L'Énigme des Invalides

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Message Publié : 13 Déc 2003 16:07 
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La version communiquée au SN était un peu plus courte, pour tenir compte des 200 lignes seulement autorisées par la Loi.

On notera que LE SOUVENIR NAPOLEONIEN entend agir comme s'il était au-dessus des Lois et refuse un débat qui irait de soi dans n'importe quelle démocratie moderne: s'agit-il de rester fidèle à un certain bonapartisme autoritaire ? Le souvenir de l'Empire a bon dos: une procédure judiciaire est en cours pour contraindre ces messieurs à respecter LA LOI ! :11:

Nous n'avons guère d'illusions sur ses chances d'aboutir: il est très facile à l'Etat d'imprimer le cours qui lui convient aux procédures qui le gênent. Peu importe: l'Histoire dira qu'un citoyen diffamé a été empêché de répliquer et par qui ? PAR QUI ? Par ceux-là même qui se sont auto-désignés comme Gardiens du Temple... Dérisoire ! :honte:

TEXTE :

Dans sa présentation des faits « avérés », Jacques Macé tombe rapidement dans l'erreur. Ainsi, quand il soutient que le moulage de la tête en vue de réaliser un masque de Napoléon a été réalisé en trois parties. Cette assertion repose sur le travail du Baron de Veauce, très contestable, au vu des déclarations du Dr Burton, seul véritable acteur de ce moulage impérial.

Contrairement à ce qu'il avance, ce n'est pas l'affaire des cercueils qui a mis Raoul et Georges Rétif sur la piste, mais bien celle du masque mortuaire dit d'Antommarchi, alors qu'il s'agit d'un faux manifeste ! Sur l'affaire des cercueils, comme bon nombre d'auteurs francophones, Jacques Macé préfère accorder sa confiance aux témoins anglais de l'époque -comme le colonel Mac Carthy en son temps. Reprenons le journal du Grand Maréchal Bertrand :

A la date du 7 mai : « on a scellé le fer-blanc, puis l'enveloppe en plomb » ;

A celle du 9 mai : « Le matin, on a placé le cercueil de plomb dans un cercueil d'acajou ; »

Toutes les explications du monde ne prévalent point contre ce témoignage d'un des plus fidèles et des plus précis compagnons d'infortune de Napoléon, comme l'admet Jean Tulard, d'autant plus que ce témoignage, publié seulement en 1949, est corroboré par un PV officiel signé des Comtes Bertrand, Montholon et Marchand, daté du 7 mai et qui valide le précédent récit du Grand Maréchal.

Sans doute, a-t-on voulu opposer à ce récit authentique, écrit au moment même où se déroulaient les faits, le témoignage du si controversé Antommarchi. C'est par lui -en premier- que l'on apprendra que l'Empereur repose dans quatre cercueils : le premier en fer-blanc, contenu dans un premier cercueil en acajou, ce dernier logé dans un cercueil en plomb, l'ensemble protégé par un second cercueil d'acajou. Antommarchi est-il fiable ? Non, comme l'admet d'ailleurs Jacques Macé. Il a donc recours aux témoignages du tapissier Darling -qui a présidé à la confection des cercueils- et de l'enseigne Duncan Darroch.

Dès l'an 2000, à la parution de la 1ère édition de mon ouvrage « l'Enigme de l'exhumé de 1840 », j'ai posé la question de la fiabilité de ces témoignages, ceci afin de respecter la méthode historique et la logique, sans aborder la question des fantasmes. Qui a eu accès aux originaux ? peut-on les voir aujourd'hui ? Malheureusement, il semble que non. Pourtant, il y aurait lieu de s'entourer de toutes les précautions et d'établir de manière irréfragable leur authenticité. Jacques Macé s'en remet sans doute en la matière à l'opinion du colonel Mac Carthy qui affirmait : « il n'y aucune raison de mettre en doute l'authenticité de ces témoignages ». Notons -au passage- qu'il paraît pourtant incongru pour des Français, de s'en remettre à des témoignages étrangers pour mieux disqualifier un PV dûment rédigé et signé par les compagnons de l'Empereur. Ajouter que ce PV n'a aucune valeur juridique car étant établi sur une terre étrangère, c'est le comble de la malséance, vis à vis de l'autorité morale incarnée par le dernier Grand Maréchal du Palais de Napoléon.

Si nous examinons lesdits témoignages, nous irons de surprises en surprises: celui de Darling, par exemple. Le récit, retrouvé en 1851 -paraît-il- alors que Darling est décédé en 1841 et que sa famille a quitté Sainte-hélène pour l'Australie, comporte des anomalies qui font douter de sa sincérité ou même de son authenticité: je n'y reviens pas; Albert Benhamou en a souligné les invraisemblances !

En ce qui concerne le cercueil intercalaire entre le fer-blanc et le plomb, il est signalé comme étant en bois. Jacques Macé semble l'admettre, sans noter le problème qui reste posé : tous les témoins de 1840 s'accordent pour déclarer que ce cercueil est -lui aussi- en acajou. Comment Darling peut-il demeurer aussi imprécis, alors qu'il signale avoir dû recourir à la table à manger du capitaine Bennet, faute de trouver de l'acajou sur l'île ? Nous devons admettre que ce détail pose un gros problème. Car -en admettant qu'il y ait bien un cercueil intercalaire en bois- Darling nous conduit à penser qu'il n'était pas en acajou ! Singulière contradiction pourtant balayé d'un revers de la main par les tenants de la vérité officielle !

