L'Énigme des Invalides

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Crétin-Dandy a écrit :
Ensuite, il convient de se demander sur quel trajet exact sont intervenus les porteurs. La question peut sembler idiote ; les deux pièces officielles, l'avis et le procès-verbal, présentent un transport somme toute assez simple, de la chapelle au tombeau, « à bras », sans faire état du moindre artifice, de la moindre contingence matérielle, de la moindre aide.

Et pourtant, l'absence de mention de ces aides éventuelles ne signifie pas pour autant leur inexistence. Un échec d'une reconstitution de nos jours pourrait signifier un cercueil allégé en 1861, certes, mais également des porteurs modernes moins costauds que des hommes de l'époque, voire des aides, humaines et/ou matérielles non-évoquées, non-reconstituées mais bel et bien existantes à l'époque. Il semble bien que le cercueil n'ait pas été que porté.



Le colonel Pol Payard écrit : « Un large plan incliné avait été construit entre la chapelle et le sarcophage. Les cercueils, placés sur un chariot bas, glissèrent lentement entre deux haies de Cent-Gardes, en présence de Napoléon III, de l’Impératrice Eugénie, du gouverneur des Invalides et des hauts dignitaires de l’Empire. »

Que faut-il comprendre dans le texte du colonel Pol Payard ?

- Un plan incliné depuis la chapelle jusqu'au tombeau directement dans la fosse ?
La solution presque la plus simple finalement... Le plus court chemin entre deux points étant la ligne droite, faire glisser le cercueil, flanqué de cent-gardes, directement de la chapelle Saint-Jérôme jusque dans la fosse au travers de la porte centrale de la chapelle puis, au prix d'une légère rupture de pente, par dessus la rambarde aurait été une solution assez simple à mettre en œuvre le jour J. Bien que très complexe pour les charpentiers chargés de construire les jours précédents la structure inclinée et propre à soutenir le poids du cercueil et des éventuels accompagnateurs. Mais surtout, cette solution n'est évoquée par aucun témoignage.

- Un plan incliné digne d'un Grand 8, suivant le même chemin qu'un piéton, descendant de la chapelle Saint-Jérôme jusque sous le dôme, contournant la fosse, puis l'autel, descendant jusqu'à la porte de la crypte puis jusqu'au tombeau ?
Techniquement possible, évidemment, mais tellement compliqué.

Et il ne faut pas négliger les différentes descriptions qui évoquent des « porteurs » et un transport « à bras ». Il semble donc y avoir eu bel et bien une partie du trajet effectuée à pied.



« Le Monde Illustré » évoque lui aussi un plan incliné, à la fin du parcours : « le cercueil a été placé sur une estrade inclinée qui, partant du seuil de la crypte même, s'élevait jusqu'à l'ouverture du sarcophage. »
Ce dispositif n'est pas évoqué par les documents officiels et pourtant, il a bien existé ; des porteurs, quel que soit leur nombre n'auraient pu élevé assez haut le cercueil pour le glisser dans le sarcophage de faux-porphyre. De plus, cette « estrade inclinée » se devine sur une gravure, à gauche de l'estrade de cérémonie :


Image


Vu l'étroitesse de la porte de la crypte, passage de 1 mètre 35 large sur environ 70 centimètres de profondeur, on peut légitimement se demander si un chariot, ou une luge, ne fut pas nécessaire pour glisser le cercueil au travers de cet obstacle.

barthelemy a écrit :
et on a fait descendre le chariot par les marches de l'escalier ?

Pour peu que l'on ait recouvert les marches de l'escalier de la crypte d'un plan incliné, le même « chariot bas » peu avoir servi à franchir la porte du tombeau, à descendre l'escalier de la crypte puis à escalader le sarcophage en faux-porphyre. D'autant plus si les bâtons ont bel et bien été coupés pour franchir la porte du tombeau ; ils ne pouvaient dès lors plus permettre de porter le cercueil, ne laissant que 20 centimètres de prise à chacun des porteurs.



