L'Énigme des Invalides

Nous sommes actuellement le 22 Août 2018 6:30

Le fuseau horaire est UTC+1 heure




Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 22 message(s) ]  Aller vers la page 1, 2, 3  Suivant
Auteur Message
Message Publié : 22 Avr 2018 9:14 
Hors-ligne
Rédacteur
Rédacteur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 14 Déc 2002 15:30
Message(s) : 13420
inte-Hélène, l'île de tous les complots
13.10.2015 (MIS À JOUR LE 26/01/2016 À 17:03)
Par Hélène Combis-Schlumberger
Certaines théories sur la captivité de Napoléon à Sainte-Hélène continuent de se répandre sur internet et d'irriguer la pensée commune. On tente de rétablir quelques vérités historiques.

Napoléon empoisonné à l'arsenic, son cadavre, échangé avec celui de son maître d'hôtel, son pénis, dérobé à l'autopsie... Napoléon encore, manquant une tentative d'évasion à bord d'un sous-marin. Il y a exactement deux siècles, "l'Aigle" mettait le pied sur Sainte-Hélène, où il rendra son dernier souffle. Sa captivité sur l'île, de 1815 à 1821, a mis les imaginations en ébullition. Aujourd'hui encore, certaines théories continuent de se répandre sur internet et d'irriguer la pensée commune. Elles nous réjouissent, mais on tente quand même ici de rétablir quelques vérités historiques.

15 octobre 1815. Le Northumberland, navire de ligne, mouille devant Sainte-Hélène, toute petite île volcanique perdue dans l'océan Atlantique : 122 kilomètres carrés de terre, à presque 2000 kilomètres des côtes africaines. A son bord, l'homme qui a fait frémir toute l'Europe, le "Prométhée moderne " de Victor Hugo : Napoléon Bonaparte, condamné une nouvelle fois à l'exil (après l'île d'Elbe et les Cent-Jours) suite à sa seconde abdication. Ces six années sur Sainte-Hélène, où meurt Napoléon, suscitent nombre d'histoires rocambolesques circulant dans l'opinion publique, et inspirent bien des romanciers, à commencer par Walter Scott (La Vie de Napoléon , 1827) et Alexandre Dumas (Napoléon Bonaparte ou Trente ans de l'Histoire de France , 1831).

Pourquoi cet exil a-t-il mis en branle une telle effervescence romanesque ? Pierre Branda, historien, et membre de la Fondation Napoléon , a consacré une dizaine d'ouvrages à la période napoléonienne (à paraître, Joséphine , en janvier 2016, chez Perrin) : "On a envie d'une échappée miraculeuse de ce personnage, hors-norme, sans limites. En plus, Sainte-Hélène semble mythique, car éloignée, inconnue, c'est un peu comme l'île mystérieuse de Jules Verne ".

"Pendant les vingt années où Napoléon est général et empereur, les Français entendent parler de lui quotidiennement. A Sainte-Hélène, il est isolé, à plusieurs mois de voyage de la France. Donc les Français ne savent rien de ce qu'il s'y passe. Le Français moyen ne sait même pas où se trouve Sainte-Hélène. Certains se mettent alors à colporter des rumeurs, parfois pour embêter le pouvoir royal." Florian Coppée, historien

Certaines de ces légendes relatives à la captivité de Napoléon sur Sainte-Hélène coulent encore de beaux jours sur internet. Nous avons tenté de déconstruire six d'entre elles avec l'historien Pierre Branda et Florian Coppée, doctorant dont la thèse a pour sujet "*Napoléon à Sainte-Hélène, de la réalité à la légende".

Sur Sainte-Hélène, martyrisé et captif ?

"Les conditions de vie sur place n’étaient pas déplorables, loin de là. Napoléon avait à son service, outre une vingtaine de Français, beaucoup de Chinois. On estime que plus de cent personnes s’occupaient de lui et de sa suite." Pierre Branda

Sur l'île, Napoléon n'est pas totalement libre de ses mouvements : il peut bien sûr aller et venir, mais toujours accompagné par des Anglais, ce qui l'irrite et le pousse à ne plus mettre le pied dehors les dernières années. « Napoléon va en rajouter en disant : "Bon eh bien si je ne peux pas me promener comme je le souhaite, je vais rester cloîtré pour faire croire à l'opinion qu'on me brime." » , raconte Florian Coppée .

