L'Énigme des Invalides

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Message Publié : 21 Jan 2004 15:24 
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Marie-Hélène Legrand:

"je constate, simplement, que malgré tous vos efforts vous n'êtes pas parvenue à me rapporter une seule source démontrant que « selon toute probabilité, l'occupant réel du sarcophage de porphyre des Invalides n'est autre que Cipriani » (BRH)

Aucun élément authentique ne permet d'étayer cette thèse, tandis que les Mémoires des Fidèles de l'Empereur, associées aux récits des anglais héléniens, sont autant de témoignages concrets, rapportant le vécu, la mort et l'exhumation de Napoléon.

Tout le reste n'est que digression."

Caroline Lepage me pardonnera -je pense- le soin que je prends de répliquer personnellement aux attaques indirectes d'une dame qui se dit historienne.

La manoeuvre consistant à faire dévier la question de la substitution de Napoléon vers l'identité du substitué est un peu grosse! En résumé, puisque vous ne pouvez pas prouver que le "remplaçant est bien Cipriani, c'est que Napoléon est bien aux Invalides!"

Comme raisonnement sommaire, on ne fait pas mieux!

Eclatante constatation: "aucune source ne démontre que l'occupant réel du sarcophage de porphyre n'est autre que Cipriani"!

Il y a belle lurette -je pense- que cette conclusion a été faite... ceci permet de faire l'impasse sur les 22 anomalies relevées par Rétif entre les observations de 1840 et les témoignages de 1821, sur le nombre de cercueils, l'état de la tombe, la description du cadvare, l'agencement des décorations, (je renvoie à mon site pour ceux qui veulent en savoir plus),etc.

Il importe peu que l'on puisse ou non identifier l'imposteur! L'important, c'est de déterminer si c'est bien Napoléon qui a été exhumé le 15 octobre 1840!

le reste est secondaire...

Toutefois, Mme Legrand m'oblige à lui dire que l'imposteur (à son corps défendant) avait bien le même visage que celui du masque Antommarchi. Il me semble que sur ce point, elle pourra difficilement nier...

Ma thèse -en ce qui me concerne- c'est que ce n'est pas Napoléon qui est aux Invalides.

L'hypothèse "Cipriani" est due à Georges Rétif de la Bretonne. C'est la sienne, pas la mienne, même si je la juge très vraisemblable!

Elle ne repose que sur une comparaison d'une caricature d'un proche de Napoléon à Sainte-Hélène et du profil du masque Antommarchi. Le rapprochement est très troublant!

Comme le "remplaçant" devait bien avoir une identité, Rétif a déduit des éléments rassemblés sur le faux masque Antommarchi (vrai masque d'un faux Napoléon), que celui-ci n'était autre que Cipriani...

Les Légalistes ont crû bon de l'attaquer en le traitant de fraudeur (la petite supercherie de Rétif), car cette caricature était connue comme ayant été légendée "général Gourgaud".

Ces braves gens oubliaient que le colonel Mac Carthy -mieux renseigné- avait admis que cette caricature était bien celle de Cipriani...

Et il a été prouvé depuis que cette légende était erronée.

Qu'importe! Il fallait "noyer" par tous les moyens "ce chien enragé"... Malheureusement, Rétif est décédé prématurément. Mais le flambeau a été transmis et il n'est pas près de s'éteindre!

Le débat sur Cipriani -somme toute- est secondaire.

Il existe pourtant de nombreuses présomptions pour penser que le "remplaçant", c'est bien lui... Nous n'avons pas besoin de Cipriani pour démontrer que Napoléon n'est pas aux Invalides.

Quant aux témoignages anglais évoqués ici ou là, je voudrais rappeler que dans la première moitié du XIXème siècle, l'Angleterre était L'ENNEMI ! Et qu'il faut donc les étudier avec beaucoup de prudence et de rigueur, sans admettre a priori leur bien-fondé ou je ne sais quelle objectivité...


Dernière édition par Bruno Roy-Henry le 15 Août 2006 20:54, édité 2 fois.

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Message Publié : 21 Jan 2004 15:28 
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Najma Rachidi:

>il y a un truc que je ne comprends pas si le masque d'automarchi a ete moule sur le visage de cipriani. quand exactement a t il ete moule, en
1818???

=> Avant tout, il faut reconnaître que le masque Antommarchi est un faux. Plus exactement, constater que c'est le vrai masque d'un faux Napoléon. Vous l'avez sans doute vu: le neveu de Napoléon (Plonplon), ses deux fils naturels (Léon et Alexandre)ont tous un air de famille. Aucun ne ressemble à la physionomie du masque Antommarchi...

AUCUN !

Alors, Rétif nous demande de comparer une caricature qui -indéniablement- présente de profil un "air de famille" avec celui du masque Antommarchi. Et cette caricature n'est pas celle de Gourgaud. Qui était assez important, aux yeux des Anglais, pour être caricaturé avec Bertrand, Las Cases, Montholon ? Il faut savoir que ladite caricature dite des "cinq têtes" est un assemblage de cinq croquis. c'est alors qu'un anglais a fait l'erreur de prendre le croquis de Cipriani pour celui de Gourgaud.

> si oui cela voudrait dire qu'il savait que 3 ans apres il allait en avoir besoin pour remplacer le masque de napoleon??????

=> Il est difficile de dire que l'empreinte de ce visage a été prise une autre année que 1818. Le soir même de la mort de Cipriani, plus tard ? C'est impossible à prouver. De même qu'il est impossible de prouver que le masque d'Antommarchi est bien tiré de l'empreinte de son visage.

Si on admet cette hypothèse (qui n'est pas indispensable pour démontrer que Napoléon n'est pas aux Invalides), si donc, on l'admet, il faut préciser que ce n'est pas Antommarchi l'auteur de l'empreinte: il n'était pas à Sainte-Hélène en février 1818 (il y arrive seulement en septembre 1819).

Quelqu'un qui connaissait l'existence de cette empreinte a suggéré de s'en servir pour le présenter comme le masque mortuaire authentique de Napoléon. Et ceci n'a été proposé que parce que le vrai masque (celui fait par Burton, dont la copie a été détenue à Londres au Royal United Service Institution, de 1947 à 1973), ne donnait pas une image glorieuse de l'Empereur, mais bien celle d'un vieillard ridé, image jugée indigne de passer à la postérité...