Quant au point de départ, la chapelle Saint-Jérôme, la porte permet certes le passage du cercueil entouré de 12 porteurs, mais il ne faut pas perdre de vue que celui-ci était juché sur un soubassement de 1 mètre 70 de haut, comme visible sur ce tableau :


Image


« L'Univers illustré » du 13 avril 1861 relate ainsi : « Le corps, placé sur un petit chariot, est sorti de la chapelle Saint-Jérôme, précédé du clergé, accompagné de 12 cent-gardes. »
Plusieurs autres journaux évoquent ce chariot, ou un « catafalque roulant » pour sortir de la chapelle Saint-Jérôme.
Ce dispositif n'est pas totalement abracadabrantesque puisqu'il est semblable à celui utilisé en 1840, en sens inverse, pour hisser le cercueil impérial du catafalque à son emplacement dans la chapelle Saint-Jérôme. Dans la relation officielle des funérailles de l'empereur Napoléon, on trouve : « Après la messe, le cercueil, décoré comme le jour de son entrée à Paris, surmonté de la couronne impériale à la tête, de l'épée et du petit chapeau aux pieds, a été retiré du catafalque, et placé sur un plan incliné en charpente masquée par des tentures noires.
Une fois déposé sur ces rails, il a glissé avec une merveilleuse facilité jusque sur le soubassement préparé pour le recevoir. »



Donc, en compilant ces quelques points, si douze porteurs il y eut, il se peut que leur trajet se soit « limité » de la sortie de la chapelle Saint-Jérôme à la porte du tombeau, puis, peut-être, à la descente de l'escalier de la crypte. Ce qui représente tout de même un bel effort, évidemment. Personne, je pense, ne prétendra le contraire. Insurmontable ?



A la lumière de ces différents éléments, on peut donc essayer de tracer un scénario possible :

1 - Le cercueil est descendu de son soubassement de 1 mètre 70 de haut et sorti de la chapelle Saint-Jérôme au travers de la porte centrale de 2 mètres 70 de large à l'aide d'un plan incliné. C'est la manœuvre inverse de celle qui fut élaborée pour installer l'impérial cercueil dans la chapelle.

2 - Le cercueil est alors plus classiquement porté à bras par douze charpentiers, pour contourner la fosse, mais surtout l'autel à baldaquin dont la partie basse (passage à 2 mètres 35 au niveau des épaules, 1 mètre 75 au niveau des pieds) puis l'escalier circulaire le contournant (3 mètres de large) limitent le nombre de porteurs. Les cent-gardes encadrent le convoi lors du contournement de la fosse, puis laissent les porteurs seuls pour les passages étroits autour de l'autel.

3 - Puis, sur le seuil devant la porte du tombeau (de 1 mètre 35 de large sur 70 centimètres de profondeur), il fallut couper les bois trop longs et sûrement glisser le cercueil sur un chariot.

4 - L'escalier de la crypte est descendue au moyen du même chariot sur un plan incliné ; les bâtons, coupés, ne permettant plus de porter le cercueil.

5 - Enfin, au bas de la descente de la crypte, le cercueil, toujours installé sur ce même « chariot bas », est hissé grâce à une « estrade inclinée » sur la terrasse bâtie à hauteur du sarcophage de faux-porphyre.


Au cours de ce trajet, lorsqu'il n'est pas glissé, le cercueil est porté par douze charpentiers ; il est également flanqué par douze cent-gardes lorsque les circonstances et les largeurs l'autorisent.


Il s'agit bien évidemment d'une hypothèse, mais qui tâche de tenir compte de tous les éléments en notre disposition ; la masse supposée du cercueil impérial, ses dimensions, les divers témoignages, relations, procès-verbal évidemment, mais également les dimensions de l'église du Dôme. Ignorer totalement ces dimensions architecturales (que chacun peut vérifier encore aujourd'hui, les murs des Invalides ont très peu bougé depuis 1861) et vouloir établir une stricte proportionnalité entre une masse à translater et un nombre de porteurs sans jamais tenir compte du parcours, de ses contraintes et de ses étroitesses est évidemment une erreur. Et ne peut donner une conclusion satisfaisante.