Comme de juste, c'est encore un témoignage Anglais qui permet de sauver la situation. L'enseigne Darroch a le bon réflexe de conserver les courriers qu'il adresse à sa mère. Son fils, Charles Stuart Parker Darroch, vicaire de la paroisse de Saint-Thomas à Southborough en héritera et permettra au major Smyth de le publier dans l'annuaire des Lancashire Fusilier, en 1904. Ultérieurement, Sir Lees Knowles le retranscrira dans son ouvrage paru sur le capitaine Lutyens en 1917. Les lettres en question s'étalent du 6 au 13 mai 1821 et couvrent ainsi -par bonheur- la période des funérailles de Napoléon.

Chose rarement soulignée jusqu'ici, ces lettres ont été expédiées en un seul courrier. On peut donc dire qu'elles se présentent plutôt sous la forme d'un journal. Néanmoins, l'enseigne Darroch, auteur putatif desdites lettres, respectera la fiction de missives écrites au jour le jour. Ainsi, le 6 mai nous apprend-il que les cercueils se présenteront dans l'ordre suivant : un cercueil en fer-blanc, un cercueil en plomb et deux cercueils en bois ! Le malaise n'est pas dissipé, bien au contraire !

Dieu merci, le jeune officier anglais est précis et méthodique. Après avoir conté sa journée dans les lieux hantés par l'ombre prestigieuse de Napoléon, le 10 mai, il corrige sa première notation : « I gave you a wrong statement of the coffins », phrase bizarrement traduite ainsi par le Baron de Veauce : « je me suis mal exprimé à propos des cercueils » ; en réalité, « the first is tin, second mahogany, third lead, fourth mahogany et fifth stone » ! On notera le glissement sémantique : le texte original fait mention d'une mauvaise description « a wrong statement », la traduction mentionne une erreur d'explications imputable à Darroch, ce qu'il n'est pas possible d'affirmer à la lecture de la version anglaise !

Plus vraisemblablement, Darroch a rapporté le 6 mai ce qu'il a entendu : un cercueil en fer-blanc, un autre en plomb et deux autres en bois ; ceci a le mérite de se rapprocher de la version du comte Bertrand. Comme il n'y avait pas assez d'acajou : on s'est contenté d'un cercueil en cette matière. Seulement, admettre ce raisonnement, c'est renoncer à enterrer l'affaire des cercueils. Jacques Macé -comme de juste- fait toute confiance aux relations anglaises et nous assène sa vérité : « bien que quiconque se penchant sur les textes ne puissent contester de bonne foi la présence de quatre cercueils en 1821, l'argument très journalistique du nombre de cercueils (...), est impossible à faire oublier du grand public. » Pauvre Bertrand, pauvre Marchand ! Comment ont-il pu rédiger un pareil PV que le grand public ne pourrait oublier plus tard ? Car comble de sottise bien Française, ce grand public a plutôt tendance à croire les fidèles de l'Empereur que des témoins anglais... Et cependant, même en admettant ce nombre des quatre cercueils, comment expliquer la contradiction du cercueil intercalaire décrit comme étant en bois en 1821 par Darling et que tout le monde voit comme étant lui aussi en acajou ? Jacques Macé ne nous donne pas la réponse...

Force est d'admettre que l'affaire n'est pas close ! Il convient donc d'examiner les autres arguments de Rétif et pour commencer, celui des vases d'argent. Antommarchi relate que les vase d'argent furent placés aux angles du cercueil. Au niveau des pieds, l'espace disponible n'était que de huit pouces (20,32 cm), ce qui est juste pour les bottes de l'Empereur. A l'instar de Mac Carthy, son émule veut que l'on ait écarté les jambes de Napoléon pour y loger les fameux vases : c'est pourtant bien difficile, attendu que les pieds étaient toujours coincés. Pour parvenir à un tel résultat, il fallait plier les jambes de Napoléon et les écarter.

Laissez moi dire que l'on aurait eu le plus grand mal, car il faut tenir compte de l'état de rigidité cadavérique qui empêchait une telle manipulation ! Par contre, le cercueil s'élargissant vers le haut, il y avait moins de difficultés à mettre ces vases le long des chevilles du cadavre, de part et d'autre des jambes, petite modification qui n'amenait pas Antommarchi à corriger son expression : « aux angles du cercueil » ! Expression validée par le rapport d'Hudson Lowe, ce qu'ignorait Mac Carthy en 1969 : « à côté du corps ». Mais, où irions-nous si l'on commençait à croire Hudson Lowe qui -lui aussi- nous indique qu'il n'y avait que trois cercueils ; Ce ne sont plus des tapissiers ou des aspirants qui parlent, c'est le gouverneur en personne. C'est sans doute la raison pour laquelle Jacques Macé ne retient pas ce témoignage !