>ne pensez vous pas qu'en ce qui concerne le masque, c'est peut etre un faux parce que le vrai n'etait pas avantageux pour napoleon : pour sa posterite?

=> Exactement, Najma; mais on peut être certain qu'Antommarchi a conçu ce projet à Sainte-Hélène et on a songé à cette empreinte parce que les proches de l'Empereur savaient que Cipriani présentait une vague ressemblance avec le visage du Consul, notamment certains tableaux "enjolivés"...

> mais en 1840 les compagnons de napoleon sont pieges, ils
>sont obliges de dire qu'il ressemble au masque parce qu'autrement ce serait avouer que le masque est un faux. et c'est pourquoi les fideles auraient menti.

=> C'est l'explication trouvée par les légalistes, mais qu'ils n'osent pas trop "répandre"! Dans les récits officiels connus, il n'est pas fait mention explicitement du masque. On se contente de donner des dessins conformes au masque. les gens se contentent de cette constatation: le visage de l'exhumé ressemble au masque, puisque le masque est celui de Napoléon"!

Il n'était pas nécessaire d'inventer toute cette histoire pour authentifier ce masque! Cela aurait été bien mesquin de la part des compagnons de l'Empereur...

Le témoignage de Gourgaud n'est connu que depuis septembre 2002, quand Jacques Macé a été le premier à en parler sur un site. Il est tiré d'une lettre écrite par Gourgaud à sa maîtresse. Pourquoi Gourgaud aurait été inventé cette histoire dans un courrier privé ?

cerise sur le gâteau, le témoignage d'Ali, publié seulement en novembre 2003, qui confirme le propos de Gourgaud.

Et ils auraient déclaré tout ça pour authentifier un masque ? Mauvaise manoeuvre, mauvaise pioche, puisqu'il a fallu attendre 163 ans pour que cela vienne à la connaissance du public!

Non, il faut prendre les écrits de Gourgaud et d'Ali pour l'expression de ce qu'ils ont vu. De manière voilée, ils ont dit la vérité, empêchés qu'ils étaient par la raison d'Etat de la proclamer au grand jour.

Cette vérité, malgré les précautions prises, nous parvient au travers des siècles. A nous d'en être dignes...


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Message Publié : 21 Jan 2004 16:41 
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>il y a encore quelquechose qui ne tient pas debout : si antommarchi a concu ce projet a sainte helene comment a t on decide de prendre l'emprunt du visage de cipriani en 1818 car il etait quand meme sans importance et on ne pouvait pas savoir a l'epoque qu'il remplacerait
celui de napoleon.

=> on ne peut pas dire "ca ne tient pas debout"; on peut simplement dire qu'on ne sait pas! La seule chose prouvée: Antommarchi s'est trouvé à l'origine du vrai masque du faux Napoléon. Etait-ce celui de Cipriani ? La caricature nous donne une piste...

>il y a un deuxieme fait surprenant : 2 jours apres la mort de napoleon il etait impossible de faire un moule de son visage tant les chairs etaient molles et commencaient a se decomposer. comment est il possible que les temoins aient pu reconnaitre napoleon apres 21 ans passe sous
terre, son visage devait etre atrocement mutile????? alors ont ils menti ou sinon comment expliquer cela!!!!!

=> je ne crois pas que la prise d'un masque était impossible, puisque cela a été essayé et réussi. Mais le visage n'était plus aussi "reposé" que 6 heures après la mort. Il avait déjà "ce caractère vieillardé" mentionné par Bertrand, cette physionomie tragique que nous révèle le death mask.

Vous avez donc raison: il n'est pas possible que le visage se soit régénéré par la grâce d'un séjour au tombeau...

Il faut donc bien que ce ne soit pas le même cadavre...


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Message Publié : 21 Jan 2004 16:44 
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>Voilà enfin les bonnes questions qui démontrent qu'effectivement il fallait avoir une boule de cristal pour savoir que le corps de Cipriani servirait de doublure.

=> C'est prendre le problème à l'envers (dans la mesure où l'on souhaite approfondir l'hypothèse Cipriani, somme toute secondaire).

> Il faut savoir qu'il n'y a aucune portrait de Cipriani, et que que les témoins héléniens n'ont jamais écrit que Cipriani ressemblait à l'Empereur.

=> En espérant ne pas radoter à notre tour, il convient de rappeler qu'il existe bien une caricature de Cipriani. Si ce n'est pas formellement établi, il existe une très forte présomption pour celà. C'est d'ailleurs tellement vrai que l'honorable colonel Mac Carthy, autrefois conservateur du Musée de l'Armée, l'avait parfaitement admis.

> alors oui : "tout le reste n'est que digression." car personne n'a prouvé qu'un masque de Cipriani avait été fait. AUCUN écrit, de qui que se soit ne le mentionne.

=> Certes ! Toujours l'absence de sources écrites... Mais l'historien peut et DOIT parfois passer outre. L'illustre Michelet s'en est expliqué, si je ne m'abuse... Cependant, on notera -sans vouloir en tirer des conclusions définitives- que le pasteur Boys (qui avait veillé Cipriani le soir de sa mort) s'est retrouvé en possession d'un masque apparenté à ceux d'Antommarchi et dont il a prétendu qu'il était l'original, c'est à dire le premier de tous les masques "héléniens"... Quant à la première personne à avoir évoqué un éventuel masque de Cipriani, ce n'est pas Rétif de la Bretonne, mais Madame Pardee, en 1932 (auteur d'une étude exhaustive sur le masque Arnott).

> Ne trouvez-vous pas cela étrange, lorsque l'on sait que le moindre ragot à Sainte-Hélène a été consigné, si ce n'est pas les Français ils le furent pas les Anglais.

=> Tous les "ragots" sont loin d'être encore connus. Ont-ils tous été consignés ? Bien sûr que non... Et il reste probablement des lettres encore inédites! On a beaucoup tiré du journal de Gorrecquer, le secrétaire d'Hudson Lowe, journal qui ne reçut l'autorisation d'être publié qu'en 1969! Mais, était-il complet ?