Douze porteurs est évidemment un chiffre curieux, peu élevé. Mais pas impossible. Et tant que l'on n'expliquera pas comment vingt-quatre voire trente-six porteurs répartis de part et d'autre de la bière impériale auraient pu s'affranchir de ce parcours et de ses étroitesses, l'hypothèse des douze porteurs restera valable. Et absolument pas révélatrice d'un quelconque allègement.

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Message Publié : 04 Mai 2018 0:05 
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Citer :
Ensuite, il convient de se demander sur quel trajet exact sont intervenus les porteurs. La question peut sembler idiote ; les deux pièces officielles, l'avis et le procès-verbal, présentent un transport somme toute assez simple, de la chapelle au tombeau, « à bras », sans faire état du moindre artifice, de la moindre contingence matérielle, de la moindre aide.

Et pourtant, l'absence de mention de ces aides éventuelles ne signifie pas pour autant leur inexistence. Un échec d'une reconstitution de nos jours pourrait signifier un cercueil allégé en 1861, certes, mais également des porteurs modernes moins costauds que des hommes de l'époque, voire des aides, humaines et/ou matérielles non-évoquées, non-reconstituées mais bel et bien existantes à l'époque. Il semble bien que le cercueil n'ait pas été que porté.


Le témoignage de Marchand montre qu'il existait bien un plan incliné pour permettre de faire glisser le cercueil de l'entrée de la crypte (portes de bronze) à son soubassement

Citer :
Le colonel Pol Payard écrit : « Un large plan incliné avait été construit entre la chapelle et le sarcophage. Les cercueils, placés sur un chariot bas, glissèrent lentement entre deux haies de Cent-Gardes, en présence de Napoléon III, de l’Impératrice Eugénie, du gouverneur des Invalides et des hauts dignitaires de l’Empire. »

Que faut-il comprendre dans le texte du colonel Pol Payard ?

- Un plan incliné depuis la chapelle jusqu'au tombeau directement dans la fosse ?
La solution presque la plus simple finalement... Le plus court chemin entre deux points étant la ligne droite, faire glisser le cercueil, flanqué de cent-gardes, directement de la chapelle Saint-Jérôme jusque dans la fosse au travers de la porte centrale de la chapelle puis, au prix d'une légère rupture de pente, par dessus la rambarde aurait été une solution assez simple à mettre en œuvre le jour J. Bien que très complexe pour les charpentiers chargés de construire les jours précédents la structure inclinée et propre à soutenir le poids du cercueil et des éventuels accompagnateurs. Mais surtout, cette solution n'est évoquée par aucun témoignage.

- Un plan incliné digne d'un Grand 8, suivant le même chemin qu'un piéton, descendant de la chapelle Saint-Jérôme jusque sous le dôme, contournant la fosse, puis l'autel, descendant jusqu'à la porte de la crypte puis jusqu'au tombeau ?
Techniquement possible, évidemment, mais tellement compliqué.

Et il ne faut pas négliger les différentes descriptions qui évoquent des « porteurs » et un transport « à bras ». Il semble donc y avoir eu bel et bien une partie du trajet effectuée à pied.


Le colonel Pol Payard s'est trompé. Un tel dispositif n'existait pas au pied du cercueil (sur son soubassement de 1,70 m).