Les bas, les bottes et les éperons : les anomalies concernant ces accessoires ne troublent nullement le rationaliste qu'est Jacques Macé, pour lui, « il est tout à fait normal que les coutures de ces bottes, qui avaient supporté pendant six ans le climat de Sainte-Hélène où tout moisissait, cèdent, de même que les fils des bas de soie, surtout si Marchand n'avait pas choisi la meilleure paire. »

Pauvre Marchand ! Voici donc le responsable : il aura choisi la plus mauvaise paire des bas de soie disponibles : il y en avait pourtant quarante paires ! Une d'entre-elles a échoué au musée Napoléon de l'île d'Aix. Elle est exposée depuis 1927 à la lumière du soleil et de l'électricité et se trouve en excellent état ! C'est à ne pas croire... Qui plus est, elle aussi, a été exposée pendant six ans au climat de Sainte-Hélène ! Qui peut croire que Marchand -dont on connaît le dévouement pour l'Empereur- ait choisi une des plus mauvaises paires de bas ?

C'est grotesque : à l'évidence, Marchand aura passé la meilleure des paires de bas, la moins abîmée ! Il faudra donc trouver une autre explication, surtout pour justifier ces orteils nus qui « saillent » en dehors des bottes, comme l'affirment Rohan-Chabot et le Dr Guillard... Et pas n'importe comment ! Non, de manière identique et symétrique : la nature fait sans doute bien les choses, mais pas au point de renouveler ses effets en parallèle comme décalqués...

Pour les éperons, il semble admis qu'ils ne figurent pas dans l'inventaire des objets signalés dans le cercueil en fer-blanc de 1840, aucun des témoins ne les ayant aperçus. Comment, alors, expliquer cette contradiction ? C'est bien simple : « il est donc tout à fait probable qu'ils ont été retirés lors de la mise en bière .» Voilà une probabilité fâcheuse, car la probabilité est l'ennemie de l'historien : comment notre contradicteur peut-il en justifier ? Il nous explique que ces éperons devaient rehausser les pieds de l'Empereur, au point d'empêcher la fermeture du cercueil dont la profondeur était faible (30,5cm). Pourtant cette pointure impériale est estimée par Jacques Macé à 26 cm : il y avait donc 4,5 cm pour « loger » la pointe des éperons. Ceux-ci d'ailleurs, comment se présentaient-ils ? Marchand nous indique qu'il s'agissait de petits éperons en argent ; Pourquoi n'auraient-ils pas pu s'enfoncer dans le mince matelas destiné à supporter le corps de Napoléon ?

Vu que Jacques Macé admet cette absence d'éperons en 1840 et que leur présence en 1821 est attestée, il y a bien là un indice fort d'une manipulation du cadavre entre la fermeture du cercueil en 1821 et son ouverture en 1840. C'est du moins la seule conclusion logique que l'on peut tirer de cette affaire, surtout si l'on tient compte des anomalies concernant les bas et les bottes !

Décorations et cordon de la Légion d'Honneur : Sur ces points capitaux, Jacques Macé -comme il fallait s'y attendre- rejoint l'argument dirimant des « légalistes » : la fragilité des témoignages... Il ne nie pas qu'il existe des contradictions, mais les gomme assurément en mettant tout cela sur le compte de l'imperfection du genre humain. Encore le fait-il avec prudence, en posant des questions, ce qui me permet de lui répondre, en me pardonnant de faire une recension des témoignages :

-Bertrand : « on a habillé l'Empereur en uniforme des chasseurs de la Garde, avec bottes, éperons, cordons, plaques, croix, chapeau. » A lire ce témoignage, il ne fait aucun doute qu'il y avait au moins deux cordons, puisque -nécessairement- il y avait deux plaques. Notons que le Grand Maréchal du Palais n'est pas le premier venu et qu'en matière de décorations, c'est lui qui faisait autorité à Sainte-Hélène. Première question de Jacques Macé : « peut-on en conclure qu'il y a au moins deux cordons et qu'ils sont sur l'uniforme puisque cités après ? En guise de réponse, il oppose le témoignage d'Antommarchi.

-Antommarchi : « grand cordon de la Légion d'Honneur, uniforme des Chasseurs de la Garde
(vert, avec des parements jaunes) décoré des ordres de la Légion d'Honneur et de la Couronne de fer ; longues bottes à l'écuyère avec des petits éperons ; » Ainsi, le cordon est unique et placé avant l'uniforme. Qui croire ? Antommarchi le faussaire ou Bertrand, incarnation du devoir et de la fidélité ? Avec cette observation déterminante : Bertrand -qui sait de quoi il parle, c'est un militaire- écrit quelques jours seulement après les évènements, parfois le soir même ! Antommarchi -très doué pour les autopsies- l'est certainement moins en matière d'usages liés aux décorations. Il est donc étrange que mon contradicteur puisse mettre en balance les deux précédents témoignages ; l'écriture sténographique de Bertrand -si elle peut faire douter du s à cordons- ne laissant pas subsister la moindre interrogation concernant le pluriel employé pour « plaques » ! Les autres témoignages pourraient-ils les départager ?