> De plus la mort de Cipriani n'a ému personne à Sainte-Hélène, sauf l'Empereur, qui a toujours accordé sa plus entière confiance à son maître d'hôtel, qui n'a jamais été reconnu pour traître à la patrie. Les suppostions ne peuvent remplacer les faits.

=> Je suis au regret de signaler mon désaccord avec les propos de ma "dénonciatrice": il est bien établi que les Anglais furent beaucoup plus émus de la disparition de Cipriani (inattendue et inexplicable) que les Français; attitude singulière de la part de compatriotes envers celui qui partageait leur commune infortune!


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Message Publié : 21 Jan 2004 16:47 
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Najama Rachidi s'interroge à juste titre:

>2 jours apres la mort de napoleon il etait impossible de faire un moule de son visage tant les chairs etaient molles et commencaient a se decomposer. comment est il possible que les temoins aient pu reconnaitre le visage de napoleon apres 21 ans passe sous terre, son visage devait etre atrocement mutile????? alors ont ils menti ou sinon
>comment expliquer cela!!!!!
>
>Le 7 mai 1821, entre quinze et seize heures, juste avant la prise de l'empreinte mortuaire, Joseph Rubidge réalise un dessin, l'enseigne Duncan Darroch en commanda deux exemplaires et écrit : « Il était étendu exactement comme la veille, mais ses traits étaient un peu plus creusés. »
>

=> le dessin de Rubige est intéressant, probablement idéalisé. Avec un détail qui lui donne du crédit: la bouche est fermée, comme pour le death mask, et contrairement au "vrai masque du faux Napoléon",cad le masque "Antommarchi"...

>Ali, avant la fermeture du premier cercueil, témoigne : « [...] encore un moment et la belle tête de Napoléon allait être cachée à tous les regards. Quel triste et sublime spectacle que cette contemplation religieuse des traits de celui qui avait été pour plusieurs des assistants l'objet leurs soins les plus assidus, de leur empressement, de leur entier dévouement et de leur culte : Les larmes étaient dans tous les yeux. »

Ce passage est une figure de style, bien propre à "immortaliser" un tel moment: celui où "la belle tête de Napoléon allait être cachée à tous les regards"; mais n'a rien à voir avec la réalité !

Ali: "Il est regettable que l'on n'ait pas songé plus tôt à prendre le masque, car le 7 mai, les chairs étaient devenues trop molles pour obtenir une empreinte régulière des traits". Pour plus de détails, lire ci-dessus mon autre réponse à mme Legrand.

>Devant les témoins présents le général Bertrand a pris la main de l'Empereur pour « la baiser ». Question : si « son visage montrait des signes de décomposition » qu'en était-il de la main ? Croyez-vous que le général Bertrand ait pu embrasser une main en état de décomposition avancée ? Main qui à l'ouverture du tombeau comme je vous l'écris dans ma dernière réponse, était « tout à fait ferme ». Donc mon dernier message répondait bien à votre question sur la décomposition.

=> C'est jouer sur les termes! Bertrand en avait vu d'autres, il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'il ait baisé la main de l'Empereur (la droite ou la gauche, au fait ?). Que le cadavre sente ou pas!

Or, le cadavre sentait... Ali, le fidèle mameluck, le révèle sans ambages, et ce n'est nullement surprenant:

"la chaleur était assez forte. Le corps, dans la journée du 7 mai, s'avança tellement que dans l'après-midi il se trouva en pleine PUTREFACTION et l'odeur qu'il exhalait était si forte que, quoique les portes et fenêtres fussent ouvertes, on ne pouvait plus tenir longtemlps auprès."

=> Que dire après un tel témoignage ? Vous ne voyez pas ? C'est que vous manquez d'imagination:

>Pour information :
>
>Le 6 mai 1821, le major Gideon Gorrequer, aide de camp d'Hudson Lowe, a adressé un courrier, au général Bingham :
>« On a pris de lui quelques croquis, mais tous sont bien au-dessous du modèle. Je n'ai jamais vu une tête aussi belle que la sienne en cet instant [...] et on ne voyait sur sa figure ni ride, ni la moindre trace de flétrissure. »
>
>Le lieutenant Welsch a observé « Ce visage n'était nullement horrible et effrayant. »
>
>Le major Harrisson du 20e Régiment, arrivé à Sainte-Héléne avec l'Empereur a écrit : « Nous allâmes voir le cadavre du pauvre Napoléon. Aucune description ne peut rendre ce qui s'offrit à notre vue ; car au lieu de la face livide et horrible que je m'attendais à voir, je contemplai une figure empreinte, à un point inexprimable, da paix et de sérénité. Et cette expression si nette et si forte conférait au visage une réelle beauté. »

=> Ces témoignages -sauf erreur de ma part- datent du 6 mai.
C'est important à retenir... Oui, je parlais d'imagination; voici:

>Je précise que le corps de l'Empereur avait subi un début d'embaumement.

=> Ah, mais c'est très intéressant; voici un élément capital, qui explique tout. Il faut d'urgence nous communiquer cette pièce déterminante, qui explique quand ? comment ? par qui ? le corps de l'Empereur a subi un début d'embaumement...


Dernière édition par Bruno Roy-Henry le 15 Août 2006 20:39, édité 1 fois.

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Message Publié : 21 Jan 2004 16:51 
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Fini de rire, bas les masques ! Puisque l'on évoque le judiciaire, je sens que nous n'allons pas tarder à y venir!

>« Pour que le lecteur ne perde pas le fil... »

>
>Très disciplinée (toute une vie empreinte de judiciaire et non de journalisme) j'ai cliqué sur le lien. Surprise !
>
>« Caroline Lepage me pardonnera -je pense- le soin que je prends de répliquer personnellement aux attaques indirectes d'une dame qui se dit historienne. »
>
> La dame elle dit rien du tout, elle constate !
>
>Je crois que vous n'aviez nullement besoin d'aide, l'auteur « d'un véritable pamphlet » faisait plus les frais de votre hostilité exprimée en termes acrimonieux;

Je pense que madame Legrand n'a guère de leçons à donner en terme de "courtoisie" et de savoir vivre! Elle ne devrait pas être surprise d'être traitée de la même manière que celle dont elle use envers ses contradicteurs!