Citer :
« Le Monde Illustré » évoque lui aussi un plan incliné, à la fin du parcours : « le cercueil a été placé sur une estrade inclinée qui, partant du seuil de la crypte même, s'élevait jusqu'à l'ouverture du sarcophage. »
Ce dispositif n'est pas évoqué par les documents officiels et pourtant, il a bien existé ; des porteurs, quel que soit leur nombre n'auraient pu élevé assez haut le cercueil pour le glisser dans le sarcophage de faux-porphyre. De plus, cette « estrade inclinée » se devine sur une gravure, à gauche de l'estrade de cérémonie :


Autre erreur : pas de plan incliné s'élevant jusqu'à l'ouverture du sarcophage, mais bel et bien une machine pneumatique, probablement. Le cercueil, au niveau du sol de la crypte, a été élevé au niveau de l'estrade prévu à cet effet. On ne voit aucune estrade inclinée à gauche de la gravure, mais bel et bien une estrade, avec un orifice d'où sort le cercueil.


Citer :
Vu l'étroitesse de la porte de la crypte, passage de 1 mètre 35 large sur environ 70 centimètres de profondeur, on peut légitimement se demander si un chariot, ou une luge, ne fut pas nécessaire pour glisser le cercueil au travers de cet obstacle.

barthelemy a écrit :
et on a fait descendre le chariot par les marches de l'escalier ?

Pour peu que l'on ait recouvert les marches de l'escalier de la crypte d'un plan incliné, le même « chariot bas » peu avoir servi à franchir la porte du tombeau, à descendre l'escalier de la crypte puis à escalader le sarcophage en faux-porphyre. D'autant plus si les bâtons ont bel et bien été coupés pour franchir la porte du tombeau ; ils ne pouvaient dès lors plus permettre de porter le cercueil, ne laissant que 20 centimètres de prise à chacun des porteurs.


Voilà enfin des précisions intéressantes. Le passage faisait seulement 1,35 de largeur sur 70 cm de profondeur. Le chariot bas sur un plan incliné était indispensable, le sarcophage en ébène mesurant 1,05 m de large. Ce point ne fait pas question : le dispositif est mentionné dans le témoignage de Marchand.

Citer :
Quant au point de départ, la chapelle Saint-Jérôme, la porte permet certes le passage du cercueil entouré de 12 porteurs, mais il ne faut pas perdre de vue que celui-ci était juché sur un soubassement de 1 mètre 70 de haut, comme visible sur ce tableau :


Exact. Cependant, cette hauteur serait insuffisante pour permettre à un plan incliné de faire tout son effet sur une longue distance.

Citer :
« L'Univers illustré » du 13 avril 1861 relate ainsi : « Le corps, placé sur un petit chariot, est sorti de la chapelle Saint-Jérôme, précédé du clergé, accompagné de 12 cent-gardes. »
Plusieurs autres journaux évoquent ce chariot, ou un « catafalque roulant » pour sortir de la chapelle Saint-Jérôme.


Les journaux qui ont fait état d'un "catafalque roulant" : le Courrier de la Drôme et de l’Ardèche, le Courrier de Bretagne et le Foyer breton parlent, pour la sortie de la chapelle Saint-Jérôme, d’un « catafalque roulant » au lieu du « petit chariot » donné par la Patrie. Difficile de donner du crédit à ces "feuilles" de province...

Citer :
Ce dispositif n'est pas totalement abracadabrantesque puisqu'il est semblable à celui utilisé en 1840, en sens inverse, pour hisser le cercueil impérial du catafalque à son emplacement dans la chapelle Saint-Jérôme. Dans la relation officielle des funérailles de l'empereur Napoléon, on trouve : « Après la messe, le cercueil, décoré comme le jour de son entrée à Paris, surmonté de la couronne impériale à la tête, de l'épée et du petit chapeau aux pieds, a été retiré du catafalque, et placé sur un plan incliné en charpente masquée par des tentures noires.
Une fois déposé sur ces rails, il a glissé avec une merveilleuse facilité jusque sur le soubassement préparé pour le recevoir. »


Exact. Mais le catafalque placé au centre du Dôme en 1840, avec le cercueil, était placé bien plus haut. Et le plan incliné en partait en droite ligne, jusqu'à la Chapelle Saint-Jérôme.