Le fait que les Anglais s'entêtent à l’appeler "Général Buonaparte ", lui refusant le titre d’Empereur, met également Napoléon dans de sérieuses colères, même si ceux-ci le traitent quand même avec une certaine déférence : les premières années, relate Pierre Branda , Napoléon reçoit même des centaines d’Anglais qui, profitant de leur passage sur la route des Indes, demandent à voir celui qui a fait trembler l’Europe.

Longwood [là où réside Napoléon sur Sainte-Hélène NDLR] est tout sauf une morne prison, les Anglais dépensent beaucoup, tout comme les Français : bouteilles de vin, alcool à profusion... Les petites scènes de débauche se déroulant dans les bâtiments annexes n'étaient pas rares, à en croire Pierre Branda.

Hudson Lowe, le geôlier, veut calmer le jeu, trouvant que tout cela commence à coûter un peu cher à l'Angleterre. Des restrictions sont mises en place, et Napoléon est obligé de piocher dans son argent personnel pour maintenir un rang supérieur. Désireux de faire passer l'idée que les Anglais le réduisent à la dernière extrêmité - "ce qui est faux ", précise Pierre Branda -, il vend son argenterie sur la place de Jamestown pour faire croire qu'il est dans l'antichambre de la ruine. Il compte sur les marchands de passage par la route des Indes, pour colporter la nouvelle en Europe.

Dans le Mémorial de Sainte-Hélène, tiré d'entretiens qu'Emmanuel de Las Cases, mémorialiste de Napoléon, a eus avec ce dernier sur l'île, l'Empereur noircit à dessein sa captivité : "Il donne un rôle odieux à Hudson Lowe, qui par ailleurs, n'était pas un monstre de finesse ", estime Jean Tulard.

En réalité, la seule maltraitance que subit l'Aigle durant ses six années de captivité, est climatique : "L’endroit où il est installé, à Longwood, est l’un des plus venteux et humides de l’Île. Les Anglais ne l'ont pas forcément mis là à dessein, mais cette situation contribue à sa déchéance physique ", relate Pierre Branda .

Sans compter la sédentarité, destructrice pour le moral de Napoléon - qui connaît des phases de dépression assez sévères -, et pour son organisme. "Cette mise sous cloche pour un personnage de son envergure et de son énergie, ce fut terrible."

L’évasion à bord d’un sous-marin

"Il y a eu des projets de tentatives d’évasion notés à droite à gauche, mais était ce simplement des délires d’anciens soldats dans une taverne ? C’est possible." Pierre Branda

Un aventurier irlandais, Tom Johnson, se serait inspiré du Nautilus de l'ingénieur américain Robert Fulton pour fabriquer son propre sous-marin afin de faire évader l'Aigle de Sainte-Hélène. Malheureusement, il aurait accosté deux jours après la mort de Napoléon.

Seulement, à l'époque, le sous-marin de Fulton, construit vers 1800, n'est pas encore au point. S'il est capable d'être immergé et de progresser sur quelques centaines de mètres, il n'a pas encore fait ses preuves, raison pour laquelle d'ailleurs, Napoléon ne l’avait pas retenu comme arme de guerre. C'est pourquoi l'histoire relève là encore du roman pour Pierre Branda : "Napoléon était gardé par quatre à cinq mille hommes, immédiatement près de Longwood. Quatre navires de guerre étaient à Longwood pour le surveiller, dont deux qui se croisaient en permanence autour de l’ile en décrivant des cercles de sécurité."

Forian Coppée se montre lui aussi plus que sceptique : "Chateaubriand, dans ses Mémoires d'outre-tombe, cite ce projet, mais il n'est pas historien. Il a sans doute juste entendu cette rumeur. La grande source qui parle de cette tentative d'évasion, c'est Walter Scott, qui a écrit une monumentale biographie de Napoléon, l'une des premières. Le problème est qu'il ne cite pas beaucoup ses sources, qui sont extrêmement imprécises."