-Marchand : « Nous lui mîmes une chemise blanche, des bas de soie blanche, une culotte de casimir blanc, une veste de même étoffe, l'uniforme vert à parements rouges des chasseurs de la Garde, décoré des ordres de la Légion d'Honneur, de la Couronne de fer, de la Réunion,
de la plaque et du Cordon de la Légion d'Honneur, »

L'énumération fait penser que le Grand Cordon a bien été passé par-dessus l'uniforme, contrairement à ce que pouvait laisser entendre Antommarchi et à tout ce qui a été observé par les témoins de 1840. Ajoutons que Marchand écrit ses mémoires en 1842 : en tout cas, c'est la date qu'il indique à la fin de ceux-ci ; 18 octobre 1842 : deux ans après que la Belle Poule ait quitté les eaux de Sainte-Hélène. Ainsi, il a pu mettre ses écrits antérieurs en conformité avec les évènements de 1840. Pourtant, il laisse des indications qui sont comme des signes pour celui qui veut les comprendre...

Les décorations, justement. On peut penser que ces détails sont futiles et que l'on ne devrait pas tomber dans cet examen si minutieux de pareils objets. Ils sont pourtant révélateurs et on ne doit pas s'étonner que les « légalistes », de Mac Carthy à Jacques Macé, évitent d'entrer à fond dans la discussion. Cependant, la poursuite de la confrontation des témoignages est édifiante :

-Darroch : « sur le côté gauche de la poitrine se voyaient une étoile et deux décorations de je ne sais quels ordres ». Encore une fois, il nous est demandé de faire confiance à un témoignage anglais plutôt qu'aux compagnons les moins contestables de Napoléon ! Pourquoi pas, après tout, si ledit témoignage est irréfragable... Malheureusement, ce n'est pas le cas. Mougins-Roquefort qui relate le témoignage de Darroch, puise le texte d'origine dans le Sunday Times de 1934 : «sur son côté gauche il portait une étoile et trois autres décorations, sans autre ornement (9). » Quel est donc le texte anglais? "On his left were a star and two Orders of the kind. These were all the ornaments about him" .

Traduction littérale: « sur sa gauche, étaient une étoile et deux ordres de la sorte. C'étaient ses seuls ornements » ! Mais, c'est une surprise, parce que la 1ère traduction -celle du Baron de Veauce, reprise par le colonel Mac Carthy- dit beaucoup plus de choses que la version originale. Ecoutons l'ancien conservateur des Invalides :

« Dans sa lettre du 7 mai déjà citée, l'enseigne Darroch, qui est anglais et n'est pas très renseigné sur les ordres français, précise : « sur le côté gauche de la poitrine se voyaient une étoile [Star] et deux décorations de je ne sais quels ordres. » Darroch désigne par « étoile » la plaque de Grand Aigle [...]. Notons que Darroch aurait sans aucun doute mentionné le grand cordon s'il l'avait vu barrant l'habit vert. S'il n'en parle pas, c'est que le grand cordon est presque invisible lorsque le gisant est vu par sa droite. »

A la lecture de ce commentaire, on comprend que le colonel Mac Carthy a sciemment brouillé les pistes. En tout cas, Darroch ne mentionne pas de grand cordon , ni sous l'uniforme, ni sur celui-ci ! Ce grand cordon est presque invisible vu par la droite. Possible, mais alors, dans ce cas, la plaque de Grand Aigle aussi. Et de droite, Darroch aperçoit une étoile, c'est à dire la croix de chevalier de la Légion d'Honneur qui est à cinq branches, « en forme d'étoile » et deux ordres de la sorte ; c'est à dire le même type de décorations !

Ainsi Darroch écrit avoir vu trois décorations : l'étoile et deux décorations de la sorte ! C'est à dire du même genre... C'est bouleversant, parce que Darroch confirme le témoignage de Marchand. Ce dernier n'est plus le seul à citer l'ordre de la Réunion et à se souvenir de trois médailles en plus de la Plaque, en 1821.

La conclusion de Jacques Macé -déjà bien contestable en elle-même- s'effondre : « Tantôt c'est Bertrand qui voit, semble-t-il, un cordon de trop, tantôt c'est Marchand qui voit une médaille en plus. Fragilité des témoignages..."

« Testis unis, testis nullus » ! Certes... Mais Bertrand et Marchand voient -au minimum- un grand cordon passé en écharpe sur l'uniforme en 1821. Et Marchand, ainsi que Darroch voient trois médailles sur le côté gauche, sans qu'il soit fait allusion à la plaque de Grand Aigle de la Légion d'Honneur !

Surtout, Jacques Macé aurait pu tout aussi bien écrire « fragile Bertrand, fragile Marchand »... Napoléon n'était pas du même avis : « Bertrand est le meilleur ingénieur depuis Vauban » Et Jean Tulard ajoute : « Bertrand, en revanche, a tout consigné sur l'instant avec la minutie d'un greffier et des ruses de cryptographe pour déjouer les soupçons (...). Comment dans ces conditions douter un instant de ce qu'il a transcrit? »

Quant à Marchand, « Les services qu'il m'a rendus sont ceux d'un ami ». Mais, puisqu'il faut à tout prix maintenir la fiction officielle, Bertrand et Marchand sont considérés comme peu fiables. Il vaut mieux jeter le discrédit sur la mémoire de quelques vieux serviteurs plutôt que de renoncer au récit légendaire du Retour des Cendres...