Citer :
Donc, en compilant ces quelques points, si douze porteurs il y eut, il se peut que leur trajet se soit « limité » de la sortie de la chapelle Saint-Jérôme à la porte du tombeau, puis, peut-être, à la descente de l'escalier de la crypte. Ce qui représente tout de même un bel effort, évidemment. Personne, je pense, ne prétendra le contraire. Insurmontable ?


Ainsi donc, le plan incliné aurait été très réduit finalement. Pas impossible, mais cet élément n'est mentionné nulle part. Donc, trajet à pied, de la sortie de la chapelle Saint-Jérôme à l'entrée de la crypte, par l'escalier de 17 marches. Cela resterait un bel exploit sportif si le sarcophage pesait près de 1 200 kg ! Cela reste impensable.


Citer :
A la lumière de ces différents éléments, on peut donc essayer de tracer un scénario possible :

1 - Le cercueil est descendu de son soubassement de 1 mètre 70 de haut et sorti de la chapelle Saint-Jérôme au travers de la porte centrale de 2 mètres 70 de large à l'aide d'un plan incliné. C'est la manœuvre inverse de celle qui fut élaborée pour installer l'impérial cercueil dans la chapelle.


Possible, mais pas prouvé.

Citer :
2 - Le cercueil est alors plus classiquement porté à bras par douze charpentiers, pour contourner la fosse, mais surtout l'autel à baldaquin dont la partie basse (passage à 2 mètres 35 au niveau des épaules, 1 mètre 75 au niveau des pieds) puis l'escalier circulaire le contournant (3 mètres de large) limitent le nombre de porteurs. Les cent-gardes encadrent le convoi lors du contournement de la fosse, puis laissent les porteurs seuls pour les passages étroits autour de l'autel.


Nous ne comprenons pas ce passage.

Citer :
3 - Puis, sur le seuil devant la porte du tombeau (de 1 mètre 35 de large sur 70 centimètres de profondeur), il fallut couper les bois trop longs et sûrement glisser le cercueil sur un chariot.


Exact pour le chariot. Mais on voit mal alors l'utilité des bâtons à cet instant. Le point de départ du plan incliné était évidemment placé devant la porte. Ceci s'avère une invention pure et simple de Crépinet, puisqu'il était inutile de faire passer le cercueil au travers des portes.

Citer :
4 - L'escalier de la crypte est descendue au moyen du même chariot sur un plan incliné ; les bâtons, coupés, ne permettant plus de porter le cercueil.


Historiette purement inventée. Crépinet ne s'est pas souvenu du chariot et a improvisé cette explication. Le plan incliné devait se prolonger jusqu'à la plateforme de la machine pneumatique (ascenseur).

Citer :
5 - Enfin, au bas de la descente de la crypte, le cercueil, toujours installé sur ce même « chariot bas », est hissé grâce à une « estrade inclinée » sur la terrasse bâtie à hauteur du sarcophage de faux-porphyre.


Négatif : pas de plan incliné pour hisser le cercueil, du moins à ce moment de la cérémonie.

Citer :
Au cours de ce trajet, lorsqu'il n'est pas glissé, le cercueil est porté par douze charpentiers ; il est également flanqué par douze cent-gardes lorsque les circonstances et les largeurs l'autorisent.


Revoilà la fable des charpentiers. Douze cent-gardes, choisis parmi les plus costauds étaient bien suffisants pour porter 600 kg sur une courte distance. Avec les bâtons. Mais -en aucun cas- près de une tonne deux !!![

Citer :
Il s'agit bien évidemment d'une hypothèse, mais qui tâche de tenir compte de tous les éléments en notre disposition ; la masse supposée du cercueil impérial, ses dimensions, les divers témoignages, relations, procès-verbal évidemment, mais également les dimensions de l'église du Dôme. Ignorer totalement ces dimensions architecturales (que chacun peut vérifier encore aujourd'hui, les murs des Invalides ont très peu bougé depuis 1861) et vouloir établir une stricte proportionnalité entre une masse à translater et un nombre de porteurs sans jamais tenir compte du parcours, de ses contraintes et de ses étroitesses est évidemment une erreur. Et ne peut donner une conclusion satisfaisante.