Pour Pierre Branda, il aurait fallu déployer une logistique impressionnante pour tenter quelque chose, ce dont personne n'était capable à l’époque ; pas même Joseph Bonaparte, le frère aîné de Napoléon, à qui des révolutionnaires mexicains auraient proposé une couronne au Mexique et un projet d'évasion pour Napoléon, contre un appui pour gagner l'indépendance mexicaine.

*Pour ce qui est de la construction de légendes autour de sa personne, Napoléon n'est pas en reste. A travers le Mémorial de Sainte-Hélène , par le biais de Las Cases, il se donne un rôle de libérateur par la révolution, de partisan de l'unification des peuples : _«_ Il simplifie en effet la carte de l'Italie et de l'Allemagne , explique Jean Tulard, le Mémorial en fait le champion du mouvement libéral et des nationalités dans la période qui s'étend de 1823 et 1830. Et les révolutions de 1830 se font au cri de "Vive Napoléon", même s'il est mort . C'était assez plausible de le faire puisque Napoléon était prisonnier à Sainte-Hélène de la Sainte-Alliance, qui opprimait les mouvements libéraux et nationaux. »_ Pour Jean Tulard, l'imposture ("_entre guillemets") se fait par la plume de Las Cases et son évocation de la grandeur militaire de Napoléon, qui sera plus tard comparée aux médiocres opérations de la Restauration et de la monarchie de Juillet : "_Napoléon devient une sorte de prisonnier, de Prométhée enchaîné sur son rocher, le champion des idées libérales et nationales. Il dit : "Le martyr m'a dépouillé de ma peau de tyran"._ **

Quelques tentatives individuelles auraient également existé. Florian Coppée se plaît par exemple à raconter l'histoire de Nicolas Girod, maire de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, qui rêvait de libérer Napoléon de Sainte-Hélène. Il se proposait même d'offrir l'une de ses demeures à l'Aigle, une fois qu'il aurait été libéré : "Il aurait acheté un bateau extrêmement rapide, mais au moment où il s'apprêtait à concrétiser le projet en 1821, il était trop tard, Napoléon était mort. " Véritable tentative, ou fantasme d'un bonapartiste américain ? Nul ne saurait le dire.

De toute façon... "Evasion pour aller où ? Les mers étaient aux mains des Anglais", questionne Pierre Branda . D'autre part, ce dernier est persuadé que Napoléon aurait refusé toute tentative d'évasion : "Avant d’embarquer à l’île d’Aix pour se rendre aux Anglais, il a refusé beaucoup de projets d’évasion, parce qu’il ne voulait pas partir sans sa suite. Partout où il allait, il fallait qu’il conserve ses apparences d’Empereur. Il lui fallait au moins vingt ou trente personnes avec lui, toute la pompe impériale… ça ne tient pas dans un sous-marin, surtout de l’époque ! ". Enfin, celui qui se considérait toujours comme un Empereur refusait de devenir simple aventurier et de risquer une fin misérable : "Il valait mieux pour sa légende qu’il meure, comme il dira, assassiné par le gouvernement britannique."

L'ambition politique de Napoléon s'est éteinte avec sa captivité, mais pas celle de s'inscrire dans la postérité. Loin de rêver à une aventure individuelle à la fin incertaine, il préférait considérer que le moment était venu pour lui d’écrire son histoire à travers ses mémoires.

Napoléon, victime d'un cancer de l’estomac

"Dans les derniers jours de sa vie, il a réclamé à tout crin du jus de viande." Pierre Branda

Bonaparte, Premier Consul, par Jean Auguste Dominique Ingres, 1804
Bonaparte, Premier Consul, par Jean Auguste Dominique Ingres, 1804• Crédits : Radio France
L'idée est fortement ancrée dans les esprits : c'est un cancer de l'estomac qui a eu raison de Napoléon, comme de son père avant lui. Ce sont les douleurs à l’estomac de Napoléon et les observations des médecins de l'époque lors de l'autopsie qui avaient conduit à cette conclusion. Mais le Docteur Alain Goldcher, rhumatologue à la Pitié-Salpêtrière et auteur de Napoléon premier, l'ultime autopsie (éditions SPM, 2012), estime aujourd'hui que certains signes que présentait Napoléon ne correspondaient pas du tout à un cancer de l’estomac en phase terminale. L'Empereur réclamait fréquemment du jus de viande dans ses derniers jours. "Or, un malade en phase terminale d’un cancer de l’estomac ne peut pas ingérer de la viande ", fait remarquer Pierre Branda .