Le cadavre de l'exhumé :

Que peut-on dire du corps de l'Empereur aux alentours de 19 heures, le 7 mai, moment où il est descendu dans sa bière pour être soustrait à jamais aux regards des mortels ? Les chairs du visage s'affaissent, une odeur insupportable envahit la pièce où Burton procède au moulage du masque mortuaire : comme le souligne Ali, il y règne une température de serre : « Le corps s'avança tellement que, dans l'après-midi, il se trouva en pleine putréfaction .»

Cette triste évidence semble remise en cause par Jacques Macé : « le corps commençait à dégager une odeur incommodant Darroch (...), l'on procéda donc sans plus attendre à l'ensevelissement (...). A noter que Darling ne cite pas cette raison pour la fermeture des cercueils dès le 7 au soir, mais plutôt le désir d'Hudson Lowe d'en finir sans tarder. » Décidément, c'est d'une « anglomanie » rare que de citer constamment Darling, Darroch, comme si leurs témoignages étaient supérieurs à ceux de Bertrand, de Marchand et d'Ali...

Quoiqu'il en soit, il n'y a pas lieu d'en douter : la putréfaction avait bien commencé son oeuvre ; et le scellement du cercueil en fer-blanc n'était pas de nature à la ralentir, du moins les premières heures. Ce processus physico-chimique -commun à tous les mortels- ne pouvait s'arrêter qu'après avoir brûlé l'oxygène présent dans le cercueil : quelques heures ; probablement aux alentours de 24 heures. C'est peu et c'est beaucoup...

Près de vingt ans plus tard, comme par miracle, voici qu'apparaissait aux yeux des témoins stupéfaits le corps de Napoléon mystérieusement régénéré ; et le mot n'est pas trop fort !

Pourtant, sans s'émouvoir, notre contradicteur considère qu'il n'y aucune raison particulière, au vu des observations faites en 1840, de supposer qu'il ne s'agit pas du corps inhumé en
1821... Ainsi, fait-il grand cas de ce le général Bertrand qui aurait saisi la main gauche de l'Empereur pour la poser ensuite sur la cuisse en 1821, l'aurait retrouvé exactement dans la même position en 1840. On doit cette précision à Gourgaud (absent en 1821) : « la main gauche était un peu plus haute que l'autre parce que le général Bertrand, lorsqu'on avait fermé le cercueil, en 1821, l'en avait tirée un moment pour la baiser. »

Ali évoque bien cette scène. Malheureusement, Bertrand n'en dit mot. Ni en 1840, ni en 1821 : « Au moment que le plombier allait mettre le couvercle du cercueil pour le souder, le Grand Maréchal prit une dernière fois la main de l'Empereur et la serra avec la plus vive émotion. » En sorte que l'on ne sait s'il s'agit de la main droite ou de la main gauche ; en tout cas, il n'est nullement question de baisement ! Mais ce genre de détails n'est pas pour arrêter le bouillant Gourgaud : « la tête, à l'exception du nez qui paraissait avoir été comprimé par le dessus du cercueil, était en parfait état. »

Ce n'est pas tout : récemment Jacques Macé a pu préciser l'opinion de ce dernier, en consultant ses archives privées conservées aux archives Nationales, qui va jusqu'à retrouver dans l'expression du visage de l'exhumé «le sourire sardonique du moulage en plâtre » ! C'est très clair : Gourgaud reconnaît l'homme qui a prêté ses traits à la confection du masque mortuaire concocté par Antommarchi !

Evidemment, puisque c'est le masque de Napoléon ! C'est tout simple : Gourgaud identifie formellement l'Empereur et note la ressemblance du masque avec ce visage si bien conservé !!! Malheureusement -et c'est cela qui attira l'attention des Rétif- ce masque n'est pas celui de Napoléon, mais bien d'un autre ; nous y reviendrons. Je note cependant que Jacques Macé n'a pas évolué sur ce point : il a défendu et défend toujours la hypothèse officielle si mal démontrée par le baron de Veauce : « pour 50%, le masque est un faux, mais il restitue pour la face, le nez, les pommettes et les arcades sourcilières, les traits authentiques de Napoléon » !

Passons à un examen plus approfondi : notre contradicteur relève qu'il restait quelques cheveux en couronne, alors qu'en principe on les avait tous rasés pour faciliter la prise du masque. Ce n'est pas une anomalie, ça ? Faut-il rappeler les témoignages de Marchand et d'Ali ? Oui, il le faut :

-Marchand : « L'Empereur avait destiné ses cheveux aux membres de sa famille ; avant de procéder à l'opération du moulage, ils furent rasés et mis sous scellés par le comte de Montholon qui m'en rendit dépositaire. »

-Ali : « Pour faciliter l'opération, on dégagea le cou de l'Empereur en ôtant le col et la cravate (...). De plus, on coupa les cheveux qui garnissaient encore le front et les côtés. Il faut dire que les autres cheveux avaient été coupés après l'autopsie, pour être employés à faire des bracelets »

Disons-le tout net, l'analyse de Jacques Macé est rien moins que lénifiante !