>« Ceci étant -dans "notre affaire"- il y a des pièces à conviction que l'on se doit d'étudier, comme les masques mortuaires ou le corbillard... »
>
>« Je constate que les messages s'accumulent et que vous prenez bien soin de ne jamais vous exprimer sur l'affaire du masque Antommarchi. Je trouve cette attitude bien étrange... »
>
> « La manoeuvre consistant à faire dévier la question de la substitution de Napoléon vers l'identité du substitué est un peu grosse! En résumé, puisque vous ne pouvez pas prouver que le "remplaçant est bien Cipriani, c'est que Napoléon est bien aux Invalides! » BRH
>
> « Comme raisonnement sommaire, on ne fait pas mieux! » BRH
>
>J'ai toujours pensé que les invectives étaient la force des faibles.

=> Du fort au faible, sans doute :-))

>
>Pourquoi je ne m'attache pas sérieusement à répondre sur la question du masque ?
>
>[...] Quand Antonmarchi se présenta devant elle (Madame Mère) en novembre de cette même année (1821) ils convinrent que l'on ne pouvait donner à la postérité cette image tragique du nouveau César. [...] c'est à dire que le peuple ne devait pas voir les rides et l'expression tragique du visage consécutive à le terrible agonie de l'Empereur »
>
>Avant la lecture de cet écrit de BRH, je ne m'étais jamais intéressé à un vrai ou faux masque, cela ne me passionnait pas, la seule chose qui retienne avec passion mon attention étant la colossale oeuvre napoléonienne, (j'aime le génie militaire de l'Empereur autant que la création de la cour des comptes ou sa réglementation des moulins à vent et l'implantation des platanes en bord de routes.) « C'est l'oeuvre pas les dépouilles » La boucle est bouclée ! Si vous avez lu mon post sur la véritable « amphore d'Hannibal » vous aurez tout compris.

=> Une nouvelle version des mystères d'Eleusis, sans doute ?

Donc, cette affaire de masque selon BRH, m'a incité à me pencher sur le problème et je me suis posée beaucoup de questions, la première quel individu avait prêté sa tête pour remplacer celle irremplaçable de l'Empereur ?

=> C'est -en effet- une très bonne question.

> Je vous passe le détail de mes recherches, pour arriver à l'essentiel : à qui appartenait cette empreinte. La réponse est dans la question de BRH. Je faisais d'une pierre deux coups !

=> Quelle habileté...

> " Pourquoi un masque mortuaire de Cipriani ? À sa demande, vraisemblablement, pour laisser un souvenir à ses enfants qu'il avait laissés en Europe au service du cardinal Fesch et de Madame Mère. O'Meara, aurait consenti à l'opération. Noverraz, meilleur ami de Cipriani, s'en serait vu confier la garde. »

=> Il importe de souligner le conditionnel: le masque Antommarchi n'ayant RIEN du visage de Napoléon, il convenait d'exposer et d'examiner l'hypothèse explicative détaillée par Rétif de la Bretonne dans son livre.

> Il faut savoir que Cipriani ne se souciait pas de sa famille. Mais les problèmes entre parents et enfants sont une autre histoire.

=> C'est une assertion qu'il faudrait démontrer, même si -en effet- Cipriani a suivi l'Empereur jusqu'au bout du monde!

> Par contre je constate que la réponse de BRH, est faite de « vraisemblablement » avec présupposition « le souvenir » à la descendance, d'hypothétique opération effectuée à son corps défendant par le Docteur O'Meara, (qui n'a dit rien dans ses écrits) pour terminer par le meilleur des camarades de prison, le Suisse Noverraz.

=> passage peu clair pour la majorité des participants de ce forum. Nous ne sommes pas encore au tribunal...


> Je reviens au menu principal, pourquoi ce masque ? Comme j'ai déjà donné la citation de BRH plus haut je ne vais pas réécrire le passage, mais répondre par quelques phrases prises sur le vif où à « chaud » comme vous le dites si bien !

>Le 6 mai 1821, le major Gideon Gorrequer, aide de camp d'Hudson Lowe, a adressé un courrier, au général Bingham :
>« On a pris de lui quelques croquis, mais tous sont bien au-dessous du modèle. Je n'ai jamais vu une tête aussi belle que la sienne en cet instant [...] et on ne voyait sur sa figure ni ride, ni la moindre trace de flétrissure. »

=> Le 6 mai, au matin, quand Gorrequer accompagnait Hudson Lowe! Comme le dit Marchand: "celle de 6 heures après sa mort qui, la barbe faite, était celle du Premier consul"!

> Duncan Darrock, enseigne de vaisseau, de service le 6 mai 1821 écrit : « La physionomie du défunt était sereine et placide mais bien sûr, un peu creusée. Ses traits étaient beaux et fiers ; ses mains petites et délicates, d'une très belle nuance. Un crucifix reposait sur sa poitrine. La beauté du nez était remarquable, bien que en le retournant sur son lit, on l'eût quelque peu meurtri [...] j'aurais pu rester des heures à le contempler, prendre sa main et la baiser [...]

=> Darroch,et non pas Darrock... Extrait de ses fameuses lettres dont personne n'a vu les originaux et dont on ne sait ce qu'ils sont devenus!

> Le docteur Henry qui a soigné Napoléon a constaté « à chaud » : [...] La mort avait merveilleusement idéalisé l'apparence de Napoléon et chacun s'écriait en le voyant : « Comme il est beau. » Tous avouaient qu'ils n'avaient jamais vu plus belle et paisible contenance. La beauté de ses traits, d'une délicatesse italienne, était portée au plus haut point, tandis que l'exquise sérénité de leur expression faisait le contraste le plus saisissant avec le souvenir de ses grandes actions, de son caractère impétueuse et de sa vie agitée [...]