Il n'a jamais été question de ne pas tenir compte des dimensions architecturales. Nous sommes fort aise que Crétin-Dandy donne enfin ses mensurations. Ce serait mieux d'indiquer comment il se les ait procurées... Donner ses sources, par exemple ! Satisfait de constater également qu'il n'avance que des hypothèses, en partie controuvées par les témoignages.

Citer :
Douze porteurs est évidemment un chiffre curieux, peu élevé. Mais pas impossible. Et tant que l'on n'expliquera pas comment vingt-quatre voire trente-six porteurs répartis de part et d'autre de la bière impériale auraient pu s'affranchir de ce parcours et de ses étroitesses, l'hypothèse des douze porteurs restera valable. Et absolument pas révélatrice d'un quelconque allègement.


C'est prendre l'effet pour la cause : il n'y avait que douze porteurs, car le poids allégé du sarcophage d'ébène le permettait !

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Message Publié : 04 Mai 2018 23:44 
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Bruno Roy-Henry a écrit :
Citer :
Revoilà la fable des charpentiers. Douze cent-gardes, choisis parmi les plus costauds étaient bien suffisants pour porter 600 kg sur une courte distance. Avec les bâtons. Mais -en aucun cas- [u][i]près de une tonne deux !!!


Là, j'avoue ne plus suivre.... :15:

Certes, si nous avons un sarcophage d'ébène ne pesant "que" 600 kgs, douze cent-gardes suffirent amplement

Mais il est bien question de 12 "hommes spéciaux" 'flanqués des cent-gardes" tout de même ! :ah!?:


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Message Publié : 05 Mai 2018 7:45 
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Honnêtement, objectivement, nous pensons que les "porteurs spéciaux" en 1861 furent les mêmes que ceux qui portèrent la triple bière enfermant les restes du roi Jérôme en juillet 1860 (ébène, plomb et cèdre). C'était moins d'un an auparavant . Pourquoi changer un protocole qui fonctionne ? Surtout quand il s'agit de mouvoir des masses équivalentes ?

En outre, nous remarquons que C_D n'a toujours pas compris que les 43 artilleurs anglais eurent à soulever le poids énorme des 23 quintaux (minimum) de l'enveloppe en chêne et de son contenu.

Enfin, il conviendrait de l'interroger sur le passage livré par l'autel à baldaquin. Je n'ai pas le souvenir que l'accès à la crypte par les escaliers soit conditionné par ce monument...
:diablotin:

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Message Publié : 05 Mai 2018 22:40 
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Bruno Roy-Henry a écrit :
Honnêtement, objectivement, nous pensons que les "porteurs spéciaux" en 1861 furent les mêmes que ceux qui portèrent la triple bière enfermant les restes du roi Jérôme en juillet 1860 (ébène, plomb et cèdre). C'était moins d'un an auparavant . Pourquoi changer un protocole qui fonctionne ? Surtout quand il s'agit de mouvoir des masses équivalentes ?
:


Merci :salut: Mais le roi Jérôme avait lui 3 cercueils, pas 5 :rire2:

Bruno Roy-Henry a écrit :
Enfin, il conviendrait de l'interroger sur le [b]passage livré par l'autel à baldaquin. Je n'ai pas le souvenir que l'accès à la crypte par les escaliers soit conditionné par ce monument... [/b] :diablotin:


Késako ? :15:


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Message Publié : 08 Mai 2018 0:53 
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- Le cercueil est alors plus classiquement porté à bras par douze charpentiers, pour contourner la fosse, mais surtout l'autel à baldaquin dont la partie basse (passage à 2 mètres 35 au niveau des épaules, 1 mètre 75 au niveau des pieds) puis l'escalier circulaire le contournant (3 mètres de large) limitent le nombre de porteurs. Les cent-gardes encadrent le convoi lors du contournement de la fosse, puis laissent les porteurs seuls pour les passages étroits autour de l'autel

L'extrait de l'argumentaire de D-S qui tombe du ciel.... :7:

A noter que des explications ont été demandées sur le forum Napoléon1er.net dans la rubrique Visiteurs par un certain Robur.... le conquérant, je suppose :4:

Un certain Napoléon Presley a renchéri :rire2:


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Message Publié : 10 Mai 2018 7:52 
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Sur un autre forum :

Robur a écrit :
Tout est clair maintenant. Le seuil en question est bel et bien de 1,75 m. Le plan donné par le Musée de l'armée sur son site n'est pas très fidèle...

Cela dit, était-ce bien nécessaire de recourir à des bâtons ? Sur l'ancien forum, La Bricole avait calculé que 10 hommes pouvaient sans peine s'aligner sur chaque côté pour porter le cercueil à l'épaule. Ce qui ferait alors 20 porteurs (calcul basé sur la longueur d'une tête humaine de 22 cm en moyenne, le sarcophage en ébène mesurant 2,28 m de long à sa base). Ledit sarcophage étant large de 70 cm à sa base, il n'y a alors aucune impossibilité. Chaque porteur ayant 60 kg seulement à supporter, ce qui est plus crédible que 100 kg...


Admettons le seuil pour 1,75 m. Le cercueil d'ébène étant large d'1,05 m, Cela laisse 70 cm pour les piétons, soit 35 cm de chaque côté. C'est peu, mais ça passe (au niveau des pieds et des jambes).

2,35 au niveau des épaules : même raisonnement, donc 1,30 au niveau épaules, soit 65 cm de chaque côté. Pas très large, mais possible. Surtout si le cercueil est porté à l'épaule, et non au moyen des bâtons.

Concernant ceux-ci, il est exclu que les bâtons de 1840 aient été employés. Beaucoup trop larges. Mais alors, l'anecdote de Crépinet est encore moins acceptable. Les responsables de la cérémonie auraient tenu compte du rétrécissement au niveau du seuil (baldaquin), mais pas à la porte Charlemagne... Que voulait donc cacher Crépinet ?

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Message Publié : 10 Mai 2018 9:35 
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à supposer que Crépinet avait quelque chose à cacher.... :bah:

cela pourrait être le fait que, si l'on pouvait concevoir 12 hommes portant le sarcophage à la force des bras sur des bâtons, ce n'était pas imaginable de le faire avec le même nombre de porteurs sur leurs épaules.... cela aurait interpellé sur le poids réel du sarcophage :4:

Mais le scénario du cercueil tracté sur le chariot jusqu'en haut de l'escalier menant à la crypte n'est-elle pas plus logique ?

Pourquoi s'embarrasser de l'exiguïté d'1,75m du seuil de l'autel ? :15:


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Message Publié : 10 Mai 2018 11:35 
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Dans le meilleur des cas, faire partir d'une pente à hauteur de 1,70 m pour glisser sur plusieurs dizaine de mètres (avec une courbe autour de la fosse), cela ne me semble pas praticable. Ce petit train des Invalides ne me semble pas crédible. Pourquoi ne pas prévoir un "tchouk-tchouk", tant qu'on y est ?

Avec ou sans bâtons, le cercueil de 600 kg (environ) a été porté jusqu'à la porte Charlemagne par 12 porteurs. Il convient de se référer aux documents officiels,sauf à apporter la preuve du contraire !!!

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Message Publié : 10 Mai 2018 21:58 
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Je crois que le chiffre de 12 porteurs devrait faire l'unanimité :salut:

Ah bon... le cercueil a maigri il ne fait plus que 600 kgs ? :16:


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