Tout s'explique selon lui par le phénomène de l'adipocire qui transforme les graisses du cadavre en une sorte de savon malodorant par le biais du processus de saponification ; problème, les chairs ainsi transformées sont grasses, huileuses, de couleur brune, plutôt cartonnées. Rien de tel avec l'exhumé : « les chairs sont comme momifiées », celles des mains conservent « cette couleur qui n'appartient qu'à la vie » ! « Rosée » dit encore Gourgaud. La question n'est donc pas résolue : la parfaite conservation de ce cadavre fait toujours problème !

Poutres et tombeau : C'est la seule partie vraiment nouvelle dans le fond des démonstrations « légalistes ». Jacques Macé y prend le contre-pied de la position du colonel Mac Carthy qui admettait l'ouverture ultérieure de la tombe. En somme, il fait oeuvre d'ultra-légaliste ! Selon lui, les témoignages de Marchand, Antommarchi et Ali ne suffisent pas à établir qu'il y avait bien deux poutres au fond du tombeau en 1821 pour supporter le cercueil impérial !

-Marchand : « les mesures étaient prises pour que l'humidité n'arrivât pas même avec les siècles jusqu'au cercueil d'acajou qui devait lui-même reposer sur deux morceaux de bois ».

Il va sans dire que ces deux morceaux de bois qui doivent supporter le cercueil en acajou ont pour but d'empêcher l'humidité d'y pénétrer. Ce n'est pas une intention, comme Jacques Macé le fait dire à Marchand, c'est bien un moyen de conservation décrit dans le cadre plus général de la description du sarcophage en pierre !

-Antommarchi : « Le cercueil est placé sur deux fortes pièces de bois, et isolé sur tout son pourtour. »

On constate, à la lumière de ces deux témoignages qu'il n'y a pas lieu de refuser ce fait établi : le cercueil d'acajou reposait, le 9 mai 1821, au fond de la fosse sur deux fortes pièces de bois.

Mais voici la grande nouveauté découverte par notre contradicteur : selon lui, le témoignage d'Ali détruit la version précédente, jusque-là admise par les légalistes : « On descendit le cercueil à l'aide de la chèvre ; le bruit qu'il fait entendre en touchant le fond de la tombe retentit dans le coeur de chacun. » Pouvons-nous penser que le cercueil -en touchant les fortes pièces en bois destinées à le recevoir- n'aurait produit aucun bruit ? Bruit certainement amplifié par la maçonnerie en place... Bien sûr que non : il tombe sous le sens que le fond de la tombe pouvait supporter deux fortes pièces en bois et produire un son en résonance !

Quant à l'anneau destiné à descendre la dalle de scellement, il aurait été retiré -empêchant ainsi toute ouverture ultérieure- et donc, une violation antérieure à l'exhumation de 1840 !!! Soyons sérieux : est-ce qu'un tel anneau ne pouvait pas être réinstallé ? Bien sûr que si ! Il n'y a donc pas lieu de s'appesantir sur de tels arguments... :16:

[ATTENTION ! :14: ] Note faisant suite à la publication du témoignage inédit d'Ali sur le retour des Cendres: il en résulte que ce brave "mamelouck" nous conte -comme aux petits enfants- que les madriers étaient encore bien en place en 1840... :15: Nous sommes extrêmement réservés sur ce témoignage car il est en contradiction formelle avec les 5 autres témoignages de l'exhumation en 1840. Dès lors, ou bien c'est un FAUX :11: , ou c'est un "maquillage" d'Ali qui veut masquer leur disparition en 1840. C'est ENORME ! :louche: Cela prouve -en tout cas (sauf hypothèse d'un faux :13: )- que les poutres en bois (ou madriers) étaient bien au fond du caveau en 1821. Jacques Macé s'est donné du mal pour rien, sauf -nous verrons à l'usage- pour démontrer que le manuscrit d'Ali a été truqué... :10: :9: :11:

Les masques mortuaires : Le meilleur est pour la fin ; manifestement, Jacques Macé fait semblant de ne rien comprendre à cette question ! En attendant, il cumule erreurs et contre-vérités. Comme il a déjà été signalé, le véritable masque mortuaire de Napoléon n'a pas été fait en trois parties, mais en deux seulement :

-Ali : « Je ne sais pourquoi Antommarchi n'a pas publié la partie antérieure de la tête ; il en avait cependant tiré le moule. Ce que je sais, c'est que le docteur, après avoir tiré une épreuve du moule de la face, a détruit celui-ci pour qu'il ne fût plus possible d'en avoir d'autres épreuves. (...). Le moule de l'autre partie de la tête, il est présumable, a eu le même sort que celui dont nous déplorons la perte. »

Jacques Macé adhère toujours à la version classique de la présentation de cette question opérée par le baron de Veauce (et illustrée présentement par Fernand Beaucour, quoique avec des nuances...). Il admet -en dépit de tout bon sens- qu'Antommarchi modela à Sainte-Hélène- avec le concours du peintre Rubidge une demi-douzaine de masques mortuaires, dont deux seulement furent ramenés en Europe. Il reconnaît cependant qu'il s'agit plus d'une oeuvre d'art retravaillée qu'une représentation exacte, en quoi il se trompe encore, car le masque Antommarchi reflète bien les traits de l'imposteur que l'on fait passer pour Napoléon pour les besoins de la cause. Rappelons que la finalité de cette supercherie est de nous amener à conclure que Napoléon était dolichocéphale, alors que -manifestement- il était bel et bien brachycéphale !