Pour Alain Goldcher, Napoléon aurait souffert d’une sorte d’hémorragie interne suite à un ulcère perforé à l’estomac qui ne se serait pas tout de suite révélé mortel, le duodénum adhérant à la perforation. En revanche, l’ulcère aurait continué à provoquer des hémorragies internes, qui auraient entraîné une anémie ferriprive : une carence en fer agravée par les traitements destinés à le soigner. D'où cette forte appétence du malade pour le jus de viande.

Une thèse étayée par l’idée que Napoléon n’avait pas beaucoup maigri.

Un empoisonnement à l’arsenic

"Comme l'a fort bien exprimé Jean Tulard, soit l’empoisonneur n’était pas doué, soit il a quand même mis beaucoup de temps pour le tuer." Pierre Branda

Mort de Napoléon, par Charles de Steuben (1821)
Mort de Napoléon, par Charles de Steuben (1821)
C'est une théorie qui fait florès et certains historiens hésitent même à la ranger franchement dans la catégorie des légendes. "C'est encore un grand débat historiographique , affirme Florian Coppée. Le seul moyen d'en être sûr serait de faire une autopsie du corps, mais on ne peut pas profaner le tombeau des Invalides". En 1955, un stomatologue suédois, Steven Forshufvud, en lisant les Cahiers de Sainte-Hélène du général Bertrand, compagnon de Napoléon, et de Marchand, le premier valet de chambre, estime que les symptômes présentés par l'Aigle dans les derniers mois de sa vie correspondent à un empoisonnement à l’arsenic. Les cheveux de Napoléon (pour peu qu'il s'agisse de véritables reliques) provenant de mèches coupées juste avant sa mort sont analysés : effectivement, ils comportent de l’arsenic.

Sans compter qu'en 1840, lorsque le cercueil de Napoléon est ouvert lors du rappatriement de sa dépouille aux Invalides, on s'aperçoit que son corps est intact. Or, l'un des effets de l'arsenic est de conserver le corps des défunts.

L’affaire rebondit lorsque des cheveux bien plus anciens sont analysés, et qu'ils s'avère qu'eux aussi contiennent du poison. Mais à l'époque, l'usage de l'arsenic était répandu ; il est par exemple utilisé comme pigment dans les tapisseries. D'ailleurs, les cheveux de Joséphine, de l'Aiglon et des soeurs de Napoléon en contiennent aussi.

Des analyses plus fines sont menées : le poison a contaminé la racine du cheveu, ce qui suppose que Napoléon en a ingéré dans ses aliments, ou dans son vin. "Mais à Longwood House , le service à la française était de mise : plusieurs plats sont présentés, et vous piochez dans chacun. Il aurait donc fallu mettre de l’arsenic dans tous les plats présentés à Napoléon, et donc empoisonner sa suite , explique Pierre Branda, peut-être même que l’empoisonneur se serait empoisonné lui-même."

Le seul plat destiné exclusivement à Napoléon est un bouillon, qu'il boit le matin : "Seulement, ce bouillon est servi par le cuisinier Pierron, qui est le seul resté de bout en bout à Sainte-Hélène. Ça pourrait être lui l’empoisonneur, sauf que ce bonhomme a fini dans une dévotion totale à Napoléon ."

Et les mobiles ? Le général Montholon, compagnon de captivité de Napoléon, pouvait espérer être son héritier. En effet, l'Empereur déchu lui avait légué deux millions de francs. Problème : il ne l'avait couché sur son testament que quelques jours avant sa mort, au détriment de Bertrand qui était auparavant son principal bénéficiaire.

Les relations - non certifiées - qu'entretenait Napoléon avec l'épouse de Montholon auraient pu être un bon mobile, si celle-ci n'avait pas quitté l'île en 1819, deux ans avant la mort de l'Aigle.

Le débat scientifique s’est envenimé, et jamais conclu.