=> Le docteur Henry a soigné Napoléon ? Première nouvelle! Presque un scoop... A part les docteurs Arnott, Shortt et Mitchell, j'ignorais que le docteur Henry soit intervenu. Mais, peut-être est-ce un lapsus ? Car Henry s'est bien rendu au chevet de Cipriani en 1818 :-))

>Le lieutenant Welsch a observé « Ce visage n’était nullement horrible et effrayant. »
>
>Le major Harrisson du 20e Régiment, arrivé à Sainte-Héléne avec l’Empereur a écrit : « Nous allâmes voir le cadavre du pauvre Napoléon. Aucune description ne peut rendre ce qui s’offrit à notre vue ; car au lieu de la face livide et horrible que je m’attendais à voir, je contemplai une figure empreinte, à un point inexprimable, da paix et de sérénité. Et cette expression si nette et si forte conférait au visage une réelle beauté.

=> C'est une vague déferlante de témoignages anglais !!!
On me permettra d'être "fidèle" aux témoignages des compagnons d'exil.

Marchand (six heures après la mort): "dans cet état, l'Empereur avait sa figure de Consul. La bouche légèrement CONTRACTEE donnait à sa figure un air de satisfaction; il ne paraissait pas avoir plus de trente ans. Le calme de cette figure laissait plutôt croire au sommeil qu'à la mort.

SI, dans ce moment, ON EUT PRIS SON PLATRE, il eût été beaucoup mieux que celui pris deux jours après, DONT LE CARACTERE EST VIEILLARDE (nda: vieillardé)par l'affaissement des chairs qui alors étaient tendues."

D'ailleurs, le 6 mai au soir, Bertrand note, immédiatement après l'autopsie: "à quatre heures du soir, il avait l'air plus âgé qu'il n'était réellement"

Montholon, nous en avait d'abord prévenu; un mois avant sa mort, "l'Empereur n'était âgé que de cinquante deux ans [nda: âge qu'il n'aurait atteint que le 15 août 1821], mais il pouvait être considéré comme dix ou douze ans plus vieux"

Cette évolution est malheureusement irréversible: après l'amélioration post-mortem, toujours de courte durée (12 heures au maximum, sans soins éventuels), les traits du visage ne peuvent manquer de se défaire, par l'effet du ramollissement des chairs:

Saint-Denis (dit Ali), nous le confirme, hélas: "Il est regrettable que l'on n'ait pas songé plus tôt à prendre le masque, car, le 7 mai, les CHAIRS étaient devenues TROP MOLLES pour obtenir une empreinte régulière des traits".

Bertrand, en observateur impartial mais concis, déclare encore, ce 7 mai dans l'après-midi: "à quatre heures, on a fait le plâtre de la figure de l'Empereur QUI ETAIT TOUT DEFIGURE (nda: défiguré)."

Il faut donc bien en convenir, hélas! A quatre heures du soit, le visage de Napoléon était défiguré et méconnaissable.

>Ali, avant la fermeture du premier cercueil, témoigne : « […] encore un moment et la belle tête de Napoléon allait être cachée à tous les regards. Quel triste et sublime spectacle que cette contemplation religieuse des traits de celui qui avait été pour plusieurs des assistants l’objet leurs soins les plus assidus, de leur empressement, de leur entier dévouement et de leur culte : Les larmes étaient dans tous les yeux. »

=> Ce témoignage vaut par sa " belle tournure littéraire", pas autre chose, surtout comparé à son autre citation, donnée ci-dessus! Nul besoin d'en dire plus...


>Acceptez-vous les témoignages anglais où les réfutez-vous comme BRH ?

=> Mais, je les accepte, comme l'expression d'un état transitoire, dans le courant de la journée du 6 mai. Au-delà, ils seraient mensongers!

>BRH explique : […] Ce qu’il faut comprendre, c’est que la substitution des cadavres n’a pu se faire qu’après celle des masques mortuaires. […] pour résumer, les compagnons de Napoléon ont fabriqué un faux masque attribué officiellement à Antonmarchi. Il s’agissait de lui faire prendre la place du vrai masque de l’Empereur. […]
>
>Résumons : En novembre 1821, Antonmarchi arrive devant Madame Mère avec son masque « tout pourri » et décide ? avec Madame Mère ? de changer la tête de son fils en tête de Cipriani.

=> C'est très bien de me citer. Ce serait plus élégant de donner la source exacte (revue, article de presse, message posté sur un forum ?). je n'ai malheureusement pas tout en tête...

>Pour se faire il réunit les compagnons de Napoléon qui ont fabriqué avec lui un faux masque attribué officiellement à Antonmarchi, afin de lui faire prendre la place du vrai masque de l’Empereur.

=> Il ne me semble pas que que cet écrit puisse m'être attribué. C'est embêtant, car le lecteur néophyte pourrait accidentellement confondre les deux styles, pourtant si différents...

>Question ou se trouve la « fabrique » qui a réuni en novembre ? 1821 ? les compagnons de la Captivité, afin de confectionner leur masque. Si cela avait été février on pouvait penser au carnaval…mais ce n’est pas rigolo, c’est une affaire de fabrication très sérieuse et sans doute une affaire de travail au noir. Puisque je n’ai pas trouvé de facture ! Mais c’est vrai comme vous le dites « vous ne pensiez pas à des aveux. »

=> Là, aucune erreur possible: ce passage n'aurait jamais pu être écrit par BRH ! Il se veut sans doute humoristique: le lecteur appréciera...

>Bon deuxième acte après la prise du masque toujours aussi énigmatique, celle de la substitution d’après BRH : « Les Anglais comprenant que les compagnons de l’Empereur se servaient de l’empreinte de Cipriani pour en faire le nouveau masque de l’Empereur, ont décidé la substitution du corps.[…]

=> Encore une citation que je ne retrouve plus! C'est embêtant pour les historiens qui seraient tentés de nous lire; ils n'ont pas le moyen de vérifier l'information!

>Par qui les Anglais ont-ils appris que les Français se lançaient dans la contre-façon ? Encore un mystère à la Gaston Leroux… Et pourquoi ont-ils décidé sachant que « l’empreinte de Cipriani » servirait à faire le nouveau masque, il fallait derechef provoquer la substitution des corps ?