Toutefois, ce n'est qu'un début, car notre contradicteur mélange ensuite fortuitement deux masques : celui dit « death mask » du Royal United Service Institute (Rusi, à Londres), qui est en fait le véritable masque mortuaire de l'Empereur, réalisé en plâtre et qui est une copie du masque Burton ; et le masque dit d'Arnott réalisé en cire. Cette confusion -qui n'est pas innocente- lui permet de jeter le discrédit sur la thèse de l'authenticité d'un masque mortuaire totalement différent de l'Antommarchi ! Toutefois, il est bien obligé de reconnaître que ce masque représente « un vieillard bouffi ressemblant quelque peu aux photos de Jérôme Bonaparte ou de son fils Plonplon âgés. » ! C'est un progrès par rapport à Mac Carthy qui ne voyait aucune similitude entre la physionomie de ces derniers et ledit masque...

[Note: Mais Mac Carthy admettait que la caricature faussement attribuée comme étant celle de Gourgaud, était bien celle de Cipriani!]

Tout ceci n'était qu'un hors d'oeuvre pour mieux disqualifier la thèse centrale du livre de Georges Rétif de la Bretonne...

Savoir que Noverraz étant en possession de l'empreinte du visage de son ami Cipriani et le masque Burton ayant été jugé trop laid pour être présenté à la famille Bonaparte, c'est cette empreinte qui servit à fabriquer le masque dit d'Antommarchi. A la suite de quoi, le visage de Cipriani incarnant désormais pour la postérité les traits de Napoléon, les Anglais eurent la même idée pour substituer au corps de Napoléon celui de Cipriani ! C'est ce que notre contradicteur intitule de « canular macabre ».

Sans vouloir entrer dans une analyse serrée des faits, Jacques Macé se contente de parler de supercherie de la part de Georges Rétif, grave accusation qui repose seulement sur des apparences ! Une caricature anglaise sur laquelle le nom de Gourgaud est indiqué a pu être présentée comme étant celle de Cipriani, parce qu'il n'y a pas de ressemblance suffisante avec les autres portraits connus de Gourgaud. Mais qu'est-ce qui permet d'y voir une représentation de Cipriani ? Peu de choses, sans doute, sinon une très vague ressemblance avec le masque mortuaire de Napoléon qui ne serait en fait que celui de Cipriani, ce qui a été démontré précédemment. Or, la démonstration qu'il s'agissait du masque de Cipriani reposait essentiellement sur l'hypothèse de la ressemblance de Cipriani avec Napoléon. Etait-ce le cas ? Rétif l'a soutenu, avec quelque vraisemblance. Les légalistes s'en sont gaussées [Sauf Mac Carthy, qui l'a admis ! :2: ]: en résumé « la caricature représente Cipriani parce qu'elle ressemble au masque dit d'Antommarchi, ce masque étant celui de Cipriani parce qu'il ressemble à la caricature. » Mais peut-on savoir à quoi ressemblait Cipriani, comme s'interrogeait Mac Carthy (il y répondait en indiquant qu'il n'existait qu'une caricature connue du personnage! :1: ) ?

On peut quand même adopter un raisonnement plus simple : le masque Antommarchi ressemble à la caricature de Gourgaud de profil ! Pour autant, le masque Antommarchi est-il celui de Gourgaud ? Evidemment, NON ! Alors, le masque Antommarchi, de qui est-il ? Nous savons que ce n'est pas celui de Napoléon : en aucun cas ! Et pourtant, c'est bien celui de l'homme caricaturé et donné pour Gourgaud ! Conclusion : qui est cet homme inconnu ? Ne serait-ce pas Cipriani ? Alors, tout s'explique... Qui était assez important -en dehors des 4 évangélistes (Bertrand, Las Cases, Montholon, Gourgaud)- pour être caricaturé par les Anglais ? On retombe toujours sur Cipriani !!! :4:

Epiderme et corbillard : Jacques Macé se décide enfin à me prendre à parti : l'élément nouveau que j'apporte lié au corbillard ne le convainc pas : sa base côté rebord mesure 34,9 cm entre les tasseaux destinés à caler le cercueil extérieur d'acajou lors de son transport ; le panneau du cercueil correspondant aux pieds mesure 35,7 cm. Il se refuse d'admettre que ledit panneau ne passe pas entre les tasseaux, à 8 mm près. Pour lui, il suffit d'un déplacement longitudinal du cercueil pour régler l'affaire.