Le corps du maître d’hôtel Cipriani substitué à celui de Napoléon, reposerait sous une dalle de Westminster Abbey

"Personne n’avait intérêt à cette substitution, ce n’est que du roman." Pierre Branda

"L’histoire a des couleurs de roman d’espionnage, s'amuse Pierre Branda,_ Un jour, le petit Terence Young, réalisateur des premiers James Bond, se promenait avec sa grand-mère à Westminster. Celle-ci, tapant avec sa canne contre le sol de la crypte de Westminster, lui dit : "_Tu sais mon petit Terence, Napoléon est là-dessous.""

"Elle disait ça parce que son arrière, arrière, arrière-grand-père était Arthur Young, le gardien de la tombe de Napoléon à Sainte-Hélène ", explique Pierre Branda.

Depuis, certains, comme Georges Rétif, premier sceptique à faire éclater l'affaire en 1969, ont cherché à broder autour de cette histoire, avançant par exemple que le corps de Cipriani, décédé en 1818, aurait pu être substitué à celui de Napoléon : "On n'a jamais retrouvé la tombe de Cipriani , affirme Florian Coppée, il était Corse et avait, paraît-il, une certaine ressemblance avec Napoléon. Pour certains, les Anglais auraient échangé les deux corps parce que le roi d'Angleterre voulait conserver celui de Napoléon comme un trophée."

De plus, en 1840, lorsqu'on ouvre les cercueils, on constate que certaines décorations ne sont plus disposées de la même façon, que le nombre de cercueils n'est plus le même, ou encore que le corps est étonnamment frais... "Sauf que, ses anciens compagnons, qui étaient là, l’ont reconnu , souligne Pierre Branda. Il n'empêche, les substitutionnistes s'engouffrent sans vergogne dans la brèche offerte par l'imprécision des écrits de ceux ayant assisté à l'enterrement : "Cette thèse disant que Napoléon ne serait pas aux Invalides ne repose strictement sur rien, si ce n’est des relevés d’erreurs historiques, mais on connaît la valeur des témoignages : que ce soit en 1821 ou 1840, les gens rédigent après coup, et peuvent voir des choses différentes."

Le pénis de Napoléon, dérobé lors de l'autopsie

"On a prélevé certains de ses organes internes qu'il voulait donner à sa famille, car il savait que son corps ne pourrait pas retourner en France : le cœur, le foie, l'estomac... Mais aucun écrit ne parle d'un prélèvement du pénis de Napoléon." Florian Coppée

Une histoire dont se sont fait l'écho plusieurs médias sérieux : lors de l'autopsie du corps de Napoléon, le docteur Francesco Antommarchi aurait prélevé en douce le souverain organe, ainsi que des dents, des ongles, des cheveux... C'est à un prêtre corse, l'abbé Anges Paul Vignali, qu'il l'aurait confié. Les conditions de préservation n'étant pas optimales, le membre se serait ratatiné, jusqu'à s'apparenter à un simple tendon, ce qui ne l'aurait pas empêché d'être acheté aux enchères par un Britannique, exhibé sur du velours au Museum of French Arts de New York en 1927, avant d'être à nouveau vendu aux enchères en 1977 à un urologue, le Docteur Lattimer, pour 3000 dollars.

"Il se peut que ce dont Napoléon ait souffert ait conduit à une hypertrophie de certains membres ", reconnait seulement Pierre Branda. Le docteur Antommarchi n'aurait pas pu résister au prélèvement d'un si généreux appendice ? A la connaissance de Pierre Branda en tout cas, il n'existe pas de preuves que l'organe ait disparu. Ni témoignages, ni documents : "C’est encore des constructions un petit peu fumeuses, des constructions littéraires ".

Hélène Combis-Schlumberger

Conclusion : les talents de Pierre Branda ne reposent strictement sur rien, si ce n'est l'auto-promotion dont il bénéficie au sein de la Fondation Napoléon. Merci à son complice en la matière, Thierry Lentz...

_________________
"Tant que les Français constitueront une Nation, ils se souviendront de mon nom."

Napoléon.


Haut
 Profil  
 
Message Publié : 22 Avr 2018 17:14 
Hors-ligne
Professeur émérite
Professeur émérite
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 17 Avr 2003 22:49
Message(s) : 4356
Localisation : Bruxelles - Belgique
La position occupée par Pierre Branda au sein de la Fondation Napoléon font de lui un gardien de l'orthodoxie.
il ne fallait donc guère s'attendre à ce qu'il s'écarte des thèses légalistes.
Je ne vois là rien de bien surprenant...