=> le passage, ci-dessus, chacun l'aura compris, est bien de mme Legrand, qui semble adorer les auteurs de série noire. Elle m'oblige à lui rappeler qu'Hudson Lowe n'ignorait rien des manoeuvres des Bertrand et d'Antommarchi pour priver Burton -le seul auteur authentique du masque mortuaire- de sa possession. Et que le médecin corse (Antommarchi) confiait au Times en septembre 1821 qu'il allait remettre le masque mortuaire par lui confectionné à Madame Mère! Déjà, l'aveu de l'imposture... Et en novembre 1825, le peintre anglais Lawrence venait admirer "le masque précieux moulé à Sainte-Hélène...

des Anglais décidément bien complaisants...

>Si cette substitution c’est passée en 1828, je me dis que Cipriani avait du subir un embaumement exceptionnel, tel les momies égyptiennes, pour être mis à la place de l’Empereur. 10 ans après sa mort il a été habillé, de neuf, mais surtout il a été odieusement profané. Quel outrage pour tout individu que d’être déterré, alors que les morts n’aspirent que la sérénité éternelle.

=>Triste commentaire d'une étrange humoriste!


Dernière édition par Bruno Roy-Henry le 15 Août 2006 20:48, édité 1 fois.

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Message Publié : 22 Jan 2004 9:41 
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>Le 5 mai 1821 à 5 heures et 49 minutes du soir expire celui qui durant son règne avait fait trembler l'Europe et connu une destiné extraordinaire: l'empereur Napoléon Bonaparte, détenu par les anglais dans l'île de Sainte-Hélène.

>Depuis le matin, alors qu'il agonise, la décision de mouler la tête du célèbre prisonnier a été prise par la petite colonie vivant auprès de l'Empereur et autorisée par le Gouverneur de Sainte-Hélène Sir Hudson Lowe.

=> Il est permis de penser que l'on y avait songé encore plus tôt. Mais, pour que déplorable soit cette situation, le fait était là: on n'avait pas de plâtre de Paris! Les stocks étaient vides. Il est vraisemblable que l'on en attendait une cargaison venant de Londres...

>Parmi les membres de cette petite colonie, et de façon déterminante, interviendra Madame Bertrand, Comtesse Bertrand, femme du Grand Maréchal Bertrand, lequel, après avoir connu l'exil de l'île d'Elbe avait suivi l'Empereur à Sainte-Hélène.
>
>Le plâtre "manque" à Jamestown, capitale de l'île où on l'avait envoyé chercher. Qu'à cela ne tienne, décide Madame Bertrand, il suffit de broyer des statues assez finement pour obtenir la matière désirée. Mais hélas, telle n'est pas la façon d'obtenir du plâtre à mouler.
>
>Et le 6 mai, au matin, alors qu'on devait procéder au moulage, "on n'avais pas ce qu'il fallait".

=> C'est malheureusement exact! Et c'est pourquoi les historiens ont assez vite confondu Antommarchi quand il prétendait avoir seul réalisé un moulage le 6 mai, avant l'autopsie!

>L'autopsie a lieu, ainsi que l'embaumement pratiqué par le Docteur Antommarchi, qui s'est inspiré des méthodes de Jean-Nicolas Ganal.

=> Pure élucubration qui ne repose sur aucun fondement. Je dois ajouter que j'ai adressé un courrier à ce sujet à M. Maury. Qui ne m'a jamais répondu. Jusqu'à preuve du contraire, ceci n'est qu'une affabulation. Je dois ajouter, hélas, que M. Michel Dancoisne-Martineau, consul honoraire de Sainte-Hélène a tenu le même discours. Il devait m'en justifier en produisant une lettre d'Antommarchi établissant ce fait. Inutile de dire que j'attends encore...

> Le chirurgien du 66e régiment, le docteur Francis Burton, qui d'après lui-même a déjà pratiqué des moulages, avec l'aide de soldats, à la lueur des torches (car la journée à passé) recueille du gypse affleurant le sol au sud de l'île.
>
>Le plâtre obtenu après une mauvaise calcination n'est pas de très bonne qualité. Le 7 dans l'après-midi Burton est de retour à Longwood. Mais le médecin de l'Empereur, Antommarchi, n'est pas très "chaud" pour procéder à ce moulage tant il doute du résultat.
>
>C'est donc Burton qui préside à cette délicate opération Mais il voit un peu grand et veut mouler la tête entière (nous sommes à une époque ou la phrénologie est à l'honneur et il était juste de penser que les bosses de la tête de Napoléon pourraient donner d'excellant observations).
>
>Or donc, inexpérience, mauvais plâtre, le moule casse au démoulage en trois parties.

=> Là encore, rien ne permet d'étayer cette assertion. Les propos de Saint-Denis permettent de conclure que le moule se présentait en deux parties, puisqu'il y eut bien 2 séances: d'abord, le moule de la face, puis l'arrière de la tête...

> Mais il est tard, l'on procède à la mise en bière. Le lendemain, le 8 mai au matin, Antommarchi et Burton se retrouvent et procèdent ensemble au tirage des négatifs pris la veille. Inexpérience encore, pensant pouvoir obtenir plusieurs épreuves du même moule, ils font des tirages à part de chacune de ces trois pièces. Mais il est impossible de dégager le plâtre car (et c'est là le technicien qui parle) un tel moulage est toujours "à creux perdu", ne servant qu'une seule fois.

=> Exact (hormis l'existence de trois pièces). Cependant, Burton semblait averti de cette particularité. C'est pourquoi il dût sacrifier l'empreinte!

>Voilà donc la tête de l'Empereur en trois parties difficiles à réunir. La plus grande correspondait à la figure avec un début d'oreille gauche, la deuxième pièce au crâne et au côté droit de la tête ainsi que l'oreille et enfin la dernière au cou et au menton ainsi qu'au sous côté gauche de la tête.

=> Non. Cette description est extrapolée à partir du masque de la Malmaison (le plus ancien masque Antommarchi, identique au masque en cire dit de "Noverraz"). Qui n'est pas l'authentique comme chacun sait... Et de l'avis général, les parties visées par M. Maury sont justement celles-là qui sont reconnues comme "reconstituées"! Son raisonnement est donc irrecevable!