En raisonnant ainsi, il omet tout simplement de prendre en compte qu'une fois calé par les tasseaux de forme hexagonale -comme le cercueil lui-même- celui-ci ne peut plus être bougé, bloqué notamment au niveau des épaules, à moins d'imaginer que les Anglais se soient trompés dans leurs mesures. Il faut donc une certaine dose d'inconscience pour oser conclure que « l'examen du corbillard n'introduit pas d'élément nouveau dans le dossier » !

Quant à s'exclamer que lesdits tasseaux auraient pu être installés en 1857, en vue de décorer le corbillard, c'est se moquer du monde! Est-ce que ces tasseaux n'auraient pas été indispensables en 1821 pour bloquer le cercueil et lui éviter tout mouvement intempestif ? La cause est entendue: ces tasseaux sont bien d'origine et par-là prouvent surabondemment que le CERCUEIL DE 1840 n'est pas CELUI DE 1821 !

Jean Tulard prônait une analyse ADN pour départager Légalistes et substitutionnistes. Il a récemment changé d'avis sans que l'on en comprenne bien le motif, l'absence de mobile crédible pour réaliser la substitution n'épuisant pas la question... Ceci étant, ce point de vue impliquait bien l'ouverture du sarcophage des Invalides. A moins de retrouver un reste corporel de l'exhumé de 1840, permettant une analyse ADN ! Cette mission impossible fut pourtant réalisée : il s'agit d'un bout de peau du front du supposé Napoléon, récupéré par le dr Guillard : sur ce point, notre contradicteur donne des indications suffisantes permettant de conclure à son authenticité !

Jacques Macé le reconnaît : « l'analyse ADN de ce morceau d'épiderme présenterait moins d'inconvénient et soulèverait moins de problèmes moraux que l'ouverture des cercueils. » Alors ? Comment justifier le refus du ministère de la défense ? C'est que le résultat d'une telle opération serait « vraisemblablement aléatoire » et ne ferait que relancer la polémique ! On est émerveillé par un tel aplomb dans l'extrapolation des faits : ainsi, c'est parce que cet échantillon serait pollué par des manipulations successives, parce qu'il représente une masse restreinte et que ses conditions de conservation ont été médiocres, que les généticiens ne pourraient effectuer un test de contrôle, ce qui ôterait toute crédibilité au processus...

A dire vrai, il n'y a aucune raison historique ou scientifique à un tel refus : disposant de l'ADN mitochondrial de l'exhumé, on ne tarderait pas à le comparer à celui des descendantes de Caroline Bonaparte (sans qu'il soit besoin de déranger le repos de Madame Mère), pour constater qu'ils diffèrent totalement entre eux, ce qui pose la question de l'irruption de la Raison d'Etat dans ce dossier !!! :11:

Car, quel que soit le biais envisagé pour les aborder, ces discordances constatées autour du cadavre de l'exhumé permettent de conclure à coup sûr que ce corps là n'est pas celui de Napoléon... Et ce n'est pas l'examen des masques mortuaires qui peut dissiper ce malaise, bien au contraire ! Il suffit d'examiner le croquis de l'exhumé réalisé par Rigo à la demande de Pons de Las Cases et dont tous les témoins de la scène du 15 octobre 1840 ont souligné la parfaite ressemblance, pour comprendre que l'exhumé en question possède bien le même visage que celui du masque Antommarchi : le verdict est terrible, car ce masque-là, n'est pas celui de Napoléon !

On peut donc s'interroger sur les sentiments malsains de ceux qui se refusent à envisager la moindre entorse à l'histoire et qui n'hésitent pas à parler de profanation, alors qu'il s'agit simplement d'une vérification d'identité qu'un procureur ne refuserait pas à la famille du moindre notable de province...


Dernière édition par Bruno Roy-Henry le 10 Mars 2006 18:51, édité 1 fois.

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Message Publié : 11 Fév 2005 17:48 
Bruno Roy-Henry a écrit :
La version communiquée au SN était un peu plus courte, pour tenir compte des 200 lignes seulement autorisées par la Loi.

On notera que LE SOUVENIR NAPOLEONIEN entend agir comme s'il était au-dessus des Lois et refuse un débat qui irait de soi dans n'importe quelle démocratie moderne: s'agit-il de rester fidèle à un certain bonapartisme autoritaire ? Le souvenir de l'Empire a bon dos: une procédure judiciaire est en cours pour contraindre ces messieurs à respecter LA LOI ! :11:


En même temps, reconnaissez Bruno que vous ne permettez pas à Staps de vous répondre alors que vous parlez de lui dans la majeur partie de vos derniers posts.
Nous rêvons tous ici d'un débat exécuté à armes égales entre vous et lui!

Ensuite c'est vrai qu'il est regrettable que votre droit de réponse ait été "refusé" :bah:


Martin Stalla


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Message Publié : 11 Fév 2005 18:56 
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Inscription : 14 Déc 2002 15:30
Message(s) : 13331
Il faut surtout reconnaître que S ne veut pas s'inscrire ici...

Le principe en avait pourtant été acquis ici même, par une large majorité...

Voyez donc ceci:

http://www.empereurperdu.com/forum/phpB ... php?t=1705

Et puis, tout n'a-t-il pas été dit ?

Par contre, j'attends toujours avec curiosité votre propre réfutation de la substitution...


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