_________________
"Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu." (Chamfort)


Haut
 Profil  
 
Message Publié : 22 Avr 2018 21:28 
Hors-ligne
Rédacteur
Rédacteur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 14 Déc 2002 15:30
Message(s) : 13420
Ce sont ses déclarations qui sont désagréables. Pour qui se prend-il ? Il fait encore plus peur aux petits que Thierry Lentz... :rire2:

_________________
"Tant que les Français constitueront une Nation, ils se souviendront de mon nom."

Napoléon.


Haut
 Profil  
 
Message Publié : 22 Avr 2018 22:35 
Hors-ligne
Docteur
Docteur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 17 Août 2016 23:01
Message(s) : 1011
Bruno Roy-Henry a écrit :
Ce sont ses déclarations qui sont désagréables. Pour qui se prend-il ? Il fait encore plus peur aux petits que Thierry Lentz... :rire2:


Bien que n'ayant pas un poil sur le caillou, il a une apparence plutôt bonhomme et son accent niçois plutôt jovial :sourire1:

Pierre Branda est médiatisé actuellement : conférences qui s'enchainent, notamment sur son dernier ouvrage "La saga des Bonaparte", apparitions télévisées... La machinerie de la Fondation est bien huilée ! :hahaha:


Haut
 Profil  
 
Message Publié : 23 Avr 2018 17:59 
Hors-ligne
Professeur émérite
Professeur émérite
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 17 Avr 2003 22:49
Message(s) : 4356
Localisation : Bruxelles - Belgique
Citer :
Pierre Branda est médiatisé actuellement : conférences qui s'enchainent, notamment sur son dernier ouvrage "La saga des Bonaparte", apparitions télévisées...


Je confirme : il est très médiatisé et c'est en outre un excellent orateur doublé d'un conférencier de qualité.
Je suis allé l'écouter présenter son dernier ouvrage la semaine dernière à Waterloo.
J'ai passé une excellente soirée et il m'a en outre dédicacé son livre. :4: :banane:

_________________
"Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu." (Chamfort)


Haut
 Profil  
 
Message Publié : 23 Avr 2018 18:56 
Hors-ligne
Docteur
Docteur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 17 Août 2016 23:01
Message(s) : 1011
Joker a écrit :
Citer :
Je suis allé l'écouter présenter son dernier ouvrage la semaine dernière à Waterloo.
J'ai passé une excellente soirée et il m'a en outre dédicacé son livre. :4: :banane:


Notre ami Joker est donc dans la boucle.... :hahaha:

et pour le coup, nous disposons même d'une photo :4:

Plus sérieusement, Florian Coppée, jeune doctorant cornaqué par Pierre Branda, intitule sa thèse "Napoléon à Sainte-Hélène, de la réalité à la légende"

A l'évidence, ce futur historien universitaire ne s'écartera pas de la doxa que lui aurons soigneusement inculquée ses Maitres Lentz et Branda :16:


Haut
 Profil  
 
Message Publié : 23 Avr 2018 22:10 
Hors-ligne
Rédacteur
Rédacteur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 14 Déc 2002 15:30
Message(s) : 13420
Comme l'a relevé Pierre Bar, par ailleurs, ce M. Branda ne connaît rien au dossier de la substitution (et puis, c'est un jeune homme, malgré les apparences : quand j'étais reçu à l'Elysée, il prenait encore des cours de comptabilité).

-Ce n'est pas Arthur Young qui était l'aïeul de Terence Young, mais le sergent John Young, gardien du tombeau jusqu'en 1840.
-Evidemment, la grand-mère du cinéaste ne connaissait l'anecdote que par son époux, ou son beau-père, mais certainement pas par John Young lui-même (à moins qu'elle n'ait connu le vieillard dans son enfance, mais cela est douteux).
-Il est absurde de prétendre que personne n'avait intérêt à une substitution. Un individu était non seulement concerné, mais encore fortement soupçonné d'en être l'instigateur : il s'agit, bien entendu, du roi d'Angleterre, le très dépravé George IV.