>Le 9 mai, le Docteur Burton revient à Longwood sous la véranda ayant servi d'atelier et ou les plâtres avaient été mis à sécher.

=> Burton parle de la cheminée du salon...

> Là, il apprend que sur l'ordre de Madame Bertrand, le plus grand des morceaux (le visage) à été prélevé et emballé. Il proteste, remue ciel et terre (à Londres, il intentera même un procès) pour la restitution de ce qu'il considère comme son oeuvre, Antommarchi ayant refusé de tenter le moulage "qui ne pouvait réussir". Il écrira même, en vain, au Grand Maréchal une lettre de protestation.
>
>La tête, enfin une partie, est dans les bagages d'Antommarchi qui, avec l'approbation de Madame Bertrand, rapporte la précieuse relique en Europe.
>
>À partir de là, le mystère et l'histoire des masques mortuaires de Napoléon commence. Il se peut que des surmoulages aient finalement pu être réalisé sur place.

=> Non, c'est peu vraisemblable. Antommarchi aurait "travaillé" du 10 au 26 mai ? Il semble plutôt qu'il ait passé son temps en promenade avec Mme Bertrand et en réceptions chez les Anglais, en compagnie du jeune dandy Rubidge...

> (Antommarchi avait-il trouvé du bon plâtre?) et distribués comme suprême cadeau à au moins trois personnes de la suite de l'Empereur, notamment au beau et jeune Joseph Rubidge ami de Madame Bertrand!

=> Rubidge n'était pas seulement l'ami de Mme Bertrand. Il était un des plus talentueux peintre de l'Angleterre et promettait beaucoup. Il avait déjà été présenté au roi Georges IV, à l'âge de 19 ans, quand il décida brusquement d'accompagner son frère et sa famille qui partait tenter l'aventure au Cap. Tout le monde s'embarqua en novembre 1820. Le navire de ce dernier ayant relâché à Sainte-Hélène, pour quelques jours en janvier 1821, le jeune Rubidge stupéfia son frère en lui indiquant qu'il préférait demeurer à Sainte-Hélène! Sa famille continua donc sans lui. Rubidge ne tarda pas à être présenté à Antommarchi qui se fit un devoir de l'introduire auprès de Mme Bertrand. Devenus les meilleurs amis du monde, ce trio distingué regagna l'Angleterre sur le Camel, sans que personne ne se pose les moindres questions sur la présence de ce jeune homme. Qui devint par la suite le portraitiste officiel de la Cour anglaise. Il était promis au plus brillant avenir quand il décéda brusquement en 1825 d'un mal inconnu... Il convient d'ajouter que Rubidge revendiqua la paternité du masque mortuaire, au point que certains Anglais en sont encore persuadés aujourd'hui !

>Dès 1822, plusieurs masques très différents les uns des autres voient le jour. Antommarchi est en Italie, à Florence, chez le sculpteur Canova. Il n'est pas hasardeux de penser que le but de cette visite ait été de faire compléter les parties manquantes du masque, notamment le haut du crâne pour obtenir le masque le plus connu.

=> C'est très peu probable. Aucune preuve positive de cela n'a jamais été fournie. Ce qui permet d'écarter cette hypothèse, c'est que Canova -ou l'un de ses aides- aurait certainement réussi un meilleur travail.

>Il offrira au public, par souscription, un masque de ce genre en 1833 (les affaires sont les affaires). Mais ce masque soustrait à Burton, manque d'authenticité vu son remaniement et son replâtrage mal habile (dans l'une des éditions, une oreille n'est pas à sa place, trop près du visage et très haute).
>
>Quant aux autres tirages prétendus être ceux de l'Empereur, ils sont tellement dissemblables que leurs prétentions d'originalité en fait une histoire étonnante.
>
>Copie plus surmoulage, plus transformation par modelage, comment retrouver le vrai visage de l'Empereur?

=> Dès le départ, la copie a été faite sur un autre visage que celui de l'Empereur. Les photographies du death mask en attestent (Rusi mask ou masque Burton).

>On arrive donc à penser qu'après avoir eu une destinée extraordinaire, le petit caporal corse ne pouvait pas avoir un masque mortuaire comme les autres.

=> Une conclusion "littéraire" pour un spécialiste. On pouvait espérer mieux. Toutefois, ce n'est pas étonnant, M. Maury n'ayant pas intégré dans sa réflexion l'existence des death mask et Lebendmaske...


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Message Publié : 22 Jan 2004 9:45 
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en réponse à Re:Un autre point de vue : Najma Rachidi de najma rachidi (17/01/2004 20:07:07) Et indirectement à BRH

"C'est très peu probable. Aucune preuve positive de cela n'a jamais été fournie." BRH

Je cite mes références, comme d'ailleurs je l'ai fait, pour, les citations avérées de BRH, mais qui avaient été soumises à caution, afin de noyer le poisson...d'avril ?

En résumé, Najma, voilà où je voulais en venir. Tous les interprétations des témoignages sont possibles. Il est facile de décortiquer l'histoire selon son point de vue, vantant un jour tel auteur pour ces sources "authentiques" je pense, entre autre, au grand maréchal Bertrand, qui devient, selon les besoins, un bon témoin, où un mauvais témoin. Cela dépend s'il a écrit "à chaud" où à froid...

Je ne donne plus mon avis sur cette affaire, ayant très peur de me retrouver devant un tribunal... La liberté de penser ayant des limites... "La groupie de Jacques Chirac" (BRH) a toutefois noté toutes les offenses écrites sur sa façon de réfuter "la substitution".

Si vous cherchez d'autres réfutations, argumentées, il y en a deux sur un site Internet. La première a été rédigée par Christophe Bourachot. Je crois que tout le monde connaît le fameux napoléonien, qui dirige "la Librairie des deux Empires. Il est incalable sur l'histoire ayant lu de très nombreux ouvrages (vous me direz qu'il est bien placé pour le faire) Sa réfutation reprend des arguments que j'avais aussi cités, comme quoi, les bonnes questions apportent des bonnes réponses. En parlant de la conservation de Cipriani, il écrit : "Les anglais avaient-ils découvert à Sainte-Hélène les secrets de la cryogénisation ?" Tout son article démontre qu'il est impossible d'avoir fait une substitution, les sources sont mentionnées dans le moindre détail.
Le deuxième article réfutant la thèse de BRH est Albert Martin qui donne tous les éléments comparatifs, et qui rejoint l'analyse faite par Christophe et la "groupie"

Voilà de quoi satisfaire votre curiosité.

