduit à ses propres forces et ignorant si l'agresseur serait secouru ou non. Mais, cette réflexion bonne sur le moment, il aurait dû se la faire la veille...

Dans le déroulement du combat, il joue admirablement de son artillerie, même si celle-ci tire trop haut, comme le signale l'ennemi. Il parvient à enrayer les charges de cavalerie adverse, jusqu'au moment où les cosaques font irruption sur ses arrières. Dans un 1er temps, les contre-attaques de son infanterie sont heureuses, mais l'adversaire ne tarde pas à prendre un ascendant moral, malgré l'inexpérience des landwériens, car les contingents confédérés se débandent, dès les 1er coups de canon. Ensuite, un ou deux bataillons français mettent bas les armes ! Et Girard ne paraît pas avoir disposé d'une ultime réserve pour parer le coup. C'est plus ou moins la débandade, si l'on en croit la relation de la bataille donnée ci-dessus. Sa blessure n'arrange rien. Les rescapés se transforment en fuyards, si tant est que le détail des 6 000 fusils récupérés sur le champ de bataille soit vrai. Sa division est au 2/3 détruite et lui-même sera fait prisonnier, plus tard lors de la reddition de Wittenberg. C'est donc bien pire qu'une défaite : c'est un désastre !

(1) : "A Golzow l'on apprit que l'ennemi s'était d'abord avancé jusqu'aux environs de Brück, mais qu'il s'était rabattu ensuite vers Belzig. Sur cela le général de Hirschfeld, faisant un mouvement par sa droite, vint camper le 26. aux environs de Görzke et de Ziesar, où il fut informé que le général Girard avait pris une position à Lübnitz près de Belzig. Dans la nuit on intercepta des dépeches, qui montrèrent, que l'ennemi était dans l'incertitude, s'il devait s'en retourner à Magdeburg, ou prendre la direction de Wittenberg. A Lübnitz il s'était posté selon les apparences purement pour attendre les nouvelles qu'on venait de saisir."

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"Tant que les Français constitueront une Nation, ils se souviendront de mon nom."

Napoléon.


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Message Publié : 23 Août 2022 10:17 
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Girard était dans l'incertitude et ignorait encore l'échec d'Oudinot. Dombrowski ne l'avait pas rejoint ou venait juste de lui adresser des communications. Il lui était donc difficile de se mettre en retraite immédiatement et, en tout cas, de revenir sur ses pas en direction de Magdeburg. Le sens de ses ordres lui imposait de se garder à hauteur de Wittenberg, dont il était plus proche désormais que de Magdeburg. Dombrowski me semble plus fautif que Girard, d'autant que ce dernier n'était pas informé de l'échec d'Oudinot et de sa retraite. A noter les différences notables entre le compte-rendu de Girard à Le Marois et la relation de la bataille par l'historien allemand.


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