Nous savons depuis des lustres que certains corses ont toujours eu une inclination pour l'or de Sa Très Gracieuse Majesté, plutôt que la fidélité au drapeau tricolore... Ils n'ont d'ailleurs pas le monopole de cette inclination. Il paraît qu'une liste circule à la Fondation Napoléon...

_________________
"Tant que les Français constitueront une Nation, ils se souviendront de mon nom."

Napoléon.


Haut
 Profil  
 
Message Publié : 23 Avr 2018 22:56 
Hors-ligne
Docteur
Docteur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 17 Août 2016 23:01
Message(s) : 1011
Bruno Roy-Henry a écrit :
Comme l'a relevé Pierre Bar, par ailleurs, ce M. Branda ne connaît rien au dossier de la substitution (et puis, c'est un jeune homme, malgré les apparences : quand j'étais reçu à l'Elysée, il prenait encore des cours de comptabilité).


ah bon, vous aviez vos entrées à l'Elysées... :4:

des cours de comptabilité ? :15: la compta mène à tout ! :hahaha:

Bruno Roy-Henry a écrit :
Comme
-Ce n'est pas Arthur Young qui était l'aïeul de Terence Young, mais le sergent John Young, gardien du tombeau jusqu'en 1840.
-Evidemment, la grand-mère du cinéaste ne connaissait l'anecdote que par son époux, ou son beau-père, mais certainement pas par John Young lui-même (à moins qu'elle n'ait connu le vieillard dans son enfance, mais cela est douteux).


oui c'est John Young, et à l'évidence l'hypothèse d'une transmission non directe à la grand-mère du cinéaste semble la plus plausible :salut:

Bruno Roy-Henry a écrit :
Nous savons depuis des lustres que certains corses ont toujours eu une inclination pour l'or de Sa Très Gracieuse Majesté, plutôt que la fidélité au drapeau tricolore... Ils n'ont d'ailleurs pas le monopole de cette inclination. Il paraît qu'une liste circule à la Fondation Napoléon...


une liste noire à la Fondation Napoléon ? :15: des noms ! :beurk:


Haut
 Profil  
 
Message Publié : 24 Avr 2018 7:30 
Hors-ligne
Rédacteur
Rédacteur
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 14 Déc 2002 15:30
Message(s) : 13420
barthelemy a écrit :
Bruno Roy-Henry a écrit :
Comme l'a relevé Pierre Bar, par ailleurs, ce M. Branda ne connaît rien au dossier de la substitution (et puis, c'est un jeune homme, malgré les apparences : quand j'étais reçu à l'Elysée, il prenait encore des cours de comptabilité).


ah bon, vous aviez vos entrées à l'Elysées... :4:

des cours de comptabilité ? :15: la compta mène à tout ! :hahaha:


Pour l'Elysée, voyez ici :

viewtopic.php?f=29&t=5187

A cette époque, le président de la République Française était vraiment un chef d'état digne de ce nom. Ce n'est pas comme aujourd'hui où nos présidents cul-de-jatte prennent leurs ordres à Washington, Francfort et Bruxelles...

_________________
"Tant que les Français constitueront une Nation, ils se souviendront de mon nom."

Napoléon.


Haut
 Profil  
 
Message Publié : 24 Avr 2018 9:24 
Hors-ligne
Directeur de recherche
Directeur de recherche
Avatar de l’utilisateur

Inscription : 09 Nov 2005 13:28
Message(s) : 748
Bruno Roy-Henry a écrit :

Conclusion : les talents de Pierre Branda ne reposent strictement sur rien, si ce n'est l'auto-promotion dont il bénéficie au sein de la Fondation Napoléon. Merci à son complice en la matière, Thierry Lentz...


Moi, c'est surtout la conclusion que j'aime bien... :baton:


Haut
 Profil  
 
Afficher les messages publiés depuis :  Trier par  
Publier un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 22 message(s) ]  Aller vers la page 1, 2, 3  Suivant

Le fuseau horaire est UTC+1 heure


Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité


Vous ne pouvez pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum

Recherche de :
Aller vers :  
cron
Propulsé par phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduction et support en françaisHébergement phpBB