Marie-Hélène Legrand


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Message Publié : 22 Jan 2004 9:48 
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C'est très peu probable. Aucune preuve positive de cela n'a jamais été fournie." BRH
>
>Je cite mes références, comme d'ailleurs je l'ai fait, pour, les citations avérées de BRH, mais qui avaient été soumises à caution, afin de noyer le poisson...d'avril ?

=> A part un humour très douteux, Mme Legrand ne démontre rien, et surtout pas la validité de ses sources: le texte de M. Maury -s'il ne manque pas d'intérêt- n'est pas celui d'un historien. Personne n'est en mesure de prouver que le corps de Napoléon aurait été embaumé. Tous les témoignages indiquent, au contraire, qu'il n'en fut rien (hélas)! les Anglais ont d'ailleurs déclaré s'y opposer formellement. Il faut arrêter de dire n'importe quoi...

=> J'attends de MM. Maury et Dancoisne-Martineau, la pièce, le témoignage authentique permettant de conclure que le corps de l'Empereur aurait été embaumé. M. Maury a fait référence au procédé Ganal: ceci impliquait d'injecter une solution aqueuse à base d'arsenic dans les veines...

=> Pour réussir, les clystères disponibles à l'époque rendaient l'opération difficile. Il aurait fallu -au surplus- qu'elle soit réalisée avant l'autopsie, cad avant le prélèvement du coeur... Ceci fait, il ne pouvait plus y avoir aucune "circulation sanguine post-mortem"!

>En résumé, Najma, voilà où je voulais en venir. Tous les interprétations des témoignages sont possibles. Il est facile de décortiquer l'histoire selon son point de vue, vantant un jour tel auteur pour ces sources "authentiques" je pense, entre autre, au grand maréchal Bertrand, qui devient, selon les besoins, un bon témoin, où un mauvais témoin. Cela dépend s'il a écrit "à chaud" où à froid...

=> Pas du tout! Bertrand est un excellent témoin; le plus précis et le plus fidèle des chroniqueurs de Sainte-Hélène. Naturellement, nous attendons avec impatience l'édition de sa relation du Retour des Cendres, toujours inédite à ce jour. Je défie Mme Legrand de citer un seul passage où je mettrais en doute la probité du Grand Maréchal (hormis sa reconnaissance du corps impérial, évidemment)!

>Je ne donne plus mon avis sur cette affaire, ayant très peur de me retrouver devant un tribunal... La liberté de penser ayant des limites... "La groupie de Jacques Chirac" (BRH) a toutefois noté toutes les offenses écrites sur sa façon de réfuter "la substitution".

=> Il suffit pour cela de s'adresser à l'ABN: si celle-ci veut bien répondre... Mais il existe aussi une justice en Belgique!

>Si vous cherchez d'autres réfutations, argumentées, il y en a deux sur un site Internet. La première a été rédigée par Christophe Bourachot. Je crois que tout le monde connaît le fameux napoléonien, qui dirige "la Librairie des deux Empires. Il est incalable sur l'histoire ayant lu de très nombreux ouvrages (vous me direz qu'il est bien placé pour le faire) Sa réfutation reprend des arguments que j'avais aussi cités, comme quoi, les bonnes questions apportent des bonnes réponses. En parlant de la conservation de Cipriani, il écrit : "Les anglais avaient-ils découvert à Sainte-Hélène les secrets de la cryogénisation ?" Tout son article démontre qu'il est impossible d'avoir fait une substitution, les sources sont mentionnées dans le moindre détail.
>Le deuxième article réfutant la thèse de BRH est Albert Martin qui donne tous les éléments comparatifs, et qui rejoint l'analyse faite par Christophe et la "groupie"

=> Malheureusement, ces deux réfutations ont été écrites avant la révélation des témoignages de Gourgaud ("le rire sardonique qu'indique le plâtre moulé") et de Saint-Denis (la tête a encore quelque ressemblance avec le masque"). Elles sont donc inopérantes. Mieux, les arguments développés par Albert Martin (la gaze floconneuse répandue sur tout le "gisant"), disqualifient l'observation de Saint-Denis (Ali) sur la raie verdâtre...

Néanmoins, elles constituent une bonne base de départ pour la discussion et prêtent moins à la polémique qu'un certain article publié par l'ABN et signé d'une certaine MHL...


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Message Publié : 22 Jan 2004 9:51 
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> Najma Rachidi a écrit "(cf les citations de marchand, d'ali en rapport a l'etat du corps de napoleon 2-3 jours apres sa mort). ce n'est pas moi qui les ait occulte. donc vous ne pouvez pas les citer quand ca vous arrange et ne plus le faire quand cela vous derange."
>
> M-H Legrand a répondu: "Je vous ai donné d'autres références qui venaient en contradiction de vos témoignages. Pourquoi ne seraient-ils pas plus valables ? Rien ne me dérange dans le fait de rapporter ce que j'ai lu de positif ou de négatif."

Les références de Mme Legrand sont des témoignages anglais pour l'essentiel ! Ils sont moins valables que les témoignages de Bertrand, de Marchand et de Saint-Denis, parce qu'ils datent tous du 6 mai 1821...

La plupart des témoignages des compagnons de l'Empereur sont du 7 mai, dans l'aprè-midi. Moment où le corps s'avança tellement qu'on ne pouvait tenir auprès de lui tellement l'odeur était incommodante... :-((

Il serait bien étrange que le corps se soit tellement avancé, sans aucune conséquence pour le visage!

Il suffit d'être un peu rationnel et d'avoir un minimum de bon sens: la conclusion ne fait aucun doute.

le 7 mai, au moment de la prise du masque, le visage de l'Empereur était méconnaissable.


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